‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource]Chapitre 28 sur 86 · C. Lloyd Morgan, Scorpion virus. Ibidem, p · texte numérisé non relu

C. Lloyd Morgan, Scorpion virus. Ibidem, p

A.-G. Bourne, Scorpion virus. Ibidem, XXXII, p. 53, 1887.

F. Karsch, Scorpione mit /creisfôrmigen Stigmen. Zoolog. Anzeiger, XI, p. 15, 1888.

G. -H. Parker, The eijes in Scorpions. Bull, of the Muséum of comp. zofilogy at Harvard Collège, XIII, p. 173, 1888.

G. Marx, On the morphology of l/ie Scorpionidir. Proceed. of the entomol. Soc. of Washington, 1, p. 108, 1888.

Les Scorpions habitent les régions chaudes du globe ; ils sont représentés en Europe, et jusque dans le midi de la France, par un petit nombre de formes. On en connaît à peu près 200 espèces, qu'on peut, avec Pelers, rapporter à quatre familles principales, caractérisées par la forme du sternum et la structure des peignes.

Les Buthidks ont le sternum triangulaire, à base postérieure ; le peigne a de nombreuses dents et un seul rang de lamelles intermédiaires. Le genre Buthus Leach, 1813, comprend plus de oO espèces limitées à l'ancien monde : les deux doigls de la chélicère portent chacun deux dents.

Buthus europaeus Linné, 17S4.

Synonymie : Srorpio europxus Linné, 1754 (nec Latrcillo, 1804 ; nec Uisso 182<;> Se. occitanus Amoraux, 1789.

Se. tunetanus Herbst, 1800.

Androctonus lunelanus Hempricht et Elirenborg 1829 A. Dufoureius lirullc, 18:!2.

A. Paris C. Koch, 1830

Ce Scorpion présente à chaque peigne 8 pièces intermédiaires et de 25 à 30 dents, ordinairement 27. 11 est commun en Egypte, en Algérie, à Chypre, en Grèce, en Espagne; il se trouve probablement aussi dans le midi de l'Italie et en Sicile, bien que Fan/ago ne l'y mentionne pas ; il manque en Corse. En i-rance, on le rencontre tout le long du littoral méditerranéen, depuis les Pyrénées jusqu'à Cannes, mais il devient rare à l'est du Rhône et ne semble pas s'avancer jusqu'à la frontière italienne, il s'écarte peu de la zone littorale; il est rare aux environs de Montpellier el de Bézters. Dans nos pays, il n'atteint jamais qu'une taille fort réduite, S8 millimètres en moyenne et n'est point redoutable : Sabatier a fait piquer des Pigeons, des Chats, des Souris et des Lapins par des individus vigoureux, sans voir en résulter aucun accident.

Une quinzaine d'autres espèces de Buthus vivent dans la région méditerranéenne : B. australis (Androctonus funestus) (fig. 021) et B. Mneas se trouvent en Algérie; B. cilrinus, d'Egypte, s'y rencontre parfois aussi, dans l'extrême sud. Leur piqûre est très redoutable, bien qu'elle soit rarement mortelle pour l'Homme.

Les genres Isomelrus Hempricht et Ebrenberg, 1829, et Centrurus H. et Ehr. sont très répandus en Amérique. Le doigt mobile de la chélicère est mulique ou n'offre rarement qu'une seule dent.

Dubrueil, Etude sur le Scorpio occitanus d'Amoreuas. Uevue des se. nat., V, p. 217, 187G.

Les Hétérométmdes ont le sternum pentagonal; le peigne a des dents peu nombreuses et un seul rang de lamelles intermédiaires ; la main est large, souvent déprimée et permet à beaucoup d'espèces de creuser des terriers.

Le genre Scorpio Linné est répandu dans l'Afrique et l'Asie intertropicales; il comprend les plus grands Scorpions connus, qui tous sont fouisseurs : les mains sont cordiformes el tranchantes au bord interne. Se. afer L. vit dans l'Afrique occidentale, Se. Bœseli E. Simon au Congo, Se. Suwnmerdami E. Simon aux Indes.

Le genre Opisthophthalmus Koch, 1837, no diffère guère du précé-

ORDRE DBS SCORPIONS. 389

dent que pur lu position reculée des yeux médians ; il habite l'Afrique du sud.

Le genre Palamnxua Tlioroll, 1876, renferme encore des espèces de grande taille, mais qui ne fouissent point le sol : le hord interne de la main est épais. V. (Sr.) indus Linné, P. cyannus C. Koch, P. lonyinianus llerbst sont de l'Inde et de Malaisie.

Ittnts yibbosus Bull, vit en Morée, Nebo hicnxMtnticus Iï. Simon en Syrie, Hctcromelrus mourus Linné dans le nord de l'Afrique et en Svrie. Les Hétéromètres sont fouisseurs cl se reconnaissent à ce que le tibia de la paltc-màchoire est cylindrique; ils sont moins redoutés que les Buthi3es.

On doit ranger encore ici un certain nombre de Scorpions, pour lesquels on établit souvent une famille spéciale. Le sternum est encore pentagonal, la queue est relativement faible et courte, la main est large, mais ne sert pas à fouir le sol. Le genre Isohnurus est répandu en Malaisie, en Australie et dans l'Afrique australe; d'autres formes voisines sont asiatiques, africaines et américaines. Les genres Euscorpius Thorell, 1870, et Ihdisaiïus E. Simon, 1870, sont européens : le premier a deux yeux médians et deux paires d'yeux latéraux; le second est aveugle.

Euscorpius flavicaudis de Geer, 1778.

Sr.xoNr.Mm : Scorpio europssus Lalreille, 1 80 i (nec Linné, 1754 ; nec Risso, 1826).

Se. 7nassiliensis C. Kocli, 1836.

Se-, vwnspessulanus C. Kocl), 183G.

Se. algériens C. Koch, 1839.

Ce Scorpion (lig. 625) est long de 30 millimètres, dont 17 pour le post-abdomen ; le mâle a 9 à 10 dents aux peignes, ordinairement 10; la femelle en a 8 à 10, ordinairement 8. Il est assez répandu en France, où il se lient de préférence à de faibles altitudes : on le trouve toutle long de la côte méditerranéenne, depuis la frontière espagnole jusqu'à Nice. Il remonte dans les départements de Vaucluse, de l'Ardèche et de la Drôme et atteint sa limite nord à Valence ; il s'avance toutefois dans la vallée de l'Isère jusqu'à Grenoble, par petites stations isolées. A l'ouest, il ne semble pas atteindre le Gers, le Tarn-et-Garonne et la Haute-Garonne : aussi son inconlestable présence à Bordeaux conslilue-t-elle une intéressante exception. 11 est commun en Corse, Fanzago le signale en Italie et Simon pense qu'il se retrouve en Algérie.

D'après Simon, on le trouve sous les pierres et sous les écorces dans la région méditerranéenne; il recherche aussi les ruines et les

décombres etenlrc parfois dans les habitations. [Dans les régions plus

seplentrionales, il se rencontra exclusivement dans les maisons, et se tient de préférence dans les parties élevées, sous les combles et même sous les tuiles, comme c'est le cas à Bordeaux. Il peut alors être incommode, mais sans être véritablement dangereux.

Euscorpius italicus Herbst, 1800.

Synonymie: Saorpius provincialis C. Kocli, I83U.

11 est long de 42mm, d'un brun presque Fig. 625. — Euscorpius noir en dessus, fauve rouge leslacé en flaviamdis. dessous. Le mâle a 10 dents aux peignes;

la femelle en a de 8 à 10. On le trouve dans les Alpes-Maritimes (Nice, Monaco), dans le nord de l'Italie, dans le Tyrol et en Turquie.

Euscorpius carpathicus Linné, I7ii7.

Synonymie : Scorpio europmus Risso, 182G (nec Linné, 1*54 ; nec Latrcillc, 1801). Scorpitts aquilejensis C. Koch, 1 8:30.

Se. sicànus C. Koch, I83G.

Se. tergestinus C. Koch, 1836.

Se. Caneslrinii Fanzago, 18"'i.

Se. provincialis Fanzago, 1874 (nec C. Koch, 183G).

L'animal esl long de 27 millimètres, dont d I mm,2 pour le post-abdomen; le dessus du corps est brun de poix rougeâlre ou olivâtre, généralement foncé et presque noir; le dessous est fauve testacé. Le mâle a de 8 à lô dents aux peignes, ordinairement 9 ; la femelle en a de 0 à 8, ordinairement 7.

Ce Scorpion appartient à la faune des Alpes méridionales ; on le trouve jusqu'à 1,800 mètres d'altitude. En France, il habite la Corse, les Alpes-Maritimes, le Var, les Basses-Alpes et les Hautes-Alpes; il remonte jusqu'à Embrun et môme jusqu'à Guilleslre, mais est inconnu à Briançon ; on ne le connaît pas à l'ouest du Rhône. En Suisse, on le trouve sur les versants méridionaux des Alpes et même jusqu'à Sion, dans le Valais, d'après Falio. 11 habite encore l'Espagne jusque dans la Sierra Nevada, l'Italie, la Sardaigne, la Sicile, le Tyrol et la Turquie. Il s'avance au nord jusque dans la Basse-Autriche: Ferrari l'a capturé h Krcms ; c'est sans doute encore lui que

ORDRE bES SCORPIONS. 391

Tômiisvary a trouvé en Hongrie, aux environs de Klausenburg.

Euscorpius Fanzagoi E. Simon, 1879. — Cette espèce habite l'Espagne et les Pyrénées Orientales. Le mâle est inconnu; la femelle est longue de 27""", :i, dont H""u,3 pour le post-abdomen, et porte 0 ou 7 dents aux peignes.

IkusARius Xuideui E. Simon, 1879. — Il n'a encore été trouvé que dans les Pyrénées Orientales, sur le territoire de Conat et dans la vallée de Queillan ; on le trouve sous les pierres. Le mâle seul est connu ; il rappelle l'aspect d'Eu, carpathicus, mais diffère de tous les Scorpions connus par l'absence complète des yeux. Il est long de 26"1"1, 5, dont 12 millimètres pour le post-abdomen ; il n'a que 4 dents aux peignes.

Le genre Broteas C. Kocli, 1839, pour lequel on établit souvent une famille distincte, peut encore être rattaché aux flétérométrides, dont il a le sternum pentagonal ; il comprend des espèces de taille moyenne, qui habitent les régions les plus chaudes de l'Amérique du Sud. La main est globuleuse, non anguleuse et non amincie au bord interne; les lobes maxillaires de la seconde paire de pattes sont larges etcarrés, plus larges que le sternum ; le post-abdomen est fort, la vésicule est large.

Les Véjovides ont encore le sternum pentagonal, mais plus large que long. Les peignes ont des dents nombreuses et deux rangs de peliles lamelles intermédiaires; les yeux latéraux sont au nombre de 3 ou 4 paires, dont 2 paires principales. Ces Scorpions sont particuliers à l'Amérique : ils comprennent les genres Vxjoris C. Koch. I83G, et ïïadntnis Thorell, 1876; le premier est très abondant au .Mexique.

Les BoTHniuuiDEs sont de petite taille : ils vivent pour la plupart dans l'Amérique du Sud. quelques-uns en Australie. Lé sternum est très étroit, en l'orme de lame transverse et incurvée, à concavité postérieure; les hanches des pattes postérieures semblent toucher àla pièce génitale ; les peignes n'ont qu'un petit nombre de dents et de lamelles intermédiaires. Botkriurus Peters et Telégomis Koch sont les genres principaux.

Les Scorpions ont joué longtemps un rôle important en thérapeutique. On les tuait et on séparait par une incision leur vésicule à venin, puis on les Taisait sécher et on les réduisait en poudre. Celle-ci avait la réputation d'être diurétique, lithontriptique et sudorifique; par la voie externe, elle était fortifiante et résolutive.

En tuant 35 Scorpions dans deux litres d'huile d'amandes

•UL classe des arachnides.

amôres, puis en exposant le tout au soleil pendam quarante jours, on obtenait Vhuile de Scorpion; Matlioli avait inventé une formule beaucoup plus compliquée, où entraient le santal blanc, la rhubarbe, la thénaque, le mithridale, le benjoin, lo vin, le storax en larmes, ainsi que les feuilles les racines et graines d'un grand nombre de plantes aromatiques et stimulantes. Cette huile, appliquée sur la plaie, devait guérir de la piqûre ; en cas d'insuccès, on devait recourir à la thériaque, au mithridale et au sel volatil de Vipère.

Un remède non moins infaillible consistait en « l'application du Scorpion écrasé sur la piqueure dès qu'elle a été l'aile, car, dit Lemery, si l'on relarde ce remède quelque temps, il' sera" inutile de le faire,' à cause que le venin ayant eu le temps de pénétrer dans les chairs et de s'insinuer dans les vaisseaux, il ne pourra plus être en état de retourner dans le Scorpion comme il fait quand la piqueure est toute récente. »

li. Simon, Les Arachnides de France. Paris, 187!). Voir Vit. p. 'y.

ORDRE DES SOLIFUGËS

Les Solifuges ou Galéodes (fig. 626) sont particuliers aux régions chaudes du globe ; ils habitent de préférence les déserts et les contrées sablonneuses. Ceux d'Asie sont crépusculaires ou nocturnes, mais les grandes espèces algériennes semblent, au contraire, sortir de leurs retraites et chasser par l'éclat du soleil.

Ces animaux établissent la transition entre les Arachnides et les Insectes. Us appartiennent aux premiers par leurs chélicères terminées en puissantes pinces verticales ; parleurs palpes maxillaires très développés, sans griffes et fonctionnant comme des pattes ambulatoires ; par leurs 4 paires de pattes, dont les 3 dernières sont seules terminées par deux griffes; par leur orifice sexuel qui se voit sur le premier anneau de l'abdomen ; par les détails de leur organisation interne, notamment par leur tube digestif, pourvu de :t paires de caecums gastriques. Ils se rapprochent des Insectes parce que le céphalothorax est nettement divisé eu une tôle, qui porte les cbélicères, les palpes maxillaires, la première paire de pattes et, à son bordanlérosupôrieur, deux gros yeux simples; par son thorax à trois articles; par son abdomen divisé en 0 anneaux apodes.

Le corps est velu. Le doigt supérieur de la chôlicère csttkeelcsl orné, chez le rnâle, d'un cirre réfléchi. I.a dernière paire de pâlies porte des

ORDRK UKS SOMFUaBS» 3$ appendices triangulaires cl lan.ellcux, rattachés par un pédoncule à la lace inféro-intcrnc des trois premiers articles: ces W^iees, quon peut comparer au peigne des Scorpions, chaque patte

sont au nombre de '■> sur

sur le

premier segment, 2 sur le deuxième, un seul sur le troisième. La respiralion est trachéenne : une paire de stigmates s'ouvre entre les hanches de la seconde el de la troisième paires de pattes, deux autres paires se voient sur le second et le troisième anneaux de l'abdomen. Les trachées sont tubulcuses et partenl de deux troncs longitudinaux.

Le développement est direct. Au moment de l'éclosion, les jeunes peuvent avoir jusqu'à 8 millimètres de longueur :

ils sont glabres ; le thorax est déjà segmenté, mais l'abdomen ne présente que de vagues indices d'annulation: les appendices n'en présentent pas trace. Une paire d'appendices plats et aliformes, dont il n'existe aucune trace chez l'adulte, se voit sur les parties latérales de la face dorsale, entre les deux premières paires de pattes. La suite du développement est inconnue : il est vraisemblable qu'une simple mue conduit à la forme définitive, qui se présente déjà chez des individus n'ayant que 5 millimètres de longueur.

Fig. (>2t>. — Galeodes araneoides.

Dans Ions les pays où vivent les Solifuges, on les craint à l'égal du Scorpion ou de la Vipère : la croyance populaire leur attribue un venin redoutable, qui, introduit dans la plaie causée par la morsure, occasionnerait les plus graves accidents ; la morsure provoquerait une tuméfaction considérable, puis la gangrène et la mort. Olivier, il est vrai, ne considérait pas comme dangereuses les espèces d'Arabie et de Mésopotamie

Ml CLASSE DES ARACHNIDES.

[Galeodes araneoides, Rg. 626), mais Pallas a observé des faits tendant à faire attribuer à ce même animal un venin des plus actifs, qui pourrait même être mortel pour l'Homme.

Zablozky-Dessiatowsky a étudié les Galéodes dans le sud-est de la Russie. Leur venin ne serait nuisible qu'aux mois de juin, juillet et août; ils sont plus venimeux dans le pays des Kalmouks et des Kirghis qu'aux environs d'Astrakan. La blessure serait reconnaissable à ce qu'elle est constituée par quatre points rouges très rapprochés, correspondant aux quatre mors acérés des chélicères. L'auteur russe a observé des Cosaques qui, de deux à quinze minutes après la morsure, ressentirent une douleur pungitive, suivie d'une tuméfaction. Puis survinrent divers accidents : vertige, faiblesse et irrégularité du pouls, vomissements, refroidissement général, cardialgie, dyspnée, syncopes, sueurs profuses. Cet état peut durer de deux à huit heures, puis des convulsions tétaniques se déclarent; la rémission survient et le malade guérit; bu bien la gangrène apparaît à l'endroit de la morsure, le cœur bat à peine, des convulsions plus violentes se manifestent et le malade meurt. En Asie Mineure, la morsure du Galéode tuerait le Chameau en moins de dix-huit heures.

Une observation plus récente, mais très analogue, a été publiée par L. Dufour, qui la tenait de Dours. « Bricet, colon à Ponléba, fut mordu le 6 août au tiers supérieur et interne de la jambe par un vigoureux G. barbants. Il s'empressa d'écraser l'animal, pour ainsi dire sur la plaie, et se borna à enduire celle-ci d'un peu de salive. Une heure après, le Dr Dours fut appelé en toute hâte. Bricet était pâle et vomissait des flots de bile. Il accusait une douleur très vive à la partie interne de la jambe mordue et de la cuisse du môme côté. Tout le membre était affecté de soubresauts et commençait à s'enfler, surtout au-dessus du genou. Dours administra de suite un verre d'eau avec 12 gouttes d'ammoniaque. La piqûre fut agrandie et reçut quelques gouttes d'alcali. La potion fut continuée par cuillerées à bouche d'heure en heure. Le soir, les accidents généraux avaient cessé, mais le membre blessé était devenu énorme et dur. On sentait à la partie interne un cordon de lymphatiques, et Bricet ne recouvra l'usage de sa jambe que 17 jours après l'accident. Les frictions mercurielles à haute dose avaient été

OHUilli DBS SOErlfUGES.

" pratiquées pendant tout ce temps. Dours a pensé que cette intoxication avait produit une phlébite. »

Plus récemment encore, Virsky affirmait que les Kirghis sont souvent mordus par les Galéodes : il en résulte une inilammation locale et de vives douleurs, qui se propagent dans tout le corps et jusque dans les os ; la température s'élève, le pouls s'accélère, la tôte se congestionne, mais les accidents ne sont jamais mortels; du moins Virsky n'en connait-il aucun exemple. Les individus atteints par l'Arachnide font aussitôt sucer la plaie par un Chien ou un Mouton, qu'ils croient capables d'absorber le venin.

Ces récits et ces observations tendent donc à faire considérer les Solifuges comme venimeux. Et pourtant bon nombre d'auteurs se refusent à leur attribuer cette propriété, se basant sur ce qu'on n'a point encore découvert d'appareil à venin.

Groneberg croit reconnaître celui-ci clans deux glandes situées dans le thorax, sur les côtés de l'estomac : L. Dufour les faisait déboucher dans l'œsophage, KittaryetEm. Blanchard dans l'estomac, mais aucune de ces dispositions ne serait exacte et les glandes s'ouvriraient au dehors. Chacune d'elles présente un nombre considérable de petits diverticules appliqués contre l'estomac, puis se réunit à sa congénère pour former un long canal excréteur décrivant de nombreuses circonvolutions. Ge canal, clair et tapissé d'un épithélium surbaissé, décrit de nombreuses sinuosités à la surface de l'estomac; plus en avant, son épithélium cylindrique mesure jusqu'à 30 [a de hauteur, sa lumière est large, son diamètre total va jusqu'à 0mm,3. Il remonte finalement le long de l'estomac et de l'œsophage, se revêt intérieurement de chitine, puis vient s'ouvrir à la base d'un prolongement conique, en l'orme de lancette, situé entre l'article basilaire et le palpe de la maxille; il se continue môme par une gouttière le long de ce prolongement. Le venin élaboré par les glandes s'écoulerait ainsi dans la plaie produite par les chélicères.

Le genre Galeodes Olivier, 1701 (Solpuga Herbst, 1797), est le plus anciennement connu. G. araneoides Pallas (fig. 626) se trouve dans la région du Volga cl de la mer Caspienne, où on l'appelle Phahmg, au Caucase, en Perse, en Egypte, en Nubie et dans l'extrême sud de l'Algérie ; (.'. Ôlivieri E. Simon habile le sud de l'Algérie et le pays

396 CLASSE UES A1UCIIN1DBS.

des Touaregs ; G. barbants Lucas se trouve au Maroc, en Algérie el eu Tunisie; G. venator E. Simon esl du Maroc; G. salaria Koch est d Arabie et d'Abyssinie.

Le genre Caerellia Simon, 1879, est exclusivement africain et se trouve surtout dans le sud (Cap, Calrene, Zanzibar); G. flavescens et G. acculai,, sont d'Algérie, G. bminipes d'Algérie cl d'Abyssinie. Le genre Aellopus Koch esl d'Afrique australe.

Zevia persephone a été rencontré à Mcrs-cl-Ivébir, près Oran ; hhux ochropus h Tlemcen. Gluviafurcillala vit à Chypre, Gl. dorsalisen Espagne et en Portugal, Gl. kabyliana en Algérie.

Le genre Gylippus Simon vit en Syrie, le genre Wnorliax Simon en Cochinchine, en Aiinam el aux Moluques.

Le genre Datâmes Simon, 1879 (nec Stâl, 1875), se rencontre dans le sud des Étals-Unis, au Mexique, dans l'Amérique centrale et en Colombie. Le genre Cleobis Simon, 1879 (nec Dana, 1847), esl du Mexique, de l'Amérique centrale et de Cuba. Le genre Mumtnucia Simon vit au Chili et au Pérou.

Cams et Engebuanii, Bibliotheca zoolorjica, I, p. 470. O. Taschenberg, Bibliotheca zoologicci, II, p. 1317.

G. -A. Olivier, Voyage dans l'Empire ottoman, l'Egypte cl la Perse. Paris, 3 vol. in-'i", 180". Voir III, p. 441.

P. Zablozky-Dessiatowsky, Dissértatio de SolpUga arachnoïde circa marc caspium vivenle. Mosciuid, 1838.

E. Simon, Etudes arachnologiqnes 10. Mém. XVI. — Essai d'une classification des Guléodes, remarques synonymiques et description d'espèces nouvelles ou mal connues. Ann.do la Soc. entomol. de France, (5), IX, p, 93,[1879.

A. Laboulbôue, Gatéodes. Dictionn. encyclop. des se. méd., (4), VI, p. 193.

J. Mac Lood, Sur la présence d'une glande coxale chez les Galcodes. Bull, do l'Acad. dc> Belgique, (3), VIII, p. B54, 1884.

A. Croueberg, Vehe.r ein Entmcklungsstadium von Galeodes. Zoolog. Anzeigcr, X, p. 1G3, 1887.

La classe des Arachnides comprend 10 ordres d'importance très inégale, dont quelques-uns sont fort aberrants : tels sont les Panlopodes, en raison de leur habitat et de l'absence à peu près totale de l'abdomen ; les Tardigrades, à cause de leur organisation rudimentaire; les Lingualules, à cause de leur vie exclusivement parasitaire, qui a modifié profondément leur organisation.

Parmi les autres ordres, les uns ont l'abdomen segmenté (Phalangides, Chernèles, Pédipalpes, Scorpions, Solifuges), tandis que ce caractère fait défaut chez les aulres (Acariens, Arancides). Mais les Aranéides du carbonifère (Prololycosa, Anlhracomarùus, Architarbus) avaient l'abdomen segmenté à l'état adulte et les espèces actuelles présentent encore une métamérisation très nelle de l'abdomen peu-

OHIIIIK ItKS SOI. I FI T.KS.

dant le cours do leur développement. Ou csl doue conduit ;i séparer les Arauéides des Acariens, qui n'offrent rieu de semblable, el à les rapprocher dos Scorpions : la constitution fort diU'érente de leur appareil buccal et leurs métamorphoses à peu près constantes tendent d'ailleurs à reporter les Acariens assez loin des Aranéidcs.

Le céphalothorax des Arachnides porte, en général, G paires d'apdices : une paire de chélicères, une paire de mâchoires et 4 paires de pattes ambulatoires. L'abdomen n'est jamais pourvu d'appendices il l'âge adulte; mais, pendant le cours du développement, il porte des appendices transitoires, au nombre de 4 paires chez les Aranéides, de ti paires chez les Scorpions (fig. 624). Ceux-ci présentent alors une remarquable analogie avec les Méroslomes (Plerygolus), bien que leur taille soit beaucoup moindre: d'où il résulte que le post-abdomen n'est qu'une différenciation secondaire, déjà indiquée chez les Méroslomes, des cinq derniers anneaux de l'abdomen et que la vésicule à venin est une transformation du lelson.

Les anneaux primitifs de l'abdomen se sont fidèlement conservés au nombre de 12 chez les Scorpions, dont le type, constitué de très bonne heure, n'a que fort peu varié depuis l'époque silurienne (Proscorpius, Palaeophonus) ou carbonifère (Cyclophthalmus). Leur nombre s'est réduit, au contraire, chez les autres Arachnides: il élaiL de 9 (Protolycosa), de 8 (Architarbus) ou de 7 (Anthracomarlus) chez les Araignées anciennes; il est encore actuellement de n chez l'embryon de nos Aranéides et chez les Solifuges.

Il semble donc que les Arachnides et les Mérostomes proviennent d'une souche commune. En s'adaptant cà la vie aérienne, les Arachnides primitifs ont perdu leurs pattes abdominales, qui portaient les branchies, mais la disparition n'a pas été si complète qu'on n'en retrouve encore les rudiments chez l'embryon ; des organes respiratoires nouveaux (trachées, poumons) sont donc apparus. Ce type primordial s'est conservé presque pur chez les Scorpions; par la disparition du telson, par la fusion et la réduction du nombre des anneaux de l'abdomen, il est allé, au contraire, en se modifiant de plus en plus, chez les Aranéides et d'autres groupes, dont les affinités ne sauraient être précisées, si le développement embryonnaire ne portait encore des traces évidentes des états antérieurs.

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nos

CLASSE DES OMYCHOPHORES.

CLASSE DES OMYCHOPHORES

Celle classe renferme le seul genre Peripalus, Guilding, 1826, qui établit la Iransition entre les Annélides et les Arthropodes trachéens, spécialement les Myriapodes. Les Péripalcs sont peu nomhreux en espèces ; /'. Edwardsi vil à la Guyane et au Vénézuéla, P. juliformiS

Fig. 627. — Peripalus capensis, d'après Moseley.

aux Indes, P. Blainvillei au Chili, I1. Leuckarli en Australie, /'. capensis (lig. G27) au Cap. Ils se cachent sous les pierres, sous les feuilles, dans les endroits humides.

Le corps esl formé d'un petit nombre de segments (30 chez P. Edwardsi), pourvus chacun d'une paire de pattes molles, inarticulées et terminées par deux griffes.

La lète porte deux antennes pluriarliculées et deux yeux simple. La bouche est renforcée par deux paires d'appendices, correspondant aux mandibules et aux mâchoires des Myriapodes et des Insectes : les premiers sont armés de griffes ; près des seconds viennent s'ouvrir de grosses glandes sécrétant un liquide visqueux, capable de s'étirer en fil et de se durcir à l'air, comme le fil de l'Araignée ou du Ver à soie. Au tube digestif ne sont annexés ni glandes salivaires ni tubes de Malpighi. L'anus est situé à l'extrémité postérieure. Les muscles ne sont pas striés, contrairement à ce qui a lieu chez tous les Arthropodes. |

Chaque somite renferme une paire d'organes segmentaires semblables à ceux des Annélides et venant s'ouvrir à la base des pattes; la présence de ces organes assigne aux Péripates une place à part dans l'embranchemeut des Arthropodes et rend évidentes leurs relations phylogéniques avec les Annélides primitives.

L'appareil circulatoire est représenté par un long vaisseau dorsal. La respiration se fait au moyen de trachées, courtes et sans fil spiral, qui débouchent au dehors par des stigmates épars à la surface du corps, mais dont quelques-uns s'ouvrent sur la ligne médio-ventrale. Le système nerveux comprend deux ganglions cérébroïdes d'où partent deux troncs nerveux : ceux-ci se portent en arrière, se rapprochent sous l'œsophage, sans pourtant constituer un collier, puis.

ORDRE DES CIIII.OONATIIKS.

s'écartent sur loul le reslo de leur trajet, jiour ne se rejoindre qu'à l'exirémité postérieure ; ils soul réunis de place en plaee par de ininl ces commissures, mais sont dépourvus de ganglions, les cellules nerveuses étant disséminées uniformément.

Les sexes sont séparés. Les testicules ne sont autre chose que des organes segmenlaires modifiés : ils s'ouvrent à la base de la première paire de pattes par deux canaux déférents. Les ovaires débouchent par un pore commun dans l'avanl-dernier anneau. La femelle est ovovivipare ; l'œuf est souvent incubé dans l'utérus.

CLASSE DES MVHIAPODES

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