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ORDRE 1>KS DÉCAPODES

Marnent délicat, long de l"»,8 environ et qui représente une pleurobranchie rudimentaire.

La chambre branchiale est remplie presque exactement par les branchies, en sorte qu'il ne reste que peu de place pour l'eau ; aussi le renouvellement de celle-ci doit-il se faire activement. La surface des branchies est dépourvue de cils vibratiles, mais les déplacements du liquide sont néanmoins assurés par le scaphognathite, j, large plaque courbe attachée à la deuxième mâchoire et animée de rapides mouvements en avant et en arrière. Le scaphognathite exécute trois

ig. ôô3. — Appareil respiratoire du Homard, d'après ri. Mil ne-Edwards; la partie latérale de la carapace, formant la paroi externe de la cavité branchiale, a été enlevée. — a, base de l'abdomen ; b„ cavité branchiale ; c, carapace ; d, pattes-màchoires externes; e, fouets des pattes; f, base des pattes; fl, branchies; h, canal effarent de la respiration; i, orifice externe de ce canal; /, grande valvule motrice appartenant il la mâchoire de la deuxième paire; k, appendice flabelliforme de la première patte-mâchoire, constituant le plancher du canal efférent.

u quatre vibrations par seconde : il saisit l'eau dans la chambre branchiale, la ramène et la projette en avant par l'orifice infundibuliforme percé à sa base, en môme temps qu'un courant se précipite par la fente postéro-inférieure du branchiostégite.

L'appareil excréteur est constitué par les deux glandes vertes, situées dans la partie antérieure du céphalothorax. Chacune de ces glandes se compose d'un tube très contourné, renfermant de la guanine et débouchant dans une vaste poche qui joue un rôle analogue à celui de la vessie urinairc par rapport au rein. Celle poche s'ouvre

au dehors pur un orifice percô sur l'article basilaire de 9r l'antenne correspondante.

Le système nerveux est formé par deux ganglions sus-œsophagiens ou cérébroïdes (fig. 554, ffc),qui donnent des filets aux antennes, aux antennules et aux yeux ; en arrière, deux longs nerfs, c, s'en échappent également, contournent l'œsophage et se réunissent ffjii à la face inférieure de ce dernier, de façon à constituer aulour de lui un véritable collier ; ces deux cdn- ,lh, neclifs sont encore reliés l'un à l'autre par une commissure transversale, cm. En arrière du ganglion sousœsophagien, le système nerveux central se continue par une série de ganglions thoraciques, gth, g'ih', et de ganglions ahdominaux, g', ga. On compte un ganglion ou plutôt une paire de ganglions par anneau. En effet, chaque ganglion est double et se montre formé de deux moitiés plus ou moins étroitement juxtaposées; chaque moitié est réunie au ganglion qui précède ou qui suit par une commissure longitudinale. La boutonnière qui livre passage à l'artère sternale, os, se trouve entre les ganglions a et C de la chaîne ventrale, le ganglion sous-œsophagien étant compté comme le deuxième.

Chaque ganglion émet un certain nombre de filets latéraux, qui vont se distribuer dans les organes et dans les masses musculaires. Celles-ci, très puissantes, sont formées uniquement de fibres striées : le tissu ga ' ^

musculaire lisse n a encore été signalé chez aucun

Arthropode.

Le toucher s'exerce par les antennes, les antennules et sans doute aussi par les poils répandus sur le corps et les appendices. On pense que l'olfaction a son siège dans certains appendices développés sur le côté inférieur de la branche externe de l'antennule : du septième ou huitième à l'avant-dernier, chacun des articles de cette branche externe porte deux faisceaux d'appendices longs de 0mm, l S environ et divisés en une portion basilaire et une portion terminale articulées

Fig. 554. — Chaîne ganglionnaire d'un Palémou, d'après H. Milne-Edwards. — c, connectifs constituant le collier œsophagien; cm, commissure; g', ga, ganglions abdominaux ; gc, ganglions cérébroïdes; gth, g'ih', ganglions tlioraciques; os, passage de l'artère sternale.

ORDRE DES DÉCAPODES. US enlre elles. Les sacs auditifs sont logés dans l'article l.asilaire des an-

PL°ilest situé à l'extrémité du pédoncule oculaire (fig. 546, 1). Il est convexe, semi-globuleux et limité par une cuticule ou cornée mince dépourvue de sels calcaires et divisée en un grand nombre de petites' facettes carrées. Sur une coupe longitudinale du pédoncule (fig. 555), on voit le nerf optique, no, se terminer à la base de l'œil par un renflement ganglionnaire, go. Chacune des cellules de ce dernier se continue par une pyramille visuelle. Cet organe élémentaire (fig. 556) est formé d'un bâtonnet optique (fig. o55, kr), entouré d'une gaine de pigment noir, P, et d'un cône (fig. 555, fac ; fig. 556, o) qui joue le rôle de lentille réfringente.

Chaque pyramide visuelle correspond à un œil simple; l'organe visuel de l'Écrevisse est donc un ' œil composé. Des yeux de celte nature sont très répandus chez les Crustacés et les Insectes.

Fig. 555. — Schéma d'un œil compose d'Arthropode. — c, cornée; fac, cônes; 1er, bâtonnets; go, ganglion du nerf optique; no, nerf optique; P, gaines pigmentaires des bâtonnets.

Fig. 55C. — Pyramide visuelle de l'Écrevisse d'après J. Chatin. — a, cône.

L'organe mâle (fig. 537) est formé de deux testicules, t, plus ou moins complètement fusionnés l'un avec l'autre. Ce sont des glandes en grappe dont les tubes excréteurs prennent naissance dans des acini spheriques; ceux-ci sont tapissés de grosses cellules dont chacune se détache et devient un spermatozoïde globuleux, large d'environ tfi j;. et hérissé d'un grand nombre de longs filaments recourbés. De chaque testicule part un canal déférent, v<1, long, étroit, fortement replié sur lui-même et aboutissant à un orifice, og, situé à la base de la paire postérieure des pattes ambulatoires.

I- organe femelle (fig. 558) est également formé de deux ovaires,o presque entièrement fusionnés l'un avec l'autre; ils sont situés audessous du cœur, entre le plancher du sinus péricardiaque et le canal alimentaire. Les oviducles, ocl, s'ouvrent à la base de la seconde paire de chôlales.

En quittant l'oviducte, l'œul' est entouré d'une épaisse membrane vitelline; il est revêtu en outre d'une substance visqueuse qui l'atta-

Fig. 557. — Appareil génital mile de Fig. 55R. — Appareil génital femelle l'Écrevisso. — og, orifices génitaux ; do l'Écrevisse. — o, ovaires : oef, ovi- /, testicules : vd, canaux déférents. ductes; og, orifices génitaux.

C'est là que l'œuf accomplit son développement, qui exige tout un hiver. A la fin du printemps ou au commencement de l'été, l'éclosion se produit ; contrairement à ce qui a lieu chez les autres Crustacés, le jeune animal ne diffère de l'adulte que par des détails secondaires. 11 reste cramponné aux pattes natatoires de sa mère, sans se nourrir autrement qu'aux dépens de la masse vitelline que renferme encore son céphalothorax, probablement jusqu'au moment de sa première mue.

L'Écrevisse croît assez vile pendant le jeune âge, puis de plus en plus lentement. Quand elle sort de l'œuf, elle est longue d'environ 8 millimètres; au bout d'un an, elle mesure près de 4 centimètres; à trois ans, 0cm,b; à cinq ans, 13cm,b\ On en a vu atteindre une longueur de 20 centimètres et qui, par conséquent, devaient être d'un âge fort avancé. Le nombre des mues diminue aussi avec l'âge : il est de huit la première année, de cinq à six la seconde, de trois la

che aux pattes abdominales de la femelle et qui se solidifie bientôt : il reste donc suspendu à ces membres qui, sans cesse en mouvement, l'entretiennent sans cesse d'eau bien aérée.

ordre ni;s niîCAPnnEs. 247 troisième ; les années suivantes, les maies muenl deux fois et les femelles une seule.

On connaît plusieurs espèces d'Écrevisses : Huxley a tenté d'en établir les caractères et la distribution géographique; la question a été reprise plus récemment par Chimkievilch. Cet auteur dislingue plusieurs groupes :

1° Groupe de l'Europe occidentale, avec Astaeus torrentium ou Écrevisse a pieds blancs, qui se rencontre en France, en Grande- Bretagne, en Irlande, en Suisse, en Espagne, en Grèce, en Dalmatic et dans l'Allemagne du Nord.

2° Groupe européo-asiatique, avec, A. nobilis ou Ecrevisse à pieds rouges, qui se rencontre en France, en Allemagne, en Italie et en Danemark. A ce groupe se rattachent trois régions particulières, caractérisées chacune par une variété de l'espèce type : 1° la région ballique (sud de la Suède, provinces balliques de la Russie) avec .t. mviatilis; 2° la région ponto-caspienne (Bas-Danube, Theiss, rivières se jetant dans les mers Caspienne et d'Azov et dans la partie de la mer Noire située au nord du Danube et du Caucase), avec A.leptodactylus et ses formes A. pachypus, \. angulosus et A. colchicus ; 3° la région centre-asiatique (environs deTachkent,Turkestan) avec A.Kessleri.

3" Groupe amouro-japonais, avec A. dauricus et A. Scheneki dans le bassin de l'Amour et A. japonicus au Japon.

Le genre Astaeus est encore représenté en Amérique, à l'ouest des montagnes Rocheuses, par six espèces (Orégon, Californie). A l'est de ces mômes montagnes, depuis les grands lacs jusqu'au Gualémala, on trouve le genre Cambanus, comprenant trente-deux espèces et représenté aussi à Cuba. Dans le sud du Brésil vil le genre Parastacus; un autre encore s'observe au Chili.

En Australie, on rencontre des animaux analogues, grands comme des Homards. Le genre Encjxus, de Tasmanic, comprend de petites espèces qui se tiennent ordinairement à terre, dans des sillons. En Nouvelle-Zélande et aux îles Fidji se trouvent des Paranephrops.

Madagascar possède le genre Aslacoîdcs, mais on ne connaît aucun Aslacide d'eau douce dans l'Afrique continentale.

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Les Palinurides ou Cuirassés ressemblent beaucoup aux Astacides, mais en différent en ce que la première paire de pattes est monodactyle, au lieu de se terminer par une puissante pince. Les Langoustes abondent dans les mers intertropicales ; une espèce (fig. 5f>9) est assez commune sur nos côles et se tient cantonnée dans certaines localités ; elle est plus commune que le Homard dans la Méditerranée. Les œufs sont pondus au nombre de plus de 100,000 en une seule année; ils sont plus petits et au moins cinq fois plus nombreux que ceux du Homard. Cette extrême fécondité est une mesure de précaution prise par la nature pour assurer la reproduction de l'espèce, qui se trouve exposée dans le jeune âge aux plus grands dangers. L'œuf, en effet, donne naissance à un Pbyllosome (fig. 560), forme larvaire qui a été longlemps considérée comme spécifiquement distincte : h cet état, le jeune animal mène une vie pélagique et encourt ainsi de nombreuses chances de destruction. Au bout de quarante jours, il subit sa quatrième mue, revêt sa première carapace et se rapproebe des côtes pour vivre désormais au fond de la mer.

Les Scyllares sont voisins des Langoustes et sont également recherchés, mais leur taille n'est jamais bien considérable. La Méditerranée

OlinitK DES DÉCAPODES.

en renferme deux espèces, Styllam Mus Ulrcille cl Ardus ursus Dana (Se. ardus). Le corps est aplati, les antennes sont lamelh-

L^Galalhées ont une carapace épaisse, ovale et striée en travers;

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Fi;;. 559. — Palinurus vulgaris, vu par la face dorsale. — 10, première paire de pattes ou crochet, simple correspondant à la pince de l'Écrovisse, appendice du 10" anneau. — Les autres chiffres comme dans la figure 54C.

le Iroisième maxillipèdc a la l'orme d'une grosse pince. Ces Crustacés sont représentés sur nos côtes par plusieurs espèces, notamment par Galathea strigosa, dont la chair exhale une odeur de Punaise, môme après la cuisson.

Quelques Galalhées ont l'habitude de se loger dans des coquilles

2!i0 CLASSE DES CRUSTACÉS.

vides de Mollusques. Celte coutume devient lu règle chez les Pagures

ou Bernard -l'ermite, dont l'abdomen est mou et asymétrique. Les

Fig. 5G0. — Phyllosoma.

genres Pagurus, Eupagurus, Glibanarius (fig, 561), Diogenes, etc., appartiennent à ce groupe : l'animal traîne après lui sa demeure d'emprunt, qu'il abandonne pour une autre plus vaste, à mesure qu'il

grandit; il ne montre au dehors que la partie antérieure du céphalothorax et les fortes pinces dont est armée sa première paire de pattes.

Pagums striatus cl P. calidus se vendent sur les marchés d'Algérie.

Les Brachyuhes ont le corps ramassé, la carapace large et plus ou moins arrondie ; l'abdomen, dépourvu de nageoire caudale, est replié sous la face slcrnale du céphalothorax.

Les sexes sont assez faciles à distinguer : chez le mâle, l'abdomen est court, triangulaire et pourvu seulement d'une à deux paires de pattes; chez la femelle, il est large et pourvu de quatre paires de pattes, auxquelles les œufs restent fixés. De l'œuf sort une Zoé

( 'tibanarius barbalus.

ORDRE DES DÉCAPODES. 251 fig. 5A2), armée de deux longs aiguillons, l'un dorsal, l'aulrc fron-

Fig. 5G?. — Zoea do Thia polita, d'après Claus.

fol; au moment de la naissance, elle n'a encore que deux paires de pâlies bifides ; la troisième paire de maxillipèdes et les cinq paires de

Fig. oG-'i. — Larve de Crabe au stade Mcijalopu.

patles ambulatoires font encore défaut. Puis vient un stade Mégalope (lig. :;c:t), qui passe à l'étal adulte par une série de mues.

Dromia.

Les Notopodes forment une première tribu dans l'important sous! ordre des Brachyures : l'insertion de la dernière ou des doux dernières paires de pattes est reportée sur la face dorsale ; lesoviducles

s'ouvrent sur l'article basilaire de la troisième paire de pattes. A ce groupe appartiennent les Uromies (fig. S6i), qui vivent dans la Méditerranée, et les Lithodes : Lithodes antarclica, qui vit dans les mers polaires du sud, est mangé par les Fuégiens.

Les Oxystomes ont le cadre buccal triangulaire, acuminé en avant; les canaux déférents se terminent sur l'article basilaire de la cinquième paire de pattes. Les Ranines (Ranina)' de l'Océan Indien, se tiennent volontiers à terre et grimpent même sur le toit des habitations. La Migrane ou Gaou de mar (Calappa granulata) vit dans la Méditerranée, à une assez grande profondeur ; d'après Lucas, sa chair est délicate et d'une saveur agréable.

Les Oxyrhynques ont le cépliulolhorax triangulaire, acuminé en avant, le cadre buccal quadrilatère, les pattes très allongées. Le Crabe Araignée (Maia squinado) est un mets peu estimé ; sa carapace jaunâtre est velue et épineuse.

Les Cyclométopes ont une large carapace, rétrécie en arrière et dépourvue de rostre; ils ont neuf branchies de chaque côlé ; les canaux déférents s'ouvrent à la base des pattes postérieures. Le système nerveux (fig. 565) atteint un haut degré de coalescence. Le Crabe tourteau (Cancer pagurus) est de grande taille et commun sur nos côtes où il est recherché comme aliment. 11 en est de même pour l'Étrille (Portunus puber), qui est plus petite et recouverte d'un fin duvet; P. Rondeleti est une espèce africaine, encore plus petite, que les Arabes ne dédaignent pas. Le Crabe enragé [Cartinus msehas) abonde sur notre littoral; il peut rester assez long-

Fig. 5G5. — Chaîne ganglionnaire d'un Crabe, d'après H. Milne-Edwards. Les lettres comme dans la figure

OltliltU DES DÉCAPODES.

temps hors do l'eau, à la condition d'être dans un milieu humide.

Quelques espèces de Cyclomélopes vivent dans les eaux douces. Tel est Tclphusa fluviatilis, qui se rencontre en Italie et en Algérie, dans les ruisseaux ; on le mange parfois en Italie, mais les Arabes le dédaignent. Les nègres de l'Afrique équatoriale se nourrissent d'un certain nombre de Crabes fluviatiles, dont la détermination manque encore : les Obambas forment une sorte de fromage appelé Ntongo en broyant ces Crabes avec des graines de Cucurbilacées. En Chine, dans la province de Ssé-Tchouen, on estime beaucoup certains Crabes péchés dans des lacs et qu'on fait venir vivants d'une grande dislance.

Les Calométopes ont une carapace quadrangulaire et moins de neuf paires de branchies; les canaux déférents s'ouvrent sur lé sternum et communiquent par des sillons avec les organes copulateurs. Les Pinnothères (Pinnotheres) vivent entre les lobes du manteau de certains Lamellibranches (Mylilus, Pinna) : on les a considérés comme la cause de la toxicité des Moules. Les Gélasimes (lig. 566) ont de très longs pédoncules oculaires. Un groupe intéressant est constitué par les Gécarcins, Crabes terrestres qui ne regagnent la mer qu'au moment de la reproduction; le Tourlourou [Gecarcimis ruricola) est très répandu aux Antilles; des espèces voisines se rencontrent également dans le sud de l'Asie, à Pondichéry, etc.

On a vu maintes fois l'ingestion de la chair des Crustacés provoquer des accidents d'intoxication, surtout dans les régions inlertropicales ; la cause de ces accidents est encore inconnue, mais on peut prévoir qu'elle lient soit à ce que les glandes génitales ou leurs produits se chargent d'une leucomaïne toxique au moment du frai, soit à ce que des principes vénéneux se développent dans des conditions analogues à celles que nous avons exposées pour les Lamellibranches.

Van Leent a vu à Bornéo une Crevette d'espèce indéterminée occasionner une diarrhée cholériforme. Chevallier et Duchesne rapportent le cas d'une femme chez laquelle les Écrevisses ne manquaient jamais de provoquer des éternuements répétés et

Fig. 5G6. — Gelasimus.

CLASSli DUS CRUSTACÉS, comme convulsil's et celui d'une autre personne qui ne pouvait manger de ces mômes Crustacés sans être prise de nausées, de gonflement de la poitrine, du cou et de la tête, accompagné d'une éruption rouge.

Les Crabes sont particulièrement incriminés. En 1819, la frégate f'Aréthuse se trouvant en rade d'Annapolis, aux États- Unis, plus de 100 hommes furent malades pour avoir mangé des Crabes recueillis sur le rivage. Aux Antilles, on attribue au Tourlourou des propriétés toxiques, que le P. du Tertre et le P. Labat ont signalées les premiers : on accuse ce Gécarcin de déterrer les cadavres dans les cimetières el de manger les fruits du Mancenillier ; aussi ne le consomme-t-on pas, à moins de l'avoir nourri pendant plus d'un mois avec des déchets de cuisine. Les accidents qui suivent l'ingestion du Homard et de la Langouste semblent devoir être attribués à de simples indigestions.

A. Chevallier et E.-A. Ducliesne, Mémoire sur les em.oisonncmcnls par les Huilres, les Moules, les Crabes, et par certains Poissons de mer el de rivière. Auuales d'hygiène, XLV, p. 380 et XLVI, p. (08, 1851.

Sous-classe des Gigantostracés.

ORDRE DES XIPIIOSURES

Les Giganlostracés ne sont plus représentés dans la nature actuelle que par le seul genre Limulus comprenant un 1res petit nombre d'espèces : L. polyphemus (lig. S07) vit sur la côte occidentale de l'Amérique du Nord, L. moluccanus dans les mers de l'archipel Malais, L. longispinus au Japon. Ces animaux peuvent atteindre jusqu'à un mètre de longueur; leur corps est nettement formé de deux parties.

Le céphalothorax est de grande taille, clypéiforme ; la face dorsale est convexe et ornée de deux jeux simples, conligus sur la ligne médiane, et de deux gros yeux composés, très écartés l'un de l'autre. La face ventrale est plate et porte sept paires d'appendices: c'est d'abord une paire de palpes terminés par une petile pince didaclyle; puis viennent cinq paires de patles non bifides, entre lesquelles se trouve la fente buccale et qui, comme chez les Arachnides, servent tout à la fois à la marche et à la mastication, leur article «asilaire étant tranchant el mobile dans le sens latéral; une dernière paire d'appendices est indiquée par deux petits mamelons et représente deux membres réduits à leur article basilaire.

ORDRE DES Xl'PUOSURES I -abdomen hexagonal s'articule avec le céphalothorax, mais tous les segments dont il est formé sont sondés entre eux, a 1 exception du le son I porte à sa face inférieure six paires d'appcnd.ces transforI n six lamelles, par suite delà fusion des deux membres de chaque paire sur la ligne médiane. La lamelle antérieure est plus épaisse et plus développée que les autres, qu'elle recouvre à la façon d'un claïpet; elle présente les deux orifices sexuels à sa face supérieure. Les cinq autres lamelles portent à leur face supérieure et sur leur bord externe de grands feuillets branchiaux juxtaposés comme les pages d'un livre.

] L'anus s'ouvre à la base et à la face ventrale du lelson.

Les sexes sont séparés ; les glandes sexuelles et leurs conduits sont doubles.

ÏLes œufs sont pondus dans le sable, près de la limite des marées. Le développement a été suivi chez Limu- \lus polyphcmu's : de l'œuf sort un embryon qui a la plus grande ressemblance avec un Trilobite (fig. 568); tous ses appendices céphalothoraciques existent déjà, mais il ne possède encore que deux paires de pattes abdominales et n'a qu'un rudiment du lelson, es. Les changements ultérieurs s'accomplissent dans une série de mues.

Les Xiphosures, ainsi nommés parce que leur lelson a la forme d'un long aiguillon, sont considérés par Ray Lankester et quelques autres zoologistes comme des Arachnides voisins des Scorpions : ils descendraient de formes aériennes et n'auraient acquis certains caractères qui les rapprochent des Crustacés, comme la présence de pâlies abdominales birainées, que par suile de leur adaptation à la vie aquatique*, leur première paire de membres correspondrait aux

Fig. 5C7. — Limulus polyphemus.

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