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COELENTÉRÉS PRIMORDIAUX

EMBRANCHEMENT DES ÈCtllNODERMES

CLASSE DES CRINOÏDES

Les Crinoïdes sont les plus anciens des Échinodermes; ils apparaissent dans les mers cambriennes et un groupe important, celui des Cyslidées, s'éleint déjà dans le carbonifère. Après avoir eu une période d'extraordinaire prospérilé durant la période secondaire,

Fig. 173. — Antedon rosaceus [Comatula mecliterranea), vu en dessous.

les Crinoïdes ont rapidement décliné dans les périodes suivantes ; leurs espèces sont devenues infiniment moins nombreuses et infiniment moins bien représentées.

Il en existe pourtant encore dans toutes les mers, des deux pôles à l'équaleur. La plupart vivent clans les plus grandes profondeurs; les

ORDRE DES STELLÉRIDES. 2*9 Bathycrines et les Hyocrines,par exemple, habitent des fonds de 1,800 à 4,o00 mètres, en compagnie de certaines espèces de Comatules. D'autres Comatules, au contraire, remontent sur nos côtes, à peu de distance des grèves que le reflux laisse à découvert, et demeurent souvent à sec pendant quelques heures, au moment des marées d'équiuoxe. L'espèce qui se trouve ainsi répandue dans nos mers est Antedon rosaccus Links (fig. 173).

Les Crinoïdes se divisent en trois ordres: 1° Eucrinoïdes ou Bruchiaires; 2° Cystidées; 3° Blastoides. Les espèces actuellement vivantes appartiennent à la première de ces divisions. Leur étude, intéressante au point de vue de l'anatomie comparée, est trop spéciale pour que nous nous y arrêtions.

CLASSE DES ASTÉRIDES

ORDRE DES STELLÉRIDES

On trouve en abondance sur nos côtes un animal eu forme d'étoile à cinq branches, d'un rouge violacé, brunâtre ou presque orangé sur la face supérieure ou dorsale, d'un blanc jaunâtre sur la face inférieure ou ventrale : c'est Asterias rubens L., que nous pouvons prendre pour type de l'ordre des Stellérides on Étoiles de mer.

Le corps de cet animal est composé d'une partie médiane, le disque, et de cinq rayons ou bras divergents, un peu renflés à leur origine. Il est de forme aplatie et, malgré son apparence rayonnée, offre une symétrie bilatérale des plus nettes. On remarque en effet, à la face supérieure ou aborale, une plaque impaire et excentrique, la plaque madrdporique (fig. 174 et 180, f), dont nous aurons à parler par la suite. Cette plaque est située dans l'un des angles formés par la réunion de deux bras: puisque le nombre de ces derniers est de cinq, elle est donc opposée à un bras. Celui-ci sera le bras antérieur, et les quatre autres bras se trouveront dès lors divisés en deux groupes égaux, dont l'un est situé à droite et l'aulreà gauche. La ligne OC (fig. 174) qui, partie du centre, passe par les bras, constitue le rayon; la ligne intermédiaire OD, qui passe par l'intervalle des bras, constitue Yinterrayon. Le plan de symétrie se trouve dès lors défini par la ligne AB, qui passe par le'rayon du bras antérieur et par l'interrayon postérieur, sur le trajet duquel est situé la plaque mudréporique.

Examinons maintenant notre Astérie par la face inférieure. Au centre se voit la bouche, située au fond d'une excavation pentagonalc. Les cinq bras sont creusés suivant leur longueur d'un profond

"2o0 CLASSE DES ASTÉRIDES.

sillon (flg. 178), dans lequel on remarque, de part et d'autre de la ligne médiane, deux rangées d'appendices délicals et contractiles capables de rentrer dans le corps ou au contraire de sortir au dehors : ce sont les ambulacres, i; le sillon qui les renferme prend le nom de gouttière ambulacraire ou d'avenue. Enfin, l'extrémité libre de chacun des rayons présente vers sa partie supérieure un petit corpuscule rouge (fig. 180, y), que l'on considère comme un œil. Nous venons de voir que, chez Asterias, les séries d'ambulacres

Fig. 174. — Schéma de l'organisation d'une Astérie, vue par la face dorsale. AB, plan de symétrie bilatérale : OA, OC, rayons ; OB, OD, interrayons ; b, estomac; f, plaque madréporique ; m, caecum hépatique; q, canal périanal ; r, anses qu'il forme; s, branches se rendant aux glandes génitales ; t, branches se rendant à l'estomac; u, glandes de Greeff; x, cavité générale; z, glande génitale.

sont au nombre de quatre ; il en est de môme chez Stichasler, Ariasterias, Calvasterias, Pycnopoclia et Heliaster. Mais toutes les autres Slellérides ont seulement deux rangées d'ambulacres (Brisinga,llyaster) Caulaster, Echinaster, Linckia, Goniaster, Asterina, Ptcraster, Astrupeclen, Archaater, etc.). On peut, d'après ce caractère, classer les Astéries etla division ainsi établie coïncideà peu près exactement avec celle que nous indiquerons par la suite comme basée sur la structure de la bouche.

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La coo&titution du tégument diffère notablement, suivant qu'on l'étudié à la face dorsale ou à la face ventrale ; elle varie également dans ses différentes parties. Examinons d'abord la face dorsale.

Elle est hérissée de mamelons ou d'épines (fig. 178, u), qui ne sont jamais articulés, mais font corps avec des plaques calcaires développées dans l'épaisseur du tégument. Ces plaques squelettiques , b, très variables d'aspect d'une espèce à l'autre, ont été étudiées avec grand soin par Viguier, qui a montré toute leur importance pour la classification. Elles laissent entre elles des lacunes ou méats, par lesquels font saillie des tubes en caecum, disséminés çà et là, communiquant avec la cavité générale du corps et appelés branchies dermiques, e, en raison du rôle respiratoire qu'on leur attribue. Le squeletle dermique des bras est plus parfait que celui du disque : les segments calcaires qui le constituent s'articulent entre eux, de façon à donner à l'Astérie une assez grande consistance et une certaine raideur. En dépit de cette rigidité, l'animal peut néanmoins plier ses bras ; son test représente en effet une sorte de cotte de mailles, dont la solidité n'est pas incompatible avec la flexibilité. En outre de la plaque madréporique, dont nous avons indiqué déjà la situation, la face supérieure offre en son centre l'orifice anal; mais celui-ci peut faire défaut (Astropecten, Ctenodisais, Luidia), et tel serait aussi le cas d'Asterias rubens, suivant Hoffmann ; on peut trouver, en revanche, des Astérides pourvues de plusieurs plaques madréporiques (Ophidiaster, Acanthaster).

Si maintenant nous passons à la face inférieure, les pièces calcaires du pourtour de la bouche se montrent dans l'épaisseur du tégument, réunies par des parties molles. Chacun des côtés de la gouttière ambulacraire est constitué par une file unique de plaques ambulacraires (fig. 176 et 178, a), qui laissent entre elles des pertuis par lesquels passent les ambulacres. En dehors de la gouttière, mais encore à la face orale, on peut en outre observer de chaque côté une plaque

Fig. 175. — Squelette du bras d'Echi/iastersepositus vu par la face ventrale, d'après Viguier; d, dent.

CLASSE DES ASTÉRIDES.

adambulacmire, ad, dont le bord externe s'unit aux plaques de la face dorsale.

La surface entière du corps est recouverte d'une cuticule, ciliée par places, notamment autour de la bouche, et surmontant un épitnelmm cylindrique, dont les cellules sont remplies de granulations pigmentaires auxquelles est due la couleur spéciale présentée par 1 Astérie.

On trouve encore sur toute la surface du corps, mais plus particulièrement au voisinage du sillon ambulacraire, des appendices de très petite taille connus sous le nom de pédicelluires (Kg. 178, d). Ce sont des sortes de pinces bivalves, de nature calcaire, mises en mouvement par des muscles spéciaux et supportées par un pédoncule qui s'attache directement sur la peau ; quelquefois le pédoncule fait défaut, et le pé- Fig. 176. — Coupe diceUaire est sessile (Pentagonasier). Les péditransversale d'un bras cellaires sont considérés comme des organes d'Echinasler seposi- de préhension: un corps étranger vient-il à

bulkcTaiS 'itpiSe ^ à leUr P°Hée' CeS PinCes minuscules le adambulacraire. D'à- saisiraient, puis se le transmettraient de proprès Viguier. che en proche, de manière à le porter vers

la bouche.

Le nombre des bras est habituellement de cinq, comme chez Asterias rubens, Pedicellaster, Cauîaster, Ilyaster, etc., mais il peut élre plus grand. C'est ainsi, par exemple, qu'Asterias polaris, A. boreatis et Solaster glacialis en ont 6, Solaster a f finis 7, Luidia 6 à 9, AsterinaS, Solaster endeca 9 à 11, Solaster furcifer 10, Brisinga 9 à 12, HymenodiscusAgassizi 12, Solaster papposus 12 à 14 (fig. 177), Acanthaster 11 à 21, Pycnopodia 20, Labidiasler radiosas .30 et plus, Heliaster 29 à 40.

Quand on a fendu le tégument d'une Astérie ou de tout autre Échinoderme, on tombe dans une cavité générale ou cœlôme (fig. 174 et 178, x), dans laquelle sont contenus les divers organes et qui, contrairement à la cavité gastro-vasculaire des Cœlentérés, est distincte tout à la fois de l'appareil digestif et de l'appareil circulatoire. Le cœlôme, que nous observons ici pour la première fois, différencie nettement les Échinodermes des Cœlentérés ; nous allons le retrouver désormais chez tous les animaux, sauf chez quelques types dégradés par le parasitisme.

Dans le cas particulier de l'Astérie, il est partout revêtu d'une délicate membrane épithéliale ciliée (fig. 178, f), sorte de péritoine qui s'infléchit autour de tous les organes ou qui, en s'accolant à luimême, leur constitue des ligaments fixateurs. Le cœlôme est rempli

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d'un liquide de môme nature que celui que nous allons bientôt reconnaître dans les appareils ambulacraire et circulatoire. Il envoie enfin, au travers du tégument, des sortes de caecums qui ne sont autre chose que les branchies dermiques, c, dont il a été déjà question.

La bouche, dépourvue d'appareil masticateur, est ronde, très contractile. Elle est percée au centre d'une membrane buccale, ciliée à sa surface et tendue dans un cadre solide dont la constitution varie. Suivant les cas, ce cadre, dont les pièces prennent le nom de dents (fig. 175, d), est formé de pièces ambulacruires ou de pièces adambu-

Fig. 177. — Solastev papposus.

lacraires modifiées: de là une importante division, mise en lumière par Viguier.

La bouche présente sur ses bords des papilles et des pédicellaires. Elle s'ouvre directement dans une large poche stomacale (fig. 174 et 180, b), tapissée intérieurement d'un épithélium vibratile. L'estomac émet par sa partie supérieure cinq caecums allongés, m, qui pénètrent dans la cavité des bras. Il se rétrécit alors pour se continuer par un rectum raccourci, c, qui débouche à la face supérieure du disque. L'anus est d'ordinaire plus ou moins excentrique, et s'ouvre au milieu des tubercules de la peau; nous avons vu qu'il pouvait manquer.

L'estomac peut se retourner en dehors à la volonté de l'animal. De

CLASSE DES ASTÉUIDKS.

celle manière, celui-ci digère, en quelque sorte à L'extérieur, les débris d'animaux donl il se nourrit. Les sucs digestifs, capables de transformer les albuminoïdes et les matières amylacées, sont fournis par les caecums radiaux ou sacs hépatiques. Ceux-ci, en pénétrant dans les bras, se divisent chacun en deux longs conduits auxquels sontappendus de petits diverticules glandulaires. Ils sont rattachés à la paroi supérieure du rayon par un double repli mésenlérique émanant de la membrane qui revêt la cavité du corps, à la façon d'un péritoine (fig. 178, s).

Fig. 178. — Coupe transversale schématique d'un bras d'Astérie. — a, pièce ambulacraire; ad, pièce adambulacraire; b, pièces calcaires de la surface aborale ; c, épithélium externe ; cl, pédicellaire bivalve; <?, branchie dermique ; f, épithélium limitant la cavité générale (péritoine) ; g, vésicule ambulacraire ; h, canal ambulacraire; i, arabulacre; k, canal infra-brachial; /, branche latérale du canal infra-brachial allant s'ouvrir librement dans la cavité générale; m, épithélium nerveux, d'après Lange ; n, épithélium nerveux, d'après Ludwig; o, canal nerveux; p, épithélium nerveux, d'après Hoffmann et d'après Perrier et Poirier; q, crecum hépatique; r, glande génitale ; s, mésentère ; t, mésoarium ; u, épine calcaire ; x, cavité générale.

Nous aurons achevé la description de l'appareil digestif, quand nous aurons signalé l'exislence de petits cœcums qui se développent dans les interrayons, sur le trajet du rectum (fig. 180, d). Leur nombre n'est pas constant : on en trouve deux chez Asterias rubens, cinq dans d'autres espèces; ils manquent assez ordinairement, quand l'anus est lui-môme absent. Leur rôle est encore inconnu ; on les a considérés comme des organes urinaires.

Le système aquifère ou ambulacraire, auquel Hoffmann donne le nom de système lymphatique, communique avec l'extérieur par l'intermédiaire de la plaque madréporique (fig. 180, f). Sur cette plaque

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prend naissance le canal hydropliore, g, appelé encore canal pierreux ou canal du sable. Situé dans le plan de l'interrayon postérieur, il présente à son origine une sorte de dilatation ampullairc ; il descend obliquement de la face dorsale à la face ventrale, en se recourbant plus ou moins en S. Dans ses parois s'est déposé un squelette qui lui a valu son nom, et qui est constitué par 50 à 60 petits anneaux calcaires. Il existe parfois plusieurs canaux bydrophores, ayant chacun sa plaque madréporique interradiale (Acanthaskr, Ophidiaster).

Le canal hydropliore aboutit à un anneau vasculaire circumbuccal, h, situé en dehors du test, immédiatement au-dessous de l'articulation médiane des plaques ambulacraires, mais audessus de la membrane buccale. L'anneau vasculaire présente d'ordinaire, dans le plan des interrayons, cinq vésicules de Poli, ampoules contractiles dont l'action, jointe à celle des cils vibraliles qui tapissent le système aquilere dans toute son étendue, a pour but de mettre en mouvement le liquide contenu dans ce système. Les vésicules de Poli existent chez la plupart des Astérides (Sol'aster , Astro- ■pecien). Elles manquent parfois Pteraster, Aslerias rubens) et sont alors remplacées par cinq paires d'appendices sphériques,appelés corpuscules de Tiedemann et de structure glandulaire. D'après Hoffmann, les corpuscules de Tiedemann seraient les centres de production des éléments cellulaires qui nagent dans le liquide du système aquifère. En même temps qu'il donne aux ambulacres la turgescence qui leur est indispensable, ce liquide sert sans doute à la respiration : on est du moins en droit de le conclure d'une observation de Foettinger, qui y arenconlré, chez une Ophiure, Ophiactis virens, des globules teintés en rouge par l'hémoglobine.

L'anneau vasculaire donne encore naissance à cinq tubes radiaires (fig. 178, /t;fig. 180, i), qui cheminent tout le long des bras, cachés chacun au fond d'un sillon ambulacraire, à l'extrémité duquel ils se

Fig. 179. — Schéma de l'appareil aquifère des Astéries. — r, canal ambulacraire avec ses expansions vésiculeuses latérales, a ; p, pieds ambulacraires. P, vésicules de Poli ; m, plaque madréporique avec le canal hydropliore.

?»° CLASSE DES ASTÉRIDES.

terminent en cul-de-sac. Ces canaux ambulacraires communiquent, au moyen de branches latérales traversant le test, avec des vésicules ambulacraires contractiles (fig. 178, g; 8g. 180, *), qu'il est aisé d'observer, après avoir fendu le bras suivant sa longueur, par la face dorsale, et après avoir déplacé ou enlevé les coecums hépatiques et les glandes génitales : ces vésicules se montrent alors appliquées contre les plaques ambulacraires et disposées sur deux rangées de chaque côté de la ligne médiane; elles alternent régulièrement d'une rangée à l'autre. Chaque vésicule est en communication directe avec un tube ou pied ambulacraire (fig. 178, i; fig. 180, l), sorte d'expansion éreclile, terminée en cul-de-sac et capable de faire saillie au dehors ou de se rétracter à l'intérieur du corps, au gré de l'animal ; dans

Fig. 180. — Coupe verticale schématique d'une Astérie, passant à droite par le rayon, à gauche par l'interrayon. — a, bouche; b, estomac; e, rectum ; d, cœcum rectal; e, anus; f, plaque madréporique ; g, canal hydrophore ; h, anneau ambulacraire; i, canal ambulacraire; k, vésicule ambulacraire; /, ambulacre; m, caecum hépatique ; n, canal fusiforme et glande de Jourdain ; o, anneau circulatoire; p, canal infra-brachial; g, anneau péri-anal; r, anses qu'il forme ; s, branches se rendant aux glandes génitales; t, branches se rendant à l'estomac; u, glande de Greefï; r, anneau uerveux ; x, nerf radiaire ; y, œil; z, glande génitale.

ce but sont ménagés entre les plaques ambulacraires des espaces par lesquels s'insinuent les ambulacres. Ces appendices en cœcum sont distendus et rendus lurgides par le jeu des vésicules placées à leur base ; ils se fixent par leur extrémité libre, disposée en ventouse, puis, venant à se contracter, entraînent à leur suite le corps de l'Astérie ; ils jouent ainsi le rôle d'organes locomoteurs.

En môme temps qu'ils servent à la locomotion, les ambulacres sont de délicats organes du toucher. Mais cette fonction semble être plus particulièrement dévolue à des ambulacres tentaculiformes, disposés en petit nombre à l'extrémité des bras et revêtus d'un épithélium dont les cellules en bâtonnet présentent les caractères d'un épithélium sensoriel.

L'appareil circulatoire se compose essentiellement de deux an-

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eaux, l'un dorsal, l'autre ventral, réunis l'un à l'autre par un canal ertical.

L'anneau dorsal (fig. 174, et 180, q) circonscrit presque tout le isque, en englobant l'anus, mais non la plaque madréporique. Dans e plan des inlerrayons, il est interrompu par cinq anses, r, à conexité dirigée vers l'intérieur et, des points où chacune de ces anses e rattache à l'anneau dorsal, on voit un vaisseau, s, se diriger vers 'extérieur et se rendre à la glande génitale correspondante, z. L'anse ostérieure est plus profondément infléchie et contourne la plaque adréporique, qui reste en dehors de l'anneau. A cette môme anse ont suspendues en dedans les deux glandes de Greeff, u, organes ulsatiles qui débouchent dans l'anneau dorsal au point môme où 'en sépare le canal fusiforme, n.

Ce dernier n'est autre chose que le canal vertical qui réunit l'anneau dorsal à l'anneau ventral. 11 est intimement uni au tube hydrophore, à la droite duquel il est situé, et renferme dans son intérieur la glande de Jourdain, organe que Tiedemann, et, à sa suite, un grand nombre d'anatomisles ont décrit comme un cœur. Ce canal, suivant Hoffmann, déboucherait au dehors par la plaque madréporique ; suivant Jourdain, il s'ouvrirait également en bas, sur le plancher buccal par un très petit oriûce destiné à livrer passage aux produits sexuels.

L:anneau ventral ou circumbuccal (fig. 180, o) est situé au-dessous de l'anneau ambulacraire ; comme ce dernier, il a la forme d'un pentagone dont les angles répondent aux rayons. De chacun de ces angles part un vaisseau radiaire, qui se place dans le fond du sillon ambulacraire et qu'on peut suivre jusqu'à l'extrémité du bras; c'est le vaisseau in frabrachial (fig. 178, 7c; fig. 180, p). De bonne heure, il perd ses parois propres et n'est plus délimité que par le tissu ambiant. "Ce vaisseau émet latéralement un grand nombre de branches transversales (fig. 178, /), qui s'avancent jusqu'au bord de la gouttière ambulacraire; arrivées là, elles se bifurquent et, d'une paire à l'autre, deux rameaux se rapprochent pour pénétrer de concert dans un trou situé entre les deux pièces ambulacraires et les pièces adambulacraires voisines: pendant leur trajet à l'intérieur de ce trou, les deux rameaux se réunissent en un tronc commun, qui s'ouvre directement dans la cavité générale.

L'anneau ambulacraire et l'anneau vasculaire circumbuccal sont séparés l'un de l'autre par un troisième anneau pentagonal, dénature conjonctive. Celui-ci, par chacun de ses angles, envoie dans la gouttière ambulacraire un prolongement qui se poursuit jusqu'au bout des rayons et qui ne tarde pas à se déboubler en deux feuillets, dont l'un s'étend transversalement au-dessous du canal ambula- Blanc itARD. — Zool. méd. 17

~°8 CLASSE DES ASTÉRIDES.

craii-e, tandis que l'autre, disposé verticalement, comprend le vaisseau infra-brachial dans son épaisseur et divise en deux moitiés la cavité connue sous le nom de canal nerveux (fig. 178, o)

Le système nerveux se compose également d'un collier circumbuccal, de forme penlagonale et situé superficiellement, au-dessous de l'anneau vasculaire (fig. 180, v). De chacun des angles de ce pentagone se détache un filet nerveux qui vient se placer dans l'axe de la gouttière ambulacraire, à la surface de laquelle il se présente sous l'aspect d'un bourrelet médian (fig. 178, m, n, p). Le nerf radiaire se prolonge jusqu'à l'extrémité du rayon et aboutit à l'œil et aux ambulacres palpiformes que nous avons reconnus déjà à sa face inférieure.

L'œil des Astéries (fig. 180, y) a été découvert par Ehrenberg. 11 se présente sous l'aspect d'une tache pigmentaire rouge, cachée audessous des palpes et enchâssée dans une rainure que présente inférieurement la plaque ocellaire, pièce impaire, située dans l'axe même du bras et parfois remarquable par ses grandes dimensions (Astropecten, Ctenodicus, Luidia). Cet œil est supporté par un court pédoncule et se compose de 80 à 200 yeux simples coniques, que recouvre une cornée commune. Chacun de ceux-ci est formé d'une lentille réfringente surmontant des petits bâtonnets qui sont sans doute en rapport avec les nerfs ; il est séparé de son voisin par une cloison cel~ lulaire infiltrée de pigment rouge. Il n'est pas douteux que ce ne soit là un appareil visuel : l'Astérie est attirée par la lumière, mais y reste indifférente quand on lui a extirpé l'œil.

Les Slellérides, comme la grande majorité des Échinodermes, ont les sexes séparés, mais aucun caractère extérieur ne permet de distinguer les mâles des femelles et souvent même la nature de la glande génitale est difficile à déterminer sans le secours du microscope. Ed. van Beneden a noté que, chez Asterias, l'ovaire est jaunâtre ou d'un brun pâle, alors que le testicule est d'un blanc de lait; de plus, les lobules ovariens sont plus courts et plus arrondis que ceux du testicule.

Les glandes génitales sont au nombre de dix; chacune d'elles est appendue à l'un des canaux divergents que nous avons vus se séparer des anses de l'anneau vasculaire dorsal. On doit les considérer théoriquement comme formées de cinq groupes interradiaux, qui se bifurquent bientôt et dont chaque branche s'insinue dans la cavité du bras correspondant; un groupe génital se trouve donc à cheval sur deux bras.

Hoffmann croit que les vaisseaux sanguins sont chargés d'évacuer les produits de la génération. Jourdain va plus loin et dit que les œufs ouïes spermatozoïdes, déversés dans l'anneau dorsal, puis dans

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le canal fusiforme, sortent de ce dernier par l'orifice qu'il présenterait au niveau du plancher buccal. Ces faits méritent confirmation; en tout cas, ils sont en complet désaccord avec les observations de H. Ludwig. Suivant cet auteur, le canal auquel est appendue la glande génitale n'est pas le canal excréteur de celle-ci, mais bien un sinus sanguin, à l'intérieur duquel se trouve le véritable canal excréteur. Ce dernier canal s'unit à son congénère, au point môme où il rejoint les plaques criblées, pièces calcaires situées dans l'interrayon, au bout du disque, et percées de petits pores par lesquels sortent les produits sexuels.

La fécondation est extérieure et abandonnée au hasard. L'œuf,

Fig. 181. — Diagrammes représentant diverses formes de larves d'Astérides, d'après J. Miïller. A, iî, C, Bipinnaria. D, Brachiolaria. — an, anus; m, bouche. Les lignes noires représentent les bandes ciliées et les parties ombrées l'espace intermédiaire aux bandes préorale et post-orale.

entouré d'une membrane vitelline, produit une gastrula invaginée. De celle-ci dérive une larve d'aspect singulier, connue sous le nom de Bipinnaria (fig. 181, A, B, C), caractérisée par la présence d'appendices brachiaux et de deux bandes ciliées, l'une préorale, l'autre post-orale. La Bipinnaria se transforme en Astérie, grâce à des métamorphoses des plus compliquées, mais il n'est pas rare de la voir auparavant acquérir trois nouveaux bras, sans rapports avec les bandes ciliées et couverts de papilles : elle passe ainsi à l'état de Brachiolaria (fig. 181, D).

Certaines Astéries présentent des mutilations volontaires qui constituent à proprement parler un mode de reproduction asexuelle. Des Asterias, tels que A. tenuispina, qui possèdent deux plaques madré-

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poriques et plus de cinq bras, sont capables de se diviser spontanément, mais c'est surtout chez Linckia Ehrenbergi et L. Gufbtingi que s'observe ce phénomène. Par une sorle d'amputation spontanée, l'Astérie va détacher l'un de ses bras et ne tardera pas à se reconstituer de toutes pièces un bras nouveau qui, rapidement, acquerra la taille du premier. Le bras ainsi isolé ne mourra pas, mais bourgeonnera par sa surface de section, et petit à petit on verra se développer sur lui le disque et tous les autres bras d'un nouvel animal Haeckel considère même ce phénomène comme un mode normal de reproduction, qui interviendrait à des époques déterminées; il signale Asterias glacialis, parmi les animaux de nos pays, comme le présentant fréquemment. Les Slellérides jouissent donc à un haut degré de la faculté de rédintégration, c'est-à-dire de la possibilité de reproduire les parties détruites et de reconstituer l'intégralité de l'organisme.

Certaines Astéries, comme Asterias rubens et Solas/er papposus, sont considérées comme des animaux vénéneux ; elles ont la réputation de donner aux Huîtres et aux Moules des propriétés toxiques, en déposant leur frai dans la coquille de ces Mollusques; il est plus vraisemblable que les accidents qu'on a -pu observer étaient dus à ces derniers eux-mêmes, ainsi que nous aurons l'occasion de le voir par la suite.

Il n'en est pas moins vrai que les Astéries peuvent renfermer des substances toxiques, sans doute du groupe de ptomaïnes, comme cela semble ressortir des expériences de Parker. Un Solaste?' papposus est donné en pâture à deux Chats, l'un parvenu à la moitié de sacroissance, l'autre adulte. Au bout de dix minutes, le plus petit est très malade et meurt en moins d'un quart d'heure. Bientôt après, l'autre commence à crier piteusement et présente des signes certains de malaise; il est bientôt incapable de marcher ou de se tenir debout et meurt dans de violentes convulsions, environ deux heures après avoir mangé l'Astérie. A l'autopsie, on ne trouve pas trace d'irritation stomacale.

Les Astérides présentent de notables affinités avec les Crinoïdes, qui sont les plus anciens de tous les Échinodermes. Certaines Cystidées, comme Agelucrinus et Edrioaster, sont des Crinoïdes à caractères d'Astérides ; nous connaissons de môme des Astérides qui se rapprochent des Crinoïdes par d'importants caractères.

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