FAMILLE DES &AMA6IDÉS
sur lu lerre nue, soil duns des masures abandonnées; c'est dans les premiers jours de décembre que le parasite lui serait entré dans l'oreille. Tout d'abord, il en soull'rit peu, mais les douleurs augmentèrent et, revenu à Brest, il dit à un médecin qu'il croyait << avoir une béle dans l'oreille; »> le médecin consulté ne remarqua rien d'anormal dans le conduit audilif. L'Argas est donc resté environ sept mois dans l'oreille du malade. A la date du 27 novembre I8G7, c'està-dire près de cinq mois après sa sortie spontanée, il était encore vivant.
Les collections de la Faculté de médecine de Paris renferment quelques Argas Megnini dont nous sommes redevable auDrAlf. Dugès.
Guérin, Corps étranger de l'oreille datant du 1er décembre I8RG (Mexique); Sorti le 4 juillet 18C7 ; ayant vécu, après sa sortie, deux mois environ. Bull, de la Soc. de chirurgie, (2), VIII, p. 444, 1867.
Argas Talaje Guérin-Méneville, 1849. — La femelle est longue de o à 7 millimètres, large de 3 millimètres à 3mm,5 ; le mâle est d'an cinquième plus petit. Le rostre est tout entier rétractile. L'animal se renconlre au Mexique et dans l'Amérique centrale. Il se tient dans les crevasses des vielles cases; il quitte sa retraite pendant la nuit, pique l'Homme ou un animal endormi et retourne dans son trou avant le jour. Sa piqûre est irritante : Sallé eut à en souffrir au Gualémala et n'en fut entièrement guéri qu'au bout de quinze jours.
Guérin-Méneville, Description de V Argas Talaje. Revue cl magasin de zoologie, (2), I, p. y<42, 1849.
Argas CniNCHii P. Gervais, 1859. — Celte espèce a été observée dans les régions tempérées de la Colombie par Justin Goudot; ses mœurs la rapprochent beaucoup de l'Argas de Perse, dont elle a à peu près la taille.
Argas Moubata Murray, 1884. — Oblong, coriace, de teinte ardoisée et marqué sur toute sa surface de taches blanches, cet Argas se trouve à la côte d'Angola; il est évidemment allié à Argas Savignyi, d'Egypte. Welwitsch dit qu'il s'allaque aux animaux el à l'Homme, et qu'il vient surprendre celui-ci dans son lit, comme fait la Punaise.
FAMILLE DES GAMASIDÉS
Celte famille comprend des Acariens aveugles, à tégument coriace en lolalilé ou en partie. Le rostre, plus complet que chez les autres Acariens, est accompagné d'un menton mobile el se compose : 1° de deux maxilles à pointe libre, sondées dans leur moitié postérieure et unies supérieurement à un
labre festonné, de manière à former un tube complet; ces maxilles portent une paire de galéas articulées, mobiles, à côté d'une paire de palpes maxillaires antenniformes à cinq articles simples; 2° d'une languette triangulaire, allongée, a pointe simple ou fourchue, à bords velus, reposant sur le plancher formé par les maxilles soudées; .3° d'une paire de mandibules en pinces didactyles, généralement dissemblables dans les deux sexes, quelquefois profondément modifiées et réduites à l'état de long stylet; ces mandibules sont invaginées, très exsertiles et portées par un long stype articulé dans la moitié de sa longueur.
Les pattes, à six articles et à tarse subarticulé près de sa base, se terminent par une paire de crochets accompagnés d'une caroncule membraneuse trilobée. Le système respiratoire trachéen, très visible, aboutit à une paire de stigmates situés entre et derrière les pattes postérieures et protégés par un long péritrème lubulaire, couché le long et au-dessus des hanches et dirigé en avant. L'appareil digestif est constitué par deux intestins latéraux, symétriques et souvent anastomosés. L'orifice sexuel mâle est circulaire, taillé dans le plaslon sternal près du bord antérieur. La vulve, percée aussi dans le plastron sternal, est située plus en arrière que l'orifice mâle : c'est, suivant les espèces, une grande ouverture triangulaire, fermée par un clapet, ou une ouverture trapézoïde fermée par une membrane plissée. La plupart de ces Acariens sont ovo-vivipares et donnent naissance à des larves hexapodes ou même octopodes.
La famille des Gamasidés comprend les genres Uvopoda, Trachynotus, Gamasus, Dermanysms, Pleroptus, etc. C'est seulement dans ce dernier qu'on observe les larves octopodes : les Ptéroptes sont des parasites permanents ; on les rencontre sur les Chauves-Souris.
Les Uropodes vivent dans les détritus de matières végétales en décomposition, ou, à l'état de nymphe, s'attachent â certains Insectes. Uropoda nummuluria Mégnin, 1888, contribue à la momification des cadavres exposés a l'air, en s'introduisanl sous la peau et en absorbant les parties humides et molles; il joue ainsi un rô'e analogue à celui que nous avons assigné déjà aux Tyroglyphes.
DBRMÂNYSSUS (jALLIN/E. 3*1 Tràchunolus cadaoeriuus Mégnin, 1888, se comporte de la môme façon et a la même importance que le précédent, au point de vue médico-légal.
I». Vovanovitch, Entomologie appliquée à la médecine légale. Thèse de Paris, 1888. Voir p. 59.
Tous les Dermanysses sont parasites des Oiseaux, mais leur parasitisme est intermittent : deux espèces au moins peuvent passer sur l'Homme.
Dermanyssus gallinœ Dugès, 1 834.
Synonymie : Acarus gpllinm Eegeer, 1378:
Le Dermanysse des poulaillers est un animal noctambule : pendant le jour, il reste tapi dans les fissures ou les anfractuosilés des parois ou des perchoirs des poulaillers ou des colombiers ; la nuit venue, il sort de sa retraite et se répand sur les Oiseaux ou sur d'autres animaux, pour se repaître de leur sang.
Son corps est ovo-pyriforme, à grosse extrémité tournée en arrière, un peu aplati, de couleur blanc jaunâtre à jeun, rouge de sang après que l'animal s'est gorgé. On voit à la face dorsale un dessin noir en l'orme de lyre, qui n'est autre chose que le tube intestinal observé par transparence. Les dimensions sont les suivantes :
Longueur Largeur en millimètres. en millimètres.
OEuf 0,25 0,15
Nymphe 0,40 0,18
Mâle 0,60 0,32
Femelle 0,70 0,40
Cet Acarien passe quelquefois chez le Cheval, où il détermine un prurigo spécial ; on l'a même vu, à Alfort, passer du Cheval à l'Homme. 11 attaque aussi directement l'espèce humaine : ce sont surtout les filles de basse-cour, chargées du soin des volailles, qui y sont exposées. La démangeaison causée par ce parasite est assez vive, mais passe spontanément, celui-ci ne s'acclimatanl pas et ne se reproduisant pas sur l'Homme.
Dermanyssus avium Dugcs, 1834.
Celle espèce (flg. 598), fort semblable à la précédente est néanmoins reconnaissable à sa plus grande taille et à sou péri- Irème plus court; sa couleur est grisâtre, avec une tache lyriforme dorsale. Les dimensions sont les suivantes :
Longueur Largeur
,, °" millimètres. en millimètres.
Femelle 1,00 0,C5
Ce Dermanysse a les mêmes mœurs que le précédent. Il habite les cannes creuses qui servent de perchoir dans les cages
des petits Oiseaux et se répand sur eux pendant la nuit.
D.gallinœ elD. avium ont été vus plusieurs fois sur l'Homme, mais il est difficile d'établir la part qui re-J vient à chacune de ces deux espèces, la plupart des auteurs les ayant confondues l'une avec l'autre.
{"Cas d'AU, I82i. — Il s'agit d'une Fig. 508. - Dermanyssus avium. femme de soixante-quatre ans. « Re-1
tulit œgrota, si jam per aliquod tem- ] pus in collo et brachiis animalcula parva, magnitudine granulum arena: rel'erentia, quaj postquam ex cule prodiissent et super eamf per aliquod spalium cucurrissent, velocissimerursus in eam penetrarentpruritumque ibi excitarent. Cumillam pluries inviserem, egomeli ipse hœc animalcula iterum conspexi. Candida erant atque velocis-1 sima; ex cule pullulavere et in illa rursus delituere. In locis memo-ï' t a lis magnam copiam parvarum excavationum videre licuit, quarum singulœ spalium digiti quadrati et dimidii conlinebanl. Illorum plura crusta fusca erant expleta, aspectumque prœ se rerebant, quasi tubercula essent acnés punclatœ. Hne excavaliones œgrota œdem loca esse conlendit, unde animalcula prodiere... Curabatur aegrota per aliquol lempusin clinico nostro, absque medicina, solis nutrimentis et quiele illique parabatur mundities. »
2° Cas de Bory de Saint-Vincent, 1828. — Une dame d'une quarantaine d'années éprouve sur toutes les parties du corps de légères
M£H MANYSSUS AVIUM. 343
démangeaisons, qui deviennent de plus en plus vives et finalement insupportables : elle n'a qu'à se gratter pour voir apparaître depel.ts Acariens qui sortent de sa peau, mais ne se propagent pas aux personnes qui entourent la malade. Ces Acariens sont des Dcrmanysses, auxquels P. Gervais crut devoir donner le nom de D. Bonn, 1^4; us appartiennent certainement à l'une ou à l'autre des deux espèces ci-
d 6SSUS.
3° Cas d'Erdl, 1842. — Erdl a trouvé quatre fois, de 1840 à 1842, D. avium dans des comédons ou dans des tumeurs de la peau ressemblant à celles du molluscum contagiosum. Ce parasite a été figuré dans l'Atlas de Vogel.
4° Cas de Raspail, 1843. — D. gallinx était devenu très commun au Petit- Montrouge, en juin 1830, au moins dans toutes les maisons dont les jardins longeaient alors la rue Neuve-d'Orléans. Il s'attachait aux jambes, aux bras des enfants et des adultes, sur le trajet des veines superficielles, et les couvrait de boutons oblongs, légèrement enflammés. La plupart des habitants élevaient des Pigeons et fumaient leurs jardinets avec la fiente recueillie dans les pigeonniers. Raspail lui-môme a été assez sérieusement atteint; il cite encore l'observation de quelques autres personnes.
5° Cas de Simon, 18ol. — Malgré tous les soins de propreté, une femme était constamment couverte de D. avium : on reconnut qu'elle acquérait ces parasites en allant plusieurs fois par jour à une cave, au-dessus de l'escalier de laquelle se trouvait un poulailler. 11 suffit de déplacer celui-ci pour voir disparaître la maladie.
6° Cas de Itzigsohn, 1858. — Une femme de soixante-dix ans voit apparaître à la partie supérieure de son corps, au cou, à la nuque, à la poitrine, un très grand nombre de pustules rouges, serrées, qui donnent une insupportable sensation de prurit et de brûlure et empêchent le sommeil. Deux domestiques, l'une de vingt-trois ans, l'autre de ving-six, sont bientôt atteintes de la même affection. Ces femmes croient avoir la gale et voient sortir de leurs pustules des animalcules puncliformes. On reconnaît en ceux-ci des D. avium, qui se promènent librement sur le cou et sur les bras, surtout le soir. Ces Acariens proviennent d'une basse-cour située sous l'appartement : ils grimpent le long des murs et arrivent ainsi jusqu'à la lunette des cabinets, au moyen de laquelle se fait l'infestalion.
7° Cas de Judée, 1867. — A Collo, province de Constantine, Judée eut à soigner beaucoup de Kabyles pour une affection parasitaire que ceux-ci, cl les médecins eux-mêmes, prenaient pour la gale. Mais le parasite ne creuse pas de sillons.
Plus tard, Judée fut consulté par une dame de Tlizot pour des animalcules qui littéralement la dévoraient et qui, en la forçant à se
gratter continuellement, faisaient ressembler son corps à une vaste plaie. C'étaient des Dermanysses ; la peau en était couverte : ils apparaissaient comme de petits points noirs cheminant sur l'épiderme avec une assez grande vivacité et se répandaient môme sur les vêlements.
8° Cas de Krûmer, 1872. — Un enfant était atteint d'un exanthème déterminant de vives démangeaisons et causé par des Dermanysses.
0° Cas de Goldsmith, 188t. — Une femme se plaignait de démangeaisons intenses causées par des animalcules qui couraient à la surface de son corps et qui se montraient surtout au moment de la sudation : on les voit alors sourdre de différents points, soit isolément, soit par deux ou trois. La sudation finie, ils pénètrent de nouveau dans la peau et se cachent dans les glandes cutanées. C'étaient des D. avium, transmis par des Pigeons.
10° Cas de Gebcr, 1884. — D. gallinss avait déterminé chez une malade un eczéma diffus qui dura quatre semaines et guérit spontanément, sans traitement.
H. Ch. Alt, De phlhiriasi. Commentatio inauguralis pallioloç/ica. Bonnœ, in-4°, 1824.
Erdl. Casper's Wochenschrift fûr die ges. Heilkunde, p. 55, 1842. J. Vogel, [cônes histologie pathologie*. Leipzig, 1843. Voir pl. XII, fig. 7. Bory do Saint-Vincent, Sur un nouveau genre d'Acaridiens sorti du corps d'une femme. Annales des se. nat.,XV, p. 125, 1828.
F. -V. Raspail, Histoire naturelle de la santé et de la maladie. Paris, 1843. Voir I, p. 375.
G. Simon, Die HautkrankKeiten durch anatomisehe Vntersuchungen erlàutert. Berlin, 2|C Auflage, 1851. Voir p. 320, en note.
H. ltzigsohn, Pathologische Bagatellen. — T. Psora dermanyssica. Virchow's Archiv, XV, p. 16G, 1858.
Judée, Sur un nouveau parasite de la peau chez l'Homme. Compte rendu de la Soc. de biologie, (4), IV, p. 73, 1867.
Cb. Bouchard, Sur des nouveaux parasites de la peau humaine. Gazetto bobdom. de méd. et de chir., p. 385, 18G7.
M. Goldsmith, Pigeon-lice infesting the skiti of a woman. New-lork med. record, XX, p. 501,' 1881. .
E. Gebcr, Die parasilarcn Haulkrankheiten. — U. Die durch thierische Parasilen verursac/iten Hautkrankheiten des Menschen. H. von Ziemssen's Handbuch der spec. Pathol. und Thérapie, XIV, 2. Hiilfte, p. 34C, 1884. Voir p. 394.
Dermanyssus hirundinis. Dugès, 1834.
Synonymie : Acarus hirundin's Hermann, 1808.
Celte espèce est encore plus grande que D. avium, dont elle diffère par son péritrèirve tabulaire 1res court cl par sa couleur brun violacé.
ÀCA1IIENS PAKASITKS DE L'HOMME. 345
Longueur Largeur eu millimètre*. en millimètres.
OÈtlf ••• 0,50 <VI0
Màlc 1,20 0,64
Femelle MO 0,95
Elle habite les nids d'Hirondelle et semble ne passer que livs rarement sur les animaux domestiques ou sur les Oiseaux do basse-cour ou de volière ; pourtant elle s'attaque parfois à l'Homme.
Un marchand de Donauwortb, revenant d'un long voyage, est en proie pendant son sommeil à d'insupportables démangeaisons avec sensation de brûlure. Il voit alors son lit, ses vêtements et tout son corps couverts de milliers d'Acariens qui avaient pénétré dans la chambre, et jusque dans le lit, par le trou percé à travers le mur pour livrer passage au cordon de la sonnette : on put suivre leur procession au delà de ce trou, jusqu'à un nid d'Hirondelle attaché au mur, auprès du cordon de la sonnette.
Die Gat'tcnlaube, p. 23, 180:î.
Tableau des familles d'Acariens parasites de l'Homme.
ayatil poiir base . à long péritrème
un sternum ri- 1 tabulaire Ua.masidês.
gide ou niem- '
braneux. Pat-, à péritrème distes à G articles, f coïde, en écu- Stigmate l moire Ixodidés.
à 5 articles. Mandibules chéliformes. Antennes cylindriques ou coniques, eu par-
non vermifornie. Squelette
ayant pour
base des / He adh6rentcs à '« éphnèret Pattes. .
Corps/ épimères. \ lèvre Saucofiidês.
0 articles. Mandibules gladiiforines ou styufornies; palpes libres, ravisseurs.. . TmmmmDÉs.
vermiforme. Pattes à :) articles]
DfisiODicinÉs.
ORDRE DES CHERNÉTES.
ORDRE DES PHALANGIDES
Fig. 599. — Gonoleples curvîpes.
Ces animaux se distinguent des Aranéidcs par leurs chélicèrcs à trois articles, dont les deux derniers forment une pince didaclvle,
par leur respiration exclusivement trachéenne, par leur abdomen non pôdiculéet divisé en six anneaux, par l'absence de filières, etc.
Les palpes maxillaires, à cinq articles, ont l'aspect de pattes et se terminent par une seule griffe.
Les pattes sont remarquables par leur longueur et leur gracilité. Deux yeux simples reposent sur un tubercule médian du céphalothorax. Les trachées s'ouvrent au dehors par une seule paire de stigmates, percée audessous des hanches de la dernière paire de pattes. L'orifice génital, mâle ou femelle, se trouve entre les pattes postérieures.
Les Phalangidcs sont représentés dans nos pays par les Faucheurs ou Opilions (Phalangium) ; leurs espèces sont surtout abondantes et variées dans l'Amérique du Sud (Cosmetus, Gonolepteà fig. 599).
ORDRE DES CHERNÉTES
Les Chernètes ou Pseudo-scorpions sont de petits animaux à respiration trachéenne. L'abdomen est divisé en dix ou onze anneaux; à la face ventrale du deuxième anneau viennent s'ouvrir l'appareil génital et des filières ou glandes à soie. Les trachées aboutissent à deux paires de stigmates percés sur les parties latérales des deux premiers anneaux de l'abdomen. Le céphalothorax est dépourvu d'yeux [Chernés), ou porte au contraire deux (Ghelifei' cancroïdes) ou quatre ocelles (Obisium, Chthonius) : les chélicères et les palpes sont conformes comme chez les Scorpions.
Fig. 600. — Ghelîfer cancroïdes.
ORDRE DBS AlUNEIDES. :»'*7 C et ordre comprend un petit nombre de formes. Ùffer oaM'Oifa fi fm se trouve dans les vieux livres, les herb.ers les ruches FbandoVnées ; GMkomu* Mhnosceles vit dans la mousse ; ( ternes cm- , tes se cache sous l'écoroe des arbres.
ORDRE DES ARANÉIDES
Les Aranéides ou Araignées (fig. 601) ont le corps divisé en deux portions, céphalothorax el abdomen, inarticulées à 1 âge
Eig. 601. — Lycosa tarentula, femelle, vue par le l'ace dorsale.
adulte el réunies l'une à l'autre par un pédicule grêle. Le céphalothorax est ovalaire ou cordiforme, souvent velu : sa face supérieure porte les yeux et sa l'ace ventrale six paires d'appendices, dont les deux antérieures entourent la bouche (fig. 602).
Les chélicères sont formées de deux articles : le basilaire (fig. 603, a; fig. 004) est de grande taille et terminé en avant par un bord oblique, denté et creusé d'une rainure. L'article terminal s'insère a l'angle externe du précédent, dans la rainure duquel il se lient ordinairement replié : c'est une griffe acérée (fig. 603, b \ fig. G04, e), dont la pointe est percée supérieure-
**8 QRURE DES A.RANÉ1DES,
ment d'un petit orifice (fig. 604, d) auquel vient aboutir le canal excréteur d'une glande à venin. La chélicère constitue donc un appareil venimeux : l'Araignée s'en sert pour attaquer les petits animaux dont elle veut faire sa proie ; elle les transperce de ses crochets et leur inocule une gouttelette d'un venin qui ne larde pas à les paralyser et à les réduire à l'impuissance. Quand l'Araignée est pourchassée par quelque animal ou saisie par l'Homme, elle cherche à se défendre au moyen de ses cro-
Fig. 602. — Lycosa iaventula femelle, vue par la face ventrale.
chels; le venin de certaines espèces est assez subtil ou sécrété en assez grande quantité pour causer de graves accidents.
A chaque chélicère correspond une glande pyriforme, renfermée en totalité dans l'article basilaire (T/ieraphosa), partiellement située clans le céphalothorax (Clubiona) ou même entièrement comprise dans ce dernier (Agelena, Tegenaria, Epeira, Lycosa, fig. 604) : elle est alors située immédiatement au-dessous du tégument dorsal et se continue par un long canal excréteur. La glande, bien étudiée par Mac Leod, a la forme d'un sac dont la cavité sert de réservoir au liquide sécrété par les parois. Celles-ci sont formées extérieurement
ORDRE DES ARANÉ1DKS.
Fig, G03. — Appareil buccal de Lycosa tareniula. — a, cliélicôres ; b, leurs griffes; c, mâchoires; <l, palpes maxillaires ; e, mentonnière.
d'une couche musculaire spirale, consliluée par une seule assise de fibres striées et recouvrant la surface entière de la glande, à l'exception de l'extrémité antérieure ; ces fibres compriment la glande, quand l'animal effectue sa piqûre, et déterminent ainsi l'introduction du venin dans la plaie. La couche musculaire est recouverte à chacune de ses deux faces par une délicate membrane conjonctive, qui se rattache à sa congénère par des sepla interposés aux fibres musculaires ; la membrane interne est la plus épaisse, elle sert de soutien à l'épithélium glandulaire.
Celui-ci est formé d'une seule couche de cellules cylindriques, de largeur très variable et à noyau basilaire : leur longueur est ordinairement uniforme, en sorte que la section de la cavité de la glande est circulaire ; d'autres fois {Tegenaria), les cellules sont de longueur très inégale et la cavité glandulaire a une section transversale irrégulière; parfois encore {Pachygnala Degeeri, Epeira diademata), ce même aspect résulte de ce que la membrane conjonctive interne envoie de place en place des prolongements qui soulèvent et refoulent l'épil thélium, dont les cellules restent partout égales.
I Le canal excréteur a la même structure que la glande ; toutefois, la couche musculaire fait défaut chez les petites espèces. L'épithélium est formé de cellules cylindroïdes {Epeira) ou petites et pavi menteuses {Tegenaria).
Le venin des Araignées est acide.
Un bon nombre d'observateurs ont recherché son action sur l'économie, soit chez l'Homme, soit chez l'animal et, suivant l'espèce mise en cause, sont arrivés
Fig. 604. — Appareil à venin de Lycosa tareniula. — a, glande à venin; b, canal excréteur aboutissant il uu orifice, d, percé près de l'extrémité de la griffe, c; e, gouttière à bords dentelés, dans laquelle se replie la griffe pendant le repos.
ORDRE DES ARANÉIDES
à des conclusions très différentes. Si le venin de beaucoup d Araignées esl à peu près inoffensif, comme le prouvent les expériences de Dugès, de Walckenaer, de Blackwall de Moggridge, etc., celui d'autres espèces est très actif1 et' capable d'occasionner de graves accidents. Il agit sur le système nerveux cérébro-spinal et provoque des troubles de la respiration et de la circulation, ainsi que des convulsions' tétaniques et des vomissements; la mort s'ensuit quelquefois.
A la bouche est annexée une seule paire de mâchoires (fig. CO.J, <■) larges, lamelleuses et capables de déplacements latéraux. Chacune d'elles porte un palpe pluriarticulé, d, qui, chez le mâle, joue le rôle d'organe copulateur (fig. 610); chez la femelle, il ressemble simplement à une paile ambulatoire de petite taille, mais n'offre que six articles, dont le dernier est presque toujours pourvu d'une griffe. Plateau n'a pu lui attribuer aucune fonction spéciale et le range dans la catégorie des organes devenus inutiles.
Les quatre paires de pattes s'insèrent suivant une ligne courbe a
convexité externe et circonscrivent une sorte d'écusson elliptique qui se surélève dans ccr< tains cas. Elles sont formées de sept articles (hancbe, Irocbanter, fémur ou cuisse, patelle ou rotule, tibia ou jambe, métatarse et tarse) et se terminent par deux griffes pectinées ou non, auxquelles s'ajoute souvent soit une Iroisième griffe
impaire plus petite, soit une Fig. GOa. — Extrémité d une patte dfi- , . . ,
peiradiademata avec ses trois crochets ^osse de soies ou scnpula, soit en forme do peignes. môme une ou deux paires
auxiliaires de griffes pectinées ( F. in ira, fig. Go.'i). Chez la femelle des Uictynides, Erésides, etc. (Amau* robius, Dictyna, Eresus), le métatarse de la dernière patte porte, à sa face externe, deux séries parallèles de soies courtes et raides constituant le calamistrum, organe dont nous reparlerons plus loin.
L'abdomen est mou et renflé, souvent orné de riebes couleurs; il est plus volumineux chez la femelle que chez le mâle. Sa face inférieure présente, en avant et sur la ligne médiane, l'orifice sexuel et de chaque côté , une ou plus rarement deux paires d'oriHces respiratoires ;la paire antérieure conduif dans un sac pulmonaire; la pos-
ORDRE DES ARANÉIDES. 3
térieurc s'ouvre soit dans un sac pulmonaire semblable au premier Z Tanneumones), soit dans un système de trachées (1 .pneumones : Ziïncta, DysJera, Segcstria); plus souvent (Epetra), les D.pneumones ne possèdent point celle seconde pa.re d onhees,
ce
mais pré-
sentent sur la ligne médiane un stigmate trachéen impair, qui s'ouvre dans la région postérieure, au voisinage môme des filières.
Celles-ci sont constituées par deux [Therafhnsu, Cteniza) ou trois {Atypus, Dipneumones) paires de mamelons bi ou triarticulés, disposés autour de l'anus. A leur sommet viennent s'ouvrir des glandes pyriformes, cylindriques ou arborescentes, dont le nombre est très variable; il est peu élevé chez certaines espèces (fig. 00'.», g,g',g",d), mais atteint chez d'autres un chiffre considérable : 100 à peine chez Segesti'ia senoculata, 300 au plus chez Pardosa amentata, 400 chez Tegenaria, 1000 au plus chez Epcira diademâta. Ces glandes produisent un liquide visqueux, qui se solidifie rapidement à l'air et s'élire en fils, à l'aide desquels l'Araignée lisse sa toile; elle peut, à son gré, faire fonctionner ses filières soit isolément, soit toutes ensemble, d'où résultent, sans doute, des différences dans la qualité du fil.
Les Araignées varient à l'infini la forme et la contexture de leurs toiles, autant que les Oiseaux varient leurs nids ; l'intelligence qu'elles déploient dans leur construction est vraiment admirable et les met sans contredit au môme rang que les Insectes les plus industrieux. Quand elle commence un fil, l'Araignée applique ses filières contre quelque objet et dépose ainsi, à la surface de celui-ci, une gouttelette de liquide ; elle se met alors en marche ou descend verticalement, suspendue au fil qui s'allonge de plus en plus et continue de sortir des filières. Celles-ci sont-elles rapprochées les unes des autres, les gouttelettes qui en sortent se confondent en un fil unique; l'animal écarte-t-il ses filières, chacune d'elles produit un fil distinct.
Les patles postérieures servent ordinairement à guider le fil. Quand elles sont pourvues d'un calamislrum, elles jouent encore un autre rôle : l'animal, porté par les deux premières paires de pattes, place une de ses pattes postérieures au-dessous et au contact des filières, defaçon ace que la goulte de liquide vienne tomber sur le calamis-
Fip;. G0G. — Appareil digestif d'une Aranéide.
— c, collier œsophagien; e, tubes de Malpighi ; h, canaux hépatiques, le foie étant enlevé ; intestin ; œ, œsophage ; r, rectum ; v, estomac; v', ses digitations ; v", insertion des muscles suspenseurs.
•)i)2 nnniiE des aranéides.
trum : le dernier article de cette palte est soutenu par la patle opposée. Les deux pâlies postérieures sonl alors vivement agitées d'avant en arrière, et le (il csl-cardô el comme Iressô par le aïbcllum, plaque hérissée de poils courts el raides, qui se trouve au voisinage des filières. Les fils préparés de la sorte servent à renforcer la toile et lui permettent de retenir plus sûrement les Insectes.
La toile d'Araignée servait autrefois à préparer des cataplasmes contre l'hystérie ; on en faisait encore des pilules fébrifuges et on en retirait par distillation les gouttes de Montpellier, souveraines contre l'apoplexie. On la croyait carminative: « Si l'on en fricasse à la grosseur d'un œuf, dit Lemery, avec un peu de vinaigre, et qu'on l'applique chaudement sur le nombril, elle provoque la sortie des vents. » Mais son principal usage, pourlequel on l'utilise encore parfois de nos jours, reposait sur ses propriétés hémostatiques,, qui en font un succédané de l'amadou.
Récemment, Fr. Oliva l'a employée avec succès dans le traitement des fièvres intermittentes. La toile est secouée légèrement, pour faire tomber les poussières qui y adhèrent : celles-ci sont de couleur cendrée, inodores, insipides, insolubles dans l'eau et légèrement solubles dans l'alcool. La solution alcoolique est administrée à la dose de 2 grammes chez l'adulte, de 1 gramme chez l'enfant; en général, deux doses suffiraient pour arrêter les accès. Oliva a traité de la sorte, avec succès, 26 malades; 119 autres cas analogues lui sont connus. Cette préparation serait très efficace dans les cas de fièvres paludéennes du type quotidien ou tierce, mais ne donnerait aucun résultat dans les cas de fièvre quarte.
La soie des Araignées est d'aussi belle qualité que celle des Bombycides et, comme elle, peut être utilisée pour le tissage des étoffes ; des essais de ce genre ont été tentés avec succès ;\ plusieurs reprises, notamment par Bon de Saint-Hilaire en 1709, par R.-M. de Termeyer de 1762 à 1770 et, plus récemment, par diverses personnes. Toutefois, les résultats obtenus ne constituent qu'une simple curiosité et l'industrie ne saurait songer à en tirer parti, en raison de l'impossibilité d'élever les Araignées en captivité.
N. M. Hentz, A notice concerning the spidev whose web in used in médiane.
OKURE DES AUAlNEIUES. 353
Journal of tl.o Bliilad. acad. of nat. se, II, p. 53, 1821. Ocasional papes of the Hoston Soc. ornât, l.ist., II, p. 1G2, 1875. Voir aussi p. 01).
Emploi de la toile d! Araignée dans tes fièvres intermittentes. Lyon médical, XLI, p. 174, 1882.
La bouche est une feule longitudinale et médiane, percée à l'extrémité antérieure de la face ventrale; elle est bordée en avant par une sorte de lèvre antérieure et en arrière par une plaque impaire ou mentonnière (fîg. 603, e). Le pharynx est musculeux et monte presque verticalement vers le collier nerveux, au-delà duquel il se continue par un œsophage étroit et horizontal. Celui-ci (fig. 606, ce) aboutit à un estomac annulaire, large et aplati, v, ratlaché à la paroi dorsale par un muscle puissant, v", et pourvu latéralement de cinq paires de cœcums, v'; ces derniers s'étendent jusqu'à la base des pattes, puis s'infléchissent vers la ligne médio-ventrale et s'anastomosent d'un côté à l'autre. Le muscle a pour fonction de dilater l'estomac en se contractant et d'aider, par conséquent, à la succion.
L'intestin, i, est plus ou moins rectiligne et parcourt l'abdomen dans toute sa longueur ; il reçoit quatre paires de conduits hépatiques, h, qui proviennent de deux foies volumineux, dont la sécrétion est acide et a une action analogue à celle du suc pancréatique des Vertébrés. L'intestin reçoit ensuite deux tubes excréteurs ramifiés (1), e, renfermant de la guanine, se renfle en une ampoule rectale, r, puis aboutit à un anus bilabié.
Le cœur ou vaisseau dorsal n'est pas divisé en chambres, mais est percé de trois paires d'ouvertures latérales. Il est entouré d'un sinus péricardique et émet cinq paires d'artères latérales; il émet encore, en arrière, une aorte postérieure, et en avant, une aorte antérieure. Celle-ci gagne la face supérieure de l'estomac, où elle donne naissance à deux branches qui se distribuent à chacun de ses cœcums, puis traverse l'anneau gastrique et émet tout à la fois des branches qui se portent aux yeux, aux chélicères, aux mâchoires et aux pattes. Des dernières ramifications de ces vaisseaux, le sang tombe dans les lacunes interorganiques, puis s'amasse dans deux sinus abdominaux, dans lesquels plongent les poumons, et d'où il est ramené au péricarde par deux vaisseaux pneumo-cardiaques.
Nous avons vu déjà que l'appareil respiratoire comprend au moins une paire de poumons. On appelle ainsi des cavités formées par une
(I) J.-C.-C. Loman (Ueber die morphologische Bedeictung der sogenannten Malpighi'schen GefUsse der echten Spinne. Tijdschr. der nederl. diork. Vereeniging, (2), I, p. 109, 1887) croit que ces tubes ne sont pas homologues au* tubes de Malpighi des Insectes : ils dépendent de l'intestin moyen, et, par conséquent, de l'endoderme, tandis que les tubes des Insectes sont des dépendances de l'intestin terminal, qui dérive lui-même de roctoderme. Blanchard. — Zool. méd. H. — 23
invagination des téguments cl s'ouvranl au dehors par une fente transversale, dont les lèvres sont renforcées par un bourrelet chitineuxjla cuticule chitineuse des téguments tapisse toute la surface de la chambre pulmonaire. Dans celle-ci se trouvent tendues des lamelles parallèles entre elles, comme les pages d'un livre; leur nombre peut atteindre et même dépasser 130. Chaque lamelle pulmonaire résulte de l'adossement de deux lames chitineuses, entre lesquelles sont creusées des lacunes que parcourt le sang.
Le système nerveux présente un haut degré de coalescence : il est condensé en une masse ganglionnaire située au milieu du céphalothorax, immédiatement en arrière du collier œsophagien ; cette masse envoie des nerfs aux palpes et aux pattes, puis se continue en arrière par un tronc nerveux qui, dès qu'il atteint l'abdomen, se termine par un ganglion et se divise en deux branches. Le ganglion sus-œsophagien émet les nerfs ophlhalmiques et, par son bord postérieur, des nerfs viscéraux qui passent sur la face dorsale du tube digestif.
Les yeux sont simples et ordinairement au nombre de 4 paires, plus rarement de 3 ; leur taille relative, leur couleur et leur disposition sont sujettes à de notables variations, qui fournissent de bons
E F • o il I
Fig. G07. — Disposition dos yeux chez les Aranoides. — A, Argyroneta; 15, CtenizaSauvagei; C, TheridiUm; D, Tegcnaria ; E, Thomisus; F, Pardosa; G, Epeira; H, Segestria; I, Calliethcva sccnica.
caractères de classification (fig. 607). Quelques espèces n'ont que 2 yeux; d'autres, qui vivent dans les casernes, en sont complètement dépourvues (Antrobia mammuthia, Hadites tegenarioides, Stalita lœnaria). La figure 608 représente la structure ordinaire des yeux ; dans certains, comme Grenacher l'a vu pour les yeux médians postérieurs à'Epdru (fig. 607, G), la structure est différente, les bâtonnets étant situés vers le milieu de la cellule optique, derrière les noyaux. Certaines Araignées [Erems, Myrmecium, Callietheva, fig. 607, 1) sont remarquables parle polymorphisme de leurs yeux, dont quelques-uns possèdent un tapis à éclat métallique ; Simon pense que les yeux médians fonctionnent pendant le jour et les latéraux pendant le crépuscule.
OHDKli DliS AHANKIDKS.
Fig. 008. — Œil d'Araignée, d'après Lcydig. — b, bâtonnets rétiniens; c, cornée; r/, cellules ganglionnaires ; /, cristallin; ?!, nerf optique.
D'après Duhl, l'appareil auditif serait constitué par des poils arli eulés à la base, qui se voient aux faces supérieure et inférieure de la plupart des articles des pattes, ainsi que sur les palpes. Ces poils s'insèrent chacun dans une cupule creusée dans l'épaisseur de la cuticule chitineuse ; ils sont sans doute en connexion avec des filets nerveux. La disposition de cet appareil est variable d'un groupe à l'autre et peut être invoquée comme caractère de classification. Chez les Epeirides, les Théridiides, les Pholcides et les Pachygnathides, le tarse porte toujours une cupule sans poil, le métatarse un seul poil et le tibia deux rangées de poils. Dans d'autres familles, le tarse n'a pas de cupule rudimentaire, mais présente une (Diclynides, Agélénides, Thomisides, Attides) ou deux rangées de poils (Drassides, Lycosides).
On doit encore à Dahl la découverte d'un organe sensoriel qui siège sur la face antérieure des mâchoires et sert peut-être à l'olfaction. Cet organe est reconnaissais à ce que, à son niveau, la cuticule est lisse, mince et percée d'une infinité de petits canalicules.
Au-dessous de celle-ci se voit une couche de longues cellules finement granuleuses, à noyau basilaire et prolongées inférieurement par un fin filament, sans doute de nature nerveuse.
L'appareil génital mâle consiste en deux sacs testiculaires (fig.609,<), continués chacun par un long canal déférent ; les deux canaux déférents s'unissent pour former un canal commun qui, après un très court trajet, s'ouvre sur la ligne médio-ventrale, entre les deux stigmates pulmonaires (fig. 602).
Fig. G09. — Glandes scriciparcs et organes génitaux mâles de Pholcus phalangistu. — d, canal excréteur dos glandes sériciparos ; g, g\ g", lro, 2e et 3<= paires de glandes ; p, poches pulmonaires ; rectum coupé et rabattu en arrière ; /, testicule.
Le mâle est reconnaissable à son abdomen plus étroit et surtout à l'organe copulateur qui se trouve appendu à la face interne du dernier article du palpe maxillaire. Cet organe présente, suivant les genres, une forme et une complication variables (tig. U10) : il consiste essentiellement en une vésicule, lisse ou armée de cro- 1 chets et d'épines, à l'intérieur de laquelle se trouve replié en spirale un canal qui s'ouvre à son sommet et se prolonge plus ou moins au dehors, sous l'orme d'un tube contourné. Au moment de l'éjaculation, le mâle recueille le I sperme dans cet appareil et l'y emmagasine ; lors de l'accouplement, il introduit son organe copulaleur, qui fonctionne comme un pénis, dans le réceptacle séminal de la femelle.
Les ovaires sonfdeux glandes en grappe qu'entourent les lobes du foie et qui, au moment de la maturité [sexuelle, remplissent l'abdomen ; ils se soudent souvent l'un à l'autre par leur fond \ [Alypus, Segestria). Les deux oviducles s'unissent en un vagin qui s'ou- 1 vre entre les deux stigmates pulmonaires. Ces canaux sont toujours'
Fig. G10. Palpa maxillaire d'Arancule mâle, transformé en organe copulateur.
Fig. 611. — Pardosu amentata portant sa coque ovigère.
dépourvus de glandes accessoires ; le sperme est déversé par l'organe c nlteurdu mâle dans un {Sedestria)on deux réceptacles séminaux
ORDRE DES ARANEIDES. 38?
situés eu avant de la vulve et constituant Yépigynum, serrure ou claiiS' Irum : chaque réceptacle s'ouvre à la surface ventrale par un large tube plus ou moins contourné et communique d'autre part, à l'aide d'un tube plus étroit, avec l'oviducle.
La femelle, plus grosse et plus forte que le mâle, se laisse difficilement saisir par celui-ci et le met ordinairement à mort, pour s'en repaître comme elle ferait d'un Insecte, aussitôt que la copulation est achevée, parfois môme avant qu'elle n'ait pris fin. La reproduction ' est toujours ovipare : les œufs renferment une vésicule embryogène bien nette (tome I, p. 139, fig. 77); ils sont pondus dans un sac tissé spécialement a leur intention et dont la soie peut être différente de celle qui forme la toile (Epeira). La femelle traîne souvent à sa suite son oolhèque (Lycosa, Panlosa, fig. CM). Les jeunes ne subissent pas de métamorphoses; ils ne quittent l'oolhèque qu'après la première mue : ils sont alors capables de tisser des toiles et de chasser les petits Insectes, mais il leur faudra subir encore au moins trois mues -avant de devenir adultes.
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fckr YnïLû I v'rf Gehô,-und Geruchsorgan der Spinnen. Archiv fur miki. Anatomie, XXIV, p. |, 1884.
hu', pCliw!CeiS.Ch' S"'' Un °rrjanedeS sms des baignées. Zoolog. Anzeiger,
Pl.. Bcrtkau, Bemerkungen zu Schimkewitsch's Notiz « Sur un oraa?ie de* sens des Araignées. » Ibidem, p. 537. 9
Vù ïasner' L'i re9énération des organes perdus chez les Araianées Bull de la Soc. irap. des naturalistes de Moscou, p. 871, 1887.
„„!!;rrir'NE":oNEs sont des Arai^ées ^ ^ ^™
KX tf tr P0Um°nS Gt dG qUatre' rarement de six fi**es; Irto , T S°nt rec01irbées ^ dessous. Elles habiten
sur tout les pays chauds. Elles ne construisent point de toiles mais se fennent cachées sous les pierres, dans les fentes des Ï ceTou des rochers et tapissent leur retraite d'un revêtement soyeux (ZZ ' ' 5 daUtres ,,abitent des tubes qu'elles creusent dans le so
qu'elles tapissent également de soie et qu'elles recouvrent d'une trappe fort difficile à découvrir (Cleniza, Nemesia, Alypus). Essentiellement nocturnes, elles ne quittent leur demeure qu'après le coucher du soleil et se mettent à la recherche de petits animaux.
Avicularia {Mygale) vesliaria Degeer (fig. GI2) vit à la Martinique; elle fait sa toile dans les buissons. Elle est longue de 6 à 8 centimètres et est très redoutée. On la croit capable de tuer de petits Oiseaux, des Batraciens et d'autres animaux de
petite taille, mais son venin ne semble pas être funeste à l'Homme : suivant d'Azara, sa piqûre cause une fièvre de vingt-quatre heures et parfois un peu de délire, surtout par les grandes chaleurs, mais n'occasionne pas d'accidents sérieux.
Dans l'Amérique centrale vit une espèce fouisseuse, répandue depuis le littoral jusqu'à une grande altitude ; elle se lient de préférence dans les endroits privés d'arbres, dans le gazon et les pâturages et pique fréquent:
ment les Chevaux, les Mulets et les Bœufs, aux pieds, aux lèvres ou à la langue ; on l'appelle arana pica-caballo . On la voit surtout pendant la saison des pluies, en avril, mai et août; elle pique jusqu'à 25 p. 100 du bétail. L'Homme est rarement atteint; il l'est d'ordinaire aux pieds, plus rarement au pénis, comme A. von Frantzius en cite un cas. La piqûre est très douloureuse et détermine une vive sensation de brûlure, qui décroît progressivement ; l'épiderme se soulève aussitôt en
Fig. 012. — Avicularia vesliaria, màlo de grau deur naturelle.
ORDRE DUS ARANÉFDES. 359
une large pblyctène; la plaie exsude un liquide séro-muqueux et a une grande tendance à s'élargir. Les accidents ne sont jamais très graves, si le traitement ne se fait pas attendre, mais le bétail succomberait assez fréquemment.
C'est, pensons-nous, a une Avicularide qu'il convient de rapporter l'observation suivante, publiée par Hulse. Un Homme fut mordu au pénis par une grosse Araignée velue, alors qu'il était assis sur le siège des latrines; la douleur ne fut pas très vive tout d'abord, mais alla en augmentant; le malade vomit et éprouva une douleur profonde qui, localisée d'abord à l'abdomen, s'étendit bientôt à tout le thorax, en s'accompagnant de sensations de suffocation, de congestion du cou et de la face. Le lendemain, la guérison était complète.
On peut rattacher encore au genre Mygale Lalreille, 1802 (nec Cuvier, 1800), bien qu'il soit démembré en un grand nombre de genres nouveaux, quelques autres espèces considérées comme venimeuses. M. Blondi, de plus grande taille que les précédentes, habite les Antilles; M. bicolor est de Bahia, M. Henlzi du Texas, M. cafreriana du cap de Bonne- Espérance, M. fasciala des Indes, M.javanica de Java et de Sumatra. En Egypte, suivant Pruner, on redoute beaucoup M. icterica Koch, que les Arabes appellent abou-chabat.
M. javanica est de très grande taille. Un individu récemment capturé est capable de tuer un petit Oiseau dans l'espace de 6 à 8 secondes, en le mordant au dos : la victime meurt dans de violentes convulsions tétaniques. Après dix jours de captivité et de jeûne, le venin produit encore une irritation locale, ainsi que de la dyspnée et de l'exophthalmie, mais ne cause plus la mort.
Is. Hulso, Bite of a Spider on the glam pénis, followed by violent symptoms; recovery. Amer, journal of mcd. se, XXIV, p. G9, 1839.
E.-W.-A. Ludeking, Over Mygale sumatvense en liare beei. Natuurk. Tijdschrift voor nederl. Indie, XX, p. 191, 1859.
A. von Frantzius, Vergiftele W'unden bei Thieren und Menschen durch den miss der in Coslarica vorkommenden Minirspinnc (Mygale). Virchow's Archiv, XLVII, p. 2.15, 18G9.
Les Dipnkumones ont deux poumons, six fdières et des trachées ; les griffes des chélicères sont recourbées en dedans. On les divise en sepl tribus comprenant chacune plusieurs familles.
Les Sultigrades sont des Araignées sauteuses, qui ne construisent