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ORDRE DES PROSODRANOI1ES

L'en! est un canal, dont l'ouverture est Vombilic. Les tours de sp.re sont ordinairement accoles les uns aux autres et unis par une sature nier m\- .nuis ils peuvent ôtre écartés (Scalm-i,,). La coquille enroulée est fusilbrme (Fusus), conique (Trochus), globuleuse (Dolium), etc., lisse ou ornée d'appendices variés (Murex); d'une teinte uniforme ou marquée de dessins élégants (Conûs, Cyprœa); le dernier tour de spire l'entoure parfois en entier (Cijprxa).

L'orifice de la coquille ou périslome présente une lèvre interne ou bord columcllaire et une lèvre externe. L'animal est holostome quand cette dernière est entière (fig. 484); il est siphonoslome quand elle est

Fig. 48?. — Veitnetus lumbricalis.

échancrée et prolongée en un canal, par où passe le siphon prolraclile qui amène l'eau dans la chambre branchiale (fig. 483). Il peut se se retirer entièrement dans sa coquille et se proléger même dans certains cas par un opercule corné ou calcaire, qui est fixé à l'extrémité postérieure du pied et ferme la coquille hermétiquement (Pflïwdina, fig. 484) ou non (Slrombus) ; on a voulu le considérer comme l'homologue de la valve droite des Lamellibranches !

Le pied, large et musculeux, constitue un excellent organe de reptation (fig. 480, a). La tôle porte des tentacules, e, et se prolonge parfois en un rostre, d, à l'extrémité duquel s'ouvre la bouche (Mitra, Dolium). La radula porte un nombre très variable de dénis cornées, disposées par rangées transversales et d'aspects très divers : chaque

rangée comprend d'ordinaire trois dents, quelquefois plus (lig. 18" ; il est des eus où les dents avortent (Eulima, Stylifer). La radula peut se retirer dans une pocha linguale, très vaste chez les espèces carnassières (Algira) et située au fond du pharynx; dans celle poche vient s'ouvrir une glande à venin qui rend dangereuse la piqûre de certaines espèces dont la plaque linguale, armée de longs crochets, peut Cire projetée hors de la bouche (Conus, Pleuroloma). Troschel attachait une grande i mportance taxonomique à l'élude de la radula : il s'esl servi de ce caractère pour établir parmi les Prosobranches plusieurs groupes naturels. Une ou deux paires de glandes en tube entourent l'estomac et débouchent dans le pharynx (Janthina, Litlorina) ; elles sécrètent de l'acide sulfurique libre, mélangé à une petite quantité d'acide eblorhydrique , chez Doliuni, Cassis, Gassidaria et

Sihii I.

Canal antérieur.

Fig. 483. — Coupe verticale do la coquille Fig. 484. — Palùdina

de Ldmpusia {Triton) corrugatu, d'après vivipara. Woodward.

Trilonium. L'intestin est très long et replié plusieurs fois sur luimôme chez les herbivores (Patella).

Le cœur est reporté du côlé de l'appareil respiratoire; il est enveloppé d'un péricarde el constitué par une oreillette et un ventricule ; ce dernier est tourné en arrière et se laisse traverser par le rectum, chez Nerita et Turbo. Ici encore, on admet généralement une communicalion entre le système sanguin et l'extérieur : des canaux ramifies seleudenl dans le pied et s'ouvrent à sa face inférieure soit par un grand pore central (Pyrula, Conus, Cj/pnra), soit Par Prieurs pores marginaux (Haliotis)-

ORDRE DES PROSOItRANCIlES.

[ 'appareil respiratoire est disposé suivant deux grands types. Chez L K ranoZ ou Dooogloms (Patella) les branch.es eu etees orient un cercle complet autour du pied (Qg. «*< B, br; Bg. *80, c). I eus

autres l'rosobranches forment le groupe des C franches : 1 branchies pectinées sont renfermées dans uns cav.le ormee par e „ unteau sur la face dorsale : cette cavité s'ouvre au dehors par un Uce auquelest fréquemment annexé un siphon protracUle, qu. passe dans le canal du peristome et amène l'eau jusqu'aux branch.es Rafehiglosses : Volula,- Oliva, Murex, Bucànum, Purpura, hassa; loxi-

Fig. 485. — Murex brandnris.

Fig. 48C. — Patella vu/gala, vue par la face inférieure. — a, pied ; 6, bord du manteau ; c, branebies; d, rostre; e, tentacules.

glosses : Conus; Tœnioglosses : Cyprsea, Dolium, Strombus). Ces dernières sont ordinairement représentées par une grande branchie et une petite branchie rudimentaire ; chez les Aspidobr anches ou Rhipi- Uigbsses (Fissurella, Haliolis, Turbo, Nerita), elles sont souvent égales.

Le rein peut être pair (Patella, Fissurella, Haliolis); plus souvent, le droit persiste seul ; il peut être dépourvu de canal excréteur et s'ouvrir par une simple fente dans la cavité branchiale (Littorina, vfatica). Certaines espèces (Murex, Purpura) ont à côlé du rectum une glande particulière qui sécrète un liquide visqueux, d'un blanc jaunâtre, à odeur nauséabonde et prenant une belle couleur violette sous

184 CLASSE DES GASTEROPODES.

l'influence des rayons solaires : c'esl avec ces Mollusques que les anciens teignaient en pourpre.

Le système nerveux est bien développé. H. von Jhering appelle Chiàstoneures ceux chez lesquels le ganglion viscéral est uni par une commissure au ganglion cérêbroïde du côté opposé {Paludina), et Orthoneures ceux chez lesquels un semblable entre-croisement n'a pas lieu.

Tous les Prosobranches sont unisexués. Quelques-uns sont dépourvus de pénis {Patelin, Vermetm, Trochus) ; chez d'autres, la femelle a une glande de l'albumine et une vésicule séminale et présente dans la région terminale de l'oviducte une dilatation jouant le rôle de poche incubatrice, ourles jeunes se développent (Paludina vivipara). La larve est vélifère (fig. 474, A et B).

Ces animaux habitent la mer, sauf un petit nombre qui sont d'eau

Fig. 487. — Uadula de Paludina achatina.

douce (Nerita, Melania, Bythinia, Ampullaria, Paludina). Stylifer est parasite des Oursins et des Astéries. Entoconcha mirabilis vit dans Synapta digitata et a subi une telle régression, qu'il se réduit à un sac produisant des éléments sexuels.

Bon nombre de Prosobranches sont comestibles et pourraient être l'objet d'une culture rationnelle; il est vrai que la plupart ont une chair coriace et insipide. Purpura lupillus se mange sur la côte de la Manche; Troclius zizyphinus, conulus et cinerarius sur les côtes de la Manche et à Toulon ; les grosses espèces de Littorina et de Turbo, connues sous le nom de Vigneau, sur toutes nos côtes; Fissurella grxi u, gïbberula et neglecta, Murex brandaris, trunculus et erinaceus, à Toulon; plusieurs Natka, surtout N. millepunctata, dans le midi; Hucdnum undalum et mutabile, sur nos côtes, en Angleterre, à Naples ; Haliotis luberculala, Fusus Ugnarius, Patella vulgata, cœrulea, pectinata, etc. Ces animaux peuvent causer des empoisonnements analogues à ceux que provoquent les Moules : en 1808, Kermorgant en a constaté un cas -en Nouvelle-Calédonie, déterminé par Turbo nicobaricus.

B. llugh Hinde, Letler on t/ie poùonous effecls of the bite infiieted by

ORDRE DES PULMONÉS.

Conus geogrophicus L. on l/ie natives of New-llritmn. Proeoed, of tlie Lihbî Soc. of Now South-Walcs, IX, p. 044, 1885.

ORDRE DES PULMONÉS

La coquille est Irùs inégalement développée : elle fait totalement défaut chez Oncidium et Avion (fig. 488) ; elle est indiquée, chez Umax,

Fig. 488. — Arion rufus.

par un amas calcaire compris dans l'épaisseur du tégument; elle est fort petite, mais déjà extérieure, chez Testacella (fig. 489). Chez les autres types, elle acquiert de plus grandes dimensions et peut abriter le corps entier de l'animal : elle s'enroule en spirale, et celui-ci, au lieu de rester droit comme dans les espèces qui précèdent, s'en-

Fig. 489. — Testacella haliotidea.

roule également (fig. 490 et 491); elle peut se fermer à l'aide d'un opercule (Cydosloma, Acicula). La coquille est généralement dextre, c'est-à-dire que son enroulement se fait à droite: par exception elle est seneslre chez Physa, Planorbis et CUmiUa. L'animal rampe sur un pied large et musculeux, dont l'axe est

parcouru par un canal qui s'ouvre au-dessous de la tète et que lapis-

Fig. 400. — Heli.i: pomuliu.

senl des glandes unicellulaires ; chez les espèces terrestres, le pied

Fig. 491. — Limnœa slagnalis. — «, tête; b, tentacules; c, yeux; p, pied, présente encore, à sa partie postérieure, une glande volumineuse

Fig. 402. — Nadulas de Gastéropodes pulmonés. — a, Limn.ru strif/nnlis;

I), Ancylus fluviatilis; c, Succinea amphibia.

produisant un liquide que l'animal laisse derrière lui, sous forme de traînée brillante.

ORDRE DES PULMONÉS. 187

La tete bien distincte, porte une {Liinwru, Auriculu, Qntidiurn) ou deux paires de tentacules {Arion, Hélix), ordinairement rétractilea Iftg m tl). Les formes qui n'ont que deux tentacules sont basQm- Jd,,phores, c'est-à-dire ont les yeux situés à la base de ceux-ci [j.r i'M l>,c)\ celles qui ont quatre tentacules sont ltylommaU>-

U /> il

Fig. 403. — Anatoraie d'ilelix pomatia. — a, anus; ar, artère ccphalique;

i'bt, sac du dard; c, ventricule; c', oreillette; f, llagellum; gai, glande de l'albumine; gli, glaude hermaphrodite ; gm, vésicules multifides ; gs, glandes salivaires; foie; i, intestin; m, muscle rétracteur du pénis; n, ganglions

Bsus-œsophagiens ; p, pénis; pv, prostate; pu, poumon; pv, jabot; »•, organe

. urinaire (d'après Cuvier); rs, réceptacle séminal ou poche copulatricc ;

t- tl, tentacules; ut, oviducte; v, estomac.

fhoves, leurs yeux étant portés à l'extrémité des plus grands ; par exception, l'Oncidie appartient à ce dernier groupe.

La radula, variable d'une espèce à l'autre, comprend un grand nombre de rangées de dents (fig. 492). Les glandes salivaires (tig. 493, f/s) sont bien développées : elles passent sous le collier œsophagien. A l'œsophage font suite le jabot, pv, l'estomac, c, puis un

long intestin, i, qui s'infléchit en avant et se Uxe au plafond delà

chambre respiratoire; à la partie moyenne de l'intestin est annexé

le foie, h. L'anus, a, s'ouvre en avant et a droite, à côté de l'orifice

respiratoire.

Le cœur est enchâssé dans le plafond de la cavité respiratoire. Les vaisseaux qui y arrivent se ramifient à la surface de la membrane, de manière à former un riche lacis ou poumon, unique organe respiratoire. Le poumon, pu, etl'oreillette,c',sonten avant du ventricule, c,

La chambre pulmonaire, formée par le manteau, s'ouvre largement au dehors (fig. 488) ; elle se remplit d'eau ou d'air, suivant l'habitat de l'animal.

Le rein ou glande précordiale, r, est accolé au cœur; il émet par son extrémilé postérieure un uretère qui s'infléchit aussitôt en avant et vient se juxtaposer au rectum, à côté duquel il débouche à l'extérieur. La présence de l'acide urique a été constatée dans cet organe dès 1828 par Jacobson.

Le système nerveux est plus perfectionné que chez les Prosobranches, mais construit sur le môme plan. Nous avons déjà parlé des yeux ; certaines Oncidies des Philippines [en portent un grand nombre sur le dos. Les otocystes (fig. 494) sont toujours en connexion avec les ganglions pédieux.

Les Pulmonés operculés sont unisexués; tous les autres sont hermaphrodites. L'appareil génital est très compliqué. La glande hermaphrodite (fig. 493, gh; fig. 495, h) produit dans le môme cul-de-sac, comme M ilhias Duval l'a montré, des œufs et des spermatozoïdes. Son canal excréteur (fig. 49:;, e) rencontre la glande de l'albumine (fig. 493, gai; fig. 495, a), puis se divise en un canal déférent (fig. 495, c) et un oviducte (fig. 493, ul; fig. 495, o) qui restent accolés sur une longueur notable, puis se séparent l'un de l'autre; avant cette séparalion, une prostate (fig. 493,]))'; fig. 495, t) est annexée au canal déférent. Après un assez long trajet, ce dernier se continue par la gaine du pénis (fig. 493, p; fig. 495, g), organe copulateur qui peut s'évaginer el qui débouche dans le vestibule commun aux organes mâle et femelle (fig. 495, v). La gaine du pénis est pourvue d'un mus-

comme chez les Prosobranchcs.

Fig. 494. — Otocyste de Clausilia nigricans, d'après de Lacaze- Duthiers. — E, cellules ciliées; na, nerf acoustique. Au centre de l'otocyste se voient des otoli.

thés fusifonnes.

OllDUli DES IHJLMONËS.

Lie spécial m; un lube glandulaire, le flagellwn, f, charge de fabriquer les spermalophorcs, y débouche d'autre part, à côté du canal

déférent. , . . , .

L'appareil femelle comprend lui-même plus.curs annexes. Loviduetc, o, se continue avec le vagin, u; à l'union de ces deux organes se voit un long tube, p', qui mène à la poche copulatrice ou réceptacle îéminal (fig. 493, rs; fig. 495, p), dans laquelle se rend le spermalopbore émis par le mâle. Plus loin, le vagin reçoit une paire de glan-

ARIIOUL.

Fig. 10.',. — Appareil reproducteur d'Hélix pomatia. — a, glande de l'albumine ; c, canal déférent; e, canal excréteur de la glande hermaphrodite; f, flagellum; f/, gaine du pénis; h, glande hermaphrodite ; m, muscle rétracteur de la gaine du pénis; o, oviducte ; p, poche copulatrice ; p', son canal déférent; prostate; v, vagin et vestibule; x, vésiculos multilides.

des, les vésicules mullifules (fig. 493, tjm; fig. 49o, x), puis le sac du dard (fig. 493, ht) et débouche finalement dans le vestibule ou cloaque génital. Le sac du dard est une poche musculeuse, capable de s'évaginer et renfermant un petit stylet calcaire qui fonctionne comme agent excitateur dans la copulation. Le vestibule ou cloaque génital s'ouvre un peu au-dessous de l'orifice respiratoire.

Les Pulmonés sont ovipares; quelques-uns seulement sont vivipares {Vupa, Clausilia) ; d'autres sont capables de se reproduire par parthénogenèse (Lhnnœa auriculuria, Zonites cellarius). La fécondalion est réciproque, malgré l'hermaphrodisme, un individu étant

100 CLASSE DES G-ASTÉltOPODES.

fécondé pur un autre cl en fécondant lui-même un troisième; dans certaines espèces, plusieurs individus se réunissent ainsi au moment de l'accouplement et forment une chaîne dont chaque membre est mâle pour celui qui précède et rem elle pour celui qui suit; des deux individus extrêmes, l'un fonctionne uniquement comme maie l'autre comme femelle.

Les Rasommatophores ou Limnophiles vivent dans l'eau douce (TÀmnsea, PKysa, Planorbis, Ancylus, Auricularia). Parmi les Limnées (flg. 401), nous devons mentionner tout spécialement h. truncalula cl L. peregra (fig. 299, A et R), dont nous avons indiqué plus haut (t. I, page 550) les relations avec l'embryon de Distoma hepaticum. Les Planorbes ont le sang rouge; Pl. marginatus est l'hôte intermédiaire de l'embryon de Distoma lanceolatum (voir t. I, page 603).

Les Stylommalophores ou Géophiles sont terrestres (Cyclostoma, Oncidium, Testacella, Arion, Umax, SuGcinea, Pupa, Clausilia, Bitlimus, Zonites, Hclix). Les Escargots ou Hélices (flg. 490) constituent un groupe extrêmement considérable. Quelques espèces ont été jadis employées en médecine pour diverses préparations (mucilage, sirop, gelée, pommade, etc.) et sont encore en faveur dans la médecine populaire. A Paris, on consomme en grande quantité l'Escargot de Bourgogne (Hélix pomatia) ; ailleurs, on mange également bon nombre d'autres espèces [H. sylvatioa, nemoralis, aspersa, vermiculata, Pisana, variabilis, cvirelorum, hortensis, neglecta, cespitum, etc.) et même des Zonites (Z. algirus).

L'usage de ces animaux est fort ancien : les Romains en faisaient grand cas et les engraissaient dans des escargotières (cochleurum vivaria), inventées par Fulvius Hirpinus peu avant la guerre contre Pompée. Des navires venaient habituellement sur les côtes de la Ligurie chercher des quantités considérables d'Escargots pour la consommation de Rome. A la lin du siècle dernier, on expédiait annuellement d'Ulm, par le Danube, plus de 10 millions d'Escargots qu'on engraissait dans des jardins ou des escargotières, et qu'on envoyait ensuite, par tonneaux de 10,000, pour être consommés pendant le carême dans les couvents de l'Autriche. Un commerce semblable avait lieu, avantla Révolution, sur les côtes delà Saintonge, et de l'Aunis : on exportait aux Antilles un nombre prodigieux d'Escargots. En 1825, ce commerce avait déjà beaucoup diminué; de nos jours, il n'existe plus.

tterg, Observation de. la présence d'un Limaçon vivant dans l'estomac. Gazette des hôpitaux, (2), I, p. 156, 1839.

ult DUE DES TETRA RRANCI1 ES. 191

I es Céphalopodes sonl des Mollusques marins, à corps ovoïde ou allongé, surmonté d'une tôte dont le sommet présente un orifice buccal, qu'entourent des tentacules ou bras portant ordinairement des ventouses. A la face ventrale se voit une vaste cavité palléale, analogue à une poche de tablier et résultant de ce que les deux replis cutanés qui ont pris naissance sur les côtés de l'animal, pour constituer le manteau, se sont fusionnés sur la ligne médio-ventrale. C'est dans cette cavité que se trouvent les branchies, au nombre de deux (Dibranches) ou de quatre {Tétrabr anches), et que s'ouvrent les appareils digestifs, excréteur et génital. A son orifice se trouve Yenlonnoir, organe tubulaire homologue au pied.

ORDRE DES TÉTRABRANCHES

Cet ordre n'estplus représenté actuellement que par quatre espèces Nuutihis pompilius, N. umbilicatus), qui vivent dans l'océan Indien; lux âges géologiques, il avait une énorme extension et comprenait un nombre considérable de genres (Goniatites, Ceratites, Orthoceras, ' Gomphoceras, Ammonites, fig. 497, etc.).

Le Nautile flambé (fig. 496) porte une coquille spirale, dont la cavité est divisée par des cloisons, sp, en une série de chambres indépendantes et remplies d'air. Le nombre de ces chambres augmente avec l'âge; l'animal occupe toujours la dernière, ca, mais est relié à toutes les autres par un cordon ligamenteux qui passe dans un siphon, si, traversant toutes les cloisons en leur milieu. Chez les Ammonites, le siphon était dorsal et les cloisons étaient plissées sur elles-mêmes de la façon la plus capricieuse.

Le Nautile a la téte ornée d'une couronne de tentacules filiformes, dépourvus de ventouses : d'où le nom à'Inacétabulés donné à ces animaux. Mais cette dénomination ne serait pas exacte, si, comme l'a montré Valenciennes, les tentacules sont ici l'équivalent morphologique des ventouses des Dibranches; les bras sont courts et rudimentaires et disposés sous forme de lobes plissés à la base des tentacules. On compte d'ordinaire 19 tentacules externes, (', dont deux sont transformés en un capuchon, eu, qui peut clore assez exactement la coquille; 2 tentacules oculaires et il tentacules internes ou labiaux, I. Ceux de ce dernier groupe qui sont situés en bas et à gauche s'unissent chez le mâle pour constituer le spadice, dont nous trouverons bientôt l'homologue dans Vhectocoiyle. Chez la femelle,

CLASSE DUS ClilMIALOPOuliS.

oc eu pd si

Kig. 496. — Ncuitiliis pompilius, d'après B. Owen. — ca, dernière chambre do la coquille, occupée par l'animal ; eu, capuchon formé par deux tentacules dorsaux; gn, glande nidamentaire ; if, entonnoir; m, muscle rétraetcur; oc, œil; p, manteau; pd, son lobo dorsal; si, siphon; sp, cloisons séparant les chambres; /, tentacules internes ou labiaux; /', tentacules externes ou brachiaux.

Fig. 497. — Ammonites bisidcalus.

on trouve 1 1- ou 13 tentacules labiaux supplémentaires, sur la face ventrale.

ORDRE ORS RIBRANCIIES. 103 I a chambre palléalc, p, renferme deux paires de branchies. La loche du noir rail défaut. L'entonnoir est fendu suivant sa longueur : ses deux moiliéa chevauchent l'une sur l'autre, mais ne se sont pas soudées par suite de la persislance d'un état embryonnaire. Les yeux, oc, sont rudimentaires et formés. simplement d'une rétine a fleur de peau.

Denys de Montfort assure qu'on mange le Naul.Ie aux Moluques et Deshayes rapporte, d'après Rousseau, que sa chair est boucanée par les habitants des îles Nicobar.

ORDRE DES DIBRANCIIES

Les Dibrancb.es ou Acétabulifêres abondent dans toutes les mers. Quelques espèces, encore mal connues, arrivent aux plus grandes dimensions {MouclwJa) : on eu a vu qui mesuraient plus de .') mètres de longueur; le Brilish Muséum possède un bras long de 10 mètres et provenant d'une espèce inconnue.

Les bras sont au nombre de huit ou dix, d'où une importante division.

Les Décapodes, dont le type est la Seiche (fig. 4<J8), ont une coquille dorsale complètement recouverte par le manteau; par exception, chez la Spirule (fig. 41)9), elle est à moitié externe. Cette coquille ou Kpion est variable d'une espèce à l'autre, quant à sa composition chimique et quant à sa forme. Chez le Calmar ou Encornet {Loligo), c'est une lamelle lancéolée, formée d'une substance cornée particulière, la concliyoline (fig. 500). Chez la Seiche, elle s'encroûte de carbonate de chaux et prend l'apparence de l'os : l'os de Seiche était autrefois employé en médecine comme absorbant; il entre encore dans la composition de certaines poudres dentifrices. Les Bélemniles, si abondantes à l'époque jurassique, ne nous sont connues que par leurs sépions (fig. 501 et b02).

Le corps présente latéralement des nageoires de forme variable, qui sont des expansions du manteau. La couche superficielle du derme renferme un grand nombre de chromatophores ou cellules amiboïdes remplies de granulations pigmentaires noires, jaunes, rouges, etc. Ces cellules sont sous la dépendance du système nerveux, comme Ceo. Pouchet l'a prouvé : suivant qu'elles s'étalent ou se contractent, la peau prend les colorations les plus variées et l'animal peut ainsi harmoniser la teinte générale de son corps avec celle du milieu. L'expansion des chromatophores a été attribuée faussement à la contraction de muscles radiaires, qui s'attacheraient à leur surface; nous avons montré que ces prétendus muscles n'étaient autre chose que des fibres conjonctives.

Blanchard. — Zool. méd. II. — 13

Les bras sont au nombre de 10, dont 2 plus longs (lig. 498)- ils ne sont point réunis à la base par une membrane. Les 8 bras courts portent à leur face interne deux rangées de ventouses pédiculées {Sepia) ou sessrtes (Loligo), lisses sur leurs bords [Sepiolu), denliculécs

Fig. •i08. — Sepia officinalis, vu par la face ventrale.

(Ommastrcplws) ou remplacées par des griffes cornées (EnoploteutlM Onyckoteuthis). Chez le mâle, le troisième (Rossia) ou le quatrième bras gauche (Sepia, Loligo) se transforme en un heclocolyle ou organe d'accouplement. Les deux bras tentaculairessont situésde chaque côté/

OltDHE OliS DIDRANCBES. H)!'.

enlre ceux de la troisième el de lu quatrième paires. Ils soûl grêles sur toute leur longueur, si ce n'est que leur extrémité se dilate en une sorte de spatule dont la face interne porte encore des ventouses ou des crochets. Ces bras peuvent être beaucoup plus longs que le corps (Cranckia, Loligopsis) ou Cire très réduits (Veranya). Ils peuvent être rétractés entièrement dans une poche située à leur base (Scpia, Scpiola); d'autres Ibis, il ne se rétractent nÇ' 49^ — Coquille que partiellement (Lohgo) ou même ne sont au- „//v cunement rétractiles {Loligopsis, Ommastrephes). Les bras sont essentiellement des organes locomoteurs et préhen-

scurs : gra.ee aux ventouses ou aux crocliels qui les Couvrent, l'animal peut se lixer solidement aux rochers ou maintenir sa proie. Celle-ci est-elle hors de leur portée, l'animal déroule ses bras tenlaculaires et les projette vivement.

Les Octopodes, dont le type est le Poulpe ou Pieuvre (Octopus vulr garis), n'ont ni coquille, ni nageoires. Les huit bras sont tous égaux

— Argonaula argo, femelle nageant, 1/4. La petite flèche indiqua la direction du courant qui sort de l'entonnoir; la grande flèche, celle dans laquelle l'animal est chassé par le recul.

entre eux et sont réunis à leur base par une membrane (Oclopus), qui s'étend parfois jusqu'à leur extrémité (Cin'Oteuthis) ; cette membrane peut ne réunir que quatre (Tremoctopus) ou six bras (Histioteuthis), les autres demeurant libres. Leur l'ace interne est armée d'une (Elcdonc) ou deux rangées de ventouses sessiles. L'hectocotyle se forme chez le mâle aux dépens d'un bras de la troisième paire {Oclopus, Elcdonc, Cirroteuthis)) & 7> du troisième bras droit (Phi-

loncxis, Tremoctopus) ou du troisième bras gauche (Argonauta),

L'Argonaute mâle est de petite taille et ne diffère en rien de la description qui précède. Chez la femelle (fig. 503), les deux bras dorsaux se dilatent en une grande raquette et sont rejetés en arrière, de façon à entourer le corps entier; leur surface sécrète des mucosités chargées de sels calcaires et il se produit ainsi une mince et frôle coquille, en forme de nacelle. Argonaula argo vit dans la Méditerranée, A. tuberculata dans la mer des Indes.

A part les différences que nous venons d'indiquer, tous les Cépbalopodes ont sensiblement la môme organisation.

L'orifice buccal conduit dans un bulbe arrondi (fig. SOS, f), musculeux et renfermant deux puissantes mâchoires. Celles-ci (fig. 504) ressemblent à un bec de Perroquet, si ce n'est que l'inférieure, b

Fig. 50'i. — Mâchoires de Céphalopod et, la supérieure; tt, l'inférieure.

ORDRE DES DIRRANCHES. 19"

recouvre la supérieure, a. Celle dernière; porle une radula et, en avant, un bouquet de papilles guslativcs. Dans le bulbe viennent se jeter des glandes salivaires, au nombre d'une seule paire chez les Dccapodes.de deux paires chez les Oclopodes ; les antérieures, g, sonl accolées au bulbe; les postérieures, h, h', sont reporlécs très loin en arrière et fusionnent leurs canaux excréteurs en un canal unique, h".

L'œsophage des Oclopodes, i, présente vers le milieu de son trajet un cœcum ou jabot, j, qui manque chez les Décapodes. Il se termine par le gésier ou estomac, /.-, sorte de sac à parois épaisses qui se continue par l'intestin,/», m'. Au voisinage du pylore, celui-ci porle un important diverticule, qui a la forme d'une poche (Sepia) ou d'un tube enroulé en spirale, / (Octnpus). L'intestin se contourne une ou deux fois sur lui-même, puis remonte pour gagner l'anus, m", percé dans la paroi dorsale du sac branchial, sur la ligne médiane et en avant des branebies.

Au tube digestif esl annexée une glande volumineuse ou foie, qui remplit presque toule la moitié antérieure du corps ; elle est formée de deux lobes symétriques, dont chacun émet un long canal qui descend le long de l'œsophage, traverse une nouvelle portion glandulaire ou pancréas, puis vient s'ouvrir au niveau du pylore, m; les deux canaux s'unissent l'un à l'autre à leur terminaison. Le foie produit un suc acide qui reflue dans l'estomac, comme l'a montré Paul Bert, et y transforme les alimenls. Le tube digestif ne présente en aucun point d'épithélium glandulaire.

Le sang présente une teinle bleuâtre qui s'accentue au contact de l'oxygène; elle est due à l'existence de Vhémocyanine, substance analogue à l'hémoglobine, mais dans laquelle le fer est remplacé par du cuivre; Paul Bert l'avait entrevue déjà, et Frédéricq l'a Tait mieux connaître.

Les deux branchies, o, sonl suspendues à la paroi dorsale et au fond de la chambre palléale. Le manteau, qui forme la paroi ventrale, est animé de contractions rythmiques, grâce auxquelles il s'écarte et se rapproche tour à tour; l'eau pénètre par la fente pal- 'ale largement ouverte, mais est rejetée au dehors par l'entonnoir, uand ces contractions se fontavec violence, l'animal est projeté par

recul.

Chaque branchie émet une veine, t, dont l'extrémité se dilate en ne oreillette, u. Par la réunion des deux oreillettes prend naissance n large ventricule, p, point de départ de tout le système artériel. On n voit partir deux artères : la première, aorte antérieure ou cépha- 'que,\,q, remonte toul le long du lube digestif, jusqu'il la base des ras; chemin faisant, elle envoie de nombreuses branches au mari-

CLASSE D1ÎS CÉPHALOPODES.

Fig, .'i05. — Anatomie du Poulpe, d'après Milnc-Edwards. — «, base des bras garnis do leurs ventouses, a' ; b, tête ; r, œil ; d, manteau ouvert et étalé: e, entonnoir; f, bulbepliaryngien ; g, glandes salivairos antérieures; h, h', glandes salivaires postérieures; /(",ieur conduit excréteur; r, œsophage ; j, jabot ; /.', gésier; /. estomac spiral ; m, extrémité pylorique de l'intestin el, de chaque côté, les tronçons des canaux hépatiques: m', circonvolutions de l"ir»i

OHDRE DES DIMANCHES. 10'J

teau •' à l'estomac, 3, an foie, '», à l'œsophage, S, aux glandes salivaires.O, au pharynx, 7,8, à l'entonnoir, 0,12, aux paupières, 10, nui. se termine dans les bras, 13. L'autre vaisseau ou aorte postérieure, l't, se distribue à tous les autres organes; elle se divise presque aussitôt en branches qui se rendent aux branchies, 1S, àl'inteslin, 16, à la région anale, 17, et au péricarde, 18. Chez le Poulpe, le ventricule donne encore naissance, par son bord postérieur, à une : aorte accessoire ou artère génitale, 10, qui se rend à l'appareil reproducteur.

Le système veineux est de constitution plus variable ; du Poulpe à la Seiche, il présente de notables différences. Chez le premier, le sang qui revient de la partie profonde des bras se déverse dans une vaste lacune, qui n'est autre chose que la cavité générale du corps et qui reçoit le sang de la plupart des organes. A la partie externe des bras passent d'autre part deux grosses veines qui, à la base de ces appendices, s'unissent entre elles, puis se fusionnent avec leurs congénères pour constituer un tronc volumineux, la veiné céphalique. Celle-ci se porte en arrière, le long de la ligne médio-ventrale ; au voisinage de l'estomac, elle se divise en deux veines raves, r, qui marchent vers les branchies; avant de s'y terminer, chacune d'elles se renfle en une poche contractile ou mur veineux, s, au delà de laquelle elle prend le nom d'artère branchiale, s'. Enfin, le fond de la cavité générale émet deux gros canaux ou tubes péritonêaux, 23, qui déversent dans la veine céphalique, avant sa bifurcation, le sang dont cette cavité est remplie. Une veine impaire et deux veines latérales postérieures amènent encore à la veine céphalique et aux veines caves le sang de la partie postérieure du corps. Grâce à celte richesse . vasculaire, tout le sang doit traverser les branchies, caractère de supériorité que ne présentent pas les autres Mollusques.

Aux veines caves sont appendues d'innombrables petites vésicules dont la cavité communique avec celle des veines : elles constituent

tostin ; m", anus rejeté de côté ; n, ovaire; n', oviducte ; o, brancliie ; p, ventricule aortique nu cœur médian (Guvier) ; q, aorte antérieure ou céphalique ; /•, veine cave coupée près de son origine et rejetée de côté; r', rein ou appendice glanduleux de la veine cave; .s, cœur veineux; s', artère branchiale; /, vaisseau branchio-cardiaque ou veine branchiale; u, oreillette du

I cœur aortique ; v, tégument de l'abdomen ; 1, origine de l'aorte céphalique ;

l 2, artères palléales; 3, a. gastrique; 4, a. hépatique; 5, a. œsophagiennes; G. a. salivaire; 7, 8, a. pharyngiennes; 9, a. principales de l'entonnoir; 10, a. palpébrales; 11, a. auriculaires ; 12, a. dorsales de l'entonnoir; 13, a. tentaculaires; 14, a. aorte postérieure; 15, a. nourricières des branchies; 16, a. (luodénale; 17, a. anale; 18, a. péricardique; 19, a. génitale profonde; 20, veines du manteau; 21, tronc veineux du support branchial;

j 22, réseau veineux occupant l'intérieur de ce support; 23, origine des conduits fini se rendent de la cavité abdominale a l'origine des veines caves.

les Vttn& ou corps spungiciu; r' ; c'est à leur inlérieur que se logent les fthombozoaires (t. 1, page 292). Chaque rein est tapissé extérieurement par une membrane délicate qui n'est autre chose que le fond d'un sar. rénal : celui-ci renferme divers produits d'excrétion, parmi lesquels Harless aurait reconnu l'acide urique, et débouche dans la chambre palléale au sommet d'une petite papille située à côté de l'anus.

A l'exception'du Nautile, tous les Céphalopodes possèdent une poelil ci encre; cet organe sécrète un liquide d'un noir intense, que l'animal projette en cas de danger, de manière h produire un nuage épais qui le dérobe à la vue de ses ennemis. La poche estpiriformc, à grosse extrémité dirigée en arrière ; son col longe le rectum et débouche dans celui-ci, plus ou moins loin de l'anus, par un orifice muni d'un sphincter. Le noir desséché sert à la fabricalion d'une couleur brune, connue en peinture sous le nom de sépià.

Le système nerveux a la même disposition fondamentale que chez les autres Mollusques, mais est plus perfectionné. Les ganglions cérébraux, pédieux ou viscéraux sont concentrés dans la tête et fusionnés en une masse péri-cesophagienne qui se trouve abritée par une boîte cartilagineuse à chondroplasles rameux. Certains nerfs sont renforcés le long de leur trajet par des ganglions, véritables centres autonomes dont Paul Bert a reconnu les fonctions.

Les ganglions cérébraux émettent de chaque côté un nerf gros et court qui aboutit à l'œil. Celui-ci est enchâssé dans une dépression cupuliformc du cartilage cépbalique : son organisation compliquée est comparable à celle de l'œil des Vertébrés; le cristallin est sphcrique; la réline est formée de sept couches environ, dont une couche de bâtonnets qui est la plus interne, à l'inverse de ce qui a lieu chez les Vertébrés. La cornée Tait défaut; on décrit pourtant sous ce nom une membrane transparente qui passe au-devant de l'œil, mais ce n'est qu'une expansion <lc la membrane qui tapisse l'orbite et non la continuation de la sclérotique; cette membrane est percée d'un trou qui laisse arriver l'eau jusqu'au cristallin; elle peut manquer totalement (Loligopsis, Histioleuthis).

Les deux otocystes, situés à la partie postérieure du cartilage céphalique et innervés par les ganglions pédieux, ont une structure très perfectionnée. Delage a montré qu'ils étaient le siège de la coordination des mouvements. Enfin, on considère comme l'organe olfactif deux fossettes vibratiles, situées derrière les yeux et innervées par un nerf qui naît du cerveau, à côté du nerf optique.

Les sexes sont séparés. L'organe mâle (fig. HOfi) est impair. Le testicule, t, occupe la partie postérieure du sac viscéral ; il est renfermé dans une capsule péritonéale et entouré d'une paroi conjonctive, a;

ORDRE DBS DIBRANGBES.

il est formé d'une foule de petits culs-de-sac, g, qui viennent tous déverser le sperme dans le canal déférent, d, Ce canal se détache du

ARIIOUI

Fig. 506. — Appareil génital mâle do Sepia officinalis, d'après Duvcrnoy. — a, membrane propre du testicule; c, début do la vésicule séminale; e', sa terminaison sur la prostate; d, canal défèrent; son embouchure dans la vésicule séminale; e, réceptacle de Needliam; e', union de la vésicule séminale avec ce réceptacle ; /', canal excréteur du réceptacle de Necdham, dont l'extrémité formo le pénis; g, culs-de-sac des tubes séminifères; k, boudin de spermatozoïdes arrivant dans la vésicule séminale; /, portion traus-proslatif|ue de la vésicule séminale; m, n, vésicule séminale; p, prostate; q, ca:cum annexé à la prostate; /, testicule. — N. B. Le tube qui fait suite h la prostate doit être marque / au lieu do e.

le o

testicule à la partie antérieure et à gauche; il se pelotonne plusieurs ois sur lui-même, puis se jette clans la vésicule séminale, il'. Celleci présente à son début un caecum contourné sur lui-même, c, puis

se continue en avant sous l'orme d'un large canal, m, n. La première portion est ornée à sa face interne de profonds sillons longitudinaux, dans lesquels le sperme s'enfonce et se fragmente en petits boudins.

La seconde portion est parcourue par une crête spirale : elle produit certaines sécrétions dont s'entourent les boudins spermatiques.

La vésicule séminale se rétrécit à son extrémité antérieure; elle reçoit alors un élroit canal que Brock a vu s'ouvrir dans la capsule péritonéale, puis porte deux grands caecums. L'un d'eux, p, connu sous le nom de prostate, a sa face interne ornée de plis rayonnants; l'autre, q, a une paroi lisse. Plus loin, la vésicule séminale, l, finit par s'e jeter dans le sac à spermatophores ou rêceptwle de Necilham, e. Ce vaste sac, à parois minces et musculeuses, est parcouru suivant sa longueur par une crête spiraloïde dont la surface sécrète un liquide visqueux qui englue les spermatophores; il s'effile en avant, /', et s'ouvre dans la chambre palléale par une fente transversale déjetée à gauche.

Les spermatophores (fig. S07) remplissent complètement le réceptacle de Needham ; leur mode de formation est encore peu connu. Ce sont de petits tubes cylindriques, longs de 2 centimètres environ et servant de véhicule au sperme ; Redi les découvrit et les prit pour des Vers; Needham a reconnu leur vraie nature. Chacun d'eux est constitué par un étui, a, formé de deux tuniques : l'externe, 6, est assez résistante; l'interne, c, est membraneuse et contractile. La moitié postérieure renferme le réservoir spermatique, e, sorte de sac rempli de spermatozoïdes. La moitié antérieure est occupée par un appareil éjaculaleur fort compliqué, réuni a la portion précédente par un petit ligament ou connectif, e', et s'enroule encore à l'extrémité, cl. L'appareil éjaculaleur, f, comprend un sac, h, qui s'effile en

G <U t» CL

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ORDRE DES DIBRAflCBEg.

avant, A-, pour se continuer par la trompe, i, ou tube contourné en

hfcontact de l'eau, le spermatophore ne tarde pas à s'ouvrir à r« émite antérieure ; la trompe est expulsée par le retrait de la t» i le TZl et entraîne à sa suite le reste de l'appare.1 éjaculo eur "rie réservoir sperma.ique. Ce dernier se laisse alors gonfler par 1 eau et se déchire, mettant les spermatozoïdes en liberté. L'organe femelle (fig. 508) est également impair ; il est contigu a la

a od

ov — ■

g. 50S. — A, appareil génital femelle de Se/jia officinalis. — a, anus ; </, glandes accessoires de l'oviductc ; gn, glandes nidamentaires ; i, intestin; od, extrémité de l'oviducte; oc, ovaire. — B, œufs pondus.

ortion terminale de l'intestin, i. L'ovaire, ov, est une grosse glande arrondie, enveloppée dans une capsule périlonéale où tombent les œufs qui se détachent de sa surface. Par son extrémité antérieure cette capsule se continue par un seul oviducte, ov, développé à gauche (Décapodes), ou deux oviductes symétriques (Octopodes); chez le Nautile, on n'observe qu'un oviducte à droite. L'oviducte débouche dans la chambre palléale par un orifice, od, peu éloigné de la base de l'entonnoir; il va en s'épaississant et comprend môme dans son épaisseur, vers sa terminaison, deux glandes feuilletées, <j, dont les fonctions sont encore inconnues.

L'œuf pondu dans la chambre palléalc reçoit en celle cavité • la produit de sécrétion des deux glandes nidamenlaires, gn, qui sont renfermées dans une capsule spéciale du péritoine el n'existent que chez les Décapodes; le Nautile n'en possède qu'une. Leurs canaux excréteurs débouchent à côlô de l'oviducle et déversent sur les œufs une substance visqueuse qui les agglutine el leur permet de se fixer aux plantes sous-marines, ce qui leur a valu le nom de raisins de met (fig. .'i08, B); les œufs des Octopodes sont pondus isolés.

L'accouplement, fort remarquable, était déjà connu d'ArisloU' ; les descriptions du philosophe grec n'ont élé confirmées qu'en I80I par Veranv, et Vogt. Les deux animaux se saisissent par leurs leutacules et s'accolent bouche contre bouche, entonnoir conlre entonnoir; puis le mâle introduit dans la chambre palléale de la femelle son heclocotyle chargé de spermalophores ; ceux-ci cclalenL dans l'eau et mettent les spermatozoïdes en liberté.

Vhectocotyle (fig. SOU) est l'organe copulateur, provenant d'une cu-

Fig. jCM). — Heclocotyle dans sa vésicule.

rieuse transformation de l'un des bras du mâle. U s'élargit rorlementà sa base et se creuse d'une cavité qui débute par un petit orifice percé à la race dorsale, le parcourt dans toute sa longueur, sert de réservoir aux spermalophores; ses ventouses se modifient sensiblement. 11 se termine par un filament flabelliforme ou fouet plus ou moins long (fig. 510, c), développé dans une poche spéciale, l>.

Chez certaines espèces d'Octopodes (Argonauta argo, Philonexis carenx, Tremoctopus violaceus), le bras qui va s'hectocotyliser se renferme d'abord dans une poche située à sa base (fig. &09 ; fig- !>10, a , puis se détache complètement : il se meut alors librement dans l'eau, grâce aux contractions de son fouet, tandis qu'un autre bras va se reconstituer à sa place. On le trouve isolement dans le sac branchial

ORDRE ORS DiBBANÛHES. 20.-i de lu femelle, ce qui a été la source des opinions les plus variées. Cuvior le prenait pour un helminthe, qu'il dénommait llectocotyliis octopodis. KolliUer crut y reconnaître le mâle, chez ÏYemoctopus, et lui décrivit en détail un tuhe digestif, des viscères, des appareils circulatoire et reproducteur, etc. Dujardin émit l'avis que ce n'était qu'un simple bras, et Verany et Vogt en donnèrent la démonstration. Pour les Céphalopodes à hec cotyle non sessile, Steenslrup a constaté que cet organe se développe à des degrés très divers.

L'œuf est télolécithe et subit la segmentation partielle. La larve n'est pas ciliée et n'a que de lointaines ressemblances avec celle des autres Mollusques.

Un grand nombre de Céphalopodes entrent dans l'alimentation de l'Homme; les anciens en étaient très friands, et cette coutume s'est conservée sur toutes les côtesd'Italie, de Grèce, de France et d'Algérie ; elle se retrouve encore au Chili, au Brésil, aux Antilles, en Chine, au Japon, etc. On attribuait autrefois à la chair de ces ani-

maux des vertus singulières, par exemple d'être aphrodisiaque ; aujourd'hui elle n'a d'autre valeur que celle d'un aliment ordinairement coriace et peu nourrissant.

Fig. 510. — Tremoctopus caréna mâle avec l'hectocotyle, d'après Verany et Vogt. — a, ouverture du sac qui contenait l'hectocotyle; b, vésicule qui contenait le fouet; c, fouet.

P. Bort, Mémoire sur la physiologie de la Seiche. Mcm. de la Soc. des se pliys. etnat. de Bordeaux, V, 1807.

L. Frédéricq, Sur l'organisation et la physiologie du Poulpe. Bull Acad des se. de Belgique, XLVI, p. 710, 1878. ' '

P. Girod, Rec/ierultes ttuv. la poche du unir des Céphulopodes. Arch. do zool. expérfm., X, 188?.

P>. Blanchard, Sur les chromatophores des Céphalopodes. Bull, de la Soc. zool. do France, VII, p, 1882. Comptes rendus de l'Acad. des sciences' XCVI, p. G55, 1883.

Y. Delage, Sur une fonction nouvelle des olocysles. Arch. de zool. expérim À (2), V, 1887.

On ne saurait indiquer actuellement d'une façon satisfaisante les relations des Mollusques avec les autres êtres; toutefois, des faits incontestables les rapprochentdesVers. Les Polyplacophores et les Aplacophores semblent établir le passage vers les Géphyriens ou vers les Annélides; le rein de certains Opislhobrancbes rappelle l'organe segmentaire des Cliétopodes ; la larve ciliée des Ptéropodes et des Gasléropodes a de la ressemblance avec celle de ces derniers. A cela se bornent à peu prés nos constatations, et il serait prématuré de dire par quelle série de types intermédiaires les Mollusques se sont très anciennement différenciés des Vers. Les rapports des diverses classes de Mollusques entre elles ne sont pas plus certains.

KAlBRANCllKMRiNT DES ARTHROPODES

Ce vaste embranchement renferme des animaux dont le corps est formé d'anneaux héteronomes et porte un nombre variable de pieds ou appendices locomoteurs, dont chacun comprend plusieurs segments placés bout à bout et articulés entre eux. D'une façon générale, ces animaux vivent dans l'eau et respirent par des branchies {Crustacés) ou vivent sur terre et respirent par des trachées {Arachnides, Onychophores, Myriapodes, Insectes). On divise donc les Arthropodes en deux sousembranchements (Brancuiks et Trachéates) et en cinq classes.

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