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KMHIÎANCIIKMKNT DUS MOLLI 'SUTES

CLASSE DES LAMELLIBRANCHES

Les Lamellibranches, encore appelés Acéphales, Vélùcypodes et Bivalves (fig. 435), ont été longtemps réunis aux Brachiopodes, auxquels ils ressemblent par l'absence de lêle et par la présence d'une

Fig. 455. — Venus Dombeyi. Fig. 45G. — Coupes verticales schématiques

d'un Lauiellibranche, A, et d'un Gastéropode, B. — br, branchie ; m, manteau; />, pied.

coquille formée de deux valves; nous avons indiqué déjà que cette ressemblance est purement extérieure.

Le corps est symétrique (fig. 456, A) et comprimé latéralement; à sa partie inférieure est suspendu un pied, p, diversement conformé, et de chaque côté de la face dorsale naît un grand repli cutané qui s'infléchit en bas pour envelopper le corps à la façon d'un manteau, m. Entre le pied et le manteau, dans le sillon palléal, s'attachent de chaque côté deux branchies lamelleuses, br. L'espace compris entre les deux lobes du manteau est la cavité palléalc.

L'épithélium qui revêt la face externe du manteau (fig. 457, d) est recouvert d'une cuticule plus ou moins épaisse, plus ou moins transparente, a, que les conchyliologistes connaissent sous le nom impropre à'èpidcrmc, de périostracum ou de drap marin. Cet épithélium

renferme des cellules glandulaires produisant des sels calcaires qui se déposent à sa surface, c'est-à-dire au-dessous de la cuticule et s'organisent en une coquille ou lest, formée par la superposition d'un grand nombre de lamelles, e; la zone extérieure est parfois composée de prismes verticaux, b, dont la structure est analogue à celle de l'émail des dents.

La coquille est lisse ou ornée d'appendices plus ou moins développés, d'une teinte uniforme ou marquée de taches ou de stries colorées; la matière colorante est azotée et. est détruite par les acides faibles ou par une température modérée. La coquille est constituée par

Fig. 457. — Coupe du test et du manteau de l'Anodonte, d'après Leydig. — a, cuticule; b, couche des colonncttes; c, couche feuilletée du test; d, épithéliura externe du manteau, avec lacunes glandulaires ; e, couche conjonctive du manteau; f, épithélium interne.

du carbonate de chaux, mélangé à une faible proportion de phosphate de chaux (1 pour 100 au maximum) et de matière organique. Cette dernière est la conchioline, isomère de l'osséine : elle est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, et ne donne pas de gélatine par l'ébullition; elle ne se dissout que 1res lentement dans les alcalis et les acides.

La forme du test est très variable : les deux valves peuvent être identiques (Mytilus), ou bien l'une est plate et l'autre fortement bombée (Pecten); elles sont plus ou moins circulaires (Ostrea) ou s'allongent considérablement (6g. 4S8) ; elles restent parfois rudimentaires, auquel cas le Mollusque peut s'entourer d'un tube calcaire sécrété par le manteau (Aspergillum, 6g. 470).

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Les deux valves s'affrontent exactement par leur bord libre, sauf chez l'Anomie et chez les espèces perforantes {Pholas, Teredo). Elles forment, du côté dorsal, une charnière ou carda, constituée par l'inlrication réciproque de dents et de fossettes dont on tient grand compte pour la classification (fig. 459). Dans cette charnière se trouve un double ligament : la portion externe est le desme, l'interne est le chondre; ce dernier est élastique et a pour fonction de maintenir béante la coquille, sans que le Mollusque ait à produire aucun effort.

L'occlusion du test se fait au contraire au moyen d'un appareil musculaire spécial. Suivant les cas, le muscle adducteur des valves est simple et central (fig. 4(Î0) ou double et excentrique (fig. 4o9); il laisse à la face interne de chaque valve une impression plus ou moins profonde. Lamarck divisait, d'après ce caractère, les Lamellibranches en Monomyaires [Ostrca, Pecten, Lima) et en Dimyaires, ces derniers étant de beaucoup les plus nombreux ; cette classification est actuellement peu usitée. L'adducteur unique des Monomyaires est formé de deux portions histologiquement dissemblables ; nous avons montré que, chez certaines

) ig. iâ8. —Sotcn vagina.

Fig. 459. - Valve de Cytliércc. - a, extrémité antérieure ; b, extrémité postérieure; c, crochet ou apex; d, bord ventral; m, m', impressions des muscles adducteurs des valves ; n, sinus formé par l'impression palléale et occupé par le muscle rétracteur des siphons.

espèces nageuses {Peetenfa&abœm, P. maximus), l'une de ces portions est constituée par des fibres présentant une admirable strialion transversale. A part celte exception qu'explique le genre de vie particulier

aux animaux qui la présentent, l'élément musculaire des Lamellibranches est une très longue fibre lisse, plus ou moins nettement décomposée en fibrilles.

La face interne de la coquille est encore marquée d'une ligne qui court à quelque distance du bord inférieur : cette impression vaUéak correspond au bord du manteau; elle présente souvent un sinus

recourbé en avant (fig. 439, n), en particulier chez les Siphoniens.

La coquille s'épaissit donc par l'apport incessant de particules nouvelles déposées à sa face interne par l'épilhélium externe du manteau ; elle s'allonge d'une façon identique, par le dépôt de parties nouvelles sur le bord de ce dernier. Les couches calcaires de nouvelle formalion ont souvent un aspect irisé, brillant, opalin et constituent la nacre.

Les perles ont la môme origine, la môme structure et la môme composition que celle-ci: ce sont des concrétions de carbonate de chaux formées autour d'un corps étranger, soit à l'intérieur, soit en dehors du manteau.

Chez les Anodontes et les Mu- ■ a, valve gauche ietles mnio\ d'Italie, F. de Filippi les a vues se produire autour d'un parasite (Distoma dublicatum) renfermé dans l'épaisseur du manteau; en Allemagne, Kiichenmeister a observé leur formation autour de l'œuf ou de la larve hexapode d'un Acarien (Alax ypsilophorus) qui se rencontre assez souvent dans la cavité palléale de ces mômes Mollusques; von Hessling a précisé toutes ces notions.

On sait, du reste, que les perles ne sont autre chose que des productions pathologiques : voilà longtemps que les Chinois ont imaginé de provoquer artificiellement leur formation. Dans ce but, ils font au

Fig. 400. —Osti cu edutis.

ou concave, vue par sa face interne et présentant l'impression du muscle adducteur, m; b, valve droite ou plane.

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manteau une petite lésion, pour activer la sécrétion de la nacre, ou bien ils introduisent sous celui-ci de petits corps étrangers, ordinairement des images de Bouddha, autour desquels la nacre se dépose par couches concentriques.

Les perles sont ordinairement rondes; leur taille varie depuis les dimensions les plus exiguës jusqu'à celle d'un pois; par exception, elles atteignent la grosseur d'une noix. Leur surface est lisse, rarement rugueuse ou tuberculeuse. Elles ont communément la môme couleur que la nacre ; d'autres sont jaunâtres, verdâlres, rosées, blanchâtres, grisâtres ou enfumées, voire même violacées et noirâtres.

Les plus belles perles sont produites par l'Aronde perliôre ou Pinladine (Meleagrina margaritifera L.), qui vit à de grandes profondeurs dans la mer des Indes, dans le golfe Persique, aux îles Touamolou (archipel laïtien) et jusque dans le golfe du Mexique. Rien ne s'oppose à ce qu'on la cultive et l'élève dans ces régions, comme on fait en Europe pour les Huîtres comestibles. Celle espèce n'est d'ailleurs point la seule à produire des perles : la Muletle perlière [Margaritana margaritifera), très répandue dans les torrents des montagnes de l'Allemagne du sud, donne les perles d'eau douce ; les rivières de l'Amérique du nord renferment des espèces analogues. Citons encore Avicula liirundo, Malleus vulgaris, Venus virginea, Pinna 7iobilis et même Ostrea edulis.

Les coquilles d'Huîtres ou d'autres Lamellibranches étaient en grande faveur dans l'ancienne pharmacopée; on les employait réduites en poudre. Pline les croyait très efficaces dans le lénesme et les ulcérations delà vessie; Nunès les conseillait dans l'anaphrodisie; plus récemment Maréchal de Plancoëtles préconisait contre la rage; elles faisaient partie du fameux lithontriptique de MUa Stephens. Avec plus de raison, Lemery les considérait comme apéritives, absorbantes et antiacides.

La nacre était elle-même employée de diverses manières. Le niire perlé, qu'on administrait à la dose de 6 à 24 grains dans les fièvres graves, était un mélange de nacre pulvérisée avec huit fois son poids de nitrate de potasse. La poudre de nacre ' constituait à elle seule un fard connu sous le nom de nacre de ■perles préparée; elle entrait encore dans la composition de l'emplâtre styptique et de la poudre pectorale. Les perles ont aussi joué un rôle important dans la théra-

peutique : elles entraient dans la confection alkermès et dans la poudre diarrhodon. Celles de la Mulette perlière, appelées perles d'Ecosse ou perles d'apothicaires, servaient à l'état de poudre à la confection d'un électuaire. Les perles jouissaient d'ailleurs de la môme réputation que la nacre ou la coquille : « on les estime cordiales, dit Lemery, propres pour résister au venin, pour reparer les forces abatues; mais leur principale vertu est de détruire et d'amortir les acides comme font les autres matières alkalines; ainsi elles sont bonnes pour les âcretez de l'estomac, pour la faim canine, pour les cours de ventre, pour les hemorrhagies; la dose en est depuis 6 grains jusqu'à demi-dragme. »

La chimie, en dévoilant la composition de ces remèdes merveilleux, les a fait disparaître de l'arsenal pharmaceutique.

F. Hague, Ueber die nntùrliche und kûnstlic/ie Bildung der Perlen in China. Z. f. w. Z., VIII, p. 439, 1857.

C. Th. von Siebold, Ueber die Perlenbildungen chinesischer Sûsswusser- Muscheln. Z. f. w. Z., VIII, p. 445, 1857.

K. Môbiu.s, Die lichten Perlen. Hamburg, (859.

Von Hessling, Die Perlenmuschéln und ihre Perlen. Leipzig, 1859.

M. Weber, Pearls and pearl fislieries. Bull, of the U. S. Fisli Commission, VI, p. 321, 1887.

G. W. Criffln, The pearl fisheries of Austrtdia. Ibidem, p. 433.

Le corps du Lamellibranche est entouré par la coquille et le manteau, comme le serait un livre recouvert de deux reliures superposées. Le bord du manteau, feslonné et orné de papilles et de filaments, reste parfois libre sur toute son élendue (Oslrea, Pecten, Hytilus, Arca, Vnio, etc.). Plus souvent, les deux replis du manteau se soudent par le bord, dans la partie postérieure ; ils sont encore libres en avant, pour livrer passage au pied (Chaîna, Cardium, Cydas, Cy-

prina, etc.). Chez d'autres types (Solen, Mya, Pholas, Tercdo), la soudure des deux replis du manteau s'élend sur une plus grande longueur, sans pourtant devenir totale. Plus la fer- Fig. 401. — Tellinn ballœa montrant meture du manteau est complète, les siphons et le pied. plus on voit se développer à la ré-

gion postérieure du corps deux tubes contractiles ou siphons, que l'animal peut allonger entre les valves entre-bâillées (fig. 461) : l'eau est amenée par l'un des siphons jusqu'aux branchies, puis est expulsée par l'autre.

Le pied (fig. 456, p; fig. 402, 6) est l'organe de la locomotion; il

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fait défaut chez les espèces sédentaires (Ostrea) et présente, chez les autres, les formes et les fonctions les plus diverses. Il sert fréquemment à la fixation de l'animal : il porte alors à sa base une glande chargée de produire le byssus (fig. 462, c), substance filamenteuse de nature chilineuse, au moyen de laquelle l'animal adhère aux rochers (Peclen, Avicula, Meleagrina, Mytilus, Pinna, Dreyssena, Tridacna). Chez les Cyclades (Cyclas) et les Naïades (Unio, Anodonla, Margari- (ana), le byssus existe pendant la période embryonnaire, mais non à

Fig. 462. - Anatomie do Mytilus edulis. - a, bord du manteau; b, pied • c, byssus; d, e, muscles du pied; f, bouche; g, tentacules ou palpes Ia- ■biaux; h, manteau; i, branclrie interne; /, branchie externe.

l'âge aJulte. Celui des Jambonneaux (Pinna) est formé de filaments longs et soyeux, avec lesquels on a pu lisser des étoffes; celui de lAnomie est remplacé par une cheville calcaire, par laquelle l'animal se fixe. Th. Barrois a fait une bonne étude de cet organe.

La bouche, f, est une fente transversale logée dans la cavité du manteau, en arrière du muscle adducteur antérieur. Elle s'ouvre entre deux paires de palpes labiaux, g, qui fonctionnent comme organes du tact et servent aussi à diriger vers la bouche les particules en suspens.on dans l'eau ; ces palpes sont parfois très réduits (Chama

Psammobia); ailleurs (Tellina), ils ont de telles dimensions qu'on pourrait les prendre pour des branchies accessoires. La bouche n'a ni dents, ni mâchoires, ni bulbe pharyngien, ni glandes salivaires; à sa suite vient un court œsophage, puis un large estomac dans lequel se déversent les sucs digestifs.

^ Au voisinage du pylore, l'estomac se prolonge en un cul-de-sac qui s'étend entre les circonvolutions intestinales et loge la tige cristalline, sorte de stylet cylindrique et transparent, de consistance cartilagi'

Fig. 403. — Anodonte débarrassés do sa coquille et vue par la face dorsale. — a, anus; br, extrémité des branchies; m, manteau; o, oreillette ; p, pied; r, rectum ; v, ventricule dont la paroi a été excisée en dessus pour montrer l'intestin qui le traverse.

neuse, produit par une sécrétion de l'épithélium. Le cul-de-sac est très long chez Pholus, Donax, Solen, Tellina, Tcrcdo; chez ce dernier, Deshayes le prenait pour un second estomac; chez Dreyssena, il a encore une grande longueur, mais est dépourvu de tige. Dans d'autres lypes (Unio, Anodonta), le cul-de-sac manque, mais la tige cristalline est engagée dans l'intestin. La tige fait défaut chez les Monomyaires, sauf chez Anomia; sa présence n'est point constante dans une même espèce; ses usages sont inconnus.

L'intestin décrit dans la masse viscérale des circonvolutions plus ou

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moins longues, puis remonte vers la face dorsale : il se porle alors d'avant en arrière. Le rectum (fig. 463, r) traverse le ventricule du cœur, v, sauf dans quelques genres (Ostvea, Anomia, Tercdo). L'anus, a, s'ouvre à l'extrémité postérieure du corps, en avant du muscle adducteur postérieur des valves. Chez les Dimyaires, le tube digestif se laisse donc ramener théoriquement à un canal incurvé en U dans le sens antéropostérieur et dont les extrémités sont situées en dedans des muscles adducteurs.

A ce tube est annexée une glande volumineuse, improprement appelée foie, qui entoure l'estomac et une partie de l'intes- , tin; ses lobules déversent par plusieurs orifices, dans l'estomac et dans la partie antérieure de l'intestin, un liquide destiné à transformer les aliments.

Le cœur (fig. 464, c) est situé à la face dorsale. Il est formé d'un ventricule (fig. 463, v) et de deux oreillettes, o; il est entouré d'un péricarde (fig. 464, pn limité au ventricule chez Ostrea. Du ventricule partent un (Mytilus) ou deux vaisseaux [Anodonta), qui distribuent le sang à tous les organes; de là, il tombe dans des lacunes plus ou moins vastes, creusées dans le parenchyme du corps. Le sang est repris ensuite par trois grosses veines : une médiane, qui déverse dans le cœur le sang provenant des lacunes du pied, et deux latérales, qui conduisent aux branchies le sang sortant de l'organe de Bojanus ; de chaque branchie part une veine qui ramène à l'oreillette correspondante du sang artériel.

On a décrit sous le nom de pores aquifères des orifices qui mettraient l'appareil

W*ÏZ\iï Zy^f^a aVGC rexlérieur et P* '-quels l'anicuer Sir circonstances, absorber de l'eau ou éva-

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Fig. 404. — Cœur et organe de Bojauus de la Mulettc, d'après de Lacaze-Duthiers.

— c, cœur; ce, poche centrale de l'organe de Bojanus; cp, sa poche périphérique ; mp, muscle postérieur des valves; ov, orifice génital; p, péricarde ; pe, orifice externe de la poche périphérique; pi, orifice péricardique ou interne de la poche centrale ; )•, coupe de l'organe de Bojanus.

des organes s'expliquent suffisamment par un déplacement rapide de la masse sanguine.

L'appareil respiratoire est constitué par deux paires de branchies (Bg. 456, br; fig. 462, rarement par une seule paire (Corbis, Ludna). Les deux branchies d'une même paire sont tantôt égales (oltrca Pecten, Mytilus), tantôt inégales : l'externe est alors la plus longue (Petricola), parfois môme elle pénètre jusque dans les siphons (Plûtes, Teredu). En réalité, chaque branchic est double et se comporte à la raçon d'une planche hors texte, qui ne peut rentrer dans un livre qu'à la condition d'être repliée sur elle-même : la branchie externe est repliée en dehors, l'interne est repliée en dedans. Les deux lames d'une même branchie délimitent un espace interbranchial, plus ou moins subdivisé par des cloisons conjonctives en une série de compartiments lacunaires, dans lequels l'eau pénètre par des orifices percés sur le bord libre et sur la surface entière des lamelles. Le bord adhérent de chaque lame est parcouru suivant sa longueur par deux veines et par une artère à laquelle arrive le sang qui sort de l'organe de Bojanus; cette dernière est l'origine d'une foule d'artérioles qui se ramifient dans la branchie, puis tombent dans des lacunes d'où partent des veinules dont la réunion donne naissance aux deux veines susdiles; celles-ci s'unissent entre elles et avec les veines des autres lames branchiales du môme côté, pour former le tronc veineux quL vient se jeter dans l'oreillette. La branchie lamelleuse est caractéristique des Lamellibranches, qui lui doivent leur nom; sa surface est tapissée d'un épilhélium vibralile, qui assure tout à la fois le renouvellement de l'eau et la progression des particules solides vers l'orifice buccal.

Sabatier considère encore comme servant à la respiration les organes godronnés, situés dans l'angle formé par la branchie et le manteau ; on les rattachait autrefois à l'organe de Bojanus.

Cet organe, ainsi appelé du nom de l'anatomiste qui l'a découvert, représente l'appareil excréteur. 11 est constitué par deux sacs glandulaires allongés, symétriques, disposés entre les branchies et le péricarde (fig. 464, p). Chaque sac, r, comprend une portion glandulaire spongieuse, fortement plissée, ce, et une région non glandulaire,, lisse, superposée à la précédente et jouant le rôle de canal excréteur, cp. L'organe est jaune ou brun ; ses parois sont parcourues par: un riche réseau capillaire; son épilhélium interne renferme desconcrétions de guanine et d'acide urique. La poche centrale, ce, s'ouvre dans le péricarde par un orifice particulier, pi (Unio, Ano-donta, Cardium, Pholas). Le canal excréteur, cp, vient déverser les? produits élaborés par la glande soit directement au dehors, à côté de. l'orifice sexuel (Unio, Maclra, Cardium), soit dans l'oviducte (Arca,

CLASSE DES LAMELLIBRANCHES. ICI L„a)- ailleurs enfin, les glandes génitales amènent leurs produits dans le' corps de Bojauus (Pcclen, Lima, Spondylus) .

le système nerveux est bien développé et présente de notables vanations d'un type à l'autre (fig. 465). Au-dessus de là bouche se voient deux ganglions buccaux ou susœsophagiens, a, réunis l'un à l'autre par une commissure plus ou inoins longue, mais parfois rapprochés au point de se confondre en une seule masse (Mactra, Cytherea); ils envoient des filets nerveux à la bouche, aux palpes labiaux et à la région antérieure du manteau. Chacun de ces ganglions émet une longue commissure qui se porte en arrière et en bas et qui aboulit, en arrière du muscle adducteur postérieur des valves, à un ganglion viscéral oubranchial, c.

Les ganglions branchiaux Fig. 4G5. — Système nerveux des Lamol-

rAM„is |»„n •, l'anlrP nar librancb.es. - A, Teredo. U, Anodonta. sont reunis 1 un a 1 autre pai /v ^ ^ gauglions sus.œsoplia.

une courte commissure Irans- gjcns; ^ gangu0ns pedieux ; c, ganglions versale (Pcclen, Mylilus, Li- viscéraux.

tkodomus), ou sont, au contraire, fusionnés en une seule masse (Anodonla, Mactra, Mya); cliez les types à branchies bien développées, ils peuvent être accompagnés d'un ganglion latéral de renforcement (Teredo, Tridacna). Us émettent un grand nombre de filets qui vont se perdre dans les branchies, les viscères et le manteau; ils envoient aussi aux siphons des nerfs volumineux, sur le trajet desquels se trouvent des ganglions supplémentaires, lorsque les siphons sont de grande taille (Lutrarin, Afuctra, Solen).

L'ensemble des ganglions buccaux et branchiaux et de leurs commissures constitue le collier viscéral. A cela se réduit le système nerveux chez les Lamellibranches dépourvus de pied (Oslrca) ; mais, quand le pied existe, même à l'état rudimenlaire (Pcclen), on trouve ,à sa base une paire de ganglions pédieux, b, reliés aux ganglions buccaux par deux commissures d'autant plus longues que le pied est lui-même plus reporté en arrière.

Les sens sont peu développés. Le loucher s'exerce par le pied, l'extrémité du siphon, les lobes buccaux et surtout par les papilles ou Ulanciiah». — Zool. niéd. II. — M

tentacules filamenteux {Lima) du bord du manteau : des cellules surmontées d'un bouquet de poils tactiles, en relation avec les nerfs du derme, sont disséminées dans toutes ces régions, à la surface de l'épiderme.

Les olocysles semblent manquer dans bon nombre d'espèces. Ils sont au nombre d'une paire et reposent sur les ganglions pédieux, mais sont innervés par un filet venant des ganglions buccaux. Ce sont des vésicules spbériques, revêtues intérieurement d'un épilhélium vibralile et renfermant un ololithe, rarement deux (Clrionc, Cythèreti).

Les yeux existent souvent chez la laeve, mais sont rares chez l'adulte. Dans quelques genres, ils sont réduits à de simples taches pigmenlaires, placées sur le bord du manteau, dans sa région postérieure (Arca, Pectunculus, Tcllina), ou à l'extrémité du siphon (Solen, Mactra, Venus). Par exception, ils atteignent chez Peclen et Spondylus un haut développement et ont l'aspect de petits boulons pédiculés, rouge brun, à reflets métalliques, disséminés entre les tentacules du

Fig. 466. — Bord du manteau do Pecten maximus.

bord du manteau (fig. 406). J. Chatin y a reconnu toutes les parties constitutives de l'œil des animaux supérieurs : les cellules de la choroïde contiennent des granulations pigmenlaires de diverses couleurs; la réline est formée d'une couche de bâtonnets, auxquels aboutissent des fibres provenant du nerf circumpalléal.

Les sexes sont séparés, à quelques exceptions près (Oslrea, Peclen, Janira, Tahdora, Cyelas, Clavagella) ; toutefois l'hermaphrodisme est peut-être plus fréquent qu'on ne le suppose, un même individu pouvant produire successivement des spermatozoïdes et des ovules ; dans des genres unisexués (Vnio, Anodonta), il n'est point rare d'observer des individus hermaphrodites.

L'appareil génital est constitué par une paire de glandes en grappes, symétriquement disposées sur les côlés du foie et autour des replis de l'intestin; elles s'étendent jusque dans la base du pied, parfois môme sont contenues en partie {Anomia) ou en totalité {My-

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tilus) dans le manteau. Ces glandes ont la même structure dans les deux sexes ; à l'époque de leur maturité, elles sont rouges chez la remelle et laiteuses ou jaunâtres chez le maie. Leurs conduits excréteurs viennent s'ouvrir de chaque côté de la base du pied, au voisinage de l'orifice de l'organe de Bojanus (l>eclunculus, Anodonta, Vnio, ftg. 464, ou); les deux orifices sont parfois confondus (Arca, Pinna,

Fig. -4G7. — Organes génitaux de l'ecten glaber, d'après de Lacaze-Duthirrs — «, conduits excréteurs du testicule et de l'ovaire ; b, leur orifice commun' dans l'organe de Bojanus; c, orifice de l'organe de Bojanus; d, petits îlots ovariens épars dans le testicule ; o, ovaire; testicule.

Mi/tilus) ou môme la glande génitale déverse ses produits dans la ca vite du corps de Bojanus (Lima, Spondylus, Pccten, fig. 467, b).

Chez les espèces hermaphrodites, les follicules mâles, t, et femelles, o, sont très distincts et s'ouvrent isolément à l'extérieur (Van- Bbro] ou bien débouchenlpar un canal excréteur commun, 6 (Perlai, Cluvagella, Cyclas) ; d'aulres fois, le même cul-de-sac fonctionne successivement comme testicule et comme ovaire (Ostrea, Cardium norve- (li'itm).

Il n'y a pas d'organe copulateur. La fécondation se fait dans la cavité palléale de la femelle, à l'aide de spermatozoïdes amenés par l'eau. Les hermaphrodites peuvent se féconder eux-mêmes, mais seulement dans le cas où les œufs et les spermatozoïdes arrivent simultanément à maturité (Cardium serralum). Chez Cyclas, les œufs s'accumulent ol se développent dans des poches situées à la base des

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branchies internes; chez les Naïades, ils pénètrent dans l'espace in. lerbranchial externe, puis dans les tubes branchiaux secondaires, qui s'élargissent pour former autant de chambres d'incubation.

La segmentation est totale et inégale, sauf quelques exceptions {Cyclas) ; la gastrula se forme par embolie ou par épibolie. La larve

Fig. 468. — Trois stades du développement de Cârdium, d'après Lovcn. — an, anus; b, pied; cm, muscle adducteur antérieur; hy, endoderme ; V,voile.

est parfois ciliée sur toute sa surface (fig. 4G8, A); puis apparaît, à la région céphalique, un organe lamellaire ou voile, V, entouré de forts cils vibraliles et pourvu d'un flagellum central. Ce dernier manque quelquefois (Ostrea, Teredo); le voile lui-même est très réduit (Anodonta, Viiio, Cyclas) ou avorte (Pisidium) chez les espèces d'eau douce qui ne sont pas libres à l'état larvaire. Le voile n'est jamais bilobé.

Les Lamellibranches sont tous aquatiques; un très petit nombre nombre vivent dans les eaux douces (Unio, Anodunta, Margaritana, Cyclas, Pisidium); d'autres (Dveysscna) habitent indifféremment les eaux douces ou salées. A l'exemple de Woodward, on les divise en deux ordres, d'après la présence ou l'absence de siphons.

L'ordre des Asiphoniens comprend tous les Lamellibranches, monomyaires ou dimyaires, dont le manteau est dépourvu de siphons et dont l'impression palléale est simple.

Les Ostréides (Ostrea, Anomia, Placuna) constituent la famille la plus importante. La coquille est inéquivalve, feuilletée, et adhère aux rochers par la valve gauche, qui est la plus bombée ; le manteau est entièrement ouvert, le pied est rudimentaire ou nul. Ces animaux vivent en colonies fort nombreuses (bancs) dans les mers chaudes.

Les Huîtres, dont on consomme une si grande quantité, appartiennent sans doute à plusieurs espèces distinctes, comportant ellesmêmes plusieurs variétés : l'ostréiculLure tend sans cesse à en augmenter le nombre. Sur les côtes de l'Océan et de la Manche, on rencontre surtout l'Huître commune (Ostrea edulis L.) et l'Huître Piedde-Cheval (0. hippopus L.) ; sur les côtes de la Méditerranée, le Pélousliou (0. lucleola Moquin-Tandon) el trois espèces (0. rosarca Vav.,

CLASSE DES LAMELI.IBIIANCIIES. 16h

0 isrittata Boni, 0. plicata Ch.); en Corse, 0. lamcllosa BroccM. » 0. edwfc a donné par la culture de nombreuses variétés, inégalement appréciées. Les principales sont celles de Cancale, de Sainte- \nne, d'Ostendc, d'Arcachon, de Marennes, etc. Ces dernières sont les plus estimées : ce sont en réalité des Huîtres nées et cultivées à Arcachon jusqu'à développement complet, puis transportées à Marennes pour y être engraissées : là, leurs branchies prennent une belle couleur verte dont Puységur attribue la cause à une Diatomée bleuâtre [Navicula ostrearia) ; celle-ci, vue à travers le tissu jaunâtre de la branchie, produit une teinte verte (I). En raison de l'estime en laquelle les amateurs tiennent les Huîtres de Marennes, certains industriels verdissent artificiellement des Huîtres d'autre provenance, en les additionnant d'un sel de cuivre; la fraude est facile à découvrir.

Les Huîtres ont été de tous temps très appréciées par l'Homme. L'habitant primitif de la Scandinavie en faisait sa principale nourriture, mmmeY&ltesteritlesKjOBkkenmœddinger ou amas de coquilles. Les Romains en faisaient une grande consommation et ils avaient trouvé le moyen de les cultiver. Chez nous, l'ostréiculture n'a pris le développement qu'elle présente actuellement que sous l'impulsion de Coste, à qui nous devons également le renouveau et les progrès de la pisciculture. On consomme annuellement en France une énorme quantité d'Huîtres, environ riOO millions : un tiers est consommé sur place ou transformé en conserves, le reste s'en va sur les marchés de l'intérieur. Cet engouement pour une denrée dont le prix est fort élevé s'explique par la facile digestibilité de celle-ci et par les services qu'elle rend dans la convalescence des maladies aiguës. Nos côtes allant en s'appauvrissant, en raison de la pêche incessante, on a dû réglementer la vente des Huîtres et l'interdire du 15 juin au 1er septembre : cette époque, qui est celle de la reproduction, correspond aux mois dont le nom n'a pas d'r, mois pendant lesquels un dicton populaire représente les Huîtres comme capables de produire des intoxications. Ces Mollusques, en effet, ont causé maint empoisonnement, mais celui-ci ne semble pas être causé par la glande génitale ou ses produits : il tient sans doute, comme chez la Moule, à l'existence d'un principe vénéneux dans le foie.

L'Huître de Portugal (0. angulata) est considérée par quelques naturalistes comme un survivant du genre fossile Gryphœa. Elle s'est acclimatée depuis peu sur les côtes de France, notamment à l'embouchure de la Gironde; en 1884, Boltemane l'a rencontrée dans l'Escaut oriental. Sa chair est fade et peu recherchée.

(1) Cette lliatomcc avaii été vue autrefois par Gaillon, qui l'appelait Vibrio trearius. Hay Lankestor a cru ln découvrir postérieurement, ;\ Puységur.

L'Anomie se mange à Celle el à La Rochelle, où on l'appelle éohir, à cause de sa phosphorescence. Ozcnne lui reconnaît loules les qualités et la délicatesse de l'Huître et la préfère môme à celle-ci.

Les Pectinides sont libres et nageurs [Pecten, Lima) ou fixés par la valve bombée (Spondylus). Beaucoup d'espèces sont comestibles (P. maximus, jacobwus, opcrcularis, varius, gîàber; L. $quamosa, inflata; Sp. gœdevopus) et pourraient se cultiver dans des claires à la façon des Huîtres. Aux Élals-Unis, on fait une grande consommation de P. irradians.

Les Aviculides (Avicula, Meleagrina, Mullcus) ne sont pas comestibles.

Les Arcadés (Àrca, Pectnncuhis) ont une coquille équivalve et des branchies formées de filaments libres. Sur les côtes de la Méditerranée et de la mer Rouge, on consomme quelques Arches {A. Nox, A. barbuta). D'après Adanson, les nègres de l'embouchure du Niger mangent une autre espèce qu'ils nomment fagan (A. senilis L.). Certains Pétoncles (P. glycimeris, pilosus,violacescens) sont recherchés en Provence.

Quelques Naïades sont également consommées par l'Homme. En 1668, Gontier accusait l'Anodonte {Anodonla cygnxa, A. anatina) de donner la fièvre, opinion partagée par Rondelet : elle élait mangée par les paysans du Lyonnais et du Forez ; elle se montre parfois encore sur les marchés de Paris sous le nom de Moule des étangs. Les Mulettes sont moins appréciées : cependant Bréhier assure que la Mulette perlière se mange aux environs du mont Saint-Michel.

Les Mytilides {Mylilus, Pinna, Lilhodomus, Drcyssena) ont une coquille équivalve. La Moule [M. edulis), très commune sur nos côtes, est au nombre des aliments les plus usités; la mytiliculture, inventée vers 1236 par un naufragé irlandais du nom de Walton, qui s'était établi dans la petite baie de l'Aiguillon, est une industrie très florissante.

La Moule était autrefois employée en médecine : Lemery la croyait antirabique, apéritive et diurétique; plus récemment, Faucher a préconisé pour les affections des voies respiratoires plusieurs préparations dont elle était la base.

Il est assez fréquent de voir se produire, à la suite de l'ingestion de ce Mollusque, des empoisonnements fort graves, qui ont été signalés par une foule d'auteurs et sur la nature desquels on est resté longtemps indécis. Ces accidents peuvent se présenter sous trois aspects : dans la forme la plus légère, l'individu est pris rapidement d'un exanthème diffus, urticaire

CLASSE DES LA JK ELClBBANCB BS, W >

ou érylhôme, siégeant sur tout le corps, mais principalement à la face. La seconde forme, qui est plus rare, est caractérisée par de la gastro-entérite : ces phénomènes se montrent dix à douze heures après le repas et rappellent le choléra; ils peuvent avoir une issue fatale. Enfin, la troisième forme, la plus grave, consiste en paralysies apparaissant une ou deux heures après l'ingestion des aliments et se terminant le plus souvent par la mort; elle rappelle exactement les symptômes occasionnés par les Poissons toxiques des pays chauds. On a émis à l'égard de ces accidents les opinions les plus diverses; il serait trop long de les rapporter ici, d'autant plus qu'aujourd'hui la question peut être considérée comme résolue.

A la (in de 1884, »n grand nombre d'ouvriers tombèrent malades, après avoir mangé des Moules pêchées dans le port de Wilhelmshaven ; plusieurs moururent au bout d'une demiheure à cinq heures. Des Poules et des Chais furent malades et succombèrent môme, après s'être nourris de Moules jetées sur les fumiers; il en fut de même pour des animaux auxquels Virchow avait fait ingérer des Moules que Schmidtmann lui avait envoyées.

A quelle cause devait-on rattacher ces intoxications? C. Lohmeyer, d'Emden, prétendit que les Moules toxiques appartenaient à une espèce particulière, amenée de l'étranger par les vaisseaux de guerre. Cette espèce, qu'il appela Mytilus strialus, serait plus grande que la Moule commune, dont elle différerait, entre autres caractères, par sa coquille striée et sa coloration bleu brunâtre. Virchow adopta tout d'abord cette opinion, mais l'abandonna bientôt après, en présence de l'unanimité avec laquelle des zoologistes tels que F.-E. Schultze, Môbins, Grawitz, Wolff, von Martens, consultés par lui, rejetaient la nouvelle espèce et se refusaient à y voir autre chose qu'une simple variété de M. edulis. Ils faisaient remarquer en outre que les Moules à coquille striée n'existent seules en aucune localilé; que partout elles sont mélangées aux Moules lisses; que toutes les Moules striées ne sont pas toxiques, de même que toutes les Moules lisses ne sont pas inoifensives.

Toutes les Moules toxiques provenaient d'un certain bassin dont l'eau est stagnante et où se déversent les égouts de la ville. Schmidtmann démontra que leur toxicité tenait à la

nature de l'eau. Des Moules fraîches et inoflensives sont apportées dans ce bassin : au bout de quatorze jours, elles sont profondément toxiques; elles perdent leur toxicité, si on les remet dans l'eau courante. Virchow voit aussi la toxicité disparaître chez des Moules empoisonnées, conservées depuis quatre semaines dans un aquarium.

Si la présence du poison dans les organes de la Moule tient réellement à la nature des eaux, ce poison doit se rencontrer aussi chez des animaux d'espèces différentes, mais vivant dans les mômes conditions? Pour résoudre la question, Max Wolfï capture quatre espèces de Poissons, un Crnstacé [Crangonvulgaris) et un Echinoderme (Asterias rubens) en divers endroits du port : il prépare des extraits aqueux et alcooliques de chacun de ces animaux et les injecte sous la peau du Cobaye et du Lapin. Il reconnaît ainsi que, non seulement les Moules, mais encore les Astéries, présentent, en certains points du port de Wilhelmshaven, une toxicité plus ou moins marquée et que la toxicité des Astéries marche toujours parallèlement à celle des Moules; l'empoisonnement expérimental provoque les mêmes symptômes dans l'un et l'autre cas. Quant aux Poissons et aux Crevettes, ils sont sans doute trop nomades pour ôtro influencés par leur passage dans la zone toxique. Les Moules sont donc nuisibles ou non, suivant la localité; il en est de même suivant la saison et ces variations sont d'ordre plus général, puisqu'elles s'observent également chez les Poissons vénéneux.

Quant au principe toxique, Salkowski l'a reconnu pour une substance chimique définie, que Brieger a pu isoler et qu'il a désignée sous le nom de mytiloloxine ; sa formule est GfiH,0AzO2. Cette substance cristallise en cubes ; elle est douée d'une odeur désagréable et d'une toxicité très énergique, analogue à celle des Moules elles-mêmes. A l'air libre, elle se décompose en perdant sa mauvaise odeur et sa toxicité. Son action est paralysante, comme celle du curare.

A Wilhelmshaven, on n'a observé dans aucun cas ni urticaire, ni salivation, ni diarrhée; néanmoins ces symptômes ont été vus maintes fois chez l'Homme ou l'animal. Puisque la mylilotoxine ne les provoque pas, il est vraisemblable que la Moule peut renfermer plusieurs principes vénéneux, dont

CCÂSSE DES LiMBLLIBRANCH ESi 160 l'un ou l'autre prédomine, suivant les cas. Le paralysant est seul connu ; les autres ont été entrevus déjà par Brieger, mais sont encore insuffisamment étudiés. On sait pourtant que celui qui produit l'urticaire est éliminé en nature par les sécrétions, par exemple par le lait : Gazin, de Berck, a rapporté le cas d'une nourrice qui n'avait pas été incommodée après avoir mangé des Moules, tandis que son nourrisson avait eu de l'urticaire.

Pour déterminer le siège exact du poison, Wolff a fait des extraits de chaque organe isolément et les a expérimentés en injection sous-cutanée : le foie seul s'est toujours montré toxique. Si l'extrait aqueux est porté à l'ébullition, puis traité par le carbonate de soude, la mytilotoxine se décompose en des principes non toxiques; la môme action se produit, mais d'une façon moins certaine, avec les Moules entières plongeant dans l'eau bouillante et additionnées de 3 grammes à 38r,o de carbonate de soude par litre.

Quant à la provenance du poison, on peut se demander s'il n'est pas préformé en dehors du Mollusque, qui l'absorberait et l'emmagasinerait dans son foie. S'il en est ainsi, on doit évidemment le trouver dans les eaux où vit l'animal ; or, l'éiude de ces eaux, faite de diverses manières, n'a conduit à aucun : résultat. 11 semble donc démontré que le poison se forme spontanément dans le foie, par suite d'une lésion ou d'un trouble fonctionnel provoqués par les mauvaises conditions de milieu,

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Beitrâge zur Kenntniss der giftigen Miessmusche/n. — I. Demerkungen von R. Virchow. — II. Dittgnostische Merkmalc der Giftmuscheln, von C* Lohmeyer. — IIL Votum des Prof. Fr. E. Schulze. — IV. Volum des Prof. E. von Martens. Ibidem, C1V, p. 101, 1880.

M. Wolff, Die Ausdehnung des Gebietes der giftigen Miesmuscheln und der sonstigen giftigen Seelhiere in Vil/telmshaven. Berliner klin. Wocli., XXIII, p. 202, 1880. Virchow's Archiv, CIV, p. 180. 1886. — Ici., Die Localisation des Giftes in den Miesmuscheln. Ibidem, CIII, p. 187, 1880. — Id., Ueber dus r nimte Vorkommen von giftigen Miessmuscheln in WHhelmshaven. Ibidem CX, p. 370, 1887.

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F. A. Falck, Isl die Miesmuschel des Kieler Hafens giftig? Ibidem, p. 13. K. Drost, Untersuchungen ùber Wasser-, Stickstnff- und Phosphorgehall

der Miesmuschel. Ibidem, p. 21.

Empoisonnement par les Moules. Revue scientifique, II, p. 350, 1887.

lira. Dutortre, De l'empoisonnement par tes Moitiés. Ses causes. Goulognosur-Mer, in-8» de 65 p., 1887.

L'ordre des Siphoniens comprend les Lamellibranches dont le manteau est en partie soudé h lui-môme et porte des siphons ; il renferme un plus grand nombre de formes que le précèdent. Les Cames (Charnu), les Bénitiers (Tridacna, Hippopus) et, parmi les fossiles, les Hippurites (fig. 469) forment trois familles importantes.

Les Bucardes (Cardium) ont une coquille équivalve, convexe, cordiforme, sans sinus palléal. Elles sont communes sur toutes nos côtes, et bon nombre d'espèces entrent dans l'alimentation de la classe pauvre, notamment la Coque ou Sourdon (C. edulc L., C. ruslicum); il y aurait intérêt à les cultiver.

Les autres Siphoniens ont un sinus palléal; chez quelques-uns, les bords du manteau sont largement ouverts en avant pour laisser

CLASSE DES LAMELLIUHANCIIES. I'1 lasser le pied. Quelques Cyprinidcs {Ôardita, ïsomrdia) sont consommé, en Provence, notamment C. sulcata ou Prairejl l cor. Les Sénérides sont aussi comestibles : Cytherea chume. Venus decussata ou Clovwse et V. virginea ou Arcéli sont mangés en L-anguedoc et en Provence 11 en est do môme pour les Muctres (Madra lutrana, M shdtontm), les Psammohics (Psammobia vespcrlinn) et les Donaccs

(Donax anatlnum, D. Lrunculus); D. rugosa est recherché au Sénégal.

Les Myacides (Solen, Mya) et les familles suivantes ont le manteau complètement soudé, sauf une petite ouverture postérieure, pour le passage du pied. Sur nos côtes, on mange les Couteaux (Solen leyumen, ensù, siliqua, vagina, fig. 458) ; aux États-Unis, on mange également les Myes [Mya armaria) ou Solft-clam, que l'on utilise encore comme appât pour la pêche de la Morue.

Ici se rangent encore les Arrosoirs (fig. 470), les Pholades et les Tarets. Les Pholades creusent les rochers : c'est à elles qu'est due la perforation des colonnes du fameux temple de Sérapis, à Pouzzoles; leur phosphorescence est très remarquable et est due à un principe crislallisable que H. Dubois a pu isoler. Pholua dactylus est consommé

172 EM-BBANCHÉMEM' DBS MOLLUSQUES,

à la Rochelle sous le nom de Bail; a la Havane, on mange une nuire espèce. Les Tarets {Teredo navalis) perforent le bois: ils s'attaquent aux pilotis, aux digues cl ont été cause de l'inondation de la Hollande, au commencement du siècle dernier; avant l'invention du blindage, ils ont également causé la perte d'un grand nombre de navires dont ils avaient perforé la coque.

li. Blanchard, Note sur la présence i/es muscles striés chez les Mollusques acéphales monomy aires. Comptes rendus do la Soc. do biologie, (7). II. p 133

Puyscgur, Notice sur la cause du verdissement des Huîtres. Revue maritime et coloniale, 1880.

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Notice sur l'histoire naturelle de f Huître et sur les progrès récents de l'ostréiculture. Ibidem, (2), VI, p. 05, 81 et 97, 1882.

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P. Fischer, Manuel de conchyliologie. Paris, 1880-1887.

CLASSE DES SCAPHOPODES.

Les Scaphopocles ne comprennent qu'une cinquantaine d'espèces vivanles, formant l'ordre des Solénoconques et appartenant au seul genre Bentalium. On les rangeait autrefois parmi les Gastéropodes, mais de Lacaze-Duthiers a fait voir qu'ils établissaient plutôt le pas-

Fig. 471. — Dentalium entalis enfonce dans le sable. — d, bord festonné du manteau; s, sou bourrelet antérieur; tentacules.

sage entre ceux-ci et les Lamellibranches. Ces animaux (fig. i-71) vivent enfoncés dans le sable ou la vase, au fond de la mer.

CLASSE DES POLYPLACOPIIORES. 173

De Lacazo-Duthicrs, Histoire de V organisation et du développement du Dentale. Annales dos se. Dat., (4), VI, 1856; VU et VIII, 1857.

CLASSE DES POLYPLAGOPHORES.

De Blainville avait créé cette classe pour les Cliilons, que les auteurs ont rangés depuis parmi les Gastéropodes prosobranches, à coté des Patelles. Les travaux récents ne permettent pas de maintenir plus longtemps ce rapprochement.

Ces animaux, encore appelés Polyplaxiphom ou Placophores, se trouvent dans toutes les mers. Ceux de nos pays sont de petite taille, mais ceux des mers chaudes ont de plus grandes dimensions (tig. 472) : ils sont fortement fixés aux rochers et peuvent se contracter en boule comme les Cloportes. Le corps est ovale-oblong, plan-convexe, sans tête distincte et sans tentacules, recouvert à sa l'ace dorsale de huit plaques ou écailles mobiles, imbriquées et disposées en travers. Ces plaques ne sonL pas équivalentes à la coquille des Gastéropodes : elles sont chitineuses et se laissent déborder plus ou moins, parfois même entièrement (Cryptochiton) par le manteau. En dessous, pjg- /,;■}. chiton squacelui-ci se déprime pour loger de chaque mosus. côté une rangée de branchies pectinées.

Les organes présentent une symétrie parfaite. La bouche s'ouvre à la face inférieure : elle est pourvue d'une trompe prolraclile et armée d'une radula ou plaque dentaire : cet organe existait déjà chez les Scaphopodes et va se retrouver chez les Ptéropodes, les Gastéropodes et les Céphalopodes; aussi tous ces Mollusques ont-ils été désignés par certains auteurs sous le nom collectif d'Odontoplwres.

L'anus s'ouvre au milieu du dos. Le cœur est dorsal et contient du sang artériel. Le rein est pair. L'appareil génital est hermaphrodite et s'ouvre de chaque côté par un petit orifice, en dedans des branchies. Le système nerveux a de grandes analogies avec celui des Annélides; une série d'yeux se voient à la face dorsale. Les larves n'ont ni voile ni coquille; elles sont ciliées, comme celles des Chélopodes.

Cette classe comprend un petit nombre de genres (Chiton, Cliilunellus, Àmntnopkttni, Gymnoplax, etc.). Par leur radula et leurs bran-

m EMMANCHEMENT DES MOLLUSQUES,

chies, ces animaux sont de vrais Mollusques, mais leur système nerveux et leur développement les rapprochent étroitement des Annélides. La transition vers ces dernières, ou plutôt vers les Géphyriens] semble se faire par l'intermédiaire des Aplacophores.

H. von Jhering donne ce nom à des êtres vermiformes encore peu connus et constituant les genres Proneomenia Ilubrecht et Neomenw Tullbcrg. l'r. Sluiteri est long de 1O0 à 108 millimètres et vit dans la mer de Wilhem Barents : elle possède une radula. Les Néoménies (jy. carinata, N. gorgonophila) sont très voisines de la précédente, mais n'ont pas de radula; von Jhering les rapproche de Chaeloderma, rangé par de Quatrei'ages parmi les Géphyriens inermes.

Avec les Ptéropodes commence le grand groupe de Mollusques céphalophores, dans lequel on distingue trois classes. Les Ptéropodes sont hermaphrodites, de petite taille, à tôte peu

Fig. 473. — llyuiva tridentata.

distincte, nus (Gymnosomes : Clio, Pneumodermon) ou entourés d'une coquille univalve (Thécosomes : Hyalea, Cleodora, Limaàna, Cymbulia). Ce sont des animaux pélagiques, qui se montrent dans toutes les mers. Le pied est transformé en deux grosses nageoires aliformes (fig. 473). La larve a les plus grandes ressemblances avec celle des (lasté-

OH PRE DES HÉTÉROPODES. 178 ropodcs («g. 474, C) : elto possède un voile cilié, V, et un opercule, op,

Fi" 474 - Larves de Mollusques. - A, larve d'un Gastéropode ; U, la même à un état plus avancé; C, larve d'un Ptéropode (Cymbulia); c, coquille; op, opercule ; p, pied ; t, tentacule ; v, voile.

qui tombent de bonne heure, ainsi qu'une coquille, c, qui ne persiste que chez les Thécosomes.

Les Gastéropodes ou Platypodes constituent une classe importante de Mollusques à tôle bien développée, pourvue de tentacules et d'yeux ; le plus souvent ils possèdent une coquille calcaire et ont la face ventrale transformée en un pied large et plat.

ORDRE DES HÉTÉROPODES

Ces animaux, appelés Nucléobranches par de Blainville, sont transparents et gélatineux, en raison de leurs habitudes pélagiques; toutefois, leurs téguments renferment souvent des concrétions calcaires. Ils nagent sur le dos, et la partie antérieure du pied est transformée en une nageoire foliacée, portant souvent une ventouse, tandis que la partie postérieure se prolonge en une longue queue.

Une coquille existe chez tous, à l'état embryonnaire, mais persiste chez les uns et avorte chez les autres (Plcvolvachœa, Firoloklea) : elle est mince et transparente chez Curinaria (fig. 475), plus résistante chez Atlanta; elle était bien développée dans le genre fossile liellcrophon (fig. 476).

La tète est saillante et se prolonge en une trompe, à l'extrémité de laquelle s'ouvre la bouche ; la radula est très développée. Les viscères sont ramassés en une petite masse ou nuchhis, dont la partie anlé-

rieurc porte tics branchies, sous forme de lamelles ciliées; celles-ci font parfois défaut (Pterolracliseu). Le cœur, formé d'une oreilleile et d'un ventricule, émet une artère dont les branches s'ouvrent dans la cavité générale ; le sang, qu'aucune veine ne ramène au cœur, mémo •

Fig. -n;>. — Carinmia mediterranea.

au sortir des branchies, s'accumule autour de l'oreillette, dans laquelle il pénètre directement. L'appareil excréteur ou rein est représenté par un sac contractile situé à côlé du cœur. On admet que l'eau peut venir se mélanger au sang, grâce à une communication établie entre le rein et le péricarde.

Le système nerveux central est très différencié. Les ganglions céré-

Fig. -i7(i. — lle/leroplion Oitobat/i.

broïdes et pédieux sont au voisinage de l'œsophage, mais le ganglion viscéral en est plus ou moins éloigné. La tète porte deux tentacules et deux veux. Ceux-ci sont très compliqués ; sur les côtés de la sclérotique s'attachent des muscles moteurs. Deux olocjstes se voient en arrière du cerveau, dont ils tirent leurs nerfs : leur cavité est tapissée de cellules vibratilcs, au milieu desquelles on remarque d'autres cellules dont la surface libre porte de longues soies sensitives, taudis

ORDRE DES Ol'ISTIIDItltANCIlES.

que la base se continue avec un filet nerveux. Cette cavité renferme un liquide, au sein duquel on trouve un [Carinana) ou plusieurs otolithes.

L'organe cilié qui se voit à la face antérieure du sac viscéral est peutêtre le siège de l'olfaction ; c'est une simple fossette qu'innerve un filet provenant du ganglion viscéral.

Les Hétéropodes sont uuisexués. Chez le mâle, le pénis est assez éloigné de l'orifice spermatique : un sillon vibratile y conduit le sperme. La femelle possède une glande de l'albumine et une vésicule séminale. Les larves ont un voile qui atteint parfois un développement 1res considérable ; il devient bilobé et chaque lobe peut môme se trilober à son tour (Atlanta).

A part les Hétéropodes, bien caractérisés par la forme de leur pied, les Gastéropodes ont été subdivisés d'après la constitution de leur appareil respiratoire. Les Opisthobranches sont ceux dontles branchies sont reportées en arrière et dont la veine branchiale se jette dans une oreillette placée en arrière du ventricule. Toutefois cette règle comporte quelques exceptions : on range dans cet ordre des espèces qui n'ont aucun organe respiratoire différencié (Abranches ou Dermibranches : Pontolimax, Rhodope, Elysia, Phyllirhoc) ; chez d'autres, le cœur est en arrière des branchies (Acera, Gastropteron).

Fig. 477. — JEolis papillota.

Tous ces animaux sont marins. La plupart sont nus (fig. 477 et 478) ; les autres possèdent une coquille mince et transparente (Aplysia, fig. 479) ou bien développée (Jiulla, Aplustrum, fig. 480). La peau renferme parfois des spicules calcaires (Dons, Pleurobranchus) et des glandes qui sécrètent un liquide vert ou pourpre (1), quand on irrite

(1) Ce liquide répand une odeur nauséaboude. Les anciens croyaient l'Aplysie capable de faire mourir ceux qui la mangeaient ou simplement la touchaienl; le moindre do ses méfaits était de faire avorter les femmes enceintes Pline et Paul d'Egine se sont faits l'écho de ces croyances.

Blanchard. — Zool. méd. II. —

L'animal (Aplysia). Le pied manque chez Phyllirhw ; ailleurs, il porte latéralement de larges membranes natatoires, qui se replient sur la coquille {Aplysia, Bulla, Apluslrum) et, qui contiennent des ganglions nerveux particuliers (Tethys).

La tète porte des tentacules, à la base desquels sont des yeux, parfois cachés sous la peau {Dnris). La radula présente de grandes variations; elle manque chez Tethys. Chez les Phlébentêrês ou /Bolides [Molis, Tergipes, 6laueus,Janus), l'intestin porte de nombreux cœcums latéraux, qui sont parfois ramifiés [Hemsea) et s'étendent jusque dans les papilles dont le dos est couvert : ces cœcums sont revêtus d'un épithélium jouant le rûle de foie; partout ailleurs il existe un foie distinct. L'anus s'ouvre à la face dorsale [Aplysia, Doris).

Fig. 478. — Pleurobranehia Pornni.

Le cœur est dorsal et médian; on admet une communication entre l'appareil ciculataire et l'extérieur, au moyen de canaux ramifiés qui sont creusés dans le pied et s'ouvrent au dehors par plusieurs orifices marginaux (Doris).

Les ncrmatobyaiirh.es, encore appelés Gy mnobranches ou Nudibranches respirent par la peau ou portent sur le dos des appendices variés (Molienx), réunis en touffes et parfois ramifiés (Tritonia, Uendronotus). Ces branchies dorsales se détachent facilement et ont pu être prises pour des animaux distincts [Phamicw'us) ; à leur extrémité s'observent parfois des nématocystes semblables à ceux des Cœlentérés (sEolis).

Les Pleurobranclies ou Anisobranches ont de vraies branchies situées au-dessous du manteau, soit de chaque côté (Phyllidia), soit plus

Lesson dit que tns habitants do llornbora, archipel do la Société, se nourrissent d'une Aplysio qui y est très abondante (A. Trrrmidi Rang).

• IH PII K IIES OIMSTHOUHANCIIES.

souvent k droite seulement, par suite de l'.ivortemnnt de la liranchie gauche (Plewobranchia, Umbrella, Aplysia, Bullu, Apliislrinn, lig. i-SO). I Le rein gauche s'atrophie également ; le droit persiste. Il garde, chez Phytlivhw et Elysia, l'aspect d'un tulte allongé, à parois lisses et

tu

transparentes, ouvert par l'une de ses extrémités dans le péricarde au moyen d'un orifice cilié et communiquant d'autre part avec l'extérieur, au moyen d'un orifice contractile : il rappelle ainsi l'organe segmentaire des Vers.

Les Opislhobranches sont hermaphrodites. La glande génitale est simple et impaire, sauf chez PhyUirhoé} ovules et spermatozoïdes sont, produits dans des follicules distincts. Les produits sexuels sont emportés par un canal, qui reste toujours indivis chez l'Aplysie, mais qui se divise d'ordinaire en un canal déférent et un oviducte auxquels sont annexés des organes accessoires très développés. L'accouplement est réciproque.

Les œufs sont pondus en cordons ou en disques et sont réunis en grand nombre dans une masse albumineuse commune. La larve est véligère et possède Fig. 480. — Apluslrum une C0(luille, même chez les espèces qui apluslre. n'en ont pas à l'âge adulte.

ORDRE DES PROSOBRANCHES

Les Prosobranches forment un groupe considérable de Gastéropodes, caractérisés par leurs branchies et leur oreillette situées en avant du ventricule. La coquille existe toujours et présente les formes

Fig. 181. — Haliotis tuberculata.

les plus diverses : elle a l'aspect d'une oreillette (Haliotis, fig. 481), d'un cône surbaissé (Palclla), d'un tube sinueux (Vermelus, fig. 482). Le plus souvent, elle s'enroule sur elle-même en •spirale : elle est dite imper forée, quand l'enroulement se fait autour d'un axe solide ou columelle; elle est ombiîiquée, quand l'axe autour duquel se fait l'enroule-

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