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ORDRE DES PSEUDO-NÉVROPTÈHES

sine. Une nuée d'Insectes se répandit partout, dans toutes les chambres, sur tous les objets, dans les habits, dans les lits; ils étaient devenus pour les habitants delà maison eux-mêmes un supplice permanent, qui eut pour conséquence une grave altération de leur santé. Il fut très difficile d'exterminer ces incommodes visiteurs.

Les Amphibiotiqtjes sont aériens à l'état adulte, mais leurs larves sont aquatiques et carnassières.

Fig. 663. - Ephemera vulgata. - a, Insecte parfait; b, larve; c, œuC

Les Ephémères (fig. 663) sont reconnaissables à leurs ailes inégales et aux deux ou trois filets qui sont appendus à leur extrémité posté-

Fjg. 664. — Prosopisloma punc titrons vu de dos, d'après Em Joly.

Fig. 665. — Lestes sponsa.

branchies. L'animal ailé qui sorl do l'enveloppe de nymphe n'est encore qu'une subimago; fait unique dans l'histoire des Insectes, il lui faut subir encore une mue avant d'arriver à l'étal parfait.

On connaît sous le nom de Prosopistoma punetifrons (fig. 664) une singulière larve d'Éphémère qui a tout l'aspect d'un Apus et que Latreille considérait comme un Crustacô. On ignore encore la forme adulte qui correspond à celte larve, d'ailleurs fort rare.

Les Libellules, Odonales ou Demoiselles, sont d'élégants Insectes de forme élancée (fig. 66ï>), d'allure vive, de couleurs fraîches, aussi voraces à l'état adulte qu'à l'état larvaire. Chez les petites espèces, la larve porte à l'extrémité de son abdomen des lames trachéennes simulant des branchies; chez les grandes espèces, des organes analogues se sont développés dans le gros intestin et l'eau qui vient les baigner entre et sort alternativement par l'anus muni de valvules.

I\. Virchow, Eine Invasion von Holzliiusen. Virchow's Archiv. LIV, p. 283,

ORDRE DES NÉVROPTÈRES

Ces animaux sont des Insectes broyeurs, quelquefois suceurs, pourvus de quatre ailes membraneuses et réticulées. La bouche présente à peu près la même conformation que chez les Coléoptères ; le prothorax est libre.

Les métamorphoses sont complètes : la larve est carnassière et armée de pinces en tenailles provenant d'une modification des mandibules et des mâchoires; elle se transforme en une pupe immobile.

Les Planipennks ou Gymnoptères ont les deux paires d'ailes semblables, non écailleuses Fig. 606. - Maphidia cassicomis. et ne se repliant jamais; les

larves sont ordinairement terrestres. A côté des Sialis, Rhaphidia (fig. 666), Borcus, Panorpa, Mantispa, Hemerobius, etc., qui sont moins importants, ce groupe renferme le Fourmilion (fig. 667). L'adulte, a, ressemble à une Libellule; la larve, b, c, creuse dans le sable une sorte d'entonnoir, e, au fond duquel elle se tient enfouie, ne laissant passer que ses deux longues mandibules : une Fourmi passe-t-elle sur le bord

ORDRE DES NEVROPTÉRES. 433 cl.; l'entonnoir, la larve lui lance, avec sa tôle large et plate, des

Fig. (ÎG7. — Mynneleo formicarius. — a, Insecte parlait; 6, larve; c, larve grossie ; cl, cocon ; e, piège en entonnoir.

Fig. Cfi8. — Phrytjanea grandît. — l, Insocie parlait; 2, larve avec son fourreau; 3, fourreau d'une autre espèce et renfermant la nymphe; -4, son couvercle treillissé, grossi.

pelletées de sable qui la font rouler jusqu'au fond; elle s'en repaît Blanchard. — Zool. méd. II. — 28

alors avec voracité. Au moment de se transformer en nymphe, la larve lile un cocon sphérique, d, dans lequel elle se renferme.

Les Plicipennes ou Trichoptères ont les ailes écailleuses ou poilues peu ou point réticulées; les postérieures se replient. La bouche est disposée pour sucer : par suite de l'atrophie de la mAchoire supérieure, la mâchoire inférieure et la lèvre inférieure se sont soudées on une sorte de trompe. Les larves vivent duns l'eau.

Les Phyganes (Qg. 008) ont quelque ressemblance avec les Papillons : leur larve, comme celle des Teignes, se lient renfermée dans un ctui compose par l'agglomération de pailles, d'herbes, de graviers, de petites coquilles qu'elle porte partout avec elle.

ORDRE DES STREt'SIPTÈRES

Les Strepsiptères, Rhipiptères ou Stylopides, ne comprennent qu'un petit nombre de formes parasites des Hyménoptères et présentant un dimorphisme sexuel très accentué. Le mâle (fig. 0G9) a de petits élytres enroulés, a, et de grandes ailes postérieures se repliant en

Fig. GG9. — Xenos Pec/ci, mâle grossi. Fig. G70. — Xeno.i Jiossii,

femelle grossie.

éventail ;lesstemmates sont gros et proéminents. La femelle (fig. 070) est vermiforme, aveugle, sans ailes ni pattes ; elle est parasite dans l'abdomen des Bourdons et des Guêpes et ne laisse sortir au dehors que la partie antérieure du corps. Après avoir été fécondée par le mâle qui se porte à sa rencontre, elle donne naissance à des larves agiles, qui s'attaquent au* larves d'Hyménoptères, s'enfoncent dans leur abdomen et y subissent une mue, après laquelle elles se montrent apodes; elles arrivent à l'état de pupe en môme temps que leur hôte. Le mâle devient libre quand ce dernier devient adulte, mais la femelle continue sa vie parasitaire. Xenos Ross/t s'observe chez Polistcs gallica.

ls—

L'ordre des Hémiptères ou Rhynchotes est des plus hétérogènes : les ailes sont conformées de façon très variable et le seul caractère vraiment fixe tient à ce que les pièces buccales sont transformées en un rostre disposé pour piquer (fig. 071). Ce rostre est une modification de la lèvre inférieure, li; il représente un tube uni ou pluriarticulé, dans lequel peuvent glisser les mandibules, md, et les mflehoires, ma, transformées en quatre soies rigides et perforantes.

A l'état de repos, le rostre est replié sous la tète et le thorax, de façon à ne gêner en rien les mouvements de l'animal. Grâce à cet appareil, celui-ci perce l'écorce des plantes " ma pour en sucer le suc ou la peau des animaux Fig- 671. — A, tète et pour en sucer le sang ; sa piqûre s'accom- rostre de Carpocoris pagne de l'émission d'un liquide irritant qui, chez l'Homme et les animaux, détermine une douleur plus ou moins vive.

md

Les Pédicllides ou Zoophthires, qu'on rattache souvent aux Mallophages, sont en réalité de petits Rhynchotes aptères et amétaboliens, qui vivent en parasites sur la peau des Mammifères. Ils sucent le sang de ces derniers à l'aide de leur rostre rétractile, qu'entoure une gaine molle, formée par la réunion des deux lèvres

ntgricornis vus en dessous. — B, organisation du rostre. — a, antennes; li, lèv'ro inférieure à quatre articles ; ls, lèvre supérieure ou labre ; pièces perforantes correspondant aux mâchoires, ma, et aux mandibules, md: y, yeux.

12 3 Fig. G72. — Rostre de Pediculus capilis à divers états d'évagination - I, gaine presque entièrement cachée; 2, gaine commençant h montrer des crochets; 3, les crochets épanouis ; 4, le roste faisant saillie au-dessus dos crochets.

supérieure et inférieure et armée à son extrémité de crochets incurvés en arrière (fig. 672).

CLASSE mïs insectes.

Fig. 073. — Lentes.

Les antennes ont de 3 à 5 articles ; lus yeux sont ordinairement absents. Le thorax est loi! réduit, peu distinctement annelé. L'abdomen comprend 0 à«J segments: chez le mâle, le dernier est arrondi et présente à sa face dorsale le cloaque par où

sort le pénis (fig. 678) ; chez la femelle, ce même anneau est échancré (fig. 67!)) et porte la vulve à sa face ventrale, en sorte que, lors de la copulation, la femelle doit grimper sur le dos du mâle.

Les tarses ont 2 articles, le terminal est transformé en une forte griffe, capable de se replier et de former pince avec une

Fig. 674. — llxinatopinus pilif'erus. Fig. G75. — U&matopinus suis.

saillie que l'extrémité inférieure de la jambe présente à son angle interne (fig. 680). Les œufs ou lenles sont piriformes (fig. 673); ils adhèrent aux poils par leur petite extrémité; le jeune, tout semblable aux parents, en sort en soulevant un clapet qui ferme l'autre pôle.

On connaît actuellement six genres de Pédiculides :

/à 3 articles Pedicinus.

ai là 4 articles Echinophthirios.

g ' à deux grilles inégales Hsmatomyzus.

à, 5 \ i à 0 segments Phthirhjs.

articles. < à une

Pattes \ seule ' , rétrécie en avant

' grille. ) à 7-9 \ l'u thorax Pedtculus.

Abdomen [segments. . .

' ïête / rétrécie jusque dan?

. le thorax HjvWatoimnos.

ORDRE DES RÉM1PTPHBS.

, e «euro Uwmatopinm comprend le Pou du Chien (lig 074), le Pou la Porc (dg. 8TO) el le Pou du Bœuf («g. 076). Le genre

Fig. 676. - gematopinw eurysternus. «g. 677. - Pedicinus eurygaster

Hxmatomyzus s'observe chez l'Éléphant, et le genre l>edicinus chez le Singe (fig. 677). Des Pediculus et des Phthirius sont parasites de l'Homme.

C. G. Giebel, Insecla epizoa. Die auf Siiugelhieren und Vôgeln schmarotzenden Insecten. Leipzig, 1874.

E. Piagct, Les Pédkulines. Description de toutes les espèces observées, enrichie d'espèces nouvelles. Lcide, in-4°, 1880. — Id., Les Pédkulines. Essai monographique. Supplément. Leidc, 1885. — ld., Quelques Pédkulines nouvelles ou peu connues. Tijdschrift voor entomologie, XXVI, p. 152, 1887.

Pediculus capitis Degeer.

Synonymie : Pediculus Immanus var. 1 Liuué. /'. cervkalis I.each.

Le mâle (fig. 678) est long de 1 à 2 millimètres et large de 0mm,6 à 1 millimètre; la femelle (fig. 679) est un peu plus grande. La tête est triangulaire. Les trois paires de pattes sont grimpeuses et conformées comme nous l'avons indiqué déjà (fig. 680).

Ce Pou se reproduit avec une extrême activité. La femelle pond de 50 à 60 œufs, qu'elle fixe çà et là le long des cheveux et qui éclosent vers le sixième jour ; au bout de dix-sept à vingt jours, le jeune est déjà capable de se reproduire.

Murray a pu étudier les Poux d'un grand nombre de races humaines et a constaté entre eux de notables différences décoloration, en rapport manifeste avec celle de leurs hôtes. Le Pou

de l'Européen esl grisâtre; chacun des anneaux du thorax etde l'abdomen présente sur son bord externe une tache noire, au centre de laquelle s'ouvre un stigmate. Celui des Australiens et

Fig. 078. — Pediculus capilis mâle.

Fig. G"!). — Pediculus capitis femelle.

des nègres de la côte occidentale d'Afrique est presque noir, celui des Hindous est de teinte sombre et enfumée, celui des Hottentols est orangé, celui des Chinois et des Japonais est brun jaunâtre, celui des Tndiens des Andes est brun foncé, celui des Indiens de Californie est olive sombre; celui des Indiens qui habitent les régions septentrionales de l'Amérique, au voisinage des Esquimaux, est presque aussi pâle que celui des Européens.

A ces variétés dans la couleur sont jointes des différences considérables dans la taille et dans la proportion des parties dures, telles que les griffes. Celles-ci, par exemple, portent des dents à peine visibles, chez les Poux d'Européen, de Caire et de Japonais; les dents sont représentées simplement par quelques ondulations chez ceux du nègre et de l'Australien ; elles sont grandes et nombreuses chez ceux de l'Hindou et de l'Indien des Andes.

Doit-on conclure de là à une grande diversité spécifique des Poux qui infestent les différentes races humaines et même à la

Fig. 080. — Pattes du Pou. — A, patte antérieure ; B, patte postérieure.

Ordre nus HÉm-PtÊRess. 4:to

pluralité spécifique de ces dernières, si l'on admet que chaque espèce animale ait des parasites qui lui sont propres ? Cette conclusion, adoptée jadis par P.-A, Pouchet, après un examen comparatif du Pou du blanc et du Pou du nègre, est formellement repoussée par Murray, dont nous adoptons la manière de voir. Les différences de taille des animaux et de leurs diverses parties nous semblent bonnes tout au plus à justifier l'établissement de diverses variétés; les différences de coloration et la remarquable concordance de la teinte du Pou avec celle de la peau du patient constituent un simple fait de mimétisme.

Ce n'est pas à dire, pourtant, que les différentes races de Poux soient capables de vivre indifféremment sur une race humaine quelconque. Darwin rapporte, d'après le chirurgien d'un baleinier, que les Poux dont étaient infestés quelques habitants des îles Sandwich qui se trouvaient à bord, périssaient au bout de trois à quatre jours, quand ils venaient à passer sur le corps des matelots anglais.

Le Pou existait en Amérique avant l'arrivée des Européens; il semble môme n'y avoir pas été rare. Certains auteurs, tels que Bingley, racontent gravement que ce parasite était si abondant chez les Aztèques, que les rois n'avaient rien trouvé de mieux, pour en débarrasser leurs sujets, que de leur imposer un tribut de Poux : Fernand Cortès aurait trouvé dans le palais de Montézuma des sacs qui en étaient remplis!

A l'exemple du Chien et du Singe, les races humaines inférieures mangent aussi leurs Poux. Les habitants des îles Aloutiennes, les Hottentots, d'après Sparrmann, les Australiens, d'après Labillardière, ont cette dégoûtante coutume.

Le Pou de tète ne s'observe, dans les pays civilisés, plus guère que dans les classes inférieures de la population. Au siècle dernier, il était encore très répandu et, à Lisbonne, des gens faisaient métier de louer des Babouins pour débarrasser leurs clients de la vermine : le Singe montait sur les épaules du patient et cherchait dans sa chevelure les Poux qu'il croquait à belles dents.

Ce parasite s'observe à tous les âges, mais surtout pendant l'enfance. 11 passe directement d'un individu à l'autre et, pour cette raison, il est surtout fréquent dans les écoles, les caser-

nés, les camps et partout où il y a une agglomération humain, permanente.

La pénétration de son rostre dans la peau détermine une démangeaison qui sollicite le patient à se gratter, d'où résulte une inflammation suivie bientôt de l'apparition de nodules et de pustules. Quand les parasites vivent en grand nombre dans une chevelure luxuriante, le liquide qui suinte à la surrace des excoriations produites par le grattage colle les cheveux les uns aux autres; si, par absence de soins de propreté, les choses restent quelque temps en cet état, les cheveux constituent alors un substratum sur lequel pourront tomber et germer des spores de Champignons, et c'est ainsi que prend naissance l'affection connue sous le nom de plique polonaise et dont l'éliologie est longtemps demeurée obscure.

On a prétendu que les Pou* étaient capables de vivre et de se multiplier dans des cavités et des abcès de la peau et du tissu sous-cutané. Rust, cité par Bremser, vit à Zaslaw, en Volhynie, en 1808, un garçon juif de 13 ans : il portail une grosse tumeur mollasse, sans la moindre fluctuation, qui occupait la plus grande partie du crâne ; il était profondément cachectique et se plaignait d'une démangeaison insupportable à l'intérieur de la tumeur : une incision fit sortir de celle-ci une énorme quantité de petits Poux blancs. J. Cloquet a vu, lui aussi, des milliers de Poux blancs rassemblés dans une poche sous-cutanée; Gaulke et Landois ont soutenu plus récemment encore la réalité de ces faits. Toutefois, ceux-ci devraient être considérés comme douteux, d'après les observations dellebra.

Parmi les accidents consécutifs au grattage, dans les cas où les Poux persistent et pullulent, il convient de citer l'engorgement, voire même la suppuration des ganglions de la mâchoire inférieure, de la nuque et du cou ; parfois aussi, la face, la nuque et le dos se couvrent de vésicules et de pustules. Le Pou de la tête paraît donc être, dans certaines circonstances et chez des individus particulièrement malpropres, le point de départ d'accidents sérieux. Une simple lotion au pétrole, soit seul, soit mélangé à partie égale de baume du Pérou, suffit à en débarrasser le malade.

O. Taschonberg, Bibliolhecn zoologipa., Il, p. 1537. Ilcv. W. Binglcy, Animal biography, or popular zoology. Londôn, I" édition, ]U, p. 437. Londôn, 4"i éd., III, p. 340, 1813.

ORDRE DBS HÉMIPTÈRES. 441 I'. A. l'ouchet, TraÛé élémentaire de zuolor/ie. Paris, 1041. Voir 11,

P Houîeau Etudes sur les facultés mentales des animaux. Mous, 1872. Voir I n -)56.

\miou,' Accident cause par les Putu. Bull, de la Soc. med. de Reims, XII,

W. Frazcr, Pediculi; Iheir treahnenl by parasthctdes; wilU observations. Med. press and circular, (2), XL, p. 550, 1885.

Pediculus vestimenti Nilzsch, 1864.

SynonyhIB : Pediculus humanui var. 2 Liuné. P. humanus corporis Degeer.

/'. tabesceiitium Alt, 1824.

Ce Pou, un peu plus grand que le précédent, est long de ~2h 3 millimètres et large de I millimètre à lmm,o; la femelle (fig. 681) est plus grande que le mâle. La tète est moins arrondie et porte des antennes plus longues. La teinte spéciale est d'un gris sale ou légèrement jaunâtre. Le thorax est bien distinct de l'abdomen ; celui-ci est formé de huit segments : il porte de rares poils et est coloré en jaunâtre sur les bords. L'extrémité distale de chaque tibia est ornée à sa face interne d'une pointe chitineuse qui repose sur un tubercule entouré de grandes soies : chez la femelle, ce tubercule est partout d'égale taille ; chez le mâle, il est plus gros aux deux pattes antérieures. La femelle pond de 70 à 80 œufs, d'où sortent, au bout de trois à huit jours, des petits qui sont déjà capables de se reproduire quinze à dix-huit jours après leur naissance.

Le Pou du corps se tient caché dans les plis des vêtements ; c'est là que la femelle pond ses œufs, notamment le long des coutures. L'animal ne passe sur le corps que pour chercher sa nourriture. L'usage des bains, même fréquemment renouvelé, est insuffisant pour débarrasser de ce parasite, si on n'a pas soin de changer en même temps de linge ; aussi observet-on ce Pou de préférence chez les mendiants ou les gens mal-

Fig. G8 1 . — Pediculus vestimenti femelle.

propres qui ne changent de Hanelle ou de chemise qu'à de longs intervalles.

On l'acquiert bien moins par le contact des pouilleux qu'en se couchant sur la paille ou dans le lit qui leur a servi, ou en faisant usage de leurs couvertures ou de leurs vêlements. On ne peut songer à en débarrasser les objets de literie ou d'habillement qu'en les laissant pendant plusieurs heures dans l'étuve à une température élevée. 11 est plus commun dans les pays méridionaux et dans l'est de l'Europe : pendant la guerre de Crimée, les camps français et anglais en étaient infestés.

Au moment où le Pou enfonce son rostre dans la peau, on perçoit une légère piqûre, de courte durée; il se gorge alors de sang et finit par prendre une coloration d'un rouge intense ; quand il est repu, il lâche prise spontanément. L'endroit piqué se montre alors comme un point hémorrhagique, situé au centre d'une petite élévation pâle; il est le siège d'un prurit assez vif, qui ne se calme qu'après que le patient, en se grattant, a déchiré avec ses ongles les capillaires des papilles dermiques. Ainsi se forment des excoriations, à la surface desquelles le sang coagulé revêt l'aspect de croûtes; elles peuvent être le point de départ de pustules, de furoncles et d'abcès cutanés, dans les cas de pédiculose invétérée.

Dans les régions recouvertes de croûtes prurigineuses, la peau présente fréquemment une teinte brune uniforme ; sur ce fond d'un brun bistre, on aperçoit même des macules plus foncées, sépia, bien délimitées et dont les dimensions oscillent entre le diamètre d'une pièce de 30 centimes et celui d'une pièce d'un franc. Pabre (de Commentry) a démontré que celte mélanodermie était due à la présence des parasites, ainsi que Geo. Pouchet l'avait déjà entrevu.

Jusqu'à ces dernières années, on a décrit sous le nom de phthiriase (1) une prétendue maladie ou dialhèse pédiculaire, dans laquelle les chairs et les humeurs engendreraient des Poux : le poète Alcmène, le tragédien Phérékyde, Hérode, Antiochus, le dictateur Sylla, Honorius, Agrippa, Valère Maxime, le cardinal Duprat, Philippe II d'Espagne, Foucquau, évêque

(I) Ce mot est souvent employé comme synonyme (le pédiculose, par suite d'un regrettable abus.

ORDRE DES I1ÈMIPTEKES.

de Noyon, d'aulres encore dont l'histoire conserve les noms, auraient été victimes de celte terrible maladie. Moufet parle d'elle en termes terrifiants ; Amalus Lusilanus raconte que les Poux sortaient en telle abondance du corps d'un riche seigneur portugais, que deux de ses domestiques n'avaient d'autre occupation que de porter à la merles corbeilles qu'ils en remplissaient.

A notre époque, des médecins célèbres, comme Alibert, Gibert, Cazenave, Giraudeau de Saint-Gervais, Devergie, croyaient encore à la dialhèse pédiculairo. Semblable opinion était adoptée par Fuchs, Gaulke et, plus récemment, par Blyckaerts. C'est à Rayer, puis à Bazin et à Hardy que revient le mérite d'avoir détruit cette erreur grossière et d'avoir démontré que. dans tous les cas, les parasites, même très nombreux, étaient renfermés dans les vêtements avant de se montrer à la surface du corps.

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