HASCHICH
M. Guillemin [Dictionnaire des Drogues) dit aussi que les fruits et les feuilles de la Morelle noire sont loin de posséder toutes les propriétés narcotiques qui leur étaient attribuées. Cependant M. Desfosses a trouvé dans son suc de la solanine , ce qui seul doit faire tenir en garde contre elle. Ajoutons à ce fait un travail de M. Bourgogne, médecin à Condé, publié dans le Journal de Chimie médicale, 1827, relatif aux effets délétères de cette plante sur les bêtes à laine.
M. Pihan-Dufeyllay cite plusieurs observations qui tendraient à démontrer les propriétés toxiques de la Morelle (J. VEsculape, 2° année, 7 mars 1840).
Sans prétendre nous inscrire en faux contre les faits et les expériences que nous venons de rapporter , nous dirons seulement qu'employées comme aliment à l'instar des chicorées et des épinards, les feuilles de la Morelle et le reste de la plante participent à peine aux propriétés sédatives des autres solanées vireuses. Mais l'eau qui a servi à l'infusion ou à la décoction retient le peu de principe vireux que contient la Morelle, et se donne soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, dans les mêmes circonstances que les infusions ou les décoctions de jusquiame. Ce médicament est si peu actif qu'on ne l'emploie guère que pour des bains généraux ou des bains de siège ; et comme il peut toujours être aisément suppléé par les autres solanées, en tant que substance calmante, il serait plus convenable de le rayer de la matière médicale.
La solanine a été découverte en 1821 par M. Desfosses , pharmacien à Besançon, dans les baies de la Morelle [Solanum Nigrum). MM. Legrip et 0. Henry l'ont trouvée dans le S. mammosum, M. Morin dans le S. verbacifoiium, MM. Chevallier et Payen dans les fruits du S. Lycopersicum , MM. Foderé et Lecht dans le «S. ferox, MM. Pelletier, Otto et autres, dans les pousses jeunes de la pomme de terre.
C*est d'ailleurs un principe mal défini au point de vue chimique. Magendie, qui l'a expérimentée, a vu qu'elle produisait une salivation abondante, des vomissements violents et ensuite de la somnolence et de l'assoupissement.
D'ailleurs la solanine se distingue de l'atropine, de la daturine et de l'hyoscyamine, en ce quelle ne dilate pas la pupille. La solanine n'est pas employée en thérapeutique.