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GLASSE DES ÉCIIIN1DES

Les phénomènes de reproduction asexuelle, par mutilation spontanée, sont ici plus actifs que chez les Slellérides. Ils constituent, à proprement parler, des faits normaux chez bon nombre d'Ophiures.

Fig. 184. — Pluleus paradoxus, larve d'Ophiolepis ciliata, d'après J. Millier. A, bras latéraux; B, bras inférieurs; C, bras antérieurs; D, bras postérieurs; a, bouche; a', œsophage; b, estomac; c, corps granuleux; d, petits ciecums, premier indice du développement de 1 Étoile ; e, frange ciliée; /, tiges calcaires du squelette ; g, bourrelet cilié de l'extrémité supérieure ; x, noyaux et filets nerveux.

telles que Ophîocoma Valenciennei, 0. pumila, Ophiothela isidicola, Ophiactis Saviguyi, 0. sexradia, 0. virescens, 0. Krebsi, 0. Mûlleri, 0. virais.

M. Chr. Apostolidès, Anatomie et développement des Ophiures. Archives de zool. expérimentale, X, 1881.

CLASSE DES ËCH1NIDES

Nous prendrons comme type des Echinides réguliers l'Oursin livide, Strongyloccntrotus (Toxopneustes) lividus, très abondant sur nos côtes.

Pour se rendre compte de la formé et de la structure du corps de cet animal, il est bon d'arracher les piquants qui en hérissent la surface entière (fig. 185); il se présente alors sous l'aspect d'une sphère aplatie dans le sens de sa hauteur et dont le plus court diamètre, ou diamètre vertical correspond à l'axe du corps. Comme chez l'Astérie, la bouche est située au pôle inférieur, tandis que l'anus occupe le pôle supérieur.

Le corps est limité par un test dur et résistant, non compressible, et formé de pièces distinctes, hexagonales, solidement enchâssées les unes dans les autres à la façon des lames d'un parquet. Ces plaques calcaires ou assules sont disposées en vingt rangées méridiennes, interrompues seulement au voisinage des deux pôles. Elles

Fig. 185. — Test d'Oursin dont une moitié est dépourvue de ses piquants.

sont de deux sortes: les unes, percées de fins pertuis par lesquels passent des ambulacres analogues à ceux des Astéries, sont les plaques umbulncraires; les autres, dépourvues de pores, sont les plaques anambalacraires ou interambulacraires. Les vingt rangées méridiennes d'assules se disposent par paires et alternent avec une grande régularité ; chaque double rangée de plaques ambulacraires correspond à un rayon (fig. 186, a); chaque double rangée de plaques interambulacraires correspond à un interrayon, i. De môme que chez les Astéries, les rayons sont parcourus par les vaisseaux ambulacraires et sanguins et par un filet nerveux, les interrayons étant occupés parles glandes génitales.

Au pôle inférieur ou oral, les dix rangées doubles d'assules s arrêtent a quelque dislance du centre et circonscrivent un espace

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pentagonal, que ferme normalementune membrane au centre laquelle est creusée la bouche. Les deux dernières plaques de chaque rayon portent sur leur bord libre un appendice calcaire qui se dresse à l'intérieur du test et qui, en s'unissant à son congénère, constitue une sorte d'arc appelé auricule (fig. 190, au). Les cinq auricules sont séparés les unes des autres par les interrayons.

A la face supérieure, les rangées méridiennes d'assules s'arrêtent encore à quelque distance du pôle, mais celui-ci est comblé par des productions calcaires. Chez les jeunes Oursins, on ne trouve qu'une seule pièce, la plaque centrale, à l'un des bords de laquelle

se montre l'anus. Par la suite, il se produit au pourtour de la plaque centrale un nombre variable de plaques plus petites, au milieu desquelles aboutit l'intestin et parmi lesquelles la plaque primitive est toujours reconnaissable à ses plus grandes dimensions.

Cet amas arrondi de plaquettes, ou aire apicale, est enserré par la terminaison supérieure des rangées méridiennes d'assules, et plus spécialement par des plaques particulières,disposées sur deux zones, dont chacune correspond respectivement aux rayons ou aux interrayons. Chacune des doubles rangées de plaques interambulacraires aboutit à une grande plaque génitale ou apicale, de forme irrégulièrement pentagonale et présentant vers son sommet externe] un pore génital (fig. 186, g) ; les cinq plaques génitales sont conliguës et forment un cercle ininterrompu. Chacune des doubles rangées de plaques ambulacraires aboutit, de son côté, à une petite plaque ocellairc ou intergénitale, ig, à la surface de laquelle on avait cru reconnaître un ocelle semblable à celui qui termine le bras des Astéries; les cinq plaques ocellaires sont séparées les unes des autres et disposées en un cycle plus extérieur. L'ensemble des plaques génitales et des plaques ocellaires a reçu le nom de pèriprocte. L'une des plaques génitales, m, légèrementplus grande queles autres,

attire encore l'attention par son aspect criblé : on la dirait percée d'un nombre considérable de petits trous. C'est la plaque madréporique.

Fig. 18G. — Pôle apical du test de Strongylocentrotas lividus. — a, aires ambulacraires ; g, plaques génitales; i, aires interambulacraires ; ig, plaques intergénitales ; m, plaque madréporique ; x, ouverture anale. Les tubérosités des plaques n'ont été figurées que sur une aire interambulacraire et sur une aire ambulacraire ; sur celleci, les pores ont aussi été indiqués.

De loutce qui précède, on pourrait conclure à la parfaite symétrie radiaire (quinaire) du corps de l'Oursin ; mais la situation de la plaque madréporique, à laquelle aboutit un canal hydrophore constamment unique, nous force à reconnaître une symétrie bilatérale. Le plan de symétrie passe par l'interrayon qui se termine à la plaque madréporique (interrayon impair ou postérieur) et par le rayon qui lui est diamétralement opposé (rayon impair ou antérieur) (i). Dès lors, on peut reconnaître dans un Oursin une face antérieure, constituée par une aire ambulacraire opposée à la plaque madréporique et suivant laquelle l'animal progresse le plus habituellement, une face postérieure, correspondantàla plaque madréporique, et deux faces latérales, dont chacune renferme deux aires ambulacraires et deux aires interambulacraires.

Le test n'est pas directement superficiel, mais est recouvert d'un périsome, couche conjonctive peu épaisse, au sein de laquelle sont des amas pigmentaires qui donnent à l'animal sa teinte caractéristique. Le périsome est tapissé d'un épithélium vibratile et se continue sur la plupart des appendices du test.

Ces appendices sont de nature diverse. Les plus importants sont les piquants ou radiales, sortes de bâtonnets calcaires dont la forme, constante dans une même espèce, varie au contraire d'une espèce à l'autre, en sorte qu'on a pu leur attribuer une grande valeur dans les classifications. Ils s'articulent sur des mamelons que présente la luce externe du test, aussi bien sur les plaques ambulacraires que sur les plaques interambulacraires; il est exceptionnel (Arbacia, Podocidaris) de voir les mamelons faire défaut et les radioles s'insérer directement sur le test. Ceux-ci sont entourés à leur base d'une épaisse couche musculo -conjonctive qui, tout en les fixant solidement, leur permet une assez grande mobilité.

les pédicellaires ne sont que des radioles modifiés, comme Agassiz l'a démontré. On les observe exclusivement dans les aires ambulatoires, et ils sont particulièrement nombreux autour de la bouche. On en peut distinguer plusieurs sortes. Quelle que soit leur forme, ils sont toujours constitués essentiellement par un pédoncule calcaire ou hampe, qui s'articule sur un très petit mamelon du lest, et une pince, ordinairement à trois mors (fig. 187); ceux-ci sont pourvus de muscles spéciaux, chargés de les mouvoir. Fœtlinger a fait connaître récemment chez Sphœrechinus granularis, puis chez d'autres Oursins, une variété de pédicellaires dont la hampe présente, à une

(1) Lovén avait aussi reconnu chez les Oursins une symétrie bilatérale ; nous ne pouvons discuter ici son opinion, qui est peu admissible. Disons scuement que notre rayon impair correspond à son rayon V et notre interrayon impair h son iutcrrayon 2.

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certaine hauteur, trois sacs glandulaires alternes avec les trois valves de la pince et venant déboucher au dehors par un pelit orifice situé au sommet de celles-ci.

On admet généralement que les pédicellaires ont pour fonction de saisir les particules alimentaires et de les amener jusqu'à la bouche. Agassiz les croit plutôt destinés à saisir, pour les rejeter dans l'eau, les matières expulsées par l'anus et tombées sur le périprocle. Kœhler a reconnu la réalité de ce phénomène, mais il faut admettre aussi que les pédicellaires servent à la locomotion, en saisissanl, jusqu'à ce que les ambulacres aient eu le temps de s'y fixer.les aspérités que présentent les surfaces le long desquelles grimpe l'Oursin, l.oven a décrit sous le nom de sphêridies, de petits corps sphériques s'arliculant sur un mamelon du test par un très court pédoncule calcaire. Le corps globuleux est en grande partie formé d'une subslance vitreuse très dure, disposée par minces couches concentriques ; il est recouvert d'une mince couche conjonctive et d'un épithélium vibratile. Les sphêridies sont sans doute encore des piquants modifiés. Elles ne se rencontrent que dans les aires ambulacraires, le plus ordinairement tout près de la suture des plaques ; elles sont aussi très abondantes autour de la bouche. Arbacia ne possède, dans chaque aire ambulacraire, qu'une seule sphéridie, placée dans une petite fossette, tout près du bord du péristome ; Cidaris en est totalement dépourvu. Lovén rattachait les sphêridies aux organes des sens et les croyait destinées à apprécier la nature du milieu ambiant, comme le feraient des organes du goût ou de l'odorat ; leur rôle est encore inconnu.

En brisant le test d'un Oursin, on tombe dans un cœlôme(fig. 190, à l'intérieur duquel sont renfermés les principaux organes. Ce

Fig. li>7. — Pédicellaire do Leiocida- )-is Stokesi, d'après Edm. Perrier.

cœlôme est tapissé de toutes parts, ainsi que les organes qui y sont contenus, par une membrane péritonéale vibratile. Il est rempli d'un liquide un peu trouble, d'une teinte légèrement gris rougeàtre, et dont la densité est la môme que celle de l'eau de mer. Ce liquide n'est pourtant pas simplement de l'eau de mer : il est alcalin, renferme une matière albuminoïde peu abondante et se coagule au contact de l'air. Le caillot, d'abord volumineux, se contracte très vile et ne tarde pas à se réduire à quelques grumeaux d'un rouge brunâtre, qui occupent le fond d'un liquide transparent et à peu près incolore.

Le caillot est formé par des éléments figurés qui s'observent normalement clans le liquide périviscéral et dont l'étude détaillée a été faite par Geddes. Ces éléments figurés sont de diverses sortes: les uns sont des cellules blanches, amiboïdes et nucléées, à pseudopodes longs, filiformes, ramifiés et àsarcode finement granuleux; les autres sont encore incolores, mais de bien plus grande taille que les précédents et remplis de gros granules sphériques qui cachent le noyau; leurs pseudopodes sont courts et émoussés. D'autres corpuscules sont très semblables aux précédents, mais leurs granules ont une teinte brun-acajou et ne masquent pas le noyau.

Les vaisseaux sanguins de l'intestin et souvent aussi divers points de l'appareil ambulacraire renferment des cellules à l'intérieur desquelles se voient des sphères jaune verdàtre, de taille très variable. Bon nombre de ces sphérules s'observent aussi à l'état de liberté: elles s'unissent alors en amas irréguliers, et l'acide acétique montre qu'elles sont entourées d'une mince zone protoplasmique, mais dépourvues de noyau. Quelques-uns de ces corpuscules sont plus grands et ont une teinte brune plus ou moins foncée; certains de ces corpuscules bruns possèdent enfin un noyau. Entre les cellules à granules brun-acajou de la cavité périviscérale et les sphérules vertes, on trouve donc tous les intermédiaires, en sorte que les premières dérivent des secondes. Le pigment acajou n'a pas encore été suffisamment étudié au point de vue chimique; on sait pourtant qu'il renferme du fer, ce qui autorise à le considérer comme jouant un rôle dans la respiration.

Geddes pense que la cavité générale communique avec l'extérieur par l'intermédiaire de la plaque madréporique ; en revanche, elle ne communiquerait pas avec les canaux ambulacraires, et les cellules acajou s'y rendraient par migration à travers les tissus. De son côté, Perrier admet qu'il n'existe aucun orifice extérieur permettant l'introduction directe de l'eau dans la cavité générale.

Mourson et Schlagdenhautïen disent que certains habitants du midi delà France boivent le liquide périviscéral des Oursins comme excitant des fonctions digestives ; ils pensent qu'on en peut retirer quelque profitcommeeau minéraleanimaleanalogue à l'eau des Huîtres et susceptible d'être prescrite dans les mômes conditions. A la dose d'un demi-verre par jour, elle est tonique, reconstituante, eupeptique ; à la dose d'un ou deux verres pris en une seule fois, elle est purgative à la manière de l'eau de mer.

Ces observateurs ont fait une étude chimique détaillée du

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liquide de S trongylocenlrolus lividus. Ils ont pu reconnaître ainsi que ce liquide diffère de l'eau de mer en ce qu'il est plus riche en acide carbonique et en azote, plus pauvre en oxygène, en ce qu'il renferme des matières albuminoïdes et des matières grasses qui lui sont propres. Il contient encore des produits excrémentitiels, parmi lesquels ils ont pu définir l'urée et une ptomaïne particulière. Ces produits excrémentitiels sont sans doute d'autant plus abondants que l'activité nutritive est plus développée. Par exemple, la ptomaïne doit être produite en plus grande quantité au moment du frai, et c'est vraisemblablement à elle qu'il faut attribuer les phénomènes d'intoxication qu'il est si fréquent d'observer dans les pays chauds après ingestion d'Oursins, surtout à l'époque delà reproduction.

A la bouche fait suite un pharynx que circonscrit un appareil masticateur compliqué, connu sous le nom de lanterne d'Aristote. Cet

Fig, 188. — Lanterne d'Aristote, Yue en place.

appareil (fig. 188 et 189) a la forme d'une pyramide à cinq côtés, dont la base serait supérieure et proéminerait dans la cavité générale de l'Oursin, et dontle sommet sortirait plus ou moins au dehors

par l'orifice buccal. La lanterne d'Aristote est constituée par vingt-cinq pièces disposées en symétrie quinaire autour de l'axe vertical : ce sont les compas ou pièces en Yet les faux, situées dans le plan des rayons, et les pyramides, les dents et les plumes, situées dans le plan des interrayons.

Ces différentes pièces calcaires sont mises en mouvement par des muscles puissants.

Le pharynx s'étend depuis la bouche jusqu'à la base de la lanterne (fig. 190, 0; pentagonal en bas, il devient circulaire en s'éloignant de la bouche. Il se termine par un léger étranglement, qui sert de ligne de démarcation entre lui et l'œsophage. Celui-ci, m,

i si}. — Lanterne d'Aristote.

A, vue de profil; B, vue par sa face supérieure.

ORDRE DES RÉGULIERS. 271 s'avance verticalement vers la plaque madréporique, mais sans l'atteindre; en effet, il se recourbe dans la direction du rayon antérieur,

Fig. 190. — Schéma de l'organisation d'an Oursin régulier. Coupe verticale passant h droite par le rayon IV, à gauche par l'interrayon 1. — a, test; b, tubercules du test; c, radiole ou piquant; d, pédicellaire ; e, périprocte : !', anus; g, plaque génitale; h, plaque madréporique; i, plaque ocellaire ; k, bouche; /, pharynx; m, œsophage; n, première courbure de l'intestin ; o, diverticule situé à son origine; p, seconde courbure intestinale; q, rectum; glande génitale; s, canal hydrophore; t, anneau vasculaire ambulacraire; m, vaisseau qu'il envoie à la vésicule de Poli; v, vésicule de Poli ; x, vaisseau ambulacraire ; y, branche qu'il envoie au tentacule circumbuccal ; z, tentacule circumbuccal ; aa, branche de division supérieure du vaisseau ambulacraire ; ab, branche qu'elle envoie à la vésicule ambulacraire ; ac, branche de division inférieure du vaisseau ambulacraire ; ad, branche qu'elle envoie à la vésicule ambulacraire; ae, af, branches que la vésicule envoie à travers le test vers l'ambulacre ; ag, ambulacre ; ah, canal de la glande de Jourdain ; ai, glande de Jourdain ; ait, canal faisant communiquer la glande de Jourdain avec l'anneau vasculaire supérieur ; al, anneau vascuiaire supérieur; am, branches qu'il envoie à la vésicule de Poli; an, vaisseau marginal interne ou artère intestinale; ao, vaisseau marginal externe ou veine intestinale; ap, branches, au nombre de dix environ, que le vaisseau marginal externe émet en dehors et par lesquelles il s'unit au vaisseau collatéral ; aq, vaisseau collatéral ; ar, siphon ; as, vésicule ambulacraire; at, anneau nerveux; au, auricule; av, nerf radiaire; ax, poche sous-madréporique dans laquelle viennent déboueber le canal hydrophore et le canal do la glande do Jourdain ; ay, pièces de la lanterne d'Aristote : az, cœlùme.

puis se déjette vers la droite pour se continuer avec l'intestin, ». L'intestin débute par une dilatation, o, peu considérable chez les

Oursins réguliers, mais qui, chez les Spatangides, atteint de grandes dimensions. 11 fait deux tours sur lui-môme: en partant de la terminaison de l'œsophage, on le voit s'enrouler de gauche à droite et d'avant en arrière, suivant l'équaleur du lest. Quand il a accompli de la sorte un tour complet, il se replie sur lui-même et trace de droite à gauche et d'avant en arrière une nouvelle circonférence, p, superposée à la première. Finalement, il se redresse en une sorte de rectum, q, qui marche verticalement vers le périprocte.

Les deux circonvolutions intestinales se distinguent aisément l'une de l'autre par leur coloration : la première est brun foncé, la seconde est claire et jaunâtre. Cela tient à ce que les vaisseaux sanguins se distribuent exclusivement à la courbure inférieure, dont l'épithélium est constitué par de grandes cellules à protoplasma fortement granuleux ; l'épithélium de la courbure supérieure est moins riche en granulations, ce qui est sans doute en rapport avec une moindre activité dans la production des sucs digestifs.

De la terminaison de l'œsophage naît un canal qui court le long du bord interne de la première circonvolution intestinale, entre ce bord et l'artère intestinale ou vaisseau marginal interne, qui le longe également. Ce canal, appelé siphon intestinal, ar, s'ouvre d'autre part dans l'intestin, à l'endroit où la première circonvolution, après avoir décrit une circonférence entière, se réfléchit sur elle-même pour se continuer avec la seconde courbure. Le siphon a une structure analogue à celle de l'intestin ; son calibre est environ d'un millimètre. Considéré par Agassiz comme un organe glandulaire, il joue sans doute un rôle fort différent : il est probable qu'une grande partie de l'eau avalée par l'Oursin suit la route du siphon pour passer directement de l'œsophage dans la seconde courbure de l'intestin, où elle sert à la respiration ; déplus, la paroi de celte seconde circonvolution étant amincie, l'eau doit la traverser facilement par osmose, pour aller se mélanger au liquide de la cavité générale.

Les deux courbures intestinales décrivent des arcades dont la concavité est tournée du côté des aires ambulacraires et dont la convexité regarde les aires interambulacraires. Au niveau de ces dernières, l'intestin est appendu au test par de minces tractus mésentériques. On voit en outre, tendue entre la partie recourbée de l'œsophage et la dilatation du début de l'intestin, une mince lamelle fibreuse, qui s'insère d'autre part sur la partie voisine du test et remonte ainsi jusqu'au pôle apical ; celte lamelle renferme dans son épaisseur la glun'le de Verrier.

Celle-ci est formée de tubes ramifiés et enchevêtrés entre eux, qui s'unissent les uns aux autres pour former un canal unique s'ouvrant dans la terminaison du canal excréteur de la glande de Jourdain, àh :

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d'autres tubes glandulaires débouchent directement dans un espace infundibuliforme, ax, délimité au-dessous de la plaque madréporique par un prolongement de la membrane du test; cet espace communique avec l'extérieur par l'intermédiaire des pertuis de la plaque. La glande de Perrier, comme la glande de Jourdain, constitue donc un organe d'excrétion qui déverse ses produits au dehors par les pores de la plaque madréporique. Elle est analogue aux glandes de Greeff, que nous avons signalées chez l'Astérie.

L'appareil aquifère est construit sur le même plan que celui des Astéries. Le canal hydrophore, s, est vertical et réunit la plaque madréporique, h, à un cercle vasculaire,*, entourant l'œsophage et situé sur la base même de la lanterne d'Aristote. Cinq vésicules de Poli inlerradiales, v, sont suspendues à ce cercle et c'est au niveau môme de la vésicule postérieure gauche qu'aboutit le canal hydrophore. Du cercle t on voit partir, dans le plan des rayons, cinq canaux, x, qui, d'abord horizontaux et dirigés vers l'extérieur, s'insinuent chacun sous la faux correspondante et ressortent de la lanterne au-dessous de l'échancrure des compas. Ces canaux descendent alors vers les auricules et, au moment de les traverser, ils envoient deux petites branches latérales, y, qui se distribuent chacune à un grand tentacule buccal, z. Après avoir franchi l'orifice de l'auricule, au, le vaisseau se divise en deux branches de calibre inégal, aa, ac, qui restent dans le plan des rayons et se superposent exactement, la plus petite étant supérieure ou interne. Ces deux vaisseaux ambulacraires, dont Kœhler a reconnu la disposition, remontent le long de l'aire ambulacraire; chacun d'eux se termine finalement en un cul-de-sac qui s'enfonce dans une petite dépression de la plaque ocellaire, dépression qui correspond à un pore fermé par une délicate membrane et dans lequel on avait cru reconnaître un œil. Chemin faisant, ces vaisseaux envoient des branches tranversales ab, ad, aux vésicules ambulacraires, as.

Les rapports de ces dernières avec les ambulacres sont autres que chez les Astéries. Ici encore, chaque vésicule correspond à un ambulacre, mais la communication entre les deux organes se fait au moyen de deux canaux d'une grande délicatesse ae, af, qui, nés de la vésicule, traversent le test chacun par un pore particulier, et s'ouvrent dans la cavité de l'ambulacre, ag {Echinus, Sphxrcchinus, Strongylocenlrotus). Chez Dorociclaris, les pores ambulacraires ne sont pas géminés, mais simples : la vésicule et l'ambulacre sont reliés l'un à l'autre par un canal unique. Les ambulacres des Oursins ont une structure un peu spéciale : leur ventouse terminale est soutenue par des pièces calcaires, le cache et la rosace. En outre de leur rôle locomoteur, les ambulacres sont considérés Blanchard. — Zuol. mcd. 18

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comme servant & la respiration. Immédiatement autour delà bouche, on en trouve dix, désignés plus haut sou* le nom de tentacules buccaux, ce qui indique qu'on les rapporte plus volontiers aux organes des sens: ils sont remarquables par leur taille raccourcie et par

Fig. 191. — Appareil vasculairc d'Echinus sphsera, d'après Edm. Perricr. — b, brides unissant l'intestin au test; t, bord dorsal de l'intestin; c, anneau vasculaire situé sur le plan supérieur de la lanterne d'Aristote et auquel aboutit le tube hydropliore ; d, vaisseau marginal externe (co vaisseau ne se prolonge ni sur l'œsophage ni sur la plus grande partie de la seconde courbure de l'intestin; il est uni tout le long de la première courbure au vaisseau v par des arborescences vasculaires formant un réseau capillaire très riche); f, feuillets des branchies internes ou ampoules ambulacraires ; g, glande de Jourdain ; /(, pyramides de la lanterne d'Aristote ; i, première courbure de l'intestin ; i\ seconde courbure coupée tout près de sa naissance pour montrer les détails de la première; k, plumes dentaires; n, branches vasculaires ascendantes faisant communiquer le vaisseau u avec le vaisseau d; o, auricules ; œ, œsophage ; r, vaisseaux ambulacraires ; s, canal hydropliore ; t, test calcaire ; u, grand canat de dérivation du vaisseau r/, flottant librement dans la cavité générale et s'abouchant dans ce canal par ses deux extrémités (canal collatéral); v, vaisseau marginal interne ; v', vaisseau naissant de l'anneau c, remontant le long de l'œsophage et se réfléchissant sur le bord libre de l'intestin pour former le vaisseau marginal interne; x, siphon intestinal; z, vésicules de Poli.

leur grosseur; de plus, au lieu d'une ventouse concave, ils présentent a leur terminaison un léger renflement.

La glande de Jourdain ou glande ovoïde, ai, s'ouvre supérieurement par son canal excréteur dans un espace clos, sous-jacent à la

ORDHE DES RÉGULIEUS.

plaque madréporique et auquel aboulit également le canal hydrophore. Eu bas, elle se continue par un canal, ak, qui s'accole à ce dernier et qui débouche dans un second anneau vascutaire périœsophagicn, al, superposé à celui dont nous avons déjà parlé. Ce nouvel anneau, découvert par Koehler, envoie également des branches, am, aux vésicules de Poli. De plus, on en voit partir, suivant le plan de l'interrayon antérieur droit, un vaisseau qui remonte le long de l'œsophage et auquel on donne le nom d'artère intestinale ou de vaisseau marginal interne (fig. 190, an; fig. i 91 , v). Ce vaisseau continue son trajet le long du bord interne de la première courbure intestinale et, au point où celle-ci va s'unir à la seconde courbure, on le voit se renfler considérablement en une sorte d'ampoule irrégulière et allongée qui envoie à l'intestin un grand nombre de grosses branches et qui passe sur la seconde courbure, mais pour s'y perdre presque aussitôt.

Au point où l'œsophage s'unit à l'intestin, on voit naître un autre vaisseau, la veine intestinale ou vaisseau marginal externe Fig. 192

fig. 190, ao; fig. 191, d), qui court le long du bord externe de la première circonvolution intestinale, et se prolonge sur la seconde courbure un peu plus loin que le vaisseau précédent. L'arlère et la veine émettent un grand nombre de rameaux qui se distribuent dans les parois de l'intestin et qui établissent de faciles communications d'un vaisseau à l'autre. La veine intestinale donne encore naissance, par son côté externe, à dix branches (fig. 190, ap; fig- 191, n), venant toutes aboutir à un gros vaisseau circulaire qui est suspendu à l'intestin et qui fait à peu près le tour complet du test. Ce vaisseau collatéral (Kg. 190, aq; fig. 191, «) n'est soutenu que par les dix branches qui le rattachent au vaisseau marginal externe, avec lequel il communique par ses deux extrémités

L'anneau nerveux pentagonal (fig. 190, at; fig. 192, d), est situé aufour du pharynx, au voisinage de la bouche; il est en dedans de la

anterne et se voit assez facilement quand on écarte les pyramides, ue chacun de ses angles part un filet radiaire, av, e, qui passe entre

Anneau et troncs nerveux de Strongylocentrotus lividus, d'après Krolin.— a, œsophage coupé en travers; b, fond de la cavité buccale; c, bandelettes qui lient ensemble les extrémités des pyramides de l'appareil masticateur ; d, commissures nerveuses formant autour de l'œsophage un anneau pentagonal ; e, troncs nerveux rayonnants.

deux pyramides, à leur point d'origine, sort de la lanterne, traverse l'auricule et remonte tout le long du test, au-dessous du vaisseau ambulacraire, pour aller se terminer, en compagnie de celui-ci, dans la dépression que présente la plaque ocellaire. Cette terminaison nerveuse est d'ordinaire dépourvue de tout appareil optique; elle n'est pas sensible à la lumière.

Le nerf radiaire émet une branche latérale pour chaque ambulacre ; au point où ce dernier sort par l'orifice de la plaque ambulacraire, la branche en question l'accompagne et, devenue extérieure au test, se met en rapport avec un réseau nerveux sous-épithélial qui enveloppe le corps entier et qui a sous sa dépendance les mouvements des radioles et des pédicellaires. Ce réseau communique

Fig. 193. — Organes sexuels do l'Oursin. — a, ampoules des ambulacres ; g, glandes sexuelles; i, dernière portion de l'intestin.

à travers le test avec un réseau semblable, sous-jacent à la membrane péritonéale qui tapisse la cavité générale.

Nous avons déjà dit que les plaques ocellaires, malgré leur nom, étaient dépourvues d'yeux; jusqu'ici on ignorait même l'existence d'organes visuels chez les Oursins. Les frères Sarasin en ont récemment découvert chez Diadema setosum. Les plaques ocellaires ne présentent rien de particulier ; sur les plaques génitales, ainsi que dans les aires interambulacraires, se voient au contraire des séries de grosses taches bleues, dont chacune représente un véritable œil composé, de structure complexe.

Les Oursins ont les sexes séparés. Leurs glandes génitales, au nombre de cinq, occupent les aires interambulacraires (fig. 100, r;

fi or . 103) et sont toutes d'égales dimensions, si ce n'est que la glande de Finlerrayon antérieur gauche (interradius 5 de Lovén) est toujours un peu moins développée que les autres. Aucun caractère extérieur ne permet de distinguer les mâles des femelles ; l'examen des produits est indispensable pour arriver à cette détermination. Mais quelquefois une coloration spéciale de la glande permet déjà de reconnaître le sexe : chez Strongylocentrotus, les testicules sont ordinairement roses et les ovaires jaunes ; chez Psammechinus, les testicules sont plus petits et plus bruns que les ovaires, qui ont la même teinte que dans le cas précédent.

Les organes génitaux sont des glandes en grappe ; leurs culs-desac déversent leur produit dans un canal excréteur commun, qui s'ouvre à l'extérieur par le pore génital. Originairement distinctes les unes des autres, ces glandes finissent très fréquemment par se souder entre elles, comme van Ankum l'areconnu chez un grand

Fig. 194. Gastrula à'Echinus pulchellus, deux jours après la fécondation. — b, progaster ; e, premier état des tiges calcaires ; e', cellules qui se montrent dans l'endroit où commence la sécrétion calcaire ; o, blastopore.

Fig. 195. — Pluteus à'Echinus pulchellus, sept jours après la fécondation. — a, bouche ; a', pharynx ; b, estomac; b', intestin; o, anus A, bras ventraux du voile ; F, bras de l'appareil buccal ou du voile oral.

nombre d'Oursins réguliers appartenant aux genres les plus divers {Stronrjylocentrotus, Psammechinus, Echinus sphsera, Acrocladia mamillata, Tripneustes angulosus, Echinomelra lucunter, Cidaris hystrix). Très fréquemment, la soudure ne se fait pas entre les glandes des deux aires inlerambulacraires du côté gauche, parce que le rayon qui les sépare (rayon antérieur gauche) est occupé par l'œsophage. Enfin, chez Echinus melo, Sphxrec/dnus granularis, Strongylocentrotus àrevispinosus, St. lividus et Psammechinus tuberculatus, il n'y a jamais soudure d'aucune glande. Quand il y a soudure, les canaux excréteurs des glandes génitales sont tous réunis par un canal cir-

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culaire, qui a été souvent décrit comme un cercle vasculaire anal et

qui s'ouvre au dehors par les pores génitaux.

Van Ankum a encore observé chez divers Oursins réguliers (Sphxrechinus grannlaris, Tripneustes ungulosus, Acrocladia mamillata), aussi bien dans clans les glandes génitales que dans d'autres parties du corps, par exemple dans la paroi de l'intestin, des spiculcs en forme d'S ou décroissant. Ces spicules sont constitués par du carbonate de

Fi" 190. — Pluteus d' Echinas pulchellus, d'après J. Millier. Stade un peu plus avancé que le précédent. Les lettres ont la même signification. B, bras latéraux postérieurs; E, bras accessoires de l'appareil buccal; c, disque échinodermique ; d, frange ciliée ; f, épaulettes ciliées.

chaux et par une substance organique, la spiculine ; ils sont creusés, comme ceux des Éponges, par^n fin canal central dans lequel se trouve un filament protoplasmique. Des productions analogues ont été signalées encore dans les ambulacres d'un grand nombre d espèces par Ch. Stewart et par Bell.

Chez les Oursins, la fécondation est extérieure. L œuf se transforme en une gastrula dans l'épaisseur de laquelle s'effectuent de bonne heure des dépôts calcaires (fig. 194). La larve qui provient de celle gastrula présente une symétrie bilatérale; c'est encore un Plu-

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