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ORDRE DES CLYPÉASTR1DES

teusfig. 195 et 190), qui ne diffère de celui des Ophiures que par des caractères secondaires. Phdeus se transformera finalement en un animal adulte, en subissant des métamorphoses compliquées (8g. 197), dont la connaissance exacte est due à J. Millier.

Au temps de Lemery, on administrait les Oursins à l'extérieur et à l'intérieur; on les considérait comme « apéritifs, détersifs, incisifs, digestifs, résolutifs, propres pour nettoyer les vieux ulcères ». Aujourd'hui, on ne croit plus guère à leurs vertus curatives, mais, dans certaines contrées, ils entrent pour une part assez importante dans l'alimentation; en France, par exemple, on les mange très communément sur tout le littoral méditerranéen; à Naples, on les sert sous le nom de frutti di mare. Les glandes génitales sont seules comestibles et se mangent crues; il est donc prudent de ne faire usage de ce mets, d'ailleurs agréable, qu'à l'époque où ces glandes sont au repos, c'est-à-dire de septembre à

avril; en toute autre saison, l'on court le risque de s'intoxiquer, par suite de la production plus active de la plomaïne dont Mourson et SchUigdenhauffen ont reconnu l'existence.

Fi g. 197. — Pluteus se transformant en Éclnnoderme, d'après J. Millier. — g, pédicellaires ; x ambulacres ; y, tentacules.

ORDRE DES CLYPEASTRIDES

Les Clyspéaslrides constituent un premier groupe d'Oursins irréguliers. Leur test, aplati en forme de bouclier, présente, au centre de sa face inférieure, une bouche armée d'un appareil dentaire qui diffère notablement de la lanterne d'Arislote des Oursins réguliers. Le test possède en oulre des prolongements internes, en forme de piliers ou de lamelles, qui réunissent l'une à l'autre les faces ventrale et dorsale. La plaque madréporique est située au centre de cette dernière et est entourée de pores génitaux, ordinairement au nombre

280 CLASSE DES ÉCI1INIDES.

de cinq ; mais l'anus a pris une position excentrique: il est déjelé en

arrière, au point de devenir marginal ou môme inframarginal.

La est est presque entièrement constitué par des assules interambulacraires, portant un grand nombre de petits radioles, ordinairement inclinés. Les plaques ambulacraires sont localisées a la

Fig. 198. — Echinarachnius par ma.

l'ace dorsale, où elles se disposent en une rosace à cinq pétales (fig. 198).

Les Clypéastrides ont commencé à apparaître dans le trias (Pygaster), mais ont été surtout abondants à l'époque tertiaire. Ils ne sont plus représentés dans nos mers que par un petit nombre de formes (Echinocyamus, Fibularia, Clypeaster, Laganum, Dendraster, Ectrinarachnius, Arachnoïdes), dont l'anatomie est très imparfaitement connue.

ORDRE DES SPATANGIDES

Ce troisième ordre renferme des Oursins irréguliers dont le lest est allongé, plus ou moins cordiforme. Comme chez les Clypéastrides, les aires ambulacraires sonldisposées en une rosace à quatre pétales qui occupe la face supérieure. L'anus est encore déjeté à la face inférieure, dans l'interrayon postérieur; la bouche est encore ventrale, mais elle a quitté le centre et s'est avancée dans le rayon antérieur.

ORDRE DES SPATANGIDES. 281 La plaque madréporique est apicale ; autour d'elle se voient au plus quatre pores génitaux .

Le test porte des piquants petits, minces et semblables à des soies. . 11 est en outre parcouru de bandes sur lesquelles les radioles font défaut et qui ont été appelées sémites par Philippi et fascioles par Agassiz. Les fascioles s'observent chez tous les Spatangides actuels, mais se comportent différemment d'un genre à l'autre, en sorte que leur élude a pu fournir de bons caractères de classification. Elles sont occupées par des clavules, sortes de soies en forme de massue et qui, comme les pédicellaires, proviennent sans doute d'une transformation des radioles. Ces clavules sont formées d'une tige calcaire, renflée à son extrémité, tantôt articulée, tantôt directement fixée sur le test; elles sont tapissées d'un épithélium vibralile délicat; le rôle qu'elles jouent est encore inconnu.

Les pédicellaires sont abondants à la surface du corps des Spatangides. Kœbler en a découvert une forme tédradactyle, c'est-à-dire à quatre mors, qui semble être propre au genre Schizaster.

Par sa face interne, le test émet des appendices calcaires qui font saillie dans la cavité générale et sur lesquelles viennent s'insérer les replis mésentéiïques.

La bouche, qu'entourent deux lèvres, l'une antérieure, l'autre postérieure, se montre tout d'abord au centre de la face ventrale, ainsi que l'a vu Lovén, et devient excentrique avec l'âge. Elle est totalement dépourvue d'appareil masticateur. Le tube digestif est construit sur le même plan que celui des Oursins réguliers, mais l'intestin débute par une dilatation considérable.

Les glandes génitales sont au nombre de quatre : celle qui occupe l'inlerrayon postérieur droit disparaît et sa place est prise par l'anus. Chez Brissus, la glande antérieure gauche fait également défaut; enfin, chez Schizaster, l'atrophie porte tout à la fois sur les deux glandes déjà nommées et sur celle de l'inlerrayon postérieur gauche. Philippi, en 1845, a signalé le fait que Hemiaster cavernosus est vivipare, observation qu'Ai. Agassiz a récemment confirmée. Anochanus sinensis est également vivipare.

Un assez grand nombre de Spatangides sont encore vivants à l'heure actuelle. D'ordinaire ils s'enfouissent complètement dans la vase. Les genres Spatangus, Echinocardium, Schizaster, Brissopsis et Brissus sont représentés sur nos côtes.

Les Paléchinides, c'est-à-dire les Echinides qui se montrèrent les premiers à la surface du globe, diffèrent considérablement des formes actuelles. En revanche, certains d'entre eux présentent des caractères ambigus qui les rapprochent des Crinoïdes; de ce nombre

sont Cytiocidaris Zittel (Echinocystites Wyv. Thom.) et Bothriocidaris, fossiles du silurien inférieur, que l'on doit considérer comme étroitement apparentés aux Gystidées. Pendant tout le cours delà période primaire, les l'aléchinides subissentdes différenciations et des modifications graduelles qui aboutissent, dès le début de l'époque secondaire, à l'apparition des Échinides vrais et à la constitution du type Cidaris, autour duquel se groupent naturellement les Oursins réguliers.

La phylogénie des Clypéastrides est facile à établir : les Galéritides (Echinoconus, Discoidea, Pygaster), du terrain crétacé, les relient directement aux Cidarides. C'est encore à ceux-ci que se rattachent les Spatangides, par l'intermédiaire des Collyritides (Dysaster) et des Echinocorydes (Holaster).

Les Cystidées ont donc été le point de départ des Paléchinides. Ceux-ci, en modifiant peu à peu leurs caractères, ont fini par constituer le type Cidaris ou du moins un type voisin, et c'est de ce dernier que sont dérivées les trois formes principales d'Oursins actuels. La bouche et l'anus étaient donc primitivement centraux; leur position excentrique n'est que secondaire, comme suffiraient du reste à le prouver les observations de Lovén chez les Spatangides. De môme, la disparition de l'appareil masticateur et la réduction des aires ambulacraires à de simples rosettes se sont faites graduellement.

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CLASSE DES I10L0THUU1DIÏS.

CLASSE DES HOLOTHURIDES

Les Échîaodewnes de celle classe sont répandas dans toutes les mers; par exemple, la Méditerranée renferme en abondance Holothuria adnuosa (flg. 109), que nonspouvons considérer comme le type

Fig. 190. — Holothurie tubulosa.

du groupe. Cet animal, long de 15 à 20 centimètres, esta peu près cylindrique et arrondi à ses extrémités. Son corps aplati ne présente pas la moindre trace de symétrie radiaire, mais, comme celui des Vers, a une symétrie bilatérale. Ses téguments ne forment point un lest calcaire solide, mais constituent une enveloppe résistante et coriace, dans l'épaisseur de laquelle se monlrent, disséminées ça et là, des incrustations de carbonate de chaux, ressemblant à des ancres, à des roues, à des hameçons (fig.

200). A l'exlrémité antérieure du corps se voit la bouche, orifice arrondi, en arrière duquel se trouve un anneau complet, formé de dix plaques calcaires qui constituent un squelette interne (fig. 201, k), analogue aux auricules des Oursins.

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