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MALADIES ÉVOLUTIVES ET INVOLUTIVES

le chien, provoque des douleurs qui semblent très vives et s'amendent généralement sous l'influence du salicylate de soude. Chez le cheval, on observe assez souvent des boiteries dues aux localisations du rhumatisme sur les groupes musculaires des sections supérieures des membres.

Le rhumatisme articulaire aigu, qu'on pourrait plus justement placer parmi les maladies infectieuses, atteint le chien, le cheval, le porc et surtout le bœuf. De même que chez l'homme, il se caractérise par une polyarthrite fébrile, aiguë, douloureuse, coexistant parfois avec du rhumatisme musculaire, et s 'accompagnant de déterminations cardiaques, pleurales ou même oculaires. Longtemps on a considéré comme une entité morbide propre au cheval la fluxion périodique des yeux, qui donne lieu à la formation de synéchies postérieures et entraine la perte de la vue ; elle paraît bien n'être qu'une iritis rhumatismale (').

Les vétérinaires, comme les médecins, ont souvent confondu le rhumatisme vrai avec les arthrites infectieuses qui s'observent dans les diverses formes de l'infection purulente, dans la pyohémië des nouveaunés, dans la fièvre puerpérale ; elles sont surtout fréquentes chez les vaches et se localisent généralement à l'articulation fémoro-tibiale ; elles surviennent parfois au cours des maladies aiguës, notamment de la pneumonie, chez le cheval et le bœuf.

Le cheval et le chien sont sujets à une phlegmasie chronique de l'articulation fémoro-tibiale, avec tuméfaction énorme des épiphyses que plusieurs auteurs considèrent comme une variété d'arthrite sèche déformante ; unilatérale chez le chien, elle est souvent double chez le cheval.

Les différences étiologiques qui expliquent la rareté de l'arthritisme chez les animaux expliquent également la rareté des maladies d'évolution comme la chlorose ; il en est une cependant qui est assez fréquente et dont l'étude, si elle était mieux faite, pourrait grandement servir en pathologie humaine : c'est le rachitisme, qui frappe les jeunes sujets de presque toutes les espèces et montre une prédilection marquée pour certaines races cultivées, notamment pour les races anglaises; l'expression de mal anglais peut donc s'appliquer aussi bien aux animaux qu'à l'homme. Le rachitisme est commun chez les jeunes porcs nourris exclusivement de pommes de terre, chez les chiens ou les lions des ménageries (Roll) qui consomment de la viande désossée, chez les poulains dont la nourriture est surtout composée de son (chevaux de meuniers), enfin chez les Gallinacés. La cause du rachitisme semble être véritablement l'absence relative des sels de chaux, comme le démontre l'apparition de la maladie chez des veaux nourris par des mères ostéomalaciques, et sa fréquence dans les régions où le sol manque de sels calcaires.

L'évolution du rachitisme est lente dans toutes les espèces ; le début se fait souvent par des troubles digestifs qui donnent naissance à de l'acide

(l) Rolland, La fluxion périodique du cheval. Paris, 1801.

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lactique dont le rôle pathogène semble assez important ; la période d'état est caractérisée par diverses déformations particulièrement fréquentes au niveau des membres, du sternum et du bassin; comme chez l'homme, il existe des nouures, des déviations du rachis et des pattes, des chapelets costaux, un retard dans la fermeture des fontanelles, des lésions dentaires.

Du rachitisme, nous rapprocherons une affection d'involution, Yostéomalacie. Celle-ci, localisée aux os de la face, est assez commune sur les chèvres mal nourries, entretenues dans des locaux humides ou insuffisamment aérés.

Une des formes de l'ostéomalacie, Yostéoclastie, caractérisée par une fragilité anomale des os, est tout à fait comparable à l'ostéomalacie des femmes enceintes et des nourrices. Dans certains pays elle sévit en permanence, à l'état enzootique, frappant un plus ou moins grand nombre d'animaux suivant les années, atteignant les vaches en état de gestation et les laitières, plus rarement les juments et les chèvres. L'évolution de la maladie est d'autant plus rapide que la sécrétion lactée est plus abondante. Dans les régions où elle est endémique, les vaches sont habituellement frappées six semaines à deux mois après la parturition. L'insuffisance des sels de chaux dans les aliments ou la déperdition par l'organisme d'une quantité considérable de ces sels (fœtus, sécrétion lactée) en seraient les conditions déterminantes. Ce qui est surtout remarquable au point de vue syinptomatologique, c'est la multiplicité des fractures qui se produisent aux os des membres, à ceux du bassin et aux côtes. On a compté jusqu'à vingt fractures sur le bassin d'une vache.

Affections des organes. — Après l'étude que nous avons faite des maladies infectieuses, parasitaires, toxiques et des affections constitutionnelles, il nous faut envisager brièvement les localisations morbides qui peuvent se produire sur les divers organes, appareils ou systèmes.

Sang. — L'anémie dite essentielle est exceptionnelle; elle ne s'observe que dans les races délicates où elle peut se transmettre par hérédité, survenant généralement après les fatigues imposées à des animaux trop jeunes ou après la parturition; en revanche, on rencontre souvent des anémies symptomatiques, parfois d'origine parasitaire; il existe chez les chiens une anémie spéciale, fréquente dans les meutes, V uncinariose , qu'on attribue à des ankylostomes du tube digestif; les bœufs sont sujets à des anémies relevant de strongles ou de distomes.

Sous le nom <ï anémie pernicieuse, on a décrit, chez le cheval (Zschokke) et chez le bœuf (Imminger), des affections qui semblent de nature microbienne, mais dont l'étude est encore à faire et qui n'ont, en tout cas, aucun rapport avec l'anémie pernicieuse de l'homme, ni avec l'uncinariose du chien.

Une des formes les plus curieuses de l'anémie pernicieuse est celle qu'on

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désigne sous le nom de surra. C'est une affection épizootique de l'Inde, sévissant sur les chevaux, les mulets, les chameaux; le sang renferme des parasites qu'Evans a découverts et qui sont assez voisins de ceux de Finipaludisme; on en trouve d'analogues dans le sang des rats, des mulots et de quelques poissons.

Les diverses formes de leucocythémie décrites chez l'homme se rencontrent dans les espèces animales, en particulier chez le cheval, le bœuf et le chien. Chez le cheval, la variété la plus ordinaire est la leucémie avec hypertrophie considérable de la rate ; tantôt celle-ci est énorme, régulièrement agrandie dans toutes ses dimensions et de teinte lilas; tantôt l'organe hypertrophié est déformé par de nombreuses bosselures blanchâtres représentant autant de lymphadénomes. Chez le chien, cette variété est assez fréquente ; mais, dans cette espèce, l'adénie, avec hypertrophies ganglionnaires symétriques, est la forme la plus commune.

Les lymphadénomes viscéraux sont plus rares qu'on ne le dit généralement, car on leur a souvent rattaché des lésions tuberculeuses ; chez le chien, nous avons observé, en moyenne, 20 cas de tuberculose contre un de lymphadénie. L'hémophilie n'a été rencontrée jusqu'ici que chez le cheval; le purpura hémorrhagique a été signalé chez le chien et le porc (Mathis), le scorbut peut frapper le porc, le chien et même les reptiles des ménageries (Magitot).

Appareil circulatoire. — L'appareil circulatoire présente les mêmes lésions que chez l'homme. Le myocarde est assez souvent affecté; les abcès du cœur ne sont pas très rares dans la pyohémic; M. Larcher insiste sur les tubercules qui s'y développent assez souvent chez les oiseaux.

Le muscle cardiaque s 'hypertrophie aussi sous l'influence des fatigues ou du travail excessif; c'est ce qui a surtout lieu chez les chevaux de course et les chiens de chasse.

Les myocardites aiguës peuvent laisser à leur suite des lésions durables, parfois silencieuses pendant un temps fort long; c'est probablement à une origine infectieuse qu'il faut rattacher les ossifications des oreillettes qu'on observe chez les vieux chevaux; les mêmes conditions étiologiques expliquent parfois la dégénérescence des fibres qui peut provoquer une rupture du cœur; dans d'autres cas, la paroi était anévrysmale ou occupée par un échinocoque.

Les inflammations des séreuses cardiaques relèvent soit du rhumatisme, soit d'une infection, pneumonie, fièvre aphteuse, pyohémic ou septicémie; elles revêtent tantôt une forme végétante, tantôt et plus rarement une forme ulcéreuse. Chroniques, elles représentent le reliquat d'une poussée aiguë, ou s'établissent insidieusement à la suite d'une affection rhumatismale ou microbienne, parfois au cours de l'artériosclérose.

Toutes les valvules peuvent être atteintes, mais les localisations varient suivant les espèces; chez le cheval nous avons rencontré 12 fois de*

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lésions aortiques et 5 fois seulement des lésions mitrales ; chez le chien nous avons constaté deux lésions aortiques contre dix lésions mitrales; chez le bœuf, au contraire, c'est l'orifice tricuspide qui serait le plus souvent atteint.

Les lésions aortiques du cheval sont souvent très considérables; les valvules sont déformées, déchiquetées, perforées ou creusées d'anévrysmes ; il se produit ainsi des insuffisances faciles à reconnaître pendant la vie au souffle diastolique intense que l'auscultation révèle.

11 est très rare de trouver, chez les animaux, des souffles anorganiques ; mais on rencontre assez souvent chez le cheval des dédoublements du deuxième bruit qui n'ont aucune signification grave.

Parfois l'endocardite débute pendant la vie fœtale ou embryonnaire; elle a alors les mêmes conséquences chez toutes les espèces et provoque la persistance du trou de Botal ou du canal artériel, comme le montrent les observations recueillies par Franck sur le chien, par Johne sur la vache; nous avons eu l'occasion d'observer un jeune chat atteint de rétrécissement de l'artère pulmonaire avec persistance du canal artériel ; l'animal présentait à l'auscultation un gros souffle systolique; il était sujet à des accès de dyspnée spasmodique et succomba au milieu de l'un d'eux.

Nous avons déjà signalé la possibilité de l'artério-sclérose, surtout chez le cheval; mais au lieu de se localiser aux artères cérébrales, elle frappe de préférence l'aorte abdominale, c'est-à-dire le vaisseau qui se distribue aux membres postérieurs : l'excès de travail détermine la localisation morbide.

L'artério-sclérose de l'aorte postérieure caractérisée généralement par des lésions discrètes et circonscrites, peut aboutir à la formation d'anévrysmes qu'on n'observe presque jamais en d'autres endroits; ailleurs, elle donne lieu à des thromboses oblitérantes, entraînant le phénomène bien connu de la boiterie intermittente. C'est aussi dans les cas d'athérome qu'on observe les ruptures de l'aorte, survenant au niveau du tronc et se produisant d'ordinaire pendant l'assujettissement en position décubitale sous l'influence des violents efforts que fait l'animal. La dégénérescence des artères, qui a pu être reproduite expérimentalement chez le lapin au moyen d'inoculations microbiennes (Gilbert et Lion), s'observe dans toutes les espèces; elle ne serait pas rare, d'après Larcher, chez les vieux perroquets.

Appareil respiratoire. — Parmi les affections de l'appareil respiratoire, nous signalerons d'abord les rhinites qui peuvent être primitives, dépendre d'une infection comme le horse-pox ou la morve, chez le cheval, être entretenues par des parasites comme les lingatules, chez le chien.

Les laryngites sont importantes à cause de l'œdème qu'elles provoquent parfois au niveau de la glotte et qui peut nécessiter la trachéotomie. Un trouble fort curieux est la paralysie des cordes vocales, qui

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s'observe surtout, dans les races cultivées où elle est souvent héréditaire; elle est provoquée par des altérations du récurrent, consécutives à la pneumonie ou à la compression par une tumeur ou par des ganglions bronchiques ; il en résulte une hémiplégie laryngienne se traduisant par le cornage.

Il existe chez tous les animaux des bronchites comparables à celles de l'homme, parfois enzootiques et contagieuses, sévissant surtout à la saison froide et plus ou moins analogues à la grippe humaine. On observe chez le bœuf, le mouton et le porc, des bronchites pseudo-membraneuses rapidement mortelles. Ce qui est spécial aux animaux et ne se rencontre pas dans notre espèce, ce sont les bronchites vermineuses, provoquées par diverses espèces de strongles, vivant dans l'arbre respiratoire ; ces bronchites, surtout fréquentes chez le mouton, peuvent, dans certaines contrées, décimer les troupeaux. Chez quelques Oiseaux, le faisan surtout, il existe une affection parasitaire de la trachée et des bronches, produites par des syngames (Syngamus trachéal is) qui, fixés sur la muqueuse, sucent le sang et provoquent la mort par asphyxie ou épuisement.

Dans toutes les espèces animales, on observe diverses formes de pneumonies. Mais, malgré la fréquence et l'importance de cette infection, il est peu de questions plus obscures, moins étudiées au point de vue nosographique et bactériologique.

Il existe chez le cheval une pneumonie franche, comparable à celle de l'homme, mais dont l'étude bactériologique n'est pas faite, et une pneumonie contagieuse duc à un microbe que Scbùtz a isolé et qui diffère du pneumocoque de Talamon-Fraenkel par les caractères suivants : il se développe déjà à 17°, tandis que le pneumocoque ne pousse qu'à partir de 24° et ne donne de riches cultures qu'à 56° ; il est pathogène pour la souris, le lapin, le cobaye, alors que l'agent de la pneumonie humaine est sans action sur ce dernier animal. Suivant l'importance qu'on attachera à ces caractères différentiels, on verra dans ces deux microbes deux espèces différentes ou deux variétés d'une seule espèce.

La pneumonie du cheval peut se terminer par gangrène; dans ce cas, le foyer pulmonaire renferme le pneumocoque de Schutz isolé, ou, le plus souvent, uni à des bactéries de la putréfaction. Ce fait présente un certain intérêt, car on tend à admettre aujourd'hui que, chez l'homme, la gangrène pulmonaire relève d'un processus semblable; c'est le résultat d'une association microbienne : des saprophytes viennent se développer dans le poumon malade et exercent leur action nocive sur un tissu altéré par le pneumocoque.

La pneumonie s'observe aussi dans les autres espèces ; on en a cité des cas chez le porc, le chien, le chat, le mouton, le bœuf; Roll considérait la pneumonie franche comme fréquente chez le chien ; Friedberger et Frohner la déclarent rare ; les expérimentateurs ont pu reproduire chez cet animal la pneumonie fibrineusc au moyen du pneumocoque humain, et,

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dans un cas spontané, Pernice et Alessi ont décelé une bactérie identique à celle de l'homme. Pendant l'hiver de 1891-1892, nous avons observé une petite épizootie de laboratoire qui sévit sur les lapins et détermina la production d'hépatisations et de fausses membranes fibrineuses péricardiques et pleurales; l'examen bactériologique révéla dans ces divers foyers un pneumocoque semblable à celui de Frsenkel.

A côté de la pneumonie nous placerons la broncho-pneumonie pseudolobaire du cheval qui est due à divers streptocoques. Dans un cas de ce genre, nous avons décelé un streptocoque analogue à celui de l'érysipèle et pathogène pour le lapin; Cadéac, Tctzner ont fait des constatations analogues; ce dernier auteur a signalé la présence du microbe dans le tube digestif et par conséquent la possibilité d'une transmission par le fumier. On peut rapprocher de ces faits les observations de MM. Violet et Galtier sur la pneumo-entérite infectieuse des fourrages, qui serait due à deux microbes, un diplocoque et un streptocoque.

Une autre variété d'inflammation pulmonaire est représentée par la pneumonie catarrhale et la broncho-pneumonie lobulaire; leur étude bactériologique n'est pas faite, mais leur évolution, leur anatomie pathologique et surtout leur étiologie permettent de les assimiler aux affections analogues de l'homme. Elles se rencontrent en effet chez les sujets débilités et aux deux extrêmes de la vie ; elles sont surtout fréquentes chez les chiens, survenant au cours ou à la suite de la maladie du jeune âge et causant souvent de grands ravages dans les meutes.

En groupant, comme nous venons de le faire, les diverses pneumonies aiguës, nous voyons que leurs causes, leurs agents, leur évolution sont comparables dans toutes les espèces et, qu'à côté d'une pneumonie franche, bénigne, sporadique, il existe des pneumonies contagieuses et des broncho-pneumonies qui sont fort graves et sévissent souvent sous forme épizootique.

En dehors de ces divers types morbides il faut citer certaines infections à déterminations pulmonaires, qui sont spéciales à quelques espèces. Telles sont la péripneumonie contagieuse des bêtes à cornes dont l'agent pathogène a été découvert et décrit par M. Arloing sous le nom de Pneumobacillus liquefaciens bovis; la pneumonie infectieuse du porc, due à un bacille que Lœfller et Schutz ont isolé; ce bacille est analogue ou identique au microbe de la septicémie du lapin de Gaffky, et au microbe du choléra des poules, bien qu'il ne soit pas pathogène pour les Gallinacés; c'est probablement la même maladie qui a été décrite sous les noms de choléra des porcs et de hog-choléra.

11 existe encore des pneumonies ?nycosiques , qui sont dues le plus souvent à diverses espèces d'Aspergillus (A. fumigatus chez les Mammifères; A. fumigatus, glaucus, nigrescens chez les Oiseaux). L'actinomycose pulmonaire a été constatée chez les Bovidés, et la botriomycosc chez le cheval (Bollinger).

De même que chez l'homme, les pneumonies chroniques et les tumeurs

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du poumon sont extrêmement rares, si l'on excepte les tumeurs secondaires à d'autres néoplasmes, notamment à des ostéosarcomes. La plupart des cas rapportés comme des exemples de sarcomes pulmonaires chez le chien, relèvent en réalité de la tuberculose.

Les bronchites répétées, plus rarement les pneumonies, peuvent aboutir à V emphysème; d'autres fois cette altération est produite par les épaississements de la muqueuse nasale, par les troubles laryngés; chez le cheval, qui en est le plus souvent atteint, elle est favorisée par les travaux pénibles, c'est une « maladie de service »; elle se traduit par une dyspnée facile, parfois asthmatiforme et s'accompagne, encore plus souvent que chez l'homme, de dilatation cardiaque. Les bêtes bovines, surtout celles qui vivent dans les pays marécageux et qui sont entretenues à l'étable, sont sujettes à un emphysème dont la pathogénie est mal élucidée.

La pathologie comparée confirme ce que la pathologie humaine nous a appris en matière de pleurésie. Chez le chien et le chat, sauf les cas de pyohémie ou de pneumonie, les épanchements pleuraux relèvent presque toujours de la tuberculose et s'accompagnent souvent d'un épaississement énorme de la plèvre.

Appareil digestif. — Les affections de l'appareil digestif sont encore plus variées chez les animaux que chez l'homme.

Il existe plusieurs formes de stomatites : les unes catarrhales, liées aux affections aiguës; les autres dues à l'évolution des dents; d'autres relevant d'intoxications alimentaires, telles que la rouille, la nielle et la carie du blé. Les chiens peuvent être atteints de stomatite ulcéro-membraneuse donnant lieu, comme chez l'homme , à des ulcérations et à une salivation extrêmement fétide. Enfin le muguet se rencontre sur la muqueuse buccale des veaux, des poulains, des Gallinacés; Martin a observé une poule infectée par un enfant malade.

Bien qu'on n'en ait pas fait une étude approfondie, on sait que les altérations dentaires ne sont pas rares : la carie s'observe chez toutes les espèces, particulièrement chez les solipèdes.

Les pharyngites ne présentent rien de spécial : elles peuvent être primitives ou secondaires ; quand elles dépendent de la gourme, chez le cheval, elles s'accompagnent souvent d'adénites suppurées ou d'abcès péripharyngiens. Une affection plus intéressante est celle qui atteint les parotides et sévit parfois, d'une façon épizootique, sur la chèvre, le chien et le chat, à la façon des oreillons.

Les diverses cavités de la face peuvent être le siège de tumeurs : nous y avons trouvé, chez le chien et le cheval, des polypes, des myxomes, des sarcomes ; l'épithélioma du maxillaire supérieur est assez fréquent chez le cheval.

Les kystes dus aux aberrations dentaires se rencontrent chez toutes les espèces, et spécialement chez le cheval, où ils siègent surtout dans les sinus et dans la région temporale; exposés aux influences irritantes,

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ils s'enflamment, suppurent parfois et donnent lieu à des fistules intarissables.

Les animaux avalent fréquemment divers corps étrangers qui peuvent produire des troubles curieux; l'arrêt se fait souvent au niveau de l'œsophage, comme cela se voit surtout chez les bêtes bovines, pendant la déglutition des fruits, particulièrement des pommes ; quelquefois le passage du corps étranger provoque de petites ulcérations qui entretiennent de rœsophagisme ; c'est un résultat tout à fait semblable à celui qu'on observe chez l'homme ; de même que chez lui, l'œsophagisme peut dépendre, dans quelques cas d'ailleurs fort rares, d'une affection gastrique.

Les corps étrangers de ï estomac sont fort communs chez les Ruminants, chez les Bovidés surtout. Les corps métalliques aigus peuvent perforer la panse, atteindre le foie, l'intestin ou le diaphragme, léser le poumon, le péricarde, le cœur, s'échapper en traversant les parois abdominales ou thoraciques ; plus rarement ils se dirigent vers la colonne vertébrale et s'y fixent. Chez le chien et le chat, on a trouvé dans nombre d'organes, dans le foie surtout, des aiguilles enkystées; quand l'aiguille qui traverse les parois du tube digestif, est munie d'un fil, celui-ci imprégné de liquides septiques provoque presque toujours une péritonite mortelle.

La tolérance de la muqueuse gastrique pour les corps étrangers est fort remarquable. Nous avons relaté l'histoire d'un chien qui pendant onze mois conserva deux toupies dans l'estomac, tout en présentant les signes d'une parfaite santé. Un animal de même espèce a porté pendant douze ans, dans la cavité stomacale, une pièce de cinq francs et une pièce de dix centimes, sans manifester le moindre malaise. Il n'est pas inutile de remarquer, en passant, que les chiens avalent fréquemment les objets les plus divers, notamment de la paille. On voit donc combien est erronée l'opinion de ceux qui pensent qu'on peut reconnaître qu'un chien était enragé parce qu'à l'autopsie on trouve, dans son estomac, divers corps étrangers.

Les causes qui provoquent les affections stomacales chez l'homme, peuvent agir également chez les animaux ; rien d'intéressant à ce propos comme le catarrhe gastrique des nouveau-nés; quand la mère est malade, mal nourrie, quand les repas sont donnés d'une façon irrégulière, quand le sevrage est mal fait ou pratiqué trop tôt on voit, se développer une série de troubles qui sont tout à fait comparables à ceux de l'enfant.

S'il s'agit d'un animal adulte, c'est encore la même étiologie alimentaire ; les viandes corrompues peuvent provoquer la gastro-entérite ; mais les animaux présentent sous ce rapport une bien plus grande résistance que l'homme; le chien et le chat consomment sans inconvénient des mets avariés; Spallanzani avait habitué des pigeons à manger de grandes quantités de viandes putréfiées; et nous avons pu en faire ingérer à des

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cobayes pondant plusieurs semaines. Cependant, la tolérance n'est pas absolue; les pores, les chiens peuvent être atteints d'accidents typhoïdes pour s'être nourris de viandes corrompues ou de vieilles saumures.

Le typhus intestinal des Herbivores est aussi une gastro-entérite d'ordre alimentaire; les betteraves, les pommes de terre avariées, diverses plantes toxiques ou couvertes de moisissures, provoquent des accidents plus ou moins graves. Parfois le catarrhe gastrique est simplement dû aux difficultés de la mastication, comme cela se voit, par exemple, chez les vieux chevaux ou les vieux chiens qui ont perdu leurs dents.

Les symptômes des affections gastro-intestinales se rapprochent de ceux qu'on observe chez l'homme; on rencontre même des manifestations nerveuses, un véritable vertige stomacal. Mais chez les animaux incapables de vomir, comme les chevaux, les fermentations anomales de l'estomac peuvent produire une distension énorme de cet organe et même en provoquer la rupture.

Les ulcérations du tube digestif sont fort rares. On a relevé quelques cas d'ulcère simple occupant l'estomac ou le duodénum et ayant pu se traduire par de violentes douleurs ou des hématémèses. On observe encore des ulcérations gastro-intestinales, dans les infections ou sous l'influence des parasites, comme les œstres qui, fixés dans la muqueuse gastrique du cheval, peuvent amener la perforation de l'estomac. Les ulcérations tuberculeuses, très fréquentes chez les Oiseaux, sont rares chez les Mammifères, même chez le chien, bien qu'il s'infecte le plus souvent par la voie digestive.

Enfin, l'estomac est quelquefois atteint de cancer; chez le cheval, la lésion occupe surtout le cul-de-sac gauche et revêt les caractères d'un épithéliome pavimenteux ; cet aspect tient à ce que la muqueuse présente en ce point, la même structure que dans l'œsophage.

Nous devons nous arrêter un instant sur un groupe d'affections qu'on observe chez le cheval et qu'on a réunies sous le nom de coliques. Tantôt il s'agit de manifestations comparables à celles de l'homme; la colique est alors symptomatique d'une indigestion, de fermentations anomales suscitant la production d'une grande quantité de gaz, parfois d'une occlusion; tantôt il s'agit d'une affection liée à des anévrysmes d'origine vermineuse, c'est-à-dire strongylienne, tantôt d'une maladie spéciale, probablement infectieuse : les animaux sont pris d'accidents désignés sous le nom de tranchées rouges ; ils donnent les signes d'une vive douleur et beaucoup succombent rapidement; à l'autopsie, on trouve un infiltrat hémorrhagique diffus, quelquefois épais de plusieurs centimètres, qui suit les artères coliques, une hyperémie de la muqueuse intestinale, une con gestion de la rate, parfois avec foyers hémorrhagiques et de l'hypérémie rénale; cette affection, très redoutable, qui n'a rien d'analogue en pathologie humaine, cause une forte mortalité chez les chevaux; son étiologie et sa pathogénie sont encore imparfaitement connues ; mais lês lésions et la marche font penser à une infection d'origine intestinale.

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Pour revenir à des affections communes à l'homme et aux animaux, il faut signaler les invaginations intestinales, surtout fréquentes chez le chien, où elles amènent parfois rapidement la mort; mais chez les animaux, comme chez l'homme, on peut observer des invaginations chroniques, durant plusieurs mois : M. Pilliet en a rencontré deux cas chez des lions.

Enfin, il n'est pas sans intérêt de rappeler qu'en vieillissant les animaux sont sujets aux mêmes infirmités que l'homme; la constipation opiniâtre n'est pas rare chez les vieux chiens qui ne prennent pas d'exercice.

Les affections du foie présentent, pour la pathologie comparée, un intérêt considérable.

L' ictère est fréquent chez le chien qui, même à l'état normal, présente souvent un certain degré de jaunisse; il existe un ictère des nouveau-nés, chez les poulains et les veaux; un ictère catarrhal, atteignant surtout le chien, plus rarement le cheval; enfin un ictère grave.

Victère grave, qui entraîne la mort dans le collapsus, est presque toujours d'ordre toxique; assez fréquent chez le chien, le cheval et le mouton, où on l'a décrit sous les noms de typhus hépatique (Sander), hépatite typhique (Haubner), il est dû, chez les herbivores, à l'ingestion du lupin, plus rarement du trèfle hybride; chez les animaux qui ont consommé des drèches, il relève d'une dégénérescence suraigue du foie, liée à l'intoxication alcoolique.

Les cirrhoses sont exceptionnelles ; pourtant on en rencontre diverses variétés chez le chien, où l'on observe surtout des cirrhoses cardiaques; le cheval est parfois atteint d'une cirrhose alimentaire, qui sévit sous forme enzootique, dans certaines contrées, et semble due à l'ingestion de plantes irritantes.

Signalons encore la lithiase biliaire qui est rare et ne donne lieu généralement à aucun symptôme, mais provoque parfois des abcès hépatiques; la dégénérescence amyloïde du foie qui peut amener la rupture de l'organe; le cancer et surtout la tuberculose qui est très fréquente et se traduit, chez le chien, par des masses volumineuses qu'on a souvent considérées comme des tumeurs malignes.

Plus souvent que chez l'homme, le foie est le siège de lésions parasitaires; chez le bœuf et le mouton, on trouve une cirrhose biliaire provoquée par les distomes. L'échinococcose du foie est particulièrement fréquente chez le bœuf, encore assez commune chez le mouton, la chèvre et le porc, très rare chez les Solipèdes. La coccidiose, très répandue chez le lapin, s'observe aussi chez le chien, le veau, le porc, le mouton et les Oiseaux.

Les affections du pancréas et de la rate n'ont guère été étudiées et semblent d'ailleurs exceptionnelles; on sait que la rate est toujours envahie dans les cas de tuberculose généralisée ; le chien seul fait exception à cette règle.

On rencontre, chez les animaux, toutes les formes de péritonite qu'on a décrites chez l'homme. L'inflammation de cette séreuse survenait sou-

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vent, chez le cheval, à la suite des interventions opératoires, avant que se fût généralisée la pratique de l'antisepsie.

Vascite, très rare chez les grands animaux, est fréquente chez le chien; elle est sous la dépendance soit des affections du cœur, soit de la tuberculose.

Les tumeurs pédiculées du péritoine méritent une mention spéciale : nées sous cette membrane, en un point variable de la voûte sous-lombaire, elles refoulent la séreuse par leur propre poids, s'y invaginent, se pédiculisent et deviennent flottantes dans la cavité abdominale; la rupture du pédicule en fait des corps libres intrapéritonéaux. Celles de ces tumeurs qui sont longuement pédiculisées — il en est qui ont un pédicule de trente centimètres — peuvent déterminer des étranglements intestinaux.

Appareil urinaire. — Les affections de l'appareil urinaire sont tout à fait semblables chez les animaux et chez l'homme. Les néphrites aiguës ne sont. pas rares chez le chien, où elles relèvent d une cause microbienne, souvent d'une infection par le staphylocoque blanc; on en a signalé des cas chez le cheval, le bœuf et même chez les oiseaux (Larcher) ; elles sont souvent secondaires et se rencontrent dans la pyohémie, les septicémies puerpérales, à la suite de la pneumonie ou d'une simple angine.

Les néphrites chroniques s'observent surtout chez les chiens et les sujets âgés; elles se présentent comme chez l'homme sous deux aspects : tantôt c'est le gros rein blanc amenant des œdèmes et de l'albuminurie; tantôt un petit rein scléreux, avec de la polyurie, des traces d'albumine, et souvent des troubles cardiaques. C'est encore chez le chien qu'on trouve la tuberculose rénale; parfois ce sont des granulations miliaires, qu'on rencontre dans la moitié des cas de tuberculose généralisée ; ailleurs ce sont des lésions considérables entraînant une destruction presque complète de l'organe; l'urine contient de nombreux bacilles qui peuvent facilement être disséminés et servir à propager l'infection.

Les diverses lésions du rein aboutissent tôt ou tard à de Y urémie, caractérisée par des attaques convulsives suivies de coma; ces accidents se rencontrent chez le cheval, le mouton et surtout le chien, où ils sont souvent déterminés par des calculs urinaires.

Ce n'est pas seulement l'urémie qu'on observe dans l'espèce canine ; on peut voir aussi de Y éclampsie après le part ou pendant la lactation.

Nous rangeons, dans les affections du rein, une maladie intéressante, Y hémoglobinurie a frigore du cheval, dont l'évolution rappelle, par bien des points, l'hémoglobinurie paroxystique de l'homme. L'affection éclate surtout pendant la saison froide, chez les chevaux pléthoriques laissés quelques jours au repos dans une écurie close, à température élevée, et ayant reçu leur ration ordinaire. Dès que ranimai sort de l'écurie, il manifeste des signes de malaise, des coliques; le faciès exprime l'inquiétude, la respiration est accélérée, la marche hésitante. Si on le fait rentrer

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immédiatement, tout peut disparaître ; une émission d'urine noire a lieu et, peu à peu, les troubles se dissipent. Si on l'oblige à marcher, les symptômes s'aggravent, certains groupes musculaires se tuméfient, le train de derrière faiblit, puis la paraplégie survient, l'animal tombe, s'agite et fait de vains efforts pour se relever. Tout cela se passe en une demiheure, quelquefois en un laps de temps encore moins long.

La marche est variable ; dans quelques cas, les troubles s'atténuent peu à peu et le malade se rétablit, conservant le plus souvent une paralysie partielle d'un membre postérieur, surtout une paralysie du nerf crural avec atrophie des muscles auxquels ce nerf se distribue. Dans nombre de cas, les symptômes s'aggravent et la mort survient en quelques jours, quelquefois en vingt-quatre heures.

A l'autopsie, on trouve des polymyosites, de la congestion des principaux viscères, une tuméfaction de la rate et une néphrite double ordinairement très prononcée.

Le sérum, obtenu pendant la vie, contient de petites quantités d'hémoglobine, mais ne possède pas de propriétés toxiques spéciales; nous avons pu en injecter 50 centimètres cubes dans les veines d'un lapin sans produire de troubles et notamment sans amener d'hémoglobinurie ; d'ailleurs, les recherches que nous avons poursuivies in vitro nous ont montré que ni le sang, ni les muscles, ni les reins n'ont de propriétés globulieides spéciales. On ne peut donc saisir la pathogénie de cette affection, qui est si intéressante surtout si on la rapproche de l'hémoglobinurie humaine. 11 est possible qu'il s'agisse d'une infection microbienne; mais les cultures que nous avons faites sont restées négatives et, si nous soulevons Lidée d'une étiologie infectieuse, c'est parce qu'il existe chez le bœuf une hémoglobinurie due à un parasite qui se fixe sur les globules et les dépouille de leur matière colorante (Babes) .

Affections du système nerveux. — Les profondes différences qui séparent le fonctionnement du système nerveux chez l'homme et les animaux, entraînent de notables modifications dans les modes de réaction ; néanmoins on rencontre chez beaucoup d'espèces des perversions ou des troubles qui doivent vivement intéresser le médecin et le psychologue.

Si nous envisageons d'une façon générale les causes des affections nerveuses, nous trouvons d'abord certaines conditions prédisposantes qui rappellent tout à fait celles qu'on note en pathologie humaine. Deux influences surtout doivent être mises en évidence : l'hérédité et la race. L'existence de troubles nerveux chez les ascendants représente un facteur étiologique de premier ordre. La question de race est plus spéciale; les accidents nerveux s'observent surtout dans les races cultivées; ils sont assez fréquents chez les chevaux de luxe et les chiens d'appartement. La race danoise est très souvent atteinte de paraplégie; l'épilepsie s'observe surtout chez les caniches. Enfin, chez tous les êtres, les troubles nerveux sont souvent en rapport avec l'oisiveté ; il suffit d'augmenter la somme de travail pour les faire disparaître.

AFFECTIONS NERVEUSES

Les causes déterminantes se divisent en deux groupes : les infectieuses et les toxiques; les accidents apparaissent pendant révolution actuelle de la maladie ou à sa suite, comme séquelles des premières manifestations. Plus rarement ils relèvent directement des agents externes; l'insolation par exemple détermine des congestions cérébrales, des coups de chaleur, grandement favorisés par les efforts, la fatigue et le surmenage.

Les affections aiguës des centres nerveux et de leurs enveloppes sont beaucoup plus fréquentes chez les animaux que chez l'homme; niais il est souvent difficile de savoir si leur origine était infectieuse ou toxique.

11 existe une méningite cérébro-spinale, souvent épizootique, qui se rencontre surtout dans les pays chauds et notamment en Egypte; elle frappe le cheval, le mouton, le bœuf et le chien. Mais bien des cas, épidémiques ou sporadiques, ne sont que des intoxications provoquées par des moisissures, des Urédinées et des Ustilaginées (Pénicillium glaucum, Ustilago carbo, U. longissima; T Met ia caries, Puccinia graminis* coronata, straminis); la marche du mal est souvent très rapide et la mort peut survenir en quarante-huit et même en vingt-quatre heures. Frohner rapporte que sur huit chevaux d'une brasserie qui avaient consommé de l'avoine mouillée, altérée par le Pénicillium glaucum, cinq succombèrent en moins de deux jours; la nourriture avariée fut supprimée et les trois autres animaux se rétablirent. Les faits publiés sous le titre de méningite cérébro-spinale des bêtes bovines se rapportent souvent aussi à des empoisonnements par les moisissures, les tourteaux de coton ou la pulpe de betterave altérée. Tandis que chez les Solipèdes, les phénomènes paralytiques dominent dès le début et commencent généralement par le train de derrière, chez les Bovins on observe d'abord de l'excitation cérébro-médullaire, des troubles psychiques et des convulsions.

Ce que nous disons de la méningite cérébro-spinale peut être répété pour les méningo-encéphalites, les myélites et les méningites spinales; qu'elles soient enzootiques, épizootiques ou sporadiques, elles semblent relever tantôt d'une infection, tantôt d'une intoxication alimentaire, et sont favorisées par la chaleur et la fatigue.

Un grand nombre de maladies infectieuses peuvent se compliquer de lésions des centres nerveux. Au cours de la gourme du cheval, il se développe parfois une phlegmasie purulente des méninges ou un abcès de l'encéphale; la maladie du jeune âge, chez le chien, se complique souvent d'accidents méningo-myélitiques ; la fièvre vitulaire s'accompagne fréquemment de paralysies et la dourine du cheval détermine de la paraplégie.

Les manifestations peuvent passer à l'état chronique ou s'établir d'emblée, durant la convalescence de l'infection ou quelque temps après saguérison apparente, il restera ainsi une paralysie localisée à un groupe de muscles ou une paraplégie, des troubles cérébraux et surtout des troubles très

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curieux qui ont été observés chez le chien (*), où on les a décrits sous le nom assez impropre de chorée; ce sont de vrais tics, survenant surtout à la suite de la maladie du jeune âge, affectant un ou plusieurs membres, parfois la face, et caractérisés par des secousses brèves, spasmodiques qui se reproduisent d'une façon très régulière, comme nous avons pu le constater sur les nombreux tracés que nous avons recueillis; ces tics, qui relèvent d'un trouble bulbo-médullaire, s'accompagnent d'une atrophie lente et progressive des muscles affectés.

Les myélites systématiques sont considérées comme fort rares, peut-être parce qu'on ne les a pas suffisamment recherchées. Car, chez diverses espèces, on rencontre des troubles analogues à ceux du tabès : MM. Barrier et Weber ont publié l'histoire d'un cheval qui présentait des manifestations ataxiques, augmentant par l'occlusion des yeux ; Frôhner cite plusieurs cas analogues chez le chien; Hamburger (8) a trouvé une dégénérescence des cordons postérieurs dans la moelle d'un chien qu'il n'avait pas observé pendant la vie. On a signalé encore la paralysie bulbaire progressive chez le cheval (Degive, Gérard et Laridan) et nous avons eu l'occasion d'étudier une moelle cavitaire, provenant d'un lapin atteint de paraplégie spasmodique ; les lésions histologiques différaient d'ailleurs de celles qui caractérisent la syringomyélie (3).

Notons enfin la possibilité d'hémorrhagies cérébrales; les efforts, le coup de soleil et, dans quelques cas très rares, la dégénérescence des artères, en provoquent chez le mouton, le bœuf, le chien, le cheval. Lareher a insisté sur la fréquence des hémorrhagies cérébrales des Oiseaux survenant au moment du coït.

Les tumeurs du cerveau sont rares, sauf les cholestéatoines, fort communs au niveau des plexus choroïdes, chez le cheval. Le plus souvent il s'agit de tumeurs secondaires, de sarcome mélanique chez le cheval, de divers cancers secondaires chez le chien et le bœuf. Dans quelques cas, des tumeurs développées au niveau des méninges, des os du crâne ou du rachis ont pu comprimer les centres sous-jacents. Chez le cheval surtout, on voit des tumeurs mélaniques qui, nées sur les méninges spinales, provoquent une paraplégie plus ou moins rapide.

On rencontre fréquemment des tumeurs parasitaires, surtout chez le mouton, où Ton observe une affection désignée sous le nom de tournis et due au développement du cœnure cérébral, provenant du Tœnia cœnurus du chien.

Les lésions des nerfs périphériques n'ont guère été étudiées; nous signalerons cependant la possibilité de névralgies (Fricdhcrger, Strcbel) et

(*) Va>- Lair, Des myoclonies rythmiques. Revue de médecine, 1889, p. 1.

Camot, Gilbert et Roger, Note sur l'origine bulbaire du tic de la face. Ibid., 1890, p. 431.

(2) Hamburger, Tabès dorsalis by ecm bond. Hollànd. Zeitschr. fur ThierheiUatnde, 1890, p. 193.

(3) Roger, Contribution à l'étude des cavités pathologiques de la moelle Revue de mêdk août 1892.

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surtout la paralysie du récurrent, qui aboutit à Fhémiplégie laryngienne et au cornage; elle est très fréquente chez le cheval, à la suite de diverses infections et notamment de la pneumonie. Ailleurs, l'influenza ou les pneumonies infectieuses entraînent la paralysie du pénis.

La classe des névroses comprend des affections analogues à celles de homme. Lapins importante est Vépilepsie(l), qui peut s'observer chez tous les animaux, chez la chèvre où elle a été signalée par Hippocrate, chez le cheval, le bœuf, où elle est souvent héréditaire, chez le porc, le chien, le chat et même les Oiseaux.

Les manifestations épileptiformes des animaux doivent être divisées en plusieurs groupes. 11 existe une névrose, c'est l'épilepsie vraie ou idiopathique, souvent héréditaire, se rencontrant chez le chien, particulièrement le caniche, et chez le cheval, où elle frappe surtout les étalons reproducteurs (Strube) ; elle consiste en convulsions semblables à celles de l'homme, et parfois en petit mal, en vertiges (Fleming, Féré). En seconde ligne, nous plaçons l'épilepsie symptomatique, comparable à l'épilepsie jacksonienne, et liée h la présence de tumeurs, d'abcès ou de parasites cérébraux; elle relève d'une excitation de la zone motrice, et nous avons pu la reproduire expérimentalement en exposant à l'air froid le gyrus sigmoïde d'un chien trépané. L'épilepsie traumatique survient à la suite de coups portés sur le crâne ; elle apparaît plusieurs semaines après le traumatisme et, une fois développée, peut se transmettre par hérédité (Luciani). 11 existe encore une épilepsie réflexe, consécutive aux contusions ou aux sections nerveuses ; Brown-Séquard a montré que la section du sciatique ou l'amputation de la cuisse détermine chez le cobaye le développement de manifestations épileptiques souvent héréditaires ; mais dans la plupart des cas, l'irritation a son point de départ au niveau d'une muqueuse; les gales de l'oreille chez le chien, le chat, le lapin, provoquent des crises épileptiformes (Mégnin, Guzzoni), qui peuvent entraîner la mort. Des crises analogues son-t quelquefois déterminées par des parasites intestinaux (taenias, ascarides) et, plus rarement, par des corps étrangers du tube digestif. Enfin une dernière classe comprend les accès épileptiformes que M. Magnan a étudiés avec soin chez les chiens auxquels il faisait ingérer de l'absinthe.

On voit que la division que nous avons admise est tout à fait analogue à celle qu'on adopte en pathologie humaine ; il n'y a de différence qu'au point de vue de la fréquence des accidents ; contrairement à ce qui a lieu chez l'homme, l épilepsie idiopathique est rare, ce qui tient peut-être à la différence dans le mode de sélection.

V éclampsie des animaux est aussi analogue à Féclampsie humaine. C'est dans la race canine qu'on l'observe, chez les nouveau-nés, chez les jeunes animaux atteints de vers intestinaux, ou souffrant de la dentition,

(') Féké, Note sur l'épilepsie et le bromisme chez les animaux. Bull, de la Soc. de biol., 10 juin 1895.

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enfin chez les nourrices, où elle frappe surtout les chiennes de race cultivée et intelligente.

On admet généralement que Yhystérie est l'apanage de l'espèce humaine. Il existe cependant chez les animaux une névrose analogue, c'est la catalepsie, qui est provoquée par les frayeurs et se rencontre chez le cheval, le bœuf, le chien. On peut du reste déterminer la catalepsie chez beaucoup d'animaux, chez les Gallinacés, en leur faisant regarder un objet brillant, chez le cobaye et même la grenouille (Danilewsky) , en les maintenant quelque temps dans une même position.

Nous avons déjà dit que l'affection désignée sous le nom de chorée chez le chien n'a aucun rapport avec la chorée humaine. Cependant nous avons observé un chien qui, à la suite de la maladie du jeune âge, était atteint d'une véritable danse de Saint-Guy.

Le goitre exophtalmique se rencontre chez le cheval, le bœuf et le chien. Jewsejenko (*) a relaté l'histoire d'une jument de 4 ans qui, après une course, présenta des palpitations, de la tachycardie et, au bout de quelques jours, de l' exophtalmie et du goitre ; l'animal succomba en un mois. Le même auteur a rencontré un deuxième cas analogue chez une chienne de 7 ans ; la guérison fut obtenue à la suite d'un traitement iodoioduré. Rôder (■*) a vu une vache qui offrait depuis quatre ans la triade classique ; nous avons observé un cheval atteint d'une véritable forme fruste de la maladie de Basedow.

Il n'est pas de sujet peut-être qui offre plus d'intérêt que l'étude des troubles psychiques chez les animaux. Malheureusement l'observation est difficile, et les faits publiés jusqu'ici sont peu nombreux ou bien incomplets. Les manifestations morbides n'étant que l'exagération ou la déviation des fonctions normales, il est certain qu'on ne va pas trouver chez les animaux des aberrations mentales semblables à celles de l'homme. On peut néanmoins observer des troubles assez variés, portant sur les fonctions motrices, sensorielles, instinctives ou intellectuelles, affectives, génésiques.

Les aberrations motrices se rencontrent surtout chez le cheval ; la rétivité est un vice caractérisé par un refus obstiné d'exécuter un ordre habituel; Y immobilité est un trouble plus intéressant, souvent héréditaire, fréquent dans certaines régions, et lié parfois à une hydropisie des ventricules : dans cet état morbide que M. Féré rapproche de la confusion mentale, les animaux sont hébétés, indifférents, insensibles aux excitations douloureuses. C'est aussi chez les chevaux qu'on observe une névrose comparable à l'affection décrite chez l'homme sous le nom de maladie des tics ; l'animal fait exécuter à ses lèvres des mouvements anomaux et déglutit de l'air; ces accidents, qui sont parfois héréditaires, peuvent se propager par

(*) Jewsejenko, Deux cas de maladie de Basedow. Archives vétérinaires de Saint-Pétersbourg , 1888 (Anal, in Jahresbericht von Ellenberger und Schiïtz, 1888, p. 126). (2) Rôder, Basedow'sche krankheit bei ciner Kuh. Sàcfhs. Jahrerb., 1890, p. 77

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imitation à tous les chevaux d'une écurie; ils s'observent surtout chez les animaux au repos et disparaissent souvent sous l'influence du travail.

Dans quelques cas, l'aberration motrice se traduit par une tendance irrésistible à la course. Le chien, atteint de rage, se sauve en courant toujours devant lui, et l'expression populaire de « chien fou », appliquée au chien enragé, traduit parfaitement cet automatisme ambulatoire.

Les aberrations sensorielles portent surtout sur le goût; fréquentes chez le bœuf et le mouton, elles s'observent parfois chez le cheval. La pica est un symptôme a peu près constant chez les Bovidés atteints d'ostéomalacie ; mais l'affection la plus curieuse est celle qu'on a décrite sous le nom de « maladie du lécher » ; les animaux lèchent d'abord leurs voisins, puis ils en viennent à lécher les boiseries, à avaler les excréments, les vieux chiffons, la terre, et souvent finissent par succomber ainsi dans la cachexie. Des observations analogues ont été recueillies chez l'homme; une des plus curieuses est celle que rapporte Lasègue : il s'agit d'une jeune fille du monde qui dévora une partie de la redingote de son professeur de dessin.

Plusieurs fois des animaux ont présenté des troubles affectifs peu en rapport avec leur nature : tantôt c'est une excitabilité anomale qui les pousse à mordre sans motif, ou même des perversions instinctives qu'on a fait rentrer dans l'histoire de la criminalité (4) ; d'autres fois on observe des femelles qui refusent d'allaiter leurs petits; d'autres fois enfin, c'est un état de stupeur plus ou moins marqué ; nous avons observé un chien très irritable qui, à la suite d'un voyage de soixante-douze heures en chemin de fer, resta pendant plusieurs mois complètement apathique, couché dans un coin et semblant ne plus reconnaître ses maîtres.

On a fort peu étudié jusqu'ici les troubles subjectifs et intellectuels qui sont fort difficiles à analyser. On admet cependant que les animaux sont sujets à des vertiges d'origine toxique, stomacale, ou mécanique; le mal de mer, par exemple, s'observe chez beaucoup de mammifères et d'oiseaux; des hallucinations peuvent être produites par diverses substances vénéneuses. Ailleurs les troubles intellectuels atteignent un plus haut degré et se traduisent par de l'imbécillité ou du crétinisme, comme cela se voit chez quelques chiens goitreux. D'autres fois, les modifications sont plus légères, et partant plus intéressantes. Il existe par exemple des émotivités anomales ; Rochet rapporte l'histoire d'une jument qui avait peur du papier, soit qu'elle le vit, soit qu'elle l'entendit froisser; quelques animaux ont peur de la foudre, du sang. Ces diverses phobies peuvent se communiquer d'un animal à l'autre et prendre ainsi, sous l'influence de l'imitation, une forme épizootique. La folie peut même se communiquer de l'homme aux animaux. M. Féré(2) rapporte à ce sujet trois observations

(*) Lacassagne, De la criminalité chez les animaux. Revue scientifique, 1882, p. 55. (2) Féré, La folie communiquée de l'homme aux animaux. Bull, de la Soc. de biologie, 25 février 1895

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fort remarquables qui établissent que des chiens ont pu devenir agoraphobes au contact de maîtres atteints de ce trouble mental : un de ces animaux suivait les murailles, n'osait traverser une rue et était arrivé à ne plus pouvoir descendre un escalier; essayait-on de l'y contraindre, il était pris de terreur, d'un tremblement généralisé, avec incontinence des excréments.

Bien plus variés sont les troubles génésiques. La nymphomanie et le satyriasis peuvent représenter des symptômes de diverses affections ; les maladies à détermination médullaire, comme la rage ou la dourine (mal de coït) peuvent les provoquer. D'autres fois ils surviennent au cours des affections de l'utérus et de ses annexes, au début de la tuberculose, parfois sans cause appréciable; ils s'observent surtout dans certaines races de vaches, chez les juments, les brebis, les chiens mcâles ; ils sont très rares chez les étalons, les boucs ou les taureaux. Une alimentation intensive et un travail insuffisant constituent des causes prédisposantes de grande importance.

S'il s'agit, dans ces cas, de l'exagération d'un instinct, on observe d'autres fois des perversions sexuelles ; l'onanisme, si fréquent chez le singe, se rencontre aussi chez le chien, la brebis, plus rarement chez l'étalon ou le taureau. Parfois enfin les étalons présentent un dégoût pour les poulinières; ils ne veulent saillir que des vierges.

Affections cutanées. — Les affections de la peau sont fort communes. La plus fréquente est l'eczéma, qui reconnaît souvent une origine alimentaire; sous le nom d'eczéma des drèches, on a décrit un eczéma grave, survenant chez les bœufs qui mangent les résidus des distilleries. L'alimentation avec le sarrasin, aidée du soleil, détermine chez les moutons des érythèmes qu'on peut rapprocher de la pellagre; dans d'autres cas, on observe de l'urticaire qui apparaît chez le cheval, le chien, le bœuf, le porc, soit à la suite de l'ingestion de certains aliments, soit sous l'influence d'irritations produites par des insectes ou des chenilles.

Le cheval est sujet à quelques dermatites spéciales, notamment à une affection pustuleuse due à un bacille spécifique et qui se transmet par les couvertures ou les pièces de harnachement.

Chez tous les animaux on peut observer des alopécies en aires qui se comportent comme la pelade et, comme elle, peuvent se généraliser.

Il est très fréquent de rencontrer des affections cutanées d'ordre parasitaire ; les plus importantes sont représentées par les gales liées à la présence d'acares, différents de ceux qui vivent chez les hommes, ce qui explique pourquoi les gales des animaux ne se transmettent pas à notre espèce; chez les jeunes chiens on observe une gale spéciale, la gale folliculaire, due à des demodex et rebelle à tous les traitements. Mais nous ne croyons pas devoir insister sur ces affections parasitaires qui seront décrites dans un autre chapitre.

Résumé. — L'étude sommaire que nous avons faite suffit à montrer

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