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CHAPITRE VIII

MÉDICAMENTS STUPÉFIANTS

OPIUM

MATIÈRE MÉDICALE

Opium, opium. Suc concrété du pavot somnifère, papaver somntferum, L- (Var.

album), Papavéracées Voir pavot, pour les détails, page 11. Synonymie : jj./jxtov (meconium) des Grecs; amsion des Arabes; affion des Perses, etc. Homère, d'apiès plusieurs commentateurs le désigne sous le nom de v^irev^; (Iliade, livre 8). Le nom d'opium vient de ôito';, suc.

Le pavot somnifère est originaire de l'Orient, où il croît en grande abondance; plante de culture facile, que l'on a pu avec succès naturaliser en Europe, et dont l'exploitation bien dirigée est devenue une des branches importantes de notre industrie. — Les opérations à l'aide desquelles on en relire l'Opium varient suivant les degrés de pureté ou d'énergie que l'on veut réclamer du médicament.

La méthode d'extraction indiquée par Dioscoride, celle qui de nos jours est encore suivie et qui fournit l'Opium le plus pur, consiste à inciser superficiellement les capsules encore vertes des pavots : on recueille les gouttes laiteuses qui s'échappent aussitôt qu'elles sont concrétées sur la plante, et l'on obtient ainsi un Opium roussàtre très-odorant. C'est l'Opium des Orientaux.

Celui du commerce, beaucoup moins pur, est obtenu, dit-on, par la contusion et l'expression des capsules, des feuilles et des tiges de pavots; le suc retiré est évaporé au feu, et rapproché en consistance d'extrait.

Pour réunir les petites masses d'Opium ainsi obtenues à diverses reprises, on est dans l'usage à Smyrne et ailleurs d'en favoriser l'agglutination par l'addition d'une quantité considérable de salive.

L'Opium ainsi obtenu était appelé par les anciens meconium : c'est M. Charles Texier, voyageur français, qui a signalé l'introduc-

tion de la salive dans l'Opium; les paysans assurent que l'eau le fait gâter.

On a donc pu se demander si la réaction sur les sels de ter attribuée à l'acide méconique n'appar'iendrait pas à des traces de sulfocyanure de potassium provenant de la salive elle-même. Mais il est bien démontré aujourd'hui que l'acide méconique colore en beau rouge de sang les persels de fer.

Généralement les auteurs s'accordent à dire que l'Opium du commerce est obtenu par incisions faites aux capsules du Pavot. Dioscoride, Kœmpfer et Charles Texier font piler ou malaxer l'Opium, tandis qu'Olivier et Belon ne mentionnent pas cette opération et font sécher le suc directement.

L'Opium brut, tel qu'il nous est apporté de l'Orient, se présente en masses arrondies, aplaties, dont le poids varie de 120 à 360 grammes (4 à 12 onces), parsemées de pellicules et enveloppées de feuilles de pavot, de fruits de rumex; rougeâtres à l'extérieur, d'un brun noirâtre à l'intérieur, dures, à cassure brillante et compacte, d'une odeur vireuse particulière, d'une saveur amère et nauséeuse, se ramollissant sous les doigts par la malaxation, et brûlant avec facilité en répandant une fumée épaisse. — Tels sont les caractères physiques de l'Opium,

Dans le commerce, on en connaît trois sortes principales : l'Opium d'Étjypte, l'Opium de Constantinople , l'Opium de Smyrne.

Il importe de les savoir distinguer les uns des autres, en raison de leur valeur. Ils diffèrent beaucoup par la quantité de morphine qu'ils contiennent, et par leurs propriétés médicales. Aussi, comme on peut facilement être induit en erreur en jugeant la qualité d'un Opium d'après ses caractères

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physiques, nous croyons devoir insister beaucoup plus sur les caractères chimiques, qui, d'après l'excellent travail de M. Bcrthemot {Journal de Ph., n° IX, 1838), doivent seuls dénoter sa valeur médicale ou commerciale.

L'Opium d'Égypte, celui qui est le moins répandu, est toujours expédié en petits pains orbiculaires, aplatis; il présente cet aspect et ces caractères extérieurs qu'on a coutume d'indiquer comme particuliers au bon Opium (cassure nette et luisante, couleur brun foncé). Cependant cet Opium est de mauvaise qualité, la quantité de morphine y est beaucoup plus faible que dans les autres Opiums, et elle est mélangée de plus denarcotine. En outre, l'odeur vircuse particulière, caractéristique, y est beaucoup moins forte.

Si l'on met macérer cet Opium dans l'eau après l'avoir divisé, en l'agitant et le malaxant, la matière résinoïde se sépare et se précipite en prenant un aspect grenu. La liqueur surnageante développe une odeur très-distincte d'acide acétique, lorsqu'on l'amène par l'évaporation j usqu'en consistance sirupeuse ; et cet extrait devient alors difficile à débarrasser de la matière résinoïde qui l'accompagne, même après avoir été repris plusieurs fois par l'eau. On isole la morphine au moyen de l'ammoniaque.

Après avoir fait de nombreuses analyses d'Opiums, M. Berthemot signale surtout la morphine comme étant l'objet principal de la falsification. C'est la narcoline qu'on y associe quelquefois en très-grande quantité. Il a trouvé dans des morphines provenant d'Allemagne .jusqu'à dix-sept pour cent de narcotine; dans d'autres, tirées de Marseille, jusqu'à cinquante pour cent.

L'Opium de Conslantinople est préféré au précédent. Il est moins dur et moins cassant que l'Opium d'Égypte, souvent même assez mou; son odeur est plus forte. On remarque aussi que sa dissolution dans l'eau est moins acide; l'extrait est plus abondant et contient plus de morphine; la matière résinoïde a aussi plus de ténacité(Berthemot.)

L'Opium de Smyrne est supérieur aux deux autres, c'est le plus riche en principes actifs. La morphine qu'on en obtient devient blanche avec plus de facilité et cristailise mieux. L'extrait conserve une odeur vircuse plus pénétrante que celle des Opiums d'Egypte et de Constantinople.

1! est en masses déformées, aplaties, couvertes de fruits de rumex patientia (ce. qui n'a pas lieu ordinairement pour les autres Opiums); d'abord mou et d'un brun clair, mais bientôt noircissant à l'air. Lorsqu'on le déchire avec précaution et qu'on l'examine à la loupe, on le voit formé de petites larmes blondes ou fauves, transparentes et agglutinées.

Les pharoiacologues ont admis encore plusieurs autres espèces d'Opium, tels que VOpium de Perse, l'Opium de l'Inde, dont on distingue trois sortes, ceux de Patna, de Slalwa et de Benarès; mais ces espèces sont moins estimées pour l'usage médical.

On apprécie ordinairement l'Opium d'après la quantité de morphine qu'il donne à l'analyse, et l'on trouve, sous ce rapport, des différences considérables dans les produits répandus dans le commerce. Dans ces derniers temps, M. Bussy a analysé deux échantillons d'Opium de Smyrne, et il a obtenu de l'un 3 gr. 925 pour cent de morphine, et de l'autre 4 gr. 1. Ce rendement paraît être généralement celui des Opiums de cette provenance.

D'un autre coté, le docteur Mouchead, attaché à la Compagnie des Indes, a établi que les Opiums de l'Inde, qui sont exportés pour la Chine, contiennent des quantiiés de morphine qui varient depuis un demi jusqu'à 2 p. 100. Mais ces Opiums ont été ramenés à ce titre par leur mélange avec divers extraits.

Des Opiums de qualité supérieure, qui arrivent rarement jusqu'à nous, ont fourni au même observateur 10 gr. 5 pour cent de morphine. Cette richesse de certains Opiums de l'Inde a été constatée récemment par M. Payen, qui a obtenu la même proportion de morphine (10 gr. 7 pour cent) d'un produit ayant cette origine, et qui présentait la plus belle apparence commerciale. Des produits semblables réhabiliteraient promptement dans le commerce la réputation des Opiums de l'Inde, fort compromise par les Opiums destinés aux Chinois, qui se sont égarés quelquefois jusqu'à nous.

Des essais tentés récemment en Algérie pour la récolte de l'Opium dans un climat qui rappelle celui de l'Anatolie, la terre classique de cette substance, ont donné des espérances que la pacification complète de ce pays permettra sans doute un jour de réaliser. Des Opiums, envoyés à l'Académie des sciences par M. Hardy, en 1843 et 1844, ont été analysés par M. Payen, et ont fourni les uns, 5,62, les autres, 4,84 et 5,10 pour cent de morphine. L'Opium qui avait fourni 4,84 avait été obtenu par un temps pluvieux.

Enfin des Opiums recueillis aussi en Algérie par M. Simon, en 1844, ont donné 3,70 et 3,82 de morphine. Un échantillon obtenu en 1843 et analysé à la pharmacie d'Alger aurait fourni 12 pour cent. Mais après des corrections faites par M. Payen sur le produit qui n'avait pas été dosé dans un état de pureté assez complet, cette proportion a été réduite à 10,75.

M. Réveil a publié récemment un travail intéressant sur les opiums de Perse, qui commencent à être assez répandus dans le commerce, et qui se présentent sous la l'orme de cylindres delà grosseur du doigt entourés de papier blanc ou rouge lustré. Ces opiums renferment de 10 à 12 p. 100 de morphine; ils contiennent en outre de la glycose, de la pectine, de la mie de pain; ils doivent être rejetés des pharmacies, car ils sont presque en entier solubles dans l'eau, mais ils pourraient être employés en médecine à l'état de pureté.

Ajoutons que M. Simon a donné à l'Opium

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récolté par lui à Alger une forme spéciale qui servirait à le caractériser dans le commerce; son procédé consiste à enfermer l'Opium dans des capsules de pavot.

Ajoutons encore que la variété de pavot somnifère cultivée par M. Hardy en Algérie était le pavot blanc à tète ronde; tout semble indiquer aussi que c'est la même variété qui a produit les Opiums de M. Simon, rendant 3,70 et 3,84. Mais les recherches dont il va être question donnent tout lieu de penser que c'est une autre variété qui a donné l'Opium riche à 10,75 pour cent.

Disons toutefois que c'est Delon qui a conseillé la premier la culture du pavot, et la préparation de l'Opium en Europe et surtout en France : en France M. Petit, de Corbeil, a obtenu de l'Opium qui renfermait de 10 à 18 pour cent de morphine : le général Lamarque a obtenu, dans le département des Landes, un Opium en grumeaux agglomérés qui a fourni à M. Caventou 14 pour cent de morphine; mais un résultat très-curieux, c'est que Pelletier n'a pas trouvé de narcotine dans l'Opium des Landes; enfin M. Dives père, pharmacien à Mont-dc-Marsan (Landes), a trouvé dans l'Opium récolté par lui, de la morphine combinée à l'acide sulfurique, tandis qu'en général cet alcaloïde se trouve dans l'Opium combiné à l'acide méconique.

D'un autre côté, M. Aubergier, professeur à l'École secondaire de médecine de Clermont, engagé par nous à diriger vers les pavavéraeées des recherches entreprises depuis plusieurs années sur les sucs laiteux de certains végétaux, s'occupait, dans la Limagne d'Auvergne, de recherches sur ce sujet. Ces recherches permettent de rendre raison des différences que nous venons de signaler dans les Opiums fournis par le commerce ou obtenus en Algérie par divers expérimentateurs. Elles conduisent aussi à cette conséquence déjà entrevue, que le climat est loin d'avoir sur la qualité de l'Opium cette influence exclusive qu'on lui attribuait autrefois. On peut obtenir, dans nos contrées, de l'Opium de qualité supérieure à celui que nous apporte le commerce étranger ; et il est établi pour ce produit, comme on l'a déjà fait pour le sucre, que le travail libre et intelligent des nations civilisées peut suppléer aux conditions plus avantageuses qu'offrent, ailleurs le climat, la valeur bien intérieure du sol et quelquefois le prix moins élevé de la main-d'œuvre.

M. Aubergier a cultivé plusieurs variétés du pavot somnifère, et il a pris soin de recueillir séparément les produits qui ont été obtenus de chaque variété à divers intervalles.

Le pavot blanc à tête ronde, que l'on cultive dans le midi de la France pour les besoins de la médecine, est la variété la plus productive. La richesse en morphine a varié dans les produits des diverses récoltes, et elle a paru diminuer à mesure que la capsule approchait d'avantage de sa maturité. Cette décroissance de la morphine, proportionnelle à l'état plus ou moins avancé de maturité, pour n'avoir pas été consta-

tée par l'analyse, n'était pas pour cela tout à fait ignorée. Ou savait que les capsules vertes jouissent de propriétés bien plus actives que les capsules des pharmacies, que l'on ne cueille que lorsque les graines ont mûri, aux dépens des sucs du péricarpe. Quoi qu'il en soit, l'Opium de la première récolte a donné G, 03 de morphine pour cent, celui de la seconde 5,53, et celui de la troisième 3,27.

Un Opium provenant du mélange du suc laiteux du pavot blanc à tête ronde, et du suc du pavot blanc à tête longue, que l'on cultive dans le Nord pour les usages de la médecine, a donné à l'analyse 8,57 de morphine pour la première récolte, et les produits des récoltes suivantes ont été trouvés moins liches. Ce mélange des deux sucs avait été fait à une époque où l'auteur de ces observations croyait encore que deux variétés qui ne diffèrent que par la forme de la capsule devaient fournir des Opiums identiques. Il n'en est pourtant rien, et la variété à tête longue donne un produit plus riche en morphine. Contrairement aux idées généralement répandues, les pavois longs que le Nord fournit à la médecine sont plus actifs que les pavots ronds du Midi.

Il résulte donc de toutes ces observations que la richesse de l'Opium en morphine dépend de l'époque à laquelle il a été récolté, et surtout de la variété qui l'a produit. Pour faire l'application de ces principes aux échantillons de l'Opium d'Algérie qui ont été analysées par M. Payen, on peut dire que l'Opium de M. Hardy fourni par la variété à téte ronde, et dont le rendement en morphine a été d'environ 5 pour cent, a été obtenu dans de bonnes conditions; que, pour les Opiums de M. Simon, riches à 3,70 et 3,84, les incisions ont été commencées trop tard, et qu'enfin l'échantillon qui a donné plus de 10 pour cent de morphine a été produit par la variété à têle longue, ou mieux encore par quelque autre variété du pavot somnifère.

M. Dumas, dont le nom se présente toujours en première ligne lorsqu'il s'agit de recherches qui peuvent avoir un grand intérêt pour la science, constatait à Genève, il y a plus de vingt-cinq ans, que certaines variétés fournissent un Opium plus riche en morphine que celui du commerce.

MM. Pelletier et Caventou ont également indiqué ce fait, que viennent confirmer les expériences de M. Aubergier.

En effet une autre variété du pavot somnifère, le pavot brun pourpre, lui a donné des Opiums dont plusieurs échantillons ont rendu 11,23, 10,27, 10,09 de morphine.

La variété désignée sous le nom de pavot œilletteou pavot noir, que l'on cultive dans le Nord pour retirer l'huile de ses graines, a donné un Opium plus riche encore en morphine. Le produit de la première récolte a rendu 17,83; celui delasecor.de, 13 87, fait qui, pour le dire en passant, confirme ce que nous avons dit déjà de la décroissance de la morphine pendant la maturation de la graine. Mais la quantité d'Opium que l'on peut retirer de l'œillette est si faible, qu'ors

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ne peut songer à le cultiver dans le but d'en retirer ce produit pour le commerce. 11 n'en est pas de même du pavot brun pourpre; ses produits sont, il est vrai, moins abondants que ceux du pavot blanc à tèle ronde, mais comme ils sont deux fois plus riches en morphine, il s'établit une compensation qui est tout entière en leur faveur : cette sorte d'Opium devrait être employée dans la pratique médicale de préférence à l'extrait gommeux d'Opium, qui représente, on le sait, moitié du poids de l'Opium brut. On comprend facilement que le suc laiteux du pavot pourpre desséché au soleil doit l'emporter sur un extrait toujours plus ou moins altéré par l'action du feu. Ajoutons qu'en analytant cet Opium, on obtient du premier coup, la morphine presque pure, et sans être salie par les matières résineusesqui accompagnent toujours celle que fournit l'opium de pavot blanc, et dont on a pour but de le débarrasser dans la préparation de l'extrait gommeux.

Toutefois MM. Descharmes, Benard, Renard, etc., ont extrait du pavot à œillette un Opium très - pur qui , analysé par MM. Acar, Mialhe, Guibourt, Reve 1, etc., a fourni jusqu'à 26 p. 100 de morphine; de sorte que cet Opium ne pourrait être employé en pharmacie comme trop riche, de même que l'on doit rejeter certains Opium? du commerce comme trop pauvres en alcaloïdes : un Opium bien choisi doit renfermer de 10 à IX p. ICO de morphine.

Après avoir encouragé à leur début, et suivi avec un constant intérêt les recherches de M. Aubergier, c'est pour nous une véritable satisfaction de pouvoir annoncer que ces recherches, exécutées avec une si intelligente persévérance, viennent d'être définitivement couronnées d'un succès complet.

Ainsi à l'aide de procédés nouveaux qui sont exposés avec détail dans le Mémoire original, M. Aubergier est parvenu à économiser les deux tiers du temps employé jusqu'ici pour la récolte; il en résulte que Ja culture du pavot somnifère pour en retirer l'Opium est devenue possible en France au point de vue économique, et qu'éclairés par les donnnéesde la science, nous pouvons obtenir ce produit de meilleure qualité que les peuples à demi barbare» qui en ont conservé jusqu'ici le monopole.

M. Bouchardat, juge si compétent dans ces matières, s'est appliqué depuis longtemps à étudier avec soin tout ce qui a rapport à cette nouvelle branche d'industrie, si digne d'être encouragée par tous les amis du progrès; et l'exposé qu'il vient de faire, dans son Annuaire, des résultats extrême- • ment remarquables obtenus par M. Aubergier, nous a paru d'un intérêt et d'une utilité tels, que nous n'avons pu résister au désir de lui donner place dans cette nouvelle édition (5e édition).

Opium indigène.— Extrait d'affi.um indigène de pavots pourpres (Aubergier).

Les nombreux travaux dont l'Opium a

été récemment l'objet, en faisant connaître les variations extrêmes que présente ce produit tel que nous le livre le commercet méritent au plus haut degré d'attirer l'at* tention des praticiens. Ils prouvent que les anomalies dans l'action de ce médicament, qu'on a cru pouvoir attribuer à l'état des malades, à leur idiosyncrasie, n'avaient le plus souvent d'autres causes que des différences dans la composition dont on était loin de soupçonner l'étendue.

On savait qu'aux lieux de production, chaque jour l'Opium était falsifié davantage, que souvent on mêlait l'extrait de la plante entière au produit obtenu par incisions; on pouvait jusqu'à un certain point distinguer par les caractères physiques les Opiums ainsi altérés, mais ce qu'on ignorait, c'est que des Opiums préparé? également par incisions avec le suc laiteux pur el sans mélange pouvaient présenter des variations comprises dans les limites effrayantes de 2 a 15 p. 100, ainsi que vient de le constater M. Aubergier, variations de nature à oter toute sécurité aux médecins; ce qu'on ignorait, c'est que la richesse de l'Opium varie suivant la variété de pavots qui l'a fourni, et pour une même variété, suivant l'époque plus ou moins avancée de maturité de la capsule au moment de la récolte. 11 en résulte qu'en ayant toujours recours à la même variété, et en choisissant le moment le plus favorable pour la récolte du suc, on peut parvenir à resserrer désormais les diilérences dans la'richesse en morphine dans des limites aussi insignifiantes que celles constatées entre les divers Opiums du commerce étaient dangereuses. Parmi les variétés de pavots que l'on peut choisir pour la préparation de l'Opium, l'Académie a pensé que c'était celle qui pouvait fournir un Opium assez régulièrement riche à 10 p. 100, à laquelle il convenait de donner la préférence; que la proportion décimale dans la richesse en morphine, maintenue dans les formules à base d'Opium indigène présentées par M. Aubergier, permettait aux médecins de se rendre plus facilement compte de leur composition ; qu'il importait de distinguer ces nouvelles préparations des anciennes, à base d'Opium du commerce, qui ne présentent ni la même pureté, ni la même richesse, ni surtout la même uniformité de composition. Pour remplir plus complètement les intentions de l'Académie à cet égard, M. Aubergier propose de désigner son Opium indigène sous le nom oVAffium, qui est, en effet, son véritable nom.

On lit dans tous les ouvrages de matière médicale qu'aux lieux de production on désigne sous le nom d'affium les larmes laiteuses qui s'écoulent des incisions faites aux capsules du pavot; qu'on réserve ce produit précieux pour les familles riches et puissantes du pays, et qu'on ne livre au commerce que des produits inférieurs.

Ainsi voilà un premier fait établi, et il est de la plus grande importance.

Pour ce qui se rapporte au choix de la variété à cultiver, les bellesétudes de M. Au-

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bergier ne laissent aucun doute. Le but principal que l'on doit atteindre pour un produit à la fois aussi utile et aussi énergique que l'Opium, c'est de l'obtenir, autant que possible, dans les conditions les plus voisines de l'identité. Or, quand il s'agira de l'Opium destiné aux usages médicaux, la culture du pavot pourpre, dans l'état actuel de nos connaissances, devra toujours être préférée. En effet, de patientes analyses, renouvelées dans les conditions les plus diverses, pendant une suite d'années déjà satisfaisante, nous ont montré que l'Opium extrait avec les précautions convenables des capsules du pavot pourpre, se rapproche infiniment de ce type de richesse en morphine de 10 p. 100 que l'Académie consacre.

Pour établir solidement sur notre sol, où elle peut être surveillée, cette belle industrie de la fabrication de l'Opium indigène, M. Aubergier, qui s'est occupé avec tant de constance et de succès de cette question, a bien vu que si l'on voulait lutter avec la production de l'Asie Mineure, il fallait perfectionner le procédé minutieux des incisions.

Tout ce qu'a fait cet habile observateur peut servir de modèle. Procédé d'incision, méthode pour recueillir et dessécher le suc, utilisation des graines, il n'a rien laissé à désirer. Aussi nous pensons qu'il est indispensable de reproduire ici l'ensemble des moyens qu'il a si heureusement appropriés à la préparation économique de l'Opium.

Les incisions sont pratiquées avec un instrument qui porte quatre lames de canif. Ces lames sont enchâssées dans un man' ne parallèlement, de telle façon que leur pointe ne fait saillie que de 1 ou 2 millimètres, et ne peut pénétrer dans l'intérieur de la capsule. La préoccupation qu'enl-raîne la direction à donner à l'instrument se trouve ainsi écartée, le travail est plus facile, plus rapide, il peut être confié à des mains inexpérimentées : avantage considérable lorsqu'il s'agit d'introduire une industrie nouvelle dans un pays.

Les observai ions de M. Réveil l'ont conduit à admettre qu'une seule incision suffît et que les incisions subséquentes donnent des quanti tés tellement faiblesde suc que l'Opium qu'elles fournissent ne couvre pas les frais d'exploitation ; d'ailleurs, par une seule incision, on pourrait extraire des pavots cultivés en France, au point de vue de la graine, une quantité d'Opium vingt fois plus considérable que celle qui est consommée, annuellement en France, et qui ne dépasse pas 10,000 kilogr.

Au lieu de laisser le suc, qui s'écoule à la suite d';ncisions, se dessécher sur la capsule exposée aux poussières et à toutes les intempéries de l'atmosphère, il est de beaucoup préférable, pour la qualité de l'Opium à obtenir et pour assurer la récolte, de le faire enlever immédiatement.

L'ouvrière qui fait les incisions est suivie, à quelques minutes de distance, par une autre ouvrière qui en recueille le produit.

Le suc est ensuite exposé au soleil jusqu'à complète dessiccation.

Ce sont ces modifications, qui en apparence semblent légères, qui cependantenangent complètement l'économie du procédé par incision, de telle manière que le prix de la main-d'œuvre se trouve abaissé des deux tiers.

Ce. sont ces détails qui ont rendu exécutable ce problème de la fabrication de 10pium indigène abordé par tant de bons observateurs qui n'ont pu le réaliser en grand (voyez Chevalier, notice).

Ce n'est pas seulement à produire en France de l'Opium toujours actif et toujours identique que M. Aubergier a consacré dix années de recherches constantes et dispendieuses.

En adoptant exclusivement, deux formes pharmaceutiques parfaitement étudiées, il peut satisfaire à toutes les exigences de la thérapeutique, et éloigner les chances de ces fatales erreurs qui ont tant de fois suivi l'administration de ces préparations d'Opium qui étaient administrées par gouttes.

M. Aubergier nous semble avoir complètement résolu un problème des plus importants, celui d'administrer l'Opium avec sûreté et sécurité.

Pour tous les usages a l'intérieur, les granu es d'extrait d'affium de pavot* pourpres de I centigramme satisfont à toutes les indications.

C'est en granules de 1 centigramme, contenant par conséquent i milligrammes en morphine, que l'extrait d'affîum a été administré soit par M. Rayer, soit par M. Grisolle. Deux pilules ont presque constamment suffi pour déterminer le sommeil. Les avantages de ce mode d'administration sur l'emploi des solutions, telles que les divers laudanums, n'échapperont à personne. Ces pilules se dissolvent très-facilement dans l'eau. On peut, compter le nombre que l'on met dans un lavement, par exemple, et l'on se rend mathématiquement compte de la dose que l'on administre, tandis que l'on peut toujours se tromper sur le nombre de gouttes de liquide, et à plus forte taison sur leur volume.

Ainsi avec les granules d'extrait d'affium de M. Aubergier, rien n'est plus facile que de composer des potions calmantes contenant une dose, précise d'Opium, des lavements opiacés dont la puissance narcotique est toujours identique, et l'on n'a p!us à craindre ces erreurs trop fréquentes où les nombres des gouttes des laudanums sont comptés d'une manière inexacte, soit dans les lavements, soit dans les potions.

Pour les usages a l'extérieur et pour remplacer les liniments ou frictions opiacées, la teinture d'affium de pavots pourpres de M. Aubergier remplit toutes les indications; elle contient le centième de son poiils d'extrait d'affîum de pavots pourpres.

Il est facile de se rendre compte des avantages que pourra présenter dans la pratique, pour l'emploi extérieur, une pré-

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paration solide à froid, et se liquéfiant à la température du corps humain, et dont on pourra mesurer la dose par le volume Elle contribuera à rendre les empoisonnements par les liniments opiacés beaucoup plus difficiles, si même elle ne les rend tout à l'ait impossibles. Ce point de vue a une grande importance lorsqu'il s'agit de mettre entre les mains, et à la portée d'un malade, une quantité beaucoup plus grande d'un médicament que celle qui serait mise à sa disposition pour être prise à l'intérieur.

Voici les formules proposées par M. Aubergier et adoptées par l'Académie.

Affium indigène de pavots pourpres.

Faites des incisions longitudinales légèrement inclinées aux capsules du pavot pourpre, lorsqu'elles ont atteint leur développement complet, et avant qu'elles passent de la couleur verte à la couleur jaune recueillez immédiatement avec le doigt, dans un verre, le suc laiteux qui s'écoule; répétez ces incisions par intervalles jusqu'à ce qu'elles aient embrassé toute la circonférence de la capsule, lîéunissez le produit de la récolte dans de larges vases à fond plat; exposez-le au soleil jusqu'à ce qu'il ait acquis une consistance assez ferme pour pouvoir être divisé en pains de 50 grammes. Laissez les pains exposés au soleil et à l'air jusqu'à ce qu'ils puissent être enveloppés dans des feuilles de papier huilé sans s'y attacher.

Cet affium contient le dixième de son poids de morphine.

Extrait d'affium indigène de pavots pourpres.

Coupez 500 grammes d'affium de pavots pourpres par tranches : versez dessus 6 litres d'eau distillée froide; au bout de douze heures malaxez l'opium, et après douze nouvelles heures de macération, passez et exprimez. Soumettez le marc à une nouvelle macération dans 6 paities d'eau froide et passez encore avec expression. Décantez les liqueurs et évaporez-les au bain-marie en consistance d'extrait.

Versez sur cet extrait 4 kilos d'eau distillée froide, agitez de temps en temps pour faciliter la dissolution, passez les liqueurs et faites évaporer en consistance d'extrait pilulaire.

Cet extrait contient un cinquième de son poids de morphine.

Vin d'affium de pavots pourpres.

Vin de Madère, 500 gramm.

Affium de pavots pourpres, 50

Faites macérer huit jours et filtrez. Si vous ne retirez pas une dose de vin équivalente à celle employée, lavez le résidu avec une quantité de vin suffisante pour compléter 500 grammes.

Teinture d'affium de pavots pourpres.

Extrait d'affium de pavots pourpres, 10 gr. Alcool à 5C° centésimaux, 1 kil.

Faites dissoudre l'extrait d'affium de pavots pourpres dans l'alcool et filtrez la solution.

Pour obtenir une teinture solide à froid, propre exclusivement à l'usage extérieur, diminuez de 120 grammes la quantité d'alcool employé et remplacez-le par un poids égal de savon animal que vous ferez dissoudre au bain-marie.

Sirop d'affium indigène de pavots pourpres.

Affium de pavots pourpres, 1 gram. 5

Eau, 500

Sucre blanc, l kilogr.

Faites dissoudre 1'affium de pavots pourpres dans l'eau, filtrez la solution; faites-y dissoudre le sucre, et filtrez le sirop au papier.

10 grammes ou deux cuillerées à café de ce sirop contiennent 1 centigramme d'affium indigène et 1 milligramme de morphine- Ce sirop, que l'on pourrait aromatiser soit avec l'eau de laurier-cerise, soit avec toute autre, eau aromatique, est destiné à remplacer le sirop de pavots blancs et à être administré à la place des potions à bases de sirop d'Opium et dont l'action est aussi incertaine que celle des éléments qui entrent dans leur composition. La composition du sirop de pavots blancs, la quantité de morphine qu'il contient est nécessairement variable comme celle de l'extrait de pavots qui en est la base, et dans lequel divers observateurs ont trouvé depuis 1/2 jusqu'à 3 p. 100 de morphine. On comprend quelle incertitude doit régner sur la composition d'un sirop piépaié avec un tel extrait. Lorsqu'il a pour base un extrait contenant 1 p. loO de morphine, il renferme un dix-millième de cet alcaloïde ; c'est précisément la quantité que contient constamment le sirop d'afiiurn de pavots pourpres. On aurait donc une préparation équivalente, mais bien plus constante dans sa composition et par conséquent dans ses eilets : comme elle est souvent employée dans la médecine des enfants, c'est surtout, en pareil cas, qu'il importe de pouvoir compter sur la régularité de composition et d'eiïet.

Toutes les sophistications de l'Opium se résument, on peut le dire, en une soustraction du principe actif ou une addition de matières dont l'aspect imite celui de l'Opium, et dont la valeur réelle est d'ailleurs beaucoup moindre. Quelquefois les deux fraudes se réunissent pour diminuer la quantité de morphine. Mais comme, d'un coté, les substances ajoutées sont inertes et non pas nuisibles, et que d'ailleurs aucun intérêt ne s'attache à l'extraction des principes autres que la morphine, qui est seule d'un usage étendu, il s'ensuit que faire l'essai d'un Opium supposé frelaté

OPIUM

c'est rechercher la proportion de morphine qu'il renferme.

Or on s'en fait une idée approximative en traitant la dissolution aqueuse du médicament par l'ammoniaque affaiblie. Le précipité est formé par de la morphine impure ; son abondance indique la richesse du produit soumis à l'examen.

Le procédé suivant offre toute la précision désirable. L'Opium coupé en tranches minces macère durant vingt-quatre heures dans sept fois son poids d'eau distillée ; après ce séjour il est trituré finement, jeté sur un filtre, et épuisé par l'eau qui doit passer enfin incolore.

A cette dissolution filtrée on ajoute un excès de chaux hydratée, on porte le mélange a l'ébullition pendant cinq minutes, et l'on filtre.

Cela fait, on traite par l'acide chlorhydrique, puis on ajoute de l'ammoniaque.

La morphine précipitée est recueillie sur un filtre et lavée d'abord à l'alcool faible, puis à l'alcool à 33° bouillant; enfin on termine par un lavage à l'éther, on fait dessécher et l'on pèse.

Ce procédé est long, et nous devons ajouter que pour obtenir des résultats exacts il faut opérer sur une assez grande quantité d'Opium; le procédé suivant, indiqué par M. Guilkrmond. de Lyon , modifié par M. Réveil, est plus prompt; il donne des résultats suffisants pour un fssai et présente l'immense avantagede n'exigerqu'une petite quantité de matière Voici comment il est décritpar M. Réveil. On prend lôgram. d'Opium; après l'avoir coupé en petits morceaux on le dessèche à l'étuve, jusqu'à ce que deux pesées successives, faites à une heure d'intervalle, donnent le même résultat; la perte de poids indique la quantité d'eau que renferme l'Opium; le résidu sec est traité par 75 grammes d'alcool à 85° centésimaux : on broie dans un mortier demanière à obtenir une bouillie homogène que l'on passe avec expression à travers un linge fin et serré, le résidu est repris par 25 grammes du même alcool : on passe de nouveau et l'on ajoute aux liqueurs réunies quantité suffisante d'ammoniaque liquide.

Après vingt-quatre heures de repos il se dépose de beaux cristaux de morphine mêlés de narcotine, on les sépare par décantation et on les lave à l'eau distillée d'abord, à l'éther ensuite pour séparer la narcotine; on fait sécher les cristaux et on les pèse. On peut pour plus de sûreté ajouter 1 gramme d'ammoniaque aux eaux mères qui souvent laissent déposer une nouvelle quantité de morphine que l'on réunit à la première.

Nous avons déjà dit quelques mots de la falsification de l'Opium; mais les fraudes se sont tellement multipliées depuis quelque temps, les Opiums factices, c'est-à dire préparés avec le marc d'Opium des extraits de divers végé t a a% ,«t surtout eelui de la grande chélidoine ichelidonium majus), du pavot cornu (chelidoninm glaucum), sont tellement répandus dans le commerce, que nous nous faisons un devoir de signaler ces adul-

térations aux praticiens; il serait indispensable que le gouvernement prît des mesures vigoureuses pour punir et empêcher ces fraudes qui compromettent d'une manière si grave la santé publique.

M. Chevallier, professeur à l'École de pharmacie, a publié un excellent travail sur les falsifications en général et sur celles de l'Opium en particulier; il a trouvé que cette substance si précieuse renfermait souvent des quantités tellement considérables d'eau (jusqu'à 50 pour 100), et si peu de morphine que l'action thérapeutique devait être considérablement diminuée, et presque nulle dans un grand nombre de cas. Ce savant praticienvoudrait que tout Opium qui ne renfermeraitpas 8 pour 100 de morphine, fût rejeté de l'usage médical et réservé à la préparation des alcalis organiques.

Ne serait-il pas préférable de substituer l'usage de la morphine ou de ses sels à celui des préparations opiacées dont la composition est si variable? Nous désirons ardemment que la proposition de M. Chevallier soit prise en considération.

Nous donnons ici un extrait d'un tableau d'analyses d'Opium qui ont été faites par M. Réveil : Ips résultats obtenus parce chimiste seront la meilleure preuve de ce que nous avons dit plus haut.

Quantité

Quantité de

d'eau.

morphine de 100.

Grammes.

Grammes.

1 (Smyrne) 29,10

Id.

Id.

Id.

Id,

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Ainsi nous voyons que, d'après ce tableau, sur quinze échantillons dix de ces Opiums devraient être retirés de la consommation si la proposition de M. Chevallier était adoptée.

Quant à la narcotine et à la codéine, leur quantité varie aussi beaucoup dans l'Opium; l'Opium est regardé par les pharmaciens comme étant de bonne qualité quand il donne 50 pour 100 d'extrait gommeux; mais c'est là certainement une très-mauvaise appréciation.

Il est superflu de contaster les caractères de la morphine en présence des divers réactifs.

La composition chimique de l'Opium est fort compliquée. Oerosne le premier s'en occupa avec soin : puis, après lui, Séguin, Sertuerner, Robiquet, Pelletier, Couerbe, etc., qui en donnèrent plusieurs analyses suc-

MÉDICAMENTS STUPÉFIANTS

cessives. 11 résulte de ces recherches diverses que l'Opium ne contiendrait pas moins d'une vingtaine de principes, dont six cristallisables^ azotés et plus ou moins alcalins, ont reçu les noms de morphine, codéine, pseudomorphine, paramorphine (thébaïne), narcotine, narcéine; un autre également cristallisable, non azoté, nommé méconine; deux acides, le" acides méconique et acétique ; une huile fixe, une huile volatile, une résine, du caoutchouc, une matière extractive, de la gomme, des sulfates de potasse et de chaux, etc.

Il pourrait sefaire cependant que tous ces principes n'existassent pas dans l'Opium, et quelques-uns pourraient résulter de transformations opérées par le procédé qui a servi à les extraire. Récemment encore M. Morh a retiré de l'Opium un nouveau principe qu'il a nommé paparérine.

Il serait peu profitable de faire l'histoire de tous les principes de l'Opium, nous nous contenterons de signaler et de décrire ceux qui sent les plus importants sous le point de vue médical. — Nous mettrons en première ligne la morphine et la codéine, puis la narcotine qui jusqu'ici a été fort peu employée.

Morphine. Principe immédiat de nature alcaline, découvert par M. Sertuerner, en 1816. Cette substance est cristallisée en aiguilles blanches prismatiques, rectangulaires; inodore, presque insipide à cause de son insolubilité; mais très-amère lorsqu'elle est dissoute; inaltérable à l'air.

La morphine est composée de : carbone, 72,28; hydrogène, G.74 ; oxygène, 1G,1S et azote. 4,80. Elle est soluble dans les huiles fixes et volatiles, presque insoluble dans l'eau froide; l'eau bouillante en dissout un quatre-vingt-douzième de son poids; l'éther en dissout à peine; c'est l'alcool qui est son mei leur dissolvant. Chauffée doucement, la morphine fond et cristallise en masses rayonnées. Elle jouit des propriétés alcalines, verdit le sirop de violette et rougit le curcuma ; se combine aux acides pour former des sels stables, et néanmoins elle se dissout dans les alcalis caustiques. Ses principaux caractères chimiques sont de prcndi e une belle couleur rouge par l'acide nitrique concentré, de se colorer en bleu par des sels de fer au maximum d'oxydation, et de réduire l'acide iodique; tout cela en vertu de son pouvoir désoxygénant.

Préparation. Le procédé que nous avons conseillé pour l'essai de l'Opium est en même temps un très-bon moyen de préparer la morphine.

11 y en a plusieurs antres dont nous allons indiquer les principales particularités.

Dans tous les cas, on commence par se procurer la dissolution dans l'eau de tous les principes de l'Opium solubles dans ce véhicule C'est sur cette dissolution que l'on agit ultérieurement, car elle renferme le méconate de morphine.

Après cette opération préliminaire, les uns précipitentimmédiatement la morphine

à l'aîde d'une base plus puissante. Sertuerner, les auteurs du Codex et Hottot emploient l'ammoniaque. Robiqnet préfère à tort la magnésie. Les autres font préalablement passer la morphine à l'étatdechlorhvdrate, et traitent aussi par la chaux : ce n'est qu'en dernier lieu qu'ils précipitent par l'ammoniaque.

Ici encore deux variétés, suivant que l'on fait agir d'abord la chaux, puis l'acide chlorhydrique, ou bien que l'on emploie directement le chlorure de calcium, comme le fait Grégory. La chaux a pour but de précipiter les acides et les matières colorantes.

La morphine obtenue par un de ces procédés, quel qu'il soit, retient un peu de matière colorante et de la narcotine. On la décolore par le charbon animal, et on la prive de narcotine par des lavages à l'alcool et à l'éther.

Le procédé de Grégory est généralement adopté

La morphine a été rarement employée pure; on ladonneordinairement sous forme de sel combiné avec les acides acétique, sulfurique et chlorhydrique.

Acétate de morphine lace ta s morphicus). C'est un sel neutre qui résulte de l'action acétique sur la morphine.

II est blanc, inodore, d'une saveur trèsamère.

Ce sd est maintenant presque proscrit de la matière médicale, quoiqu'il ait joui naguère d'une grande réputation. Ce sel est soluble; mais il perd facilement une grande quantité de son acide et par là sa solubilité. Il fait la base du sirop de morphine du Codex :

Acétate de morphine (acetas morphicus),

20 cent. (4 grains).

Sirop simple blanc (sirupus simplex), 500

gram. (1 livre).

On dissout l'acétate de morphine dans une très-petite quantité d'eau acidulée par l'acide acétique. On mêle la solution au sirop, et l'on filtre. 30 gram. (1 once) de sirop contiennent 13 milligrammes (1/4 de grain) de sel de morphine.

Sulfate de morphine (sulfas morphicus).

Ce sel cristallise en aiguilles soyeuses fasciculées; il est blanc, inaltérable à l'air, et d'une saveur amère très-prononcée; il est soluble dans deux fois son poids d'eau distillée bouillante et dans l'alcool.

On l'obtient en faisant dissoudre la morphine dans de l'eau acidulée par l'acide sulfurique, ajoutant un peu de charbon animal à la liqueur, filtrant et faisant concentrer en consistance de sirop clair.

On prépare de même avec ce sel par le simple, mélange à froid, le sirop de sulfate de morphine. Sa composition est la même que celle du précédent.

Chlorhydrate de morphine (hydrochlorate, muriate de morphine). Cristallisé en aiguilles rayonnées, soluble dans seize à vingt parties d'eau froide et dans huit ou dix parties d'eau bouillante, soluble aussi dans l'alcool. On l'obtient comme le sulfate

OPIUM

en remplaçant l'acide sulfurique par l'acide chlorhydrique exempt de fer. Ces deux derniers sels, le chlorhydrate surtout, sont maintenant employés de préférence à l'acétate qui est le plus" insoluble et le plus infidèle des sels de morphine.

Ce sel nous vient d'Allemagne; il est souvent falsifié avec le sucre, la salicine, la mannite;ilest donc important que les pharmaciens l'essayent avant d'en faire usage.

On sait avec quel avantage ils sont employés par la méthode endermique.

On prépare encore un citrate de morphine, mais il est inusité.

Codéine (codeina). — Nouvel alcaloïde découvert dans l'Opium en 1833 par M. Robiquet, cristallisable en prismes rhomboïdaux droits; inodore; d'une saveur trèsamère ; soluble dans l'eau et dans l'alcool : très-soluble aussi dans l'éther, ce qui distingue cette substance de la morphine; insoluble dans les alcalis caustiques; ne se colorant pas en bleu par les sels de peroxyde de fer, ni en rouge par l'acide nitrique.

La codéine est composée de 74,27 de carbone, 6,93 d'hydrogène, 13,88 d'oxygène, 4,92 d'azote.

Préparation. On l'obtient en décomposant une solution d'Opium par le chlorure de calcium; il reste dans les liqueurs du chlorhydrate de morphine et de codéine; mais en décomposant ce chlorhydrate par l'ajnmoniaque , la morphine est précitée. En évaporant les eaux mères, on obtient la codéine qui se purifie par plusieurs cristallisations.

La codéine doit être essayée par les pharmaciens : on a signalé sa falsification au moyen de l'arséniate de soude qui cristallise comme elle.

On prépare en Angleterre un sel double de morphine et de codéine (sel de Grégory, chlorhydrate double de morphine et de codéine) que beaucoup de praticiens ont reconnu préférable à la codéine, quant à l'emploi thérapeutique.

La codéine peut s'employer en pilules ou en dissolution dans un looch ou dans un julep. Le chlorhydrate de codéine parait être plus actif.

On prépare un sirop de codéine, dont voici la formule :

Pr. : Codéine, 4 gram. (1 gros).

Eau distillée, 375 (12 onces).

Sucre très-blanc, 750 (1 livre 1/2).

Un gramme (20 grains) de ce sirop contient un décigramme (2 grains) de codéine.

D'ailleurs il existe plusieurs formules de ce sirop.

Narcotine (sel de Derosr.e). Autre principe immédiat contenu dans l'Opium. Cette substance a été. découverte par Derosne en 1 803, puis étudiée avec beaucoup de soin par Robiquet. Elle cristallise en aiguilles déliées ou en prismes rhomboïdaux; elle est peu soluble clans l'alcool froid, plus soluble dans l'alcool chaud, se dissolvant facilement dans l'éther sulfurique, à l'aide de la cha-

leur; elle s'unit difficilement aux acides pour former des sels.

Pour se. procurer la nareotine, on prend le marc d'Opium épuisé par l'eau, provenant de la préparation de la morphine; on le fait bouillir avec l'acide acétique à deux ou trois degrés, on passe, on filtre les liqueurs, et on le précipite par l'ammoniaque. On purifie la narcotine qui se précipite en la dissolvant à chaud dans de l'alcool auquel on ajoute un peu de charbon animal ; on filtre bouillant, et la narcotine cristallise par le refroidissement.

La narcotine est fort peu usitée ; elle n'est jusqu'ici connue en thérapeut que que par quelques expériences de M. Rally.

L'Opium sert à préparer une foule de médicaments composés. Nous allons passer en revue la plupart des prépaiations dont il est la base.

Pour procéder avecordre, nous admettons la division suivante :

1° Préparations obtenues par l'action de l'eau sur l'Opium ;

2° Par l'action de l'alcool;

3° Par l'action du vin;

4° Par l'action de l'acide acétique.

Nous dirons d'abord que l'Opium entier est peu usité; on le réduit en poudre après l'avoir fait sécher, et cette poudre sert quelquefois à saupoudrer les cataplasmes.

Les produits par l'eau sont les suivants :

1° Extrait d'Opium (extractum Opii).

La préparation indiquée par le Codex est la suivante :

Pr. : Opium choisi, S00 gram. (1 livre).

Coupez l'Opium par tranches, et versez dessus 3 kilog. (6 livres) d'eau distillée froide; au bout de douze heures, malaxez l'Opium avec les mains; et, après douze nouvelles heures de macération, passez sur une toile et exprimez; soumettez le marc à une nouvelle macération dans six parties d'eau froide, et passez encore avec expression; décantez les liqueurs et évaporez-les au bain-marie jusqu'en consistance d'extrait; versez sur cet extrait 4 kil. (8 livres) d'eau froide, ou environ seize fois son poids ; agitez de temps en temps pour faciliter la dissolution ; passez les liqueurs et faites-les évaporer jusqu'en consistance d'extrait pilulaire.

2° Extrait d'Opium privé de narcotine (extractum Opii absque narcotinâ).

Pr. : Extrait d'Opium, q. s.

Eau froide, q. s.

Délayez l'extrait d'Opium dans l'eau de manière à lui donner la consistance d'un sirop; introduisez cette liqueur dans un flacon de verre et versez-y huit fois son volume d'éther sulfurique, bouchez le flacon, agitez vivement et de temps à autre pendant un ou deux jours; décantez l'éther , ajoutez-en une nouvelle quantité

MÉDICAMENTS STUPÉFIANTS

égale à la première, et renouvelez l'agitation; au bout de deux jours décantez cette liqueur éthérée et remplacez-la par une nouvelle dose d'éther, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'éther ne laisse aucun résidu par l'évaporation ; faites alors évaporer la dissolution aqueuse jusqu'en consistance pilulaire.

On peut aussi préparer cet extrait en pistant l'Opium avec de la poix, qui contracte avec la narcotine une combinaison que l'eau ne dissout pas (Limousin-Lamothe).

Magendie désigne le marc d'Opium épuisé par l'eau sous ie nom d'extrait d'Opium sans morphine. Il est tout à fait sans action et inusité.

3° Sirop d'extrait d'Opium (sirupus cum extracto Opii).

P. : Extrait d'Opium, 9 décig. (18 grains). Eau, H! grain. (1/2 once).

Sirop de sucre, 500 (1 livre).

30 grammes (1 onceï de ce sirop contiennent 5 centigr. (1 grain) d'extrait d'Opium.

En ajoutant à 30 grammes (1 once) de ce sirop d'Opium un décigramme (2 grains) d'esprit volatil de succln, on obtient la préparation connue sous le nom de sirop de Karabé.

4° Pilules de cynodosse {piluhr. cum cynoglosso).

Pr. : Ëcorce sèche de racine de cynoglosse, 16 gr. (1/2 once).

Semences de jusquiame, 1G (1/2 once).

Extraitgommeux d'Opium, 16 (1/2 once).

Myrrhe, 24 (6 gros).

Ohlian, 20 (5 gros).

Safran, 6 (1 gros 1/2).

Castoréum, C (1 gros 1/2).

Sirop d'Opium, q. s.

On pulvérise ensemble les semences de jtisquiame et la racine de cynoglosse, et séparément chacune des autres substances; on ramollit l'extrait d'Opium avec un peu de sirop, et l'on y incorpore les poudres.

Ces pilules contiennent environ le huitième de leur poids d'extrait d'Opium.

5° Teinture d'extrait d'Opium (tinctura cum extracto Opii).

Pr. : Extrait d'Opium

aqueux, 32 grain. (1 once).

Alcool à 66" cent., 375 (12 onces).

Faites dissoudrepar une macération suffisamment prolongée; filtrez. Quinze gouttes contiennent environ 5 centigrammes (1 grain) d'extrait d'Opium.

Produits par l'alcool.

lo Extrait alcoolique d'Opium. On coupe l'Opium par tranches ; on le fait macérer avec de l'Opium à 56» centigrades (21° Cartier); on passe avec expression, on filtre,

on épuise l'Opium par de nouvelles macérations, on réunit les liqueurs, on les distille et l'on évapore le résidu en consistance d'extrait. Cent parties de bon Opium de Smyrne ont donné à M. Soubeiran cinquante parties d'extrait alcoolique.

2° Teinture d'Opium ammoniacale {ëlixir parégorique).

Pr.: Opium choisi, 8 gram.(2 gros).

Fleurs de benjoin, 12 (3 gros).

Safran, 12 (3 gros).

Huile volatile d'anis, 2 (l/2gros).

Ammoniaque liquide, 150 (5onces).

Alcool à 86° centigr.

(34° Cart) 350 (12onces).

Faites macérer pendant huit jours, filtrpz.

Cette formule de la pharmacopée d'Edimbourg a été adoptée par le Codex français.

Produits par le vin.

Le vin dissout tous les principes de l'Opium que l'on peut dissoudre; en outre, par l'alcool et les parties acides qu'il contient, le vin est plus propre que l'eau à se charger de la narcotine, de l'huile et de la résine.

Les plus importantes préparations sont :

1° Vin d'Opium composé (laudanum liquide de Sydenham).

Pr. : Opium choisi et coupé

en morceaux, 64 gram. (2 onces).

Safran incisé, 32 (1 once).

Cannelle, 4 (1 once).

Girofles, 4 (1 gros)-

Vin de Malaga. 500 (1 livre).

Mêlez le tout dans un matras, faites macérer pendant quinze jours; passez, exprimez fortement et filtrez.

37 gouttes de ce médicament pèsent environ 1 gramme (20 grains) et représentent 5 centigrammes (1 grain) d'extrait gommeux d'Opium.

Pour préparer le laudanum, le docteur Hare a proposé d'employer l'Opium privé de narcotine par l'éther. Ce procédé n'est pas suivi.

A la longue, le laudanum de Sydenham se décolore sans rien perdre de ses propriétés; il s'y forme un dépôt de matière colorante de safran privée d'huile volatile : celle-ci reste dans la liqueur.

On a proposé de remplacer l'Opium brut par l'extrait d'Opium, dont on met moitié poids. Prévoyant la falsification de l'Opium, Virey avait conseillé de préparer le laudanum avec les sels de morphine (Virey, Traité de Pharmacie, 1. 1, p. 432).

2° Vin d'Opium obtenu par la fermentation (Opium ou laudanum de Rousseau).

Pr. : Opium choisi, 125 gram. (4 onces). Miel blanc, 375 (12 onces).

Eeau chaude, 875 (t livre 12 onces).

Levure de bière

fraîche, 8 grain. (2 gros).

OPIUM

On délaye le miel dans une partie de l'eau, et l'Opium dans l'autre, on mêle les deux liqueurs, on y divise la levure et l'on abandonne le tout dans un endroit chaud (60°) jusqu'à ce que la fermentation soit terminée. On passe avec expression ; on filtre et l'on distille pour retirer 500 grammes (h; onces) de liqueur; par une deuxième et troisième rectification au bain-marie, on arrive à n'obtenir que 140 grammes (4 onces 1/2) d'alcool qui marque 28 a 25°. On évapore la dissolution extractive d'Opium jusqu'à ce qu'il en reste 320 grain. (10 onces). On ajoute l'alcoo'at d'Opium et l'on filtrg de nouveau. Le produit marque 15° à l'aréomètre de Baume. — M. Béral a apporté à cette préparation du Codex quelques utiles modifications.

Un gramme (20 grains) 32 gouttes au compte-goutte Salleron représente environ un déeigramme (2 grains) d'extrait gommeux d'Opium.

Produit de l'acide acétique.

D'après l'opinion de beaucoup de médecins le vinaigre modifie les effets narcotiques de l'Opium. — Les principales préparations dans lesquelles entrent les acides végétaux, sont :

1° Le vinaigre d'Opium du Codex (teinture acétique d'Opium), ainsi composé:

Pr. : Opium choisi, 32 gram. (1 once). Vinaigre très-fort, 192 (6 onces). AcoolàSO" centig.

(31°Cart.), 125 (4 onces).

On divise l'Opium dans le vinaigre, on ajoute l'alcool, on laisse macérer pendant huit à dix jours, on passe avec expression, et l'on filtre au papier.

Cette formule est celle de la pharmacopée des États-Unis : on l'y emploie pour remplacer unp autrepréparalion, les gouttes noires (black drops), gouttes de Lancastrc ou des Quakers, espèce de remède secret dont nous ne connaissons pas bien la formule originale.

2° Extrait acétique d'Opium (extrait d'Opium de Lalouettc) qui s'obtient par l'évaporation jusqu'à consistance d'extrait du vinaigre. d'Opium.

Nous citerons aussi la liqueur du docteur Porter, de Bristol, employée aux États-Unis, avec une grande vogue pour remplacer les gouttes noires (black drops) dont la composition exacte était peu connue. Voici la formule du docteur Porter:

Opium, 125 gram. (4 onces).

Incisez et faites digérer pendant vingtquatre heures dans

Acide citrique, 64 gram. (2 onces).

Eau bouillante, 500 (l livre).

Filtrez. — Magendie remplace cette opération parla scîution du citrate de morphine.

Tels sont les médicaments importants qui ont pour base l'Opium.

Nous ne devons pas cependant oubliar la poudre de Dowcr et la ihérinqur, médicaments qui avaient autrefois une assez grande importance en thérapeutique.

La préparation de la poudre de Power (pulvis Doweri) est la suivante :

Pr.: Poudre de sulfate de

potasse, 125gr. (4 onces).

Poudre de nitrate de

potasse, 125 (4 onces).

Poudre d'ipécacuanha, 32 (t once).

Pondre de réglisse, 32 (1 once).

Extrait D'Opium sec et

pulvérisé, 32 (1 once).

Faites sécher exactement et mélangez,

Quant à la préparation de la thériaque, elle est trop compliquée et. trop informe pour que nous puissions l'indiquer. Elle renferme presque toutes les drogues autrefois connues.

L'Opium entre aussi dans la préparation du diascordium, électuaire encore fréquemment employé.

Nous ne terminerons pas cet. article sur l'Opium et ses alcaloïdes sans faire remarquer que la plupart des sirops dits pectoraux vendus par les spécialistes ont pour base l'Opium ou la morphine, et que, par conséquent, il y aurait grand danger à employer chez les enfants ces sirops à dose élevée.

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