C. macellaria Jorge
Musca antliropophaga.
Compsomyia rubrifrons Macquart.
Somomyia montevidensis Bigot.
Calliphora antliropophaga Conil, 1878.
CHIMIE DES DIPTÈRES. 503 I , Lucilie bouchère (fig. 729) est une Mouche d'Amérique ; flîlfl Drésente d'assez notables variations de coloration, que l'on a considérées comme caractéristiques d'espèces distinctes. Ella est longue de 9 à 10 millimètres. Le thorax, dont La teinte varie du bleu au vert, a des reflets métalliques cuivreux ou pourprés- la face supérieure du prothorax et du mésothorax présente toujours trois bandes longitudinales, noires ou fuligineuses, tandis que le métalhorax est concolore. Les pattes sont noires; les ailes sont transparentes et incolores, si ce n'est que la base est un peu enfumée, et ont des dimensions maximum de Tum,09 sur 2m°\70.
Fig. 729
macellaria
Lucilia
Fig. 730. — a', larve de Lucilia macellaria, de grandeur naturelle ; b, son extrémité antérieure vue en dessus et très grossie; c, une mandibule vue de profil et très grossie.
Celte Lucilie est extrêmement redoutable : elle pond à la surface des plaies, dans les oreilles ou dans les fosses nasales d'individus endormis en plein air. La larve (fig. 730) est blanche et formée de 12 segments dont le bord supérieur porte des cercles de très petites spinules : ces cercles sont au nombre de 2 ou 3 pour le premier segment, de 3 pour les deuxième et troisième anneaux, de 4 pour les autres anneaux. Les 4 cercles de spinules occupent exactement le bord antérieur de l'anneau, sur la face dorsale, maison voit les deux cercles antérieurs de chaque anneau se séparer des deux autres, sur les côtés, et empiéter sur le bord postérieur de l'anneau précédent, pour s'y maintenir sur toute la largeur de la face ventrale : de là le nom de screw worm donné à la larve par les Anglo-Américains. La bouche, protégée par une sorte de rebord denté, est reportée à la face ventrale; elle livre passage à deux forts crochets maxillaires. La pupe en barillet a acquis une
teinte brun foncé dès le second jour de [la nymphose; elle porte encore les rudiments des spinules.
Les larves, dès qu'elles sont écloses, se mettent à ronger les tissus et causent ainsi d'horribles désordres : elles dévorent les muqueuses, les cartilages, les muscles, les os eux-mêmes et amènent fréquemment la mort. Sur 15 observations réunies par Laboulbène, il y eut 9 cas mortels; les malades avaient expulsé de 80 à 300 larves et davantage encore. Depuis que Goquerel a signalé les ravages exercés à la Guyane par la Lucilie, l'attention des médecins est vivement attirée par ce terrible Diptère, redoutable à l'égal de la fièvre jaune. On trouvera dans les traités de pathologie exotique et dans divers ouvrages spéciaux un grand nombre d'observations montrant de quelles déprédations sa larve est capable.
Prise à temps, la maladie est ordinairement guérissable : des injections de chloroforme, de benzine, de solution phôniquée détachent les larves fixées dans les fosses nasales ou le pharynx et aident à leur expulsion ; la trépanation sera souvent utile pour débarrasser les sinus frontaux ou maxillaires de celles qui s'y étaient logées. Dans la République Argentine et au Vénézuela, on obtient aussi de bons résultats en injectant dans les cavités envahies une forte décoction de Basilic (Oc;/mum basilicum).
Cette Lucilie se rencontre depuis la République Argentine jusqu'aux États-Unis. La myase qui lui est due s'observe fréquemment dans l'Amérique centrale, ainsi qu'au sud et à l'ouest des États-Unis; Humbert en cite quatre cas, dont deux mortels : trois cas avaient été observés au Texas, le quatrième en Géorgie. C'est encore à cet Insecte, plutôt qu'à Calliphora vomitoria, que se rapportent les larves que, suivant A. von Frantzius, il est fréquent de trouver dans les fosses nasales, dans les cas de coryza et d'ozène, à Costa-Rica et au Nicaragua.
Ch. Coquerel, Des larves de Diptères développées dans les sinus frontaux et les fosses nasales de l'Homme à Cayenne. Arcli. gcn. de méd., (5), XI, p. 513, 1858. — Id., Noie sur des larves appartenant à une espèce nouvelle de Diptère (Lucilia hominivorax) développées dans les sinus frontaux de l'Homme à Cayenne. Ann. de la Soc. cntomol. de France, (3), VI, p. 171, 1858.— Id., Nouveau cas de mort produite par la larve de l>i Lucilia liominivorax et description de la larve de ce Diptère. Ibidem, (3), VIT, p. 234, 1859. — Id., Sur
un nouveau cas de mort produite par le développement de larves de la Lucilia hominivora.v dans te pharynx; description de ta larve de ce Diptère. Arch. gon. de méd., (5), XIII, p. 085, 18Ô!).
Phllippi, lieschreibung einer Ftiegc, deren Larven in (1er Nase und den Slirnhôhlen einer Frau gelebt haben. Zeitschrift f. d. gcs Naturwissenschaften, XVII, p. 513, 1801.
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a Hi' L5M? A/ribalza§'a. Calliphora anlhropophaga Conil. Nota enlica.
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1880 R' Kilpat''ik' The scvew-w°™- The amer, entomologist, (2), I, p. 275,
//?Lt?nil' N°U"eai[x °fs/e observés dans la province de Cordoba
^ Publique argentine) et dans la République de Venezuela. Boletin do la Acad. nacional de ciencias en Cordoba. III, n" 4 p. <>96 1881 CvTLC°Tdé7ti0nS f ; la lUcUia homi^orax. Thèse 'de Paris, 1881.
tu£i xv.1' ÏXTmf. the sc"ew-vo"m in CM Ame- Na"
psychHe; isv"°p: 2i!7m°rom habits of Lucilia maceiia>-^ the s*™-™™.
IVSp.Ti2^883.t0"' né SC''eW-worm fa Compsomyia macellaria. Ibidem, Museum"\"ei'p' m^Tf ^T man' P™'" «f «.e U. S. nat.
nCtSal *" GaC6,a
n A57o°^"A,ra"K°'1 ?" °f d\ myi9se- Journal <lB '^d. de l'Ouest, XVII, p. ill, 188-j. Journal de med. de Paris, VII, p. 2G0, 1884.
Stomoxys calcitiuns Geoffroy, 1764. - Cet Insecte (fig. 731) ressemble à la Mouche domestique, mais se repose en ayant la tôle en haut, tandis que celle-ci prend la position inverse; il
est de couleur grise. Sa trompe est solide, allongée, piquante et dirigée horizontalement en avant de la tête; l'arisla n'est empenné qu'à sa face supérieure. Sa larve vit dans le crottin frais de Cheval.
Le Stomoxe mutin abonde dans nos régions vers la fin de l'été : il harcèle les Chevaux et le bétail, dont il suce le sang; il pénètre aussi dans les maisons au voisinage desquelles se trouvent des écuries ou des étables; il peut donc aussi piquer l'Homme. Sa piqûre est redoutable, car on doit le considérer comme l'un des agents propagateurs de la Bactérie charbonneuse et d'autres Microbes. En se posant sur des cadavres ou en aspirant le sang d'animaux malades, il souille sa trompe de Bactéries qu'il inocule ensuite à un animal sain; il sert simplement de véhicule aux virus et n'est point virulent par luimême.
P. Mée niu, La question du transport et de Vinocutation du virus par les Mouches. Journal de l'anatomie, 1875.
Fig. 731. — Stomoxys calcitrans.
Glossina morsitans Westwood.
Celte Mouche (fig. 732) est la terrible Tsélsé, célèbre depuis les voyages de Livingstone dans la zone torride de l'Afrique australe; elle est un peu plus grande que la Mouche ordinaire. La trompe, conformée comme celle du Stomoxe, est à peu près deux fois plus longue que la tête (fig. 733) : la lèvre inférieure forme une gouttière, li, dans laquelle glissent l'épipharynx, ep, et l'hypopharynx, hy, transformés en stylets acérés. L'antenne est aplatie; le dernier article est très allongé et porte une soie très velue (fig. 726, C). Le prothorax et le méso-, thorax, d'un brun marron saupoudré de gris, sont marqués en
OHDRE DES DIPTÈRES.
Fig. 732. — Glossiiia morsitans grossie
long da quatre bandes noires; le métathorax est d'un jaune sale très velu et marqué de deux taches sombres. L'abdomen est d'un blanc jaunâtre et porte sur les quatre derniers anneaux des bandes d'un brun foncé, interrompues au milieu par l'interposition d'une tache triangulaire blanc jaunâtre.
Les pattes ont cette môme teinte, les ailes sont enfumées.
La Tsétsé est répandue dans presque toute l'Afrique centrale; Capello et Ivens l'ont trouvée en abondance au nord du Transvaal, dans le bassin et sur la rive droite du Zambèze; elle est commune aussi dans les terres
basses situées entre l'Ougogo et la côte orientale, ainsi que dans les plaines duMgounda Mkali. Elle s'éloigne des villages et des endroits cultivés, mais se tient de préférence au bord des marais et dans les bois. Livingstone dit que sa piqûre ne fait aucun mal à l'Homme, mais d'autres voyageurs assurent au contraire qu'elle fait cruellement souffrir :
son dard pénètre même à travers les vêtemeuts et produit une vive douleur, suivie d'atroces démangeaisons et d'un gonflement immédiat de la peau; la lièvre ne tarde pas à se déclarer; toutefois, les accidents se bornent à cela et ne sont jamais mortels.
La Chèvre, l'Antilope, le Buffle et le Zèbre résistent également à la piqûre de la Tsétsé, mais le Chien, le Bœuf, le Mouton, le Chameau, l'Ane et le Cheval seraient voués à une mort certaine : dans la région située au nord du lac Nyanza, Green perdit en peu de temps toutes ses bêtes de somme et de trait; Livingstone vit 43 Bœufs périr en
Fig. 733. — Tôle et pièces buccales do Gîossina morsitans, vues do profil et très grossies. — ep, épipharynx ; liy, hypopharynx ; li, lèvre inférieure ou gaine cachant ordinairement les stylets ep et hy.
quelques jours. La Tsétsé est donc à juste titre un fléau redouté :
elle est le plus sérieux obstacle à la colonisation dans l'Afrique
tropicale.
Les animaux qu'elle atteint meurent parfois très promptement ; le plus souvent, ils vont en dépérissant et ne succombent qu'au bout de quelques semaines. Livingstone attribuait les graves accidents dont elle est cause à l'inoculation d'un venin produit par une glande annexée à la trompe, mais cette opinion est, évidemment inexacte; il nous semble certain que la Tsétsé est inoffensive par elle-môme et que, à l'exemple du Stomoxe, elle n'est à craindre que parce qu'elle propage et inocule le germe d'une maladie virulente. La nature de cette dernière est encore inconnue; elle est analogue mais non identique au charbon, comme le prouvent sa longue incubation et le fait que l'Homme y est réfraclaire.
0. Taschcnbcrg, Bibliotlieca zooloe/ica, If, p. 1710, 1888. H. M. Stanley, Comment j'ai retrouvé Livingstone. Paris, in-12. 1870. Voir p. 72 et. 80.
Marshall, Ueber die Tsctse-Flier/e. Giolog. Centralisait, V, p. 183, 1885. F. M. van der Wulp, Iets over de Tsetse-vlieg (Glossina). Tijdschrift v. entomol. noderl. Vereeniging, XXVII, p. 143, 1887.
Les Sarcophagines ont le style des antennes velu à la base, mais nu à l'extrémité; l'abdomen est allongé, orné de soies au bord des anneaux. Dans le genre Sarcophaga Meigen, 1826, le dernier article de l'antenne est trois fois plus long que le précédent, l'arista est hérissé de poils également longs en dessus et en dessous; le thorax est allongé et parcouru par trois bandes noires longitudinales ; l'abdomen est tacheté. La femelle est toujours vivipare (Réaumur).
Sarcophaga carnaria Meigen.
Mouche de teinte gris noir, à tête jaunâtre, à thorax rayé de noir; l'abdomen est brun et présente des reflets noirs et jaunes disposés en carreaux; les antennes sont épaisses et empennées. Le mâle est plus petit que la femelle. Celle-ci mesure au moins 15 millimètres de longueur; sa fécondité est remarquable, son oviducte renfermant 20,000 larves, qu'elle pond dans les matières animales et végétales en décomposition. La larve, d'un blanc sale, est armée de deux crochets à son extrémité antérieure; l'autre extrémité est obtuse, évidée et verruqueuse.
ORDUL DES Dll'TÉKES. 509 Elle s'enfonce à peu de profondeur sous terre, pour se changer en une pupfl brun noirâtre qui éclôt en quinze jours environ. La Mouche qui en sort se reproduit au bout de peu de temps. Trois ou quatre générations successives peuvent prendre naissance dans une môme saison.
Cette Mouche vil à l'air libre; aussi, malgré son nom, n'at-elle guère l'occasion de déposer ses larves sur la viande; l'odeur de celle-ci l'attire, ainsi que l'odeur des cadavres, dans la houche ou les narines desquels elle vient pondre; ses larves sont donc au nombre des hôtes les plus constants des tomheaux et parmi les travailleurs de la première heure. Elle peut même pondre dans les cavités naturelles ou à la surface des plaies et, à ce titre, elle est pour l'Homme un ennemi redoutahle.
J. Cloquet a laissé l'observation d'un ivrogne qui, endormi dans un fossé, avait été assailli par la Sarcophage. Il rendit bientôt des larves par dizaines du nez, des oreilles, des yeux. « 11 avait le cuir chevelu soulevé par des tumeurs arrondies avec des perforations irrégulières à travers lesquelles on. voyait la chair devenue purulente el fétide. Une énorme quantité de larves remuaient, grouillaient dans ces tumeurs; elles s'échappaient des paupières gonflées; la cornée et la sclérotique étaient perforées. D'autres larves sortaient par le nez et les oreilles ; il y en avait autour du prépuce et de l'anus. Le malheureux était dévoré tout vivant par les larves de Mouches des cadavres qu'avaient attirées sur sa personne le fumet de sa malpropreté et l'odeur de son vin. »
Roulin rapporte une observation analogue, dont l'issue fut également fatale.
Hope a recueilli six cas de larves expulsées du tube digestif. Dans un cas, Jordens les décrivit sous le nom d'Ascaris stepkanosloma.
Lallemand a extrait une vingtaine de larves du vagin d'une femme atteinte d'un ulcère du col de l'utérus.
Saltzmann vit à Strasbourg un jeune Homme dont la peau était labourée sur toute sa surface par des milliers de larves : des plaques entières de chair étaient détruites à l'aine et aux jambes; le malade mourut.
Legranddu Saulle vit une tillettc de 9 ans dont les sinus fron-
taux renfermaient des larves ayant déterminé une violente céphalalgie frontale, accompagnée de convulsions.
Chevreul et Daniel ont trouvé ces mômes larves, au nombre ae 10 et de 34, dans le conduit auditif externe.
Mignard les a vues, chez un individu âgé de 62 ans, convalescent d'une variole grave, se développer parmi les croûtes qui recouvraient la face,
Is. GcofTroy-Saint-IIilaire, Rapport sur trois notices relatives à l'existence du C Œstre de l'Homme. Aunales Soc. entomol. do franco, II, p. 518, 18:1.3.
Guyot, Note sur la présence de larves de lu Mouche carnassière dansl'S plaies des soldats qui ont éprouvé des brûlures à la prise de Constantinc. Comptos rendus do l'Acad. dos se, VII, p. 125, 1838.
E. Gruhe, Veber dus Vorlcommen von Sarcophagamaden in den Augen und der Nase von Menschen. Wicgmann's Arcliiv, XIX, p. 282, 1853.
Legrand du Saullo, Observation de larves vivantes dans les sinus frontaux d'une jeune- fdle de neuf ans. Comptes rendus do l'Acad. des se. XL\ p. GOO, 1857.
Mignard, Larves de Mouche carnassière dans l'épaisseur de croûtes varioliques. Gazette méd. do Strasbourg, XXIX, p. 45, 18G9.
J. Portchinsky, Muscarum cadaverinarum stercorariarumque biologia comparala. Horœ Soc. entomol. rossicre, XIX, p. 210, 1885 (en russe).
Sarcdpoaga arvensis. — Mouche longue de 8 à 10 millimètres, à face d'un blanc sale, à arista tomenteux. Gomme celles de 5. carnaria, ses larves se trouvent sur les cadavres. Il en est encore de môme pour celles de 5. lalhyrus et de S. mortuorum.
Sarcophaga (Sarcopiiila) latifrons Fallén, 1820. — Ruthe et Taschenberg ont. vu plusieurs fois sa larve causer des abcès de l'oreille.
Sarcophaga magnifica Schiner, 1802.
Synonymie : Sarcophaga Wohlfahrli Portschinsky, 1875.
Mouche longue de 10 à 13 millimètres, d'un cendré grisâtre. Tôle un peu plus large que le thorax; front et épistome peu proéminents; vertex et front noirâtres, face et côtés d'un blanc d'argent satiné, antennes et palpes noirs. Thorax gris cendré avec trois lignes longitudinales noires; ailes hyalines, à base jaunâtre; pattes noires. Abdomen gris blanchâtre, avec trois taches noires sur chaque segment.
Celte Sarcophage vit en plein air; elle est répandue dans toute l'Europe, mais surtout en Russie. Elle dépose ses larves sur les plaies ou dans les cavités naturelles de l'Homme ou des
OHDRE DES DIPTÈRES. 5H animaux Ces larves produisent des désordres considérables, dont la tfravîté rappelle les accidents terribles causés par Luci- L macellarîa. On les recueille, à l'exclusion de toute autre subies plaies des animaux domestiques (Bœuf, Mouton, Cheval, Porc Clncn Oie); il est fort diflicile de les distinguer de celles de Scarnaria, à moins d'en faire l'éducation ; aussi est-il vraisemblablc que plus d'un cas de myase rapporté à cette dernière espèce appartient réellement à 5. magnifica, qui est la Mouche des plaies par excellence. Cela est d'autant plus certain qu'elle passait pour absente en France et dans l'Europe occidentale, avant que Mégnin n'eût démontré qu'elle n'y était point rare, en se basant sur l'éducation de larves recueillies dans des plaies de Chevaux ou de Bœufs. Néanmoins, elle est plus commune encore dans l'Europe orientale, notamment en Russie, dans le gouvernement de Mohilew, où Portchinsky a observé un nombre considérable de cas de myase.
La première observation chez l'Homme est due à Wohlfahrt qui, en 1768, vit un individu âgé de 67 ans rendre une larve par la narine gauche et 18 larves par la narine droite. L'éclosion de l'Insecte parfait se fit vingt-six à trente jours après l'expulsion des larves.
En 1868, W. Thomas vit aux environs de Gotha une femme de 71 ans rendre parles narines 15 larves que Brauer reconnut pour être celles de S. magnifica. Gerstàcker, en 1875, rapporte un cas identique chez un Homme.
Dans le gouvernement de Mohilew, la myase s'observe souvent chez de jeunes enfants; de fortes hémorrhagies par le nez ou les oreilles les affaiblissent et les laissent dans un état de pâleur et d'hébétude qui persiste longtemps après l'expulsion des larves et la guérisondes accidents locaux. Portchinsky a vu des familles entières dont la plupart des membres avaient été atteints. Les femmes sont plus fréquemment atteintes que les hommes : l'immunité relative dont jouissent ces derniers tiendrait à l'usage du tabac à fumer ou à priser.
Dans l'Hérault, Prunac vit sortir une quarantaine de larves des narines d'un cultivateur de 55 ans, depuis longtemps atteint d'un ozène. L'éducation de ces larves fut faite par Laboulbène et donna, au bout de deux à trois semaines, la Sarcophage magnifique.
J. A. Wolilfahrt, Observalio de vermibus per nares excrelit. Halaj Magdeb., in-i» do 24 p.. 1108 . Nova Acta Acad. naturaî curiosorum, IV, p. 277, 1770. '
A. Gerstilcker. Sit/.ungsber. der Gesollscliaft naturC Kroumle in Berlin, p. I LS, 1S7.Ï. — Id. Deutsche med. Zoitung, p. 99, 1885.
.1. Portchinsky, Krankheiten welche un Mohilewschen Gouvernement von <lci lavven der Surcophila Wohlfahrti l1. enlstehen und deren Biologie. Horte Sociotatis ontomol. rossica;, p. 123, 18/!,. — Id., Sarcophilm Wohlfahrti monographia. Ibidem, XVIII, 1884 (en russe).
Al. Laboulbimo, Observations de myiasis dues à la Sarcophar/a magnifica Schiner, avec réflexions. Annales Soc. entomol. de France, (fi), lllj 1883. Bull. p. xcit.
FAMILLE DES ŒSTRIDES
Les QEstrides onl une trompe rudimenlaire, incapable de pomper des aliments liquides; les antennes sont cylindriques, enfoncées dans une fossette et terminées par une soie. L'abdomen, formé de six anneaux, est arrondi chez le mâle, mais se termine souvent chez la femelle par un oviscapte résultant d'une transformation de l'oviducle. Certaines espèces sont vivipares : les oeufs ou les larves sont pondus soit sur la peau, soit dans la peau, soit encore dans les cavités naturelles des Mammifères et de l'Homme.
Gasïropuilus equi Leach, 1817 [Gaslrus equi Meigen, 1824). — Ce Diptère (lig. 734) voltige autour des Chevaux pendant
l'été. La femelle (ixe aux poils du poitrail et des pattes antérieures des œufs qui, au bout de quelques jours, donnent naissance à une petite larve. Celleci rampe sur la peau et cause un léger prurit qui engage le Cheval à se lécher : elle passe ainsi sur la langue, puis est déglutie avec la salive. Arrivée dans l'estomac, la larve se fixe sur la muqueuse du sac gauche (fig. 73o), à l'aide de ses deux puissants crochets mandibulaires (Qg. 730) : ses anneaux sont au nombre de 11 ; du second au huitième, ils portent à leur bord antérieur une double rangée d'épines à pointe dirigée en arrière ; les stigmates du dernier anneau sont constitués par deux plaques réniformes, formées chacune de trois arcs concentriques, percés de petits orifices (lig. 737). La larve subit deux mues, avant d'atteindre tout son développement : elle est alors longue de 18 à 20 millimètres, large de 8 millimètres.
equi, grossi.
OHDItlî DES DIPTÈRES. 513
Après un séjour d'une dizaine d'e mois dana l'estomac, elle se
Fi". 735. — Larves iixéis h la muqueuse stomacale d'un Cheval, réduites de moitié.
détache, est entraînée dans l'intestin, puis tombe sur le sol :
Fig. 7;iG. — Tète ft pièces bnccnles d'une Fig. 737. — Stigmates postérieurs larve venant d'éclore, très grossie. de la larve, 1res grossis.
là, elle se transforme en une pupe qui, au bout de trente à quarante jours, livre passade à l'adulte.
OEstkus ovis Linné [Ce/jkalomyia ovis Macquart). — Cet Œstre (fig. 738) va pondre ses œufs à 1 entrée des narines du Mouton; les larves remontent dans les J fosses nasales et vont se lixer dans les sinus frontaux Au bout de neuf à dix mois, elles se détachent et tombent sur le sol, pour y accomplir la nymphose. Fig. 738< œs(n(S 0. Ces larves ont été vues aussi chez la
Chèvre par Railliet ; Kirschtnann croit même les avoir rencon- Blarcuaiio. — Zool. rnéd. II — 33
trées chez l'Homme, mais son observation se rapporte sans aucun doute ù des larves de Muscides.
F Kirsch ma nn, CEalruslarven beim Menschm. Wiener med. Wochenschrift,
Insecte noir, long de 14 millimètres (fig. 739); jambes et tarses d'un jaune rougeâlre; corps couvert de poils serrés, noirs sur le second el le troisième anneaux de l'abdomen,
jaunes vers l'extrémité de l'abdo-
Fig. 739. - Hypoderma bovis. jusque dans le tissu conjonctif
sous-cutané. Sa présence détermine bienLôL la production d'une petite tumeur qui croît peu à peu, en même temps qu'elle, el finit par acquérir la taille d'un œuf de Pigeon. Le parasite se nourrit des matières purulentes qui s'amassent autour de lui : il a la tôle enfoncée dans la profondeur et les plaques stigmaliques circumanales en rapport avec l'extérieur, grâce à l'orifice dont la tumeur est percée à son sommet. La larve est d'abord blanchâtre et armée de crochets buccaux : lors de la seconde mue, ceux-ci disparaissent; elle devient alors épaisse, pyriforme et prend insensiblement une leinle noire. Pendant l'été, elle sort à reculons de sa retraite, tombe à terre et se transforme en une pupe qui, au bout d'un mois environ, livre passage à l'Insecte parfait.
Dans bon nombre de cas, on a observé dans la peau de l'Homme, en Europe, des larves d'OEstride : on les allribue
n's Auftatze : (Eslridenlar,
Hypoderma bovis Lalreille.
men, blancs ou blanc grisâtre partout ailleurs ; la face supérieure du thorax est parcourue par des crêtes mousses.
La femelle est armée d'un long oviscaple, formé de quatre articles rentrant les uns dans les autres à la façon d'une lunette d'approche. Elle pond ses œufs dans le pelage du Bœuf : la larve qui en sort perce la peau et s'enfonce
généralement à l'espèce hypothétique Œstrus hominis Gmelin, 1788, mais elles se rapportent en réalité soit à l'Hypoderme du Bœ»r, soit à quelque autre Hypoderme répandu dans nos régions.'De ce nombre sont H. lineatum Villers, qui s'attaque également au Bœuf; B. Diana Brauer et H. Acteon Brauer, qui attaquent le Cerf, le Daim, le Chevreuil; H. silenus Brauer, de l'Ane. A cette catégorie appartient, encore Œdemagena tarandi, du Renne.
La plupart des auteurs considèrent les cas de ce genre comme une grande rareté; Joseph n'en admet que cinq, dont deux lui appartiennent, mais ce chiffre est beaucoup trop faible, comme le prouve la liste suivante, dans laquelle nous ne citons que quelques-unes des observations récentes, laissant de côté un nombre important d'observations anciennes ou insuffisantes.
1° Cas d'Eschricht. — Eschricht a observé trois fois des larves d'il, bovis dans la peau du front, chez la femme.
2° Cas de Walker, 1839. — Une larve d'H. bovis est extirpée d'une tumeur très douloureuse qu'une femme de 22 ans portait derrière l'épaule droite ; la larve semblait ôlre remontée de la gauche des lombes vers le milieu de l'omoplate! Cette affection serait fréquente aux Shetland, où l'observation a été faite.
3° Cas de Spring, 1861. — Une fillette de 3 ans, observée en Belgique, porte une tumeur furonculeuse au côté gauche de la tôte, deux autres vers le sommet et une quatrième à la région temporale droite. On en extrait des larves que Lacordaire a reconnues appartenir à H. bovis.
4° Cas de Hocgh, 1869. — En 16 ans, Hoegh a observé 17 cas, à Sondmore et Nordfjord, sur la côte occidentale de Norvège, où l'affection n'est pas rare; 5 autres cas sont parvenus à sa connaissance. Parmi les 22 patients, on comptait 7 hommes et 15 femmes; sauf une exception, tous étaient des paysans; leur âge variait de 3 à 34 ans, mais la plupart avaient de 6 à 12 ans.
5° Cas de Bœck, 1872. — Un enfant présente à la surface du corps un cordon en zig-zag, allant de l'épaule gauche à la région ombilicale, puis remontant au sein gauche et indiquant le trajet qu'aurait suivi la larve dans l'espace de quatre semaines : en s'arrôlant au niveau du sein, elle produisit une tumeur d'où elle fut extraite vivante.
Bœck, qui admet avec Walker que la larve peut cheminer sous la peau, cite encore l'observation d'un autre enfant, chez lequel la larve
se serait déplacée sous le cuir chevelu pendant deux semaines environ, avnnt de sortir spontanément derrière l'oreille gauche.
6° Cas de Joseph, 1875. — Un berger de Carniole s'endort un jour d'été sur une colline boisée. C'est seulement vers la fin de décembre qu'il éprouve, sur la partie gauche de la nuque, les premiers signes de 4 tumeurs qui grossissent constamment, laissent couIit un liquide visqueux et sont, le soir, le siège de démangeaisons. Joseph voit le patient au mois d'avril suivant et extirpe de chacune des tumeurs une larve ù'H. bovis non encore parvenue au moment de sa nymphose.
7° Cas de Mac Caïman, 1879. — Une filletle de neuf ans souffre de l'avant-bras droit, qui se tuméfie; une fièvre légère se déclare. Au bout de 23 jours, il se forme une petite vésicule, vers le tiers inférieur de l'humérus; l'enfant l'écorche et il en sort une larve de Diptère.
8° Cas de Beretta, 1879. — En Sicile, Beretta enlève une larve du cou d'un petit garçon. Calandruccio décrit le cas avec détail et rapporte la larve à H. bovis.
Carus et Engelmann, Dibliotheca zoologica, I, p. 563.
O. Taschenberg, Dibliotheca zoologica, II, p. 1712 et 171".
A. Spring, Sur des larves d'OEstre dévelopjiées dans la peau d'un enfant. Bull, de l'Acad. de Belgique. (2), IV, p. 172, 18(11.
R. Walker, On a case of parasitie diseuse produced bi/ tlie larva o/' UEstrus boris. British med. journal, l, p. 151, 1870. Annales de dermaiol., 111, p. 143,
E. Winge, OEstruslarvcv udlagne fra Mennesker. Norsk raag. r. lagevidenk. Selskabsfôrliandlingai-, (3), II, p. 89, 1872.
W. Bœck, OEstruslarver under Huden. Ibidem, (.1), II, p. 32", 1872.
Mac Caïman, Diplerous larv.v, /rom the arm of a girl aged nine years. Britiah med. journal, II, p. 92, 1879. Glasgow mcd. journal, XII, p. -.'22, 1879.
S. Calandruccio, Inselti parassiti deW uomo. Gazzetta dcgli ôspitali, p. 667 et 674, 1881-5.
J. G. Swayue, Gad flies atlaclcing man. British med. journal, II, p. 1408,
Hypoderma Diana Brauer.
Trois cas peuvenl être rapportés sûrement à cette espèce.
1° Cas de Joseph, 186k — Une fille de 20 ans, des environs de Freyburg en Silésie, s'endort sur la lisière d'une forêt, par une chaude après-midi d'août. Quelques semaines plus tard, elle éprouve des démangeaisons du côté de la vulve ; vers la fin de décembre, le prurit augmente et un gonflement commence à se manifester. Celui-ci devient tellement douloureux, que la malade entre à la clinique de Breslau, en mars. Joseph constate l'existence de 9 tumeurs
sur le mont de Vénus et sur les grandes lèvres : il extirpe de l'une d'elles une larve parvenue au moment de la nymphose. Cinq jours plus tard, les 8 autres larves sortent spontanément; on les met dans un vase renfermant une couche de terre, où elles se transforment en pupes; 6 de celles-ci meurent, les 2 autres donnent en mai des maies d'H. Diana.
2° Cas de Borthen, 1878. — Chez un garçon de j ans, une larve sort avec du pus d'une tumeur située derrière l'oreille droite; une autre larve était déjà sortie seule de la tumeur. Celle qu'a vue Borthen était blanche, vitreuse, longue de 12 millimètres, large de 2 millimètres en son milieu et effilée aux deux bouts; celte description, pensonsnous, est bien celle de la larve d'H. Diana. Borthen assure encore que la. maladie n'est point rare dans le nord delà Norvège.
3° Cas de Vôlkel, 1882. — Chez un garçon de Perleberg, en Westphalie, âgé de 13 ans, on voit, après quelques jours de souffrance et de raideur du cou, trois larves d'un blanc sale, lancéolées, longues de 15 millimètres environ et larges de 2 millimètres, sortir de la peau au-dessous de l'œil droit, au côté droit du cou et du vertex. Brauer reconnut des larves d'H. Diana.
Borthen, Œslruslarve. Norsk magazin for lâgevidensk. Selskabsfôrliand lingar, (3), VIII, p. 139, 1878.
0. Vôlkel, Fali von Œ$trus hominis. Berlinerklin. Wocli., XX, p. 209, 1883.
G. Joseph, Ueber myiasis externa dermatosa. Monatshefte f. prakt. Dermatologie, p. 49 et 158, 1887. Hambourg, in-8° de 40 p., 1880. — Id., Ueber dus Vorkommen uud Entwickelung von Biesfliegenlarven im subeutanen Bindegewebe des Menschen Deutsche med. Zeitung, VIII, p. 51, 1887. — Id., Erwiderung aufden Artikel des Gymnasial-Professor Mik: « Ueber D«- Joseph'* Beobachtungen parasiiisch lebender Hypodermen-Larven am Menschen » Ibidem, p. 1053, 1887.
J. Mik, Ueber Herrn D? Joseph's Beobachtungen Ibidem, p. 785, 1887
Les Dermatobies sont des QEstrides américains; le troisième article des antennes est; très long, les tarses sont minces, l'abdomen aplati; les larves, pyriformes et pourvues seulement de quelques rangées transversales d'épines, sont culicoles et se trouvent chez le Bœuf, le Chien, la Chèvre et l'Homme.
Dermatobia noxialis Brauer, 1860.
Synonymie : OEstrus Guildingi Hope, 1840.
Cuterebra noxialis J. Goudot, 1845.
Ce Diptère (lig. 740) est long de 14 à 16 millimètres ; de teinte cendrée, il a la face jaune, les poils des joues brillants et jaunâtres, la face supérieure du thorax cendré obscur l'abdo-
•,;l8 CLASSE DES INSECTES,
men bleu brillant à base blanc sale. La femelle enfonce son oviscapte a travers la peau cl dépose dans la blessure une larve qui grossit surplace, en produisant une tumeur cutanée analogue à celle que déterminent les larves d'IIypodcrme. Cette larve pyriforme (fig. 741), connue sous le nom de Ver macaque à Cayenne et de Ver mayacuilou moyoqml au Mexique (1), a la lôte enfoncée dans les tissus et l'anus tourné vers l'extérieur,
Fig. 740. — Dermatobia noxialis, d'après J. Goudot.
appliqué contre l'orifice de la tumeur. Elle sort spontanément au bout de quelques mois, quand le moment de la nymphose est arrivé.
La myase causée par la présence des larves de Dermatobie sous la peau de l'Homme s'observe assez fréquemment dans l'Amérique tropicale. A part Goudot, aucun observateur n'a fait l'éducation de ces larves, en sorte qu'on ne saurait affirmer que tous les cas attribués ici à Dermatobia noxialis appartiennent réellement à cette espèce : il est vraisemblable, au contraire, que plusieurs espèces encore méconnues sont capables de s'attaquer à l'Homme.
1° Cas d'Arturc, 1753. — A la Guyane, des personnes malpropres ou peu vêtues sont souvent affectées de tumeurs considérables, causées par des Vers semblables à ceux qui vivent sous la peau des animaux avant de se transformer en Moucbcs. On les nomme Macaques; on s'en guérit en les tuant par l'application de feuilles de tabac.
2° Cas de Say, 1822. — Le D1' Brick retire d'une tumeur qu'il portait à la jambe une larve que Say décrit et figure soigneusement.
3° Cas de Guyon, 1823. — A la Guyane, un matelot porte au-dessus de l'os iliaque une tumeur d'où l'on retire une larve. A la Trinité, deux Européens présentent sur la jambe une tumeur qui donne issue à une larve semblable à la première.
(1) On l'appelle encore ura et berne au Brésil, force! et suglacitru à Costa, Rica, gusano-peludo et nuche en Colombie.
Fig. 741. — Larve de Dermatobie, d'après Goudot.
4° Cas de Boulin, i827. — A Muriquila (Colombie), un Homme porte au scrotum une tumeur dont le sommet est percé d'un pelit orifice; en élargissant celui-ci avec la pointe d'une lancette, on fait sortir une larve ressemblant entièrement à celles que, dans le môme pays, on trouve en abondance dans la peau du bétail. Roulin parle encore d'un individu chez lequel une larve se montrait sous le cuir chevelu.
5° Cas de Gujjon, 1832. — Plusieurs larves sont extraites de la peau d'un nègre, à la Martinique; Guérin-Méneville en a donné la description.
0° Cas de Howship, 1834. — Deux observations recueillies dans l'Amérique du Sud : chez un malade, le parasite siégeait au scrotum; chez l'autre, sous la peau du dos.
7° Cas de Goudot, 1845. — A la Nouvelle-Grenade, Goudot a eu plusieurs Vers macaques sur différentes parties du corps; malin et soir, ils produisent une succion qui détermine une douleur comparable à celle que produirait une aiguille en s'enfonçant vivement dans la peau. En élevant des larves recueillies sur des bestiaux, mais d'oilleurs identiques à celles de l'Homme, il a pu obtenir l'animal adulte, qu'il a décrit sous le nom de Cuterebra noxialis.
8° Cas d'Abieu, 1854. — Au Brésil, dans la province de Minas Geraes, le berne ou bicho berne est fréquent chez l'Homme; on croit qu'il est la larve d'OEsirus Guildinc/i Hope, espèce nominale créée pour un Ver macaque extrait du cuir chevelu d'un Homme, à la Trinité, et déposé d;ins les colleclions du Collège des chirurgiens, à Londres. Les parties le plus souvent atteintes sont la face, la région lombaire, lescrolum, les membres.
A ces observations, nous pourrions ajouter encore celles de Coquerel à la Guyane, au Mexique et à la Nouvelle-Orléans, celles de Leidy aux États-Unis, de Grube à Cosla-Rica, de Posada-Arango en Colombie.
P. S. de Magalhaes (1) nous communique quelques observations intéressantes : chez un malade, vu à la clinique de Moura Braxil, la larve était logée dans l'un des sacs lacrymaux et avait déterminé un abcès et une fistule; quelques mois auparavant, Hilario de Gouvice présentait à la Société de médecine de Rio de Janeiro un malade chez lequel le parasite siégeait sous la conjonctive palpébrale. Un autre patient portait quatre larves : deux à la face externe de la cuisse droite et deux autres, réunies dans un même foyer, au creux poplité du côté gauche.
(1) In litteris, 21 juillet 1888.
L'examen d'une de ces larves, comparée aux descriptions et aux dessins de Goudot, ainsi qu'à quatre Vers macaques reçus de Posada-ArangOj nous permet de conclure à l'identité spécifique de toutes ces larves de provenance diverse et de les rapporter à D. noxiidis.
Le Ver macaque se voit donc depuis le Brésil jusqu'au sud des États-Unis. Humboldt etBonpland dans l'Amérique du Sud, Le Conte au Honduras, Percheron au Pérou ont observé chez l'Homme des larves d'OE^trides cuticoles, qui semblent toutes se rattacher au genre Dermalobin, sinon à l'espèce D. noxialis. Ajoutons que ce parasite a été vu deux fois en France, par Laboulbène, puis par Mégnin et Jousseaume, chez des individus revenant du Brésil et de Panama.
Arturo, Observations sur l'espèce de Ver nommée Macaque. Histoire do l'Acad. dos sciences, p. 72, 175-3.
T. Say, On a snuth-american species of OEslrus which infests Ihe human body Journal of tlla Acad. ol' nat. se. of Plu'ludelpliia, II, part 2, p. 353, 1822.
Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, Rapport sur trois natii.es relatives à l'existence de l'ÛEstre de l'Homme. Annales de la Soc. entoraol. de France, II, p. 518 1832. L'institut, I, p. 25, 1833. Isis, IV, p. 309, 1837.
J. Howship, Some account of two casrs of inflammatory tumour, produced by t/ie deposit of Uie larva of a large fly beneath ihe cutis in human subject, a-:companied wil/i drawings of Ihe larva. Med. quarlerly review. p. 174, 1835.
Guyon, Du Ver macaque des Antilles. Bull, de la Soc. des se. du département du Var, 1835. Toulon, in-8° de 15 p., 1836.
A. Percheron, Bibliographie enlomologiquc . Paris, 1837. Voir I, p. 12 et 32C; II, p. 376.
J. Goudot, Observations sur un Diptère exotique. Annales des se. nat., Zool., (3), 111, p. 221, 1845.
G. Coquerel, Note sur une larve d'OEstride extraite du bi-as d'un Homme à Cayenne. ltevuo et magasin de zoologie, (2), XI, p. 356, 1859. — Id., Note sur les larves d'OEstrides développées- chez l'Homme au Mexique et à la Nouvelle-Orléans. Ibidem, p. 361.
J. Leidy, Observations on three kinds of dipterous larvie from man. Proceed. ol' tlie biological department of the Acad. of nat. se. of Philadelphia, p. 7, 1859.
A. E. Grube, Beschreibung einer Œstriden/arve aus der Haut des Menschen. Arbeilen der schles. Gesollsch. f. vaterl. Kultur, p. 25, 1859. Arcliir f. Naturgeschichte, 20. Jahrgang, 1, p. 9, 1860.
Fr. Brauer, Ueber die Larren der Gall.ung Cuterebra. Vorhaudl. der k. k. zool.-bot. Gesellschal't in Wien, X, p. 777, 1861.
Al. Labmilbène, Rapport sur une larve d OEstride extraite de la peau d'un Homme à Cayenne. Métn. de la Soc. de biologie, (3), II, p. 161, 1860. — Id., Examen de ta larve vivante d'un Insecte diptère du Brésil (Dermalobia noxinlis), parasite de la peau humaine. Bull, de l'Acad. de méd., (2), XII, p. 7'i9, 1883.
A. lWa-Arango, La Cuterebra MXÎOli*. Abeille méd., XXVIII, p. ?05),
Brandâo 0 berne. Gaz. mad. da. Bahia, (2), I, p. 551, 1876.
Ed . S Lixtfme cr« de tumeur causée par une laroedŒstrde oLrl en France chez l'Homme. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8),
FP: ;„4„Ve8aume et P. Mégain, Noie sur la présence d'une larve «ŒstrUe (Dermatobia noxinlis J. Goudol) chez l'Homme, a Pans. Bull. do. la Soc. Zool. de Franco, IX, p. 114, 188-i.
Des CEstrides cuticoles ont encore été signalés en Afrique. An Sénégal, Mondière a fait connaître les premières observations : il les attribue à Ma Bigoti, du groupe des Muscides.
Un peu plus tard, Béren-er-Féraud attire l'attention sur le Ver du Caijor, larve de Diptère qui se rencontre sous la peau de l'Homme, mais seulement au sud de Saint-Louis, principalement dans le Gayor : la larve, pondue sur le sable, pénétrerait dans la peau de l'Homme ou des animaux qui viendraient se coucher sur ce sable. Mais il est plus vraisemblable que la femelle \ient piquer les individus endormis en plein air et dépose en même temps un œuf ou une larve; cela nous semble d'autant plus certain que l'un des malades vus par Mondière se plaignait d'avoir été piqué au coude, où il présentait précisément une tumeur renfermant une larve.
Le Ver du Cayor a été considéré par Ém. Blanchard comme la larve d'un Muscide du genre Ockromyia, qu'il proposait de dénommer 0. anlhropophaga ; Lenoir et Bailliet ont même décrit ce Diptère comme une Mouche d'un gris jaunâtre, longue de 8 à 10 millimètres. Pour nous, les Insectes d'où dérivenlles larves cuticoles observées au Sénégal par Mondière, par Bérenger-Féraud, par Carpot, etc., ne peuvent appartenir qu'à la famille des QEstrides et être voisins des Hypodermes et des Dermatobies.
Nous en dirons autant de la larve que Livingstone s'est extraite de la jambe et que Cobbold a placée dans la Hunterian Collection sous le nom à'Œstrus Livingstonei, ainsi que du founza ia ngômbé ou Ver du Bœuf. Dutrieux désigne ainsi une larve d'Insecte qui produit une éruption furonculeuse chez le Bœuf et chez l'Homme, dans l'Ounyamouési ; elle semble être inconnue entre le plateau central ou l'Ougogo et la côte orientale. Sa véritable nature est encore indéterminée.
Coquerel et Mondiôre, Larves d'ŒSslrides développées dans des tumeur» a apparence furonculeuse au Sénégal, sur l'Homme et sur le Chien Gazctt.. hebdom. de méd. etdochir., IX, p. 100, 18G2.
Bérenger-Féraud, Larves de Mouches dans la peau de l'Homme Comptes rendus de l'Acad. dos se, LXXV, p. 1J83, 1872. - Id, Elude sur les larves de Mouches qui se développent dans la peau de l'Homme, au Sénégal llevue des soc. savantes, (2), VI, 1872. - Id., Traité clinique des maladies des Européens au Sénégal. Paris, 1875. Voir I, p. 225.
V. Lenoir et A. Railliet, Mouche cl Ver du Cayor. Archives vétér., p. 207 I88i. B ill, de la Soc. ceutrale do méd. vélér., p. 77, 1884.
P. Dutrioux, Aperçu de la pathologie des Européens dans l'Afrique intertropicales Thèse de Paris, 1885. Voir p. GO.
Sur la myase en général, on consultera les ouvrages suivants :
F. W. Hope, On insects and Iheir larvs occasionalhj found in Ihe human body. Trans. of the entomol. Soc. ofLondon, II, p. 250, 1840. Revue et mag. de zoologie, IV, p. 85, 1841.
F. Tiedemann, Von lebenden Wtlrmern und Inseclcn in den Geruchsorganen des Mensclvn. Mannlieim, 1844.
S. H. Scheiber, Vergleichende Analomie und Physiologie der OEslridenlarven. Sitzuugsber. der Wiener Akad. der Wrss., XLI, p. 409, 1860.
Fr. Brauer, Monographie der OEslriden. Wien, 1861. — Id., Nachlrâge zur Muno'/raphie der OEslriden. Wiener entomol. Zeitung, VI, p. 4 ot 7i, 1887.
G. Pruvot, Contribution à l'élude des larves de Diptères trouvées dans le corps humain. Thèse de Paris, 18^2.
Ch. J. Jacobs, De la présence des larves d'OEslrides et de Muscides dans le corps de l'Homme. Bull, do la Soc. entomol. do Belgique, XXVI, p. cl, 1882. — ■ Id., On the présence of œslridran and muscidean larvx in the human body. The Veterinarian, LVI, p. 10, 81, 156, 2.14 et307, 1883.
Fr. Lôw, Ueber Myiasis und ihre Erzeuger. Wiener med. Woch., XXXII, p. 247, 1882; XXXIII, p. 972, 1883.
C. G. A. Brischke, Meine erzogenen parasitisch lebenden Fliegen. Schrifteu der naturf. Ges. in Danzig, (2), VI, p. 15, 1885.
G. Jo?eph, Ueber Dipteren als Schâdlinge und Parasitai dés Menschen. Entomol. Nachrichten, XI, p. 17, 1885. — Id., Ueber Fliegen als Schiid'inge und Parasilen des Menschen. Deutsche med. Zeitung, I, p. 37, 1885; III, p. 713 et 725, 1887. — kl., Ueber myiasis exierna et interna. Tagebl.itt der 59. Versammlung deutscher Naturforscher und /Erzte, p. 30ti, 1886. Deutsche med. Zeitung, p. 920, 1880. Deutsche med. Woch., p. 762, 1886. Munchner med. Woch., p. 753, 1886.
W. Curran, Eaten of worms. Med. press and circular, (2), XLII, p. 142, 163, 188 et 211, 188G.
J. Mik, Einige Worte za meinen Referale ùber Dr G. Joseph's Artikel : « Ueber Fliegen. als Schâdlinge und Parasiten des Menschen. » Wiener entomol. Zeitung, VI, p. 87, 1887.
FAMILLE des syrphides
Les Syrphides (flg. 713 et 743) sont des Diptères de grande taille, qui visitent assidûment les (leurs. La tôle présente trois ocelles, une
ORDIlli DES DIPTÈRES. ï>23
petite saillie antérieure en l'orme de nez et une petite dépression uudessous des antennes Inarticulées (flg. 726, A et b). La trompe peut se cacher presque en entier dans une cavité creusée à lu face infé-
Fig. "42. — Syrphus pyraslri. Fig. 7*3. — Larve de Sylphide.
rieure de la tête : elle se termine par de larges paraglosses canaliculés; chaque mâchoire possède un palpe uniarticulé; les mandihules ont disparu. L'abdomen à cinq articles est marqué de bandes ou taches jaunes ou blanches. Les larves (fig. 743) vivent sur les feuilles, où elles mangent les Pucerons (Syrphus), dans les bois pourris (Ceria) ou dans le nid des Guêpes et des Bourdons (Volucella).
Par exception, les larves d'Eristalis (fig. 744) et d' llelophilus vivent dans la vase, dans les latrines malpropres, dans les eaux croupies : on les connaît sous le nom de a Vers à queue de Rat; » la face ventrale porte deux rangées de piquants qui servent à la locomotion; l'abdomen porte une longue queue extensible et rétraclile, terminée par un orifice stigmatilere que l'animal porte à la surface pour respirer.
Hope a rassemblé cinq observations de myase due à la larve d'Heiophilus pendulus : deux seulement, rapportées par Bonnet et Kirby, nous semblent acceptables ; il s'agit d'Hommes ayant évacué des larves par le vomissement.
Quant au cas de Canali, de Pérouse, cas dans lequel une larve serait sortie de la vessie d'une femme, il s'explique par l'existence préalable de la larve dans le vase de nuit ; cette larve, communiquée à Brera, fut considérée par lui comme un helminthe, type du genre nouveau Cercosoma; Ziegler etBremser reconnurent sa véritable nature.
Fig. 744. — Larve d'iiristalis tenux sortant de la fange pour se métamorphoser.
Nous pouvons ajouter trois observations nouvelles à celles de Bonnel et .le Kirby. Leidy parle d'une malade qui aurait évacué une larve d'Eristale parle nez. Cobbold mentionne un cas communiqué par Noot, où des larves auraient été expulsées de l'estomac. Lortet cite enfin le cas d'un garçon de 13 ans qui, souffrant depuis quelques semaines de troubles gastriques, rendit par l'anus une trentaine de larves vivantes, longues de 5 à (5 centimètres; Lorlet les rapporte à l'espèce nominale Hdoyhitus horridus; elles avaient été sans doute avalées avec des aliments corrompus.
Cl). Bonnet, Œuvres complues. Berne, 8 tomes en 10 vol. in-K 1770-«:t. Voir X, p. m.
Brora, Memorie fisico-mediche sopra i principnli vermi del corpo umano vivenle. Croma, in-4°, 180^- 1812. Voir p. 10G.
Lortet, Nouveau parasite de l'Homme {Helophilus horridus). Gazette hebdoni. de inéd. et de cliir., (2), III, p. 76, 18GG. Journal de méd. de Lvou, V p. 23, 18..G. 3
S. Leidy, On Disloma hepaticum. Procecd. of the Acad. of nat. se. of Philadelphia, p. 36'i, 1873.
Les Tanystomes constituent le second groupe des Brachycères. La (rompe est longue et généralement munie de mâchoires styliformes. La larve possède une gaine maxillaire et des crochels buccaux. Ce groupe comprend un grand nombre de formes; à part les
Asiles, dont une espèce (fig. 745) a la réputation peut-être imméritée de s'altaquer à l'Homme et aux animaux, pour en sucer le sang, la famille des Tabanides mérite seule de nous arrêter.
Les Tabanides sont de gros Diptères à corps un peu déprimé. La tôle, grande et large, porte une trompe courte et horizontale, engainée par la lèvre inférieure et constituée par quatre pièces perforantes (mâchoires, épipharynx et hypopharynx) chez le mâle et par six pièces chez la femelle, par suite de la persistance des mandibules. Les antennes ont trois articles, dont le dernier est souvent annelé, mais toujours dépourvu d'arista. Les yeux sont contigus chez le mâle. Les ailes sont munies de cuillerons, mais les balanciers restent à découvert. Les pattes sont faibles et terminées par trois pelotes d'adhérence. L'abdomen est plat et comprend huit anneaux. Les larves sont cylindriques et terricoles.
Fig