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siques. Sous l'influence de cette médication, la fièvre ordinairement se modère; en un mot, nous avons obtenu chez plusieurs poitrinaires, dont les tubercules étaient peu nombreux et dont la maladie marchaif avec quelque lenteur, nous avons, disons-nous, obtenu un amendement et une suspension des accidents, que nous n'aurions eus peut-être par aucune autre médication connue.
Est-ce donc à dire que nous prétendions guérir le cancer et la phthisie, ces, maladies qui sont J'écuejl de la thérapeutique et le désespoir des praticiens ? A Dieu ne plaise qu'on nous suppose une pareille prétention ; mais nous croyons qu'à l'aide de la Ciguë, on peut, dans un certain nombre de cas, modérer le travail inflammatoire intime, qui hâte la dégénérescence des cancers, leur ^amollissement, et qui désorganise si rapidement les poumons de ceux qui n'avaient d'abord qu'un petit nombre de tubercules.
Si, comme il n'est guère permis d'en douter d'après ce que nous venons de dire, on parvenait à résoudre des tumeurs de nature grave, il était raisonnable d'essayer dans le traitement des scrofules cette même médication, qui d'ailleurs est tout à fait exempte d'inconvénients.
Les faits rapportés par le judicieux Marteau de Grandvilliers (loc. cit.), par Muteau de Roqueipont (ibid-, 1764, t. XX, p. 554), par Dupuis de la Porcherie [ibid,, 1765, t. XXH, p. 219), par Lemoine (loc. cit.), par Gollin [lac. cit.), et ultérieurement par Hufeland {Traité des scrofules, p. 236), prouvent que, si l'usage interne de la Ciguë ne guérit pas toujours les tumeurs scrofuleuses, dans quelques cas, du moins, il les fait disparaître, et amende sensiblement l'état général. Dans ces derniers temps Baudelocque, à l'hôpital des Enfants, a aussi obtenu beaucoup de succès par l'em-< ploi de ce médicament.
Il a eu recours, pour l'usage intérieur, à l'extrait alcoolique, qu'il a administré ep pilules. Il a commencé par la dose de 10 centigrammes (2 grains) matin et soir, et l'on a augmenté chaque semaine de 20 centigrammes (4 grains). Sur sept filles traitées par la Ciguë, il en est cinq chez lesquelles l'extrait a été porté graduellement jusqu'à 3 grammes et demi (60 grains) par jour.
Pour l'usage externe, on a fait appliquer sur les tumeurs et sur les ulcères scrofuleux de la Ciguë fraîche préalablement écrasée (Bulletin thérap., 1835, t. IX, 4e livr.).
Disons enfin, comme confirmation de ces résultats, que M. Bazin, ayant repris ces expériences sur la Ciguë, en a obtenu de très-notables avantages dans la première période de la scrofule ; dans ces cas, il a l'habitude de l'associer aux préparations d'iode.
On a encore conseillé le même moyen dans quelques maladies de la peau, telles que les dartres, la teigne, etc. (Journal de Vandermonde, 4-5f§, t, XXXVIII, p. 139. — Ibid., 1790, p. 136. — Journ. gén. de méd., t. XXXVIII, p. 437). Mais les faits cités dans ces journaux par Lecomtede Prévîd, par Waton, sont loin d'être concluants. Au contraire, les faits curieux rapportés par Fantonetti (Gaz. méd., t. Y, p. 226) démontrent que,
MÉDICAMENTS STUPÉFIANTS
dans le traitement de dartres sous forme aiguë et chronique, les bains faits avec de l'eau de Ciguë ont une grande efficacité.
L'auteur regarde ces bains et les lotions avec la décoction ou l'infusion de Ciguë comme fort calmants, résolutifs et dessiccatifs ; il en a fait l'expérience un assez grand nombre de fois, et rapporte plusieurs observations à l'appui de ce qu'il avance : ce remède agit promptement et ne produit jamais d'accidents quand on sait s'en servir. On prépare le bain de Ciguë en faisant infuser dans de l'eau bouillante, dès la veille, ou bien bouillir, huit à dix poignées de Ciguë sèche ou fraîche, dans huit ou dix livres d'eau, qu'on verse ensuite dans l'eau de la baignoire, chaude de 26 à 27 degrés Réaumur. Le malade doit y rester une heure ou deux ; la baignoire doit être bien couverte à l'aide d'une couverture de laine et d'un drap qu'on serre autour du cou du malade, afin que la vapeur ne lui occasionne pas de maux de tête ou des vertiges. D'après l'auteur, la Ciguë agit parle principe alcaloïde qu'elle contient; cela explique, d'après lui, pourquoi la décoction et l'infusion de cette plante sont également efficaces, car ce principe ne s'évapore point comme la partie volatile des plantes aromatiques qu'on emploie au même office. Dans les maladies cutanées les plus incommodes, M. Fantonetti regarde les bains en question comme le remède calmant et contro- stimulant par excellence.
L'action stupéfiante de la Ciguë a été utilisée contre la coqueluche, par Schlessinger (Bibl. méd., t. LVII, p. 379), et plus tard par Butter et Odier (Mérat et de Lens, Dict. de thér., t. II, p. 389). Le premier faisait dissoudre dans 60 grammes (2 onces) d'eau, 5 centigrammes (1 grain) d'émétique, y délayait 10 centigrammes (2 grains) d'extrait de Ciguë, et ajoutait 15 grammes (1/2 once) de sirop de framboise; il faisait prendre cette dose en deux jours, et le succès en fut aussi prompt qu'efficace. Ici, évidemment, la médication est trop complexe pour qu'on puisse juger ce que pourrait l'action isolée de la Ciguë.
L'inspiration de vapeurs cicutées a été conseillée par Alibert contre la phthisie ; mais il est à craindre que ce thérapeutiste n'ait hasardé ce conseil sans faits qui l'appuyassent. Toutefois c'est un point à revoir.
Chaussier, Duméril, Guersant, prescrivent la Ciguë dans les névralgies {Dict. des Sciences méd., t. V, p. 212).
Nous avons dit plus haut qu'Arétée la considérait comme propre à éteindre les désirs amoureux ; et c'est surtout d'après ce témoignage, et d'après celui de saint Jérôme, qui rapporte que les prêtres égyptiens se réduisaient à l'impuissance en buvant tous les jours un peu de Ciguë, que, de nos jours, on a cru devoir la prescrire pour combattre le satyriasis et la nymphomanie.
Un fait isolé a été rapporté par Masars de Caselles (Journ. de Vand., 1770, t. XXXIV, p. 255), c'est celui d'un prêtre qui était atteint de la cataracte, et dont l'état fut très -sensiblement amendé par l'usage de la Ciguë. L'auteur qui rapporte ce fait n'a pas lui-même fait attention à cette particularité, savoir : que la Ciguë, comme presque tous les stupéfiants, dilate