SOLANÉES
dixième de son poids d'Opium ; elle doit par conséquent être donnée à une dose qui varie de 10 centigrammes (2 grains) à 1 et 2 grammes (20 à 40 grains).
L'acétate de morphine devrait être proscrit de la thérapeutique, en raison de son peu de solubilité.
Le chlorhydrate et le sulfate de morphine sont à l'extrait d'Opium comme 5:1.
A l'intérieur, ils se donnent à une dose qui varie de 5 milligrammes (1/10 de grain) à 5 centigrammes (1 grain); à l'extérieur et sur le derme dénudé, depuis un jusqu'à 10 centigrammes (de 1/5 de grain à 2 grains).
Le sirop de morphine contient 14 milligrammes (1/4 de grain) d'acétate de morphine pour 30 grammes (1 once) de sirop. 11 sert à édulcorer des potions.
La codéine et le chlorhydrate de codéine se donnent à l'intérieur en pilules ou en potions, à la dose de 5 à 50 centigrammes (1 à 10 grains).
La narcotine et le chlorhydrate de narcotine se donnent de la même manière et aux mêmes doses que la codéine.
Les têtes de pavot se prennent en infusion, ou en décoction. En infusion pour tisane , une demi-tête de pavot (une tête de pavot pèse environ 8 grammes) brisée en petits fragments pour un litre d'eau bouillante, suffit pour donner à l'eau des propriétés fortement calmantes. La décoction est surtout employée pour injections vaginales, fomentations, cataplasmes, bains locaux, demi-bains, etc. La quantité de têtes de pavot doit, dans ce cas, être considérable ; mais il faut, pour la préparation des lavements, la plus grande circonspection; il n'y a pas d'année que l'on ne signale des empoisonnements, par d . s lavements de décoctions de têtes de pavot. Pour un lavement pesant 500 grammes (1 livre), une demi-tête de pavot (4 grammes) suffira le plus souvent. Ce mode d'administration est fort dangereux, surtout pour les enfants, en ce sens que si le lavement est conservé, la quantité d'Opium absorbée peut être considérable. D'ailleurs les têtes de pavot doivent toujours être prescrites au poids et non en nombre.
Le sirop diacode contient 30 centigrammes (3 grains) d'extrait de pavots blancs pour 30 grammes (1 once). Quand il est convenablement préparé, il est plus actif que le sirop thébaïque. On le donne pur, ou bien il sert à édulcorer les potions. Il doit être remplacé par le sirop d'Opium.
L'Opium indigène ne diffère en rien, quant à ses propriétés, de l'Opium exotique. (Voyez ce que nous avons dit de l'Affium d'Aubergier, p. 4etsuiv.)
Enfin les pétales du papaver rhacas , ou fleurs de coquelicots, sont employés seulement en infusion pour faire des tisanes, à la dose de 8 à 10 grammes (2 gros à 2 gros et demi) pour un litre d'eau bouillante.
Dans cet article nous n'avons indiqué que les principales préparations d'Opium, laissant au médecin le soin de varier les prescriptions magistrales qu'il pourra faire. Les doses que nous avons indiquées n'ont rien d'absolu : les dispositions individuelles des malades doivent les faire varier à l'infini.
MEDICAMENTS STUPÉFIANTS
SOLANEES.
La famille naturelle des Solanées contient un grand nombre de plantes. Celles qui sont adoptées en médecine sont, les unes fortement stupéfiantes et toxiques ; ce sont: la Belladone, la Mandragore, le Datura, la Jusquiame, le Tabac ; les autres ne le sont qu'à un très-faible degré : telles que l'Alkekenge, la Douce-Amère ; d'autres enfin sont comestibles : la Morelle, la Pomme de terre et l'Aubergine. Ces trois dernières ne doivent pas occuper une place dans l'étude des médicaments ; les autres, au contraire, ont une valeur proportionnée à l'intensité de leur action physiologique.
Les solanées que nous avons placées dans la première catégorie sont toutes vireuses , et produisent sur l'homme sain et sur l'homme malade des effets à ce point identiques, qu'il eût été peut-être plus rationnel de les étudier sous le même chef: en effet, que l'on fasse prendre à un animal ou à un homme delà Belladone, du Datura, de la Jusquiame, les mêmes effets toxiques et thérapeutiques seront obtenus, il n'y aura de différence que dans les doses ; en un mot, il semble qu'elles renferment toutes un principe commun, la Solanine, par exemple, comme les cinchonas renferment la quinine, et que la proportion du principe actif varie seulement suivant les genres et les espèces.
On ne peut pourtant se dissimuler que certains genres ont une influence plus spéciale sur certains états pathologiques, que, par exemple , le Datura va mieux au traitement de l'asthme que la Belladone ou le Tabac ; mais les différences sont si minimes qu'elles disparaissent dans la presque généralité des cas. Il n'en est pas tout à fait de même du tabac qui, à toutes les propriétés des autres Solanées vireuses, joint quelques propriétés spéciales dues à un principe particulier très-célèbre.
Nous nous conformerons à l'usage, et nous étudierons séparément toutes les Solanées, sauf à indiquer les relations qu'elles peuvent avoir entre elles.