‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 10 sur 77 · I OC · texte numérisé non relu

I OC

CLASSE DES INFUSOIUES.

noyau et un nucléole, les deux individus de la première génération renfermant un nucléole et deux corps oviformes ou noyaux. Désormais, la reproduction se poursuit simplement par division transversale ii travers un très grand nombre de générations successives.

Pendant la conjugaison, Balbiani a vu souvent des capsules striées, provenant de la division de l'endoplastule, s'engager dans l'ouverture buccale. 11 voit là l'indice d'un échange de capsule entre les deux Paramécies conjuguées et il croit que c'est la capsule échangée entre les deux animaux qui persiste, alors que les trois autres se résorbenl, et qui, en se divisant, donne naissance au nucléole des quatre petites filles provenant des individus accouplés.

Les résultats essentiels de la conjugaison sont donc la disparition du noyau après fragmentation et son remplacement par un segment du nucléole primitif. Quelle est la signification physiologique de ce curieux phénomène? Engelmann et Biïtschli ne considèrent pas la conjugaison comme un mode particulier de reproduction : le premier y voit une réorganisation et un remaniement de l'individu, par suite delà reconstitution du noyau; pour le second, c'est un rajeunissement qui consiste principalement en un remplacement de l'ancien noyau par un nouveau. Balbiani l'interprète au contraire comme un phénomène sexuel, comme un véritable accouplement, dans lequel le nucléole jouerait le rôle d'organe mâle et le noyau celui d'organe femelle. A la suite de la conjugaison, l'aptitude des Infusoires à la fissiparité se trouve considérablement augmentée : c'est là la conséquence la plus remarquable de la conjugaison, comme l'aptitude de l'œuf à se segmenter est la conséquence de sa fécondation.

Nous devons signaler encore, dans l'ordre des Holotriches, un certain nombre de formes présentant un intérêt particulier. De ce nombre sont les Colpodes, qui sont à proprement parler les Pleuronectes des Infusoires : en effet, leur corps ovalaire est aplati latéralement ; les faces dorsale et ventrale se réduisent chacune à un bord tranchant. Ils nagent sur le côté et la bouche, en forme de fente, et située sur le bord ventral ; elle s'ouvre directement dans le parenchyme. La vésicule contractile est unique et placée au voisinage de l'anus.

Les Colpodes vivent dans l'eau de nos mares et de nos ruisseaux. Ils se multiplient activement par fissiparité; mais, chez eux, ce phénomène est remarquable en ce que, au préalable, chaque animal s'est renfermé dans un kyste, au sein duquel il se sépare en deux, quatre, huit, quelquefois même en seize fragments qui, après rupture de la membrane, forment seize individus nouveaux, jouissant d'une existence indépendante. La conjugaison s'accomplit encore à l'inté-

ORDRE DES I10LOTRICI1ES. *07 rieur d'un kyste : deux individus se réunissent dans une môme enveloppe pu* se fusionnent en une seule masse, qui finalement se fo,

%TcllZl's sont surtout remarquables par l'état de vie latent, dans lequel ils tombent, lorsque les conditions extérieures deviennent défavorables, par exemple quand la mare qui les renferme vient à se dessécher ; ils s'enkystent encore et peuvent garder ainsi leur vitalité pendant un temps très long. Balbiani a conservé en vie latente, pendant plus de sept ans, des Colpodes enkystés sur une lame de verre, à condition de les humecter tous les ans. Les kystes de conservation diffèrent des kystes de reproduction par l'épaisseur plus considérable de leur paroi et aussi parce que l'animal enkysté a complètement suspendu les battements de sa vésicule contractile. Les Colpodes nous offrent donc un intéressant exemple de reviviscence, comme on en peut constater encore chez certains Vers, tels que les Anguillules et les Rolifères.

C'est encore, un Hololriche, lchthyophthzrius multifiliis, qui vit dans la peau des Poissons d'eau douce et qui cause la mort des jeunes. Quand il a atteint son complet développement, il se détache et tombe au fond de l'eau; il est alors gros comme une Fig. 55. — Enkysteraient des Colleté d'épingle. A ce moment, il forme Podes- - a'6'c' ColPocles se d' des kystes très épais, à l'intérieur desquels il se multiplie par segmentation avec une telle activité que fréquemment un seul kyste renferme

jusqu'à mille individus jeunes. Ceux-ci, mis en liberté par rupture du kyste, s'attachent aux alevins et se nourrissent par endosmose aux dépens de leur hôte. L'anus et la bouche font défaut : cette dernière existait sans doute chez l'ancêtre libre, mais, par adaptation à la vie parasitaire, elle s'est transformée en une petite ventouse, munie de cils vibraliles, qui sert exclusivement à la fixation de l'Infusoire.

L'absence de la bouche, par suite du parasitisme, est encore plus accusée chez certains Holotriches endoparasites, tels que Haptophrya et Opalina. Les Haptophryes habitent l'intestin des Batraciens; elles n'avaient été signalées que chez les Batraciens d'Algérie, quand nous en avons découvert une espèce intéressante (H. (ritonis Certes), chez le Triton de nos pays.

visant à l'intérieur de leurs kystes; cl, Colpode sortant de son kyste; e, Colpode libre;/, Colpode enkysté.

Les Opalines se rencontrent également dans L'intestin des Batraciens ; elles sont assez grandes pour être visibles à l'œil nu. Ces InfJ soires, au corps aplati et à peu près elliptique, n'ont ni bouche ni anus, ni vésicule contractile, ni nucléole ou endoplaslule. En revanche, ils ont un grand nombre de noyaux, et ce nombre va en augmentant avec l'âge, par suite de divisions successives. Lors de la fissiparilé, ces noyaux se répartissent simplement , en quantité à peu près égale, entre les deux individus, sans s'étrangler ni subir aucune segmentation.

ORDRE DES IIÉTÉROTRICtlES

Les Infusoires de cet ordre ont le corps recouvert sur toute son étendue de cils locomoteurs très fins. La bouche est située au fond d'une dépression en entonnoir ou péristome, dont le bord est en, outre muni d'une rangée de cils longs et robustes qui servent à la préhension des aliments.

C'est à ce groupe qu'appartient le seul Infusoire qui ait été jusqu'à présent rencontré en parasite chez l'Homme.

Balantidium coli Slein, 1862.

Synonymie : Paramxcium coli Malmsten, 18ô7.

Ptagiotoma coli Claparède et Lachmann, 1858. Leueophrys coli Stein, 1860.

Holopliri/n coli Leuckart, 18G3.

Eu 1856, le professeur Malmsten, de Stockholm, fut appelé h donner ses soins à un homme de trente-huit ans qui, deux ans auparavant, avait survécu à une violente attaque de choléra, mais qui se plaignait depuis de troubles digestifs constants, s'accompagnant tantôt de constipation, tantôt de diarrhée. L'examen du rectum permit de constater, à un pouce environ au-dessus de l'anus, l'existence d'une petite plaie produisant un pus sanguinolent dans lequel nageaient des Infusoires en grande quantité (fi g. 56). L'ulcération guérit bientôt, mais les douleurs persistèrent, et on continua de rencontrer les parasites dans le mucus intestinal.

Le professeur Sven Lovén, chargé de l'examen du parasite, le rapporta avec doute au groupe des Holotriches et lui donna le nom de Paraoïxchim coli.

ORDRli DES HÉTÊR0T5Ï0HBS. 109 Peu de temps après, ce môme parasite fut retrouvé en grande masse chez une femme qui, depuis plusieurs années, souffrait d'une colite chronique et qu'épuisaient des selles sanguinolentes et purulentes. La malade vint à mourir. A l autopsie, on trouva dans le gros intestin un nombre considérable de petits abcès gangréneux. A partir de l'S iliaque, l'intestin etai rempli de pus fétide. Dans cette région, les parasites étaient rares, mais ils pullulaient sur toute la portion saine de la muqueuse du gros intestin, c'est-a-dire dans le cœcum et l'appel dice iléo-caîcal. On n'en trouvait pas trace dans l'intestin grêle ni dans l'estomac.

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