‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale [electronic resource]Chapitre 82 sur 175 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

MÉDICAMENTS EXCITANTS

tonneuse; feuilles inférieures tripinnatifldes, les supérieures presque simples. Fleurs petites, globuleuses, jaunâtres, formant des épis simples. Réceptacle convexe, garni de poils longs et soyeux.

Parties usitées. Les feuilles et les sommités fleuries.

L'Absinthe exhale une odeur pénétrante très-prononcée; sa saveur est amère et aromatique.

L'analyse a donné à M. Braconnot : huile volatile, matière résiniforme très amère, matière animalisée très-amère , chlorophylle, albumine, fécule particulière, matière animalisée, peu sapide, des sels.

Préparations pharmaceutiques qui ne contitnnent que l'huile essentielle.

Ces préparations sont : 1° l'huile essentielle d'Absinthe, dont l'extraction ne diffère en rien de celle des autres huiles volatiles, et 2° l'eau distillée d'Absinthe, qui se fait en prenant une partie d'Absinthe fraîche et en distillant à la vapeur, de manière à retirer 2 parties d'eau distillée.

Préparations qui ne contiennent que les principes fixes.

Extrait d'Absinthe.

Sommités sèches d'Absinthe, q. v.

Pulvérisez grossièrement l'Absinthe, humectez-la avec moitié de son poids d'eau, traitez par déplacement, évaporez les liqueurs à consistance d'extrait.

Préparations qui contiennent à la fois le principe amer et l'huile essentielle.

Tisane d'Absinthe.

Sommités sèches d'Absinthe, 4 à 8 gram. (1 à 2 gros).

Eau bouillante, 1000 gram. (1 litre).

Faites infuser pendant une heure et passez.

Sirop d'Absinthe.

Sommités d'Absinthe. i part.

Eau bouillante, s Sucre, 16

Faites infuser l'Absinthe, passez avec expression, laissez déposer, ajoutez à la liqueur le double de son poids de sucre, et faites le sirop par simple solution au bainmarie fermé.

Vin d'Absinthe.

Feuilles sèches d'Absinthe, 1 part.

Vin blanc généreux, 30 Alcool à 86° (31° Cart.), 4

Coupez l'Absinthe, versez dessus l'alcool, et après vingt-quatre heures, ajoutez le vin blanc ; laissez macérer deux jours, passez avec expression et filtrez.

Teinture alcoolique d'Absinthe.

Sommités sèches d'Absinthe, 1 part.

Alcool à 50° (21° Cart.), 4

Faites macérer pendant quelques jours, passez avec expression, filtrez.

Huile d'Absinthe.

Sommités sèches d'Absinthe, 1 part.

Huile d'olive, 8

Faites digérer au bain-marie, passez avec expression et filtrez.

L'Absinthe possède à un plus haut degré toutes les propriétés de la Camomille, et de cette exagération résultent, pour la première, des indications auxquelles la seconde ne pouvait pas répondre, en même temps que des contre-indications dans les cas où suffit l'action moins stimulante et plus spéciale de la Camomille. Indépendamment des vertus stomachiques que l'Absinthe partage avec elle et sur lesquelles nous nous taisons ici pour en parler en son lieu, cette plante doit surtout sa réputation à l'action emménagogue et anthelmintique dont elle jouit. Comme ces deux actions thérapeutiques auront leur place, la première dans une des sections de la médication excitante, l'autre dans un chapitre tout à fait à part, nous ne faisons ici qu'indiquer l'Absinthe comme pouvant les déterminer, nous réservant d'apprécier avec soin àux chapitres généraux les indications de cette stimulation spéciale par laquelle on cherche à pro-

ABSINTHE

voquer le flux menstruel, ainsi que les moyens de satisfaire à l'indication anthelmintique : alors nous rappellerons l'Absinthe et fixerons les conditions de son emploi dans ces deux circonstances. Nous ne devons maintenant signaler qu'une action spéciale attribuée à l'Absinthe, parce qu'elle ne peut trouver aucun chapitre général susceptible de la renfermer : il s'agit de son action fébrifuge.

Les propriétés fébrifuges de l'Absinthe sont plus énergiques que celles de la Camomille et peuvent se manifester dans des conditions que n'atteint pas celle-ci. Nous avons dit, en effet, que la première de ces synanthérées ne possédait guère de puissance fébrifuge que contre les fièvres intermittentes nerveuses, peu légitimes et surtout nées indépendamment de causes miasmatiques. Il n'en est pas tout à fait ainsi de l'Absinthe qui peut réussir surtout à titre de remède préventif, contre les espèces où le quinquina jouit de toutes ses prérogatives. A cet égard l'Absinthe partage l'action thérapeutique de tous les amers, surtout quand il s'y joint, comme chez elle, une qualité astringente, qualité déjà reconnue par Galien; et il faut convenir qu'elle est un des meilleurs fébrifuges indigènes. Sa puissance s'étend quelquefois jusqu'aux fièvres automnales opiniâtres et déjà accompagnées d'engorgement spléniques et hématiques, d'œdème et d'ascite. Ses propriétés toniques fort actives (car l'Absinthe aurait pu très-légitimement être placée dans la classe des médicaments toniques) la recommandent aussi dans les cachexies et les lésions organiques diverses qui suivent les fièvres intermittentes prolongées ; et c'est aussi à ce titre qu'elle est utile dans le traitement de la chlorose, de l'aménorrhée, etc.. On trouve dans les diverses sections de la médication tonique beaucoup de généralités qui se rapportent à ce sujet.

Les praticiens feront bien de se souvenir de l'Absinthe dans le cas où l'administration du quinquina leur serait interdite de quelque manière que ce fût. Elle a rendu fréquemment de bons services à Pinel et à Alibert; nous n'analyserons pas toutes les autorités et tous les faits qui établissent cette vertu : il nous arrivera assez souvent de le faire pour d'autres fébrifuges succédanés. L'Absinthe est un agent trop négligé : nous renvoyons, pour en étudier les indications, aux divers développements thérapeutiques que doivent suggérer les médicaments de la classe que nous passons maintenant en revue, ainsi qu'à ceux qui se rattachent aux médicaments toniques. On trouve quelquefois à utiliser les propriétés diurétiques de l'Absinthe.

Ce n'est peut-être pas si à tort qu'on l'a dit, que des propriétés vireuses et un peu narcotiques ont été attribuées à la plante qui nous occupe. Il est certain au moins que la liqueur connue sous le nom d'eau ou de crème d'Absinthe enivre très-facilement, produit des vertiges et un état nauséeux qui n'appartient pas alors à l'alccol, mais à l'Absinthe; cet état retrace à un faible degré et incomplètement une légère intoxication par quelque substance narcotico-âcre.

Cullen veut qu'on préfère les feuilles de l'Absinthe à ses sommités fleu-

MÉDICAMENTS EXCITANTS

ries à cause de l'amertume plus prononcée des premières. On en retire une huile essentielle qui entre, à la dose de plusieurs gouttes, dans certaines potions excitantes. L'infusion, préparation des plus usitées, se fait avec 16 à 32 grammes (une demi-once à 1 once) de la plante pour une pinte d'eau.

La poudre se prend depuis 8 à 16 grammes (2 gros à une demi-once). Le vin d'Absinthe est une des préparations les plus employées, surtout lorsqu'on veut obtenir un effet diurétique ou emménagogue, et c'est de vin blanc qu'on se sert alors. Il y a aussi une conserve et un extrait, une eau distillée, etc., qui s'administre depuis 4 jusqu'à 12 à 16 grammes (1 à plusieurs gros).

Il nous paraît superflu de consacrer un article particulier à l'Armoise (A?*temisia vulgaris), plante de la même famille et du même genre que la précédente. Elle a joui d'une immense réputation emménagogue, et de nos jours encore elle est très-fréquemment employée dans ce but. Toutes les indications particulières que l'Armoise est appelée à remplir seront étudiées lorsque, dans les médications excitantes spéciales, nous rencontrerons celle qui a pour objet la stimulation des fonctions catéméniaîes.

L'Absinthe maritime [Artemisia maritima), l'Absinthe pontique [A. pontica), l'aurone ou citronnelle (A. abrotanum), jouissent des mêmes propriétés que l'Absinthe officinale. La tanaisie {lanacetum vulgare) est surtout employée comme vermifuge.

A mesure que nous avançons dans l'exposition des agents excitants, nous les rencontrons de plus en plus purs, de moins en moins doués de propriétés spécifiques qu'on ne puisse rattacher à leurs vertus exclusivement stimulantes; c'est pourquoi désormais nous ne ferons, pour les agents qui vont suivre, qu'indiquer ce qui de leur histoire appartient à la Matière médicale, nous réservant, au chapitre de la Médication excitante générale, de développer leur influence thérapeutique commune. A quelques-uns seulement qui ont été utilisés dans des circonstances particulières, moins à titre d'excitants que d'agents spécifiques, nous consacrerons des articles thérapeutiques séparés.

GUACO. ËUPATOIRES.

On donne le nom générique de Guaco et de Huaco, dans l'Amérique Centrale, l'Amérique du Sud et aux Indes occidentales, à plusieurs plantes possédant des propriétés analogues et auxquelles les naturels du pays ont reconnu des propriétés très-précieuses, puisqu'elles consistent à prévenir et à guérir la morsure des serpents venimeux.

Mutis, de Santa-Fé, est le premier qui ait fait connaître les propriétés du Guaco ; et des faits très-remarquables ont été rapportés par MM. de

Page 1