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LA RUE ODORANTE

MATIÈRE MÉDICALE

Ruta graveolens, Rutx folia. Arbuste de la famille des Rutacées, qui croit dans le midi de la France. On se sert de toute la plante, quoique les feuilles soient plus particulièrement employées.

La tige de cette plante est rameuse, de 2 à 4 pieds de haut, glauque; feuilles éparses, composées , glauques aussi, garnies d'une multitude de corps glanduleux, répandus aussi sur la tige et les rameaux; fleurs jaunes, disposées en panicule corymbiforme avec une bractée; calice plane, persistant, à quatre divisions; pétales onguiculées; anthères biloculaires, ovoïdes; style central, plus court que les étamines; stigmate simple Le fruit est une capsule composée de 4 ou 5 carpelles, soudés seulement dans leur moitié inférieure et qui produisent chacun un style par le côté Interne de leur portion libre; ces 4 ou 5 styles marchent horizontalement vers le centre du fruit, et, lorsqu'ils se sont rencontrés, ils se redressent en s'acrolant pour constituer une colonne vertical unique. La Rue a une odeur forte, aromatique, une saveur chaude et arrière duc à une huile volatile très-abondante.

On administre la poudre de cette plante emménagogue à la dose de 18 grains à un demi gros par jour. L'infusion se fait avec 1 gros de feuilles pour 2 livres d'eau. On donne 1 scrupule, et un 1/2 gros de l'extrait de Rue, et 5 à 10 gouttes de son huile essentielle dans les potions emména^ogues.

A l'extérieur, on en prescrit la décoction sous forme de bains de siège et de fomentations sur l'hypogastre.

M. Hélie, professeur adjoint à l'école secondaire de médecine de Nantes, dans un mémoire récemment couronné, a publié des recheiches sur l'action toxique et sur les propriétés abortives de la Rue employée à forte dose.

Voici, d'après M. Hélie, le mode d'action que la Rue exerce sur l'économie, en supposant qu'elle soit prise pendant la grossesse. Ce n'est en effet que dans cet état que l'on peut avoir lieu d'observer son mode d'action, car elle n'est employée à forte dose, à dose vénéneuse, que dans le but de provoquer l'avortement.

La Rue irrite, enflamme la membrane muqueuse de l'estomac et du duodénum; l'inflammation est peu intense dans l'intestin grêle, et le gros intestin semble ordinairement n'en être pas affecté.

La phlegmasie gastro-duodénale se manifeste surtout par la douleur épigastrique et par des vomissements continus, soit Ues liquides ingérés, soit d'un fluide bilieux.

L'influence que la Rue exerce sur l'utérus paraît consister à la fois en une congestion sanguine active et une stimulation de ses fibres musculaires qui détermine leur contraction, de laquelle résulte l'expulsion de fœtus. Il est à remarquer que cette action de la Rue est toujours secondaire, qu'il faut un certain temps, et souvent la repétition des doses pour qu'elle s'exerce; tous les faits connus l'attestent.

La puissance abortive de la Rue paraît être généralement en raison inverse de l'inflammation qu'elle excite dans la membrane muqueuse gastro-intestinale, ce qui s'expliquerait jusqu'à un certain point, si l'on consii'èie que l'action exercée par la Hue sur l'utérus est une conséquence de l'absorption de ses piincipes actifs, et non un effet sympathique de la gastro-entérite, et que l'inflammation intense d'une surface muqueuse y rend l'absorption moins facile.

Plusieurs observations, recueillies par le docteur Hélie, confirment les propriétés abortives de la Rue, indépendamment de toute prédisposition à l'avortement {Bull, thérap., t. XII, p. 77).

SABTNE.

MATIÈRE MÉDICALE

Juniperus Sabina, arbrisseau de la famille des Conifères, qui croît dans le midi de la France. On emploie les ftuilles et les rameaux.

La tige a 5 mètres à G,G5 (15 à 20 pieds de hauteur) ; les feuilles sont petites, opposées, imbriquées sur la tige; les fleurs dioïques et en chatons; le fruit est un cône bacciforme noirâtre renfermant deux petits novaux. La Sabine a une odeur forte et

analogue à celle de la térébenthine ; sa saveur est très-âcre et amère. On en tire une grande quantité d'huile volatile trèsactive.

Les propriétés emménagogues de la Sabine sont plus marquées que celles de la Rue. Son action va quelquefois jusqu'à déterminer de fortes congestions irritativesde la matrice et de violentes ménorrhagies. Sa puissance abortive n'est que trop constatée.

TÉRÉBENTHINE

On l'administre en poudre à la dose de 10 grains jusqu'à 24, et même 1 demi-gros. L'infusion se fait avec la même quantité pour 2 livres d'eau. L'extrait se prescrit à la même dose, et l'huile volatile à celle de !0 à 20 gouttes dans un véhicule convenable. La poudre, l'onguent et le cérat de Sabine sont quelquefois employés comme épispastiques et pour animer les vieux ulcères.

M. le docteur Beau recommande contre les métrorrhasjies un mélange de poudre de rue et de Sabine; il considère ce mélange comme jouissant d'une efficacité supérieure

à celle de l'ergot de seigle. Voici sa formule :

Poudre de rue, 15 centigr.

Poudre de sabine, 5

Sirop, q. s. pour 6 pilules.

On donne une pilule matin et soir.

Dans les anémies consécutives aux métrorrhagies passives, M Beau dit avoir retiié de bons effets de la poudre de rue associée au fer(l à 2 centigrammes de poudré de rue par jour) et il continue ce médicament un certain temps pour prévenir les récidives.

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