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Asilus crabroniformis

ORDRE DES DIPTÈRES. a2.:i

Les maies se nourrissent du nectar des fleurs, tandis que les femelles, mieux armées, sont li es avides du sang des animaux et même de l'Homme : leurs puissants stylets buccaux sont capables de percer la peau la plus épaisse; leur piqûre est douloureuse et inoculerait parfois des maladies infectieuses.

Les Pangonies oui la trompe longue et grêle; le dernier article des antennes semble être l'orme de huit segments. A ce genre appartient, suivant L. Baker, le seroot ouzimO que Bruce a signalé comme très pénible pour ies voyageurs qui parcourent l'Abyssinie. Mégnin donne le nom de Pangonianeo-caledonica à une espèce qui aurait été la cause d'une épidémie de ebarbon parmi les Bœufs et même parmi les déportés de l'île des Pins.

Les Taons ont la trompe courte et épaisse, verticale chez la femelle, inclinée chez le mâle ; le dernier article des antennes est échancré en croissant et paraît formé de 5 segments. Ils attaquent les Bœufs, les Chevaux et d'autres animaux de grande taille. Tabanus bovinus (lig. 746), T. morio, T. autumnalis, T. bromius et T. rusticus sont les espèces les plus communes. Fig 74G bovinuSt

Les Hématopotes ont la trompe femelle de grandeur natu-

disposée à peu près comme chez les relle et lète vue de tl0is Taons; le dernier article des anten- 1U!U snés n'est pas échancré et se subdivise en 4 segments; les ailes sont lectilbrmes. Hœmatopota phwialis Meigen, dont les yeux sont verdâtres et les ailes gris brunàlre tachetées de blanc, harcèle pendant les journées chaudes et orageuses les animaux et l'Homme.

Les Chrysops, dont l'œil d'un vert doré est marqué détaches et de lignes pourpres, possèdent trois ocelles; les antennes sont longues, le dernier article a o segments ; les ailes sont écartées. Chrysops csecutiem est encore particulièrement actif par les temps d'orage et pique l'Homme aussi bien que les animaux.

Sous-odre des Nématocèves.

Les Némafocères ou Macrocères ont la tête petite, le corps frôle les patles grêles et filiformes. Les antennes s'insèrent sur la limité de

lepistome et du front : elles sont filiformes, hérissées ou monililormes ou même pectinées chez le mâle; elles comprennent de G à 66 articles; les deux premiers sont plus épais et de forme un peu spéciale, mais tous les autres sont semblables et constituent le fouet La trompe est courte, charnue, souvent armée de stylets sétiformes; les palpes sont très longs et comprennent 4 ou o articles. Les ailes

Fig. "47. — Nervures de l'aile d'une Tipulide. — a, première nervure longitudinale ; b, 2° ; c, 3"; d, 4° ; e, V ; f, G»; g, 7°; x, petite nervure transversale ; y, grande nervure transversale; 1, cellule ou aréole basilaire antérieure ; 2, première cellule marginale postérieure, suivie de plusieurs autres ■ 3, cellule anale; 4, cellule basilaire postérieure; 5, cellule médiane ou discoïdale; 6, cellule axillaire; 7, cellule postérieure ou lobée; 8, cellule sousmarginale ou cubitale; 9, 10, cellules marginales ou radiales; 11, cellule marginale antérieure.

sont grandes, à nervures compliquées (fig. 747); les balanciers sont libres, par suite de l'absence de cuilleron. L'abdomen est formé de 7 à 9 articles.

La larve a généralement une tête, rarement une gaine maxillaire rétractile (Tipula, Cecidomyia) : elle a un tube respiratoire et vit dans la terre (Bibio, Tipula), dans les tissus végétaux (Cecidomyia), dans les Champignons [Sciara, Mycetophila, Macrocera) ou dans l'eau (Chironomus, Culex, Anophèles). Au moment de la mue, la peau se déchire suivant une ligne droite, caractère que les Némalocères partagent avec les Tanystomes : aussi Brauer les réunit-il à ces derniers en un groupe des Orthorhapha. La larve céphalée a des pièces buccales, ainsi que des yeux déjà bien reconnaissables; les pattes manquent encore, mais on trouve à leur place des épines ou des mamelons qui aident à la progression.

La nymphe est immobile, sauf celle des Culicides qui vit dans l'eau et s'y meut aussi activement que la larve.

Les Bibionides ont l'aspect des Mouches ; les antennes ont de 6 à 11 articles, l'abdomen a 7 anneaux. Les plus intéressants de ces Insectes sont les Simulies, Moucherons de fort petite taille dont la femelle se jette parfois sur l'Homme et les ani-

ORDRE DES DIPTÈRES. 527 maux pour sucer avidement leur sang : c'est au genre Simulium qu'appartiennent la plupart des Diplères connus sous les noms de Mosquitos, Moustiques, Maringouins, etc. ; ils harcèlent parfois en nombre immense Hommes et bêtes. Leur piqûre est très douloureuse et produit une inflammation locale plus ou moins vive; on pense qu'elle peut inoculer, dans certains cas, des maladies virulentes. La larve et la nymphe sont aquatiques.

Simulium columbatscuense Fabricius. — Ce Moucheron (fig. 718) s'observe en extrême abondance, au point de former de véritables nuages obscurcissant le soleil, dans la basse Hongrie et dans le nord-est de la Serbie, où l'on croit qu'il prend naissance dans le vieux château de Golubatz, sur les bords du Danube. Il est long de 3mra,5 à 4 millimètres; il pique le bétail aux yeux, aux naseaux, à la bou- ^ che, à l'anus, partout où la peau est fine ; en- F%^JJZttraîné par l'air inspiré, il pénètre dans les fosses schense. nasales, dans la bouche, dans la trachéeet, d'après Schônbauer , causerait trop fréquemment la mort des animaux, par suite de l'inflammation ou de l'oblitération des voies aériennes. Toutefois, Tomôsvâry repousse cette cause de morL et attribue cette dernière au nombre immense des piqûres dont chacune est atrocement douloureuse et produit une petite hémorrhagie ou un empoisonnement du sang. La femelle seule est capable de piquer: elle le fait avec tant d'ardeur, qu'elle enfonce dans la peau sa tête presque entière et que, après s'être gorgée, elle tombe à terre sans forces.

5. cmereum, S. maculatum et S. reptans sont communs en France ; cette dernière espèce abonde en Suède, où elle est très redoutée. En Assam, S. indicum ou Peepsa est également redouté.

A. Schônbauer, Gcschiclile clev schudlichen Columbaczer M iccke. Wien, 1795.

Fr. Brauer, On the Peepsa, a smali dipterous Insect, injurions to mon in Assrim. Proceed. of tlie asiatic Soc. of Bengal, p. 161, 1884.

Edw. Bccker, Description of a new species of the dipterous genus Simulium from Assam. Ibidem, p. 1G2.

Edm. Tomôsvâry, Die Columbaczer Mùcfce. Ung. Weisskirchen, 1885.

Les Culicides ont des antennes à 14 articles, ornées chez le mâle de poils en panache. La trompe renferme 6 stylets bar-

•m CLASSE DES INSECTES,

belés à leur extrémité ou conformés en lancette : elle est ong„e et grêle chez la femelle et capable de percer la peau de Homme; les palpes maxillaires à 5 articles Bonl très courts (Bff. 749). Chez le mâle, la trompe est au contraire très raccourcie et les palpes velus et très allongés (lig. 750'.

La larve (lig. 751) vit dans les eaux stagnantes : elle a l'abdomen allongé et terminé par un tube respiratoire.

Après avoir subi quatre mues, elle se transforme en une nymphe également aquatique, mobile et munie de deux tubes trachéens qui font saillie derrière la

Fig. 749. — Cidcx annulât us, femelle grossie.

Fig. 750. — Cul-x pipiens, màlo grossi.

tête (fig. 752). Quand arrive le moment du passage à l'état adulte, la nymphe vient flotter à la surface de l'eau : la peau du dos, exposée à l'air, se dessèche et se fend. L'Insecte parfait sort par la déchirure et, en attendant que ses ailes s'étendent et se déploient, reste perché sur sa coque de nymphe, frêle esquif que le moindre vent submerge.

On connaît les Cousins et le piaulement aigu qui, le soir, annonce leur arrivée. Leur piqûre est douloureuse et détermine une inflammation locale qui s'accompagne d'assez vives démangeaisons. Les espèces les plus répandues en Europe sont

ORDHE DES LÉPIDOPTÈRES.

Culexpipiens ("g- 750) et C. annulatm (fig. 740);

elles s'atta-

quent à l'Homme, mais

non aux animaux. La larve de C. pi-

Tig. 751. — Larve Fig. 752. — Nyinde Cousin. plie de Cousin.

piens se rencontre parfois dans l'intestin, où elle a été amenée par des eaux de mauvaise qualité.

Les Moustiques ou Maringouins, qui abondent aussi bien dans les régions froides que dans les pays tropicaux el qui rendent fort pénible le séjour en plus d'une contrée, appartiennent également à ce groupe : leur histoire naturelle est encore très imparfaite; on se rappelle que certaines espèces servent d'hôte intermédiaire à Filaria sanguinis hominis.

G. Thin, Mosquito biles. Tlie Lancet, II, p. 398, 1881.

E. Tosatto, Larve di zanzara, Culex pipiens, neW inlestino umano. Gazz. med. ital., prov. venete. Padova, XXVI, p. 273, 1883. — Id., Unnuovo entozoo. Rivista clinica di Bologna, p. 1 1 i, 1883.

Les larves d'Fphydra californica Packard vivent en extrême abondance dans les lacs salés de l'État de Nevada : la surface de l'eau en est littéralement couverte et les ondes les rejettent sur les rives, où elles s'accumulent en véritables monceaux. En juillet, époque où ces larves se développent, les Indiens Pah-Ute viennent de fort loin pour les récolter : ils les font sécher au soleil, les frottent entre les mains pour les débarrasser des grains de sable et de leur cuticule de chitine, puis les pulvérisent en une sorte de farine qu'ils incorporent à différents mets.

Livingstone a vu également, dans le sud de l'Afrique, les indigènes se nourrir d'une sorte de Moucheron.

W. Wollaston. Transactions of the Connecticut Academy, 1883.

Les Lépidoptères ou Papillons ont un faciès qui ne permet de les confondre avec aucun autre Insecte. La tôle, mobile et velue, est relativement petite (fig. 753); elle porte deux gros stemmates velus et Blanchard. — Zool. méd. II. — 3i

ordinairement deux ocelles cachés parmi les poils du front. Les antennes sont droites, longues et multiurticulées : renllées en massue chez les Papillons diurnes ou Rhopalocères, elles sont filiformes, dentées ou pectinées dans les autres groupes.

Les pièces buccales sont disposées pour sucer. Le labre et les mandibules sontrudimentaires. Les mâchoires, au contraire, s'allongent démesurément et se rapprochent l'une de l'autre, mais sans se souder, de façon à constituer un canal qui est la trompe (fig. 753, e ; fig. 784); les palpes maxillaires restent rudimenlaires, sauf chez les Teignes. La lèvre inférieure se réduit à une petite pièce triangulaire (fig. 755), située au-dessous de la trompe et portant deux palpes velus

Fig. 753. — Tête d'un Papillon diurne. — c, palpes labiaux ; e, trompe.

Fig. 754. — Coupe de la trompe dcDeilephila celerio, vue en dessus, montrant l'accoleinent des deux mâchoires, m, m', et le canal commun, e.

Fig. 755. — Lèvre inférieure, très grossie, chez le même Insecte; l'un des palpes est dénudé.

et triarticulés. La trompe sert à l'Insecte à puiser dans les fleurs les sucs dont il se nourrit : elle est souvent aussi longue, parfois môme beaucoup plus longue que le corps lui-môme : tant que le Papillon ne prend aucune nourriture, elle reste roulée en spirale. Sa longueur est en rapport avec celle des fleurs que l'Insecte butine de préférence. Elle est courte et rudimentaire chez les espèces qui, à l'état adulte, n'ont qu'une existence éphémère et meurent sans avoir mangé, comme Bombyx mori.

Les anneaux du thorax sont indistincts. Les ailes, au nombre de deux paires, sont grandes, plus ou moins semblables, souvent déchiquetées et découpées ; elles sont rarement rudimentaires, comme chez la femelle des Géométrides; leurs nervures varient suivant les espèces (fig. 756). L'aile antérieure est la plus grande : chez les Papillons nocturnes, que pour cette raison Em. Blanchard appelle Chalinoptères, elle présente à sa partie postérieure et à sa face inférieure un petit anneau qui dépend de la nervure costale et dans

lequel s'engage un crin, rdtinacle ou frein, ou môme une touffe de poils qui dépend du bord antérieur de l'aile postérieure. Cette disposition a pour but de relier solidement les deux ailes l'une à l'autre pendant le vol : elle fait défaut chez les Papillons diurnes ou Achalinoptères.

Les ailes sont recouvertes d'écaillés microscopiques, diversement conformées, s'implantant par un petit pédicule dans une logette

Fig. 75G. — Nervulation des ailes d'un Lépidoptère.

creusée à la surface de la membrane alaire; ces écailles, à peine fixées, se détachent au moindre contact; chez Sesia, elles tombent dès le premier vol. Les écailles sont le siège de la coloration des ailes : celle-ci est due très fréquemment à des phénomènes d'interférence, toute matière pigmentaire faisant défaut. En général, les Papillons ornés de riches nuances sont diurnes, ceux de couleur terne sont nocturnes. Bon nombre d'espèces tropicales présentent de curieux exemples de mimétisme.

Les pattes sont grêles et d'égale longueur; chez Danaïs, les antérieures, dites pattes palatines, sont atrophiées et sans utilité. Les tarses ont 5 articles et sont armés d'éperons.

L'abdomen est velu et comprend de 7 à 9 anneaux. 11 est de forme élégante et élancée chez les Diurnes, massive et lourde chez les Nocturnes.

L'appareil digestif (fig. 757) présente une grande complication.

Les deux sexes diffèrent fréquemment par la taille, la couleur ou la forme des ailes ; le mâle peut être orné de couleurs plus vives. On peut môme constater un dimorphisme ou un polymorphisme véritable : Papilio Memnon a deux sortes de femelles, P. Pamnon en a trois sortes. La parthénogenèse s'observe parfois chez Bombyx mori; elle est la règle chez Solenobia et Psyché.

Les métamorphoses sont complètes. La larve ou Chenille est ver-

tm

miforme cl composée de 12 anneaux, non compris la leie. Elle vit sur les plantes dont elle mange les feuilles, causant parfois des dégâts considérables : sa bouche est disposée pour broyer. La tôle présente en avant deux groupes de S à 6 ocelles et deux antennes à articles coniques et peu nombreux. Les trois premiers anneaux portent chacun une paire de petites pattes, les vraies pattes, qui persisteront chez l'Insecte parfait ; on les appelle encore pattes thoraciques ou pattes dcailleuses. Les deux anneaux suivants sont toujours apodes ; le dernier porte généralement deux pattes anales et est toujours précédé de deux anneaux apodes. Quant aux anneaux 6 à 9, ils peuvent porter d'une (fîg. 763) à quatre paires de pattes membraneuses ou faussi pattes (fig. 788), appendices transitoires constitués par de simples prolongements de la peau et garnis de crochets à leur extrémité. Une Chenille a donc ordinairement 5 ou 8 paires de pattes ; elle n'en a parfois que 7 ou 6, plus rarement 4. Elle présente toujours 9 paires de stigmates, les deux derniers segments du thorax et le dernier segment de l'abdomen en étanL dépourvus.

La Chenille subit plusieurs mues. Arrivée au terme de sa croissance, elle cesse de prendre de la nourriture et passe à l'état de nymphe ou Chrysalide. Elle se comporte alors de différentes manières : elle se suspend simplement par la queue (fig. 759) ou bien, après s'être fixée par l'extrémité caudale, elle ceint son corps d'un fil enroulé qui lui permet de se disposer horizontalement (fig. 760); d'au-

Fig. 757. — Appareil digestif de Sphinx ligiistri, d'après Newport. — e, estomac ; g, gésier; gs, glandes salivaires ; i, intestin;/, jabot; œ, oesophage; r, rectum; tm, tubes de Malpighi.

ÇKcauwi si.

1res fois elle s'enveloppe dans des feuilles maintenues enroulées par inl; « s soyeux (fig. 705). Ces Bis sont produits par deux glandes SSSÎTàTto oriflceU se voit au sommet d'un mamelon téZn Jonè par la lèvre inférieure. Chez les Bombycmes, ces

Fig. 758. — Chenille de Smerint/uis ocellalus.

glandes sécrètent activement : aussi la larve se renferme-t-elle, pour v accomplir sa nymphose, dans un cocon qu'elle-même a tissé (fig. 769, 3).

L'Insecte parfait éclôt au bout d'un laps de temps variable : son

llllfll

Fig. 159. — Chrysalide suspendue de Vanessa polychloros.

Fig. 760. — Chrysalide succincte de Pieris brassiese.

existence est de courte durée; il meurt après avoir assuré la reproduction de l'espèce.

Hope appelle scoleciasis les accidents produits chez l'Homme par les larves ou les nymphes de Lépidoptères ou, plus simplement, le fait de la présence de ces larves dans le tube digestif. On en connaît un petit nombre de cas; le plus souvent, la na-

ture exacte des Chenilles ou des Chrysalides n'a pas été déterminée.

Fulvius Angelinus a vu à Ravenne un jeune garçon rejeter des Chenilles par les narines; Church parle d'un individu qui en aurait vomi; Robineau-Desvoidy cite un cas analogue. Pool, de South Mills, Camden Co., N. C, présenta à l'Académie de médecine de Richmond une Chrysalide qu'un jeune Homme de 23 ans avait rendue vivante par l'anus.

A. J. B. Robineau-Desvoidy, Sur des Chenilles qui ont vécu dans les intestins de l'Homme, gui y ont subi leur mue et qui en ont été expulsées vivantes par l'estomac. Comptes rondus de l'Acad. des sciences, III, p. 753, I83G. Arch. gén. de méd., (2), XII, p. 501, 1836.

B. Lunel, Des accidents toxiques dits à la Chenille de l'Aglosse de la graisse. Abeille médicale, XVIII, p. 250, 18G1. Gazette hebdom. de méd. et de chir., VIII, p. 554, 1861.

P. H. Pool, A peculiar intestinal enlozoa. Virginia raed. montlily, VI, p. 985, 1879-1880.

Les Hétérocères forment un premier sous-ordre comprenant toutes les espèces dont les antennes ne sont pas claviformes et correspondant assez exactement aux Crépusculaires et aux Nocturnes

de Linné, ainsi qu'aux Chalinoptères d'Em. Blanchard. On en distingue plusieurs groupes.

Les Micbolépidoptères sont de petits Papillons à longues antennes sétiformes ; les ailes sont réunies par un frein. Les Chenilles ont 16 pattes et sont nocturnes; elles rongent le parenchyme des feuilles, des tiges, des fruits et causent de grands dégâts.

Les Alucites (fig. 761) ont les ailes très profondément découpées. Les Teignes sont très répandues : les Chenilles ont 14 ou 16 pattes et vivent dans l'intérieur des tissus végétaux ou dans des tubes qu'elles ont fabriqué avec diverses substances ; la nymphose s'accomplit dans un cocon. La Chenille de Tinea tapezdla ronge les fourrures, celle de T. pellionelta détruit les étoffes de laine, celle de T. granella (fig. 762) ronge la surface des grains de Blé et de Seigle; celle de Sitoiroga cerealella s'attaque encore au grain de Blé, mais s'enfonce à l'intérieur et commence par détruire l'embryon.

Fig. 761. — Alucila polydactyla.

Fig. 762. — Tinea granella.

Tinea cadaverina a été trouvé par Mégnin à la surface des cadavres humains. C'est un Papillon long de 6 millimètres, d'une teinte argentée avec les poils de la tête roux. La Chenille, longue de 4 a 5 millimètres, est d'un blanc crème avec la tète rousse; elle ronge les tissus des cadavres. La nymphe est nue et se rencontre à la surface du cadavre, dans la poussière dont elle rassemble parfois les grains autour d'elle, à l'aide de rares fils soyeux.

Parmi les Tortricides, citons la Tordeuse de la Vigne (fig. 763), dont la larve éclôt en août, passe l'hiver dans une fissure du cep ou de l'échalas et sort au printemps pour dévorer les jeunes pousses. La Chenille de Grapholita dorsana vit dans les pois, celle de Gr. funebrana et de Gr. pruniana dans les prunes, celle de

Co7ichylis roserana dans les raisins, celle de Fjg 7C3 Tortrix vi Gr. (Carpocapsa) pomonella dans les pommes. lana ^ sos différents

états.

Dounon a vu un malade qui avait avalé gloutonnement un grand nombre de pommes vaariées et chez lequel un certain nombre de larves de Gr. (C.) pomonella avaient échappé à l'action du suc gastrique : parvenues dans l'intestin grêle, elles s'étaient fixées à la muqueuse et avaient provoqué une diarrhée rebelle, dont l'examen des selles fit reconnaître la cause.

Aux Pyralides appartiennent Galleria miellonella, dont la larve vit dans les ruches et se nourrit de miel, et Aglossa pi?igninalis(ûg.lQi).

La larve de l'Aglosse vit de graisse, de beurre ou de lard ; avec ces substances alimentaires, elle s'introduit parfois dans l'estomac, comme Linné l'a signalé le premier.

Les Géométiudes sont des Chalinoptères à ailes tectiformes, c'est-àdire recouvrant le dos pendant le repos ; les antennes sont sétiformes. Les Chenilles, pourvues de 5 à 6 paires de pattes, sont dites arpenleuses, en raison de leur mode spécial de progression ; un

Fig. 764. — Aglossa pinguinalis.

Jj0 CLASSE DES INSECTES.

grand nombre dévastent les arbres fruitiers. Telle est la Phalène des Croseilliers (fig. 765).

Les Noctuines sont des Chalinoptères nocturnes à ailes tecliformes,

Fig. 765. — Abraxas grossulariala.

à longues antennes séliformes, parfois pectinées chez lemâle. L'aile antérieure est souvent ornée, le long de son bord postérieur, d'une ligne ondulée interrompue en son milieu par une marque en W. La Chenille a iQ pattes, rarement 14 ou 12; elle subit ordinairement sa nymphose dans la terre. La larve de la Noctuelle des moissons (fig. 766) dévore les Choux, les Betteraves, les Pommes de terre, etc.

Fig. 766. — Agrolis segelum. Fig. 767. — Mameslra brassiez.

Celle de la Noctuelle du Chou (fig. 767) s'attaque aux plantations de Choux et de Choux-fleurs : elle peut s'introduire dans l'estomac avec ces végétaux, comme Calderwood en a observé un cas en Écosse. Martin Lister et Duméril ont également constaté l'existence de larves de Noctuelles dans l'estomac.

Dans certaines régions d'Australie, Agrotis infusa se ren-

ORDHE DES LEPIDOPTERES. S37 contre en telle abondance que les indigènes, qui l'appellent Bugong, viennent le recueillir. Us arrachent les ailes, puis épluchent et mangent le corps de cet Insecte, ou bien le pilent elle Fument pour en faire des conserves. Les organes de ces Papillons renferment une huile irritante, qui a le goût de noix et produit d'abord des vomissements; mais, au bout de quelques jours, on n'est plus sensible à son action, et cette nourritere ne tarde pas à engraisser ceux qui en font usage.

Les Bombycides sont des Achalinoplcrcs nocturnes, à corps lourd et velu, à antennes sétiformes, pectinées chez le mâle ; la trompe est très réduite, les ocelles manquent presque toujours. Les ailes sont tecliformes : elles s'atrophient chez la femelle d'Orgyia et font complètement défaut chez celle de Psyché. La Chenille a 16 pattes; elle s'enferme dans un réseau ou un cocon pour accomplir sa nymphose.

La Chenille d'un certain nombre de Bombycides est velue et urticante : si on vient à la saisir, on sent une démangeaison des plus vives, en même temps qu'il se produit une éruption vésiculeuse, non seulement sur le point touché, mais aussi parfois en d'autres régions du corps. Les auteurs latins signalent déjà ce phénomène et désignent les Chenilles urticantes sous le nom A'erucee ; Dioscoride les appelle eu-ro^ua et raconte qu'en Espagne on les employait comme révulsif, à l'instar des sinapismes. L'hypoderme de ces Chenilles renferme, en certaines régions, des glandes unicellulaires qui débouchent à la surface de la cuticule chilineuse et dont l'orifice est surmonté d'un poil creux et rigide; ces glandes sécréteraient de l'acide formique, que les poils seraient chargés d'instiller dans la peau.

Les observations de Goossens ont rectifié cette croyance. La Chenille du Cul-brun [Liparis chrysorrhœa) qui dévaste les vergers et les forêts, présente à la face dorsale des neuvième et dixième anneaux deux taches rondes d'un rouge cinabre, dont le centre est occupé par un grand nombre de glandules s'ouvrant chacune au sommet d'un fin tubercule. L'animal est-il inquiété, les tubercules s'érigent et chacun d'eux laisse perler une gouttelette de liquide. Ce liquide s'attache aux poils qui entourent chaque glande, puis se dessèche à l'air et devient pulvérulent : si on touche alors la Chenille ou si le vent trans-

porte cette poussière sur la peau, l'urtication peut se produire. Des faits analogues s'observent encore chez le Cul-doré {L. auriflua), chez le Zigzag [L. dùpar), chez d'autres Liparis encore, chez Lithosia caniola et chez les Processionnaires {Cnethocampa).

La Processionnaire du Chêne (fig. 768) file sur le tronc du Chêne

une toile aux mailles lâches et irrégulières , dans laquelle plusieurs centaines d'individus vivent en commun. Le soir venu, une Chenille sort du nid par un petit orifice percé au sommet et commence à grimper sur le tronc : elle est suivie par un certain nombre d'individus qui la suivent en file indienne, en restant tous en contact les uns avec les autres; puis viennent plusieurs rangs de deux individus, puis des rangs de 3, de 4, de 5, etc. Quand elle s'est repue, la colonne regagne le nid dans le même ordre. La Processionnaire du Pin (Cn. pityocampa) a des mœurs analogues.

Fig. 768. — Cnethocampa processioncaet sa Chenille; région dorsale d'un anneau.

Chez ces Chenilles, les glandes sont moins apparentes et n'ont plus la même forme que chez les Liparis; leur sécrétion se convertit en une matière brune pulvérulente, impalpable, qui adhère aux poils en quantité appréciable. Si on prend une parcelle de celte poussière au moyen d'une aiguille et qu'on l'applique sur la main préalablement mouillée, on ressent aussitôt une vive démangeaison. En opérant ainsi avec la Chenille de Cn. pityocampa, non seulement la main, mais encore les bras, les jambes et tout le reste du corps deviennent le siège d'urtications intolérables; bientôt la figure se boursoufle et les yeux se gonflent. ChezCw. processionea, le nid est encore plus urticant que les Chenilles elles-mêmes, en raison du grand nombre de peaux provenant des mues, qu'il retient dans ses mailles et auxquelles adhèrent encore les poils chargés de poussière irritante.

Certains Gastropacha sont encore urticants, entre autres ce-

ORDRE DES LÉPIDOPTÈRES. 539 lui de la llonce {G. rubi); les Chenilles des Arctia el des Bombyx ne le sont pas.

Pourquier Urticaire du Cheval produite par les poils du Bombyx procès-

5Wn:'tot^-^^-«^^77A"na.es de la Soc entomol. de Frlïce (b) I p. 231, 1881. - M., Des Chenilles vésicanles. Ibidem, (G), VI,

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Ibidem, p. 275. ....

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E. B. Poulton, The fluid ejecled by Notodontian caterpillars. Amer. Naturalist, XX, p. 811, 1886. — Id., The sécrétion of pure aqueous formic acid by Lepidopterous larvx for the purposes of défense. Nature, XXXVI, p. 593,

N. Manders, The urticating properties of certain larvx. Entomol. monthly magasine, XXIV, p. 118, 1887.

Bombyx (Sericaria) mori (Bg. 769) est le plus important des Lépidoptères. Sa Chenille ou Ver à soie vit en Chine sur les feuilles de Morus alba; elle y a été domestiquée environ 2700 ans avant notre ère par Louï-See, femme de l'empereur Hoang-Ti. Au sixième siècle, sous le règne de Juslinien, des voyageurs grecs rapportèrent de l'Inde à Constantinople les œufs des premiers Vers à soie cultivés en Europe; la graine en fut ensuite portée en Italie vers l'époque des croisades. On ne commença guère, en France, à cultiver cette précieuse Chenille que vers le seizième siècle : Sully encouragea vivement l'industrie naissante. Aujourd'hui, de nombreuses magnaneries existent dans la région méditerranéenne, où la sériciculture est florissante : elle l'était encore plus naguère, avant que les Vers ne fussent frappés de diverses maladies, dont les belles recherches de Pasteur ont heureusement permis d'arrêter l'extension.

Ces maladies sont au nombre de trois principales. La muscardine est due à 1 invasion des organes par une Mucédinée découverte par Uassi en 183:; et appelée Botrytis Bassiana par Balsamo Crivelli La flachene lient à ce qu'un Microbe particulier, Micrococcus bombycis U)hn, produit une fermentation de la feuille de Mûrier et cau<e ainsi des troubles digestifs. Lu gatline ou pébrine a pour origine la pénelrahon et la pullulation dans tous les organes d'organismes

Fig. 7G!>. — Bombyx mort à ses divers états. — I, Chenille ou Ver à soie; 2, 4, Chrysalide; :), cocon; 5, Papillon femelle; 6, Papillon mâle.

parasitaires ou corpuscules de Cornalia, dont Balbiani a reconnu la véritable nature : ce sont des Sporozoaires de l'ordre des Microsporidies. De l'ovaire, ces organismes passent dans l'œuf et se propagent ainsi à la larve qui va en sortir; aussi n'est-on assuré de la pureté d'une ponte qu'après avoir constaté l'absence des Psorospermies dans les tissus de la femelle qui l'a produite : à cet effet, on broie dans l'eau le corps de celle-ci, puis on l'examine au microscope à un grossissement de 300 diamètres environ.

Le fil de soie que la Chenille file pour lisser le cocon dans lequel elle va accomplir sa nymphose a une longueur d'environ 500 mèlres; il se dévide aisément, sauf dans la partie la plus interne, qui est comme parcheminée. La soie ainsi obtenue sert à de nombreux usages, notamment à la fabrication des étoffes. On l'a aussi utilisée en médecine : elle entrait dans la confection d'Hyacinthe, dans l'élecluaire Diamoschus, dans le sirop de pomme, le sirop d'écorce de citron, la confeclio alkennes, les espèces cordiales, etc. L'ancienne pharmacopée employait les cocons et la bourre de soie sous les noms de sericwn et de folliculi bombycis pour la préparation des gouttes anglaises céphaliques, dont Tourneforl a fait connaître en France la formule en 1700, et que l'on jugeait souveraines dans l'hystérie, l'hypocondrie, la migraine, etc.

Bombyx mori n'est point le seul Lépidoptère dont la soie puisse être utilisée pour la confection des étoffes ; il est vrai que c'est lui qui

Fig. 770. — Saturnia carpini femelle;.

donne la matière première de meilleure qualité. On a tenté avec succès d'acclimater en France certains autres Bombyciens séricigènes, appartenant au genre Saturnia Schrank (Attacus Hiibner). Tels sont S. cynthia, qui vil en Chine sur l'Allante; S. yama-maï, du Japon, S. Vernyei S. Roylei, de Chine, S. mylilta, du Bengale, S. polyphemus, de l'Amérique du Nord, qui tous se nourrissent des feuilles du Chône ; S. arrîndia, qui vit en Chine sur le Ricin ; 5. cecropia qu. est originaire des États-Unis et mange la feuille du Prunier. En France vivent deux belles Saturnies dont la soie n'est pas utilisée, le ,rand Paon de nmt (S. pavonia major ou S. pyri) et le Petit Paon (à. pavonia minor ou S. caipini, fig. 770).

En Chine, on mange la Chrysalide du Ver à soie et aussi,

paraît-il, La Chenille d'une espèce de Sphinx; du temps d'Aldrovande, les soldats allemands mangeaient en friture le Ver à soie. A Madagascar, ou mange également, frite ou bouillie, la Chrysalide d'un Bombyx séricigène qui vit sur un Cytise. Sparrmann a vu les Boschimans se nourrir de Chenilles et les estimer comme une gourmandise. Dans le Haut-Ogooué, Cuirai a vu les Batékés recueillir des larves de Salurnie. Sigaud indique sous le nom de bicho da Taquarâ une Chenille dont se régalent les Indiens du Brésil. Enfin, les indigènes de certaines contrées d'Australie recherchent les Chenilles à'Hepialus grandis et de quelques autres espèces.

Les Sphingides ou Crépusculaires sont des Chalinoptères dont la trompe atteint une très grande longueur; ils l'introduisent en volant dans la corolle des fleurs. Acherontiaatropos, dont la grosse Chenille

verte vit sur les feuilles de Pomme de terre, est le plus gros Papillon de nos pays; la face supérieure de son Ihorax est marquée d'une tache jaune d'ocre qui ressemble à une tête de mort. Sesia apiformis (6g. 771) et d'autres espèces voisines sonl remarquables en ce qu'elles ont acquis l'aspect extérieur de certains Hyménoptères.

Fig. 771. — Sesia apiformis. Les Rhopalocères forment un

second sous-ordre qui comprend tous les Lépidoptères diurnes. Ce sont des Achalinoptères dépourvus d'ocelles et de palpes maxillaires, à antennes claviformes ou capitées; au repos, les ailes sont verticales. La Chenille a 16 pattes et ne se renferme pas dans un cocon : la Chrysalide se suspend simplement par quelques fils (fig. 759 et 760).

Ce groupe renferme un grand nombre de formes, sans intérêt pour nous. Les Hespérides (Hesperia), les Lycénides (Polyommatus, Thecla), les Satyrides (Satyrus, Erebia), les Nymphalides (Vanessa , Mclitaea), les Piérides (Pieris, Colias), les Danaïdes [Banals), les Héliconides (Heliconius) et les Équitides (Papilio, Doritis) sont les principales familles. Les Piérides sont des Papillons blancs ou jaunes très communs dans les jardins : leurs Chenilles ravagent le Chou (fig. 772), le Navet, l'Aubépine, etc. Les Héliconides abondent au Brésil et dans d'autres régions de l'Amérique du sud : leurs vives couleurs les désignent aux Oiseaux comme une proie facile, mais ils émettent une

odeur àcre et pénétrante qui fait que ceux-ci ne les pourchassent jamais. Par voie de sélection naturelle, les Leptalis, certains Eryc.nides

Fig. 772. — J'ieris bmssicœ femelle.

et quelques Papillons nocturnes ont acquis la plus grande ressemblance avec les Héliconides et, bien que n'émettant aucun liquide irritant, jouissent de la même immunité.

Les Coléoptères (8g. 773) ont les ailes antérieures transformées en ilytves, organes rigides et chitineux qui, à l'état de repos, s'étalent horizontalement sur le thorax et l'abdomen et recouvrent entièrement les ailes postérieures, membraneuses et repliées en travers. Au moment du vol, les élytres se soulèvent pour permettre de se mouvoir aux ailes de la seconde paire, mais ils ne prennent eux-mêmes aucune part au vol.

Les antennes ont en général 11 articles; de forme très variable, elles sont plus grandes chez le mâle. Les ocelles manquent le plus souvent; les stemmates ne disparaissent que chez quelques formes vivant dans les cavernes (Aphaenops, Claviger, Adelops, etc.). Les pièces de la bouche (fig. 774 et 775) sont disposées pour mâcher et pour broyer : les palpes labiaux, c, ont 3 articles, les palpes maxillaires, i, en ont 4; chez les espèces carnassières, le lobe externe des maxilles, h', se segmente et a l'aspect d'un palpe.

Le prothorax est libre et de grandes dimensions; il constitue un corselet qui s'articule avec la tôte et avec le mésothorax ; celui-ci est

Fig. 773. — Procrastes coriaceus.

très réduit. Le métathorax s'unit à l'abdomen par une large base. Les

pattes sont diversement conformées; le nombre des articles du tarse

est variable et a été pris comme base de la classification de ces

Insectes.

L'appareil digestif (fig. 776) est long et sinueux, chez les Coléoptères carnassiers, il présente un gésier, g, en avant de l'estomac, e; les tubes de Malpighi, tm, sont au nombre de 4 ou 0.

Les métamorphoses sont complètes. Les larves sont le plus souvent lucifuges et demeurent cachées soit dans la terre, soit dans des troncs d'arbre, etc. Leur bouche est disposée pour mordre, leur nour-

Fig. 774. — Bouche de Promûtes co- Fig. 775. — Maxille droite de Cicinriaceus, — a, menton; c, palpe la- delà campestns. — g, tige; h, lobe bial ; d, mandibule; e, maxille; h', interne;/;', lobe externe ou galea; galea; i, palpe maxillaire. palpe maxillaire; n, dent mobile

interne ou onglet.

riture ne diffère pas de celle des adultes. Les stemmates font défaut, mais elles possèdent des ocelles. Elles sont vermiformes, apodes et céphalées (Curculionides) ou portent au contraire trois paires de pattes thoraciques et môme des rudiments de patles sur les derniers anneaux de l'abdomen. Chez la nymphe, les membres font librement saillie.

Les Thiuèrks ou Cryptotétrwmères ont les tarses formés de 4 articles, dont un reste rudimentaire. A ce groupe appartiennent les Coccinellides (Coccinella, Chilocorus, Scymnus) elles Endomychides (Endomychus, Lycoperdina).

Les Tétramèiies ou Cryp top entamer es ont les tarses formés de 5 articles, dont un reste rudimentaire. La plupart sont de petite taille, mais n'en causent pas moins de grands ravages dans les plantations de toute sorte.

Les Chrysomélides sont ordinairement ornés de couleurs brillantes ; la larve et l'animal parlait vivent ensemble sur les feuilles; au moment de la nymphose, la larve se suspend par son extrémité postérieure. La Chrysomèle de la Pomme de terre [Lcplinoiarsa decemlineata) est tristement célèbre aux États-Unis sous le nom de Colorado

fieetle et môme eu France sous le nom impropre de Doryphore du Colorado :

elle s'attaqua «à 1» Pomme de terre, ainsi qu'à tous les autres Solanum et qu'à bon nombre d'autres Solanées.

Haltka okracca ronge les feuilles du Chou. Crioceris merdigera vit sur le Lis ; C asparagi (fig. 777) se trouve sur l'Asperge.

Les Cérambycides ou Longicornes ont de très longues antennes; tous sont phytophnges ; leurs larves se creusent des galeries dans les troncs d'arbre. Un grand nombre de ces Insectes sont de grande taille ; aussi leur larve charnue et volumineuse est-elle parfois recherchée comme aliment.

Les Romains faisaient grand cas d'une larve qu'ils appelaient Cossus et qui provenait du Chêne : c'est probablement la larve de Cerambyx héros (fig. 778), à moins que ce ne soit celle de Prionus coriarius (fig. 7"9) ou de Lucanus cervus; on ne saurait du moins la confondre avec la Chenille de Cossus ligniperda, Lépidoptère dont la larve vit dans le Saule et l'Orme. Dans l'Amérique du Sud, la larve de Macro doHlia cervicornis, qui se loge dans le bois des Bombax, se mange rôtie; elle atteint environ i5 centimètres de longueur et est évidemment recueillie avec la larve de quelques espèces voisines. A la Jamaïque et à l'île Maurice, on estime les larves de certains Prionides

b'ifi. 17G. — Appareil digestif de Curabus momlis, d'après Newport. — e, estomac; g, g'.sier; ga, glandes anales; gr, glandes rectales ;/, jabot; œ, œsophage ; r, rectum ; tm, tubes de Malpighi.

Blanchard. — Zool. niéd. II. — 35

Ut

appelés Moulac et Macoco. Dans l'Afrique occidentale, on recherche la larve û'Ancyltmolus iribulm ; à Ceylan, celle de quelques Balocères, entre autres Baloccra rubust.

Les Curculionides ou Charançons constituent la plus nombreuse famille de l'ordre des Coléoptères. Ces Insectes, ordinairement de très pelite taille, ont la lofe prolongée en avant en une sorte de museau ou de bec, à l'extrémité duquel se trouve la bouche; leurs téguments sont d'une extrême dureté. Il est peu de plantes qui n'en nourrissent au moins une espèce. I.e Charançon du Ule (lig. 780) est long de 4 millimètres : il dépose ses œufs sur le

Kig. 777. — Crioceris asparagi.

Fig. 778. — Larvo de Cerambyx héros.

grain de Blé; la larve pénètre dans le grain et en ronge l'intérieur.

Calandra oryzae détruit également les grains de Riz. Ceulorhynchus sulcicollis attaque le Chou. Anlhonomu» pomorum vit sur le Pommier, A. pyri sur le Poirier.

La larve de certaines Calandres vit dans la lige des Palmiers : elle atteint 7 à 8 centimètres de longueur et peut être comestible. Tel est le cas à la Guyane hollandaise pour Calandra (Rynchophorus) palmarum, aux Indes, en Indo-Chine et dans l'archipel malais pour Prionus coriarius. ^ • ferruginea.

Les Larins se rencontrent sur les Carduacées et d'autres Composées : l'un d'eux, Larinus nidifi-

Fie. 77'.).

OHDRE DES COLÉOPTÈRES.

cans Guibourt (L. subrugosus Ghevrolat), mérite de nous arrêter (ûg. 7S1). Sa larve vit sur un Onopordon et détermine sur les tiges la formation de coques dans lesquelles elle se renferme pour se transformer en nymphe. Ces coques ont à peu près la taille d'une olive; elles sont ovoïdes, rugueuses et de couleur blanc grisâtre ; quand on les détache de la tige, l'emplacement de celle-ci est indiqué par une fente laissant voir la cavité interne; souvent aussi elles sont percées à l'un des pôles d'un trou par lequel l'Insecte adulte s'est échappé.

Les coques du Larin se récoltent en Syrie, dans le désert

Fig. 780. — Calamlra granaria très grossi.

Fig. 781. — Larinus nidifècans et sa coque. — A, coque entière; C, coque ouverte par le Larin ; C, coque coupée en deux pour montrer l'Insecte desséche.

entre Alep et Bagdad; les Arabes les appellent thrane; à Constantinople, on leur donne le nom de' tréhala ou tricala (1). En Turquie, en Asie Mineure et en Syrie, on les concasse avec l'Insecte qu'elles renferment et on les emploie en infusion à la

(1) Elles ne viennent pas de la ville de Tricala en Thessalie, malgré la simi litude de nom. Le Dr Balian, de Coustantinople, est d'avis que le mot tréhala est une corruption de téhérani, nom sous lequel on les connaîtrait à Damas ou elles auraient été jadis importées de Téhéran.

CLASSE DBS INSECTES.

close de 15 grammes par litre d'eau; elles se dissolvent incomplètement. L'infusion se prescrit dans le cas d'affection des voies respiratoires, notamment de bronchite catarrhale.

Berthelot a fait l'élude chimique de la coque. Pour 100 parties, il a reconnu : amidon, 66,54; gomme peu soluble, 4,66; sucre et principe amer, 28,80. L'incinération laisse 4,60 p. 100 de cendres, résidu formé presque entièrement de carbonate de chaux et d'une petite quantité de phosphate de fer. Le sucre est la Iré/ialose, C,2[i2!Ou,2H20, qui cristallise en octaèdres rectangulaires, durs et brillants; une température de 130° lui fait perdre son eau de constitution. Cette substance a la plus grande ressemblance avec la mycose, dont elle ne semble différer que par son pouvoir rotatoire plus élevé; Mûntz l'a rencontrée aussi chez beaucoup de Champignons, à côté d'autres sucres : quelques espèces, telles qu'Agaricus muscarius, la renferment seule.

Un autre Larin, probablement Larinus maculalus, s'observe en Perse sur Echinops eandidus. Sa coque a été signalée par Angélus sous le nom de schakar el ma-aschcr, c'est-à-dire sucre des nids; c'est elle, sans doute, que le Bengal dispensatorium désigne sous le nom de manne lighal ou sucre lighal et considère comme fournie par Calotmpis procera. Suivant Sch'.immer, ce produit est très peu sucré et son goût rappelle celui de l'amidon; c'est un pectoral puissant, qui calme les toux les plus opiniâtres.

Angélus, Pharmacopsea persica ex idiomnte persico in iutinum conversa. Lutetiœ, 1618 .

Guibourt, Notice sur le tréhala. Journal de pharmacie, XXXIV, p. 81, 1858. — Id., Notice sur une matière pharmaceutique nommée le tréhala, produite par un Insecte de la famille des Charançons.' Comptes vendus de l'Acad. des se, XLVI, p. 1213, 1858.

M. Berthelot, Nouvelles recherches sur les corps analogues'au sucre de canne. Annales de chimie et de physique, (3), LV, p. 20», 1859. Voir p. 272.

G. Apping, Unlersuchungcn ïiber die Trehatumanna. Inaug. Diss., 1885.

Les Bruchides ont le corps trapu, le rostre court et large, les antennes non coudées. Leur larve vit dans la graine des Légumineuses : celle de Bruchus pallidicornis (fig. 782) se développe dans la lentille, celle de Br. phi dans le pois, 'celle de Br. rufimanus dans la fève.

Les Hétéromères ont o articles aux tarses des deux paires de

Fig. 782. — Bvuclnts pallidicornis. gfâ

ORDRE DES COLÉOPTEUES. 549 pâlies antérieures et 4 articles seulement à ceux de la paire postérieure.

A ce groupe appartient l'importante famille des Méloïdes ou Vésicants, qui comprend plus de 800 espèces, surtout répandues dans les régions chaudes. Ces Insectes sont aussi remarquables par leurs propriétés vésicantes ou épispastiques que par leurs métamorphoses compliquées : ils passent par quatre formes successives, avant d'arriver à l'état de nymphe.

Le genre Meloe Linné, 1735, comprend un grand nombre d'espèces qui se rencontrent pour la plupart dans l'ancien continent. Les antennes sont moniliformes, à H articles; les hanches de la deuxième paire de pattes recouvrent celles de la troisième paire. Les élytres ne sont point connivents et ne se réunissent point suivant une ligne droite, mais se croisent et se recouvrent à leur base, comme chez les Orthoptères ; ils sont courts, s'écartent fortement l'un de l'autre en arrière et se réduisent à une paire de lamelles chitineuses qui laissent à nu la plus grande partie de l'abdomen (fig. 783). Ce dernier, informe et semblable à un sac chez la femelle, peut néanmoins être entièrement recouvert chez le mâle. Les ailes membraneuses font défaut, d'où un raccourcissement notable du métalhorax.

Les Méloés se montrent dès le début du printemps : abondants en mai, ils disparaissent ordinairement vers la fin de juin. Ils vivent dans l'herbe et se nourrissent de plantes basses, comme le Pissenlit, la Violette, la Renoncule.

Fig. 783. — Meloe au iumnalis femelle.

Meloe cicatricosus Leach.

Celle espèce habite la France ; Newport, puis Favre en onl étudié les métamorphoses.

L'accouplement a lieu au premier printemps ; le mâle meurt aussitôt après. Le moment de la ponte venu, la femelle creuse dans le sol, à l'aide de ses pattes antérieures et en repoussant la terre avec ses autres pattes, un trou profond de 26 millimètres; elle se crani-

CLASSE DES INSECTES, ponne alors sur le bord de ce trou, dans lequel son abdomen e«l engagé, et y pond une masse d'œufs jaunes et cylindriques- elle comble ensuite le trou et en fait disparaître la moindre trace. Après un copieux repas, elle recommence le même travail en deux ou trois autres endroits; elle dépose ainsi dans le sol plus d'un millier d'œufs.

Au bout de 28 à 43 jours, la larve éclôt ; c'est un animal allongé (fig. 784, A), de couleur jaune, à tête triangulaire pourvue de deux ocelles et de deux antennes Inarticulées, terminées par une soie ; l'abdomen porte quatre longues soies à son extrémité. Les pattes sont très écartées et terminées chacune par trois griffes, d'où le nom de Triongulinus sous lequel L. Dufour avait décrit cette larve, la considérant comme un animal adulte, bien que Degeer eût indiqué

déjà sa véritable nature. Kirby est tombé dans la même erreur et l'a appelée Pediculus melittae.

Le Triongulin grimpe en effet sur les fleurs des Ombellifères, des Renonculacées, des Labiées, des Crucifères, etc., et se fixe à la première Abeille qui vient les visiter. Transporté dans la ruche, il quittele corps de l'Abeille, se pose sur l'œuf pondu dans l'alvéole et se trouve bientôt emprisonné par un couvercle de cire à l'intérieur de ce dernier. Il commence alors par dévorer l'œuf, puis mue et se transforme en une larve molle, organisée pour se nourrir de miel.

La deuxième larve, B, est formée de 12 anneaux, dont les deux extrêmes sont dépourvus de stigmates : les yeux font défaut, les mandibules sont fortes et courtes, les antennes et les pattes sont triai ticulées. Ces dernières se terminent par une griffe simple.

oit DRU DES COLÉOPTÈRES,

Quand elle a consommé sa provision de miel et ulleint son complet développement, la deuxième larve mue et passe à l'étal de fausse nymphe ou de pseudo-chrysalide, C. C'est un être inerte, de consistance cornée, long de 20 millimèlres, incurvé en arc; sa lélc porte quelques saillies immobiles, ses trois premiers anneaux ont de simples protubérances à la place des pattes. L'enveloppe cornée de la pseudo» chrysalide finit par s'isoler : elle enveloppe alors une troisième larve molle et vermiforme, assez semblable à la seconde, mais qui reste immobile et sans prendre de nourriture. Celle nouvelle larve ne se montre qu'après l'hiver : en très peu de temps, elle se transforme en une nymphe véritable, D, de laquelle l'adulle lui-môme provient bientôt,

G. Xewport, On the natural histovy, anatomy and developmenl of oit lieetle, Me/oc, more especiatlt/ of Meluc cicatricosus Leach. — /. The nalural history ofMeloë. — II. The hislory and général anatomy ofMeloë, and ils af/inities, compared with l/iose of Strepsiplera and Anoplura, ivîlh référence to the connexion which exisfs between structure, function and instinct. Trans, Linn. Son. Londou, XX, p. 297 et 321, 181".

Meloe variegatus Donovan . — Cet Insecte (fig. 785) est d'un noir verdàtre bronzé ou d'un vert métallique bleuâtre ou ;i reflets purpurescents; sa longueur varie de il à 25 millimètres, suivant que la larve s'est nourrie d'une plus ou moins grande quantité de miel. La tôle, le corselet et les élytres sont marqués de ponctuations rugueuses, les

Fig. 785. — Meloe variegatus femelle.

Fig. 78(i. — Meloe prps- Fig. 78

cardbaeus mâle.

Meloe pros~

oarabaeus femelle.

antennes sont courtes, filiformes, assez épaissies; les pattes sont bronzées et violacées. P SOnt

Le Triongulin est long de 2 à 3 millimètres, d'un noir luisant et capable de percer le tégument des Abeilles : 10n seul me "" se gl|«e par*, les poils qui hérissent l'abdomen de celles -ci m l il est capable aussi de perforer la membrane qui en reu t ,es d e

anneaux et détermine ainsi chez son hôte des convulsions mortelles, I.e développement est encore inconnu.

Le Méloé bigarré se rencontre dans toute l'Europe, au Caucase et dans le nord-ouest de l'Asie; il est commun en France el eu Allemagne.

Mkloe proscarabaeus Linné. — Il a le infime habitat que le précé- ' dent, mais est plus abondanL. D'un noir bleu à reflets violacés, marqué de ponctuations sur la tête et le prolhorax, il a jusqu'à 30 millimètres de longueur (flg. 786 et 787). Le corselet est presque carré, peu rétréci en arrière et arrondi aux angles ; les ôlytres semblent gaufrés, marqués qu'ils sont de stries transversales; ils peuvent atteindre et môme dépasser l'extrémité de l'abdomen, chez les mâles de petite titille.

Le développement n'a pas encore été observé. On sait du moins que le Triongulin peut se rencontrer sur l'Abeille domestique, entre les poils du thorax, mais qu'il ne perce jamais la peau. 11 est d'un jaune plus ou moins foncé et n'a pas 3 millimètres de longueur; sa tête est plus arrondie, moins triangulaire que dans l'espèce précédente.

D. Sharp, On Ihe lama of Meloe proscarahaeus , Transact. of the ontoraol. Soc. of London, p. xxx, 188G.

Mei.oe maïalis Linné, 1758. — D'un noir mat, sans reflets métalliques, ce Méloé est long de 27 à 40 millimètres. Les antennes sont filiformes, à sommet échancré ; la tête, le corselet et les élytres sont très peu rugueux. Les anneaux de l'abdomen sont séparés les uns des autres par une bande transversale rouge. Cet Insecte est répandu en France, en Allemagne, cri Espagne et en Algérie. Pendant plus de deux siècles, il a joui d'une grande réputation comme spécifique contre la rage.

Meloe tuccius Rossi. — 11 est commun dans le midi de la France et en Italie ; il est de couleur noire el long de 27 à 40 millimètres ; les ' antennes sont courtes et filiformes ; la tête, le prolhorax et les élytres sont profondément ponctués; le prolhorax est échancré à son bord postérieur.

Meloe rugosus Marsh. — D'un noir mat, avec des antennes épaissies au sommet et des élytres très rugueux. On le trouve dans le midi de la France.

Parmi les espèces françaises, citons encore Meloe autumnalis (fig. 783), M. cyunew, M. violaceus, M. purpurascens et M. brevicollis. En Amérique, on recueille .V. americanus. Aux Indes, on fait usage de M. irianthemac, qui vit sur les Ileurs des Cucurbitacées.

C'est sans doute aux Méloés que les anciens appliquaient le

nom de Buprestes, et non aux Insectes désignés actuellement lus cette dénomination. Cachés dans l'herbage, ils peuvent IZ avalés par le bétail, dont ils avaient la réputation de causer te mort Fort appréciés autrefois, ainsi que les Canlhandes, comme antirabiques et administrés à l'intérieur sous différentes formes ils auraient aussi causé, en mainte circonstance, la mort des malades qu'ils eussent dû guérir (1). La médec.ne vétérinaire les a longtemps utilisés, notamment dans certaines maladies des Chevaux; aujourd'hui, pas plus que la médecine humaine, elle n'en fait un usage régulier. Leurs propriétés vésicantes sont égales à celles des Cantharides, mais ces dernières sont préférées, parce que leur habitude de se tenir par bandes rend leur récolte plus abondante et plus facile. H. Blanchard, Les Insectes antirabiques. Revue scientifique, I, p. 4C7, I88C.

Les Mylabrides ont les antennes claviformes ; le métathorax est normalement développé, par suite de la présence de deux ailes membraneuses. A ce groupe se rattachent les genres Cerocoma, Mylabn's, Lydus et Hycleus.

Cerocoma Schaeffert Fabricius, 1 801 . — Les Cérocomes on t des antennes à 9 articles ; le second présente chez le mâle une grande expansion foliacée. C. Schaeffert (fig. 788) se trouve dans le midi de la France et. jusqu'aux environs de Paris : il vit sur les fleurs des Graminées, des Ombellifères et des Composées. C'est un bel Insecte dont la teinte varie du bleu au vert métallique ou doré, relevé de poils fins blunc cendré; il est long de 10 à lo millimètres; la tête est petite et noire, le thorax noir, les antennes Fig. 788. — Cerocoma et les pattes jaunes. Schsefferi,

Cerocoma Schreberi Fabricius, 1801. — Cette espèce se rencontre en France eten Allemagne. Seslarves vivent en parasites dans lescellulesde certains Hyménoptères. La pseudo-chrysalide se trouve en octobre dansles couloirs de Colletés signata Kirby ; d'un jaune pâle, longue de 10 millimètres et large de omm,5, elle ala forme d'une nacelle légèrement incurvée à ses deux extrémités ; les appendices ne sont

(1) « Le Scarabé Méloé recommande comme un remède efficace contre la morsure des Chiens enragés, pris en entier, par un garçon de six ans, l'a tué visiblement. » Romme, Observation sur l'effet du Scarabé Méloé dans la rnge. Journal de physique, XIV, p. ?28, 1779.

représentésquepar decourts moignonsdecouleur brune ; lesstigmates sontrougeàlrcs, un peu saillants. Elle resteen cet état pendant toutïhiver ; au commencement de mai, elle mue et se transforme en unelarve blanche, longue de 1K millimètres environ, à pattes courtes et incolores, à pièces buccales un peu jaunâtres, à antennes ayant la forme de gros moignons. Pendant 3 ou 4 jours, cette larve manifeste une assez grande activité; puis elle devient immobile. Vers le vingtième jour après son apparition, la larve mue et la nymphe apparaît.

Celle-ci est longue de 11 millimètres environ, blanc jaunâtre, à pattes et pièces buccales presque transparentes; les antennes, teintées de jaune, sont énormes et irrégulières; les jambes delà première paire sont renflées, presque globuleuses; les anneaux sont couverts à la face dorsale de rangées de soies raides, peu serrées. La .nymphe acquiert progressivement une teinte plus foncée et, au bout d'un mois, passe à l'état parfait.

J. Vinra y Carreras, Sobre las propriedades vesicantes de los Cerocomos, de, los Mylabres y de los JEnas. Revista de clinicas raed. Barcclona VII n 851

H. Beauregard, Sur te développement des Cerocoma Schreberi el Slenoria apicalis. Comptes rendus de l'Acad. des se, XCIX, p. 148, 1884. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), I, p. 507, 1884.

Les Mylabres ont les antennes renflées en bouton à l'extrémité, formées de 11 articles dont les 2 à 4 derniers sont parfois soudés. Les élytres sont élargis en arrière et recouvrent les ailes et l'abdomen : le fond est noir et marqué de bandes ou de taches rouges. Les cuisses et les jambes sont linéaires; ces dernières sont munies de longs éperons terminaux; les tarses, longs et aplatis, sont armés de deux griffes.

Le genre Mylabris renferme plus de 200 espèces, confinées dans l'ancien continent et surtout abondantes dans la région méditerranéenne; l'uniformité de leur coloration les rend fort difficiles à distinguer les unes des autres. Ces Insectes se tiennent sur les Graminées et les plantes basses exposées au soleil; leurs métamorphoses, encore ignorées, sont sans doute analogues à celles des autres Vésicants. C'est eux que les anciens désignaient sous le nom de Cantharides et qu'ils employaient pour l'usage médical : » Les Cantharides, dit Dioscoride, qui ont le corps allongé, épais et les élytres parés de bandes transversales jaunes, sont très efficaces; celles au contraire qui sont de teinte uniforme n'ont point de vertu. » On ne les utilise guère en France, bien que certaines espèces

ORDRE DES COLEOPTERES. SSfe

soient très vésicanles et puissent môme servir à l'extraction de la cantharidine.

Mylaiwis v.wuahilis Pallas.— Corps long de 18 à 20 millimètres ;tôte et thorax noirs et velus; élvtres noirs avec trois larges bandes transversales jaunes inégales : la première occupe la base, la seconde est vers les deux cinquièmes de lu longueur, lu troisième est à une faible distance de l'extrémité. C,e Mylabre habite l'Europe méridionale; il remonte en France jusque dans la vallée de la Loire et, par exception, jusqu'aux environs de Paris ; il vit sur les fleurs des Composées. On l'emploie en Italie, en Grèce, en Turquie et en Égypte.

Mylabms cyanescens Illiger. — La taille est à peu près celle du précédent. La tôle et le corselet sont noirs et velus; les élytres sont jaune brunâtre, avec trois paires de taches noires poncliformes. Cette espèce est répandue en Espagne et dans le midi de la France; Farines, de Perpignan, la recommande comme plus vésicante que if. variabilis.

La France méridionale possède encore quelques espèces : M. Fuesslini (fig. 789), M. qttadripunctata, M. duodccimpunclaln, M. ge-

Fig. 78!). - Mi/labris Fuesslini. Fig. 790. - Mylabris MH&kv.

minata, M. flexuosa; cette dernière, d'après A. Richard, ne serait pas vésicante. r

En Grèce, les moines de Phanéromène, près Eleusis, emploient M. bunaculata contre la rage : ils le pilent avec les feuilles dîune Asclepiadee (Cynanchum excelsum) et l'administrent à l'intérieur

.1/ oleae Caslelnau est utilisé en Algérie et au îiaroc ; AT. inàica Fussl., 1 est à Pondichéry ; une autre espèce des Indes, M. pustule!,, lard "e S6rait PaSd°Uée de Pr°Priétés épispastiques, d'après Ri-

M. sidae Fabricius est très usité en Chine, d'où on l'exporte en Allemagne ; fes élytres sont d'un brun rougeâtre, marqués de bande* |Mfcrn fig. 790) est éga.ement chinois : i. ressemble beaucoup à VanablhS> maiS en diffè- sa taille un peu plus grande et pa

ses bandes noires plus étroiles, donl l'antérieure est interrompue ou s'arrête avant d'atteindre le bord interne de l'élytre.

Preatat, AWe sur Hemplni du Mylahris intemtpta, comme succédané de la Canthande. Recueil de mcm. do méd. militaire, (:(), XXXII, p. 94, 187G.

Ici se place le genre Hycleus Latreille : H. Billbergi habite le midi de l'Europe, H. Argus se Irouve au Sénégal.

Le genre, Lydus a des antennes à il articles, longues et légèrement renflées vers l'extrémité. I. algiricus et L. fl m- i permis sont européens.

Les Cantharidides ont les antennes grenues et non renlléos à l'extrémité, les mâchoires sans appendices ; les ailes membraneuses existent. Ce groupe renferme un grand nombre de genres, dont les nombreuses espèces sont toutes plus ou moins vésicantes.

Sitaris muralis Latreille, 1806.

Synonymie : Necydalis humuralis Fabricius, 1781.

Les Sitaris sont reconnaissables à leurs élylres béants, qui ne recouvrent qu'imparfaitement les ailes membraneuses, vont en s'amincissant et se terminent en pointe obtuse; les antennes sont filiformes, les hanches postérieures sont éloignées de celles de la seconde paire ; le crochet inférieur du tarse est simple ou pecliné.

S. muralis (fig. 791, A) habile l'Europe méridionale ; il est commun dans le midi de la France et remonte parfois jusqu'aux environs do Paris. Ses métamorphoses ont été observées par Fabre.

Un Ilyménoptère collecteur de miel, Anthophora pilipes, se creuse dans la molasse ou sur les talus exposés au midi des trous profonds de 20 à 30 centimètres, au fond desquels il construit ses cellules. En mai, il est en pleine activité : il butine le miel sur les fleurs, en remplit les cellules, pond un œuf dans chacune d'elles, puis la recouvre d'un épais couvercle de terre ; il meurt ensuile, la reproduction de l'espèce étant assurée.

En août et septembre, les Sitaris viennent s'accoupler au voisinage des nids de l'Anthophore; le mâle meurt après la copulation, mais la femelle s'enfonce à reculons dans l'orifice d'une, galerie et y pond ses œufs en un monceau informe, qu'elle abandonne là sans plus en prendre soin. Il en sort, vers la fin de septembre ou le commencement d'octobre, des larves, B, d'un noir verdâlre ayant à peine un millimètre de longueur; elles ont de longues antennes, deux paires d'ocelles, des mandibules puissantes, de longs palpes maxillaires

ORDKE DES COLÉOPTÈRES. M»

biarticulés. Ces larves sont pourvues de pattes vigoureuses, termi- « un seul croche. ; néanmoins, elles resien! mmob.lea U entrée de la galerie et y passent tout l'hiver. Vers la fin d a ni au I ncnt où les An.hopnores commencent à sortir, elles sorte,, d Lr torpeur et se fixent sur les mâles de ces Hyménoptères; 1 les passent plus tard sur les femelles, sans doute au moment de lac

couple,,, eut. . »»n.,T*n

Quand l'Anthophore femelle a achevé de construire ses cellules

Fig. 791. — Hypermétamorphose do Silaris murait», d'après Kabre. — A. Insecte adulte; B, première larve ; C, deuxième larve ; D, pseudo-chrysalide; E, troisième larve ; F, nymphe vue par la face ventrale.

et les a remplies de miel, elle pond un œuf dans chacune d'elles. La larve du Silaris abandonne alors l'Abeille et grimpe sur l'œuf dont elle rompt l'enveloppe à l'aide de ses mandibules. Au bout de huit jours, l'œuf est dévoré et la larve a grossi notablement; elle mue alors et se transforme en une seconde larve ovalaire, aplatie, longue de 2 millimètres environ, qui flotte immobile sur le miel.

De 35 à 40 jours après la mue, c'est-à-dire vers la première quinzaine de juillet, la seconde larve a atteint tout son développement (fig. 791, C) : elle est molle, blanche, longue de 12 à 13 millimètres, large de 6 millimètres et formée de 12 anneaux, non compris la tôle.

ti58 CLASSE DES INSECTES.

Celle-ci est dépourvue d'yeux; les antennes biarliculées et les pattes Inarticulées sont rudimentaires. La face ventrale est très convexe et plonge dans le miel ; les stigmates sont reportés le plus près possible delà l'ace dorsale aplatie, de manière ànepasûlre obstrués parleliquide Quand ses provisions sont épuisées, la larve se ramasse sur ellemême, mue et se transforme en une pseudo-chrysalide, D, qui rpste toujours renfermée dans la peau de la seconde larve. Dans certains cas, l'état de pseudo-chrysalide ne dure pas plus d'un mois et l'Insecte peut arriver à l'état parfait à la (in d'août ou au commencement de septembre. Le plus souvent, la pseudo-chrysalide passe l'hiver et ses dernières métamorphoses ne s'accomplissent pas avant le mois de juin de la seconde année : ses téguments se détachent tout d'une

Fig. 792. — Nid do Colletés succinetus, d'après V. Mayet. — A, cellule contenant un œuf do Colletés; R, cellule contenant une larve de Colletés; C, cellule contenant une larve de Silaris flottant sur le miel.

pièce, sans se rompre, et elle fait place à une troisième larve, lî, assez semblable à la seconde.

La troisième larve ne reste pas plus de 4 à 5 semaines en cet état. Dans le courant de juillet, elle mue et passe à l'état de nymphe, F, toujours à l'intérieur de sa double enveloppe. Quelques semaines suffisent à la nymphe pour revêtir de plus en plus la livrée de l'adulte : au bout d'un mois, elle mue encore une fois et a acquis sa forme définitive. L'animal perce alors le double sac qui l'emprisonne et perfore le couvercle de la cellule d'Anthophore, puis il se montre au dehors et se met à la recherche de l'autre sexe.

J. H. Fabre, Mémoire sur l'hi/permétamorphose et les mœurs des Mé/oïdes. Annales dos se. nat., Zool., (4), VII, p. 2!)9, 1857. — Id., Nouvelles observants sUr l'hypermétamorphose.,... Ibidem, (4), IX, p. 265, 1858. — Id., Afow Veaux souvenirs erttomologiqUes. Paris, 1882. Voir p. 262 et 276.

Sitaris coLLETis. — Ce Silaris habite le midi de la France; ses

ORDHE DES COLÉOPTÈRES. oS9

mélamorphoses, assez semblables à celles de S. muralis, ont été éludiéos par V. Mayel. La larve vit dans les cellules de Colletés succinctus. Cet Hyménoptcre creuse également des galeries dans les talus, niais au lieu de déposer son œuf à la surface du miel, il le colle contre la paroi de la cellule (lig. 792, A) : aussi plusieurs larves peuvent-elles quitter le corps de l'Abeille au moment de la ponte et se trouver enfermées dans une môme cellule; elles se livrent alors des combats acharnés, jusqu'à ce que l'une d'elles reste seule survivante.

V. Mayct, Mémoire sur les mœurs el les métamorphoses d'une nouvelle espèce de la famille des Vésicants, le Sitaris colletis. Annales de la Soc. entoiuol. do Franco, (5), V, p. 65, 1875.

Stknoiua apicaus Mulsant, 1857. — Cet Insecte habite encore le midi de la France; Lichtenstein et Beauregard l'ont étudié. De mœurs très analogues aux Sitaris, il se développe dans les cellules de Colletés signata et de C. fmliens.

Le genre Cantharis est caractérisé par des antennes liliformes, à 11 articles, aussi longues que la moitié du corps, et un peu épaissies à l'extrémité, sans pourtant être claviformes; l'épistome dépasse notablement l'insertion des antennes; les élytres recouvrent tout l'abdomen et sont un peu déhiscents à l'extrémité; l'avant-dernier article du tarse est allongé et cylindrique. On connaît un grand nombre d'espèces, appartenant toutes à l'ancien continent; l'Europe n'en a qu'un petit nombre; l'Australie, la Polynésie et l'archipel malais n'en possèdent aucune.

Cantharis vesicatoria Latreille, 1806.

Meloe vesicatorius Linné, 1758.

Synonymie : Lytla vesicatoria Fabricius, 1801.

Cet Insecte peut se rencontrer par toute l'Europe* mais abonde surtout dans le midi; il vit principalement sur le Frêne, le Troène et le Lilasj et s'observe plus rarement sur le Jasmin, le Chèvrefeuille, le Rosier, le Sureau, le Saule, etc. Rare ou introuvable pendant de longues années, il se montre soudain en prodigieuse quantité : une forte odeur trahit au loin sa présence.

La Canlharide officinale (fig. 793) est un bel Insecte d'un vert métallique à reflets dorés, long de 15 à 22 millimètres, large de 4 à 6 millimètres; le mâle est plus petit que la femelle, Les antennes sont

noires, filiformes, plus longues et atteignent lu moitié de longueur du corps chez le mâle ; lu tete est cordiforme, un peu inclinée en dessous. Le prothorax est obtusémenl pentagonal et présente, ainsi que la tête, une profonde dépression médiane. Les élytressont flexibles, finement grenus et marqués vers leur bord interne de deux nervures longitudinales; les ailes postérieures sont membraneuses et transparentes. Les pâlies sont grêles; le tarse filiforme se termine par deux crochets recourbés et est orné en dessous de poils serrés. L'abdomen est presque cylindrique.

On ignore encore les phases du développement normal de cet Insecte ; toutefois, Lichtenstein est parvenu à l'élever artificiellement en le nourrissant avec le miel d'Osmia et de Ceratina chalcites.

Plus récemment, Beauregard est arrivé au môme résultat, en donnant à la larve du miel de Megachile; elle s'accommodait moins bien de celui d'Osmia Iridentala et, contrairement à ce que font

Kig. 79:J. - Cantharis Fig. 194."- les IarveS Wcauta et de Macrovesicatovia. Larve. basis, était incapable de se nour-

rir d'oeufs d'Acridiens et de Sauterelles. La larve de la Cantharide (fig. 794) est donc mellivore, sans qu'on puisse dire encore à quel Hyménoptère elle s'attaque.

Après l'accouplement, la femelle fouille la terre avec ses mandibules. Quand elle a creusé une galerie profonde d'environ 3 centimètres, elle fait volte-face avant d'y pondre ses œufs. Un peu plus de 2 heures après le début du fouissement, la ponte est achevée. L'Insecte sort alors, comble le conduit avec de la terre meuble et nivelle exactement le sol. Dans ses caisses à expérience, Beauregard a vu la ponte s'effectuer le 27 juin et l'animal devenir adulte le 31 mai suivant, c'està-dire au bout de il mois.

Cantharis vesicatoria est l'Insecte vésicant le plus généralement utilisé : à l'avantage d'être riche en principe actif, il joint celui de se rassembler par essaims considérables et d'être ainsi d'une récolte fructueuse. De grand matin, lorsque les Insectes sont encore engourdis par le froid et la rosée de la nuit, on secoue les branches auxquelles ils sont cramponnés et on les recueille sur des toiles étendues sur le sol. On les tue en les exposant à la chaleur ou aux vapeurs du vinaigre bouil-

ORDRE DES COLÉOPTÈRES. 361 lant; puis on les dessèche en les exposant au soleil ou en les portant au four. La dessiccation leur fait perdre une grande partie de leur poids; il en faut 13 en moyenne pour arriver au poids d'un gramme.

Desséchées, les Gantharides doivent être renfermées dans des vases hermétiquement clos, pour les mettre à l'abri de l'humidité et des divers Coléoptères (Pliniis, Anthrenus, Dermestes) qui pourraient venir les ronger; on évite encore ainsi les émanations de leur principe actif, qui irriteraient la peau et la conjonctive.

Le principe actif ou cantharidine a été découvert par Robiquet; sa formule est Cr'H°02, d'après Regnault, et CcH7AzOc, d'après Liebig. lille cristallise en petites tables rhomboïdales blanches; elle est inodore, à peine soluble dans l'eau et le sulfure de carbone, plus soluble dans l'alcool chaud que froid, très soluble dans l'éther, le chloroforme, l'acide sulfurique, les huiles fixes et volatiles; elle fond à 210° et se sublime en aiguilles. Pour l'obtenir, on traite par le chloroforme les Cantharides grossièrement pulvérisées; après trois ou quatre jours de macération et après avoir renouvelé à plusieurs reprises le chloroforme, on distille la liqueur; il reste un résidu vert foncé renfermant des cristaux de cantharidine. En exprimant ce résidu entre des feuilles de papier joseph, les matières étrangères sont absorbées et le principe actif reste à l'état sec; on le purifie en le reprenant par l'alcool bouillant, puis en filtrant; parle refroidissement, les cristaux se déposent sous forme de paillettes. Au lieu d'avoir recours au papier, Mortreux traite l'extrait chloroformique par le sulfure de carbone; celui-ci enlève les matières grasses et abandonne la cantharidine à l'état insoluble et presque pure.

Galippe procède plus simplement. Il traite la poudre de Cantharide par une petite quantité d'éther acétique à la température de 30° environ. Après douze heures de macération, il décante le liquide, exprime le résidu, filtre la partie liquide, puis l'abandonne à l'évaporation. Il obtient ainsi une huile brunâtre et des cristaux aiguillés de cantharidine.

Cette substance est peu abondante dans le corps de l'Insecte : 40 grammes de Cantharides n'en donnent que de 0gr,i8 à 0*r,22, ce qui fait en moyenne 5 grammes de principe' actif Blanchard. — Zool. méd. II. 3g

CLASSE niïS INSECTES.

par kilogramme d'Insecte. La cantharidine est un vésicanl d'une extrême puissance; un demi-milligrarnme placé sur la langue suffit pour y produire une large phlyclône. C'est en môme temps un poison redoutable; à l'intérieur, elle est toxique à la dose de 08r,13 et produit de l'engourdissement, du délire et une violente irritation des organes génito-urinaires ; les propriétés aphrodisiaques qu'on lui attribue et en raison desquelles on faisait jadis usage de Vaqua tofana, ne sont pas .justifiées.

Beaurcgard a déterminé le siège exact du principe actif : il réside exclusivement dans le sang et dans l'appareil génital. Chez le mâle, les testicules et les canaux déférents sont inaclifs, mais les vésicules séminales sont vésicantes à un haut degré. Chez la femelle, toutes les parties de l'appareil sont épispastiques. Les œufs ont encore cette même propriété, qui se retrouve aussi dans toute la série des transformations.

Les Cantharides, telles qu'on les trouve dans le commerce, ont souvent subi des falsifications. On les rend plus lourdes en les immergeant dans l'huile ou dans l'eau, ou bien on en extrait la cantharidine par l'alcool ou l'essence de térébenthine ; on les additionne enfin de divers autres Coléoptères à élytres d'un vert doré {Chrysomela fastuosa, Callichroma mosekata, Cetonia aurata, fig. 801, et Cantons auraius, fig. 800).

P. Berthoud, De la Cantharide officinale. Thèse do Paris, 185G.

A. Fumouzo, De la Cantharide officinale. Thèse de Paris, 1 867 .

Liclitensteiu, Métamorphoses delà Cantharide (Lyttn vesicatoria). Comptes rendus do l'Acad. des sciences, LXXXVIII, p. 1089, 1 870 .

L. Périer, Note hislologiqu" sur la Cantharide. Bull, dos travaux de la Soc. de pliarm. do Bordeaux, mai-juin 1880.

V. Cornil, Recherches histologiques sur l'action toxique de la canlharidine et de ta poudre île Cantharide. Journal de l'anatoniio, XVI, p. 5G(i, 1880.

H. Beaurcgard, Note sur le siège du principe actif chez les Vésicants. Assoc. franç. pour l'avancement, dos sciences, XII, p. 520, 1883. — kl., Quelques observations sur les mœurs et le développement delà Cantharide. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), I, p. 485, 18S4. — Id., Note sur le développement du principe vésicant chez la Cantharide. Ibidem, p. 509. - Id., Sur le mode de développement naturel de la Cantharide. Comptes rendus de l'Acad. des sc.,C, p. 1472, 1885. comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), II, p. 383, 1885. — Id Note sur quelques particularités du développement de la Cantharide. Ass'oc. franç. pour l'avano. dos se, XIV, p. 455, 1885. - Id., Note sur la spermatogenèse chez la Cantharide. Comptes rendus de la Soc. do biologie, (8), IV, p. 331, 1887. . .

Lahousse, Recherches expérimentales sur les lésions hutologiques du rem produites par la canlharidine. Anvers, I8S5.

OU DUE DES COLÉOI'TÉKKS.

fnrnil at Toupet, Sur la karyokinhse des cellules épithéliales et de l'endo- U.clium vasculairc observé dans- le rein à la '. suite de l empoisonnement par la cantharidine. Archivos do physiologie, XIX, p. 71, Ï8«7.

On peut employer encore quelques autres espèces de Cantharides : nous citons les principales.

Cantharis collaius.— Insecte long de 27 millimètres, originaire de Grèce. La tèle, le corselet elles pattes sont jaunes; l'abdomen et les élylres sont d'un lileu cuivreux; la tôle porte deux taches noires en dedans des yeux; le corselet porte aussi deux taches.

Cantharis erythrocephala. - Insecte long de 11 à 18 millimètres, originaire du midi de la Russie. Tète rougeâlre, marquée d'une ligne noire à la base; reste du corps noir; élylres et corselet bordés de jaune sale, avec une bande de môme couleur sur leur milieu.

Les Cantharides sont représentées en Amérique par le genre Epicauta Dejean (Lylta Fabr.), qui comprend un grand nombre d'espèces, parmi lesquelles une très petite quantité sont propres à l'ancien continent. Ces Insectes sont ordinairement très velus, noirs ou gris ou marqués de raies noires et grises alternantes; les antennes sétacées sont plus courtes que chez Cantharis et à peine aussi longues que la moitié du corps ; le corselet est plus long que large ; les élytres sont rétrécis à la base. Les Épicautes subissent aussi une hypermétamorpliose, mais leurs états successifs sont très différents des états correspondants des Méloés, des Sitaris et des Cantharides.

Epicauta vittata Dejean.

Synonymie : Cantharis vittata Latreille.

Celte Épicaute se renconlre aux États-Unis, notamment aux environs de Saint-Louis; elle se montre parfois en innombrable quantité sur les plants de Pomme de terre, dont elle dévore les feuilles, anéantissant ainsi les récoltes. Riley a découvert les curieuses métamorphoses de cette espèce; il y a été conduit par celte remarque, que les Épicautes étaient surtout abondantes pendant les années qui suivent celles où les Criquets avaient exercé leurs ravages; il a reconnu que la larve de l'Épicaule vivait aux dépens des œufs des Criquets, notamment de Caloptenus differcntialis et de C. spretus.

Les œufs du Criquet sont pondus dans la terre, en des endroits bien exposés au soleil ; ils sont contenus au nombre de 70 à 100 dans une coque coiffée d'un pelit couvercle de matière muqueuse. De juillet à octobre, l'Épicaule vient pondre dans ces mômes endroits : elle s'y prend à plusieurs reprises pour déposer ses 4 à 500 œufs dans des trous qu'elle creuse en terre, puis qu'elle dissimule avec art. Au

bout de 8 d 10 jours, le Triongulin apparaît (fig. 793, B) : il arpente rapidement le sol, scrutant avec ses puissantes mandibules la moindre crevasse ; il est capable de se rouler en boule comme les Cloportes et de supporter un jeûne de 13 jours. Quand enfin il a ren-

Fig. 705. — Métamorphoses A'Epicauta vittata, d'après Riley. — A, oothèquc de Caloptenus differeniialis avec un Triongulin dévorant un œuf, de grandeur naturelle ; B, Triongulin très grossi; C, seconde larve sous la forme carabidoïdes, vue de dis; D, la môme, vue de profil ; E, la même, sous la forme scarabxidoïdes ; F, pseudo-chrysalide vue de profil ; G, la même vue de dos; H, nymphe vue de profil ; I, la môme vue par la face ventrale.

contré une oothèque de Caloptenus, il se fraie un chemin à travers le bouchon muqueux, puis atteint les œufs : d'un coup de mandibule, il en déchire un et en suce le vitellus, A; cet œuf vidé, il passe a un autre.

ORDRE DES COLÉOPTÈRES. H65 Quand ce festin a duré 8 jours, le Triongulin est devenu grand et est incapable de se mouvoir : il change alors de peau. La seconde larve ressemble à celle d'un Carabide : elle est blanche, molle, pourvue de courtes pattes, C, D. Elle continue à se repaître des œufs, puis, au bout de 8 jours environ, subit une mue et se présente désormais sous un nouvel aspect, qui rappelle celui d'une larve de Lamellicorne, si ce n'est que les pièces buccales et les pattes sont rudimentaircs, E.

Six à sept jours plus lard, l'animal mue derechef, mais sans se modifier sensiblement; il continue à grandir et à dévorer les œufs. Il ne tarde pourtant pas à façonner dans le sol une petite cavité dans laquelle il se couche, mue et se transforme en pseudo-chrysalide,

L'Insecte passe l'hiver en cet état; au printemps, il mue encore une fois et la troisième larve, qui se montre alors, est toute semblable à la dernière forme de la seconde larve. Elle fouille activement le sol, puis, au bout de quelques jours, se transforme en une nymphe, H, I, qui accomplit sa dernière métamorphose dans l'espace de 5 à 6 jours.

Epicauta adspersa. — Celte espèce vit au Brésil et dans l'Uruguay sur Belti vulgaris, var. delà; on la trouve de décembre à mars. Longue de 13 à 16 millimètres, elle est d'un gris cendré, régulièrement criblé de petits points noirs; la couleur grise est due à un iépôt pulvérulent; les antennes sont noires et les pattes roussâtres. Courbon assure qu'elle produit la vésication plus rapidement que la Gantharide et qu'elle n'occasionne aucune irritation des organes ïénito-urinaires.

A. Courbon, Observations sur les Coléoptères vésicanls des environs de Montevideo. Comptes rendus de l'Acad. des sciences, XLI, p. 1003, 1855.

E. cinerea se trouve aux Etats-Unis dans les mômes conditions que |. vittata. On observe encore E. atrala et E. marc/mata dans l'Amé- 'ique du nord; E. dimidiala, E. fucata, E. af finis, E. atomaria (E. ounctata) à la Guyane et au Brésil ; E. cavemosa Reiche et E. Courbom juérin-Méneville (E. vidua Courbon, nec Klug) dans l'Uruguay et la République Argentine.

Epicauta verticai.is llliger (Cantharis dubia Fabricius). — Cet nsecte est la seule Épicaute qui vive en France; on le trouve dans e midi, sur la Luzerne. 11 a la taille de la Cantharide officinale ; il ist noir, avec la tête fauve, parcourue par une ligne longitudinale îoire. Beauregard a tenté de l'élever et a pu s'assurer que ses mœurs iont très analogues à celles des espèces américaines.

Au commencement d'août, la femelle pond en terre, à 4 ou o cen •

Si ^ prï"deur' un P;u'ucl d'u»e ÏWanlaiqe d'œufc jaua. es, longs de 2^,5, larges de i milli.nèU-e. La larve éclot au bout

n% i0T : ° G CSt l0"B"U (iC 3 miUi«*tre3 à 3-,8 et large de 1 millimètre; elle ressemble beaucoup à celle d'E. pittala; ses longues paues rousses se terminent par trois ongles; elle porte de longs poils sur le dos et les flancs. Elle est assez agile, manifeste une ' grande tendance à fouir le sol et se roule en boule à la moindre alerte.

d^-ÀÏS' ,rîga''d' L«l>!'Vnière larve >le l'Epicuuta verticalis. Comptes rendus de 1 Acnd des se XCIX, p 01 1 , 1884. Comptes rendus de la Soc. de biologie

hLj;} r ' ~ d-' Sur le mode dc développement de l'Epicaula ver-

tca •„ Comp es rendus de l'Acad. des se., CI p. 75*, 1885. Comptes rendu de la Soc. dc biologie, (S), II, p. 624, 1885.

A la famille des Vésicanla appartiennent encore le genre européen Zonitis, dont la larve vit en parasite dans les cellules des Hyménoptères; les genres circum méditerranéens Aenas et Nemognatha ; le genre américain Telraonyx, qui tous sont yésicants. Beauregard a encore reconnu expérimentalement la môme propriélô dans les genres Corynct, Henous, Alosymus, Gabalia et Lagorina. Quant aux genres Horia et Trkrania, récemment réunis aux Vésicanls, leurs propriétés épispastiques sont incertaines.

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F. Barlatier, Etude sur let Méloïdes vésicanls. Thèse de Montpellier, 1883. | L. Aubert, Sur les Insectes vésicants, particulièrement sur quelques espèces t

exotiques. Thèse de Montpellier, 1887.

Parmi les Ténébrionides ou Mélasoraes, qui présentent une i teinte noire uniforme, nous devons citer le Ténébrion de la t farine (fig. 796). Il vit dans les greniers, les moulins, les boulangeries. Sa larve ou Ver de farine est bien connue. Hope: a recueilli un certain nombre de cas dans lesquels cet Insecte i aurait été trouvé cbez l'Homme, clans le nez, dans le tube du" gestif ou dans l'appareil urinaire, soit à l'état adulte, soit ài l'état larvaire, mais leur authenticité est loin d'être indiscu table.

/{laps mortisaga (lig. 797) appartient à la famille des Pimélîdes. 11 se tient clans les endroits sombres et humides de nos maisons; les élytres sont soudés entre eux et terminés en pointe obtuse; les ailes membraneuses font défaut. Une femme, vue par Pickclls, Thomson et Bellingham, aurait évacué par

Fig. 7%. — Tenebrio molitor Fig. Vil. — Blaps mortisaga.

et sa larve.

l'anus plus de 1,200 larves de cet Insecte et plusieurs individus adultes. Paterson, Bateman et Rose Cormack ont observé chacun un cas analogue. FleLcher Horne, de Barnsley, a trouvé une larve vivante dans les selles d'un enfant de onze semaines, qui souffrait d'une gêne de la respiration et dont l'état s'améliora aussitôt après l'expulsion du pseudo-parasite.

LesBlaps font partie de la faune orientale et méditerranéenne. En Égyple, suivant Fabricius, les femmes mangent Blaps sulcata cuit au beurre, pour engraisser. Ces Insectes ont encore la réputation de guérir du mal d'oreilles et de la piqûre du Scorpion.

T. Sp. Cobbold, On Blaps mortisaga as a human parasite. British med . journal, I, p. «0, 1877.

Tissèrent. Journal de méd. vétér. et de zootechnie, 1886.

Les Pentamères ont des tarses à cinq articles.

Les dérides ont des larves carnassières. Celle de Trichodes apiarius vit en parasite dans les ruches. Corynetes cœruleus et C. ruficollis (fig. 798) se trouvent à l'état de larve ou à l'état adulte sur les cadavres humains desséchés; ce dernier est un élégant Insecte, auquel l'abbé Latreille, le célèbre entomologiste, a du la vie pendant la Terreur.

Les Malaco dermes renferment un certain nombre d'Insectes lumineux. Chez les Lampyres, le mâle est ailé, tandis que la femelle ou Ver luisant est aptère : elle a des rudiments d'élytres chez Lampyris splendidula, mais eu est dépourvue chez L. noctilum; ces deux espèces sont répandues en France. Chez les Lucioles, les deux sexes sont ailés : Luciola lusitanica se rencontre dans les départements du Var et des Alpes-Maritimes; /.. italien vit en Italie. Les organes lumineux sont disposés par paires sur quelques-uns des Fig. TJ8. — Cor y net es segmenta de l'abdomen.

ruficollis. Les Élatérides ou Taupins ont les pattes

courtes et seraient incapables de se remettre sur celles-ci, quand ils sont tombés à la renverse, s'ils n'étaient doués d'un mécanisme particulier : le prothorax est uni au reste du corps par une articulation très mobile, en sorte que, dans la posture susdite, l'animal voûte fortement sa face dorsale; une détente brusque survient, les deux extrémités du corps viennent frapper le sol et voilà l'animal lancé en l'air. La larve d'Elater seyetis dévore les jeunes pousses des moissons. A Cuba se trouve le Cucujo (Pyropkorus noctilucus) qui présente un organe lumineux à la face ventrale, entre le thorax et l'abdomen, et deux autres organes à la face dorsale du prothorax; R. Dubois a fait sur cet Insecte de remarquables éludes.

Les Buprestidcs ou Richards ne méritent pas d'être signalés autrement que pour les somptueuses couleurs dont / , ^ beaucoup d'entre eux sont parés ; leurs larves

'I M^P*\ vivent dans le bois.

1||mh|P*«> Les Lamellicornes ou Sc.arabéides consti-

1 jU y" tuent une très nombreuse famille de gros

fjr^9r Coléoptères, présentant un dimorphisme

; , sexuel très accusé et tous reconnaissables à

Fie. 799. — antenne do , „ . . . ...

Tolyphylla fullo. leurs antennes, dont les 3 a / derniers articles sont autant de lamelles disposées en éventail (fig. 799). La larve est ordinairement enfouie en terre : elle est épaisse, blanche et recourbée en arc.

Le Cerf-volant {Lucanus cr.rvus) est remarquable par ses mandibules démesurément développées chez le mâle, plus petites chez la femelle, et dont l'ancienne pharmacopée utilisait la poudre; la larve vit dans les vieux troncs de Chône pourris.

Certains Lamellicornes sont coprophages, comme les Scarabées (Ateuchus), les Bousiers (Copris), les Aphodies, les Géotrupes. Les Scarabées enveloppent leurs œufs dans une masse fécale qu'ils façon-

ORDRE DES COLÉOPTÈRES. ao»

nent en boule et roulent pendant quelque temps, avant de l'enfouir; iteuehus sacer était adoré des Égyptiens. D'autres sont phytophages : tel est le Hanneton (Kg. 800), dont la

Fig. 800. — Métamorphoses de Melolonllia vulgaris. — J, Insecte parfait; 2, œufs; 3, larve de la première année; 4, larve de la deuxième année; 5, larve de la troisième année.

larve ou Ver blanc reste trois ans sous terre avant de passer à l'état de nymphe ; on sait quels ravages cause cet Insecte.

Les Cétoines, en revanche, ne sont pas nuisibles et se bornent à sucer le nectar des fleurs les plus odorantes (fig. 801). Cetonia aurala jouit en Russie, dans les gouvernements de ïcbernigov, de Saratov, de Voronège et de Koursk, de la réputation de guérir de la rage ; Sauvan et Alquié ont proposé d'administrer sa poudre contre l'épilepsie.

La larve de certains Lamellicornes est assez appélisssantepour être recherchée comme aliment: à Java, les indigènes mangent celle de certains Oryctes et Fig. soi. Xrjlotrwpes et de Lepidiola hypoleuca; en Australie, on estime celle d'Anoplognathus viridiœneus. Il est plus rare de voir consommer des Insectes adultes, comme ie font les Batékés d'une sorte de Cétoine qu'ils dépouillent de ses parties dures et cuisent sous la cendre.

Celonia affinis.

•S7n CLASSE DES INSECTES.

,. ' t M"'{ Y""'- Iahreshefte ^sVeraingf. valerl. Xaturkundc in w (irttemborg, XI. I, p. te, 1885.

R. Blanchard, lo Cétoine et la rage. Rovue scientifique I p 1 23 Issii

"ulws, Contribution « i'C/ude rf<; /a production de la lumière „ar les

êtres vivants. Les Elatirides lumineux. Bull, de la Soc. zoologue de Franco,

XI, p. 1-275 avec !) pl., 188G.

La petite famille des Parnides comprend le genre Elmts, dont une espèce, E. condimentarins, vit au Chili dans les eaux a courant rapide ; on la connaît sous le nom de chiche ou chichi et on s'en sert parfois pour la confection d'une sorte de soupe.

Les Dermeslides ont des antennes claviformes et possèdent parfois un ocelle simple sur le milieu du front (Attagenus, Anthrenus). Lu larve est couverte de longs poils, ses antennes et ses pattes soni courtes : comme l'adulte, elle se nourrit de matières animales mortes et desséchées.

Dermestes lardamus Linné, 1 758. — Cet Insecte se trouve dans les garde- manger, les colombiers, les musées et sur les cadavres. 11 est long de 7 millimètres et de couleur noire avec quelques poils cendrés sur le prothorax; la base des élytres est roussàlre clair et marquée de trois points noirs. Il n'apparaît qu'en avril : en mai, la femelle pond et la larve éclot. Celle-ci est longue de 10 millimètres, d'un brun rouge et armée de fortes mandibules; elle se nourrit de corps gras ayant subi la fermentation acide. Elle mue quatre fois jusqu'en septembre; finalement elle se transforme en une nymphe qui reste enveloppée de la dernière peau de la larve. Le tégument de la nymphe se fend bientôt suivant la ligne dorsale et l'adulte apparaît; toutefois, il n'entre pas immédiatement en activité et n'abandonne qu'en avril la peau nymphale qui l'abrite.

Anthrenus museorum Fabricius, 1801. — Cet Insecte n'a que 2mm,25 de longueur; sa face supérieure est couverte d'écaillés brunes, interrompues par trois bandes d'écaillés gris jaunâtre. Sa larve est longue de 4 millimètres, cylindrique, blanchâtre, hérissée de faisceaux de poils érectiles. L'adulte vit sur les fleurs; la larve se rencontre dans les mêmes conditions que celle du Dermeste et peut s'observer sur des cadavres humains.

La plupart des Silphides recherchent les charognes et les matières corrompues animales ou végétales : ils s'en repaissent

0R DUE DES COLÉOPTÈRES. 871 ,„ssi bien à l'état de larve qu'à l'état adulte et y pondent leurs Lfs. Silpâà Httoralis (fig. 802) s'attaque aux carcasses de Chevaux et de Bœufs. Les cadavres humains étalés sur le sol et exposés au grand air sont envahis par 5. obscura, Insecte long de 10 à 15 millimètres, dont la tête esL recouverte par le corselet ; celui-ci est très ponctué, ainsi que les élylres, dans l'intervalle de trois nervures saillantes qui les parcourent ; sa larve est Jl II noire, aplatie, formée de 12 anneaux; la Fi^m Silpha nymphe, enfouie dans la terre, est incurvée im'oraiis. en point d'interrogation et se transforme, au bout de 10 jours, en un Insecte parfait qui passe tout l'hiver à l'abri et n'apparaît qu'au printemps.

Hister cadaverinus, Saprinus rolundalus et Rhizophagus paralellocollis ont des mœurs analogues et. intéressent également la médecine légale.

Les Staphylinides ou Braehélytres ont le corps très allongé et de très courts élytres ; ils se nourrissent de matières corrompues et, quand on les attaque, redressent leur abdomen de façon à le rendre plus ou moins vertical. Quelques-uns (Myrmedonia) vivent dans les fourmilières; d'autres (Corotoca melantho) se trouvent dans les termitières et sont vivipares.

Les Plalypsyllides présentent l'intéressante particularité d'être parasites pendant toute leur existence. Pîalypsyllus castoris Ritsema, 1869, découvert en 1803, par A. Bonhoure sur le Castor d'Europe, vit aussi sur celui du Canada : il est long de 4 millimètres ; les élytres sont plans, tronqués, à suture droite et ne couvrent que la base de l'abdomen ; les ailes membraneuses sont absentes.

D'autres Insectes, voisins des Slaphylins et qu'il faut peut-être rattacher aux précédents, ont été trouvés par Jelsky au Pérou et à la Nouvelle-Grenade, sur la peau de petits Bongeurs : la peau était dénudée de ses poils et tuméfiée. Ces parasites ont été décrits par Solsky sous les noms à.'Amblyopinus Jelshyi et A. Mniszechi.

Certains Coléoptères vivent dans l'eau, mais reviennent de temps à autre à la surface, pour y faire provision d'air. Hydropldhis piceus pond ses œufs dans une coque piriforme; la larve est carnassière, mais l'adulte est phytophage. Les Dytiques (fig. 80J) sont carnassiers à tous les âges ; ils sortent volontiers de l'eau et volent d'un ruisseau à l'autre; chez le mâle, les trois premiers articles du tarse des deux

et extrémité d'une patte antérieure. «nus.

Les Carabides sont encore carnassiers, mais vivent à terre : agiles, rapides à la course, armés de mandibules tranchantes, ils se font

Fig. SOU. — Carabus auvatws et sa larve. Fig. 807. — Scarilcs gùjas.

remarquer par leur grande élégance et leur fiére allure, autant que parles vives couleurs métalliques dont ils sont habituellement parés.

A ce groupe nombreux appartiennent les Harpales (fig. 803), les Féronies, les Urachines, les Carabes (fig. 806), les Calosomes, les Cicindèles, etc.

Furnari raconte que les Arabes rapprochent les bords avivés d'une plaie en les faisant mordre par les mandibules acérées d'un ou plusieurs Scarites géants (fig. 8U7) ; ils détacbent alors le tborax de la tête, par une torsion rapide, et les mandibules se serrent si fortement qu'on ne peut plus les écarter qu'en les brisant. Vidal de Cassis, en inventant les serres-fines, se doutait-il qu'il avait été précédé par les Arabes?

Furnari, Voyage médical dans l'Afrique septentrionale. Paris, 181."). Voir p. 310.

Hope donne le nom de canthariasis au fait de la présence accidentelle de Coléoptères dans le corps humain, soit à l'étal de larve, soit à l'état de nympbe, soit même à l'état adulte. La plupart des cas cités par Hope, sont anciens et tout au moins douteux; on conçoit néanmoins que certaines larves, comme celles de Dermesles lardarius ou que l'Insecte parfait lui-même pénètrent dans le tube digestif avec des matières alimentaires avariées.

Les Hyménoptères (fig. 808), appelés Piezata par Fabricius, ont la tôle grosse, mobile, munie de deux gros jeux à facettes et ordinairement de trois ocelles frontaux. Les antennes sont longues et diversement conformées : ou bien elles consistent en un gros article basilaire supportant II à 12 autres articles plus courts, ou bien elles sont coudées et formées d'un plus grand nombre d'articles. L'appareil buccal est disposé pour broyer et pour lécher, mais présente d'ailleurs des variations que nous étudierons plus tard : a lèvre antérieure et les mandibules sont

informées comme chez les Orthoptères F'g' 8°8' ~~ Eucara longiit les Coléoptères, mais servent rarement C°""*' t la mastication, car les Hyménoptères sont essentiellement des In

l qU'ne P'UVent 86 "°Urrir que de «^^ances iqui es »u molles, la succion s'opère au moyen d'une trompe formée aux

dépens des mâchoires et de lu lèvre inférieure, qui s'allongent, mais ne s'enroulent pas au repos.

Le prothorax est intimement soudé au mésothorux. Les ailes, au nombre de 4, sont transparentes, membraneuses et parcourues par un petit nombre de nervures, d'ailleurs variables d'un groupe à l'autre. Les postérieures sont les plus petites : leur bord externe porte des petits crochets (hamuli), grâce auxquels elles se fixent aux ailes antérieures. Ces Insectes sont de bons voiliers : aussi leurs trachées prennent-elles un grand développement, de môme que l'appareil respiratoire acquiert chez les Oiseaux une complication exceptionnelle. Le premier ou les deux premiers anneaux de l'abdomen se rétrécissent en une sorte de pédoncule. L'extrémité postérieure est occupée; chez la femelle, par une tarière ou par un aiguillon venimeux : cet organe, dont de Lacaze-Dulhiers a fait l'élude morphologique, acquiert une taille et une configuration variables suivant les espèces, mais il provient toujours d'une transformation de l'arceau ventral des deux derniers anneaux.

Bon nombre d'Hyménoptères ont des industries d'une admirable variété et font preuve, à n'en pas douter, d'une haute intelligence ; leur cerveau est volumineux et couvert de circonvolutions.

Les métamorphoses sont complètes. La larve est apode, vermiforme et vit dans des galles, dans le corps d'autres Insectes ou dans des nids formés de substances organiques; plus rarements elle a 3 paires de pattes écailleuses, auxquelles s'ajoutent parfois encore, comme chez les Chenilles, 6 ou 8 paires de pattes membraneuses. Elle n'a pas d'anus et son estomac se termine en cul-de-sac. Au moment d'accomplir sa nymphose, elle s'enveloppe dans un cocon soyeux.

Un premier sous-ordre d'Hyménoptères est constitué par les Térébrants, c'est-à-dire par ceux dont la femelle est munie d'un oviscapte ou tarière, sorte de prolongement de l'oviducte saillant ou rétractile, grâce auquel l'animal dépose ses œufs en heu sûr. On les divise en trois groupes.

Les phytophages ou Phijtospheccs n'ont pas l'abdomen pédoncule. La bouche est conformée comme l'indique la figure 800, les palpes labiaux ont 2 articles, les palpes maxillaires de 4 à 7. Les ailes sont presque sans nervures; quand elles sont un peu plus compliquées, les antérieures ont toujours une cellule lancéolée (fig. 810, l), audessous des deux cellules numérales, s', s". Les larves seules sont phytophages : elles ressemblent aux Chenilles et se tiennent comme elles sur les feuilles, plus rarement à l'intérieur des plantes. La larve i'Athalia spinarum ronge les feuilles de Rave. Uyloloma rosx (fig. 811) dépose un à un dans l'écorce du Rosier des œufs d'où sor-,

ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES. B7S lent bientôt des larves qui se nourrissent des feuilles de la plante.

Fig. 809. — Bouche de Cimbex variabilis. — a, menton; b, languotte; c, palpe labial ; c, mâchoire formée d'un gond ou cardo, f, d'une tige, g, d'un lobe interne, /(, d'un lobe externe ou galéa, h\ et d'un palpe maxillaire, i.

Sircœ rjkjas dépose ses œufs dans le

Fi g. 811. — Hylotoma rosse.

Fig. 810. — AWcd'Al/ialia spinarum.

— c, cellules cubitales; d, d', cellules discoïdales; k, nervure souscostalo; /, cellule laueéolée ; p, nervure parallèle ou discoïdale; r, cellule radiale; s', s", cellules bumèrales ou costales.

tronc de Piiius picea, jusqu'à une

Fig. 812. — Cynips.

profondeur de près d'un centimètre; la larve s'enfonce dans le bois le plus dur et est même capable de transpercer le plomb.

Les GALLicor.Es ou Cynipides (fig. 812) sont de petits Hyménoptères de couleur sombre, dont la taille est rarement supérieure à 4mm,13; les nervures des ailes sont peu nombreuses, le Irochanter a deux articles. Le mâle est plus petit que la femelle. La tarière de celle-ci (fig. 813) est normalement renfermée à l'intérieur du corps:

au moment de la ponte, elle fait saillie, pique la plante à laquelle l'Insecte doit confier le soin de sa progéniture et dépose un œuf dans la blessure. De cet œuf sort une larve qui détermine la production

Fig. 813. — Tarière d'un Cynipide.

— A, abdomen dont le segment anal est ouvert et laisse voir la tarière, a, et la papille anale, b ; B, tarière et pièces accessoires.

d'une galle : une môme espèce produit toujours une galle de môme nature.

On connaît des genres entiers (Neuroterm, Aphilothrix, DryopJianta) dans lesquels chaque espèce n'est jamais représentée que par des individus femelles; dans d'autres genres [Spathegaster, Andrieus), toutes les espèces possèdent au contraire des individus mâles et femelles. Si ces dernières espèces se reproduisent par voie sexuée, les premières doivent normalement se propager par parthénogenèse. Adler, de Schleswig, a expliqué cette anomalie et a prouvé qu'elle résulte d'une sorte de génération alternante : l'œuf pondu par une espèce déterminée produit un Insecte si différent de son parent qu'on l'avait jusqu'à présent décrit comme appartenant non seulement aune autre espèce, mais môme à un autre genre que celui-ci.

La génération parthénogénétique ou agame, qui ne comprend que des femelles, produit des galles d'où sort une génération fort différente, comprenant des femelles et des mâles; après avoir été fécondées, les femelles de cette seconde génération produisent à leur tour des galles particulières, d'où sort une génération agame semblable à première. C'est ainsi, par exemple, que Biorhiza aptera prend naissance dans des galles irrégulières et mutiloculaires, développées sur les racines des vieux Chênes : aussitôt éclos, ce Cynips quitte les racines et va piquer les bourgeons situés au sommet des branches. Ces bourgeons se transforment en des galles multiloculaires et spongiformes, desquelles sort Tcras terminalis : la femelle pique la racine et reproduit ainsi la première sorte de galles.

Ces curieux phénomènes d'hétérogonie sont exactement comparables à ceux que nous avons observés déjà chez Rhabdonema intestinale. Chez les Cynipides, ils sont très répandus, et Adler a pu reconnaître comme constituant deux formes d'une seule et même espèces tous les Insectes qui se trouvent accouplés dans la liste suivante :

GÉNÉHATION AGAME.

GÉNÉIAATION SEXUÉE.

Neurolerus lenticularis Olivier

N. l&viusculus Schenck,

N. numismatis 01.

N. pumipennis Hartig.

Aphilothrix radiais Fôi'st.

A. Sieboldi Hartig.

A. cortici* L.

A. globuli Hartig.

A. collaris Hartig.

A. fecundatrix Hartig.

A. callidoma Giraud.

A. Malpighii Adler.

Spathegaster baccarum Hartig.

Sp. albipes Schenck.

Sp. vesicatrix Schlechtendal.

Sp. tricolor Hartig.

Andrieus noduli Hartig.

A. ieslaeeipes Hartig.

A . gemmatus Adler.

A. iuflutor Hartig.

A. curvator Hartig.

A. pilosus Adler.

A. cirratus Adler.

A. 7iudi/s Adler.

(;£m:iiation agamb.

gè.néhation skxuke.

A. autumnalis llartig.

Dryophanta sculeltaris llartig.

Dr. longiventris llartig.

Dr. divisa llartig.

liior/iiza aptera Wostwood.

B. renum llartig.

Neuroterua os Ire us llartig.

A. ramuli llartig.

Sp. Taschenhergi Schlecht.

Sp. simi/is Adler.

Sp. verrucosus Schlecht.

Tems lerm.ina.lis llartig.

Trigonaspis cruslalis llartig.

?Sp. aprilinus Giraud.

Quand une semblable détermination aura été faite pour un plus grand nombre d'espèces, il y aura lieu d'entreprendre la révision des Gynipides, et on devra réunir sous un môme nom les formes agame et* sexuée de chaque espèce. De ces deux formes, Adler pense que L'agame est primitive : il base celte opinion sur ce que, dans certaines espèces, telles qu' Aphilolhrix seminationis Giraud, A. marginalis Schl., A. quadrilineatus Harlig et A. albopunctata Schl., la reproduction se fait exclusivement par parthénogenèse.

La galle ne se développe point aussitôt après la piqûre du Cynips, par exemple sous l'influence d'un liquide irritant, introduit en même temps que l'œuf dans les tissus de la plante, comme le pensait de Lacaze-Duthiers. Pour que la galle se l'orme, il est indispensable que l'œuf ait été déposé dans le cambium ou zone génératrice; il ne se produit donc pas de galle si l'œuf est déposé dans un autre tissu; il ne s'en produit pas davantage, s'il avorte ou tant que l'éclosion de la larve n'a pas eu lieu.

En effet, le développement delà galle est intimement lié à celui de l'Insecte : il ne commence, souvent plusieurs mois après la ponte, que lorsque la larve est éclose et attaque avec ses mandibules les cellules ambiantes. Celles-ci, violemment irritées, prolifèrent d'autant plus aelivement qu'elles appartiennent à un tissu plus apte à la multiplication : ainsi se produit tout autour de la larve un amas de tissu cellulaire qui n'a d'autre rôle que de l'isoler et de l'enkyster, pour mettre le reste de la plante à l'abri de ses atteintes. Grâce à la production de ce néoplasme, la plante s'isole en quelque sorte de son parasite, comme l'organisme humain s'isole de la larve de la Trichine en l'entourant d'un kyste d'origine conjonctive.

Tant que la larve s'accroît, la galle grossit elle-même; la larve meurt-elle avant d'avoir atteint sa taille définitive, la galle meurt également et s'arrête dans sa croissance. En raison de ces faits, la définition des galles donnée par Beauvisage semblera exacte : « Une galle, dit-il, est un néoplasme végétal provoqué par la piqûre d'un animal, plus particulièrement d'un Insecte, et dont le développement ainsi que la vitalité sont intimement liés au développement et à la vitalité de l'animal ou des animaux qu'elle renferme. » Blanchahd. — Zool. méd. Ut 3-7

Les galles en voie de formation ou les galles déjà achevées, mais encore habitées par leur propriétaire, renferment souvent des locataires, c'est-à-dire des Insectes ou autres petits animaux qui sont étrangers à sa production : ce sont généralement des larves d'Ichneumonides. De mémo, une galle morte, abandonnée par son propriétaire, peut abriter divers Insectes à l'état de nymphe ou à l'état adulte, qui souL les successeurs du premier occupant.

Les Cynipides vivent, à peu d'exceptions près, sur les Chênes • ils y produisent des galles très variées quant à leur forme, à leur siège et à leurs dimensions. Nous devons passer en revue quelques espèces, en commençant par celles dont les deux formes agame et sexuée ont été reconnues.

Aphilotuixfkcundatiux Harlig et Andmcus pji.osus Adler. — A. fecunilatrix ou A. gemmai se montre et pond en avril : il pique les

Fig. 814. — Rameau de Chône rouvre portant à droite une galle en cerise surmontée de Torymus regius, parasite de la galle, et à gauche une galle en artichaut surmontée de Spdthegasler Taschenbergi, véritable propriétaire de la galle en cerise.

bourgeons des fleurs mâles de Quercus robur var. pedunculala, et produit ainsi sur les chatons, entre les étamines, de jolies galles longues d'environ 2 millimètres, ovales, acuminées. De celles-ci sort, déjà vers la mi-juin, A. pilosus, qui pique les jeunes bourgeons du Chêne et produit la galle en artichaut ou en cône de Houblon (flg. Sli). Un grand nombre d'écaillés imbriquées, d'abord vertes et serrées, puis brunes et écartées, entourent une masse arrondie, acuminée,

OHDRE DES HÎTMÔNOPTÈRBS. W9 haute de 4 à 5 millimètres, large de I à 2 millimètres, qui est la galle véritable (fig. 81 S). Celte galle interne est presque uniquement composée de cellules gorgées d'amidon : elle se détache et tombe

Fig. 815. — Coupe do la galle en arti- Fig. 81G. —Galle interne, de grandi aut ; à gauche, ou voit la véritable deur naturelle et grossie, intacte galle. v et en coupe.

à terre, à l'époque de la maturité (fig. 810) ; la larve qu'elle renferme se développe très lentement et n'arrive à l'état adulte qu'au printemps suivant, parfois même au bout de deux ou trois ans.

Davophanta scutellaris Hartig et Spatiikg aster Taschenbeiigi Schlechlendal. — Dr. scutellaris, forme agame, est long de 4 millimètres, noir, fortement velu, avec le vertex brun rouge, ainsi que les côtés du thorax et quelquefois l'écusson; les antennes ont 13 articles. 11 se montre de janvier à mars et pique les bourgeons adventifs qui poussent sur le tronc du Chêne (Quercus sessilifolia et Q. pedanculata). Trois mois environ après la piqûre, le bourgeon commence à se colorer à sa pointe en bleu foncé et à se transformer en une jolie galle veloutée, longue de 2 à 3 millimètres, de couleur violet foncé. Sp. Taschenbergi sort de celte galle à la fin de mai ou au commencement de juin : c'est un Insecte long de 2mm,o, de couleur noire, mais à jambes jaunâtres, à ailes longues et enfumées. Après l'accouplement, la femelle va pondre ses œufs sur les nervures et à la face inférieure des feuilles jeunes, encore tendres du Chêne. 11 se développe alors une galle sphérique et vermeille, mesurant jusqu'à 2 centimètres de diamètre, la galle en cerise de Réaumur (fig. 814 et 817) : celle-ci apparaît en juillet et mûrit en octobre ; Dr. scutellaris n'en sort qu'à la fin de l'hiver.

Dryophanta longiventris Hartig et Spathegaster similis Adler. — Dr. longivenlris se montre en novembre et décembre. 11 ressemble beaucoup à Dr. scutellaris et, comme lui, pond ses œufs dans les petits bourgeons adventifs du tronc du Chône, provoquant ainsi la

Fig. 817. — Galle en cerise cou-' pée diamétralement.

formation d'une galle très semblable à la précédente, mais plus mince, plus pointue et d'un gris vcrdâlre. De celte galle sort en mai

Sp. similis, facile à confondre avec Sp. Taschenbcrgi : cet Insecte pique encore les nervures de la face inférieure des feuilles et produit la 1 galle en grain de groseille (fig. 818), colorée en rouge vif, cerclée de blanc, à surface unie ou légèrement gibbeusc et large au plus d'un centimètre.

La galle en cerise et la galle en groseille sont ordinairement confondues sous la dénomination de galles rondes des feuilles de Chêne. A l'état frais, elles sont succulentes ; la dessiccation les ride et les rend spongieuses et très légères ; elles sont sans usages.

Gynips gall.œ TiNCToni,K Olivier (Diplolepis gallx tinctoriœ i.alreille ; Fig. 818. - Galle en grain de GVnîPs tbictoria Kiinckel). — Cet Ingroseille, secte sort de galles produites sur les jeunes bourgeons du Chône des teinturiers (Quercus infecloria Olivier; Q. lusitanien, var. infecloria

Fig. 819. — Rameau de Quercus infecloria portant deux galles.

Webb), arbrisseau répandu dans toute l'Asie Mineure, dans les forêts

OtlDuE DES HYMENOPTERES.

. • o^.'on Ppmp Ces ealles ont la grosseur

Srrinlr.nl comme .«tan. d'asperi.c» (flg. 8.0); on 1.. connaît sous les noms de galles ciAlep, galles turques, galUs du Levant ou noix de Galles ; elles viennent d'Alep, de Smyrne, de Mossoul, de la Perse; on en distingue 4 variétés. On les récolte avant l'éclosion de l'Insecte ; plus tard, elles seraient percées d'un trou, blanchâtres, légères et peu astringentes.

Les galles de Smyrne ou de l'Asie mineure (flg. 820) se recueillent sur le môme Chêne queles précédentes:

elles sont plus grosses, moins foncées, moins pesantes et sont dues probablement à un autre Insecte.

Cynips polycera Giraud. — 11 sort de la petite galle couronnée d'Alep (fig. 821), qui résulte de la piqûre des jeunes bourgeons terminaux de Quercus infectoria. Celle galle, de la grosseur d'un pois, est attachée par un court pédicule et couronnée d'un cercle de pointes

— Galles de Smyrne.

Fig. 821. — Petiies galles couronnées d'Alep, entières et en coupe verticale.

ou tubercules analogues à ceux d'un fruit de Myrte (fig. 821). Elle est formée de quatre couches concentriques, dont la plus interne est seule amylacée ; elle arrive mélangée aux galles d'Alep.

Cynips calicis. — Il sort de la galle ou gallon de Hongrie ou du Piémont (fig. 822), qui résulte de la piqûre de la cupule du gland du Chône rouvre (Quercus robur L.), après que l'ovaire a été fécondé. Celle excroissance est de forme très irrégulière ; suivant qu'elle se

ri82 CLASSE DES INSECTES.

développe* en dehors ou en dedans de lu cupule, le gland se forme ou avorte. Elle sert au tannage et est plus estimée que la noix de galle.

Cinips aiigentea. — Cet Insecte sort do la pomme de Chêne (fig. 823). On désigne ainsi 'la plus volumineuse des galles de Chêne : elle est commune dans le sud-ouest de la France sur le Chêne tauzin [Quercus pyrenaica) ; elle se trouve aussi en Angleterre sur Q. pedunculata; peut-être faut-il encore lui rapporter une galle figurée par Olivier sur Q. infectoriu. Cette galle est sphérique ou ovoïde, lisse, haute de 35 à 50 millimètres, large de 35 à 40 et entourée vers sa partie supérieure d'une couronne de 5 à 6 pointes qui semble indiquer qu'elle provient du développement monstrueux de la fleur femelle, piquée avant la fécondation. Elle est d'une structure spongieuse uniforme, très légère après la dessicca-

Fig. 822. — Gallo de Hongrie.

Fig. 823. — Pomme de Chônc.

lion et présente au centre une petite coque blanche ovalaire, renfermant l'Insecte.

Cynips hungarica. — Il naît de la galle ronde de l'Yeuse ou galle de France (fig. 824). Cette galle croit sur Quercus ilex dans le midi de la France et dans le nord de l'Italie : elle est sphérique, large de 19 à 22 millimètres, tantôt lisse et unie, tantôt inégale et ridée ; elle est très

, i-i™ H'nn -ris vcnlalre ou un peu rougeâtre ; sa cassure est rayon- T^niS '.l "une teint, brun foncé, sauf la couche^inlcrnc, qui est plus dense cl blanchâtre, mais non amylacée.

Cynips Kollahi (C. petioli). — Il se développe dans la galle ronde du Chêne rouvre, galle lisse ou galle du pétiole des feuilles de Chêne (fig. 82b). Celle galle est fixée aux jeunes rameaux de

Quercus robur dans le nord de la *\

Franco de 0. vyrenaica dans le sud-ouest et aussi de Q. sessihflo> a , on la trouve souvent par groupes de 3 à 5, à l'extrémité des rameaux. Elle est lisse, sphérique-, large de 15 à 20 millimètres, rougeâtre, légère

Fig. 82Î

— Galles romles de l'Yeuse.

Fig. 825. — Galles rondes du Chêne rouvre.

et spongieuse. Elle est parfois divisée en trois ou quatre loges renfermant chacune un Insecte.

Quelques autres sortes de galles sont encore utilisées : telles sont la galle marmorine, qui vient du Levant, la galle de Morée et la galle d'istrie.

Les galles doivent leurs propriétés au tannin ou acide gallo-lanni-

que, C'*H"Qi, qu'elles renferment en grande quantité. Elles ont été employées pendant longtemps pour le tannage des peaux, la teinture et la lubncat.on de l'encre; mais aujourd'hui, leur usage industriel est assez limité. En médecine, on met à profit leurs propriétés astringentes; elles conalUufinLen outre un contre-poison efficace, dans les cas d'empoisonnement parles alcaloïdes, le cuivre, le plomb, le tartre, les sels d'antimoine et la cantliaridine.

Lacaze-Duthiers et Riche, Mémoire sur l' alimentation de quelques Insectes galhcoles et sur la production de la gffauie. Annales des se. nat., Zoologie (•(), II, p. 81, 1 8;> j .

■/ HvvAvlf'' Uehhl Uen Gene'-alionswecksel der Eicken-Gallwespen. Z. f. w. aaaV, p. 151, 1881.

J. Liclitensteii^Ies Cynipidès. Montpellier et Paris, in,-8° de 137 p. 1881 — Comprend la traduction du mémoire précédent.

P. Cameron, On the origin of the forme of galls. ïransact. of U.o nat. l.ist Soc. of Glasgow, (2), I, p. 28, 1883.

La galle ronde dusChône rouvre établit la transition entre les galles

simples ou uniloculaires et les galles pluriloculaires ou bédégars.

Celles-ci ont pour type la galle chevelue du Rosier, mais s'observent

aussi sur le Chêne ; les galles produites par Biorhiza optera et par

Teras terminalis, dont il a été question plus haut, sont de cette

catégorie.

Cynips coronata Giraud. — Cet Insecte sort des galles comiculées (fig. 826) qui se trouvent comme assises par le milieu de leur base

Fig. 82(j. — Galles comiculées, entières et en coupe.

sur les jeunes branches de Quercus pubescens. Elles sont jaunâtres, ligneuses, légères et hérissées de plusieurs cornes recourbées. Elles sont creusées d'un grand nombre de cellules dont chacune sert de demeure à une larve et s'ouvre au moment de l'éclosion.

Rhodites hosae Harlig. — Cet Insecte (fig. 827) n'a qu'une seule génération par an : les mâles sont très rares et seulement dans la proportion de 2 p. 100; aussi sont-ils le plus souvent inutiles et la

ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES. 385 , .• r,;i oMp nnr narlhénogenèse. La femelle se pose, au SÏ^ÏÏ^TStaS. ma „*» et d. B. mm.

printemps, s»ui «« e sommet, en trois points dille-

£ pSr^Su, pi,ûre. Les œufs sont

To ûs sur les trois feuilles qui forment un cycle lobaire du bourgeon, K bien à la face supérieure qu'à la face inféneure, mais le plu, souvent sur les nervures primaires ou sur le pétiole. Ils sont bientôt enveloppés par une sorte de bourrelet qui se forme autour d'eux et pénètrent ainsi au sein môme du parenchyme. La croissance des feuilles se trouve alors arrêtée ; elles s'épaississent, se recroquevillent, puis

Fis. 827. — Rhodites rosm.

Fig. 828. — Bédégar.

finissent par se fusionner pour former une galle moussue et cbevelue, de couleur verte ou rouge (fig. 828). La galle est mûre en automne, mais c'est seulement au printemps suivant que l'Insecte éclôt.

Le bédégar était autrefois employé en médecine. Réaumur le met « au nombre des remèdes qui peuvent être employés avec succès contre la diarrhée et les dyssenteries, qui peuvent exciter les urines, et estre utiles contre la pierre, le scorbut et les Vers. » On lui attribuait encore des propriétés calmantes et, à ce litre, on le plaçait sous l'oreiller des enfants qui dormaient mal.

J. Paszlavszky, A rôzsagubacs fejlôdésérôl. Természetrajzi fuzetek, V, 1882 (en magyar).

Les Entomophages sont des Insectes élégants et agiles, munis de pattes longues et grêles et à abdomen pédonculé. Les femelles (fig. 829) sont armées d'une tarière saillante et acérée, grâce à laquelle elles déposent leurs oeufs, non plus sur des plantes, mais bien

dans le corps même d'autres Insectes. L'œur se développe aisément et la larve se nourrit d'abord du sang et de la graisse de sa victime, sans toucher aux organes essentiels à la vie, car la mort de son hôte

amènerait fatalement sa propre mort :

c'est seulement quand approche l'époque de la nymphose qu'elle dévore les organes internes de l'Insecte aux dépens duquel elle a vécu. La peau seule est respectée, et celte dépouille sert souvent à la protection de la nymphe.

La plupart des Insectes sont exposés aux attaques des Entomophages : chacun de ceux-ci s'adresse à une espèce parliculière ou à une espèce voisine. Ces animaux rendent Fig. 829. — Bracon patyebralov. donc de grands services à l'agriculture, en détruisant une foule d'Insectes nuisibles. Les Ptéromalides (Pteromalus, Platygaster),]es lchneumonides (lchneumon, Cryptus) et les Braconides (Bracon, Microgasler) sont les principales familles.

Chez une vieille femme, qui souffrait depuis six mois d'un exanthème en partie vésiculeux, en partie squameux, Fischer, de Breslau, a vu le grattage des vésicules mettre en liberté de petits Insectes ailés, qui étaient vivants et finissaient môme par s'envoler. C'étaient des Braconides, longs de 6 millimètres et pourvus d'une tarière longue de 5 millimèlres. Les Entomophages peuvent donc parfois pondre leurs œufs même dans la peau de l'Homme, mais le fait constitue une rare anomalie.

H. Fischer, Hymenoptera als Schmarotzer in der Haut des Mcnschen. Deutsche raed. Woch., V, p. 555, 1879.

Le second sous-ordre des Hyménoptères est constitué par les Porte-aiguillon, c'est-à-dire par ceux dont la femelle possède un aiguillon canaliculé et rétractile, chargé d'inoculer un venin élaboré par des glandes spéciales. Les antennes ont ordinairement 13 articles chez le mâle et 12 seulement chez la femelle; l'abdomen estpédonculé. La larve est apode et sans anus.

Les Formicides constituent l'un des groupes les plus intéressants du règne animal : il est peu d'animaux chez lesquels l'intelligence et les instincts d'association soient poussés à un aussi haut point. Les

ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES. 587 • ™mmi» les termitières, trois sortes d'indivi-

d(ls . des malt», " / s'envolent dans les a.rs pour s ac-

^'w r nu s à ë re s m.les meurent; les femelles, au con- ^^S à^ p-d-t leurs ailes et entrent a la four Ee pour y pondre et ne la plus quitter. Les ouvrières, C, D, ne s n que des femelles dont les ailes et l'appareil génua ne se son pas développés. Elles proviennent de larves chez lesquelles cxtsla.ent 5 disqu s maginaux destinés à devenir des ailes, mats ces dtsqucs

Fig. 830. — Métamorphoses de Formica rufa. — A, mâle; B, femelle; C, D, ouvrière grossie; E, larve; F, cocons; G, H, nymphe sortie de son cocon.

s'atrophient chez la nymphe et, suivant DewiU, ne sont plus représentés chez l'adulte que par deux points fortement chitinisés, situés au-dessous du stigmate mésothoracique. L'abdomen est formé de 6 anneaux chez les reines ou femelles pondeuses et chez les ouvrières, de 7 chez les mâles.

Les ouvrières (fig. 831, A) jouent dans la fourmilière le rôle de nourrices : elles sont chargées du soin des œufs et des larves, elles veillent sur eux avec la plus grande sollicitude ; ce sont elles encore qui vont au dehors chercher la nourriture des larves ou les matériaux de construction et qui défendent la cité quand elle vient à être attaquée. Dans certaines espèces, ce dernier soin est dévolu à des soldats, B, individus neutres que leur grosse tôle, leurs puissantes

mandibules et leur plus grande taille permettent de distinguer facilement.

L'œuf est allongé et d'un blanc opaque : au moment delà ponte et pendant la période larvaire, rien ne fait présager à quel sexe appartiendra l'animal. La larve (fig. 830, E) est aveugle et apode, formée de 12 anneaux, rétrécie et incurvée à son extrémité antérieure : les ouvrières lui donnent la becquée à la manière des Oiseaux. Au bout de 1 à 9 mois, suivant les espèces, la larve est parvenue au terme de sa croissance et se transforme en une nymphe en tout semblable à l'adulte, mais immobile, G, H . Une mue a lieu au bout de quelques

Fig. 831. — Camponolus marginalus. — A, petit neutre ou ouvrière; B, grand neutre ou soldat.

jours et l'Insecte parfait apparaît. Chez beaucoup d'espèces, la larve se file une coque soyeuse, F, pour y accomplir sa nymphose : lors de l'éclosion, les ouvrières percent cette coque, dont les mandibules encore faibles de l'Insecte nouveau-né ne pourraient venir à bout.

Les femelles et les ouvrières présentent à la partie postérieure de l'abdomen un appareil à venin constitué par deux glandes en tube, qu'un unique canal excréteur, long et sinueux, met en communication avec un vaste réservoir ou vésicule à venin; de ce réservoir part un canal qui se porte en arrière et aboutit à l'aiguillon, en même temps qu'il reçoit le produit élaboré par une glande accessoire impaire. Cet appa-

ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES. 589 reil à venin fabrique de l'acide formique presque pur chez formica ru fa et F. pratensù, mais il n'en est vraisemblablement pas de même chez toutes les espèces, le venin d'un grand nombre ayant une odeur et une saveur variables.

Chez les Formicines, le pédicule thoraco-abdominal est constitué par le premier anneau de l'abdomen ; l'aiguillon reste rudimentaire [Camponolus, Polyergus, Formica, Lasius). Ces Insectes sont donc incapables de nous piquer; toutefois, certains d'entre eux pincent douloureusement la peau avec leurs mandibules, puis déversent leur venin dans la blessure; ainsi font notamment F. anerea, F. ruftbarbis, F. exsecta et F. sanguinea. D'autres (F. rufa, F. pratensis et F. truncicola) éjaculent à distance leur venin, qui peut atteindre les yeux. D'autres encore sont simplement gênants, parce qu'ils s'insinuent sous les vêtements, grimpent sur le corps ou s'introduisent dans les oreilles (Lasius niger, L. fuliginosus) ; leur morsure est trop faible pour être perçue.

Sur les 66 espèces de Formicides qui vivent en Europe, il en est tout au plus 5 ou 6 qui soient réellement capables de traverser notre épiderme avec leur aiguillon. Elles appartiennent au groupe des Myrmicines, reconnaissable au grand développement de l'aiguillon et. à ce que le pédicule comprend les deux premiers anneaux de l'abdomen. Ce sont:

1° Myrmica rubiua. — Sa piqûre produit une douleur au moins aussi forte et surtout plus aiguë que celle d'une piqûre de Guêpe. Cette espèce est peu commune; elle établit ses fourmilières sur des lieux découverts où elles sont très apparentes.

2° M. laevinodis. — 3° M. ruginodis. — Les Fourmis rouges sont réellement les seules dont on ail à souffrir. Lorsqu'on s'assied sur l'herbe, elles grimpent dans les vêtements et l'on sent bientôt comme de cuisantes piqûres d'épingles. La douleur est bien moins forte que celle que produit M. rubida; elle s'atténue et disparaît au bout de quelques minutes.

4° M. scabrinodis. — 5° M. LOBicoiiNis. — Ces Fourmis, d'humeur paisible, ne piquent presque jamais; leur aiguillon est plus faible que chez les précédentes.

6° Tethamorium caespitum. — La Fourmi des gazons mord avec fureur, mais son aiguillon est trop court pour traverser l'épiderme, sauf quand celui-ci est très fin, comme au visage

ou chez les enfants: on ressent alors .me légère douleur ou môme une simple démangeaison.

D'autres Myrmicines, telles que Pheidole pallidula (flg. 832) et Crematogaster sculellaris, sont incapables de piquer^et de mordre, mais passent volontiers sur la peau.

Les nymphes de certaines Fourmis sont recherchées pour l'alimentation des jeunes Faisans élevés en volière; on les connaît sous le nom impropre d'œufs de Fourmis. Les individus qui en font la récolte d'une façon suivie présentent bientôt des lésions caractéristiques : en moins de 2 mois, la face palmaire de tous les doigts est entièrement dépouillée de son épiderme

Le derme est nu ; il offre une teinte écarlate et une grande sensibilité, sa surface est fortement ridée; les ongles sont intacts. Aucune altération ne se montre ailleurs qu'aux mains, si ce n'est que quelques petits boutons vésiculeux qui se recouvrent de croules, peuvent apparaître au cou et sur la poitrine. Ces lésions tiennent moins aux piqûres qu'au contact incessant des doigts avec le liquide irritant que les Fourmis répandent quand on les excite.

A la Guyane française, les nègres et les créoles mangent l'abdomen d'une Fourmi appelée Kaumaka : il a la taille d'un pois chiche et est rempli d'une bouillie blanchâtre. Au Gabon, le marquis de Compiègne a vu les Pahouins recueillir au moyen

OllDRE DES HYMÉNOPTÈRES. m , Fourmis appelées nlchougous et les jeter

ques Fourmis d'Europe et leur a trouvé une saveur acide des plus agréables.

Myruecocysto s nmam We.rn.el, 1838. - Celte espèce mérite d'êt placée au premier rang parmi les Hyménoptères comeslibl . Elle vit «uMexique.au Nouveau-Mexique et au Colorado, par 3 000 mètres d'altitude. Elle comprend trois sortes d'ouvrières et se creuse dans le sol, sur la crête môme des montagnes, une cité que reccuvre un amas surbaissé de sable. On y accède par un tube vertical, qui part du sommet de l'amas sableux, puis conduit en une série de galeries rayonnantes, sur le trajet desquelles se trouvent des chambres. •La chambre la plus spacieuse est occupée par la reine, qu entoure toujours une garde de 12 à 20 ouvrières. Les autres cbambres, voûtées et rugueuses, sont occupées chacune par une trentaine d'ouvrières curieusement transformées (6g. 833) : la tête et le thorax sont comme chez la maîtresse ouvrière, mais par suite de l'accumulation du miel dans le jabot, l'abdomen est globuleux, extrêmement distendu et atteint la taille d'une groseille. Ces neutres porteurs de miel sont immobiles et cramponnés par les pattes au plafond de la chambre, la tête et le thorax appliqués contre la paroi, l'abdomen pendant.

La fourmilière semble inoccupée pendant le jour; la nuit venue, les ouvrières à abdomen normal sortent en colonnes serrées et s'en vont, parfois fort loin, vers certains Chênes (Qucrcus undulata) dont les rameaux portent des galles d'un brun rouge : elles grimpent sur l'arbre et lèchent avec tant d'ardeur le liquide blanc et sucré qui perle à la surface des galles, que leur abdomen se distend. Vers minuit, elles commencent à regagner la fourmilière; toutes y sont rentrées quand le jour se lève. Elles dégurgitent alors une partie du miel dont elles se sont chargées dans la bouche des ouvrières sédentaires, et l'abdomen de celles-ci se dilate peu à peu.

Pendant la mauvaise saison, les habitants de la fourmilière ont

Fig. 833. — Myrmecocystus meUiger, ouvrière à miel.

donc à leur disposition une copieuse réserve d'aliments : il leur suffi! de venir se mettre en contact, bouche à bouche, avec la porteuse de miel pour que celle-ci, régurgitant une goutte de miel, leur donne la becquée.

La Fourmi à miel est très recherchée au Mexique, où on lui donne les noms de Hormiga mielera, hormiga bvsilera ou hormiga mochilera : on la sert sur les tables comme une friandise et on croque son abdomen à belles dents. Les Indiens en font une sorte d'hydromel qu'ils boivent dans les cas de fièvre; ils appliquent le miel comme onguent sur les yeux calaractés ou sur les contusions; par fermentation, ils en obtiennent une liqueur alcoolique.

Le miel du Myrmécocyste est d'un goût agréable ; il est légèrement acide en été, suivant Loew, mais neutre en automne et en hiver. D'après Wetherill, c'est presque une solution aqueuse concentrée d'un sucre incristallisable ayant pour formule G°H,l07; une Fourmi de moyenne grosseur en renferme plus de 8 fois son propre poids.

Les propriétés irritantes des Fourmis ont été utilisées en médecine. A l'extérieur, on a préconisé comme excitant, résolutif et rubéfiant soit des topiques préparés en écrasant les Insectes adultes avec leurs nymphes et une portion de la fourmilière, soit l'huile dans laquelle on les avait fait macérer, soit leur venin simplement dilué : on avait recours à cette médication dans les cas de rhumatisme articulaire, de goutte, d'oedème, de paralysie, contre les ulcères de mauvaise nature, la stérilité, les dermatoses chroniques. En Californie, suivant de Cessac, on traite les névralgies intercostales en appliquant loco dolenii un petit vase renfermant des Fourmis vivantes, qu'on a eu soin d'irriter; quand les Fourmis ont mordu la peau pendant quelque temps, on les écrase et on en fait une pâte dont on recouvre le point douloureux.

Autrefois, les Fourmis étaient encore employées à l'intérieur: pulvérisées, on les administrait contre les maladies de la peau et l'hydropisie ; distillées avec l'alcool, elles donnaient Veau de magnanimité de Hoffmann, qui était vantée comme aphrodisiaque et contre les maladies nerveuses. Elles entraient dans la composition du baume acoustique de Mindérerus et de l'huile

OIUllllî DES HYMÉNOPTÈRES.

acouslùjue de Mynsicht, qui devaient guérir de la surdité. Leurs nymphes étaient considérées comme un bon 'carminatif.

A Cayenne, on emploie comme hémostatique, à la place de l'amadou, le nid de Formica bispinosa Oliv., constitué par un duvet feutré obtenu par l'assemblage des graines de divers Dumbax. Sur les bords de l'Amazone, on se sert des Ecilon, armés de fortes mandibules, pour affronter les bords des plaies: un mouvement de torsion sépare le thorax de la tête, qu'on laisse en place jusqu'à ce que la cicatrisation soit achevée.

B. Ewaldt, Disserlalio de formicarutti usu in medicina. Regiomonti, in-4°,

A. Tardieu, Mémoire sur les modifications physiques et chimiques que détermine dans certaines parties du corps l'exercice de diverses professions, pour servir à la recherche médico-légale de l'identité. Annales d*hyg. publ. et de méd. légale, XLII, p. 409, 1849.

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Les Chrvsides (fig. 834) sont de petite ou de moyenne taille et ornés de couleurs métalliques éclatantes. Les femelles pondent dans le nid d'autres Hyménoptères, notamment dans celui des Guêpes fouisseuses.

Celles-ci, encore appelées Sphégides, vivent solitaires. La femelle

Fig. 83.4. - Chrysis ignila. Fig. 835. — Crabro cephalotes.

se nourrit de miel et de pollen et creuse dans la terre, le sable ou le bois sec des galeries dont le fond est occupé par une ou plusieurs cellules. Dans chacune de celles-ci, un-œuf est pondu, auprès duquel Blanchard. — Zool. mcd. Ut gg

la femelle accumule des provisions pour lu larve Carnivore Ces pro visions consistent d'ordinaire en Insectes variés, mais toujours les mornes pour une môme espèce de Sphégides: pour les conserver intacts jusqu'à l'éclosion de la larve, la femelle leur pique de son aiguillon la chaîne ganglionnaire, ce qui les paralyse mais ne les tue point. Sphex occitanica capture les !• phippigères, Sphex flavipermii les Grillons, Mellinus sabulosus les Diptères, Philahlhus apivorus les Abeilles, Ccrceris bupresticidales Buprestes, Crabro cephalolcs (fig. 835) les Pucerons et les Mouches.

Les Vkspides ou Guêpes sont caractérisés par la disposition de

Fig. SiG. — Vespa crabro.

leurs ailes antérieures qui, au repos, se replient dans le sens de la longueur et embrassent en partie les ailes postérieures : d'où le nom de Diplotera qu'on donne encore à ces Insectes. Ils ont les antennes coudées, formées de 12 à 1 3 articles, et le corps marqué de taches jaunes ou blanches. Ils se nourrissent du nectar des fleurs, mais les larves sont carnassières. On reconnaît parmi eux trois sortes d'individus.

Les Euménines sont des Guêpes solitaires, qui se creusent des cellules dans les talus argileux ou sableux ; les ouvrières sont aptères. Odynerus rubieola établit ses cellules dans les liges desséchées ; Eu-

ORDHE DES ÉVMÉNÔPTÊRÈS.

jettes pomiformis construit sur les buissons des cellules argileuses ressemblant à des noisettes.

Les l'obstinés (fig. 830) vivent en société; les ouvrières sont ailées. Quand arrive le froid, les nulles et les ouvrières meurent, mais les

Fig. 837. — Rayon d'un nid de Vespa crabro ; cellules ouvertes et cellules

operculées.

femelles, fécondées au préalable, se réfugient dans les Irous des murailles, dans le tronc des vieux arbres ou en tout autre endroit où elles puissent passer l'hiver. Au retour de la chaleur, chacune d'elles sort de sa torpeur, construit un nid a cellules hexagonales ((ig. 837), puis pond un œuf dans chaque cellule. Quand les larves sont écloses, la mère les nourrit avec des Insectes broyés : ces larves (fig. 838) se tissent bientôt un cocon qui remplit toute la cellule et semble la fermer d'un petit couvercle, puis elles se transforment en nymphes qui ne lardent pas à passer à l'état parfait. Celte première génération donne naissance à des ouvrières qui se mettent aussitôt à agrandir le nid en construisant un grand nombre de cellules nouvelles, dans lesquelles la mère effectue une seconde ponte. Celle fois, la mère ne s'occupe plus de sa progéniture et laisse aux ouvrières le soin de la nourrir ; de cette seconde génération proviennent, vers la fin de l'été, lout à la fois des mâles, des ouvrières et des femelles.

Fig. 838. — Larvo et nymphe de Vespa crabro.

Les Guêpes construisent leur nid ou guêpier avec du bois ou des feuilles mortes, dont elles font une sorte de papier ou de carton : elles broient ces substances entre leurs mandibules, les imprègnent de leur salive et en forment une pâte homogène. Les guêpiers peuvent affecter les formes les plus diverses, mais une môme espèce donne toujours à ses rayons la même configuration. Pointes gallica suspend le sien à des plantes peu élevées et lui

donne la forme d'un simple rayon aplati. Le Frelon (fig. 837), qui est la , plus grande de nos Guêpes indigènes, fixe le sien à un vieux tronc d'arbre ou/' à une solive dans un grenier, et lui donne une forme hémisphérique (fig. ; 838). Vespa sylveslris superpose plusieurs rayons, puis les entoure d'une Fig. 839. — Vespa germanica. enveloppe commune dépourvue d'alvéoles et close de toutes parts, sauf en bas, où une ouverture a été ménagée; ce nid a plus ou moins l'as- ■ pect d'une boule et est fixé aux branches d'arbres. Vespa germanica (fig. 839), V. vulgaris, V. rufa construisent leurs nids sous terre.

Les Guêpes sont au nombre des Insectes les plus redoutés, à cause des cruelles piqûres que produit l'aiguillon dont sont armées les femelles et les ouvrières ; toutefois, ces Insectes ne piquent jamais sans qu'on les provoque: leur aiguillon est une arme défensive plutôt qu'offensive.

Cet aiguillon a été étudié par de Lacaze-Duthiers chez Vespacrabro.W se compose d'un gorgeret, sorte de gouttière conoïde à base antérieure, fendue sur toute la longueur de sa face inférieure; dans sa cavité glissent deux stylets, pièces cornées, grêles et aiguës, dont le bord supérieur est mince et tranchant et l'inférieur orné de dents à pointe dirigée en avant. Les stylets sont capables de mouvements de va-et-vient : ils sont les premiers à pénétrer dans la peau et frayent un chemin au gorgeret; ils s'enfoncent en sciant, sont maintenus en place par leurs denliculations et souvent môme restent dans la plaie après le départ de l'Insecte. L'oviducte débouche en avant et l'anus en arrière de l'aiguillon, à la base duquel vient s'ouvrir d'autre part le conduit qui vient du réservoir du venin.

Quant à l'appareil à venin, il a la disposition générale que nous avons indiquée chez les Fourmis : les glandes paires pro-

ORDllE DES HYMÉNOPTÈRES. 507 duisent un liquide acide, la grosse glande impaire donnerait un liquide alcalin, suivant Carlel, mais le venin, qui résulte du mélange de ces deux liquides est toujours acide. La vésicule du venin possède une couche musculaire capable d'agir sur son contenu et de l'éjaculer.

La Mouche est très sensible^ l'action du venin de la Pohsle, de la Guêpe, du Frelon et de quelques autres Hyménoptères (Xylocope, Chalicodome, Abeille et Bourdon) : elle meurt immédiatement et tombe comme foudroyée. Celte extrême sensibilité a permis à Carlet d'expérimenter séparément l'action des deux produits, acide et alcalin. Inoculé seul, l'un quelconque de ces liquides n'amène pas la mort ou du moins ne l'amène que longtemps après l'inoculation. Mais si l'on injecte successivement ces deux liquides à une même Mouche, la mort suit de près la seconde injection, d'où il semble résulter que les propriétés nocives du venin ne se développent qu'après le mélange des deux liquides.

La piqûre de la Guêpe est ordinairement bénigne et ne provoque qu'une légère inflammation locale, qui guérit seule; parfois, elle détermine de la lymphangite, des ulcères, des abcès, des phlegmons, la gangrène de la partie lésée; on l'a vue encore s'accompagner d'accidents généraux graves, de perte de connaissance, d'insensibilité et même être la cause d'un tétanos mortel. La piqûre du voile du palais ou du pharynx n'est pas rare : elle provoque une tuméfaction qui gêne considérablement la respiration et peut même causer la mort. Celle-ci est d'ailleurs très rare, dans les cas de piqûre simple, mais s'observe fréquemment à la suite de piqûres multiples: elle tient alors à l'action dépressive exercée sur le système nerveux, notamment sur le bulbe, par le venin absorbé en grande quantité.

Carillct, Observation sur des accidents produits par les piqûres de Guêpes. Journal compléni. des se. méd., XIV, p. 87.

H. do Saussure, Monographie des Guêpes sociales. Paris, 1853-1858. Voir

p. ni.

P. G. Mabarel du Basty, Des accidents produits par la piqûre des Hyménoptères porte-aiguillons. Thèse de Paris, 1875.

G. Carlet, Sur le venin des Hyménoptères et ses organes sécréteurs. Comptes rendus de l'Acad. des se, XCVIIJ, p. 1550, 1884.

Les Apides ou Abeilles ont les antennes coudées, formées de 12 ar-

ticles chez le maie, de 13 chez la femelle* plus épaisses et plus courtes chez celte dernière. Les pièces buccales sont diversement développées suivant le genre de vie de l'animal. Le corps est ordinairement velu et les poils aident au transport du pollen qui sert en partie à la nourriture des larves; en visitant les fleurs, les Abeilles transportent également ce pollen d'une fleur sur l'autre et sont ainsi les agents habituels de la fécondation croisée. L'abdomen n'est pas pédiculé. Les ailes antérieures ne se replient pas. Les pattes postérieures ont, chez

les femelles, une conformation caractéristique, en rapport avec la récolte du pollen : le tibia ou palette s'élargit en un triangle allongé ; le premier article du tarse, appelé métatarse ou pièce carrée, est large et rectangulaire (fig. 845).

Un grand nombre d'Abeilles vivent toujours solitaires; elles ne produisent pas de cire et ne comprennent que deux sortes d'individus. Paimi elles, nous rencontrons tout d'abord les Nomadines (Nomada, Melccta, Cœlioxys), qui sont à peu près glabres et, par conséquent, incapables de rapporter du pollen à leurs larves : aussi ont-elles coutume de s'introduire dans le nid des aulres Abeilles pour y pondre leurs œufs; pour opérer plus sûrement celle fraude, elles revêtent parfois l'aspect extérieur de celles à qui elles confient leur ponte.

Chez les Mérilégides, la jambe el le tarse ne jouent qu'imparfaite-.]

Fig. 840. — Pièces buccales ti'Andrena labialis. Les lettres comme dans la figure 809.

Fig. 8-4 1 . — Dasypoda hirtipes.

Fig. 842. — Megachile centuncularis femelle.

ment le rôle d'appareil collecteur du pollen; en revanche l'extrémité inférieure de la cuisse, la hanche el les parties latérales del'abdoniei

sont hérissées de poils qui concourent au même but. Ces Abeilles ont le menton très allongé (lîg. 840, a), la langue courte et large, 6, les palpes labiaux formés de 4 articles, c. Colletés (lîg. 792), Andrcna, Dasypoda (fig. 8 i i ) sont les principaux genres.

Les Gastrilégides ont le dernier

segment de l'abdomen hérissé de

poils courts et dirigés en arrière, Fig. 843. - Aile antérieure d'Os-

entre lesquels s'accumule le pollen, mia Pifornis. - c', 1" ; c", . , , \ . : . . 2° ceUulo cubitale ; rl, nervure,

balayeparle tarse des pattes posteneu- Log autres ictlrcs comme

res. Genres Anlhidium, Megachile (tig. dans la figure 810.

842), Chalicodoma et Osmia (fig. 843).

Les Podilégides recueillent le pollen sur la jambe et le tarse des

deux pattes postérieures. Genres Anthophora, Eucera (fig. 808), Ma-

a-occra et Xylocopa. La Xylocope violacée (fig. 844) creuse dans le

Fig. 844. — Xylocopa violacea et son nid.

bo.s sec et tendre ou dans de vieux troncs d'arbre, au moyen de ses mandibules, desgaleries subdiviséesen loges, danschacune desquelles elle dépose un œuf et la quantité de nourriture nécessaire à la larve La pjqûre de cet Insecte est redoutable; son venin est acide : P Bert

(il III

postérieure d'une Abeille ouvrière.

— A, face externe ; B, face interne.

pense qu'il n'agit directement ni sur le système nerveux ni sur le système musculaire, mais que c'est un poison du sang.

P. Bert, Contributions à l'étude des venins. Comptes rendus de la Soc. de . biol., (4), II, p. 130, 1865.

Les Abeilles sociales vivent en commun et forment des sociétés qui ne durent qu'une année {Bombus) ou indéfiniment (Mellipona, Apis). Elles comprennent trois sortes d'individus, des nulles, des femelles et des ouvrières, et produisent de la cire. Ce sont des podilégides : la face externe de la jambe (fig. 845, A) est creusée d'une corbeille, dans la- . quelle le pollen s'accumule, se ramasse en boule et se trouve retenu par le râteau, rangée de longs poils plantés sur le bord. Le pollen est enlevé des fleurs et rassemblé par la brosse, B, située à la ] face interne du tarse et constituée par plusieurs rangées symétriques de soies raides et courtes. J Les Bourdons ont le corps lourd et velu; les pièces buccales (fig. 846) sont très allongées; lej tibia des pattes postérieures est armé de deux épines terminales. Ils bâtissent sous terre des nids qu'ils imprègnent de cire pour les rendre imperméables. Leur miel est de bonne qualité, mais très peu abondant : i ils se le procurent en perçant à la base la co- j rolle des fleurs. Leur piqûre est très douloureuse.

Les Méliponines sont de petites Abeilles à aiguillon rudimentaire, qui vivent au Brésil, dans les îles delà Sonde et en Australie; elles mordent, mais ne piquent pas. Elles s'établissent dans les creux des vieux arbres. Les Indiens Tamas, qui! vivent sur les bords du rio Caquetta, dans laj région du haut Orénoque.récoltentlacireproduile par les Mélipones. Cette cera de los Andaquies est! fusible à 77° : Lévy a reconnu qu'elle était com-j posée de HO p. 100 de cire de Palmier, de 43 p. lOOj de cire de Canne à sucre et de S p. 100 d'une ma-j tière huileuse.

Les Abeilles proprement dites sont originaires de l'ancien continent; elles n'ont point, à l'extrémité du tibia des pattes postérieures, les deux épines que possèdent les Bourdons; elles ont au plus haut degré la faculté de re-

Fig. 846. — Tète de Bombus terresiris vue en dessous. — 6',paraglosses. — Les autres lettres comme dans la figure 809.

ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES. 601 cueillir le nectar des fleurs. Ce groupe renferme le seul genre

Apis mellifica Linné.

Celle Abeille (fig. 847) se rencontre en Europe, en Asie et dans le LS ïerïwiqi A l'état sauvage, elle fixe sa demeure dans les ca- |°é deVvïeux arbres ou des rochers ; domestiquée on 1 établit dans des'ruches; son élevage ou apiculture est une des plus anciennes nausuies de' l'Homme. Chaque ruche renferme encore ^ d'individus : une seule femelle féconde ou reine, A, B, 200 a 300 m. Ile s ou Faux-Bourdons, E, F, et 2000 à 3000 ouvrières, C, D. La reme est

Fig. 847. — Apis mellifica. — A, veine; B, tôte de la reine; C, ouvrière; D, tôte de l'ouvrière ; E, mâle ; F, tôte du mâle.

dépourvue de corbeille et de brosses, sa langue est plus courte que chez l'ouvrière (fig. 818).

Quand une ruche se fonde, elle ne comprend que des ouvrières et une seule reine. Les ouvrières commencent aussitôt à boucher avec de la propolis toutes les fissures de la cavité dans laquelle l'essaim est venu se fixer. Puis elles se mettent à construire des galettes de cire et à creuser à chacune de leurs faces une série de cellules hexagonales d'une admirable régularité. La cire dont ces alvéoles sont formés est sécrétée par les ouvrières elles-mêmes : elle est élaborée par quatre paires de glandes situées sous les articles de l'abdomen, à la face ventrale, puis s'accumule entre ces articles, dans les aires ciriéres (fig. 840). Les ouvrières se disposent en file : à l'aide de leurs

pâlies postérieures, dont le tarse porte à la partie externe de sa base un prolongement aigu qui l'orme pince avec la partie voisine du tibia, elles extraient les feuillets de cire, puis les pétrissent entre leurs mandibules et les imprègnent de salive; chacune d'elles va ensuite fixer les matériaux qu'elle a ainsi façonnés.

Les alvéoles que les ouvrières construisent à la surface des gâteaux de cire sont de 3 sortes : dans les plus petits (Qg. 850), la reine pond des œufs qui donnent naissance à des ouvrières; dans les plus grands se développent des mâles; d'autres enfin, plus vastes, remarquables par l'irrégularité de leurs contours etleur situation marginale (fig. 851), reçoivent des œufs d'où naissent des femelles. La reine ne dépose qu'un œuf par cellule; d'après Réaumur, elle peut pondre jusqu'à 12 000 œufs dans l'espace de 20 jours; elle fait d'ailleurs plusieurs (ouvrière) vue de' pontes par an. Les ouvrières et les femelles fécon-face. — k, épis- des proviennent d'œul's ayant subi l'imprégnation spermalique ; les mâles se développent par parthénogenèse ; la reine est, en effet, capable de féconder à son gré les œuTs, quand ils passent en face du réservoir dans lequel s'accumule le sperme. Les œufs fécondés donnent naissance à des ouvrières ou des femelles fécondes, non seulement suivant la grandeur de la cellule, mais aussi suivant la nature des aliments apportés à la larve : un accident vient-

— Tôte mellifica

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