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CHAPITRE X

VALÉRIANE

La Valériane, Valeriana officinalis, L.

Valériane sauvage, petite Valéiiane.

Caractères génériques. Calice petit, à dents nombreuses, très-courtes, roulées en dedans avant la maturité; corolle à 5 divisions,un ]ieu irrégulière,gibbeuseà la base; 3 étamines, un style, fruit monosperme, couronné par le calice, dont les divisions sont plumeuses et imitent une aigrette.

Caractères spécifiques. Tige élevée de 1 à ï mètres, poilue, arrondie, striée ; toutes les feuilles ailées sont impaires; folioles lancéolées; fleurs hermaphrodites, formant un large paniculejfleursrougeâtres ou blanches.

Parties usitées. Les racines.

La racine de la Valériane est formée d'un faisceau de fibres épaisses et blanchâtres, allongées, recouvertes de petites fibrilles grêles et déliées; presque inodore dans son état frais, elle acquiert en se desséchant une odeur pénétrante et fétide.

L'analyse de la racine sèche de Valériane a donné à Tromsdorf : huile volatile, acide valérianique, résine, extractif aqueux, matière particulière, amidon.

Quelques observations tendent à démontrer que l'essence de Valériane et l'acide valérianique ne préexistent pas plus dans les racines que nous étudions, que l'essence d'amandes amères et l'acide cyanhydrique dans les semences de Vamyqdalus amara.

Mais ils se produisent par une sorte de fermentation en présence de l'eau et de l'air : c'est ce qu'on aurait pu prévoir en remarquant que les racines de Valériane fraîches sont à peine odorantes. Ajoutez toutefois que les recherches récentes de M. Pierlot sont venues contredire en grande partie cette opinion.

Les préparations pharmaceutiques de Valériane usitées en médecine sont la poudre, l'eau distillée, la tisane, le sirop, la teinture alcoolique, la teinture éthérée, l'extrait.

Poudre. Pour la préparer, on nettoie les racines, et quand elles sont bien sèches, on les pulvéïise à la manière ordinaire. Celte poudre doit être conservée dans des (laçons bien bouchés ; autrement elle perd presque toutes ses propriétés.

La grande Valériane (Valeriana phu) est souvent employée pour la petite, elle jouit d'ailleurs des mômes propriétés; enfin, le nard celtique ou Valeriana celtica et le nard indien : spicanard Valeriana jatamensi et nardostachys jatamensi, et autres espèces de nards, ont tous, à des degrés différents, les propriétés de la Valériane officinale.

Eau distillée de Valériane.

Racine de Valériane, 500 gram. (1 liv). Eau, G litres.

Retirez à la distillation 4 litres d'eau. Distillée à la vapeur, la Valériane fournit un excellent produit.

Tisane de Valériane.

Racine de Valériane

concassée de 8 à 30 gr. (2 gros à 1 once). Eau bouillante, 1 ,000 gr. (2 liv.)

Faites infuser. La tisane ne doit jamais se faire par décoction, une grande partie do l'huile volatile se répandrait pendant l'opération.

Sirop de Valériane.

Racine de Valériane, 1 part.

Eau bouillante, 8 Sirop simple, 8

VALÉRIANE

On concasse la racine de Valériane, on la met dans la cueurbite d'un alambic, et on verse dessus l'eau bouillante - après dix à douze heures d'infusion, on distille pour retirer une partie et demie de liqueur que l'on conserve à part; on passe avec expression la matière restée dans l'alambic ; on filtre le liquide, on le mêle au sirop de sucre, et l'on fait cuire jusqu'à ce que celuici ait perdu un poids égal à celui de la liqueur distillée, on le fait refroidir en partie et on y mélange la liqueur aromatique (Soubeiran).

Teinture alcoolique de Valériane.

Racine de Valériane, 1 part.

Alcool à 56» (21° C), *

Faites macérer pendant quinze jours; Passez avec expression, et filtrez (S.).

Teinture éthérée de Valériane.

Racine de Valériane pulvérisée, 1 part.

Étfaer sulfurique, 4

Opérez par la méthode de déplacement.

Extrait de Valériane.

Racine de Valériane, q. v.

Alcool à 5G° (21° cart.), q. s.

On humecte la poudre de Valériane avec la moitié de son poids d'alcool ; au bout de douze heures, on lessive avec trois nouvelles parties d'alcool ; on déplace en grande partie celui-ci par l'eau, on distilleles liqueurs alcooliques et on évapore à consistance d'extrait.

Il entre dans la composition des pilules de Méglin avec l'oxyde de zinc et l'extrait de jusquiame.

Acide valérianique.

D'après M. Pierlot, l'acide valérianique préexiste dans la racine fraîche de Valériane, dont il constitue un des principes immédiats. Il s'y trouve dans l'eau de végétation dégagé de toute combinaison saline.

On peut l'extraire directement sans l'intermédiaire d'aucun agent chimique. La racine fraîche en contient plus que la racine desséchée (Bulletin de l'Académie des sciences du 6 avril S 857).

L'acide valérianique est liquide, huileux, volatil; il paraît être le véritable principe actif de la Valériane qui lui devrait ses propriétés antispasmodiques. Il peut se prescrire à la dose de deux à trois gouttes dans une potion ; mais le plus ordinairement on l'administre sous la forme d'un sel, tel que le valérianate de zinc, de fer, de quinine, d'atropine et d'ammoniaque.

Valérianate d'ammoniaque.

Le valérianate d'ammoniaque n'était guère connu jusqu'à ce jour que sous la forme liquide et sirupeuse, et sa composition n'avait rien de bien défini ni de bien constant. Peut-être, cet te circonstance avait-elle contribuéàfairenégliger l'emploi decettesubslance. C'est dans cet état, et associé avec i'extrait de Valériane, que le débitait M. Pierlot.

Maison doit à MM. Laboureur et Fontaine un nouveau procédé qui permet d'obtenir maintenant le valérianate d'ammoniaque sous forme solide et cristallisée, et à l'état de pureté parfaite.

Prenez 1 acide valérianique monohydraté et pur : disposez-le en couches unies dans une capsule plate, recouverte d'une cloche parfaitement close. Faites arriver dans la cloche du gaz ammoniac anhydre, jusqu'à parfaite saturation de l'acide valérianique.

A mesure que la combinaison a lieu, le sel cristallise sous une forme en apparence confuse; mais au microscope, on distingue très-bien des prismes à quatre pans terminés soit par des pyramides, soit par de3 biseaux.

Conserver le valérianate d'ammoniaque par petites parties dans des flacons parfaitement bouchés.

Jusqu'à ce jour le valérianate d'ammoniaque a surtout élé essayé dans les névralgies, principalement dans les névralgies réfractaires, dans diverses névroses, entre autres l'hystérie, cl généralement dans les affections où la Valériane elle-même a été reconnue utile. Sans partager le ridicule enthousiasme qu'a fait naître chez quelques médecins ce nouvel antispasmodique, nous ne ferons aucune difficulté pour reconnaître que certains résultats obtenus autorisent à fonder sur ce médicament quelques espérances, au même titre d'ailleurs que sur les autres composés dont l'acide valérianique forme la base. Toutefois c'est une question délicate de thérapeutique qui ne peut être tranchée définitivement que par des expériences ultérieures,

On donne le Valérianate d'ammoniaque à la dose de 2 a 3 grammes dissous dans une potion de 120 grammes, par petites cuillerées d'heure en heure.

Valérianate de zinc. Nous annexons ici ce sel découvert par Lucien Bonaparte, parce qu'il nous semble devoir son action thérapeutique surtout à l'acide valérianique qu'il renferme.

On l'obtient sous forme, de paillettes brillantes, nacrées, d'une blancheur éclatante, très-légères; solublcs dans l'eau plus à chaud qu'à froid, et donnant une dissolution neutre.

On en fait des pilules renfermant 0,05 de substance active, des potions qui en contiennent l décigramme. Il est également administré en poudre.

THÉRAPEUTIQUE

Action physiologique.

Si l'on en croit tous les auteurs, depuis Dioscoride (calefacit et urinam movet) jusqu'à nos jours, à l'exception de M. Barbier, d'Amiens, la Valériane accélère la circulation, détermine de la chaleur à la peau, des sueurs, et produit un trouble fébrile passager à la manière des substances excitantes telles que la cannelle, le poivre, etc. L'absence de ces etïets chez les nombreux malades à qui nous avons administré la Valériane, nous faisait suspecter à bon droit l'exactitude des observateurs; nous avons donc pris nous-mêmes de hautes doses de l'infusion ou de la poudre de cette racine, et nous n'avons éprouvé aucun dérangement dans les fonctions de la vie organique. Un peu de céphalalgie, d'incertitude et de susceptibilité dans l'ouïe, la vue et la myotilité, d'où quelques vertiges très fugaces et du genre de ceux qu'on éprouve après une saignée ou par le fait du besoin de manger, tels sont les phénomènes qui attestent une modification peu considérable de l'encéphale sous l'influence de laquelle nous ont placé, pendant que nous écrivons ces lignes, 30 grammes (1 once) de la Valériane la plus fragrante que nous ayons pu trouver. Chez certains animaux, elle bouleverse la sensibilité et les fonctions musculaires; c'est aussi ce que nous avons observé chez certaines femmes et sur nous-mêmes, mais à un degré bien moins remarquable.

C'est donc en excitant des phénomènes nerveux artificiels analogues aux spasmes morbides, c'est par conséquent en agissant sur le système cérébrospinal par la voie du système ganglionnaire que la Valériane produit ses effets. Nous démontrerons plus tard que tout l'ordre des spasmes rentre dans cette loi pathologique. Tout le monde connaît l'influence bizarre et si prononcée que les chats éprouvent de l'odeur de la Valériane.

Les toxicologistes ne se sont pas occupés de cette plante, qui peut être prise à de très-hautes doses sans le moindre inconvénient.

Historique et action thérapeutique.

Une chose qui a droit de surprendre, c'est que la Valériane ait été vantée jusqu'au ridicule dans le traitement de la maladie où pas plus qu'autre chose elle n'a le privilège de guérir, et qu'à peine elle soit mentionnée dans la thérapeutique d'une foule d'autres affections où elle peut être très-utilement employée. Décrite par Dioscoride et Aëtius, connue d'Arétée qui en fit usage, elle disparut pour être tirée d'un long oubli par Fabius Columna, Napolitain d'une illustre origine, qui avait le malheur d'être épileptique. Après avoir épuisé tous les remèdes imaginables, il se dévoua à la botanique pour chercher dans les plantes quelque secours contre sa terrible maladie ; et c'est vers la fin du seizième siècle, qu'il nous dit avoir été

VALÉRIANE

parfaitement guéri par la Valériane, et avoir obtenu des succès aussi décisifs chez plusieurs de ses amis affectés du même mal. Jusqu'à quel point faut-il ajouter foi à ce récit? Aujourd'hui que le diagnostic est plus éclairé que du temps de Columna, on voit encore un si grand nombre de médecins confondre l'hystérie ou toute autre maladie convulsive avec l'épilepsie, qu'il est permis de contester, sans être taxé de trop de scepticisme, la valeur des observations du noble italien. Il nous a laissé fort peu de titres pour répondre de sa capacité médicale : ses ouvrages sont plutôt ceux d'un naturaliste que ceux d'un médecin.

Là ne finit pas le rôle anti-épileptique de la Valériane. — Destinée à des succès rares mais éclatants, elle reparaît un siècle plus tard , sous les auspices de Dominique Panaroli, médecin distingué de Rome, qui guérit par ce moyen un pêcheur épileptique dont les accès revenaient deux ou trois fois par jour, et qui, dit l'auteur, n'avait obtenu aucun soulagement par l'usage opiniâtre des remèdes les plus énergiques contre l'épilepsie, tels que le pied d'élan et le crâne humain. Si de pareilles observations sont peu probantes, on ne peut pas ne pas accorder un certain degré de confiance à celles rapportées en grand nombre par Haller, de Haën, Sauvages, Willis, Marchant, et surtout par Tissot, Quarin ; par Boerhaave, qui, sans regarder la Valériane comme le spécifique de l'épilepsie, ne lui refusait pas une certaine efficacité. Certes, ces autorités sont imposantes, mais une semblable question est peut-être plus difficile à juger que ne le pensaient ces grands praticiens.

Essayons de montrer le côté juste et le côté inexact de ces assertions.

Sous le rapport de la gravité du pronostic, et par conséquent sous celui de l'efficacité des divers traitements, il est important de bien distinguer Yépilepsie de la convulsion épilepti forme. L'épilepsie est à elle seule une maladie. Ce mot fait naître tout à la fois à l'esprit : 1° l'idée d'une modification morbide essentielle de l'innervation cérébro-rachidienne, modification grave, profonde, chronique et réfractaire, finissant par imprimer aux fonctions par le trouble intermittent desquelles elle s'annonce, des altérations permanentes et qui oblitèrent toutes les attributions du système nerveux de la vie animale; 2° plus l'idée d'une certaine forme convulsive et apoplectique revenant par accès plus ou moins rapprochés, et qui emprunte toute sa gravité à l'affection essentielle si redoutable dont elle est le symptôme propre. Voilà l'épilepsie, l'épilepsie presque toujours incurable, l'épilepsie essentielle, idiopathique, le véritable morôus sacer.

La convulsion épileptiforme, au contraire, n'est que le dernier élément dont nous venons de parler ; c'est la forme convulsive et apoplectique de l'épilepsie moins l'épilepsie ; c'est-à-dire que c'est une modification morbide quelconque de l'économie autre que l'état que nous avons spécifié, modification quelconque empruntant à l'épilepsie, pour se manifester, sa forme seulement et rien que sa forme. C'est aux hospices de Bicêtre, de la Salpêtrière qu'on rencontre les vrais épileptiques, et combien peu on en guérit ! C'est à peine si l'on s'en occupe, par l'expérience qu'on a de

l'inefficacité de tous les traitements. Néanmoins il faut ici faire une remarque, c'est qu'il est commun de voir des épileptiques passer plusieurs mois, plusieurs années sans accès, bien qu'ils ne cessent pas de vivre sous le poids inamovible du mal qui n'était que dissimulé pour se réveiller plus menaçant et plus funeste. Or l'expérience apprend qu'une médication quelconque, même la plus insignifiante, peut suspendre ainsi le mal, soit quelquefois par sa vertu intrinsèque, soit plus souvent par la bienfaisante impression que doit produire, sur l'esprit d'un épileptique, l'espoir du succès qu'il attend de cette nouvelle tentative; mais, nous le répétons, le mal n'est quepallié, et nous ne refusons pas à la Valériane ce pouvoir palliatif.

Quant aux convulsions épileptiformes, qui par l'appareil phénoménal de l'accès lui-même, ne diffèrent en rien de l'épilepsie, elles ne sont graves qu'en raison des causes très-variées dont elles dépendent. On appelle éclampsie celles qui surviennent chez les femmes en couche et chez les enfants. Elles sont graves dans ce cas, et la Valériane n'est pas alors sans action quand on peut l'administrer. Celles qui signalent l'invasion de certains exanthèmes, comme la variole, etc...., disparaissent en même temps qu'apparaît l'éruption. L'établissement des règles fait également tomber celles qui précèdent, chez quelques jeunes filles non épileptiques, le premier accomplissement de cette fonction, etc., etc.. Dans certains cas de plaies de tête, de méningite, d'encéphalite, de tumeurs cérébrales, d'intoxication saturnine, etc., il y a des attaques épileptiformes, nous le répétons, chez des gens non épileptiques. Cette importante distinction rend assez bien raison des succès dont on a fait honneur à la Valériane dans l'épilepsie. Ceux qui savent combien sont identiques une attaque d'épilepsie chez un épileptique, et une attaque épileptiforme chez un sujet non épileptique , concevront très-bien qu'il n'a pas toujours été possible de se défendre de l'illusion qui a induit en erreur un grand nombre de praticiens sur la valeur thérapeutique de la Valériane dans l'épilepsie. Des accès d'hystérie simulant jusqu'à un certain point l'épilepsie et guéris par la Valériane ont pu en abuser quelques autres. On sait de même que les vers déterminent souvent dans l'enfance des convulsions épileptiformes ; or la Valériane, jouissant de propriétés anthelmintiques assez actives, a pu ainsi guérir la forme épileptique en détruisant son occasion. Toutefois on pourra l'administrer dans l'épilepsie surtout récente, dans le but d'en éloigner les accès et d'en atténuer la violence ; c'est là tout ce qu'on peut se flatter d'en obtenir : mais il faut l'employer à hautes doses, pendant longtemps, un an et souvent plus, en suspendant son usage de distance en distance pour ne pas fatiguer l'estomac.

Chez quelques individus voués à l'épilepsie, cette terrible affection commence par une forme symptomatique qu'on nomme le vertige épileptique. Il nous a semblé que la Valériane n'était pas sans atténuer l'intensité et la fréquence de ces vertiges, expression légère de l'épilepsie dont le pronostic n'est cependant pas moins grave que celui de l'attaque convulsive la plus complète.

VALÉRIANE

C'est surtout aux maladies des femmt s qu'habilement maniée s'adresse la Valériane; mais tellement aux maladies des femmes, que certains cas, qui chez les hommes paraîtraient, d'après les lois d'une légitime analogie, en réclamer l'emploi, y sont le plus souvent rebelles et cèdent à d'autres antispasmodiques, et que les affections des jeunes filles non pubères rentrent dans la même exception. C'est que les troubles nerveux qui occupent surtout la scène moyenne de l'existence de la femme, jaillissent presque tous de l'utérus, qui semble, pendant cette période, se soumettre tout le système nerveux, et soustraire à l'influence régulatrice du cerveau, les instruments des sensations et du mouvement volontaire, pour les livrer au désordre et à l'irrégularité qui caractérisent les maladies hystériques et cet ensemble d'anomalie des actes de la vie animale qu'on ne peut guère mieux désigner que par le nom d'état nerveux, état spastnodique.

Les premiers aperçus un peu consciencieux sur les propriétés de la Valériane sont enfouis dans deux thèses bien obscures soutenues l'une à Haie , l'autre à Amsterdam au commencement du siècle dernier. Leurs auteurs (J. Fréd. Bismarck et J. Fréd. Stancke) l'ont expérimentée dans les cas où elle rend réellement quelques services. Plus tard, Hill, Marcus Herz, entrevirent sa véritable action. Mais au lieu de citer des noms d'auteur, lâchons d'apprécier toutes les nuances d'indications auxquelles peut satisfaire la Valériane.

Quiconque a jeté sur l'hystérie un coup d'œil véritablement médical, a dû y voir une névrose générale qui empreint de son cachet et de sa nature toute la série névropathique qui s'étend depuis la vapeur la plus fugace jusqu'à l'accès effroyable qui avait mérité des anciens la dénomination si profondément vraie de passion hystérique. Cette série est composée d'accidents protéiformes, de manières d'être pathologiques propres à la femme, manières d'être si mobiles, si indéterminées, que les nosologistes n'ont pu que génériquement les enfermer dans leurs cadres. Nous éprouvons le même embarras qu'eux, et pourtant les praticiens doivent nous entendre. Ce sont ces maladies vaguement indiquées sous le nom de spasmes, de vapeurs, mieux par Tissot sous celui de maux de nerfs. Chez l'une, ce sont des étouffements, des palpitations, un sentiment de strangulation, un serrement des tempes, etc., etc.; chez l'autre, des battements, divers bruits dans la tête, un enchiffrènement passager, des frissons partiels, des bouffées de chaleur au visage, etc.; celle-ci se plaint d'impatiences bizarres , de crispations , d'agacements qui l'obligent à des mouvements involontaires, à une jactitation avec bâillements, pandiculations, hoquets trop souvent préludes d'accidents plus violents ; celle-là accuse de la dysphagie, des borborygmes, des flatuosités, des brûlements d'entrailles, une tympanite se développant tout à coup et disparaissant de même, des anxiétés précordiales, des frayeurs paniques, de vaines susceptibilités; quelques-unes résument ce tableau changeant en deux mots,

qui, aux yeux du praticien, en peignent d'une manière assez forte toutes les fluctuations : j'ai mal aux nerfs, mes nerfs sont en mouvement, etc., etc.

Or la Valériane réussit assez bien à calmer ces nombreux phénomènes; et, chose étonnante, elle y réussit d'autant mieux qu'ils s'éloignent davantage par leur forme et par leur intensité du véritable accès d'hystérie. Quant à celui-ci, la Valériane peut en éloigner les retours, en diminuer la violence; mais, nous le répétons, elle modifie d'autant plus avantageusement l'hystérie, que ses formes sont plus incomplètes et plus bizarres.

L'attaque hystérique portée à un haut degré laisse après elle diverses affections nerveuses contre lesquelles iL est bon d'administrer la Valériane : telles sont des hémiplégies, des paralysies circonscrites, surtout de la sensibilité, des fourmillements, des céphalées intenses, des congestions partielles, des flatuosités, des palpitations, des aphonies. Dans certains cas, comme lien commun de tous ces symptômes nerveux très-mobiles, existe un mouvement fébrile particulier, caractérisé surtout par un pouls fréquent, large et développé, la peau d'une chaleur douce et humide, la face fortement injectée et un peu de dyspnée. Cette fièvre, qu'on peut appeler hystérique, cède quelquefois au médicament dont nous traitons.

Il est aussi une des mille révélations de l'état hystérique passée sous silence ou peu observée par les auteurs, qu'il nous a été donné de voir déjà plusieurs fois, et que l'usage de la Valériane a complètement fait cesser: c'est un orgasme musculaire infatigable qui porte irrésistiblement les femmes à se mouvoir, à marcher, en leur donnant le sentiment d'une force invincible et du besoin pressant de se livrer à des exercices pénibles. Prennent-elles alors quelques doses de poudre de Valériane ? elles sont jetées dans une lassitude et une impuissance musculaire qui leur ôtent toute envie de courir et de s'agiter : c'est comme une corde vivement tendue qui tout à coup se relâche.

L'indication la plus positive de la Valériane, après celle que nous venons de préciser, est tirée des vertiges. 11 est des personnes qui éprouvent souvent des vertiges, des obnubilations, des étourdissements identiques à ceux qui annoncent l'imminence du coup de sang ou de l'hémorragie cérébrale, et chez qui pourtant ce symptôme n'est point lié à ces graves accidents. La saignée qui , dans ce dernier cas, les dissiperait, ne fait au contraire que les augmenter, tandis que la Valériane les calme assez bien, et c'est un des services les plus spéciaux que soit appelé à rendre cet antispasmodique. Ces sortes de vertiges finissent par devenir très-importuns, et souvent même d'un pronostic fort sérieux.

Plusieurs auteurs du siècle dernier attestent l'efficacité de la Valériane dans la danse de Saint-Guy, et ils s'accordent avec nous sur ce point que leurs observations ont presque toutes de jeunes filles pour sujets. Strandberg et Carminati l'ont préconisée dans la migraine. Nous ajoutons qu'il ne faut guère y compter que dans celles qui s'associent aux troubles hysté-

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riformes que nous avons énumérés. Il en est de même de certaines gastralgies qui reconnaissent cette commune dépendance, et dans lesquelles seulement elle est utile. Ces deux affections, surtout la première, entraînent quelquefois, à la suite des douleurs vives qu'elles occasionnent, un état spasmodique général qui en réclame aussi l'emploi.

C'est un fait bien des fois constaté par tous les praticiens, que l'excitabilité nerveuse augmente en raison directe des pertes de sang, ce qui explique la fréquence et l'intensité des maladies qui dépendent de l'anémie chez les femmes nouvellement accouchées, abondamment réglées, chlorotiques ou débilitées par des émissions sanguines exagérées. On peut susciter à volonté les troubles nerveux les plus violents par les jeûnes, la diète trop prolongée et les pertes de sang artificielles. Tous ces accidents, si communs depuis qu'on a paru oublier qu'il faut du sang pour régulariser les phénomènes de l'innervation, peuvent être calmés par les antispasmodiques, et surtout par la Valériane, en attendant que, par un régime analeptique bien dirigé, le sang, cet antispasmodique par excellence, soit venu apporter aux appareils nerveux la fixité nécessaire au maintien de leur équilibre. Il en est de même pour les phlegmasies, les fièvres, les affections quelconques dans lesquelles, inconsidérément ou par l'urgence des indications, on a porté très-loin les émissions sanguines. On voit surgir alors des phénomènes spasmodiques auxquels on peut parer avec la Valériane, et qui, par leur disparition, permettent à la phlegmasie de se résoudre, à la maladie, quelle qu'elle soit, d'accomplir heureusement ses périodes. A la fin des fièvres continues graves, lorsque l'adynamie, et surtout l'ataxie, sont venues après des hémorrhagies nasales ou intestinales abondantes, que le ventre est ballonné, indolent, qu'en un mot l'incohérence nerveuse est liée à la faiblesse, il y a tout avantage et aucun inconvénient à prescrire la Valériane. Nous en disons autant pour les mêmes symptômes lorsqu'ils apparaissent dans le cours des fièvres exanthématiques, soit par la répercussion de l'éruption, ce qui n'est que trop commun, dans la scarlatine surtout, soit par toute autre cause marquée d'un cachet de faiblesse ou de malignité.

Si quelques-unes des incommodités qui assiègent les femmes parvenues à leur âge critique sont hyperhémiques et commandent l'emploi des déplétions sanguines, il faut convenir aussi que souvent l'inutilité, nous dirons même la nocuité de ce traitement, assignent à ces dérangements une tout autre cause. Nous avons vu bien souvent ces accidents, consistant surtout en palpitations, en accès de dyspnée, en vertiges, en maux de tête, céder rapidement à l'usage de quelques grammes de poudre de Valériane ou de son infusion prise en lavements.

Il est une maladie singulière que récemment nous avons vue très-avantageusement modifiée par l'emploi de la Valériane : c'est la polydipsie. M. Rayer vient de soumettre à ce traitement, dans ses salles de l'hôpital de la Charité, un jeune garçon dévoré par une soif inextinguible, et qui urinait en proportion de l'énorme quantité de boissons qu'il prenait. Ses

urines étaient très-légères, presque comme de l'eau, inodores, incolores, insipides et excessivement abondantes. Ce petit malade ne maigrissait pas du reste, mangeait beaucoup, et jouissait à part cela d'une parfaite santé. Cette polydipsie et cette polyurie, toutes simples, étaient produites vraisemblablement par une affection nerveuse, et n'avaient d'ailleurs avec le diabète, dont elles différaient sous les rapports les plus importants, d'autre point de ressemblance que l'abondance de la sécrétion urinaire. Sous l'influence de la poudre de Valériane, employée déjà avec succès par M. Rayer dans des cas analogues, ce malade a vu tout à la fois, dans l'espace de trois semaines à un mois, diminuer sa soif et l'extrême abondance de ses urines. Plusieurs médications, et la médication par l'opium en particulier, avaient complètement échoué. Nous avons obtenu un succès analogue chez une femme hystérique, dont l'histoire a été développée par nous dans le Journal de médecine (mai 1844).

Enfin, en 4854, dans le service de la clinique médicale de l'Hôtel-Dieu, nous avons reçu un malade âgé de trente ans, qui déjà depuis longtemps était atteint de polydipsie avec polyurie. Il buvait chaque jour jusqu'à 32 litres de tisane, et urinait en conséquence. L'urine, très-souvent analysée par M. Bouchardat, n'a jamais offert la moindre trace de glucose. Il y avait cela de remarquable chez notre malade, c'est que la peau du visage était souvent le siège d'un érythème extrêmement intense, sans mouvement fébrile, qui coïncidait avec une exagération de la soif et de la sécrétion urinaire et qui disparaissait au bout de deux ou trois jours, pour reparaître peu après. La santé était d'ailleurs assez bonne.

Cette fluxion bizarre, qui avait quelque chose des fluxions ordinaires chez les femmes nerveuses, nous eût invité à donner la Valériane, si déjà nous n'avions connu les faits rapportés plus haut.

Nous prescrivîmes l'extrait de Valériane, qui fut successivement porté jusqu'à l'énorme dose de 30 grammes (1 once) par jour. La soif, la sécrétion urinaire et î'érythème diminuèrent parallèlement, et la guérison était complète après quatre mois de traitement. Plus tard, nous avons revu ce malade dont la santé restait fort bonne.

Puisque cette substance n'influe en aucune manière sur le système circulatoire en général, et ne congestionne aucun organe en particulier, elle ne saurait être directement emménagogue ; si donc quelquefois elle le devient, c'est médiatement, en faisant cesser des symptômes nerveux qui s'opposaient à l'éruption des règles. Dans quelques dysménorrhées, précédées un jour ou deux de gonflements douloureux et non inflammatoires du ventre, elle facilite également le flux menstruel. Les flatuosités qui surviennent après le repas chez les femmes nerveuses, chez les hypochondriaques, sont so vent dissipées par une légère infusion de Valériane.

Après les vertus anti-épileptiques de la Valériane, les anciens auteurs ont surtout exalté son action spécifique dans certaines maladies des yeux. Bismarck commence ainsi sa dissertation : « Dico quàd radix Valerionse

VALÉRIANE

hortensis sit cephalica, uterina et ophthalmica. » 11 aurait pu, ce nous semble, se borner aux deux premiers chefs. C'est dans l'amaurose commençante, dans l'obscurcissement de la vue (caiigo oculorum) commun aux vieillards, aux hommes de cabinet, à certains ouvriers, qu'elle a été préconisée au point que, dit l'auteur, ocularia à quibusdam nominatur. Etmuller va plus loin : virtus ejus anti-ophthalmica non potest saiis decantari. Stancke a mieux saisi la nuance d'indication qui peut en légitimer l'emploi dans les affections des yeux quand il dit : His solum modo medetur oculorum morbis qui à nervis oriuntur. Sujet lui-même à des éblouissements, à de légères hallucinations, il s'en délivra par la Valériane. Mais ces accidents sont plus cérébraux que propres à l'organe de la vision, et nous en avons parlé plus haut.

Nous ne ferons qu'indiquer son action anthelmintique parce que nous avons le semen-contra, la mousse de Corse, etc.; ses propriétés fébrifuges, quoiqu'un assez grand nombre de faits rapportés par Bauhin, Bouteille, Miocchi, Carminati, M. Vaidy, permettent d'y ajouter une certaine confiance, parce que nous avons le quinquina et ses succédanés, etc. Junker en parle comme d'un diurétique et d'un diaphorétique dans les exanthèmes rentrés. Dans l'asthme nerveux, elle est loin d'être sans utilité, comme nous l'avons encore dernièrement éprouvé.

Mindérérus l'employait en épithème sur les membres débilités par d'anciennes affections, et sur la tête dans la migraine. Elle a servi à faire des amulettes contre les vénéfices, et, suivant Agricola, à doubler les forces aux combats amoureux. Il ne serait pas impossible à la rigueur que son odeur seule ait pu légèrement exciter le système nerveux.

Nous résumons ainsi l'action propre de la Valériane :

Médicament utile dans la série indéterminée des accidents nerveux qui naissent sous l'empire des affections hystériques et vaporeuses, soit que ces accidents se montrent réunis, soit qu'ils apparaissent isolés ; jouissant en outre d'une réputation méritée dans les vertiges et les étourdissements nerveux.

Préparations, doses, mode d'administration.

Après tout ce que nous venons de dire sur la Valériane, il est inutile d'en fixer les contre-indications. Tous les auteurs nous apprennent qu'il n'y a rien à craindre de son administration prolongée et à très-hautes doses. Son action s'use promptement, il faut donc la continuer longtemps en ayant soin de suspendre plusieurs fois dans le cours d'un traitement. De toutes les préparations de cette plante, la poudre (pulvis ne?'vicus, ant spasticus) est, d'une voix commune, la plus efficace; c'est aussi ce que nous avons remarqué. Elle se donne depuis 4 grammes (1 gros) jusqu'à 30 et même 60 grammes (4 et même 2 onces) en vingt-quatre heures. Tissot et Quarin recommandent d'y mêler un peu de macis pour déguiser sa saveur désagréable.

M. Boutigny, pharmacien à Paris, a préparé un extrait aqueux des plus concentrés dont il a indiqué le procédé d'extraction dans la quatrième livraison du Journal des Connaissances médico-chirurgicales, décembre 1833. On sait que cet extrait entre dans la composition des fameuses pilules de Méglin. Il y a un sirop de Valériane; une bière connue sous le nom de bière céphalique, antispasmodique; une teinture éthérée, alcoolique. Ces dernières seront données dans des potions depuis 50 centigrammes (10 gouttes) jusqu'à 2 grammes et plus (1 demi-gros et plus). L'infusion pour boisson se prescrit à la dose de A à 8 grammes (1 ou 2 gros) de la racine pour 250 à 310 grammes (8 à 10 onces) d'eau. La décoction de 8 à 16 grammes (2 gros à 1 demi-once) pour un lavement; ce dernier mode d'administration trouve fréquemment son emploi. L'eau distillée fait partie de beaucoup de potions antispasmodiques.

La grande Valériane ou Valeriana pku, Linn., ainsi que la spica ou Valeriana Celtica, ne sont pas employées.

M. Louis-Lucien Bonaparte a mis en renom une nouvelle préparation pharmaceutique, le Valérianate de zinc, qui obtient depuis quelque temps les honneurs rendus ordinairement à tout agent thérapeutique inscrit depuis peu de temps sur les catalogues de la Matière médicale. Les éléments de ce nouveau sel sont depuis longtemps connus par leurs propriétés antispasmodiques, et si l'oxyde de zinc trouve encore quelques incrédules, la Valériane mérite incontestablement sa vieille et légitime réputation. Le Valérianate de zinc se présentait donc avec des présomptions favorables. Toutefois, l'expérience n'a pas répondu à l'enthousiasme des premiers fauteurs de ce remède..

Les praticiens qui par des raisons d'économie (le Valérianate de zinc est d'un prix excessif) ne croiront pas devoir administrer le nouveau sel antispasmodique, pourront donc continuer à leurs malades la poudre de Valériane associée à l'oxyde de zinc.

On a inventé aussi un Valérianate de quinine, qui, dit-on, remplace avantageusement le Valérianate de zinc lorsque les accidents nerveux sont périodiques. La chose est bien trouvée. Pourquoi, d'ailleurs, le Valérianate de quinine ne guérirait-il pas aussi bien une névralgie périodique que le sulfate de quinine?...

ASA FOETIDA

MATIÈRE MÉDICALE

Suc gommo-résineux, retiré des Ferula Caractères spécifiques. Tige nue cylindri-

Asa fœlida et Orienlalis. que, striée, haute de 1 à 2 mètres; feuilles

Ferula Asa fœtida Plante exotique, de radicales, pétiolées, triternées, fleur d'un

la famille des Ombellifères. jaune pâle, formant de grandes ombelles

Caractères génériques, lnvolucre et invo- composées de 12 à 20 rayons; involucre ca-

lucelle polyphy Iles; pétales égaux roulés; duc, involucelle polyphylle; fruits d'un

fruits elliptiques, comprimés, marqués de brun rougeàtre et velus âu moment de la

trois côtés sur chaque moitié; fleurs jaunes, maturité.

ASA FOETIDA

Mode d'extraction de l'Asa fœtida. Lorsque l'on pratique des incisions au collet du ferula Asa fœtida, il s'écoule un liquide lactescent, jaunâtre, qui ne tarde pas à se concréter. Dans le commerce, l'Asa fœtida se présente en masses solides, d'un brun rougeàtre à l'extérieur, offrant intérieurement des lames grisâtres et comme opalines, au milieu d'une masse plus foncée. Odeur forte, fétide, alliacée; saveur acre et un peu amère.

L'Asa fœtida étant d'un prix assez élevé, on en fait une artiticielle, à Marseille principalement, en pistant ensemble de l'Asa fœtida et diverses gommes-résines d'une plus petite valeur commerciale, comme le galbanum, le sagapenum, etc.

L'Asa fœtida artificielle se reconnaît à sa teinte gris foncé et à l'absence de ces larmes qui rougissent au contact de l'air.

L'analyse de Brandes a démontré dans l'Asa fœtida : de la résine, de la gomme, de l'huile volatile, une substance résinoide, de l'adragantine, des sels divers, de l'extractif. L'huile volatile renferme du soufre.

L'Asa fœtida se donne en poudre, en émulsion, en teinture.

Poudre. L'Asa fœtida se peut donner en poudre, mais le plus souvent la poudre est incorporée à des poudres inertes et médicamenteuses, et faconnéeen pilules que l'on revêt d'une feuille d'or ou d'argent, afin de dissimuler un peu du goût et de l'odeur du médicament.

Émulsion. En triturant l'Asa fœtida avec l'eau, on peut obtenir une émulsion permanente, que l'on mêlera à des potions, à des tisanes. Lorsque l'émulsion se fait seule, il suffira d'ajouter à l'eau du jaune d'œuf ou de la gomme arabique.

Lait d'Âsa fœtida.

Asa fœtida, 10 gram. (2 gros 1/2).

Eau, 600 (1 livre).

Jaune d'œuf, n° 1/2.

Teinture d'Âsa fœtida. La résine qui constitue la partie active de. l'Asa fœtida est soluble dans l'alcool-, aussi la teinture alcoolique est-elle une excellente préparation.

Asa fœtida, une partie; alcool à 80° (31 Cart.), 4 parties ; faites macérer pendant quelques jours et filtrez.

Cette teinture s'emploie dans des potions; elle précipite toujours et donne au véhicule une teinte laiteuse. Quand elle est prescrite en petite quantité, il suffira de la mêler d'abord au sirop qui entre dans la potion et d'y ajouter graduellement le véhicule aqueux; mais si la quantité est plus considérable, il faudra l'émulsionncr avec un jaune d'œuf.

La teinture éthcrée se prépare de la même manière, mais elle laisse, sans la dissoudre, une partie de la résine de l'Asa fœtida.

THÉRAPEUTIQUE

Action physiologique.

Les Perses accusent l'insuffisance de leur idiome, en décorant cette substance du nom de mets des Dieux, tant elle flatte leur palais ! Sont-ils plus ou moins ridicules que les Allemands, qui ont essayé d'en faire sentir Tétonnante puanteur par l'expression énergique de stercus diaboli que chez nous le peuple lui maintient? Il ne peut y avoir de ridicule., là où il n'y a d'autre mesure qu'une impression organique.

Quand on a pris le parti de faire entrer de gré ou de force les antispasmodiques dans la classe des excitants, il y a une formule banale qui s'ajuste à tous : stimule les tissus suivants, augmente l'activité des organes, accélère le pouls, pousse la chaleur et la sueur à la périphérie cutanée; agitation, inquiétudes, vertiges, mal de tète. Comme si après cette servile énumération on était plus avancé pour expliquer les effets thérapeutiques de Y Asa fœtida. Nous avons pris en une seule fois une demi-once de bonne Asa fœtida. Il n'y a eu de changé en nous que l'odeur de toutes nos excrétions qui pendant deux jours nous a tenu au sein d'une atmosphère infecte, et rappelant, mais à un degré plus pénétrant encore, l'horrible fétidité de cette drogue. En traitant de la médication antispasmodique, nous nous réservons d'apprécier à leur juste valeur tout ce qu'ont dit les auteurs sur la manière d'agir de ces diverses substances.

Historique et action thérapeutique.

Le nom de Laser, Laserpitiurn , sous lequel l'Asa fœtida est désigné dans les ouvrages d'Hippocrate, de Dioscoride, de Celse et de Galien, etc., s'appliquait, selon quelques auteurs, à des préparations particulières de cette substance. En admettant cette opinion controversée, mais soutenue avec avantage par des auteurs plus nombreux et d'une autorité plus imposante que ceux qui l'ont combattue, le père de la médecine en faisait un fréquent usage, surtout chez les femmes malades à la suite de fausses couches, à qui il l'administrait extérieurement en topiques, en même temps qu'à l'intérieur, le recommandant en outre comme devant faire partie du régime ordinaire. Il en discute les indications et les contre-indications, et s'étend longuement sur son histoire naturelle. Nous ferons remarquer que le cas particulier dans lequel Hippocrate vante l'Asa fœtida, ne contredit en rien la nature des propriétés qui de tout temps lui ont été attribuées ; et s'il nous est permis d'interpréter les règles du sage empirisme qui le guidait alors, nous dirons, comme chose très-probable, qu'à l'aide de ce remède, il calmait les accidents nerveux, les coliques, la tympanite, qui accompagnent et suivent si souvent les fausses couches.

Dioscoride, chose bien remarquable, pourrait nous fournir le texte de ce que nous avons à dire sur les propriétés thérapeutiques les plus avérées de l'Asa fœtida. Selon lui, il guérit la toux, les désordres de la trachée-artère, les altérations de la voix et les maladies hystériques. Celse assigne aussi à ce médicament une de ses actions les mieux constatées : item laseris quàm optimi paulum devorare opusest, etc., dit-il dans son chapitre De T'ussi, et plus loin : Lac cùm allio coctum, sorfntiones quibus laser sit adjectum, etc. Galien semble en redouter l'usage, et prétend qu'il échauffe et affecte les conduits de l'urine. Mais il faut dire que de son temps l'Asa fœtida était devenu très-rare, que le peu qu'on en avait était falsifié. A cette époque, le hasard en ayant fait découvrir une tige, on l'envoya en présent à Néron. Tout cela peut expliquer l'opinion de Galien. Les Arabes, entre autres Rhazès et Averroès, en ont fait usage ; c'est d'eux que ce médicament a été transmis aux moines de l'école de Salerne, qui lui ont donné le nom d'Asa (et non assa) fœtida.

Cette gomme-résine, que chez nous son extrême fétidité empêche d'administrer aussi souvent qu'il le faudrait, est, dans l'Inde et en Perse, le condiment obligé de tous les mets. A l'impression agréable qui le leur fait rechercher comme objet de friandise, ces peuples trouvent joint un bon moyen de favoriser leurs digestions naturellement pénibles, et de dissiper les flatulences incommodes et quelquefois dangereuses produites par le régime végétal et l'abus de l'opium que leur imposent et le climat et les lois religieuses. Les Brahmes en font une consommation énorme.

L'Asa fœtida s'applique à tous les cas où nous avons dit qu'était utile

ASA FOETIDA

l'emploi de la valériane; seulement, dans ces circonstances, celle-ci devra lui être préférée à cause de son odeur moins repoussante et plus fugace, et aussi parce qu'il n'est pas rare que l'Asa foetida ait une action purgative qu'il est quelquefois important d'éviter. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit en parlant de la valériane. Nous devons pourtant ajouter que l'Asa foetida réussira mieux qu'elle dans les accès d'hystérie violents et complets, lorsque la maladie aura plutôt le caractère convulsif que vaporeux, lorsqu'elle s'accompagnera surtout de la production incessante de gaz abdominaux et de cette constipation opiniâtre avec coliques propre aux hystériques. Whytt signale chez ces malades un accident qui consiste dans l'évacuation excessive et débilitante d'urines crues et pâles, accident qu'il a guéri par l'Asa foetida, ainsi que la démoralisation, si cruelle pour le médecin, dans laquelle l'hystérie fait tomber les femmes. Le même Whytt, qui a si bien connu les maladies nerveuses, recommande encore ce médicament dans les syncopes ou pâmoisons hystériques. Boerhaave affirme positivement qu'il ne connaît pas de meilleur antihystérique. Forestus, tout en partageant sur la cause de l'hystérie, les idées singulières d'Arétée, n'en assure pas moins avoir donné avec grand avantage l'Asa fœtida au fort de l'accès. Qusedam, dit-il, solo odoratu Asa fœtidœ per nos excilatse sunt. C'est aux praticiens à discerner, d'après ce que nous venons de dire, les cas où l'Asa foetida devra remplacer ou suppléer la valériane dans l'hystérie, sans oublier toutefois que, par suite de conditions vitales inexplicables, l'un peut produire des effets qu'on aurait attendus de l'autre, vérité générale en thérapeutique, mais surtout applicable aux médicaments qui, comme les antispasmodiques, ont une action superficielle et non altérante.

Il est un autre ordre de phénomènes morbides, dans le traitement desquels nous avons pu plusieurs fois sanctionner de notre expérience l'expérience passée : nous voulons parler des maladies nerveuses des organes respiratoires. Et d'abord dans l'asthme essentiel, c'est-à-dire celui qui ne reconnaît pas pour cause une lésion organique appréciable du cœur ou des poumons, l'Asa foetida a souvent sous nos yeux produit de bons et incontestables effets. Si c'était ici le lieu, nous pourrions étàyer notre assertion d'observations péremptoires.

Chez les hommes irritables, et chez lesquels un commencement de lésion organique du cœur détermine des étouffements, des palpitations et un état spasmodique général disproportionné avec le degré de l'altération matérielle, les lavements d'Asa fœtida ne sont pas sans avantage. L'expérience clinique nous permet d'avancer que dans les affections catarrhales où les symptômes nerveux, comme cela est assez fréquent, jouent le principal rôle, on n'en obtient pas de moins bons effets. S'il n'est pas permis d'espérer de ce moyen la guérison entière de ces catarrhes suffocants qui, l'hiver, par le seul fait d'un abaissement soudain de la température, font périr de la veille au lendemain les vieillards affectés d'anciennes bronchorrhées, on peut certainement en affaiblir le danger, et

rendre ainsi possibles et efficaces les ressources ultérieures de l'art ou de la nature.

Millar ne tarit pas en éloges sur les vertus de l'Asa fœtida dans la maladie qu'il a appelée asthme aigu (angine striduleuse, enchiffrènement de la glotte, de M. Bretonneau); il l'administre toujours alors, à moins de vomissements trop violents et de diarrhée. Voici la formule :

Asa fœtida, 8 grammes (2 gros) ; esprit de Mindererus, 30 grammes (1 once); eau de Pouliot, 100 grammes (3 onces).

Les enfants, prétend-il , finissent par le prendre sans répugnance, et même avec plaisir. En même temps il le donne en lavement de la manière suivante :

Asa fœtida, 8 grammes (2 gros) ; décoction de graine de lin, 100 grammes (3 onces); huile d'olive, 30 grammes (1 once).

Nous ne nions pas les succès de Millar, pourvu qu'on ne nous empêche pas d'ajouter que l'asthme aigu des enfants cède le plus souvent à tous les remèdes, ce qui revient à dire qu'il guérit sans eux. Mais quand Millar publie de semblables résultats dans des cas de croup, quand il affirme que dans une épidémie de croup aucun enfant ayant pris de l'Asa fœtida n'a succombé, nous ajournons notre assentiment jusqu'au jour où les observations de l'auteur anglais seront revêtues de leur seul cachet authentique, nous voulons dire la mention des fausses membranes, sans laquelle le mot croup n'a aucune valeur.

Beaucoup d'auteurs, et Kopp en particulier, ont vanté l'Asa fœtida dans la coqueluche : ses avantages, en pareil cas, sont incontestables, quand ils ne sont pas détruits par la difficulté de le faire prendre aux enfants, qui y répugnent trop en potion et ne peuvent le conserver en lavements. Nous en conseillons beaucoup l'usage dans la toux férine des femmes nerveuses, où les praticiens auront certes plus à s'en louer que des sangsues sur le trajet de la trachée, traitement qui, sans parler des traces indélébiles qu'il laisse aux femmes, augmente presque toujours leurs accidents.

Les flatuosités des vieillards, des hypochondriaques, la constipation invincible des premiers, réclament très-souvent les lavements d'Eisa fœtida. Une longue expérience en a irrévocablement fixé l'utilité dans ces circonstances, ainsi que dans les palpitations des chlorotiques.

C'est un des moyens qui ont le mieux réussi à Hildenbrand, dans le traitement de la période extrême des troubles nerveux du typhus irrégulier. Quant à ses propriétés emménagogues, nous les lui accordons au même titre qu'à la valériane.

En lisant la, Matière médicale de Cullen, nons voyons tout ce que nous avons dit d'important sur Y Asa fœtida, confirmé de la manière la plus formelle par l'opinion de cet illustre médecin.

Nous passons sous silence les avantages qu'on dit avoir retirés de Y Asa fœtida à l'extérieur contre les caries, les tumeurs indolentes, etc., parce qu'à cet égard nous ne pourrions être qu'historiens. Il en est de même de son action anthelmintique préconisée par plusieurs auteurs, et en particulier par Fréd. Hoffmann. On se figure aisément, que nous ne saurions ni

ratifier ni contredire les vertus fébrifuges que Bergius a reconnues à .cette gomme-résine, dans des cas où avait échoué l'écorce du Pérou. Quel médicament n'est pas quelquefois infidèle?

Le même défaut d'expérience personnelle nous commande la même réserve sur ses" propriétés antigoutteuses et antisyphilitiques. Quand les praticiens, guides dans l'emploi de YAsa fœtida d'après les indications que nous venons de leur fournir, se seront convaincus des services qu'il peut leur rendre, ils apprécieront à leur juste valeur les assertions au moins insignifiantes émises par certains auteurs sur les antispasmodiques, et sur YAsa fœtida en particulier.

Nous nous résumons ainsi:

Médicament antihystérique, possédant les propriétés de la valériane, plus utile qu'elle dans les coliques venteuses avec constipation, et spécialement dans les affections nerveuses des organes- respiratoires et de l'appareil digestif, que ces névroses soient essentielles ou associées à d'autres états morbides. Il importe d'ajouter que YAsa fœtida est assez lourd, c'est-à-dire d'une digestion difficile. Certains malades Vont encore sur l'estomac le lendemain de son administration. Cette observation, faite par nous bien souvent, privera plus d'une fois le praticien des services que YAsa fœtida pourrait lui rendre chez les personnes nerveuses qui sont fréquemment dyspepsiques. On devra dans ce cas l'employer sous forme de lavement.

Préparations, doses, mode d'administration.

La répugnance qu'inspire YAsa fœtida rend son administration fort difficile. Bien qu'il fasse partie de la potion antihystérique du Codex, la forme pilulaire et les lavements sont les deux préparations les plus usitées: en pilules, on peut le prescrire depuis 50 centigrammes (10 grains) jusqu'à \ gros et plus par jour; en lavements, délayé avec l'huile ou un jaune d'œuf, à la dose de 4 à 8 grammes (1 à 2 gros).

Deux grammes de teinture alcoolique suffisent pour une potion. On peut l'associer, suivant le besoin, à une foule de décoctions ou d'infusions de plantes antispasmodiques. Quelques médecins l'ont employé sur le ventre, dans des cas de coliques venteuses et d'accès hystériques. Cette substance est souvent sophistiquée avec des gommes-résines d'un prix inférieur.

MATIÈRE MÉDICALE

Suc gommo-résineux , provenant d'une Persica, les autres par VHeracleum gum-

plante de la famille des Ombellifères, que miferum; d'autres par le Selinum gummi-

l'on ne connaît pas précisément. Les uns ferum. Enfin, Don l'attribue au Dorema

ont pensé qu'elle était fournie par le Ferula ammoniacum qui croît en Arménie.

Quelle que soit d'ailleurs l'origine de la Gomme ammoniaque, ce suc gommo-résineux se présente en masses solides, formées de lames jaunâtres, agglomérées. Cassure blanche, opaque, nette ; saveur amère, acre, nauséeuse; odeur forte et pénétrante.

La plus estimée se présente sons la forme de larmes détachées, dures, blanches ou jaunâtres opaques, à cassure conchoïde jaunissant à l'air, d'une odeur forte, à saveur amère, acre et nauséeuse.

Les préparations de la Gomme ammoniaque sont les mêmes que celles de l'asa

fœtida (voyez p. 233). Nous croyons pourtant devoir indiquer une préparation spéciale, savoir : l'emplâtre de Gomme ammoniaque qui se prépare de la manière suivante :

Gomme ammoniaque pulvérisée, q. s.

Alcool à 46° (21 Cart.). q. v.

On divise la Gomme ammoniaque à chaud dans l'alcool, on passe avec expression, et on évapore en consistance convenable.

THÉRAPEUTIQUE

Action physiologique.

La Gomme ammoniaque est stimulante, prononcent encore imperturbablement les auteurs : c'est assez dire, ajoutent-ils, dans quelles maladies elle peut convenir. D'autres, qui ne manquent jamais d'assister aux phénomènes moléculaires, veulent, par l'inspection de ce qui se passe sur le tissu primitivement en contact avec cette substance, expliquer son mode d'action thérapeutique sur des organes éloignés, par l'axiome: duobus doloribus simal abortis, etc., etc., sans songer que le fait, supposé exact, resterait impuissant pour nous rendre compte des effets spéciaux de la Gomme ammoniaque, etc., etc. Mais ce fait n'est rien moins qu'exact : jamais les individus à qui nous avons administré cette substance ne nous ont accusé la moindre action stimulante, soit locale, soit générale. Nousmêmes en avons pris jusqu'à 8 grammes (2 gros) en un instant, sans éprouver aucun des accidents complaisamment indiqués par les auteurs.

Action thérapeutique.

Connue et employée dès la plus haute antiquité, la Gomme ammoniaque, préconisée dans tous les cas où sont utiles les antispasmodiques, se recommande surtout aux praticiens par ses propriétés expectorantes, anticatarrhales, antiasthmatiques. Elle nous a, en particulier, paru fort avantageuse dans les asthmes essentiels, humides, dont les accès se terminent par une abondante expectoration, qui semble en être la crise. La Gomme ammoniaque, en hâtant cette évacuation et en la rendant plus facile, abrège la durée des accès, et s'oppose même à leur retour par l'action qu'elle partage avec les antispasmodiques contre les affections nerveuses.

Dans les catarrhes chroniques qui ne consistent plus, ou presque plus, qu'en une sécrétion exagérée et morbide de la muqueuse des bronches, nous pouvons, comme pour les cas dont il vient d'être question, attester, l'expérience en main, les bons effets de la Gomme ammoniaque. Mais que l'on comprenne bien notre pensée, et que, par erreur de diagnostic, après avoir administré la Gomme ammoniaque dans des maladies du cœur et des phthisies tuberculeures, où l'asthme et l'expectoration sont subor-

donnés à des lésions plus graves et inamovibles, on ne vienne pas nous objecter des faits placés en dehors du cercle où nous renfermons l'action utile de cet agent thérapeutique, pour ensuite l'inculper et le discréditer. Murray semble se méfier d'une pareille méprise lorsqu'il dit : Quin ipsis phthisicis opportunum, si puris ejectionon succedit.

Si, dans les cas d'asthme dont nous avons parlé, l'expectoration est empêchée par la viscosité des crachats, on se trouve très-bien d'unir à la Gomme ammoniaque une quantité égale de savon médicinal. L'alcalinité de ce dernier, fluidifie les produits à expectorer, el favorise ainsi la cessation de l'accès. Sous tous les rapports, on peut la prescrire avec bienfait dans le catarrhe suffocant, affection épouvantablement grave, et qu'on est fort heureux de pouvoir modifier, même faiblement, par une médication quelconque.

Quant à son action spéciale sur l'utérus, exagérée au point qu'Alibert, qui lui refuse toute propriété, même celle qui lui sert à la classer, s'est cru dans l'obligation de la ranger parmi les emménagogues, nous renvoyons à ce que nous avons dit à ce sujet pour la valériane et l'asa fœtida.

Plusieurs praticiens de mérite se louent de son emploi dans les inflammations de la poitrine, lorsque l'expectoration vient à se supprimer, a Si sputa in inflammationibus pectoris morum trahant vel sup primuntur , pectus libérât. » Combinée avec l'oxymel scillitique, ils l'ont aussi vantée dans toutes les affections atoniques des organes respiratoires.

Comme Murray, nous nous étonnons de voir Cullen attribuer à la Gomme ammoniaque des inconvénients qui ne lui ont jamais été reconnus par ceux qui ont su l'administrer à propos. Cet illustre nosologiste serait-il tombé dans l'erreur que tout à l'heure nous avons fait remarquer?

Résumons. Avantages sinon constants, au moins incontestables dans les accès d'asthme humide, ou dans ce qu'on nomme aujourd'hui très-improprement le catarrhe capillaire chronique avec emphysème.

Nos données expérimentales sont insuffisantes pour nous autoriser à émettre une opinion quelconque sur l'efficacité de la Gomme ammoniaque dans la leucorrhée et les maladies organiques le plus souvent incurables, connues anciennement sous le nom à' obstructions viscérales.

Comme fondants et résolutifs dans les engorgements froids des membres, des glandes et articulations, on a beaucoup vanté certains cataplasmes faits avec la Gomme ammoniaque délayée et ramollie dans le vin ou le vinaigre.

C'est surtout en pilules qu'on prescrit cette substance. Nous l'administrons aussi souvent en petite masse telle qu'elle sort des officines. On la donne alors depuis la dose de 75 centigrammes (15 grains) jusqu'à 2 et 4 grammes (1 demi-gros et 1 gros) par jour. Les praticiens la feront, suivant leurs besoins, entrer dans une foule de préparations magistrales qu'il est inutile d'indiquer. (Voyez clans la Pharmacopée universelle de M. Jourdan l'étonnante quantité de formules de toute espèce où entre la Gomme ammoniaque.)

OPOPANAX, GALBANUM, SAGAPENUM.

MATIÈRE MÉDICALE

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