‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource]Chapitre 32 sur 86 · Taschenberg, Bibliollieca zoologica, IJ, p · texte numérisé non relu

Taschenberg, Bibliollieca zoologica, IJ, p

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Phthirius inguinalis Denny, 18i2.

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• /'. pubis Linné.

— Phthirius pubis Leach.

Le Pou du pubis ou Morpion (fig. 682) est l'unique espèce du genre Phthirius; il est particulier à l'Homme et s'observe de préférence dans la race blanche. Le mâle est long de Omiu H à I millimètre, large de Om» 5àOmm,7.La femelle est un peu plus grande et mesure de I millimètre à l",m,o.

La lêle est large, pourvue de deux longues antennes et de deux petits yeux et unie au thorax par un étranglement en

*** CLASSE DÈS INSKCTKS.

forme de cou. Le thorax est plus large que l'abdomen, dont il n'est pas séparé. Ce dernier est cordiforme, formé de huit segments : les trois premiers sont rudimenlaires et indiqués seulement parleurs stigmates; chacun des autres segments de l'abdomen est orné sur son bord externe d'un mamelon conique et rétractile, surmonté d'un bouquet de poils. Les pattes delà première paire, à la base desquelles on voit un large stigmate,

sont relativement grêles et se terminent par une petite griffe. Celles des deux autres paires sont grimpeuses et s'épaississent à leur extrémité.

La femelle pond de 10 à 15 œufs piriformes, qu'elle fixe aux poils, le plus près possible de la base. Les œufs se distinguent déjà de ceux des Poux à ce carac" 1ère, mais la distinction ne peut se faire avec certitude que si l'on examine l'embryon qui s'y trouve renfermé : les pattes sont de bonne heure conformées comme chez l'adulte. Le jeune éclôt au bout de six à sept jours ; il est apte à se reproduire environ quinze jours après sa naissance.

Comme son nom l'indique, ce Pou se tient ordinairement dans les poils du pubis; il est plus fréquent chez l'adulte et se transmet surtout pendant le coït; toutefois, on peut l'acquérir, en dehors de la copulation, par les vêtements; la literie, le siège des cabinets d'aisances, etc. Sa piqûre détermine une violente démangeaison, le patient se gratte avec fureur et souvent provoque une éruption prurigineuse caractérisée par l'apparition de papules, de vésicules et de pustules.

Du pubis et de la région scrolale et périnéale, ce Pou passe ordinairement sur les parties voisines, pourvu qu'elles soient recouvertes de poils, même très fins : c'est ainsi qu'on le voit descendre sur la cuisse et la jambe el jusque sur les orteils, ou remonter sur le ventre et la poitrine, pour gagner le creux axillaire et même la barbe. On peut le trouver encore parmi

F\g. (182. — P/ithirius inguinalis Irès grossi.

ORDRE DES HEMIPTERES. 44Ô

les cils où Colse l'avait déjà rencontré, et au sourcil : cette localisation particulière est, pour ainsi dire, spéciale à la première enfance et résulte de ce que, pendant l'allaitement, le parasite est passé du sein de la nourrice à la paupière de l'enfant • il peut occasionner une légère blépharo-conjonctivite.

Le Pou du pubis se voit très rarement dans les cheveux : Berlarelli et Carabelli, de Milan, cités par Grassi, l'y ont rencontré, mais sans pouvoir y découvrir ses œufs. Grassi luimême l'a vu en abondance, et à l'état d'œuf aussi bien qu'a l'état adulte, dans la chevelure de trois sœurs, dont les deux aînées avaient 9 et 7 ans; les parasites étaient nombreux à la périphérie du cuir chevelu, mais faisaient défaut vers le sinciput. While, de Boston, les a vus également dans les cheveux.

La pédiculose semble être plus fréquente à Boston que dans les autres villes des Étals-Unis. De 1878 à 1880, on a soigné dans les hôpitaux 15,551 malades atteints de maladies de la peau : 914, soit 5,5 p. 100, étaient atteints de pédiculose; dans d'autres grandes villes de l'Union et au Canada, la proportion est notablement inférieure et oscille entre 1,5 et 3,33 p. 100. Dans 50 cas, d'après Greenough, la nature du parasite n'a pas été déterminée; les 804 cas restants se décomposaient comme suit :

Pediculus capilis a été vu choz 81 hommes et 419 femmes, soit 500 fois. l'ediculus vestimenn — 196 — 141 — 3-17 — PhthiriUf inguinaiis — 20 — 1 — 27 —

Totaux 303 561 8G4

Moursou a démontré que les loches bleues, lâches ombrées ou maculée cosruless, bien loin d'être un symptôme certain de la fièvre typhoïde, de la fièvre synoque et d'autres graves maladies, comme les cliniciens les plus éminenls l'avaient si longtemps professé, coïncidaient simplement avec la présence du Morpion ou de son œuf : il cite, à l'appui de son opinion, 250 observations concluantes, faites sur des individus bien portants ou sur des malades atteints d'affections diverses. Ces taches, d'un gris d'acier, ont jusqu'à 7 et 8 milimètres de largeur; elles sont indolores, ne pâlissent que faiblement à la pression et disparaissent au bout de quelques jours. Elles sont dues à la piqûre du parasite el à l'introduction de sa salive

classe des insectes.

sous lu peau, sans que celle-ci ail subi la moindre lésion (Damaschino). Duguel a pu les reproduire expérimentalement en inoculant sous la peau le corps broyé d'un certain nombre d'Insectes.

O. Taschenboi'g, Bibliot/ieca zoologica, II, p. 1539.

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Les Piiytopiituires ou Poux des plantes sont parasites des végétaux : ils comprennent deux familles principales, les Coccides ou Cochenilles et les Aphides ou Pucerons.

Chez les Coccides ou Gallinsecles, l'œuf donne naissance à une larve libre, qui court à la surface de la plan le; au bout d'un certain temps, elle enfonce son rostre dans l'écorce, devient immobile et ne larde pas à passer à l'état parfait.

OR'dRE DES HÉMIPTÈRES. &*")

La larve nui doit devenir un mâle subit une métamorphose com- Blète, contrairement à ce qui s'observe chez tous les autres Hémiptères : après sa dernière mue, elle perd son rostre, puis se confectionne une sorte de cocon, dans lequel elle se transforme bientôt en

• une pupe immobile. L'adulte est rarement aptère [Ritsemia pupifera, Acanlhococcus aeeris)] le plus souvent, il n'a qu'une paires d'ailes, la postérieure étant, comme chez les Diptères, transformée en deux balanciers. L'abdomen est formé de sept anneaux; sur le dernier s'ouvrent des filières d'où sortent deux ou quatre filaments cireux ressemblant à des soies. Le mâle voltige à la recherche de la femelle, la féconde, puis meurt; pendant son exisLence éphémère, il ne prend aucune nourriture : il n'a point de bouche.

La femelle provient, par métamorphose incomplète ou régressive, d'une larve semblable à celle qui produit le mâle, mais un peu plus grosse; celle larve sécrète encore des matières cireuses ou farineuses, à l'abri desquelles elle accomplit ses métamorphoses. La femelle adulte est toujours beaucoup plus grosse que le mâle. Son corps est court et trapu ; la métamérisation s'observe encore au début, mais disparaît graduellement, au moins chez quelques espèces, si bien que la femelle ressemble finalement à une masse inerte, dans laquelle on a peine à reconnaître un animal : la tête, le thorax et l'abdomen se fusionnent alors en un seul bloc.

Suivant les cas, les Cochenilles sont ovipares ou ovovivipares; elles peuvent également se reproduire par parthénogenèse. Signoret les divise en quaire tribus : Lécanines, Coccines, Diaspines et Brachyscélines; seules, les deux premières nous intéresseront. Aux Lécanines se rattachent les genres Ericerus et Tachardia(i) ; aux Coccines,

les genres Kermès, Gossyparia, Coccus, Llaveia et Porphyrophora.

Ericerus cerifer Guérin-Méneville, 1858.

Svnon-vmie : Ericerus pe-la Signoret, 1874.

Le mâle (fig. 683), de grande taille, est d'un rouge fauve ; il présente six ocelles et quatre yeux à facettes, des antennes et des pattes très longues et pubescentes, des ailes transparentes et très allongées des balanciers pourvus de deux soies à l'extrémité. L'abdomen, aussi long que le thorax, est moins large que lui; son dernier segment porte de chaque côté deux longs poils qu'agglutine une substance sécrétée par les filières.

(1) Nous proposons do substituer ce nom, nouveau dans la nomenclature by?n ?86r Sign°ret' '87/,• ad°Pt6 dùjà 1,ar DiesillS - 52

CLÀSSE DES INSECTES.

Lu ioiuelle (flg, 684) 'est sphôrique, globuleuse et présente à sa fuce mler.eure une large échancrurc au moyen de laquelle son corns se moule sur la branche.

Celte Cochenille produit la cire de Chine. Les femelles restent li-

Fig. 083. — Encerus cerifer mile, d'après Signoret.

bres, tandis que le soin de fabriquer la cire est dévolu aux maies. Ceux-ci forment le long et autour des branches de certains arbres j des agglomérations considérables. L'Insecte semble vivre indifféremment sur différentes sortes d'arbres, Mhus succedanus, Ligustrum glabrum, L. lucidum, Hibiscus syriacus, Celastrus ceriferus, Fraxinus sinensis et quelques autres arbres dont la détermination n'est pas suffisamment établie. I C'est surtout dans la province de Sse-tchouen Fig. 084. — Erice- qU'est prospère la culture du Pe-la; elle a enras cenfer le- , , . . „ , , raelle d'après Si- 8endre "e curieuses coutumes. L Insecte se deguoret. veloppe sur les feuilles de Ligustrum lucidum, dans le pays de Kien-tchang, près de Nin-gyuen. j A la fin d'avril, on recueille les œufs de la Cochenille et on les porte à Kia-linq-fou, à quatorze journées de marche, de l'autre côté d'une chaîne de montagnes; le voyage ne se fait que la nuit, pour soustraire les œufs à l'action de la trop grande chaleur. Le trajet achevé, on détache les œufs de la branche sur laquelle on les a portés et on les place sur les rameaux de Fraxinus sinensis, où les Insectes naissent et sécrètent la cire blanche.

ÔBÛBB DBS BlMIPTÊBES.

1 a valeur totale do la récolte annuelle dans le Sse-tchouen est évaluée par Hichthofen à 14 millions de francs. La cire, produit de sécrétion de l'Insecte même, est blanche translucide, brillante, inodore, insipide, non onctueuse au toucher. Elle est plus dure que la cire d'Abeille et est douée d une structure assez analogue a celle du feldspath fibreux. Elle est insoluble dans l'eau, mais se dissout dans les huiles essentielles ; elle est à peine attaquée par l'alcool bouillant, les acides ou les alcalis; son point de fusion n'a pas été suffisamment défini.

Pour se procurer la cire, on chauffe les branches sur lesquelles elle s'est déposée : la cire entre en fusion et on la filtre à travers une étoffe. L'analyse chimique a montré que cette substance était un éther cérotique ou élher de l'alcool cérylique, connue en chimie sous le nom de cérotate de céryle, C;r.Hio8Q2 on la purifie en la faisant cristalliser dans un mélange d'alcool et de naphte ; le produit doit être épuisé par l'éther, puis lavé à l'eau bouillante et finalement cristallisé dans l'alcool absolu.

La cire de l'Éricère est employée en Chine à la fabrication de bougies de luxe. Elle sert en outre à des usages médicaux ; comme chez nous la cire d'Abeille, elle est utilisée pour la préparation du cérat et de certains composés emplastiques ; elle sert encore à la confection d'appareils de contention pour les fractures.

A. Hosic, Chinese insect wlùte wax. British Assoc. for tlie advancement of science, 1885. Nature, XXXII, p. 562, 1885. Amer. Naturalist, XIX, p. 1106,

Tachardia lacca R. Bld, 1886.

Synonymie : Carleria lacca Signoret, 1874.

La Cochenille de la laque, connue déjà du P. Tachard, en 1710, a été bien étudiée par Carter, à Bombay, en 1861.

Sur les branches de certains arbres se voient des incrustations elliptiques, imperforées, qui abritent le mâle. Celui-ci sort de sa logellc au commencement de septembre : c'est un Insecte aptère, long de imin,4, pourvu de deux longues antennes à 9 articles, de quatre yeux et de deux longs filaments laineux émanant des filières. En courant sur les branches, il rencontre l'une des incrustations sous lesquelles se cachent les femelles, féconde celles-ci, puis meurt.

Blanchard. — Zool. méd. II. — 29

*B0 CLASSE DES WSECTES;

A côté des incrustations des mâles, mais eu plus grand non, lue, on en voit d'autres dont la base est sensiblement circulaire et préseule douze saillies symétriques (fig. 68b) ; leur surface présente trois orifices disposés en triangle, deux petits et un grand, par chacun des-

quels passe un faisceau de filaments frisés. Si on traite par l'alcool une de ces incrustations, elle se dissout et met à nu la femelle (fig. 080), fixée perpendiculairement à l'axe de la branche (fig. 087).

La femelle est réduite à l'état de sac pyriforme, de couleur rouge sombre, lisse et luisant. Celle de ses extrémités qui est enfoncée dans l'écorce porte le rostre; l'autre est. munie de trois papilles représentant les filières et correspondant aux trois orifices de l'incrustation. La matière colorante, formée de granulations rouges, est renfermée dans l'ovaire et dans les œufs.

La Tachardie est ovovivipare. Au commencement de juillet, les larves sortent par l'orifice anal de l'incrustation et ne tardent pas à se fixer elles-mêmes, en enfonçant leur rostre dans l'écorce. Elles sont alors d'une teinte rouge minium, longues de 0ram,0 environ, elliptiques, obtuses en avant, sans ligne de démarcation entre la tôle et le thorax. Le corps est régulièrement segmenté ; une houppe de filaments laineux émerge de chaque côté du thorax, à la place des ailes, et une touffe toute semblable, bifurquée et divergente, se voit au niveau de l'anus.

La larve fixée grandit rapidement, en même temps qu'elle exsude la laque par la surface entière de son corps. On peut dès lors reconnaître à quel sexe elle appartiendra par la suite : est-elle destinée à devenir un mâle, la laque l'entoure et l'emprisonne de toutes parts; doit-elle devenir une femelle, l'incrustation présente les trois ouvertures caractéristiques, par où passeront bientôt les touffes filamenteuses. Après la métamorphose, le mâle devient libre, mais la femelle

ORDRE DES RÉM1ÇTÉRBS. 451

vesW dans l'incrustation ; dès qu'elle est fécondée, elle sécrète la substance cotonneuse avec exubérance.

Les larves naissent au commencement de décembre, puis se fixent et s'encroûtent de laque. A la fin de février, les mâles commencent a sortir de leurs cocons et, dans les premiers jours de mars, environ cinq jours après leur éclosion, ils se livrent à l'acte de la fécondation. Les mâles d'été étaient aptères; ceux d'hiver sont au contraire tous munis de deux ailes membraneuses, blanchâtres, transparentes, parcourues par deux nervures et un peu plus longues que le corps de l'Insecte.

La Cochenille de la laque produit donc par an deux générations, caractérisées surtout par le dimorpbisme des mâles. La sécrétion résineuse est plus active dans la première évolution que dans la seconde, probablement à cause de la plus grande quantité de sucs renfermés dans la plante en été qu'en hiver; mais la plus grande quantité de laque semble être produite par la couvée de décembre.

Comme la matière colorante est contenue dans les jeunes, la gomme laque doit être recueillie immédiatement avant leur sortie, c'est-à-dire vers la fin de mai ou le commencement de juin : on doit faire aussi une seconde récolte vers le mois de novembre.

Les arbres sur lesquels Taehardia lacca se rencontre le plus habituellement sont : Anona squumosa, Ficus religiosa, F. indica, liulea frondosa, Zizyphus jujuba et trois espèces de Mimosa, entre autres .1/. tinerca; on l'observerait encore sur Schleichera trijuga et Croton lacciferum.

La laque est connue en Europe depuis de longs siècles ; peut-être même était-elle connue des anciens, car il y a quelques raisons de croire que c'est à elle que Dioscoride donnait le nom de cancamum. C'est un produit complexe, dans lequel on doit distinguer deux substances : la laque (1), sécrétion qui exsude de la surface du corps de l'Insecte, et la teinture de laque (2), matière colorante plus spécialement localisée dans l'ovaire de la femelle.

La gomme laque se présente dans le commerce sous dilfé,rents étals : nous nous bornerons à les énumérer rapidement, renvoyant pour plus de détails aux livres qui traitent de la matière médicale. « Tantôt, dit Planchon (3), on se contente

i Lac des Anglais; Gummilack, Schellack des Allemands.

(2) Lac-dije des Anglais; Lackfarbe des Allemands.

(3) G. Planchon, Traité pratique de la détermination des drogues simples Worigme végétale. Paris, 1875. Voir 11, p. 209.

de recueillir le rameau entier, bois et résine ensemble; c'est la Laque en bâtons (flg. 688). D'autres fois, on détache les cylindres de leur axe ligneux et on les apporte en gros morceaux, c'est ce qu'on a quelquefois appelé Laqua en grappes; ou bien, on concasse les morceaux et on en fait de la Laque en grains. Dans ces diverses opérations, on laisse à la laque ses caractères naturels. On pousse quelquefois plus loin la préparation : on fait fondre la laque dans l'eau bouillante pure ou alcalinisée ;

OSî). — Laque en , , , ,, '

bâtons. on la passe à travers une toile, on l'étend

sur une surface plane, et on presse de manière à en faire des plaques. C'est la Laque en plaques ou écailles. »

Un grand nombre de chimistes se sont occupés de rechercher la composition de la laque. Voici les analyses de Hatchett :

Laque Laque Laque

pluie. eu grains. eu bâtons.

Résine 00,9 88,5 68,0

Matière colorante 0,5 2 5 10 0

Cire 4,0 4,5 G*0

Gluten 2,8 2,0 5,5

Corps étrangers 0,0 0,0 6,5

Porte . 1,8 2,5 4,0

On peut préparer la teinture de laque ou lac-dye par différents procédés. Le plus répandu aujourd'hui consiste à traiter la laque pulvérisée par des lessives de soude très faibles. De la sorte, on dissout la matière colorante avant la résine et on la précipite de sa solution alcaline par une solution d'alun. Ce précipité se trouve clans le commerce sous le nom de laquelaque, produit ordinaire, et de laque-dye, produit supérieur. La matière colorante ainsi isolée est très analogue à l'acide carminique ou rouge de carmin; peut-être même lui est-elle identique, comme le pense Schulzenberger. Elle donne des couleurs extrêmement tenaces et résistantes.

Les usages de la laque sont très nombreux : aussi celte substance est-elle l'objet d'un commerce important. On la lire du Bengale, du Pégu, de Madras, de Siam, elc. Elle sert

onnnE des hémiptères. «3

à ta fabrication des vernis fins et de la cire à cacheter. Sa valeur thérapeutique doit être à peu près nulle; pourtant, elle a joui, pendant une certaine période, d'une véritable faveur; on la croyait tonique et astringente; ses teintures alcoolique, aqueuse et alcaline passaient pour vulnéraires et antiscorbutiques, mais devaient bien plutôt leur action aux substances auxquelles on les mélangeait. La laque entrait encore dans un grand nombre de préparations officinales telles que les trochisques de karabé, les trochisques de laque, divers opiats, les species dialaccœ, le lacca lata.

Tachardia larreœ Et. RId, 1886.

Synonymie : Carteria larrex Comstock, 1880.

Cet Insecte se rencontre dans l'Arizona, sur le tronc et les branches de Lanea mexicana; la laque se trouve sur cette plante en quantité suffisante pour faire l'objet d'une exploitation. L'incrustation n'est pas aussi épaisse que celle de Tachardia lacca; elle dépasse rarement 3mm,5. De plus, les masses de laque excrétées par les divers individus ne se fusionnent pas d'une manière aussi intime que chez l'espèce indienne : elles gardent au contraire une forme plus ou moins globuleuse.

T. larrex est une Cochenille de petite taille. La femelle adulte n'a que 2 millimètres de diamètre. Son corps est à peu près circulaire et l'on voit faire saillie à sa surface les tubes de la laque et le tubercule anal. Le mâle est encore mal connu; sa longueur est d'environ 1 millimètre, y compris un long style qui, à lui seul, représente les deux septièmes de la longueur totale.

V. Siguoret, Sur des Cochenilles du Larrea mexicana. Annales de la Soc. cDtomol. de France, (6), VI, 1887. Bulletin, p. lxii.

Tachardia mexicana R. Bld, 1886.

Synonymie : Carteria mexicana Comstock, 1880.

Cette Cochenille, encore peu connue, a été rencontrée à Tampico (Mexique), où elle vit sur des branches de Mimosa, à l'intérieur d'incrustations de laque, globuleuses ou plus ou moins étoilées, isolées ou réunies en petit nombre. Chaque incrustation présente à sa base six lobes, plus accentués chez les individus jeunes que chez les adultes; cet aspect est occasionné par une forme semblable de l'animal qui la produit.

Do môme que chez T. lacca, la femelle, ne se lienl pas à plat sur la brandie, mais bien perpendiculairement à celle-ci. lin considérant de lace la branche sur laquelle s'est fixé l'Insecte, ce n'est donc pas de lace que celui-ci se montrera, mais bien par son extrémité caudale. Le mâle est inconnu.

.T. Alzatc y Ramircz, MemoHa acerca del ctmbar amarillo (Karabe o succino), >j de la i/oma lacca (résina). Gaceta de literatura. Mexico, 20 de febrero o 1790. Réimprimé dans La Naturaleza, VI, entrocas 21 v 22 AmemHce . 172, 1884. Voir p. 17!). " ""'"ice>

de P

Kermès vermilio Planchon, 1 864.

Celte Cochenille vit sur le Chêne garrouille {Quercus coccifera Linné), qui pousse dans toute la région méditerranéenne. Depuis l'antiquité]

elle est employée comme teinture et a joué en médecine un rôle considérable.

Le -mâle est inconnu. La femelle, dépourvue de pattes et d'antennes, a l'aspect d'une baie rouge, lisse et globuleuse, attachée aux petits rameaux. Au commencement de mars, elle est plus petite qu'un grain de Millet; en avril, elle atteint déjà un diamètre de 5 à 8 millimètres et est de la grosseur d'une groseille (fig. 689) ; elle est entièrement développée en mai. Elle pond alors de 1,800 à 2,500 œufs, puis meurt ; son cadavre reste au-dessus des œufs et les protège. Vers la fin de mai, les larves éclosent Fig. 0S9. - Kermès vermilio et se répandent sur les branches. Après sur un rameau de Garrouille. deux ou trois jours d'une vie très active,

elles se fixent sur une partie un peu tendre de la tige ou des rameaux ; elles demeurent alors immobiles et restent jusqu'au mois de mars sans se modifier notablement.

C'est cette Cochenille qui, recueillie avant l'éclosion des jeunes, puis desséchée, est connue sous les noms de Kermès animal, Kermès végétal, (/raine de Kermès, graine d'écarlate, grana chermes, baies de Karmésine, baies de Kermès, etc. Les plus anciens auteurs la signalent déjà et prônent ses vertus,' mais sa nature animale n'a été démontrée qu'en 1551 parQuiqueran de Beaujeu, évôque de Senez.

Jusqu'à la découverte de l'Amérique, le Kermès a servi

ORDRE DES I1RMIPTERES. *5E>

presque exclusivement à teindre la laine et la soie en pourpre et en écarlate; depuis, il a été en grande partie supplanté par h, Cochenille à carmin. Il semble avoir été employé dès l énoquela plus reculée, car ta IJible en fait mention; toutetois, il est bien difficile, lorsqu'il s'agit de l'Asie Mineure, de savoir si la teinture rouge était obtenue avec lui ou avec le Porphyrophore d'Arménie, dont il sera queslion plus loin.

Au point de vue chimique, Lassaignc lui a reconnu la plus grande analogie avec la Cochenille du Nopal : la matière colorante est très analogue, sinon identique, à la carminé, qui se trouve dans cette dernière espèce; à côté d'elle, on trouve encore la coccine ou zoococcine, matière albuminoïde identique encore à celle que Pelletier et Cavenlou ont signalée comme formant la base et constituant la chair de Coccus cacti.

Déchu de sa splendeur au point de vue industriel, le Kermès ne l'est pas moins au point de vue médical. Et pourtant, on peut affirmer qu'aucun médicament ne fut jamais aussi fameux. Son histoire se divise en deux périodes, la première étant antérieure à Mesué.

Pendant la première période, on l'emploie pour l'usage externe et ne met à profit que ses propriétés astringentes ou légèrement amères. Dioscoride l'apprécie en ces termes : « Vis huic aslringere cujus ratione vulneribus nervisque sauciatis tritum ex aceto convenienter imponitur. » A l'époque de Pline, on l'appliquait sur les plaies récentes ou bien on l'instillait dans l'œil injecté de sang : « Coccum ilicis vulneribus recentibus ex aceto imponitur. Epiphoris ex aqua, et oculis suffusis sanguine, instillatur. »

Au neuvième siècle, le Kermès prit tout d'un coup une importance exceptionnelle : Mesué composa son fameux électuaire, dans lequel il faisait entrer les substances les plus disparates, telles que la soie teinte avec la graine d'écarlate, le suc de pommes, l'eau de roses, l'ambre, le bois d'Aloès, le lapislazuli, le musc et l'or. Cette Confeclio alkermes eut un immense succès : il n'y avait point de maladie dans laquelle elle ne dût être héroïque. Elle régna en souveraine absolue pendant plu sieurs siècles, puis l'École de Montpellier, qui avait si puissamment contribué à son succès, s'avisa, vers 1580, d'en modifier la formule.

La Confeclio alkerme$ mohspeliensium eut son tour de gloire jusqu'en 1748, époque où Lemery proposa une Confeclio alkermes reformata, de laquelle il excluait la soie, l'eau de roses, le suc de pommes, l'or, les perles et le lapis-lazuli. 11 n'y avait plus qu'un pas à faire pour en arriver a l'usage pur et simple du sirop de Kermès; peu à peu, ce pas fut franchi et la Confeclio alkermes tomba de plus en plus dans l'oubli.

Que reste-t-il aujourd'hui de toute celte gloire? Plus rien, qu'un élixir qui se fabrique en Italie, et qui se sert encore sur les tables, à Florence el à Naples.

Gossyparia mannifera R. Bld, 1880.

Synonymie : Gossyparia manniparus Signoret, 1875.

Celle Cochenille se rencontre dans l'Asie Mineure, en Arménie et en Perse, sur les branches de Tamarix gallica, var. mannifera Ehrb.

Le mâle est encore inconnu. La femelle (fig. 690) est aptère, longue de 0mm,:i, molle, blanche, elliptique ; sa face inférieure est plane et glabre, sa face supérieure convexe, villeuse et divisée en douze segments, dont le premier est le plus grand. Antennes à neuf

Fig. 690. - Gossyparia mannifera, jeune rè- art|CleS ; Pall6S à 1mlT* nielle vue par la face dorsale et par la face articles ; deux yeux à la ventrale, d'après Ehrcnberg. base des antennes cl à la

face inférieure. Rostre

court, obtus, comprimé, à pointe dirigée entre la première paire de

pattes.

Les fines branches du Tamarix sont ordinairement recouvertes d'un nombre considérable d'Insectes; le long de ces branches coule un liquide semblable à du miel, formant çà cl là des gouttelettes qui tombent jusqu'à terre (fig. 691). Cette sorte de miel est connue des Arabes sous le nom de man. Angélus, en IG18, la signale sous le nom de guezengebin, c'est-à-dire, en persan, miel de Tamarix; il la fait provenir des environs de Bassora, en Arabie. Il y a lieu de penser que celle manne est

précisément celle dont se nourrissaient les Hébreux, conduits

marix sur lequel on la recueille est répandu à peu près par toute la Perse, mais il ne donnerail de la manne que dans la petite province de Khounçar. Si le fait est exact, il prouve sans cloute que la Cochenille a moins d'extension géographique que l'arbre qui la nourrit.

On admet généralement que la manne est

un suc limpide excrété

par la plante, sous l'in-

lluence de la piqûre des

Cochenilles ; mais il est

presque certain que des

observations nouvelles

viendront prouver

qu'elle n'est autre chose

qu'un miellat sécrété eh

abondance par l'innombrable colonie d'Insectes

qui a élu domicile sur

l'arbuste.

Berthelot a fait l'analyse d'un échantillon de manne arrivé fraîchement du Sinaï. Elle avait l'aspect d'un sirop jaunâtre, épais ; sa composition centésimale, abstraction faite des débris végétaux et de l'eau, était la suivante :

Saccharose 55 •

Sucre interverti (lévulose et glycose) 23

Dextrinc et produits analogues 20

Fig. 091 . — Branche de Tamarin chargée de Cochenilles et portant un amas de nianno, d'après Ehrenberg.

Ce savant publiait en môme temps l'analyse d'une autre sorte de manne provenant du Kurdistan, et recueillie dans les montagnes au

/,:i8 CLASSE DES INSECTES.

Ddrd-esl de Mossoul. Les Kurdes s'en servent sans la purifier et la mélangent à de la paie et même à de la viande. L'arbre qui la porte est fort différent du Tamarix, mais ne semble pas avoir été déterminé avec une précision suffisante. La composition de celte manne du Kurdistan était la suivante :

Saccharose (.j

Sucre interverti (lévulose et glycose) [g g

Dextrine et. produits analogues -j-)'-,

La composition des deux mannes est donc presque identique, bien qu'elles aient été recueillies sur des végétaux d'espèces fort différentes. C'est là un argument de valeur en faveur de l'opinion qui considère la manne comme une sécrétion de l'animal, comme une production exubérante de miellat.

En raison de la nature des substances qui entrent dans sa composition, on conçoit très bien que la manne puisse être prise comme aliment. On la récolte en petite quantité, pendant les mois de juin et de juillet, mais son emploi en médecine est des plus restreints. Les Arabes et les moines grecs la recueillent et la mangent avec le pain, comme on fait du miel; Angélus lui attribue les mêmes usages. Son prix, d'après Schlimmer, est moins élevé que celui de la manne du Cbône; aussi les confiseurs persans la recherchent-ils pour en faire des tablettes.

Coccus cacti Linné, 1740.

Cette Cochenille vil sur le Cactus nopal (Opuntia coccinellifera) et sur quelques autres Cactées (0. vulgaris, 0. lima); on l'y trouve à l'état de larve et de femelle adulte.

Le mâle (fig. 692, a) n'a guère qu'un millimètre de longueur. Il est d'un rouge intense, ses pattes et ses antennes sont brunes, ses deux ailes d'un gris blanchâtre. Les antennes ont 10 articles; les ailes, pourvues d'une seule nervure bifurquée, sont beaucoup plus longues que l'abdomen ; les balanciers font défaut. L'extrémité postérieure porte deux longs filaments qui sortent des filières.

La femelle adulte (fig. 092, b) est d'un brun rouge foncé ; elle est longue de 0 à 7, parfois même à 10 millimètres, large de 4 et épaisse de 2 à 3. Son corps est annelc et est parcouru par une sorte de carène dorsale. Les antennes sont courtes, coniques, à 7 articles. Elle sécrète par toute sa surface une matière cireuse blanche qui l'enduit comme d'une poussière cotonneuse, et qui, lorsqu'elle devient trop abondante, se dépose çà et là sous forme de petits amas sur les raquettes du Nopal (fig. 093).

Le mâle meurt aussitôt après l'accouplement. La femelle dépose

OnnitE DES HEMIPTERES.

ses œufs dans les amns colonneux, suivant les uns, Tait des petits vivants, suivant les autres, puis meurt à son tour : son rostre abandonne la plante et son cadavre tombe à terre.

Les larves ne sortent do leur nid colonneux qu'au bout d'une huitaine de jours : elles sont alors assez semblables à la mère, mais plus petites. Dans l'espace de deux semaines, elles ont subi toutes leurs mues et achevé leur croissance. Celle qui doit devenir une femelle s'est simplement fixée au Nopal et accomplit surplace ses métamorphoses. Celle qui doit devenir un m;'ile se construit au contraire, à l'aide de sa malière cireuse, une sorte de cocon ouvert en arrière : c'est là qu'elle accomplit ses dernières mues; l'Insecte parfait en sort à reculons au bout d'une huitaine de jours.

Avant la découverte de l'Amérique, les pjg, G92. — Coccus cacli.— Aztèques connaissaient déjà les propriétés a, mâle ; femelle, tinctoriales de la Cochenille du Nopal. A

l'exemple de Lopez de Comara, qui en fit le premier mention, en 1525, on la considéra comme une graine, jusqu'au jour où le P. Plumier, en lfi6(i, vint prétendre que c'était un Insecte voisin des Punaises. Le

Fig. 093. — Raquettes de Nopal portant des Cochenilles.

fait fut mis hors de doute, quand de Ruusschcr eut publié, en 1720, les curieux documents qu'il avait recueillis.

Au Mexique et dans les pays où elle a été introduite, par exemple aux Canaries, la Cochenille à carmin est l'objet d'une culture ana-

loguc à celle du Ver à soie. Celle culture a perdu beaucoup de sou

importance, depuis la découverte des couleurs d'aniline.

Quand la Cochenille est mûre, c'est-à-dire bien adulte, on procède à la moisson. On brise les branches des Cactus, puis on les brosse avec un petit balai, de manière à détacher les Insectes qui y sont fixés. Ceux-ci sont alors disposés sur des claies par couches d'une faible épaisseur, puis desséchés ou torréfiés à une température d'environ -40°. Dès que la Cochenille est convenablement desséchée, on procède à son nettoyage : on se sert pour cela d'un tamis, qui la sépare des épines de Nopal et du feutrage blanc qui la recouvre. La Cochenille qui n'a pas servi à la reproduction, c'est-à-dire la plus grande parlie, garde une teinte argentée et constitue une sorte commerciale connue sous le nom àepla/eada. Celle, au contraire, qui a servi à la reproduction perd dans les diverses manipulations son feutrage blanc; elle est facilement reconnaissable à ce que son corps, vide des larves qui le remplissaient tout d'abord, s'est creusé après la ponte : on l'appelle Cochenille noire ou madrés.

En les considérant d'après leur provenance, et non plus d'après leur mode de préparation, on a distingué parmi les Cochenilles trois sortes commerciales : 1° la Cochenille meslèque ou fine (Grana fina ou Grana meslica), cultivée à Meslèque dans la République de Honduras; 2° la Cochenille noire; 3° la Cochenille sylvestre {Grana silocstra), qui n'est point le résultat de la culture, mais qui s'est librement développée sur des Cactus sauvages.

La Cochenille est recherchée pour la belle couleur rouge qu'elle produit et dont les applications sont sans nombre dans les arts, dans la peinture, dans l'industrie. Cette couleur, le carmin, intéresse aussi au plus haut point l'histologiste, qui trouve en elle un auxiliaire précieux, depuis que Gerlacb, en 1858, a découvert la sélection donl ses dissolutions ammoniacales sont douées vis-à-vis des éléments anatomiques.

l'our extraire le carmin de la Cochenille, on réduit celle-ci en poudre, on l'additionne d'un sel minéral, tel que le salpêtre, on fait bouillir avec de l'eau et on filtre; si la liqueur est suffisamment concentrée, le carmin se dépose au bout de quelque temps : c'est l'acide carminiqub brut, qu'ont découvert Pelletier et Caventou.

ORDRE DES UÈMIPTÊRÉS. 401

Cet acide cristallise en aiguilles agglomérées, d'une saveur nettement acidulée ; c'est une sorte de glucoside qui se dédouble facilement par hydratation en un corps C«H"0» ou C°H2 (OH)* (CH:)) CO'IJ, le rouge de carmin, et une matière sucrée dépourvue de pouvoir rotatoire.

A l'époque où le Kermès obtenait en médecine l'immense faveur que l'on sait, la Cochenille du Nopal était elle-môme communément employée; toutefois, elle fut toujours bien loin d'avoir la vogue de la graine d'écarlate. A présent, on a bien oublié les propriétés thérapeutiques qui lui avaient été empiriquement attribuées : on ne se souvient plus que Hcrnandez la recommandait comme cordial, que Delius la conseillait dans les maladies exanthématiques, que Lister, Struve et d'autres la préconisaient comme lithontriplique, comme diapliorélique et diurétique. Dès 1813, Chaumeton fait observer que la Cochenille était déjà chassée à peu près complètement de la matière médicale et qu'elle n'était plus employée que pour ses propriétés tinctoriales, pour donner un aspect agréable aux préparations pharmaceutiques. Toutefois, celte exclusion serait trop absolue; Laboulbène dit qu'elle rend quelques services contre les quintes spasmodiques de la toux nerveuse et 0. Larcher la prescrit avec succès dans le spasme convulsif de l'appareil respiratoire, dans les accès d'asthme nerveux, contre les quintes convulsives de la coqueluche.

Llaveia axin Signoret, 1875.

Synonymie : Coccus adipofera S. Dondé Ibarra, 188:i.

L'Axin vit, au Mexique, sur des arbres appartenant à des familles très diverses : aux Légumineuses {Erythnna), aux Euphorbiacées {Jalropha curcas), aux Rutacées [Zanthoxylum clava-Herculis); il affectionne tout spécialement les Térébinthacées et s'observe sur certains Schinus et sur un assez grand nombre de Spondias (Sp. myrobalanus, Sp. mombin, Sp. rubra).

Le mâle est une petite Mouche rouge, longue de 15 millimètres, et pourvue de deux ailes à trois nervures. Il présente deux yeux noirs et deux antennes filiformes à 18 articles. L'abdomen est terminé par 6 à 8 longues soies.

La femelle est le géant des Coccides. Elle est longue de 19 à 2b et môme à 30 millimètres, large de 12 à 15 et épaisse de 7. Elle est recouverte d'une sorte d'épaisse bourre blanche, ressemblant à de la farine, et qui, si on l'enlève, se régénère rapidement. Cette couche de cire étant enlevée, on voit que l'animal est d'une couleur rose uniforme ; dans l'alcool, il prend une teinte rouge vermillon. Les pattes a S articles, les antennes à 10 articles et le rostre sont d'un gris noi-

rftlro; les ailes font défaut. L'abdomen est. formé de neuf anneaux; I anus s ouvre à lu face supérieure, immédiatement en arrière du huitième anneau.

La femelle n'atteint son complet développement qu'en novembre ou décembre. Elle s'enveloppe alors d'un cocon blanc, soyeux, mou et rriable, à l'intérieur duquel elle pond environ t,:;00 œufs; ceux-ci donneront naissance aux larves au mois d'avril suivant.

La larve, étudiée par Alfred Dugès, est d'un rouge obscur, avec les extrémités noirâtres. Elle est velue et porte en arrière cinq poils plus grands et plus forts. Les antennes ont 7 articles; les pâlies en ont quatre, dont le dernier porte une seule griffe. Elle ne mue qu'une seule fois, en juillet ou août, et celte mue coïncide avec le passage à l'état parfait.

Quand elles sont arrivées à leur complet développement, mais avant le moment de la ponte, on recueille les femelles et on procède à l'extraction de la graisse qui s'est accumulée dans leurs tissus. On lave d'abord les Insectes à l'eau froide, puis on les jette dans l'eau bouillante et on maintient l'ébullition jusqu'à ce qu'ils tombent en bouillie. On les exprime alors, on abandonne le liquide pendant vingt-quatre heures, puis on décante la graisse qui surnage : celle-ci est lavée de nouveau, chauffée jusqu'à ce que l'humidité disparaisse, puis finalement tamisée.

On extrait ainsi des Cochenilles de 26 à 28 p. 100 de leur poids d'une graisse connue sous le nom d'axine. Récemment préparée, elle a la consistance du beurre; elle a une odeur sut generis, analogue à celle de l'axonge rance; sa couleur est d'un beau jaune ou d'un jaune plus ou moins obscur. L'axine joue un rôle important dans la médecine populaire mexicaine. Les Aztèques l'utilisaient déjà et l'usage s'en est perpétué jusqu'à nos jours; elle se vend communément dans les drogueries et les pharmacies du Yucatan.

L'axine fond vers 36°. Insoluble dans l'eau et dans l'alcool froid, à peine soluble dans l'alcool bouillant, elle se dissoul dans le bisulfure de carbone, l'éther, l'essence de térébenthine, la benzine, le chloroforme. Elle devient insoluble dans tous ces réactifs, quand elle a élé exposée à l'air: dans ces conditions, elle se recouvre immédiatement, par oxydation, d'une pellicule fortement ridée, qui protège les parties sous-jacentes contre l'accès de l'air et par conséquent contre toute

ORDRE DES HEMIPTERES.

nouvelle oxydation; mais si on a soin d'enfoncer celle pellicule dans la masse, bu fur el à mesure qu'elle se l'orme, l'axine se transforme loul entière en une substance résineuse insoluble et infusiblc. Celle transformation est le fait de l'acide axinique, CwBa,0*, dont il va cire question.

L'axine développe, par la distillation sèche, une forte odeur d'acroléine, preuve évidente de la présence de la glycérine. Elle se saponifie aisément el donne de l'acide laurique ou laurosléarique, associé à une petite quantité d'acide stéarique ou d'acide palmilique. En décomposant par l'acide chlorhydrique, dans un courant d'air, la partie du savon de potasse qui est restée en dissolution dans l'alcool, on obtient l'acide axinique, qui est de consistance huileuse. Môme à 0°, il absorbe l'oxygène avec une 1res grande avidité et se recouvre rapidement de la pellicule blanche dont nous avons déjà parlé; il esl insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool et l'élher. Les produits de son oxydation à l'air seraient l'acide hypogéique et une substance mal définie, Vagénine, dont la formule n'a pas élé déterminée.

L'axine est la substance huileuse la plus siccative que l'on connaisse. Elle constitue un excellent vernis pour le bois, les métaux, la porcelaine, etc. Sa solution dans la térébenthine peut être d'un grand avantage dans les arts, si on lui incorpore des couleurs fines. Cette substance a encore la propriété de rendre les objets absolument imperméables, sans rien leur enlever de leur souplesse. A l'instigation du gouvernement, la culture de l'Axin est en train de se développer au Mexique et on peut prévoir que ce sera avant peu une source de richesses pou&ce pays.

p R>07^86ald' L AXin °" CuC,ienille " 9raisse- Rcvuc scientifique, XXXVII,

Porphyrophora polonica Burmeisler, 1832.

« La femelle esl semi-globuleuse, d'une grandeur de 7 millimètres sur 4 de largeur, d'un brun noirâtre qui devientd'un beau rouge pourpre dans la potasse; elle est recouverte d'une rare, très fine et longue pubescence. Les pattes, déformées, sont très courtes, épaisses, propres a ouïr, et présentent un crochet excessivement développé, creusé eu dedans et dentelé. » (Signoret). La femelle est aplère, mais le maie, de très petite taille, porte deux ailes délicates.

L'œuf donne naissance h une larve qui se fixe aux racines de certaines plantes telles que Pohjgonum cocciferum, Scieront hus perennis Werniarta gtebra. Devenue immobile, celte larve accomplit ses mues et le vieux tégument, au lieu de lomber, reste autour d'elle et l'en

*»« CLASSE DRE LNSBCTËSr.

globe. Au bout d'un certain temps, lorsque la larve a achevé sou évolution, la coque se l'end cl l'on en voit sortir l'animal parfait. La femelle est d'abord mobile, puis se contracte, se recouvre sur toute son étendue d'un duvet blanc, pond ses œufs et meurt.

Cette Cochenille se rencontre dans toute la Pologne, dans une grande partie de la Russie (Ukraine, Podolie, Volhynie, Lithuanïe) dans l'Allemagne du Nord-Est, en Hongrie, en Suède. Elle a joué à une certaine époque, en tant que matière tinctoriale, un rôle presque aussi considérable que celui du Kermès. Au point de vue médical, elle a été un succédané de ce dernier, dont on lui attribuait les vertus merveilleuses et, dans les pays du Nord, dont le Kermès n'est point originaire, on la faisait entrer dans la confection alkermès.

Porphyrophora Hameli Targioni-Tozzelli.

Cette espèce vit en Arménie, dans la province d'Erivan et dans la vallée de l'Araxes, sur les racines de Poa pungéns. Elle est très voisine de la précédente, mais notablement plus grosse, et est, à poids égal, plus riche en matière colorante. Elle a joué un rôle important dans le commerce de l'Orient, jusqu'au jour où l'introduction en Europe de la Cochenille américaine vint la plonger dans l'oubli, en tuant l'industrie dont elle était l'objet.

R. Blanchard, Les Coecidés utiles. Thèse d'agrégation, 1883. Bulletin do la Soc. Zool. de France, VIII, p. 217, 1883.

E. Witlaczil, Zur Morphologie und Annlomie (1er Cocciden. Z. f. w. '/,., XLIII, p. 1 49, 188G. — Id., Der Saitgappavat der Phytophthives, Zoolog. Anzeiger, IX, p. 10, 188C. *

Les Aphides ou Pucerons ont de longues antennes à S ou 7 articles, un rostre triarliculé et deux paires d'ailes transparentes; ces dernières manquent parfois chez la femelle, plus rarement chez le mâle. Beaucoup d'entre eux portent à la face supérieure de l'abdomen deux tubes par lesquels vient sourdre un liquide sucré dont les Fourmis se montrent très friandes.

La reproduction de ces Insectes présente des particularités très remarquables. En automne, on trouve des Pucerons des deux sexes; les mâles sont ailés, les femelles généralement aptères. Ces dernières pondent sur les liges des œufs fécondés qui éclosent au printemps : les animaux qui en sortent sont tous des femelles, généralement ailées. Au bout de 10 à 12 jours, celles-ci ont pris tout leur accroissement; elles commencent alors à mettre au monde par parthénogenèse, c'est-à-dire sans fécondation préalable, des petits vivants; chacune donne naissance en moyenne à 90 jeunes, à raison de 3, 4,

onnnE des hémiptères.

h fi nu 7 bar jour. Tous ces jeunes sont encore des femelles, qui Liennen aptes à la reproduction aussi rapidement que leur mère. On voit ainsi «.i à 1 1 générations de femelle* se succéder pendant le cours de la belle saison. La dernière génération, qui se montre au commencement de la mauvaise saison, donne naissance tout à la fois à des mâles et à des femelles ovipares.

I a fécondité de ces animaux est extrême : à supposer qu il y ail 10 générations successives, dont tous les individus viennent à bien et que chaque femelle vivipare produise 90 jeunes, une femelle pro-

CLcjuch I

Fig. G94. — Phylloxéra vastatrix. — l, œuf de femelle againe; 2, larve; 3, femelle agame, aptère, vue en dessous; 4, la même, vue en dessus; b, nymphe avec des rudiments d'ailes; 6, femelle ailée; 7, œuf mâle; 8, œuf femelle; 9, individu sexué mâle ; 10, individu sexué femelle.

venant de l'œuf d'hiver est annuellement la souche de plus de 7 quintillions de descendants!

Les Pucerons vivent en groupes nombreux sur les racines, les tiges ou les feuilles des végétaux dont ils amènent le dépérissement par leur succion : ce sont, malgré leur taille minime, des animaux extrêmement nuisibles; on ne connaît que trop les ravages incalculables causés parle Phylloxéra de la Vigne (fig. 691).

La piqûre de quelques espèces produit, sur diverses parties des plantes, une irritation qui a pour conséquence une hypertrophie et un soulèvement des tissus autour de l'Insecte. Les bords de ce bourrelet se rejoignent, puis se fusionnent et ainsi lii.ANciiAHD. — Zool. méd. II. — U0

se forme une coque ou fausse galle, production vésiculeuse d'aspect et de dimensions très variables. Cependant, le l'uce. ron qui y est renfermé s'est multiplié par voie agame et a été le point de départ de générations successives qu'on retrouve à l'intérieur de la coque. Celle-ci va sans cesse en augmentant de taille, par suite de l'irritation produite par la piqûre de ses habitants et tant que les sucs circulenl clans la plante; sa croissance prend lin quand, la période de végétation touchant à son

Kg. G95. — Formes diverses des galles de Chine.

terme, il naît des Pucerons sexués qui percent sa paroi pour s'accoupler au dehors.

On utilise en médecine et dans l'industrie un certain nombre de coques, à cause du tannin qu'elles contiennent; en général, les Pucerons qui les produisent ne sont qu'imparfaitement connus.

Apliis ehiiiensisBeU, 1848, produit sur les feuilles d'un Sumac llhns semialata Murray, var. Osbecki DC.) de la Chine, du Japon et du nord de l'Inde, des coques irrégulières mesurant de .'} à G centimètres suri à 3 (fig. 695). Ces coques, connues sous le nom de galles de Chine ou du Japon ou encore sous le nom chinois Ou-poey-lse, fournissent de 65 à 95 p. 100 d'un tannin qui, suivant Stenhouse, serait identique à celui de la galle

ORDRE DES HÉMIPTÈRES. *Bl d'Aleo Elles sont utilisées en Europe pour la fabrication des acides "tannique et gallique ; les Chinois les emploient pour la teinture ou, en médecine, comme astringent.

A un Telraneura sont dues les galles du Lcnslique, développées sur les feuilles elles jeunes branches (flg. 696). Ce sont, au contraire, des Pemphigus, suivant Passerini et Derbès, qui produisent les galles du Térébinthe. Ces galles des Pistachiers

Fig. G9iJ. — Rameau de Pùlacia lentiseus portant dos gallos.

sont encore mal connues; on en distingue plusieurs sortes commerciales.

Le caroube de Judée ou pomme de Sodome (lig. 697) est long de 16 à 18 centimètres et large de 30 à 35 millimètres; c'est une galle siliquiforme, rouge, à odeur térébinthacée, à saveur astringente.

Les galles de Bokhara (fig. 698) sont plus ou moins globuleuses, simples ou lobées, de couleur rougeâtre ou brunâtre et du volume d'une petite cerise; on les importe dans l'Inde, où on leur donne le nom de gool i pistah ou de baisonges, de l'hin-

*b8 CLASSE DES 1NSECTRS.

douslani bazghanj. C'est elles, pensons-nous, que signale

Schlimmer comme poussant sur le Pistachier du Khoràçan el

Fig. G97. — Galles de Pistacia ierebinthus ou caroubes de Judée.

comme étant « très abondantes dans les bazars de Téhéran et de Yèzde ; elles constituent l'objet d'un commerce important

et sont employées par les tanneurs et les teinturiers du pays. »

C'est encore à un Puceron qu'on doit attribuer la formation, sur les feuilles de Terminalia chebula Gsertner, de galles d'un jaune verdâtre, longues de 23 à 30 millimètres et décrites par Dale et par Geoffroy, sous le nom de fèves du Bengale (fig. 699). Roxburg assure qu'elles sont très astringentes et aussi bonnes que la noix de galle pour la teinture en noir.

Fig. 098. — Galles de Bokhara.

L. Marchand, Des Tërcbinlliacées el. de ceux de leurs produits qui sont employés en pharmacie. Thèse d'agrégation de pharmacies. Paris, 1869.

ORDRE DBS BÉMtPTêltjSS.

Les Homoptères ou Cicadaives sont de plus grande taille que les Insectes précédents. Ils ont toujours deux paires d'ailes, généralement membraneuses; les antérieures sont parfois coriaces, non transpa-

Fig. (î'.)9. — Galles des Myrobalans.

renies et colorées. Le rostre a 3 articles, les antennes de 2 à 7, le tarse 3. La femelle possède un oviscapte, au moyen duquel elle pond ses œufs sous l'écorce des plantes.

Les Fulgorides habitent les régions chaudes de l'Amérique et de l'Asie. Le front se prolonge en une sorte de vessie qui, chez les

Fig. 700. — Fulr/ora. candelaria.

Fulgores (fig. 700), est aussi large que la tête et à peu près aussi longue que le corps ; on a cru longtemps, d'après les assertions 'de Meriam, que cette «lanterne » était lumineuse pendant la nuit. Chez beaucoup de ces Insectes, il se trouve, dans l'interstice des anneaux de l'abdomen, des glandes qui produisent une matière cireuse blanche; celle-ci est assez abondante chez'une espèce chinoise, Viola limita la, pour qu'on la trouve dans le commerce.

CLASSE DES INSKCTKS.

Les Cigales ont le corps épais, la tôle large cl courte, les ailes antérieures plus longues et plus étroites que les postérieures (lig. 701). Le mâle porte à la lare ventrale, entre le thorax et l'abdomen, un double appareil musical, bien étudié par Carlet; on doit le considérer comme destiné à attirer les femelles. Ces Insectes habitent encore les régions chaudes du globe; quelques-uns se rencontrent dans

Fig. 701.

Cicada omi.

l'Europe méridionale. Cicada plébeja et C. omi (tig. 701) vivent sur les Frênes : la piqûre que cette dernière produit sur les branches de Fraxinus ornus a pour conséquence l'écoulement d'un liquide sucré qui, en se durcissant, forme la manne. Cette substance s'obtient encore artificiellement, en pratiquant des incisions sur l'ôcorce.

Les Grecs, au dire d'Arislote et de Pline, considéraient les Cigales comme une délicate friandise. L'emploi de ces Insectescomme aliment a disparu de nos mœurs, mais i) s'observe encore actuellement chez diverses peuplades sauvages. Les indigènes de l'Australie mangent crues certaines Cigales qu'ils appellent (jalang galang ; dans les années de disette, les Indiens du Texas recherchent la Cigale de 17 ans [Cicada septemdecim); dans l'Afrique centrale, Giraud a vu les femmes et les enfants « passer leur journée à chasser sur les arbres des Cigales qu'ils faisaient ensuite rôtir sans môme leur couper les ailes. »

On a récemment attiré l'attention sur JJuec/n/s sangainea, en lui attribuant des propriétés vésicantes; Fumouze a reconnu l'inexactitude de cette opinion.

V. Giraud, Deux ans aux lacs de l'Afrique centrale. Revue scientifique, XXXV, p. 45G, 1885.

Arnaud et, Ch. Brongniart, Sur une Cigale vésiconte de la Chine et du Tonhin. Comptes vendus do l'Acad. dos sciences, CVI, p. 007, 1888.

A. Fumouze, Sur CHnechys sanguinea (Cicada sanguinolent a d'Olivier). Ibidem, p. 759.

Û&DRK DËS UÉMIPÏÊBES.

, Cs BÊTéloPTÈRBS ou Hémiptères proprement d.ls sont des llbyncho es Pourvus de deux paires d'ailes : les antérieures on hémirêlytres ir 8, coriaces et encroûtées de chitine dans leur mo.Lé bas.- " , membraneuses dans le reste de leur étendue : elles sont coudée horizontalement sur le dos; les postérieures sont membraneuses. Un certain nombre d'espèces sont aptères, soit dans les deux sexes, soit seulement chez le mâle.

Les Bydrocorises, CryptOCères ou Punaises d'eau sont représentées

Fi g. "02. — Nepa cinerea.

Fig. 703. — Notonccla glauca.

Fig. "04. — Corisa Geo/froyi.

par lesNèpes(fig.702),les iNotonectes (fig. 703) et lesCorises (fig. 704), dont plusieurs espèces sont communes dans nos ruisseaux et nos otiings.

Corisa mercenaria Say et C. fcmorala Guérin-Méneville sont en telle abondance dans les lacs de Chalco et de-Texcoco, au Mexique, que les Aztèques avaient eu l'idée de recueillir leurs œufs pour s'en nourrir ; cette coutume existe encore et a même été adoptée par les Espagnols. Pour se procurer ces œufs, on place verticalement dans le lac, à quelque distance du rivage, des fascines formées de Joncs pliés en deux ; au bout de douze à quinze jours, ces fascines sont entièrement recouvertes par la ponte des Corises : on les retire alors, on lès laisse sécher au soleil sur un drap, et les œufs se détachent facilement. Ces œufs sont ensuite tamisés et utilisés, sous le nom à' haut le ou ahuaulle, pour la préparation de gâteaux ou de galettes dont les Indiens sont très friands.

P. de la Llavc, El ahuautle. Registre trimestre. Mexico, 7 mayo 1832. Réimprimé dans La Naturaleza, VU, 1885. Apélidice, p. 74. Vallot. Comptes rendus de l'Acad. des sciences, XXIII, p. 774, I84G.

pLÀSgE DliS INSECTES.

Virlet d'Aoust, Sur des œufs d'Insectes servant à n,i;m,n,i,,<- i •o>»,neet donnant lieu à la formation dhttoheidam toïriÏÏÏtS très, au Mexique. Ibidem. XLV, p. 8(15 1857 nuieaire» lacus-

iêrlfdu^S:fp!!'f "'"n S'"' lr°h '"»»!'-

1 \ 'Z Kt,"' la Soc. cntomol. do

d M? m* T fj ? ! "• ,:X''VI"' B""- (,° la Soc- d'acclimatation, IV, p. 018, 185,. Journal do pharmacie, XXXIII p ;jô7 1 8 -, s

GuôWn-Monovillc et Virlet d'Aoust, Observations sur des œufs d'Insectes oui I3TÎ4). /"~"K * - Zoo-

Les Géocorises, Gymnocères ou Punaises terrestres comprennent un grand nombre de formes. Les Hydromètres (fig. 70S) appar-

l'ig. "05. — Limnobales stagnorum .

Fig, 70G. — Reduvius persottatus ot sa larve.

tiennent à ce groupe, bien qu'ils courent à la surface des ruisseaux et des eaux stagnantes.

Le Réduve masqué (fig. 706) vole dans les bois, où il chasse les Insectes; il vient pondre dans les habitations. Sa larve se dissimule en se couvrant de poussière et de détritus : grâce à ce déguisèment, elle peut attaquer d'autres Insectes, notamment la Punaise des lits, dont elle fait grand carnage.

Fig. 707. - Tetc de Réduve. — a, labre ; b, premier article du rostre; f, second article;'/, troisième article ; e, stemmate ; f, ocelle,

A l'aide de son rostre puissant (fig. 707), l'adulte est capable de piquer l'Homme et de provoquer des accidents qui ne manquent pas do gravité.

Lalreille fui atteint une fois à l'épaule et eut le bras engourdi pendant plusieurs heures. Mégnin a rapporté l'observation d'un

ORDRE PK'S rtfiftriPTÈBÉS. m peintre connu qui, en traversant un laillis, fut victime d'un lléduve qui lui était tombé dans le cou : en quelques minutes, il eut tout le torse couvert de piqûres tellement douloureuses qu'il en frissonnait; la sensation de démangeaison et de brûlure était insupportable.

Dans l'Amérique du sud, on connaît sous le nom de Bichuque ou de ffenchuca une espèce [Conorhinus nigrovarius) dont la piqûre est très redoutée et fait enfler d'une manière inquiétante le membre attaqué. Des accidents du môme genre sont causés par Reduvius amœnns, à Bornéo, et par serratus etli. entent us, aux Indes.

Darwin, Voyage d'un naturaliste. Paris. Voir p. 354. Laboulbèno. Annales de la Soc. entomol. de Franco, 1876. Bulletin, p. xxi. P. Mégnin, Accident cause par le Réduve masqué. Comptes rendu , de la Soc. de biologie, (8), IV, p. 563, 1887.

Les Punaises membraneuses ou Acanlhiades ont le corps aplati, les tarses biarliculés, le rostre triarliculé et appliqué dans une gouttière longitudinale creusée sous le Ihorax; le prolhorax, nettement distinct, présente des expansions membraneuses et parfois aussi l'abdomen. A ce groupe appartient la Punaise des lits.

Acanthia lectularia Fabricius, 1794, Synonymie : Cimex leclularius Merrett, 1667.

Cet Insecte (fig. 708 et 709) est de forme ovale, long de S millimètres, large de 3 millimètres, un peu rétréci en avant, très déprimé, à bords minces; il est d'un rouge brun clair ou de teinte ferrugineuse et porte des poils jaunâtres, courls et serrés.

La tête est losangique, munie de deux stemmates noirs arrondis, mais dépourvue d'ocelles, et porte deux antennes sétiformes quadriarticulées. Les ailes font défaut; toutefois, on voit sur le mésotho- Fis- 'os- — Aomthia rax deux lobes arrondis, qui sont des élytrès rudimenlaires. L'abdomen est frangé sur les bords; il a peu de consistance et s'écrase facilement sous les doigts. Les patles se terminent par deux forts crochets non accompagnés d'ambulacres.

Fig. 709. — Acanlliia ledit /aria grossie.

La femelle pond en mars, mai, juillet et septembre; elle émet chaque fois environ 50 œufs blanchâtres et cylindriques, longs de 1""'\12, qu'elle dépose dans les fentes les plus étroites

et les plus obscures des boiseries, des parquets, des bois de lit, des tentures. Les jeunes qui proviennent de la dernière ponte meurent généralement ; ils sont encore trop faibles quand surviennent les froids, et des individus plus âgés sont seuls capables de les supporter.

Le développement complet dure à peu près onze mois. Depuis le moment de sa naissance jusqu'à sa dernière mue, c'est-à-dire pendant toute la période larvaire, la jeune Punaise porte trois glandes cutanées odoriférantes, émettant une odeur infecte, qui occupent la partie médiane des trois premiers segments de l'abdomen et débouchent sur le bord postérieur du segment par deux orifices transversaux, situés do part et d'autre de la ligne médiane. A la dernière mue, cet appareil glandulaire s'atrophie et est alors remplacé par deux glandes qui viennent s'ouvrir, chacune par un orifice distinct, à la face inférieure du mélathorax, en dedans de l'insertion des pattes postérieures et de part et d'autre d'un prolongement du mésosternum qui s'étend entre celles-ci.

La Punaise des lits est essentiellement nocturne. La nuit venue, elle quitte sa retraite et commence sa chasse : quelque précaution qu'on prenne, l'abject animal, guidé sans doute par un odorat des plus subtils, finit toujours par atteindre sa victime, au besoin en se laissant tomber du plafond. Il enfonce son rostre dans la peau (fig. 710) ; sa piqûre détermine une vive douleur, et l'évacuation de sa salive irritante dans la plaie provoque un afflux de sang plus considérable, grâce auquel l'Insecte se gorge en peu d'instants. Quand il a lâché prise, l'endroit piqué est encore le siège

Fig. 710.— Tète à' Acanlliia lectularia vue par la face inférieure.

— a, rostre ; b, labre ; c, antennes ; <l, yeux.

&BDRE IH-:s tIÉMIPfiÊftBS. i7;i

d'une* vive démangeaison ; il est d'ailleurs reconnaissable à une zone rouge, large de (i à 8 millimètres et au centre de laquelle se voit le point d'implantation du rostre. A cela se bornent d'ordinaire les accidents, si ce n'est qu'on a vu plus d'une fois l'animal pénétrer dans l'oreille et, s'empôtrant dans le cérumen, occasionner les mômes inconvénients que tout autre corps étranger.

Km. Blanchard et d'autres auteurs sont d'avis que la Punaise des lits nous est venue d'Amérique, mais cette opinion est erronée, et il est indiscutable que l'Insecte était connu des anciens. Dans ses Nuées, Aristophane le signale sous le nom de xo'piî ; Aristote admet qu'il prend naissance dans la sueur de l'Homme. Pline en parle sous le nom de cimex, et Dioscoride, qui l'appelle xo'pi; à™ xXîvviç, lui attribue les vertus curalives les plus inattendues (1).

On ne le mentionne à Strasbourg qu'à partir du onzième siècle. Southall prétend qu'il était à peine connu à Londres avant 1670, et qu'il y aurait été introduit par les huguenots exilés; mais Moufet en donne, en i 634, une description complète et parle de deux dames de Londres qui, en 1303, auraient pris des piqûres de Punaises pour les premières atteintes de la peste.

Aujourd'hui, la Punaise est cosmopolite; les Européens l'ont transportée partout avec eux. Certains auteurs ont prétendu qu'aux Indes elle acquérait des ailes; le fait n'est pas impossible, mais ne saurait être admis sans vérification, en raison de ses habitudes sédentaires et quasi parasitaires.

Pline, Historia nnturalis, lib. XXIX, cap. 4.

Th. Moufet, Inseclorum sive minimorum animalium theatrum. Londoni, 1034. Voir lib. II, cap. 35, p. 2G9, De cumice.

Aldrovande, De anhnalibiis insedis libvi VII. Bonouiœ, 1G38. Voir lib. V, cap. 2, p. 534, De cimice.

C. W. Hahn und Herricli-Sclniffor, Die wanzenartigen hisec/en gelreu nacli derNatur abr/ebi/dei und beschrieben. Mirnberg, 9 vol., 1831-1853.

(i) « Cimices qui in cubilibus enascuntur, numéro septcni cura fabis in cibosadditi, étante acccssiones devorati, quartana laborantibus auxilio sunt. Quin et citra labas devorati, de morsis ab aspide prosunt. Vulvœ strangulatione effectas olfactu revocant. Ceterum sanguisugas cura vino aut aceto^oti pellunt. Tnti vcro ot urihariœ flstulœ irapositi, urinas difficultati medentur » (D.oscondes, De materm mndica, lib. II, cap. xxxvi, édition de Sarraccnius, P- 97.)

47,i CLASSE PES INSECTES.

Curtis, liritish etttomologu. London, 1835. Voir XII, h» 5U9.

L Laudois, Anatomie von Cimex lectularius mil Bertteà'iokOtttma verwandterHemxpterengeschUùhter. Z. C w. Z.,XV1IT, p. 206, 1868; XIX, p. 208, (869

fténocque, Observation de corps étrange de l'oreille externe. Comptes rendus do la Soc. de biologie, (G), 1, p. 282, 1871.

Noquot, Punaise fixée sur la membrane du tympan. Bulletin med du IXord, p. 536, 1881. Courrier médical, 4 fév. 1882.

.1. Kûnckol d'Herculais, La Punaise de lit et ses oppareils odoriférants De» glandes abdommates dorsales de la larve et de la nymphe; des glandes thoraciques stemales de l'adulte. Comptes rendus do l'Acad. des se,., CI1I p 81 1880. — Id., la Punaise de lit et ses appareils odoriférants. Changement de situation et de forme de ces appareils aux différents âges de l'Insecte Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), 111, p. 375, 188G. - Id., Recherches suites glandes odonfiques des Insectes hémiptères et particulièrement sur celles de la Punaise de 1,1. Mécanisme de la sécrétion. Valeur dans la classification. Assoc. franc, pour l'avancement dos sciences, XV, p. 528, 188G.

Nous mentionnons ci-après deux Punaises qui ont été considérées comme des espèces distinctes, mais qui, plus vraisemblablement, ne sont que des variétés de la précédente.

Acanthia ciliata Eversmann, 1841.

Punaise pubescente d'un gris roux, trouvée à Kasan. Eversmann en donne la description suivante:

« Mullo minor quam Acanthia lectularia. Corpus longe ovalum (longitudo 1 1/2 Iatitudinis) depressum planum rugulosum griseo-rufum opacum, undique pilis griscis vel lutescentibus hirsutiusculum, puisque lateralibus longioribus ciliatum.

« Acantbia haec, quaî ex nonnullis annis in pluribus urbis Casanensis domibus adparuit, non lanlum forma, sed etiam nalurà suà ab Acanthia lectularia diversa : non haeret socialis rimis et commissuris ut Acanlhia lectularia, sed singula; ambulant in mûris et cubiculi tegmenlis ; pigra est et tardis pedibus ingredittir; semper se habet in statu slupido, vel tanquam ut Insectum frigore torpidum. Illius punctura in corpore bumano lumores magnos et longe perdurantes producit, et magis dolorosa est quam punctura Acanthia; lectularia;, quod proboscide illius longiore facile intellectu. »

E. Eversmann ; Quxdom Inseclorum species nova, in ftossia orientait observalee. Bull, de la Soc. imp. des naturalistes de Moscou, XIV, p. 351, 1841.

Acanthia rotundata Signorel, 1852.

Cette Punaise (fig. 711 habile l'île de la Réunion; elle est un peu moins grande que celle des lits.

« Forme en général moins orbiculaire, couleur beaucoup plus

foncée et surtout prolhorax présentai des bords arrondis et non Snês comme dans l'espèce commune, ce qu> Un donne une

ZCZ^iTl^ est d'un brun rougealre, avec les ei;irc: PÏ clafrs, ainsi que le bord antérieur du orothorax. Pattes jaunes. »

et 2 a. 9

Au croupe des Géocorises appartiennent encore les Capsides (Cajms, .1/4), les l.ygéides [tygaeus, fig. 712; Geocoris), les Coréides

Fig. 711. — Aranthia rotundala grossie. Fig. 712. — Lygœus egueslris.

(Coreus, Alydus), et les Pentatomides [Pentatoma, Cydnus, Scutellera). Celte dernière famille comprend les Punaises grise et verte, si communes dans les jardins.

H. Wedde, Beitrâge sur Kenntniss des Rliyncho'enriissels . Inaug. Diss. Leipzig, 1885.

Ces animaux tirent leur nom de ce qu'ils ne possèdent qu'une seule paire d'ailes membraneuses, parcourues par des nervures dont la disposition est caractéristique des principaux groupes (fig. 727 et 747).

Les ailes postérieures sont transformées en deux petits boutons pédonculés, les balanciers ou haltères (fig. 703); ces organes, insérés sur les côtés du thorax, un peu en arrière du stigmate postérieur, ont pour rôle de maintenir l'Insecte en équilibre pendant le vol (Ptobineau-Desvoidy) ; à leur base se trouve un ganglion avec des terminaisons nerveuses, que Leydig considère comme un organe auditif.

— Ceria conopsuiites.

/l78 CLASSE DES INSECTES.

Si l'on coupe un seul balancier, l'animal peut encore prendre son essor, mais il ne vole plus que du côlé sain, tandis qu'il tend à tomber du côte opéré; sa chute ne se Tait guère attendre. Après la

section des deux balanciers, le Diptère ne peut plus voler; le lance-t-on en l'air, il ne peut plus s'y soutenir et il retombe aussitôt, presque toujours en tournant plusieurs fois sur luimême; il n'est plus capable que d'opérer des sauts analogues à ceux qu'il fait après l'ablation tolale des ailes.

La tôle des Diptères est articulée avec le thorax par un mince filament et est mobile latéralement. Elle porte deux gros yeux à facettes et, d'ordinaire trois ocelles; les slemmates sont nus ou velus; chez le mâle, ils se touchent souvent sur le vertex, mais ils restent séparés chez la femelle, ne fût-ce que par une étroite bande frontale. En raison de ce grand développement des yeux, la tôle se trouve divisée en deux régions, l'une inférieure ou épistome, l'autre supérieure ou épkrdne. Les antennes sont conformées de façon variable et servent ainsi à caractériser les différents groupes.

Les pièces de la bouche sont disposées pour sucer ou piquer.

Comme chez les Hémiptères, la lèvre inférieure est transformée en une trompe, appelée encore proboscis ou haustellum ; elle se termine par les deux paraglosses (fig. 71-i, b), parties charnues qui, vues de profil et au repos, simulent un peiit marteau et, vues de face et en action, représentent une ventouse. Les autres pièces sont transformées en soies perforantes et s'atrophient plus ou moins ; les mandibules n'existent plus chez les Syrphides; les mâchoires elles-mêmes ont disparu chez les Muscides, mais leurs palpes, ?', persistent. Le labre fait défaut; il est remplacé par Vépipliarynx, pièce qui n'est autre chose que le prolongement de la face dorsale du pharynx et à laquelle répond Yhypopharynx, prolongement de la face ventrale. Chez les Mouches, ces deux pièces se soudent en un canal, ep, par lequel s'écoule la salive. Kiinclcel et Gazagnaire ont décrit, à la face interne de la trompe, de délicates

Fig. 714- — Trompe de Tac/tina grossa. — a, trompe ; b, paraglosses ; cp, épipharynx ; /, palpes maxillaires.

terminaisons nerveuses représenlant l'organe do h gustation pâlies, pourvues d'un .rot-hunier eld'un tarse a cinq art.eles e ternit par deux grilles : entre celles-ci se vmf par ta une gn e accessoire, plus souvent encore deux ou trois pelotes ou puMUes en Lrl de semelles (fig. 7.5), dont la lace inférieure est couverte de

A.LC\in\tn\\

Fig. 71S. — Dernier article du tarse de Musca vomilaria, vu par la face inférieure et grossi 200 fois. — g, griffes; p, pulvilles couverts de petites ventouses.

milliers de ventouses pédonculées, grâce auxquelles les Diptères peuvent marcher sur les surraces les plus lisses et malgré les lois de la pesanteur.

Un étranglement notable s'observe entre le thorax et l'abdomen; celui-ci est sessile, rarement pédiculé, et se divise en 4 à 8 anneaux. Les organes sexuels font souvent saillie en arrière; l'oviducle est exsertile.

Les œufs sont pondus dans les milieux les plus divers, mais toujours dans des conditions telles que les larves trouvent de la nourriture à leur portée. Celles-ci, en effet, se rencontrent, suivant les cas, dans la terre, dans des substances organiques en décomposition ou môme dans l'eau; elles peuvent encore se développer dans divers organes des plantes, chez d'autres Insectes ou chez des animaux à sang chaud ou à sang froid. Elles sont apodes et progressent au moyen de mouvements de reptation; on les connaît sous le nom impropre de Vers. Elles subissent d'ordinaire une mue avant de passer à l'état de nymphe; quelquefois pourtant, et c'est le cas des Mouches, elles ne muent point : la nymphe prend alors le nom de pupe. Suivant qu'elles ont ou non une teinte distincte et suivant la

façon donl leur peau se déchire, les larves présentent d'importants caractères sur lesquels nous aurons à revenir.

Depuis Hope, on connaît sous le nom de myiasis ou de myase les accidents produits chez l'Homme par les larves de Diptères ou, plus simplement, le l'ait de la présence de ces larves dans l'organisme.

Les Diptères se divisent en quatre sous-ordres, les Aphaniplères, les Pupipares, les Brachycères et les Némalocères. Les cas de in vase' se rapportent tous au groupe des Brachycères.

Sous-orclro des Aphaniplères.

Les Aphaniplères, dont Degeer faisait l'ordre des Suceurs et Lalreille celui des Siphonaptères, sont des Diptères sauteurs et parasites. Le corps est comprimé latéralement. La tête, petite et intimement unie au prothorax, ne porte que deux ocelles, derrière lesquels se voient, insérées dans une fossette, de courtes antennes à 3 articles. Les trois segments thoraciques sont distincts, contrairement à ce qui a lieu chez les autres Diptères : en guise d'ailes, les deux derniers portent des appendices en forme de plaques. Les pattes sont puissantes et bien disposées pour le saut. L'abdomen comprend 9 segments, donl les arceaux dorsal et ventral ne sont pas soudés ; aussi cette partie du corps est-elle capable de subir parfois une énorme distension. Les métamorphoses sont complètes; les pièces buccales sont disposées pour la masticalion chez la larve, pour la succion chez l'adulte. Les nymphes se tissent un cocon soyeux.

Ces animaux sont parasites des Vertébrés à sang chaud ; la plupart vivent sur les Mammifères, quelques-uns sur les Oiseaux. On distingue deux familles, les Pulicides et les Sarcopsyllides.

Les Pulicides ont la tête petite, la fossette anlennaire parfois recouverte d'une lamelle chitineuse, les palpes labiaux quadriarliculés. La femelle n'est un parasite stalionnaire à aucune époque de son existence; son abdomen ne se dilate jamais au point de perdre sa forme primitive.

llyslrhhopsylla oblusiceps est aveugle et vit sur la Taupe et le Campagnol des champs. Le genre Typhlopsylla comprend huit espèces, aveugles ou à yeux rudimentaires, chez lesquelles la face inférieure de la tôle et du pronolum porte des épines chitineuses; ces animaux sont parasites des Chéiroptères, des Insectivores et des Rongeurs.

ORDRE DES DIPTÈRES. 481 Le semePulex a la 16 te arrondie supérieurement et pourvue d'yeux Une quinzaine d'espèces s'attaquent aux Carnassiers, aux Rongeurs, aux Oiseaux, ainsi qu'à quelques Ruminants, Édentés et Monolrèmes. Une espèce s'attaque à l'Homme.

Pulex irritans Linné, 1738.

Synonymie : Pulex nter Linné, 174G.

/'. vulgaris Degeer, 1778.

/'. hominis Dugès, 1832.

La Puce (flg. 716) a le corps ovale, aplati transversalement, caréné aux faces dorsale et ventrale ; sa couleur varie du brun rougeâtre au noir intense; les pattes sont un peu plus claires. Le mâle est long de 2 millimètres à 2""°, 5 et haut de lmm,5. La femelle ovigère est longue de 3 à 1 millimètres et haute de 2 millimètres. Ce ne sont là d'ailleurs que des dimensions moyennes, la taille pouvant subir de notables variations. Dugès a trouvé « sur la plage sablonneuse de la Méditerranée, au voisinage de Cette Fig> 716i pujex {tritonset de Montpellier, des Puces d'un brun

presque noir et d'une énorme grosseur; la Mouche commune n'est pas le double de leur taille. »

La tête, lisse et brillante, porte deux soies en avant de l'œil et une soie en arrière de la fossette antennaire ; elle n'a pas d'épines en dents de peigne et le prothorax en est également dépourvu. Le dernier article des antennes est profondément incisé à sa face antérieure.

Les pièces buccales sont disposées pour sucer. La lèvre supérieure manque; les mâchoires sont deux courtes lamelles, dont chacune porte à sa base un palpe quadriarliculé (fig. 717, pin). La lèvre inférieure est un organe impair à sa base, bifurqué à son extrémité et prolongé en deux palpes à 4 articles, pl; chacune de ses moitiés est excavée, en sorte que leur réunion constitue une gaine renfermant les autres pièces de la bouche. Les mandibules, md, sont allongées en forme de scies, dentées sur leurs bords et excavées à leur face interne : elles forment aussi une sorte de gouttière qui renfermé Blanchard. — Zool. raéd. II. — 3i

l'épipharytix ou langue, Is. Celle dernière pièce a la l'orme d'une gouttière ouverte intérieurement et dont le bord supérieur est constitué par une aréle dentée ; c'est elle qui représente le véritable appareil de succion.

Le bord postérieur de cbaque anneau du thorax et de l'abdomen est orné de 4 à y poils de chaque côté, dans la moitié supérieure ; les anneaux de l'abdomen en portent en outre 3 ou 4 à la face inférieure. Pour les pattes de la première paire, les 5 articles du tarse se rangent dans l'ordre suivant, en tenant compte de lu taille et en commençant par le plus court, 4, i, 3, 2 et o. L'ordre serait 4, 3, 1,2 et 5 pour les pattes de la seconde paire, et 4, 3, 2, ;i et t pour celles de la troisième paire ; chez ces dernières, les articles 2 et S sont de môme longueur. On voit une paire de stigmates sur les côtés de chaque anneau du thorax et de l'abdomen, à l'exception des deux derniers. Le neuvième ou dernier porte le cloaque qui, chez le mâle, s'ouvre à la face dorsale, en sorte que, lors de l'accouplement, la femelle doit monter sur le dos du mâle. Celui-ci possède d'ailleurs un appareil de fixation, constitué par deux lames aliformes.

La femelle pond dans les fentes des parquets et des tentures, dans le linge sale, dans les coins sales et poussiéreux, une douzaine d'œufs ovoïdes, blancs, longs de 0mm, 7, larges de 0mm,4. Au bout de fi jours en été, de 10 à 12 jours en hiver, il en sort une larve vermiforme, blanche, dont la tête porte deux yeux et une corne frontale, qui lui a

Fig. 717. — Pièces buccales de Pulex irritans. — Is, épiphai'ynx ; md, mandibules; pl, palpes labiaux; les mâchoires sont courtes et invisibles ; pm, leur palpe maxillaire.

Fig. 718. — Larve do Pulex felis très grossie, d'après Kiinckel.

servi à percer la coque de l'œuf (Hg. 718). lille est formée de 14 anneaux : le premier correspond à la tôle et porte une armature buccale complète, conformée pour broyer; les autres anneaux sont ornés sur les côlés de petites soies qui servent de point d'appui à l'animal et lui

OHDHE DES D1PTÈRKS. 483 permettent de ramper assez vivement ; le dernier présente deux pseudopodes. On vante souvent la sollicitude de la Puce pour ses larves, qu'elle nourrirait en dégorgeant du sang dans leur bouche , mais ce n'est là qu'une fable : la larve cherche ^rnr^ seule ses aliments et se nourrit de diverses ma- XU&jtfl tières organiques. Fig.719.— Nyiuplic

Vers le onzième jour après sa naissance, la larve de Puce, a atteint toute sa croissance : elle se lisse un petit cocon blanc, auquel adhèrent toutes sortes de détritus et de poussières, puis mue et se transforme en nymphe (fig. 719). Au bout de H jours, l'animal parfait sort du cocon.

Celui-là seul est parasite de l'Homme, dont il suce le sang; sa piqûre est connue de chacun, ainsi que la petite rougeur locale qui en résulte. Il s'observe jusque dans les maisons les mieux tenues et sur les personnes les plus soigneuses; on le rencontre dans l'univers entier.

Chez les animaux vieux ou malades, incapables de se débarrasser de leurs Puces, celles-ci pondent parfois leurs œufs dans le pelage. De même, Pulex irrilans peut pondre sur la peau d'individus très malpropres : Hebra et Kûchenmeister ont trouvé ses œufs sous les ongles, où ils avaient été amenés pâlie grattage. Castenschjold, de Nestved, Danemark, a même vu les larves vivre dans les squames et à la surface des érosions produites parle grattage, chez une femme atteinte de psoriasis et vivant dans la plus grande saleté ; l'observation est rapportée par Bergh, quia vu ces larves se métamorphoser et a pu ainsi déterminer leur nature.

0. Taschenberg, Die Flôhe. Die Arten dur bisectenordung Suctoria nach ihrem Chitinskelet monographisch dargestettt. Halle, in-4" de 120 p., 1880, — A consulter pour la bibliographie des Aphaniptôres.

R. Bergh, To sjeldene tilfxlde af pseudoparas iter hos Mennesket. Hospitalstidende, 1885. — Id., Die Flohlarve als Pseudoparasit des Menschen. Monatshefte fur prakt. Dermatologie, IV, p. 209, 1885.

Les Puces ne quittent pas volontiers l'espèce animale sur laquelle elles vivent habituellement; pourtant, Pulex irrilans peut se rencontrer accidentellement sur les animaux domestiques ; de même, la Puce du Chien ou d'un autre animal peut s'établir passagèrement sur l'Homme. Le tableau suivant permettra de déterminer les principales espèces, savoir: Pulex irritant, de l'Homme; P. globiceps du

enard et du Blaireau; P. melis, du Blaireau; P. sciurorum, de l'Écu-

reuil; P. avium, des Oiseaux; P. serratireps, du Chien; P. aïnacei, du Hérisson ; P. goniocephalus du Lapin et du Lièvre.

Épines en dents de peigne au bord postérieur

du prothorax

manquent. 8e article des antennes

existent.

Peigne à la face inférieure de la tête

manque.

Peigne du prothorax avec

existe. Tête

incisé Pui.ex ihmtans.

en cône de pin p. globicbps.

18 épines.. 5mm P. meus.

Corps ,mm , .

long de / 1 .„„',? . d „

b 3""», 5.. P. BCIUROBDH.

24 à 21! épines P. avium.

arrondie.

Prothorax

portant ] de chaque | côté

7 à 9 épines.. . .

P. SERHATICEPS.

3 épines. P. ehinacei.

[anguleuse. Prothorax avec G épines de chaque côté P. goniocephalus.

Les Sarcopsyllides sont plus petits que les Pulicides; la lète est relativement grosse; les anneaux thoraciques sont très étroits. Le mâle est toujours libre. La femelle fécondée se creuse un abri dans la peau d'un Vertébré à sang chaud et y acquiert des dimensions considérables, par suite de l'augmentation de volume de son abdomen (Sarcopsylla); ou bien elle se fixe simplement à la peau, à la façon des Ixodes, et son abdomen reste vermiforme et distinctement articulé (Rhynchopsylla, Hebninthopsylla). Toutes les espèces sont extra-européennes.

Rhynchopsylla pulex Haller a été trouvé sur la paupière et la membrane clignotante d'un Perroquet, ainsi qu'à la région auriculaire d'un Chéiroptère du Brésil.

Helminthopsylla (Vermipsylla) Alakurt Schimk. se trouve dans le Turkestan sur le Cheval, le Bœuf, le Mouton et le Chameau.

Wl. Schimkiewitsch, Ueber eine new Gattung der Sarcopsyllids Fatnilie Zoolog. Anzeiger, VIII, p. 7G, 1885.

Sarcopsylla penetrans Westwood, i840.

Synonymie : Pulex minimus cutem penetrans Catesbay, 1743. P. minutissimus nigricans Barrère, 1743.

Acnrus fuscus sub cutem nidulans P. Brown, 1756. Pulex penetrans Linné, 1758.

Rhynchoprion penetrans Oken, 18(5.

Sarcopsylla canis Westwood, 1840.

Dermatophiliis penetrans Guérin-Mé evill- , 1843.

I , Chiaue (1) diffère de la Puce par sa taille plus petite, par Sll tôle relativement plus grosse, par ses pattes postérieures moins allongées; sa couleur est roussâlre ou d un brun rou-

geàtre. , r Q„

Le mâle mesure à peine 1 millimètre de longueur. La fe-

Fig. 720. — Sarcopsylla pénétrons, fomelle libre, très grossie, d'après Karsten,

melle à jeun et non fécondée (fig. 720) est à peu près de même taille, bien qu'un peu plus grande. La tête présente une face supérieure oblique en avant, couverte de poils courts, et une face inférieure oblique de baut en bas et d'avant en arrière et réunie à la précédente presque à angle aigu. L'œil est situé à la partie antérieure de la tête, au bord de la fossette renfermant l'antenne; le dernier article de celle-ci est oviforme et effilé en pédicule à sa base.

Les mâchoires (fig. 721) sont larges, quadrilatères et si petites qu'elles dépassent à peine la surface de la tête et peuvent passer aisément inaperçues. Leurs palpes, me, sont longs, velus et quadriarticulés. Les mandibules, mn, sont plus longues que les palpes maxil-

(I) Les autres noms vulgaires de la Chique sont utiles à connaître. Ou l'appelle Puce pénétrante aux Antilles et ii la Guyane ; nigua au Mexique ; pigue, pique, pico au Pérou; biclio, bicho dos pôs, bicho de cachorro, tuuga, jatecuba, migorau Brésil; sand-flea, chego, chegoe, cbigger aux États-Unis. Les Indiens du Brésil l'appellent tunga, tom, toD, sico; les Abipons, aagrani. C'est In Sandfloh des Allemands,

laires, mais à peine plus longues que la tôle; elles n'ont donc point la longueur de l'animal lui-môme, contrairement aux assertions de Linné et de Westwood. Elles sont d'ailleurs conformées comme chez

la Puce, ainsi que l'épipharyux, ha, et la lèvre inférieure; toutefois, les palpes labiaux, li, ne sont pas annelés.

Les trois anneaux du thorax sont très réduits. Le métathorax porte deux grandes écailles alaires.

ornées chacune de deux

Pi„ »„, n-j. i , , t. soies. Les cinq articles du

l'ig. 721. — Pièces buccales de Harcopsylla , ' ,

penetrmu. - li, lèvre inférieure et ses tarse se rangent dans l'orpalpes ; h», épipbarynx; me, palpes maxil- dre suivant, en commenlaires; mn, mandibules. çant par le plus court :

2, 3, 4, 1 et b, pour la première paire de pattes, les articles 2, 3 et 4 étant d'égale taille; 4, 3, 1, 2 et 5 pour la seconde paire et4, 3, 2, 1 et 3 pour la Iroisiôme paire; ces articles portent tous de longues soies claires à leur extrémité distale; le tarse se termine par deux griffes minces et effilées.

L'abdomen est ovale et représente les deux tiers de la longueur totale. Chez le mâle, chacun des sept premiers anneaux présente, dans sa partie supérieure, un stigmate surmonté d'une courte soie; chez la femelle, ces orifices manquent sur le second et le troisième anneaux : ils sont très larges sur les quatre anneaux suivants. Les derniers anneaux n'offrent rien de particulier chez la femelle, mais sont modifiés chez le mâle, par suite de la présence de deux pinces, configurées comme celles du Crabe et destinées à favoriser la copulation et à saisir la femelle.

Bonnet a observé l'accouplement; il le décrit en ces termes : « Le mâle étant le plus fort a l'initiative ; il se place d'abord sur le dos de la femelle (son rostre étant tourné vers l'anus de celle-ci) et se laisse glisser ensuite jusqu'à ce qu'il puisse saisir par ses pinces anales les deux valves qui, chez la femelle, débordent de chaque côté du cloaque. Une fois la pénétration du pénis opérée, on voit les ailerons péniens au dehors, les valves inférieures appliquées contre l'abdomen de la femelle et les supérieures coudées à angle droit. Les Chiques restent ainsi accolées anus contre anus pendant huit à dix minutes. Elles se maintiennent dans cette position en se cramponnant avec leurs pattes. On voit souvent le mâle, qui retient toujours la femelle au moyen de ses pinces, l'entraîner à sa suite. «

, 6 mâlfl el hl femelle non fécondée sont des parasites libres : ils ne passent snr l'Homme que pour se gorger de sang, comme ZI l i Puce La femelle fécondée se comporte tout autrement: elle se porte soit sur l'Homme soit sur un animal (Chien, Porc Singe, Oiseau) el s'y fixe définitivement. Elle choisit un endroit où l'épiderme est tout à la foisépais.làcheetmou.par

exemple comme dans la région qui circonscrit les ongles, les griffes ou les sabots. Comme elle vit à terre, elle se trouve tout naturellement à portée de ces régions de prédilection, et l'on conçoit ainsi qu'elle

s'y fixe de préférence ; tou- „ ru

J ^ . Fig. 722. — Sarcopsylla pénétrant, fnraelle

terois, elle ne dédaigne fixée, très grossie, d'après Karsten. point les autres parties du

corps et peut s'observer partout ailleurs qu'aux orteils ou qu'aux pieds.

Grâce à son armature buccale, la femelle s'enfonce obliquement dans l'épiderme, puis dans le derme, où sa pénétration s'accompagne d'une démangeaison légère et intermittente et où elle se fixe désormais. Elle exerce une succion sur les capillaires des papilles dermiques et détourne à son profit une partie des sucs que ceux-ci apportaient aux tissus voisins ; il s'organiserait même tout autour du parasite, si l'on en croit Guyon, une membrane richement vascularisée, qui reste au fond de la plaie quand on vient à extirper l'Insecte.

Nourri abondamment, celui-ci ne tarde pas à grossir : la tête et le thorax ne subissent aucune modilication, mais l'abdomen, par suite du développement progressif des œufs, se comporte comme chez Pediculoïdes ventricosus: il distend de plus en plus et décolle insensiblement l'épiderme, creusant ainsi entre ce dernier et le derme une logette qui puisse le contenir. La dilatation se fait uniquement aux dépens du second et du troisième anneaux de l'abdomen ; l'anneau qui précède et ceux qui suivent gardent leur taille primitive. Karsten assure que le tube digestif et les trachées subissent alors une régression; ces.

dernières perdent leur structure spiralôe et épaississent leurs parois; ces modifications débutent par les plus fines branches, puis gagnent progressivement les plus gros troncs, qui prennent parfois un aspect poreux.

Les derniers anneaux s'enfoncent à la façon d'un coin dans l'orifice par lequel l'animal s'était introduit dans la peau, en sorte que l'anus et au moins la dernière paire de stigmates sont en contact avec l'air. La présence du parasite est alors indiquée par une tumeur arrondie, circonscrite par l'épiderme et percée d'un trou à son sommet; la portion d'abdomen qui s'y montre passe insensiblement du blanc de lait au gris perle.

Par suite de sa distension, la peau devient douloureuse et s'enflamme; les tissus qui entourent le parasite s'enflamment à leur tour, s'infiltrent et laissent suinter un liquide.

Parvenu au terme de sa gestation, l'Insecte a la taille et la couleur du fruit du Gui (fig. 722). Il est entouré d'une zone purulente, et le travail inflammatoire dont celle-ci résulte finit par détruire et par ulcérer la peau et tend à expulser le corps étranger, L'abdomen de la Chique se rompt alors et les œufs sont rejetés au dehors, tandis que le corps même de l'animal demeure dans la plaie. Cette dernière peut alors se convertir en ulcère; plus souvent, la portion d'épiderme qui l'entoure se modifie et l'entraîne dans sa chute.

Rodschied a prétendu que la Chique était vivipare, mais les observations de Bonnet ne permettent pas de douter qu'elle ne soit ovipare. L'œuf est ellipsoïde, à surface finement granuleuse et de couleur blanche ; il est long de 1 millimètre et plus et est projeté parfois jusqu'à 2 centimètres de distance.

Cet œuf se développe à terre : il en sort une larve blanche et transparente, longue de lmm,78, large de 0mm,17; au bout de 8 à 10 jours, elle a atteint toute sa croissance, est longue de 2mm,26 et de couleur grise. La larve est, comme celle de la Puce, formée de 13 anneaux velus, qui tous portent une paire de stigmates, à l'exception du premier et du dernier; elle se nourrit de divers détritus, notamment des débris du cadavre maternel, mais refuse le sang et la viande. Le dernier anneau porte trois appendices, un médian et supérieur, et deux latéraux et inférieurs, plus longs et aidant à la marche.

Contrairement à ce que pensait Oken, la larve passe à l'état de nymphe : dans ce but, elle se tisse un cocon ovoïde, long de 1""\30,

ORDRE DES DIPTERES. 489

large de 0mm,8u, d'une belle teinte jaune d'or; des grains de sable ou do poussière adhèrent a sa surface. La nymphe est semblable à celle de la Puce ; au bout de 8 à 10 jours, l'animal parfait sort du cocon.

La Chique est originaire de l'Amérique tropicale et des Antilles, où G. F. de Oviedo fut le premier à l'observer, en 1526. Elle abonde au Brésil, où Pison l'a observée en 1G48; dans le nord du Chili et notamment dans la province de Coquimbo (Molina, 1782) ; à la République Argentine, elle est fréquente dans la province de Tucuman. De là, elle remonte jusque dans l'Amérique centrale et dans tout le Mexique, mais sans atteindre les Étals-Unis. Elle s'étend donc approximativement du 30° degré de latitude sud au 30e degré de latitude nord; on la trouve dans l'intérieur du pays, aussi bien que sur la côte occidentale ou sur la côte orientale. Quant à l'altitude, de Humboldt l'a rencontrée en abondance par 1,000 à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer : elle y serait même plus abondante que dans les plaines. Nous l'avons reçue nous-même de Chuquisaca, sur les hauts plateaux des Andes de Bolivie, où elle est très répandue.

Dans ces dernières années, la Chique a été transportée en Afrique, où elle s'est propagée avec une incroyable rapidité (1). Soyaux dit qu'elle a été introduite au Gabon, en 1872, par l'équipage du navire anglais Thomas Miichel qui revenait du Brésil. D'après Lux, elle aurait été introduite à Saint-Paul de Loanda, en 1873, par un navire à voiles venant de Bahia : en moins de trois ans, elle se répandit jusqu'à Saint-Philippe de Benguela au sud, jusqu'au Congo au nord et jusqu'à 70 lieues dans l'intérieur des terres.

Actuellement, elle est très commune à Monrovia, d'où nous l'avons reçue, et jusqu'au Sénégal ; il est à craindre qu'elle ne s'acclimate aussi dans le sud de nos possessions algériennes, où elle ne manquera pas d'être prochainement transportée par les caravanes. Le parasite est également répandu sur la côte orientale, où il a été apporté par les caravanes venant de la côte op-

(1) Skripitzin (Zeitsclir. f. d. ges. Med., XIII, p. 7G, 1840) prétend qu'elle existait déjà en Afrique, à Mozambique et au Congo, avant 1840, mais ce fait n est confirme par aucun auteur et tous s'accordent au contraire à fixer son introduction en Afrique aux années 1872 ou 1873

posée : en 1875, Pechnel-Lôsche le trouvait, à Borna sur le Congo, à 60 lieues de la mer; un peu plus lard, Stanley le rencontrait aux cataractes du Congo, par 200 lieues marines de la côte; en 1880, Dutrieux l'observait depuis Zanzibar jusque dans l'Ounyamouési. On peut se demander enfin si ce n'est pas encore la Chique qui est connue au Soudan sous le nom de moukardam.

La Chique est donc un animal de la zone tropicale. Elle vit dans les champs, dans les bois, dans les plantations; elle est particulièrement abondante dans les terrains sablonneux et dans le sable de la mer. On la rencontre aussi dans les maisons mal tenues, où elle se cache au milieu de la poussière et de la cendre du foyer; bien que ses bonds aient autant d'amplitude que ceux de la Puce, elle ne s'élève pas d'elle-même aux étages supérieurs , à moins d'y être transportée par l'Homme ou par quelque animal. Aux Antilles, elle fourmille dans les cases des nègres, et il en était déjà de même dans celles des Caraïbes, dont la principale occupation, d'après le P. Dupuis, consistait à s'échiquer. Le parasite abonde également dans les écuries, les basses-cours, les bergeries, les étables, les porcheries, surtout dans celles où il y a agglomération d'animaux. Pendant l'expédition du Mexique, Vizy n'en a pas observé un seul cas chez les troupes logées dans les maisons d'Orizaba ou dans les cloîtres transformés en casernes, tandis que la maladie fut presque générale dans une division de zouaves cantonnée dans des hangars ayant autrefois servi d'étable à Porcs, ainsi que parmi les troupes logées dans les faubourgs ou dans les huttes des Indiens.

Le parasite s'attaque au Chien, au Chat, à la Chèvre, au Mouton, au Bœuf, au Cheval, au Mulet, à l'Ane et surtout au Porc tout aussi bien qu'à l'Homme; on l'a vu encore chez les Chéiroptères, les Singes et les Oiseaux; comme la Tique, il est donc peu difficile sur le choix de son hôte et se fixe indilleremment au premier animal à sang chaud qui passe à sa portée.

Le nombre des Chiques logées sur un même Homme ou sur un même animal est parfois très élevé : d'Azara vit « retirer plus de soixante de ces Insectes des fesses d'une femme». Bonnet a observé un individu qui en portait plus de trois cents disséminés sur tout le corps. Elles peuvent être si serrées les

unes contre les autres que la peau présente, après leur extirpation, l'aspect alvéolaire d'un gâteau de miel ; tel était le cas pour un pied de Porc que J. Jullien nous a rapporté de Monrovia. Elles siègent principalement sur les membres inférieurs, le plus souvent aux pieds et de préférence à la face plantaire, autour des ongles et au talon; elles sont assez communes aux doigts, autour de l'anus, sur la verge et au scrotum; on les voit rarement au-dessus du nombril, au visage, sur les bras ou les avant-bras.

La chaleur et la sécheresse favorisent la propagation du parasite : l'humidilé lui est au contraire funeste : le P. Bouton avait remarqué que les Caraïbes qui arrosaient souvent leurs cases étaient épargnés. Toutefois, la Chique est relativement rare et semble estiver pendant les fortes chaleurs de l'été.

On se tiendra suffisamment à l'abri de la Chique, si on prend l'habitude de se laver les pieds ou mieux de prendre un bain chaque jour, de ne jamais marcher nu-pieds, môme dans les apparLements proprement tenus, de laver fréquemment ceux-ci à grande eau. Quand on a reconnu la présence du parasite, on pourra le tuer sur place, soit en le piquant avec une aiguille, soit en se badigeonnant avec de la teinture d'opium, de l'essence de térébenthine, du chloroforme, de l'onguent mercuriel, du biiodure de mercure ou de l'acide phénique; au temps du P. Raymond, les Caraïbes de la Dominique se frottaient de roucou délayé dans l'huile de Carapa. L'Insecle finit alors par être expulsé, comme il a déjà été dit plus haut.

Un individu est-il porteur d'un grand nombre de Chiques, accumulées en un petit espace, on peut avoir recours à des procédés qui, tout en les tuant sur place, ont pour conséquence une mortification de l'épiderme qui les recouvre; toutefois, ces procédés, fort en honneur parmi les indigènes ou les noirs, ne sauraient être conseillés à des Européens. Aux Antilles, on emploie sous forme de cataplasme la pulpe de racine de Manioc ou bien on plonge la partie malade dans une décoction de Tournefortia hirsutissima ou herbe à Chiques, puis on la recouvre de cataplasmes de la même plante. A la Martinique, on met le membre, voire même le malade tout entier dans un bain de Tabac; s'agil-il déjeunes enfants, on introduit et on laisse à demeure le pied tout entier dans un fruit de Corossolier (Anona muricatu), dont la pulpe, douce et mucilagineuse, agit à la façon d'un catapiasme émollient. Au Mexique, on applique sur la partie malade un morceau de cassave ou galette de Manioc ramollie à l'eau. En Colombie, on asphyxie les Insectes au moyen d'applications de beurre salé.

Le meilleur traitement consiste à extirper le parasite, dès qu'on a reconnu sa présence et à quelque période que ce soit de sa fixation Les temmes indiennes et les négresses sont fort habiles à pratiquer léohiquage : ces curanderas introduisent une simple épingle par 1 orifice de pénétration, puis énucléent le parasite ; elles pansent ensuite la plaie avec du cérumen, du tabac mâché ou de la cendre de cigare. Le médecin peut aussi avoir recours au procédé de l'épingle qui ne demande que de la patience et de la dextérité, mais il va sans dire que le pansement consécutif doit être moins barbare, d'autant plus que trop souvent le parasite ou le fait de son extirpation déterminent de graves accidents, que Pugliesi a bien étudiés : ce sont le tétanos, l'onyxis ulcéreux, l'ulcère, la lymphangite, l'èrysipèle, le phlegmon.

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Sous-ordre des Ptipipares.

Les Pupipares forment un groupe de Diptères parasites qui présentent de remarquables particularités d'organisation. Les antennes

Fig, 723. - Patte de Lipoptena Fig. 724. - Melophagus ovintts, de *rancervi- deur naturelle et très grossi.

sont courtes et à 2 ou 3 articles. La trompe est formée par la lèvre supérieure; l'inférieure n'est pas articulée et ne porte pas de palpes.

Les pâlies sont très écartées ; le tarse est terminé par des grilles nectmees (fig. 723). La femelle est vivipare et ne donne naissance qu'à un petit à la fois : celui-ci s'est développé dans une dilatalion du vagin et sort à l'état de larve dépourvue d'armature pharyngienne et de crochets buccaux. Aussitôt après sa naissance, la larve se transforme en pupe, comme l'a démontré Leuckart : la dénomination de ■puptpare, consacrée par l'usage, n'est donc pas exacte.

Bnuilu cœca, aveugle et aptère, vit sur les Abeilles. Nycleribia Latreillci, aveugle et aptère, mais pourvu de balanciers, vit dans le pelage des Chauves-souris.

Le Mélophage (fig. 724) vit sur la peau du Mouton, dont il suce le sang ; il est aptère et sans ocelles, mais possède deux petits stemmates. Ornithomyia avicularia se trouve sur des Oiseaux tels que le Busard; il a trois ocelles et deux longues ailes à six nervures.

Une espèce remarquable par son dimorphisme est tout d'abord ailée et vit sur les Oiseaux : on la connaissait sous le nom à'Omi-

thobia puliida Meigen ; en automne, elle passe sur le Cerf, le Daim, le Chevreuil et le Sanglier, perd ses ailes et revêt ainsi la forme appelée Lipoptena cervi.

Sous son premier état, on l'a rencontrée en grand nombre, d'après P. J. van Beneden, sur la peau d'un malade de l'hôpital de Louvain.

L'Hippobosque ou Mouchearaignée (lig. 725) vit sur le Cheval et l'Ane, parfois sur le Bœuf, le Chien et le Porc; l'Homme lui-môme n'est point à l'abri de ses attaques. 11 est d'un jaune rouille luisant, possède deux ailes à cinq nervures, des griffes bidentées, mais est dépourvu d'ocelles.

Fig. 72ô. — Hippobosca equinu.

Sous-ordre des Brachyeères.

Les Brachyeères ont des antennes Inarticulées ; l'article terminal est le plus grand et porte fréquemment sur sa face dorsale une soie unlennaire ou arista (fig. 726), qui, suivant les cas, est simple ou articulée, nue ou velue. Celte soie correspond toujours à l'extrémité de l'antenne et n'occupe sa position latérale que par suite du développement excessif du troisième article. Dans certaines formes, ce dernier se développe plus régulièrement et paraît annelé ou se prolonge en un style qui peut être annelé lui-même; en tout cas, le nombre total des articles de l'antenne n'est jamais supérieur à 6.

les ailes existent toujours et présentent des nervures réticulées

Z Wi- leur angle postéro-interne présente parles une petite écaille, a, sous laquelle se cache le balancer.

Fig. 726. - Antennes des Brachycères. - A, chez Erislalis teuax ; B, chez Volucetla plumata ; C, chez Glossina morsitans.

La larve n'a généralement pas de tête distincte, l'une des extrémités est mousse et semble tronquée, l'autre se termine en pointe. Cette dernière correspond à la bouche; elle est rétractile et présente parfois deux ou quatre crochets unguiformes, de nature cornée, qui

Fig. 72". — Aile de Muscide.— a, lobule alaire; a, lro nervure longitudinale ; 6, 2° ; c, 3e ; d, 4° ou nervure transversale apicale ou nervule externo-médiane ; d', nervure transversale postérieure ou grande nervule ; c, 5* nervure longitudinale; /, 6e; g, 7e; x, petite nervure transversale; y, grande nervure transversale; 1, cellule ou aréole basilaire antérieure: 2, première cellule marginale postérieure: 3, cellule anale; 4, cellule basilaire postérieure; 5, cellule médiane ou discoïdale; 6, cellule axillaire; 7, cellule postérieure ou lobée ; 8, cellule sous-marginale ou cubitale ; 9, 10, cellules marginales ou radiales; 11, cellule marginale antérieure.

servent soit à dilacérer les aliments, soit à fournir un point d'appui pendant la reptation ^g. 736). L'extrémité obtuse porte des mamelons au sommet desquels s'ouvrent les stigmates. La larve vit dans les matières organiques en décomposition ; elle esl parfois aquatique ou parasite. Elle subit plusieurs mues, au cours desquelles la peau se

rompt d'ordinaire suivant une ligne courbe, comme chez les Pupipares : aussi Brauer a-t-il proposé de réunir en un groupe des Cyclorhapha tous les Diptères qui présentent ce caractère (Pupipares et Muscaridcs). Au moment de la nymphose, la larve ne se débarrasse pas de sa dernière peau, mais celle-ci se durcit et constitue une pupc en barillet ou en tonnelet, à l'intérieur de laquelle se trouve la nymphe.

Les Moscaiudes constituent un premier groupe de Brachycères. La trompe se termine en général par des paraglosses, les mâchoires sont atrophiées. La larve respire par la grosse extrémité et possède des crochets buccaux; la nymphe a la forme d'un tonnelet. A ce groupe appartiennent un nombre considérable d'espèces qui intéressent la médecine à des titres divers.

Les Phorides ont le <horax fortement bombé, l'abdomen formé de 6 anneaux. Les larves vivent dans les matières organiques en décomposition, notamment dans les Champignons; celles de Phora incrassata sont parasites des larves d'Abeille.

Ph. aterrima est d'un noir velouté et long de 2 millimètres. Ses larves et ses nymphes se trouvent en très grand nombre sur les cadavres d'enfants à demi desséchés.

Kahl a observé à Varsovie un Homme de 24 ans, entré à l'hôpital pour des douleurs à l'épigastre et au rectum, des vertiges et de la diarrhée. Au bout de vingt-quatre heures, le malade vomit à deux reprises; le lendemain, il était guéri. Les matières vomies renfermaient « plusieurs milliers » de larves vivantes, que Kahl rapporte à Pli. ru/îpes et qui provenaient sans doute d'œufs ingérés avec des aliments avariés.

J. Kahl, Czerwie muchy w zoladku czlowieka, Medycyna. Warszawa, IX, p. 81, 1881.

Tyreophora ANTiiROi'oruAGA Rob.-Desv. — Diptère linéaire, rougeâtre mêlé de brun, long de 2 millimètres; les deux premiers articles des antennes sont courts et peu distincts, le troisième est lenticulaire. La larve vit sur les cadavres et réduit les tissus en poudre impalpable.

LoNCHiEA nigrimana Meigen. — Insecte noir verdâlre brillant, long de 4 millimètres, à corps assez large; antennes courtes, à dernier article allongé; trompe non saillante. La larve et la nymphe se trouvent sur les cadavres desséchés.

émana des diptères.

FAMILLE DES ACALYPTÉRÉES

Les Acalyplérées ont les balanciers libres, par suite de l'absence de tabule àlaire Certains de ces Insectes (Tnjveta, Chlorops, Plalyp.vcu SpUcjrapka) pondent leurs œufs dans différentes parties des végétaux; d'autres sur le fumier (Scatophaga) ou sur le Iromage (Piophila casei).

Les larves de celle dernière espèce continuent de vivre dans l'estomac pendant plus de vingt-quatre heures et peuvent causer des accidents assez graves.

Linné et Rolander considéraient la piqûre de C klorops (Musca) leprse comme capable de causer la lèpre.

Fr Meschede, JStn F ail von Erkrankung heruorgerufen durc/i verscliluckte und lebend im Magen verweilende Madcn. Virchovv's Archiv, XXXVI, p. 300, 18GG.

Teicuomyza fusca Macq. {Scatella urinaria Rob.-Desv,)- — C'est une Mouche noire, très commune dans les urinoirs des villes et dans les cabinets d'aisance des maisons mal tenues. Sa larve, dont Pruvot a donné une bonne description, vit dans l'urine, en laissant au moins ses deux derniers stigmates en contact avec l'air. Les médecins des villes sont assez souvent consultés par des personnes ayant trouvé dans leurs déjections une ou plusieurs larves vivantes, qu'elles assurent avoir évacuées soit par le vomissement, soit plus souvent par l'anus; dans ces •conditions, Robineau-Desvoidy lésa considérées comme appartenant à une espèce supposée nouvelle, Alydœa vomiluraiio7iis.

Après avoir admis que ces larves sont capables de vivre dans le tube digestif de l'Homme, Davaine a fini par se ranger à l'opinion contraire. « Les larves de T. fusca, dit-il, sont agiles, et s'il leur arrive, dans leurs pérégrinations, de tomber dans un -vase émaillé ou poli, elles n'en sortent pas facilement. Les individus pressés par la dysurie, des coliques, de la diarrhée, se servent précipitamment de ces vases sans y prendre garde; lorsqu'ensuile ils examinent leurs déjections, ils aperçoivent les larves qui s'agitent et croient les avoir rendues. » L'avis de Davaine a été généralement admis; toutefois, Laboulbène continue à défendre la possibilité du pseudo-parasitisme; celte Blanchard. — Z iol. inéd. II. — 32

4yB CLASSE DES INSECTES,

possibilité ne nous semble plus contestable à l'heure actuelle. Pruvot a prouvé que, sur 30 larves environ, introduites expérimentalement dans l'estomac, 6 sont encore vivantes chez le Cobaye au bout de vingt-huit heures et 2 chez ie Rat au bout de trois jours; plongées dans un milieu irrespirable, elles résistent très longtemps à l'asphyxie. Il semble donc que la larve puisse vivre et se développer dans notre tube digestif", et il faut convenir que plusieurs observations publiées par les auteurs, ainsi que plusieurs inédiles qui nous sont particulières, sont d'accord sur ce point.

Michel. Bull, de l'Acad. de médecine, XII, p. 214, 184G-47.

H. Boger, Observation d'accidents divers paraissant produits par des Vers Comptes rendus de la Soc. de biologie, (1), III, p. 88, 1851.

C. Davaine, Sur des larves rendues par les selles. Ibidem, (I), III, p. ni, 1851. — Id., Larves rendîtes avec les selles par un Homme de 39 ans Ibidem' (1), IV, p. 96, 1852.

Al. Laboulbcne, Histoire des métamorphoses de la Teichomyza fusca. Anuales de la Soc. cntomol. de France, (t), VII, p. 33, 18G7. — ld., Bull, de la Soc. cntomol., (4), IX, p. xxxvm, 18C9.

G. Pruvot, Contribution à l'étude des larves de Dipléres trouvées dans le corps humain. Tlièse do Paris, 1882.

E. Bouchut, D'un nouveau parasite de l'intestin chez l'Homme. Paris médical, IX, p. 159, 1884.

J. Chatin, Observations sur la myasis intestinale. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), V, p. 39G, 1888.

Les Calyplérées ont le balancier recouvert par un lobule alaire ou cuilleron (fig. 727, a); elles comprennent les différentes sortes de Mouches. Beaucoup sont créophiles et vivent des humeurs ou des tissus des animaux; elles pondent leurs œufs sur la viande, sur des cadavres ou des matières organiques en décomposition. La larve ou asticot est aveugle, mais est pourtant sensible à la lumière (G. Pouchel); elle s'enfouit souvent en terre pour se transformer en une pupe en barillet.

Les Anlhomyines ressemblent beaucoup aux Mouches, mais ont de très petits cuillerons. Les larves vivent dans les matières végétales en décomposition ou ravagent les plantes cultivées ; elles sont couvertes d'épines, parfois longues et barbelées. Les femelles d'Aricia .Macquart, 1835 (nec Rob.-Desv., 1830), à'Hydrophoria et d'flyilrotœa importunent souvent le bétail, donL elles cherchent à sucer les humeurs.

Anthomyia canicularis Meigen. — A la suite de divers accidents gastriques, un vieillard de 70 ans, vu par le Rev. Jenyns, expulsa pendant plusieurs mois une grande quantité de larves

OHDRE DES DIPTÈRES. 499

vivmtes La durée exceptionnelle des accidents permet de penser'que les œufs ont éclos dans l'estomac, puis que les larves

ont passé dans l'intestin.

\ celle espèce se rapportent encore des larves qu une malade de J Dubois évacua au nombre d'une cinquantaine par le vomissement et d'une vingtaine par les selles; Laboulbène a pu les élever jusqu'à l'état parfait.

Un paysan de 21 ans, vu par Wacker, avait l'abdomen distendu et souffrait de coliques; des purgatifs lui firent évacuer « deux litres » de larves d'A. canicularis, après quoi il fut guéri.

Dans l'espace de deux mois, un instituteur expulsa environ 200 larves de celte môme espèce et de Sarcophaga carnaria. Lockwood, auquel est due celte observation, menlionne encore un cas de larves d'A. scalaris chez un garçon de 14 ans. Cobbold dit aussi avoir reconnu la larve d'A. canicularis dans six cas de ce genre.

Judd rapporte également à A. scalaris Meigen une cinquantaine de larves qu'il put élever et qui avaient été évacuées par un enfant, dans le Kentucky.

Biaudet, de Gex, vit encore une femme de 24 ans, qui souffrait depuis longtemps de pincements et de tiraillements à l'estomac, rendre par l'anus une masse grouillante de larves d'Anthomye.

Les larves et les pupes d'une espèce voisine d'A. pluvïatilis furent trouvées par Danthon, de Moulins, dans le conduit auditif externe d'un malade; elles en avaient entamé le fond et causaient d'atroces douleurs.

Quelques Anthomyes enfin ligurent parmi les hôtes des tombeaux : Mégnin a trouvé les nymphes de deux espèces; les unes avaient de longs poils rameux et étaient même accompagnées de cadavres d'adultes se rapprochant d'A. vicina Macuart; les autres, à gros poils simples, n'ont pu être déterinées.

L. Jenyns, Notice of a case in wliich tke larvœ of a dipterous Insect suposed to be tke Anthomyiu canicularis M., were expelled in large quantities rom the human intestine, accompanied by a description o f tke same. Trans. ntomol. Soc. of London, II, p. 152, 1839.

' J. Dubois, Sur des lai-ves de Muscides rendues dans les matières des vomisementi et dans les selles par une femme. Examen de ces larves par

I.aboulbene et Ch. Robin. Comptes roudus do la Soc. do biologie (•>) III n 8

Laboulbène. Annales Soc. ontomol. do France, (5), VI, 187G. Dnll. p xill ^G. S. Judd, Occurence ofmaggots in a boy. American naturalise, X, p. 374,

Biaudet, Noie sur un cas de parasitisme dù à la présence de larves de Diptères dans le tube digestif. Bull, de la Soc. méd. do la Suisse romande XIV p. 130, 1880.

S. Lockwood, Abnormal enlozna in man. Virginia mod. Monlblv VII p. 851, 1881. "

Wackor, Ueber das Vorkommen der Larve von Anthomyia cuniculina im menschlichen Darmcanale. jErztliches Intelligenz-Blatt, XXX, p. 109, 1883.

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