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SERPENTAIRE DE VIRGINIE. ÉCORCE D'ORANGE

MATIÈRE MÉDICALE

L'Écorce de Winter, Cortex Winteri, est fournie par le Drymis Winteri, Forster (Winterena aromalica, Solander), arbre qui croît au Magellan et qui appartient à la famille des Magnoliacées, polyandrie polygynie de Linné.

Cette écorce est en morceaux roulés, longs d'un pied environ, épais de 2 à 3 livres, raclés à l'extérieur et d'un gris rougeâtre, présentant çà et là à la surface des taches rouges elliptiques, brunes et noirâtres à l'intérieur. Sa cassure est compacte, feuilletée; son odeur est forte, aromatique (odeur de basilic et de poivre mêlés); sa saveur est àcre et brûlante.

Analyse. M. Fleury a trouvé dans l'écorce de Winter de l'huile vo'atile, de la résine, un peu de matière extractive, du tannin et quelques sels.

Cette suhstance, peu employée maintenant, possède les méines propriétés toniques et stimulantes que la cannelle. On l'administre le plus ordinaTement en poudre et en tisane (2 à 4 grammes pour 500 grammes d'eau).

Nous citerons aussi, comme ayant les mêmes propriétés radicales, la badiane (anis éloilé, unis de la Chine), qui est le fruit de l'Ilticitivmanisatum, L., arbre exotique appartenant également à la famille des Magnoliacées. La capsule de la badiane analysée par Meisner, contient de l'huile volatile, une huile giasse, verte, très-âcre, une résine, du tannin, de la matière extractive, de la gomme, de l'acide benzoïque et quelques sels. C'est à l'huile essentielle et à l'huile grasse que la badiane doit ses qualités thérapeutiques; le mode d'administration de cette substance est le même que celui de l'écorce de Winter.

Le Malambo ou Mafias Bark est trèsestimé à la nouvelle Grenade son lieu de production, c'est l'écorce d'une plante inconnue qui paraît être un Drymis ou un Croton. C'est Bonpland qui l'a décrite le premier et le docteur Urequi l'a faite connaître. Bunpland la croit produite par un arbre voisin des (^usparia, mais M. Guibourt fait remarquer qu'elle a plus de rapport avec la Cannelle blanche et surtout avec le Paratudo.

La Muscade {Nux moschata) est le fruit du Myrislica aromalica, Lam.(i)/. Moschala, Thunberg), arbre des îles Moluqueset cultivé à l'île de France, à Bourbon, aux Antilles, et appartenant à la famille des Myristicées.

Le fruit du muscadier est un drupe py-

riforme, dans lequel on remarque trois parties distinctes : 1° une enveloppe ou brou, s'ouvrant lors de la maturité en deux valves charnues : 2° une deuxième enveloppe ou arille, partielle, laciniée, d'un beau rouge lorsqu'elle est récente, mais devenant jaune avec la dessiccation (c'est ce qu'on nomme vulgairement le macis); 3° une noix, offrant une coque mince, brune et fragile, qui recouvre une amande qui n'est autre chose que la Muscade du commerce. Cette amande est marbrée de rouge et de blanc intérieurement; sa surface est creusée de légers sillons.

On distingue dans le commerce deux espèces de Muscades : 1° la Muscade femelle ou M. cultivée, fournie par le Myrislica moschata : 2" la Muscade mâle, plus grosse, à macis non lacinié, fournie par le M. tomentosa, Thunberg. Dans la première espèce, le fruit est glabre ; dans la deuxième, il est cotonneux.

Les plus usitées en médecine sont principalement la noix-muscade et l'arille (arillose), ou macis Ces deux substances contiennent deux huiles, l'une volatile, l'autre fixe et solide; de plus de la gomme et de l'amidon (Henry).

D'après Bonastre, la Muscade mâle est composée de : stéarine, élaine, essence, fécule, gomme, acide.

D'après Henry, le macis contiendrait, outre l'essence, une huile ûxe jaune, une autre rouge, de la gomme et de l'amidon.

Beurre de Muscade.

(Oleum concretum seminis moschatae, Codex).

Pr, : Muscades, q. s.

Pilez les Muscades ou passez-les au moulin pour les réduire en poudre assez fine, exposez-les en cet état à l'action de la vapeurd'eau bouillantepourramollir les corps gras, puis exprimez-les entre des plaques de fer échauffées, laissez refroidir pour séparer l'humidité, faites fondre le beurre et filtrez dans un appareil échaulfé par l'eau bouillante.

Alcoolat de Muscades.

Pr. : Muscades concassées, l part.

Alcool à 80°, 8

Faites macérer pendant quelques jours et distillez à siccité.

La Muscade et le macis ne sont presque jamais employés isolément ; ils sont presque toujours associés à d'autres médicaments et

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