‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource]Chapitre 26 sur 86 · GO · texte numérisé non relu

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pas de loile, mais poursuivent leur proie; elles déposent leurs œufs dans des sacs fixés aux pierres ou aux piaules. Les huit yeux sont grands et inégaux, ceux du milieu de la rangée antérieure étant les plus gros.

Les Atlides (fig. G07, I) sont représentés en Europe par les genres AÙus, Calliethera (fig. 013), Sallicus, Marpissa, Dendry* phantes, etc.

En Bolivie, on connaît sous le nom de mico, nom emprunté à la langue des Indiens Quiclias, des Araignées de petite taille, longues de 4 à 5 millimètres, dont la morsure, d'après Sacc,'

« produit l'effet du fer rouge et est suivie d'une violente inflammation; aussitôt le sang passe dans les urines et la mort arrive au bout de quelques heures, si on ne peut arrêter les effets de ce venin, qui paraît analogue à celui du Serpent à sonnettes. » Simon a reconnu que ces Araignées étaient des Dendryphanles, qu'il a décrits sous les noms de D. noxiosus , et D. Sacci. Nous avons reçu nousmême, des environs de Chuquisaca, de jeunes Litrodeclus maclans Fabr.; étiquetés micomico : on confond donc sous ce ! nom plusieurs espèces fort différentes.

E. Simon, Noie sur le Mico, Araignée venimeuse de Bolivie. Comptes rendus de la Soc. entomol. do Belgique, XXX, p. clxviii, 188G.

Les Citigrades sonl des Araignées coureuses, dont les yeux sont I disposés sur trois rangées transversales : ceux de la rangée antérieure restent petits. Elles se cachent pendant le jour sous les pierres, dans des excavations qu'elles tapissent de soie. Les femelles défendent leur cocon ovigère, sur lequel elles se tiennent, ou bien elles le fixent à leur abdomen et le traînent après elles (fig. 611). A*' cette tribu appartiennent les deux familles des Oxyopides (Oxyopcs) et des Lycosides [Aulonia, Dolomedes, Lycosa, Ocyalc, Pardosa, Pirata, Trabea),

Les Lycosides sont armés de chélicères robustes et verticales, qui leur permettent de percer la peau et les rendent réellement redoutables. Dolomedes fimbnatus Walck., commun en

Fig. G13. — Calliethera scenica, femelle.

ORDRE RES.ARANÉIDES. B8

France et en Allemagne, est capable, suivant Cube, de mordre [asqu.aU sang, mais sa morsure n'a point ^ ^ites -fâcheuses, bon nombre d'autres espèces ont la réputation délie venimeuses : elles appartiennent pour la plupart au genre Lycoja Latreille, 1804, et sont connues sous le nom impropre de tarentules (1). Les espèces principales sont les suivantes : Lycosa tarentula Rossi (Tarenlula Apulùe Walck.). - Cette

Araignée (fig. G14) babite le midi de l'Italie et creuse un large terrier cylindrique. La femelle est longue de 25 millimètres.

L. narbonensis Walckenaer, 1825 (T. narbonensis E. Simon, 1870). — Elle est propre au midi de la France ; la femelle a une longueur maximum de 26 millimètres. Elle creuse un terrier profond de 8 à 12 centimètres, dans lequel elle passe l'hiver, après l'avoir recouvert de brindilles et de feuilles sèches.

L. radiata Latreille, 1817 (T. liguriensis Walck ). — Elle est commune dans le midi de la France, on Corse, en Italie; elle

(I) Ce nom ne saurait leur convenir, le genre Tarentula ayant été créé en |793 par Fabricius pour des Pédipalpes, improprement connus maintenant sous le nom do Phrynua Olivier, 180'2.

ne construit pas de terrier. La femelle est longue de 22mni,o au j maximum.

Citons encore L. hispanica Walck. (L. larentula L. Dufour1! et L. Dufouri E. Simon, qui vivent en Espagne.

Toutes ces Lycoses ont été longtemps confondues. Le danger de leur morsure n'est pas douteux, mais il a été singulièrement exagéré et, à cause des accidents nerveux qu'elle occasionne, on l'a considérée comme la cause d'une chorée épidémique qui a sévi en plusieurs pays pendant les seizième et dix-septième siècles, notamment dans la Pouille. Cette névrose s'observait surtout aux environs de Tarente, d'où le nom de larentisme qui lui a été donné et d'où le nom de Tarentule attribué à l'Araignée que l'on supposait en être cause. Les tarentali restaient plongés dans une profonde torpeur. Seuls, les accords de la flûte ou de la guitare leur procuraient du soulagement : ils dansaient alors lentement et en cadence, puis de plus en plus vivement, jusqu'à ce que la danse devînt effrénée et se communiquât aux assistants. Elle durait tant que la musique se faisait entendre, pendant plusieurs beures consécutives; le corps ruisselait d'une sueur abondante et on pensait que celle-ci entraînait avec elle le venin.

En Abyssinie, dans la province du Tigré, il existait au commencement de ce siècle une névrose épidémique analogue au tarentisme ; c'est le tigretier. #

W. Songuerd, Traclatus physicus de Tarantula. Lugd. Batav., in-12 de 70 p., IGG8.

G. Baglivi, Dissertalio de anatome, movsu et ejfectibus Taranluls. Borna;, in-8° de GO p., 1G9G.

Fr. Serao di San Cipriaun. lezione sulla Taranlola. Napoli, in-8°, 1738. — Id., Saggio sulla Taranlola, osia Falangio di Puglia, lezioni accademiche. Napoli, in-4° de 2G0 p., 1742 et 1747.

N. Caputus, De Tarantulx anatome et morsu. Lycii, in-4" de 252 p., (741.1

A. Fr. Bilsching, Eigene Gedanken und gesammletc Nachrichten von der Tarantel, welche zur giinzHchen Vertilgting des Vorurtlieils von der Schtidlichkeit ihres Bisses und der Heilung desselben durcit Musih, dienticli und hinlângltch sind. Berlin, in-8°, 1772.

B. Pi fiera y Silva; Descripcion historien de una nueva esperie de corea, 6 baile de San Vilo. originado de la picadura de un Inseclo que se lia creido ser la Tardnlula. Madrid, in-4°, 1787.

Ant. Pitaro, Considérations et expériences sur la Tarentule de la l'oudle et sur les accidents causés par la piqûre de cet Insecte. Paris, 1809.

J. Fr. K. llecker, Die Tanzwuth, einc Yolkskrankheil im Uittelaller. Berlin] iu-8°, 1832. -- Id., Mémoire sur la chorée épidémique du moyen âge. Annales d'hy'g. publique, (I), XII, p. 312, 1834. Voir p. 33G et 303.

ORDRE DES ARANKIUES.

Andral et Virey, Rapport sur le tarentisme et le mémoire du D* Salvatore P de Renzi, concernant cette a/jeclion. Paris, iu-8" do 10 p., 1833.

Walckenaer, Histoire naturelle des Insectes. Aptères. Paris, 1830-1837. Voir I, p. 292 et H, p. 449. Donne une bonne bibliographie du tarentisme.

Ozanam, Étude sur le venin des Arachnides et son emploi en thérapeutique. L'art médical, III, p. 43, 98 et 191, 1850. — Id., Dissertation sur le tarentisme. Ibidem, p. 450 .

J. Longo, Morsure de la Tarentule. Bull, do l'Acad. de méd. de Belgique, " (3), XIX, p. 17, 1885.

C. Barbier, Contribution pour servir à l'histoire du tarentisme. Journal de méd. d'Alger, 1885.

Lycosa singoriensis Laxmann, 1769. — Elle vit dans les steppes de la Russie méridionale, où on lui donne également le nom de Tarentule. Elle est peu venimeuse et les enfants jouent impunément avec elle, au dire de Robert, sauf pendant les mois de juillet et d'août. Wagner a fait une étude détaillée de ses mœurs et des phénomènes de sa mue.

L. infernalis Motschulsky se rencontre aussi dans le sud de la Russie, ainsi qu'en Hongrie et en Turquie.

V. de Motschulsky, Note sur deux Araignées venimeuses de la Russie méridionale. Bull, de la Soc. imp. des naturalistes de Moscou, XXII, p. 289, 1849.

M. M. Wirsky, Le Scorpion, le Galéode, la Tarentule et le Karakourt du

Turkestan. Isviesta imp. obtchestva lioubitélci estestvosnania Moscou, L,

n° 1, 1880. Procès-verbaux de la section de zoologie, I, n° 1, p. 80 (en russe).

W. A. Wagner, La Tarentule, Trochosa singoriensis (Laxm.). Observations biologiques. Ibidem, p. 109 (en russe).

. Kobert, Ueber die gi/tigen Spinnen Russlands. Biolog. Centralblatt, VIII, p. 287, 1888.

Les Tubitèles filent des toiles horizontales, prolongées à l'une de leurs extrémités en un tube ou sac dans lequel elles se tiennent. Les yeux sont au nombre de huit {Drassus, Clubiona, Tegenaria, Agelena, Argyroneta, fig. 607, A), parfois au nombre de six seulement [Dysdera, Segeslria, fig. 607, H).

v La famille des Dysdérides comprend les genres Dysdera et Segeslria (fig. 615). Au cours de ses expériences, Dugès a reconnu que la morsure de D. erylhrina produit une cuisson vive, mais très passagère.

La grande Ségestrie {S.perfida Walck.) est déjà plus redoutable : ses crochets font dans la peau deux petites plaies rouges à peine saignantes, un peu ecchymosées au pourtour et comparables à celles que produirait une forte épingle; la douleur consécutive à la morsure ne dure pas plus de 5 à 6 minutes.

CLASSE DES ARACIIN'IUKS.

Une élévation blanchâtre entoure presque aussitôt les piqûres sur une largeur de près de 3 centimètres, puis se colore d'une teinte rouge érysipélateuse. Au bout d'une heure et demie, tout s'efface, sauf la trace des morsures, qui persiste quelques

Fig. GI5. — Segestria senoculata, femelle grossie.

jours. Toutefois, cette Araignée cause assez souvent par sa morsure une inflammation locale très douloureuse et de la fièvre. Ajoutons queWeyenbergh a vu une espèce voisine, de l' Amérique du sud, causer la mort.

II. Weycnborgli, Caso Mal pov la mordedura de una araiïa de la esprehllamada Segesti-ia perfîda Walck. Boletin de la Acad. aacional de ciencias exactas de d'irdoba, II, p. 289, I87G.

Les Dysdérides ne sauraient donc être considérés comme des animaux inoffensil's. Il en est de même pour les Drassides [Dvuhmk, Gnaphosa, Clubiona, Miearia, Prosthesima), qui renferment quelques espèces 1res venimeuses, telles que la suivante :

ChiRacanthium punctorium Villers [Clubiona nutrix Walckenaer, 1805). — Cette espèce est répandue dans foule la France, en Suisse, en Allemagne, etc. ; la femelle a une longueur maximum de 19""u,5. Son venin, d'après Dugès, ne produit chez l'Homme qu'un petit gonflement et une rougeur qui durent à peine une demi-heure. Simon le considère, au contraire, comme plus actif que celui des autres Araignées : il tue instantanément les plus gros Insectes et produit chez l'Homme des accidents très sensibles. Forel et Grube ont éprouvé de sérieux accidents à la suite de sa piqûre.

Mordu au pouce par une femelle de grande taille, Grube

elles

ORDRE DES ARANÉIDES. M ressentit une douleur aussi vive qu'à la suite d'une piqûre de Guôpc : il ne sortit pas de sang et il n'était môme pas possi b le de reconnaître à la loupe l'endroit piqué. Néanmoins, il se développa aussitôt une vive inflammation et une tuméfaction qui s'étendit rapidement à toute la dernière phalange : cet état dura trois jours et c'est alors seulement que la résolution commença à se faire lentement. Après plus d'une semaine, l'endroit mordu présentait encore une petite tache jaunâtre et de l'insensibilité; celle-ci ne disparut totalement que vers le quatorzième jour après l'accident.

y Forci. Bull, do la Soc. vaudoise dos se. nat., XIV, p. 31.

Ed. Grubc, Ueber den Biss einer gifligen Spinne. Jaliresbcr. der scliles. Gosellschaft fur vatcrl. Cultur, LVI, p. 11", 1878.

Les Argyronèles (Argyroneta) ont des mœurs singulières filent dans l'eau une toile imperméable, en forme de dé à coudre et remplie d'air. Leur morsure provoque une légère douleur, selon Grube.

Les Agélénides comprennent les genres Agelena (fig. G16) et Tegenaria (fig. 607, D). L'Araignée domestique (T. domestica) n'est pas redoutable et ne se sert de ses chélicères que si on vient à la saisir. Schaller a expérimenté autrefois, d'une façon très insuffisante, l'action de son venin : il prend quatre Tégénaires, les broie et les réduit en une pâte qu'il applique sur une partie dénudée de la face interne de la cuisse d'un Lapin : l'animal meurt au bout de quatre jours ; l'expérience fut répétée sans résultat sur un autre Lapin. Du venin

introduit dans des piqûres que Schaller s'était faites à lui-môme ne causa pas le moindre accident.

E.-J. Schaller, Recherches sur le venin de l'Araignée domestique. Thèse de Strasbourg, 1833. — A consulter pour la bibliographie ancienne.

Les Rétitèles ont huit yeux, mais n'ont ni calamistrum, ni cribellum; les pattes sont longues et grêles. Elles filent des toiles irrégulières, à filaments entre-croisés dans tous les sens . A ce groupe appartiennent les genres Pholcus, Theridium (fig. 607, C), Erigone, Linyphia et Lutrodectus. Ce dernier renferme un grand nombre d'espèces, répandues sur une grande partie de la surface du globe et partout redoutées à cause de leur morsure venimeuse.

Fig. G16. — Coque ovigère A' Agelena labyrinthica, non encore entourée de grains de sable.

Latrodectus tredecihguttatus Rossi(Z. malmignalus Walck 1837; L. lugubris Môtschulsky, 1849). —Celte cspèce(fig. 61t| noire ou d'un brun rougeàtre foncé et couverte de poils rudes,' est reconnaissable à ce que son abdomen est orné, à sa face supérieure, d'un demi-cercle rouge et de trois séries de grandes taches d'un beau rouge; la rangée médiane comprend six taches, chacune des rangées latérales en renferme trois. La femelle est longue de 15 millimètres au maximum. Cette Araignée vit en Egypte, en Syrie, en Asie Mineure, dans la Russie méridionale, en Italie, en Espagne, en Corse et dans

le midi de la France (Vaucluse, Gard, Hérault); elle remonte môme le long du littoral jusqu'en Vendée et dans le Morbihan, où elle perd ses taches rouges et acquiert une teinte noire uniforme. Elle file, principalement sous les touffes de Medicago saliva, de Diplotaxis tenuifolia et de Rubia lincloria, une toile très forte qui arrête jusqu'aux gros Insectes. Son cocon est sphéroïde, mais pointu à l'un des pôles.

La Malmignalte est partout très redoutée : en Espagne, Simon a vu les paysans très effrayés à son aspect,

Fig. 617. - Latrodectus landis 1u'une esPèce ™™me, Lalrotrcdecimgutlalus. dectus erebus Savigny, ne leur causait aucune crainte. Rotti, Boccone et Rossi en Italie, Kessler en Russie, assurent que sa morsure cause de la fièvre, de vives douleurs et un étal léthargique. Graells en Espagne et Cauro en France citent d-es fails tendant à démontrer que sa morsure est capable de rendre malade l'Homme ou l'animal. Walckenaer ne doute pas non plus que cet animal ne soit venimeux.

Aux environs d'Avignon, suivant le frère Télesphore, il aurait produit plusieurs fois de graves accidents, sans pourtant causer jamais la mort. A la piqûre succède une douleur locale très aiguë, qui envahil bientôt loul le corps : le malade est incapable de se tenir debout et perd connaissance; puis il

OHDRIÎ DES AIUNEIUES. 367

est pris de violentes convulsions, pendant lesquelles il pousse des cris. Cet état dure environ vingt-quatre heures; les deux jours suivants, le malade est un peu plus calme, bien que presque incapable de remuer les membres; par moments, il est encore agité de tremblements convulsifs. La convalescence est plus ou moins longue : on peut ressentir les effets de la piqûre pendant deux ou trois mois, parfois môme pendant un ou deux ans.

Dax (de Sommiôres) a observé six individus piqués par le Lalrodecte : tous furent indisposés, l'un d'eux môme assez gravement; mais les stimulants amenèrent toujours laguérison dans les vingt-quatre heures.

La Malmignatte du sud de la Russie porte le nom de Karakourt; Motschulsky et Kobert assurent qu'elle est extrêmement venimeuse. En 1839, elle aurait tué, dans le bassin inférieur du Volga, 7,000 Bœufs, dont la mort s'explique bien plutôt par une épizootie; sa morsure serait plus dangereuse encore pour le Cheval et le Chameau et, en maintes contrées, elle tuerait jusqu'à 33 p. 100 des Chameaux. Ce sont là d'évidentes exagérations ; il n'en faudrait pourtant pas conclure à l'innocuité de l'animal.

Kobert a prouvé, en effet, que le venin du Latrodecte, mort ou vivant, est également redoutable pour le Rat, le Chien, le Chat, l'Oiseau et la Grenouille : le Hérisson lui-môme, qui a la réputation de résister au venin de Vipère, succombe à son action. Même dilué au millionième, le venin agit sur le système nerveux central et paralyse le cœur, mais à la condition d'être introduit par voie hypodermique : à l'exemple du venin de la Vipère etdu curare, il est inoffensif par la voie intestinale; ce serait une substance albuminoïde, que la chaleur détruit rapidement. Kobert assure encore que le venin est répandu dans tout le corps de l'Araignée, même dans les pattes et dans l'œuf non développé, ce qui paraîtra peu vraisemblable.

A Berdiansk, sur la mer d'Azov, il se montre parfois, au temps de la moisson, une Araignée noire venimeuse qui cause une grande panique parmi les travailleurs; en 1865, elle aurait mordu plus de 300 personnes, dont 3 auraient succombé.

Un bon nombre de faits plus ou moins bien observés tendraient donc à démontrer le danger de la morsure du Latro-

clecle; mais celle morsure n'est pas dans tous les cas dan-relise. C'est ainsi que L. Dufour ne croit pas la Malmignal redoutable pour l'Homme; 11. Lucas a été mordu plusieurs fc en Algérie, sans en éprouver aucun inconvénient. Simon garde môme le Lalrodecle comme incapable de produire aucune piqûre: ses crochels sont très petits et l'animal ne cherche pas à s'en servir, quand on le saisit.

Carus et Engelmann, Bibliolheca zoologica, I, p. 477. O. Tasclionberg, Bibliotheca zoologica, II, p. 1305.

L. Tolti, Memoria sopra il Falangio o Hagno venefico de II' anro VolterranÀ Atti dcir Accad. dei lisiocritici, Siena, VII, p. 244, 170',.

Marmocchi, Memoria sopra il Hat/no rosso delC anro Vollerrano Ibidem! VIII, p. 218, 1800.

A. Cauro, Exposition du moyen curatif des accidents produits par la morsure de l'Araignée 18-guttata ou Théridion malmignaltc du département de la Corse; suivie de quelques réflexions sur le mode d'agir de son venin et de celui de ta Vipère. Thèse de Paris, n° 128, 1833.

E.-VV. Braylcy, Poisonous Spidcr at Berdiansk. Transact. entomol. Soc. o| London, (3), V, I805-18G7. Proceedings for 18GG, p. xiv.

G. Dax, Accidents causés par la morsure de l'Araignée noire. Courrier médical, XXXI, p. 47, 1881.

L'Amérique possède également un certain nombre de Latrodectes redoutables : tel est Latrodectus mactans dans l'Amérique du sud, suivant Fabricius ; tels sont aussi L. perfidus, L. formidabilis elL. va% riolus aux Étals-Unis, suivanl Abbot.

Latrodectus cuiucaviensis Millier (L. malmignaltus var. tropica vaffl Hasselt; Thcridium malignum Anslyn). L'Araignée orange de Curaeao a élé étudiée par van Hasselt, puis par Steenbergen. Elle est à Curaçao, à Bonaire, à Aruba et aussi sur la côle du Venezuela. Elle a à peu près la taille d'Epcira cliademata et présente une teinte noire avecl des taches et des raies d'un rouge vif; la face ventrale est marquée! de plusieurs lâches rouges.

Van Hasselt ne croit guère que cette Araignée soit redoutable, mais le fait est affirmé par d'autres observateurs.

Steenbergen maintient pendant quelque temps une Araignée surj la langue d'un Chien à la mamelle, puis contraint celui-ci à l'avaler. Au bout de deux heures, l'animal pousse des hurlements plaintifs et refuse tout aliment ou boisson ; sa gueule se remplit de bave spu meuse; sa langue est enflée; il vomit, puis se rétablit au boul dé quelques heures.

Dans une autre expérience, on incise la peau d'un Chien, à la partie interne de la cuisse, puis on écrase dans la plaie le céphalothorax d'une Araignée. Deux heures après, refus des aliments, hurlements agitation ; inflammation et tuméfaction de la plaie. Trois heures plus

ORDRE DES A.RANÉ1DES

lard, l'animal esl 1res agile : il a les conjonctives enflammées, la pupille rélrécie, la langue sèclie, la respiration irrégqlière et précipilée. Puis le calme revient et des vomissements se produisent; la plaie se ferme lentement après de longues suppurations.

L'expérience, répétée avec trois Araignées sur un jeune Bouc, donna des résultais analogues, si ce n'est que, à la suite de l'opération, l'animal demeura apathique, alla en dépérissant, puis mourul au bout d'un mois et demi. Divers essais lenlés sur la Poule n'eurent aucun succès.

Couslan confirme le récit de Steenbergen : à Curaçao, 100 à 200 cas de morsure s'observeraient annuellement chez l'Homme et, .«ans être jamais mortels, les accidents seraient encore plus graves que ne le laissent supposer les expériences précédentes. Un usage local veut qu'on administre aux malades, comme antidote, de l'urine humaine mélangée à une infusion de tabac et dans laquelle on fait macérer des sapotilles pilées.

Faut-il croire, là encore, à des exagérations et doit-on considérer celle espèce comme vraiment inoffensive? D'après Simon, elle est très commune à Valencia (Venezuela), où personne ne la redoute ni ne la connaît.

A.-W.-M. van Hassolt, Studien over de z. g. Ciiraçaosc/ie Oranje-spin, eene m,u weinig i„-hrn,le Latrodectus-soor.t. Tijdschrirt voor Entomologie 111 n Ifi en -1G, I8G0. ' v'

H. C. Stcenbergon, Étude sur l'Araignée orange. Son histoire naturelle et su propriété venimeuse. Archives de méd. navale, II, p. 5GG, 18GÎ.

Coustan, Quelques mois sur l'Araignée orange de Curaçao. Ibidem, X, p ■ 1 Do j 1 8GS.

Van Leent et Coustan, Vile de Curaçao. Ibidem, XXIV, p. 317, 1875. Voir

Lathodectos menavodi Vinson, 1803. - La femelle est longue de 12 millimètres. « Celle Aranéide est surtout abondante dans la forêt d Alanamasoatrao, à Madagascar : elle se trouve dans toute l'étendue de celle ,1e, où on la désigne sous le nom de Vancoho dans la partie sud, et Ménavodi, qui veut dire cul-rouge, dans l'est et à l'intérieur Chez es Hovas. l a morsure de ce l.atrodecte produit, dit-on, la mort

les h m Ch6Z dnimaUX- Sa t0ile 6St èti« dans

es herbes, et les indigènes évitent de loucher à cette Aranéide, car

tnt'TJ de,,J/commB»' t'^™ chose sacrée, défendue, infdue a laquelle on ne peut pas toucher... Je n'ai pas eu occasion d o serve,, les effets redoutables qu'on attribue à la morsure de ce la rodecte; dans toutes mes investigations à ce sujet auprès m n e

«:ï:ziiï: plus écu,irés- <™é *« ^zéz

Blanchard. - Znol. mdd.

On trouve aux environs de Tunanarive une aulre espèce qui se rapproche beaucoup de la précédente, dont elle dépasse môme la taille, mais les Ilovas ne la redoutent pas.

A. VInson, Arandides des îles de la Héunion, Maurice et Madagascar Pari. in-8°. I8G3. Voir p. 122 et 124, pl. VIII, fig. 5 et 5 a. ' '

Latrodèctds kviipo Powell, 1870. — La femelle est longue de 8mœ,5. Cette Araignée est abondante dans les deux îles de la Nouvelle-Zélande, où elle est très redoutée et où elle est le seul animal venimeux. Les naturels assurent qu'elle tue souvent les enfants; mais, en général, les accidents se dissipent d'eux-mêmes au bout de quelques jours. La partie mordue est douloureuse,-puis se tuméfie et s'enflamme; le malade sue ensuite abondamment et éprouve une vive sensation de langueur; son intelligence s'obscurcit et des contractions convulsives des membres peuvent survenir.

Le Rév. Chapman, missionnaire chez les Maoris, rapporte les trois observations suivantes, qu'il attribue, sans preuve suffisante, à la morsure du Kalipo. Une fillette, mordue à l'abdomen, serait morte après avoir langui six semaines. Une dame anglaise, mordue à la cuisse, ne fut guérie qu'au bout de trois mois. Un chef indigène, mordu à la cuisse, n'éprouva rien de grave.

Butler rapporte également le cas d'une femme de cinquante ans qui, mordue à la hanche gauche, éprouvait une vive douleur quelques minutes après. Le lendemain, la hanche était fortement tuméfiée et sensible à la pression, les deux cuisses étaient douloureuses, mais surtout la gauche. Le troisième jour, ces symptômes commencèrent à s'atténuer et ne tardèrent pas à disparaître.

L'observation la plus probante est celle de Wright, encore que l'identité de l'animal mordeur ne soit pas indiscutable. Un individu est mordu à l'épaule, entre H heures et midi. A midi, il rentre à son habitation : il ne peut plus ouvrir la bouche ou est à peine capable d'articuler quelques mots, par suite du trismus. L'endroit de la piqûre est très douloureux : la peau y est soulevée sur une surface aussi large qu'une tasse à thé; elle est blanche et entourée d'un cercle rouge. Le malade perd connaissance, le pouls devient presque absent, le visage pâlit, puis se cyanose; les extrémités sont froides, la respiration presque suspendue : la mort semble prochaine. L'alcool à haute dose et l'ammoniaque dans l'eau raniment le patient : le pouls réapparaît, la circulation et la respiration deviennent plus naturelles. La convalescence dure encore plusieurs jours.

O. Tasclienberg, Bihliolheca zooloyica,\\, p. 1305.

Tlï.-Sll. Ralph, On tlie Katepo, a supposed poisonous spider of Xew Zenland. Journal of tlin Linn. Soc, I, p. I, KS.'>7.

ORDItlï DES AHANÉIDES. 37l , es Orbitèles lissent des loiles verticales, constituées pur deux sortes de lils, les uns rayonnants, les autres concentriques. L Araignée se tient au centre ou dans une cachette peu distante ; 1 abdomen est globuleux, les huit yeux sont sur deux rangs (fig. «07, G), les deux paires de pattes antérieures sont souvent plus longues que les autres. A ce groupe se rattachent les deux familles des Kpcirides (Argiope, Gastemcaii- Iha, Epeira, fig. 618) et des Tétragnathides (Tetragnathu, fig. 619).

Epeira dindrmutn est très abondante dans les jardins ; c'est une espèce absolument inolTensive, bien que ses chélicères soient assez

BÏg. GI8. — Epeira diademuta. Fig. G 19, — Tetr'aynntlia extensa.

puissantes. Aussi Blackwall a-l-il été mal inspiré en la choisissant pour expérimenter l'action du venin des Araignées sur l'Homme. 11 s'est fait mordre par trois Épeires, au doigt et à l'avant-bras, sans en éprouver le moindre inconvénient : d'où il conclut à l'innocuité delà morsure des Araignées en général et des espèces anglaises en particulier. Mais celte conclusion est évidemment inexacte, comme cela ressort des nombreuses observalions que nous avons relatées plus haut.

.1. Illackwall, Expérimenté and o'jwv liions on Ike poison of the animais of Ihe ovdev Arawiilca. Transaci. of tbc Liniieau Society of London, XXI, p. 31, I8'i8-I852.

On trouvera encore dans les travaux ci-dessous d'intéressantes

CLASSE DES au \ciiniiies.

observations qui se. rapportent à des Araignées d'espèce indéterminée.

D. Clos, Les piqûres d'Araignées sonl-ellet venimeuses pour l'Homme? Mom. do l'Acad. dos sciences de Toulouse, (G), III, p. 51?, I8(i.r>.

M. Bàrtols, Ueber eine giftige Spinne '1rs Uaussalandes [Nord-Afrika Sitzungsber. der Gesellsclial'i, nalurforschondor Freunde in Borlin d 183 1881. ' 1 '

L'Araignée a joui d'une certaine réputation eu médecine. Lemerv dit qu'elle était estimée « pour les lièvres inlermitenles el particulièrement pour la fièvre quarte, étant écrasée et apliquée au poignet, ou étant enfermée vivante dans une coquille de noix et attachée au cou à l'entrée de l'accès. »

ORDRE DES PÉDIPALPES

Ces animaux, peu nombreux, habitent les régions tropicales des deux continents; ils établissent la transition entre les Aranéides et les Scorpions. L'abdomen est séparé du céphalothorax par un étranglement et se divise en un certain nombre d'anneaux; chez Thclyplionus, les trois derniers sont rétrécis en un tube auquel fait suite un appendice très grêle, également annelé.

Les chélicères sont sans doute en rapport avec une glande à venin, comme chez les Araignées, car la piqûre de ces animaux est très redoutée. Les palpes maxillaires se terminent par des grilfes puissantes et armées de piquants [Tarentula Fabricus, 1703 ; nec Sundevall, 1832) ou par des pinces didactyles [Thelyphomis), comme chez les Scorpions. Le céphalothorax porte en avant deux grands yeux médians et, un peu plus en arrière, deux groupes latéraux de trois yeux chacun.

Les pattes de la première paire sont très longues et très grêles et se terminent par une portion flagelliforme annelée. La respiration s'effectue dans quatre sacs pulmonaires, dont l'orifice est latéral et se trouve sur le bord antérieur des deuxième el troisième anneaux de l'abdomen. L'organisation de l'appareil digestif rapproche les Pédipalpes des Scorpions, celle du système nerveux les rapproche des Araignées. Les Phrynes [ fig. G20) se rencontrent dans l'Amérique du sud, dans l'Afrique équatoriale et en Malaisie, les Thélyphones au Mexique, dans l'Asie méridionale et la Malaisie.

Ces derniers sont partout considérés comme venimeux : on va même jusqu'à comparer l'action de leur venin à celle du venin de Crotale! Mais on n'a pas encore démontré l'existence d'une glande à venin, et divers auteurs, comme Altamiro et KorolnelT, assurent que

l'appendice caudilbrmc un liquide volatil, de réaction acide, insipide et non venimeux, qui agit comme moyen de défense uniquement par son odeur.

F. Altamiro, Observaciones sobre la secrecion venenosa del vinagrillo (Tlielijphonus giganteus). La Naturalcza, III, p. 331, 1870.

B.-C. Yarrow, Thelyphonus giganteus poisonous. Amer. Naturalist, XI, p. 367, 1877. — Id., Le Thelyphonus giganteus regardé comme étant venimeux. Journal de zoologie, VI, p. 238, 1877.

ORDRE DES SCORPIONS

Les Scorpions (fig. 621) ont le corps divisé en deux portions distinclcs : l'antérieure est subcyl'mdrique et comprend le céphalothorax et la première moitié de l'abdomen ; la postérieure, ou seconde portion de l'abdomen, est une sorte de queue très mobile, pluriarticulée et terminée par un appareil à venin.

Le céphalothorax est presque quadrangulaire : il est aussi large ou même un peu plus large que long; il s'élargit progressivement d'avant en arrière et s'unit à l'abdomen par une large surface. Son tégument est coriace et fortement chilinisé ; sa surface est, suivant les cas, lisse et ponctuée ou entièrement granuleuse. La face supérieure est d'une seule pièce, non segm-entée et porte simplement les yeux ; l'inférieure

Jli CLASSE DES AHACIIN1DES.

porte six paires d'appendices el esl presque entièrement recouverte par les hanches des quatre paires de pâlies.

Les chélicères ou anlennes-pinces sont à trois articles : le basilaire est court, annulaire et caché sous le céphalothorax; le moyen est allongé et se prolonge par son angle interne en une forte apophyse acuminée ou doigt fixe: l'article terminal ou ilniiji mobile s'insère à la

face externe et à la base de l'apophyse du précédent, de manière à former avec celle-ci une; pince didactyle, dont le doigt mobile se meut dans un plan horizontal ; chezles autres Arachnides (Aranéides, Chernètes,Solifuges),ce même mouvement se fait dans un plan vertical.

Les deux pattes - mâchoires sont très grandes cl formées de six articles : la hanche ou article basilaire est massive et sert à la mastication des aliments ; on lui donne parfois le nom de mâchoire et on considère alors comme un palpe maxillaire les cinq arti-' cles suivants.

Ceux-ci ont reçu les noms descaputa, humeruÊ et brachium, que l'homo- Fig. C2I. — liullms uuslralis. logie avec les pattes véri-j

tables nous contraint à, rejeter, pour adopter ceux de trochanler, fémur et libia. A la suite do ce dernier vient le tarse, qui est formé de deux articles et constitue encore une puissante pince didactyle, dont le doigt externe est mo-' bile (1). Aux pattes-mâchoires comme aux chélicères, le bord interne

(I) A cause do tours pinces, les Scorpions ont été rangés autrefois parmi les Thoracostracés ; niais la pince do l'Écrevisso, par exemple, n'est mobile que par sa branche interne, ce qui constitue nue différence essentielle.

ORDRE DES SCORPIONS. 375 des doigts est orne de denticulations qui donnent de bons caractères génériques.

Les pattes ambulatoires sont au nombre de quatre paires et vont en augmentant de taille de la première à la dernière. Chacune d'elles comprend sept articles, le tarse étant Inarticulé. Les hanches sont irès grandes et recouvrent presque entièrement la face inférieure du céphalothorax; elles se louchent sur toute leur longueur, et celles des deux dernières paires sont môme soudées entre elles. Celles de la seconde paire sont plus longues que les autres et se réunissent sur la ligne médiane : leur bord antérieur s'épanouit en avant, de chaque côté" de celle-ci, en une large apophyse qui se rétrécit progressivement et s'avance jusqu'au voisinage de la patte- mâchoire ; ainsi se forment les deux Iodes maxillaires, qui s'affrontent sur la ligne médiovenlrale et contribuent à la mastication. Les hanches de la première paire de pattes portent de la même façon deux lobes maxillaires, qui se comportent à l'exemple de ceux de la seconde paire et s'appliquent le long de leur bord externe ; ils sont courts et effilés en avant (/>'«tlnts) ou se terminent au contraire par un élargissement (Broteas). Le tarse se termine par deux griffes simples et divergentes; au-dessous d'elles se voit souvent un éperon ou griffe impaire, au-dessus une apophyse unguéale.

Les hanches des deux dernières paires de pattes laissent entre elles un espace qui est occupé par une petite pièce chitineuse sternale. Ce sternum a une grande importance taxonomique : c'est un mince bourrelet transversal, un peu arqué {Telegonus, Bothriurus)', ou bien il est rétréci en avant et obtusément triangulaire (Buthns) ; il est enfin plus ou moins pentagonal [Soorpio, Vejovis, Bruiras, Euscorpius); dans ces deux derniers cas, il est creusé d'une fossette médiane.

L'abdomen n'est pas pédicule, mais est nettement segmenté; il comprend deux régions distinctes : le gaster ou préabdomen et le poslabdomen. Le préabdomen est plus long et un peu plus large que le céphalothorax : il est formé de sept segments, divisés chacun en deux arceaux, dorsal et ventral; ces arceaux sont des pièces chitineuses, réunies l'une à l'autre, le long de la ligne latérale, par une membrane molle qui peut se distendre considérablement, surtout chez la femelle en gestation.

A la face dorsale, les arceaux se recouvrent en imbrication; les six premiers sont à peu près semblables, si ce n'est que leur longueur augmente progressivement; le septième est plus long que les précédents et trapézoïde, sa partie rétrécie étant tournée en arrière et s'articulant avec le postabdomen.

A la face ventrale, le préabdomen ne présente que six arceaux, les deux premiers s'étant fusionnés en un seul. Celui-ci est plus court

37« CUSSIS DES &RÀCI1N1D.BS.

el plus étroit que les suivants; il est enclavé entre les hanches du lu dernière paire de pâlies el s'appuie eu avant sur le sternum. Dans sa portion antérieure, il présente l'orifice génital, que protège un opercule mobile autour de son bord antérieur. Dans sa moitié postérieure, ce môme arceau est recouvert d'une petite pièce transversale, dont les deux extrémités latérales sont creusées d'une petite dépression, dans laquelle s'insèrent les peignes.

On appelle ainsi deux appendices denliculôs (fig. 022, //, qui sont caractéristiques des Scorpions. Cu sont des lames allongées, graduellement rclrécics de la base à l'extrémité el ornées sur leur bord postérieur d'une série régulière de dents conligués et articulées, donl le nombre esl variable d'une espèce à l'aulre et môme d'un sexe à l'autre. La partie pleine du peigne comprend un nombre Fig. 022. — Préabdo- variable de lamelles étroitement juxtaposées el mon d'un Scorpion ,• ■ .' ,

vu par la face ven- dlsPosees en deux ou lro,s rangées Iransversatrale. — p, peigne ; ^es- La rangée antérieure n'est, ordinairement s, stigmates. formée que de trois lamelles, très allongées ;

entre elle el les dénis se trouvent une (Bulhides, Hétérométrides, Bolhriurides) ou deux (Véjovides) rangées de lamelles intermédiaires, dont le nombre est variable et donne de bons caractères de classification. Les peignes servent au loucher : ils reçoivent un gros nerf qui se termine dans les dents par un grand nombre de papilles tactiles.

Les cinq derniers segments de la face ventrale du préabdomen sont lisses, imbriqués, parallèles entre eux. Les segments 2, il, 4 et 5 portent de chaque côté un stigmalc, qui a l'aspect d'une l'ente oblique, s. Le dernier segment est conformé comme a la face dorsale.

Le postabdomen esl formé de six segments; il est beaucoup plus étroit que le reste du corps, mais est presque toujours un peu plus long : il est parfois de même longueur, rarement plus court [Uchnurus). Les cinq premiers segments sont semblables entre eux el augmentent progressivement de taille : ils sonl creusés en dessus d'une dépression longitudinale, bordée latéralement de crêtes dentées et plus ou moins abruptes; l'anus s'ouvre en arrière du cinquième, à la face ventrale. Les anneaux sont incapables de s'infléchir en dessons et n'ont que d'obscurs mouvements de latéralité; en revanche, chacun d'eux peut se relever verticalement sur celui qui le précède et le postabdomen s'enroule ainsi sur lui-môme plus ou moins complètement en spirale.

Le sixième cl dernier segment du postalxlomcn diffère con-

OfH>RE DES B60BWON6.

Ldérablement des autres. C'est une vésicule sul.globuleuse, pyriforme ou subcylindrique, qui se continue en arrière par un ,i uillon très acéré, arqué et à convexité supérieure. Cet aiguillon est une arme redoutable, au moyen de laquelle le Scorpion inocule le venin sécrété par deux glandes renfermées à l'intérieur de la vésicule.

Ces deux glandes sont pyriformes, de môme volume, légèrement aplaties sur la ligne médiane et symétriques; la partie renflée est comprise dans La dilatation de la vésicule, les canaux excréteurs s'enfoncent dans l'aiguillon. Elles remplissent presque entièrement la vésicule et ne laissent entre elles, à la région supérieure, qu'un petit espace comblé par du tissu conjonclif dans lequel passent les nerfs qui se rendent aux glandes ; en bas, elles laissent un plus grand espace, que vient combler encore une masse conjonctive traversée par des vaisseaux sanguins.

Chaque glande est appliquée en dehors et en haut directement contre la paroi chilineuse de la vésicule; en bas et en dedans, elle est entourée d'une couche musculaire qui s'étend sur toute la longueur de la glande. Celte couche musculaire est formée de libres striées à disposition transversale, qui s'attachent à la face interne du tégument, d'une part près de la ligne médio-dorsale et d'autre part sur la face latérale. Celte sangle musculaire vient-elle à se contracter, elle comprime le sac glandulaire contre le tégument qui joue le rôle de plan résistant, et le venin se trouve ainsi éjaculé.

En dedans du muscle, une mince couche conjonctive entoure complètement la glande, puis sert de base à l'épilhéiium sécréloire, qu'elle refoule çà et là, de manière a sillonner la cavité de la glande de larges replis longitudinaux ayant pour but d'augmenter la surface de sécrétion. L'épilhéiium est formé de hautes cellules prismatiques à noyau basilaire et bourrées de fines granulations.

La glande s'eflile progressivement en arrière, puis pénètre dans l'aiguillon : la couche musculaire disparaît alors, la cavité centrale se trouve remplie d'une masse conjonctive dans laquelle passent les deux canaux excréteurs, réduits à un épithélium surbaissé. Plus près de son extrémité, l'aiguillon est plein, si ce n'est qu'il est encore creusé latéralement de deux

■us CLASSE DÉS ARACHNIDES-,

canaux excréteurs. Ceux-ci marchent parallèlement, sans jamais se réunir, puis débouchent au dehors, sur les côtés et un peu au-dessous de la pointe de l'aiguillon, par deux orifices ovalaires que Maupertuis a décrits dès 1731.

Le venin est un liquide acide, limpide et légèrement opalescent. A un fort grossissement, on y découvre une grande quantité de fines granulations, semblables à celles qui s'observent à l'état frais dans les cellules épithéliales. Ces granulations sont animées du mouvementbrownien : l'acide acétiqueet la potasse très étendus les dissolvent, mais l'étherles laisse intactes; ce ne sont donc pas des graisses. Elles proviennent directement des granulations intra-cellulaires, les cellules se rompant et leur protaplasma se liquéfiant pour former le venin.

Le Scorpion pique toujours en avant de lui : il lance des coups d'aiguillon de deux manières distinctes. Veut-il se défendre quand on l'attaque ou l'excite, il se contente, pour ainsi dire, de chercher à effrayer : son abdomen relevé en arc au-dessus de lui, il décoche brusquement un coup d'aiguillon, et revient aussitôt à sa position première; le venin apparaît alors rarement à l'extrémité de l'aiguillon. Lui présente-l-on, au contraire, un animal dont il fasse habituellement sa nourriture, une Araignée par exemple, il se précipite sur sa proie, la saisit fortement entre les pinces de ses pattes-mâchoires, puis relève son abdomen et la tàte avec la pointe de son aiguillon, comme pour chercher le point vulnérable; souvent alors on voit sourdre une gouttelette de venin. Dès qu'il a trouvé l'endroit propice à la piqûre, le Scorpion imprime a son appareil à venin un mouvement de bascule, grâce auquel la pointe perce le tégument et s'enfonce dans le corps de la victime. Elle y séjourne un certain temps, pendant lequel les glandes à venin se vident par une série de contractions soumises à la volonté de l'animal; quand l'aiguillon ressort, la victime est déjà inerte et paralysée.

Jousset (de Bellême, Orne) évalue à 0«r,008 la quantité de venin contenue dans la vésicule d'un But/ius ewopœus de moyenne taille, mais Joyeux-Laffuie fait remarquer que ce chiffre est beaucoup trop faible et ne saurait être accepté que comme un minimum.

L'action physiologique du venin a été élucidée par Paul Bert

ORDHE DUS SCORPIONS* :t'-1 et Joyeux-Lall'uie, dontles résultats concordants sont basés suides expériences rigoureusemenlconduites. Ces résultats contredisent entous points une théorie émise par Jousset, d'après laquelle le venin serait un poison du sang, déformerait les hématies et causerait la mort par arrêt de la circulation, théorie qui, comme le dit fort judicieusement Joyeux-Laffuie, « n'est prouvée par aucune expérience sérieusement observée. »

Le venin est sans action sur les Protozoaires; il n'est pas absorbé davantage par la peau de Poulpes et de Têtards vivants dans une eau à laquelle on a mélangé une forte proportion de venin. L'absorption ne se fait pas non plus par la voie intestinale, ou du moins elle se produit lentement, tandis que l'élimination du poison par l'urine se fait activement, en sorte que le sang n'en renferme jamais en quantité suffisante pour provoquer des accidenls.il est intéressant de noter cette première analogie avec le curare.

Introduit sous la peau, le venin est rapidement absorbé par les vaisseaux sanguins, puis porté par tout le corps jusque dans l'intimité des tissus ; s'il est inoculé à une dose suffisante, il cause alors une envenimation redoutable, à laquelle sont sensibles les Vertébrés, les Arthropodes (les Scorpions euxmêmes) et les Mollusques. On constate toutefois, suivant les espèces animales, de grandes variations dans la sensibilité au venin : parmi les Mollusques, par exemple, la Limace rouge (Arion m fus) succombe rapidement, mais le Poulpe résiste; parmi les Sauriens, le Lézard résiste; parmi les Mammifères, le Chat ne présente qu'une faible réceptivité. Mantegazza a vu l'Écrevisse résister; mais Joyeux-Laffuie assure que les Décapodes marins (Plali/carcimts pagurus, Porlunus puber) sont extrêmement sensibles et meurent promptement. Les Poissons sont tués par une forte dose, mais résistent à une dose plus faible, qui suffit pourtant à tuer un Batracien ou un Oiseau; le Crapaud est plus résistant que la Grenouille ou le Triton. Les Diptères, les Hyménoptères et surtout les Araignées, dont le Scorpion se nourrit d'ordinaire, sont les plus sensibles de tous les animaux.

L'inoculation du venin est toujours douloureuse et arrache souvent des cris au patient; cette douleur, qui dure un certain temps, doit être attribuée à une action directe du venin sur

les nerfs voisins el non au fait môme de la pénétration de l'aiguillon : une épingle est plus grosse et cause pourtant une douleur insignifiante.

11 s'écoule toujours quelques instants entre le moment de l'inoculation du venin et celui de l'apparition des premiers symptômes de l'envenimation; pendant cette première période, qui est d'autant plus courte que l'animal est plus sensible au venin, celui-ci passe dans le sang, puis se répand dans l'organisme. Quand il se trouve dans le sang en quantité suffisante, la période d'excitation éclate brusquement. Elle est marquée de convulsions violentes, qui ressemblent beaucoup a celles que produit la strychnine : comme celles-ci, un choc frappé sur la table suffit à les réveiller; elles s'accompagnent de vives douleurs, qui arrachent souvent des cris; la sensibilité est intacte (1)

La durée de la période d'excitation dépend de la quantité de venin inoculée. La dose est-elle faible, les convulsions apparaissent tardivement, mais sont bien caractérisées et durent longtemps ; la dose est-elle forte, elles ne se font guère attendre, sont très violentes et cèdent bientôt la place à la paralysie. Ces convulsions proviennent de l'excitation exercée directement sur les centres nerveux, et spécialement sur l'encéphale, par le venin.

La période de paralysie fait toujours suite à la précédente. Elle débute par un engourdissement des membres, que l'animal a de la peine à ramener dans leur position première : l'engourdissement s'accentue de plus en plus et l'animal perd la faculté d'exécuter le moindre mouvement. Le cœur continue à battre, mais les mouvements respiratoires sont suspendus et la mort arrive par asphyxie, par impuissance du diaphragme el des au 1res muscles inspirateurs. Chose remarquable! la mort est due à un mécanisme identique à celui qui s'observe dans les cas d'empoisonnement par le curare, ainsi que Paul Bert l'a reconnu. Le muscle est toujours contractile, le nerf a con-

(I) Pondant la période d'excitation, l'Homme ou l'animal piques émettent souvent leur urine. Au Gabon, Toucliard (Rivière du Gabon et ses maladies. Thèse de Montpellier, 18G4) a vu pratiquer une sorte do jugement do Dieu qui consiste à faire piquer un accusé par un Scorpion : si le patient émet son urine, pondant la première pêribdo do l'envenimation, Ost. un si^ne certain d'innocence.

onnnR des scorpions. :î81 Ibrvé sa conductibilité, comme le prouve la conservation de la sensibilité, et cependant l'excitation électrique des nerfs moteurs ne provoque pas la contraction des muscles: c'est que, en effet, le venin s'est fixé sur les plaques terminales des nerfs moteurs et lésa comme supprimées.

Mais cette suppression n'est que momentanée : le venin ne s'accumule pas dans l'organisme, mais s'élimine progressivement par le rein; aussi voit-on, par exemple, les animaux qui peuvent respirer par la peau, comme les Grenouilles, recouvrer peu à peu l'usage de leurs membres et revenir à la santé. Cbez un Mammifère ou chez l'Homme, on peut donc affirmer que la respiration artificielle, suffisamment prolongée, entretiendrait la vie tant que durerait la paralysie, c'est-à-dire tant que l'élimination du venin par l'urine ne serait pas à peu près complète; cette élimination pourrait être aidée puissamment par l'administration de diurétiques actifs.

Le venin de Scorpion est donc essentiellement un poison du système nerveux : il n'agit ni sur les muscles, ni sur le cœur, ni sur le sang. La période de paralysie est seule mortelle : elle n'apparaît jamais d'emblée, sans avoir été précédée par une période d'excitation. Tant que celle-ci ne s'est pas manifestée, rien n'indique si l'envenimation doit ou non éclater.

Les auteurs apprécient d'une façon très inégale le danger de la piqûre du Scorpion. Ehrenberg, piqué cinq fois par Butkus quinquestriatus, n'éprouva aucun accident sérieux; mais les douleurs qu'il ressentit furent assez vives pour lui faire admettre que les femmes et les enfants pourraient y succomber. Lucas, piqué maintes fois en Algérie, assure que la douleur est moins vive et moins irritante que celle qui résulte d'une piqûre d'Abeille. Guyon a vu la piqûre de deux espèces algériennes, B. européens et B. australis, donner promptement la mort à de petits animaux (Oiseaux et Rongeurs) ; il cite encore deux cas de mort cbez de jeunes Arabes, âgés de trois et neuf ans; mais il ne connaît aucun cas mortel chez les adultes, bien que ceux-ci soient fréquemment piqués. Verdalle, qui a fait un séjour prolongé dans la région de Biskra, rapporte que les indigènes parlent souvent de piqûres mortelles, mais il n'en a observé lui-même aucun cas; sans douter de la possibilité du fait, il croit donc à sa grande rareté.

382 CLASSE OP.S ARACHNIDES

Nous sommtis arrivé nous-même aune conclusion identique, à la suite de renseignements puisés auprès des médecins militaires ot des indigènes à Biskra, à Tougourt, à Temacin, à Kairouan, comme aussi dans des régions plus septentrionales de l'Algérie et de la Tunisie. Il en est encore de môme dans le Haut-Sénégal, d'après Bellamy : « Les Scorpions sont fréquents, nous écrit-il. Je n'ai pas entendu dire qu'ils aient causé la mort, mais leur piqûre détermine de 1res vives douleurs, de l'œdème et de la lymphangite : ces symptômes disparaissent spontanément au bout d'une demi-journée. » Palkenslein assure également que les espèces de la côte de Loango ne donnent pas la mort; mais Bartels rapporte, d'après le récit d'indigènes interrogés par lui, que le pays des Haoussas, sur le cours moyen du Niger, renfermerait, entre autres espèces, un Scorpion noir dont la piqûre, extrêmement douloureuse, serait toujours mortelle.

Aucun des Scorpions d'Europe n'est capable de tuer l'Homme ; du moins, aucun cas mortel authentique ne nous est connu. Pline et Redi considéraient môme les Scorpions d'Italie comme inoffensifs. Mais Ninni, piqué par l'un d'eux, sans doute par Euscorpius italicus, au petit doigt gauche, vit se former à l'endroit piqué une large papule d'un rouge livide, puis une phlyetène remplie d'une sérosité légèrement sanguinolente, en môme temps qu'il ressentait un prurit et une brûlure douloureuse; une traînée de lymphangite s'étendit jusqu'au coude et un léger mouvement fébrile s'ensuivit. Le lendemain, tous ces symptômes commencèrent à s'amender et, le troisième jour, tout avait disparu.

A Costa-Rica, d'après A. von Frantzius, les Scorpions ne mettent jamais la vie en danger. En Colombie, d'après Posada- Arango, Cenlrurus (Alreus) Degeeri et C. Edwardsi ne causent jamais mort d'Homme : leur piqûre ne donne même pas la fièvre, et d'ordinaire les accidents disparaissent en moins de vingt-quatre heures. Au nombre des symptômes, on remarque toujours un engourdissement de la langue, qui rend la parole embarrassée, en même temps que les facultés tactile et gustative sont émoussées.

A Durango (Mexique), Cavaroz a rencontré en grande abondance un Scorpion long de 55 millimètres, que nous croyons

ORDRE DES SCORPIONS. 383 pouvoir identifier à C. gracilis LaLreille. Col animal est extrô- Lraent commun dans la ville môme (1) : sur une population de 13 à 10 000 habitants, il tue en moyenne 200 à 2 .0 personnes par an, mais tous ces décès s'observent chez des enfants ; le venin n'est pas mortel pour les adolescents et les adultes, bien qu'il cause d'ordinaire chez eux de graves accidents.

Les Scorpions, partout très redoutés, le sont donc à juste, titre. Mais leur piqûre n'est pour ainsi dire jamais mortelle pour l'Homme adulte et sain; elle l'est au contraire assez fréquemment pour les enfants, en raison de leur taille plus petite qui fait que la quantité de venin inoculé est proportionnellement plus considérable que chez l'adulte. A cause de leur taille plus petite et de leur sensibilité plus grande, les femmes sont également plus éprouvées par le venin que les hommes et succombent plus aisément.

On ne connaît encore aucun antidote rationnel du- venin de Scorpion. Posada-Arango aurait retiré des infusions de Guaco hlikania parviflora) de réels bénéfices. Aux Indes, on applique sur la blessure la racine d'Achyrantes aspera, préalablement macérée dans l'eau ; on fait aussi boire au malade une certaine quantité de l'infusion ; la douleur cesserait au bout d'une heure environ.

Si on écarte les hanches des palles-mâchoires et des deux premières paires de pattes, on découvre une fente longitudinale qui est la bouche. A cille-ci est annexée une petite pièce médiane et antérieure, sorte d'appendice cordiforme, velu à l'extrémité, qui permet à l'animal de diriger ses aliments vers la bouche et qui, d'autre part, semble être le siège du goût.

L'appareil digestif est plus simple que celui des Aranéides. Sur le trajet de l'œsophage se voit un jahot qui se dilate sous l'action de faisceaux musculaires rattachés à la paroi ventrale. L'estomac est arrondi et ne présente qu'une seule paire de cœcums dont le fond, dirigé en

(I) Lors de l'expédition du Mexique, la municipalité de Durango accordait une prime à la destruction des Scorpions et payait 30 centimes par douzaine : le9 enfants leur faisaient la chasse pendant la nuit, à la lumière; ils en détruisaient ainsi 80 à 100,000 par an, pendant les trois mois de fortes chaleurs. A Kairouan (Tunisie),'nousavons observé une habitude analogue : des mendiants d'une caste spéciale parcourent pendant la nuit la ville et ses environs ; ils sont munis d'une lanterne et armés d'une longue broche sur laquelle ils enfilent tous les Scorpions qu'ils rencontrent. Le lendemain, ils vont de porte en porte présenter leur capture ot ils reçoivent quelque menue monnaie.

384 CLASSE DES ARACÏÏNJDES.

ayant, est occupé par des glandes volumineuses ((/Unuks sulirain

L'intestin est reeliligne : dans le préuhdomen, il est entouré par i

grosse glande hépatique, qui lui déverse son produit par un grand nombre de canaux excréteurs, Les deux tubes de Malpighi sont ramifiés et se jettent dans l'intestin terminal; nous avons indiqué déjà la situation de l'anus.

Les trachées font défaut; la respiration se fait exclusivement pat quatre paires de poumons (fig. 02:!), dont la position nous est connue.

Les stigmates sont ordinairement en forme de feule (Buthus, Broteai); ils sont ovales cheï Euscorpim et ronds dans deux genres de l'Amérique inlertropicale ifihaolas l\ Servais et Teuthraustes E. Simon).

L'appareil circulatoire n'est pas sans analogie avec celui des Crustacés décapodes. Le cœur est situé en entier dans le préabdomen ; il est enveloppé d'un sinus et formé de huit ventriculites, dans chacun desquels le sang pénètre par une paire d'orifices munis de valvules. Chaque chambre cardiaque envoie une paire d'arlérioles aux parties latérales du corps; de plus, une grosse artère naît de chaque extrémité du cœur.

L'aorte antérieure émet d'abord une paire d'artères gastriques, puis va sans se ramifier jusqu'aux ganglions cérébroïdes, au niveau desquels elle se termine en se divisant en quatre branches : deux vont aux yeux médians, deux autres aux chélicères, mais non sans envover des rameaux aux yeux latéraux et aux muscles. L'aorte postérieure parcourt le poslabdomen et distribue régulièrement des branches dans chaque segment. Ces diverses artères se ramifient richement; elles déversent finalement leur sang dans les espaces interorganiques, d'où il s'accumule dans deux sinus situés le long de la face ventrale et dans lesquels baignent les poumons. Une lacune sanguine, de laquelle partent de chaque côté cinq troncs destinés aux patles, existe encore entre la masse nerveuse du céphalothorax et sa gaine; cette lacune se poursuit tout le long de la chaîne ventrale; elle n'a pas de paroi propre et porte comme annexe une sorte de glande vasculaire qui est peut-être un organe excréteur. Cette lacune périnerveuse est réunie en avant à la terminaison de l'aorte antérieure par un vaisseau de chaque côté, et en arrière, dans le premier segment du post-abdomen, par un seul vaisseau qui contourne l'intestin à droite.

Le sang oxygéné est ramené dans le sinus péricardiaque par sept paires de veines pulmonaires, qui remontent le long des flancs : trois paires prennent naissance au niveau des poumons de la première

onnniî ors scorpions. 383

paire une paire au niveau de chucune des deux paires suivantes de poumons et deux paires au niveau des poumons de la dernière paire.

Le système nerveux est moins concentre que chez les Araignées. La masse ganglionnaire sus-œsophagienne est petite et hilobée; la masse sous-œsophagienne est ovale et donne quatre paires de nerfs qui se rendent dans les quatre premiers segments du préabdomen. Puis vient une chaîne de 7 à 8 ganglions, dont les 4 derniers sont renfermés dans le post-abdomen.

Les yeux sont simples, en nombre variable et divisés en deux groupes. Deux gros yeux médians sont portés par un mamelon situé d'ordinaire au milieu de la face supérieure du céphalothorax (Buthus, Par lamtmus), mais parfois reporté en avant {Brotcas) ou en arrière {Opisthopltthalmus). En outre des yeux médians, on observe encore de 2 à 5 paires d'yeux latéraux, disposés en une ou deux rangées à la partie antéro-lalérale du céphalothorax; ces. yeux, d'après Parker, ont tous la môme structure, mais diffèrent à cet égard de ceux de la paire médiane, qui sont plus compliqués. En raison de leur différence de taille, on distingue les yeux latéraux en principaux et accessoires, d'où de bons caractères pour la classification : par exemple, le genre Buthvs a de chaque côté 3 yeux principaux et 2 accessoires; Centrurus a 3 yeux principaux et 1 accessoire; Euscorpius a 2 yeux principaux, mais ne présente pas d'yeux accessoires. Le genre Belisarius est remarquable par l'absence totale des yeux.

Les sexes sont ordinairement peu distincts : chez Butlius et Heterometrus, le mâle est plus grêle que la femelle ; son post-abdomen est plus long relativement au tronc, les dents des peignes sont plus nombreuses. Chez le mâle des Ischnurides, souvent aussi chez celui des Bulhides, le bord interne du doigt mobile des pattes-mâchoires porte à sa base une saillie correspondant à une échancrure du doigt fixe. Chez quelques Euscorpius, tel qu'E«. carpathicus, la vésicule à venin n'est pas semblable dans les deux sexes; chez le mâle de Boihriurus, elle présente en dessus une grande fossette membraneuse.

Les glandes génitales sont renfermées dans le préabdomen et enfouies dans le foie. Les testicules sont représentés par deux paires de tubes réunis par des branches transversales ; les deux tubes de chaque côté se fusionnent en un canal déférent, qui s'unit finalement à son congénère pour former un canal éjaculaleur impair. Celui-ci est pourvu de chaque côté d'un long cœcum filiforme et d'une petite vésicule séminale remplie de sperme ; il se termine par deux pénis protracliles, entourés d'une gaine tubulaire et normalement retirés dans le corps. L'orifice génital, impair et médian, nous est déjà connu.

Les ovaires sonl constitués par trois tubes réunis entre eux par BuNCHAnn. — Zool. méd. II. — 2r>

d8° GUSSli DES ARACHNIDES.

4 paires do branches Iransversales, la dernière paire résultant d'une bifurcation du tube médian. A la surface de tous ces canaux sont appendues un grand nombre de peliles vésicules, dont chacune produit un seul œuf. Les deux tubes latéraux se continuent chacun en un oviducle qui se dilate vers le milieu de son trajet, puis s'unit à son congénère pour former un court vagin.

La femelle est vivipare. A la fin du printemps ou au commencement de l'été, époque où elle est gravide, son abdomen est fortement renflé. La segmentation est partielle : elle commence déjà quand l'œuf est

Fi^. 624. — Trois stades du développement du Scorpion, d'après MetchnikofT. Les embryons sont représentés redressés. — ah, posl-abdomcn ; cli, rhclicères; pd, pédipalpes; pr, peigne; p1, p-, p3, />'•, pattes; .«/, stigmates.

encore contenu dans les petils diverticules ovariens. Le blastoderme se forme au pôle de l'œuf dirigé vers l'ovaire; puis il s'élend de plus en plus à la surface du vitellus, à mesure que le développement se poursuit. L'embryon (fig. G2 i) acquiert progressivement les caractères de l'adulte ; il ne subit aucune métamorphose. Pendant les premières semaines qui suivent leur naissance, les petits se groupent autour de la mère et, en cas de danger, grimpent sur toutes les parties de son corps. On assure que la mère va alors en maigrissant déplus en plus et meurt dès qu'elle est abandonnée de ses pelils. devenus assez grands pour se nourrir seuls.

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