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ORDRE DES PASSEREAUX

(guêpiers (Merops), les Rolliers (Coraciax) sont parés des plus vives couleurs.

Les Tknuirostres, Oiseaux criards ou chanteurs, ont le bec long et grêle, droit ou arqué, mais toujours dépourvu d'échancrure. Les deux doigts externes sont souvent réunis à la base. Ce groupe n'est guère représenté dans nos pays que par les Huppes (Vpupa) et les Grimpereaux (Carthia) ; il est représenté dans l'Amérique du sud et dans l'Amérique centrale par la famille des Trochilides ou Colibris, les plus petits des Oiseaux.

Les Fissirostres ou Macrochircs ont le bec large et plat, fendu très profondément, presque jusqu'aux yeux. Leurs ailes longues et pointues en font d'excellents voiliers ; à cause de leurs jambes courtes et faibles, ils évitent de se poser sur le sol. Ils se nourrissent d'Insectes qu'ils attrapent au vol. La plupart habitent les régions chaudes du globe; ceux qu'on rencontre dans les pays tempérés sont des Oiseaux de passage. L'Engoulevent {Caprimuhjus), les Hirondelles (llirundo), les Martinets (Cypselus) et les Salanganes (Collocalia) appartiennent à cette famille.

Les Hirondelles diffèrent des Martinets en ce qu'elles ont douze rectrices caudales, au lieu de dix. On en compte en France trois espèces : l'Hirondelle de cheminée (//. ruslica), l'Hirondelle de fenêtre {H. urbica) et l'Hirondelle de rivage (H. riparia). Elles ont joui en médecine, jusqu'à la fin du siècle dernier, d'une extrême faveur : elles étaient bonnes contre l'épilepsie, fortifiaient la mémoire, guérissaient des inflammations de la gorge, fortifiaient la vue, etc. ; leur fiente était administrée contre la rage et la colique néphrétique ; leur nid était appliqué sur la gorge, dans les cas d'angine.

On connaissait aussi sous le nom de pierre d'Hirondelle, de chelidonius ou chelidonia, une petite pierre de la grosseur d'une lentille, dont on se servait « pour mettre dans les yeux, afin d'en faire sortir quelque ordure qui y est entrée » (Lemcry). Suivant les uns, cette pierre se trouverait dans l'estotomac des jeunes Hirondelles; suivant les antres, la mère serait allée la chercher au loin, pour l'appliquer sur la taie qui recouvre les yeux de ses petits, nés aveugles et incapables d'acquérir la vue sans cette précaution. Une pierre aussi merveilleuse devait être un précieux talisman pour guérir les maladies des yeux, rendre la vue aux aveugles, etc. Quand un nid était abattu ou tombait accidentellement, on l'y recherchait

avec le plus grand soin. Est-il besoin de dire que la fameuse pierre d'Hirondelle était un caillou quelconque, rapporté par l'Oiseau avec l'argile dont il construisait son nid? L'Hirondelle pouvait recueillir notamment, sur le bord des rivières, des yeux d'Écrevisse amenés par les eaux ; en Alsace, il est encore usuel de se servir de ces concrétions calcaires, introduites dans les culs-de-sac de la conjonctive, pour extraire les corps étrangers qui s'y sont insinués.

Les Salanganes (Collocalia esculenta) construisent les fameux nids d'Hirondelle dont les Chinois se montrent si friands. Elles habitent l'Archipel malais cl nichent sur les rochers ou dans des grottes, aussi bien sur le rivage que dans l'intérieur des îles; toutefois, les nids du littoral sont seuls appréciés. Bulïbn parle d'un Javanais, propriétaire d'une caverne à Salanganes, qui, par la seule vente des nids, se faisait un revenu annuel de plus de 50,000 florins. De nos jours, ce singulier commerce n'a rien perdu de son importance : à elles seules, les îles de la Sonde et de Macassar exportent par an plus de 120,000 kilogrammes de nids, représentant une valeur de 30 millions de francs environ ; a Java, certaines cavernes donnent un revenu de 800,000 francs.

On admet communément que le nid de la Salangane est constitué par des fragments d'Algues ou de Lichens plus ou moins triturés par le bec de l'Oiseau, puis agglutinés par la salive. C'est en effet delà sorte que sont construits les- nids recueillis dans l'intérieur, mais ceux du littoral, les seuls que l'on consomme, sont autrement fabriqués. Ces nids, eu forme de coquille ou de bénitier, sont constitués par une matière blanche ou jaune, parfois môme légèrement rougeàtre, à cassure conchoïde et disposée par couches transversales. Cette substance, homogène et anhiste à l'examen microscopique, n'a aucunement la structure d'un tissu végétal; elle se gonfle et se ramollit dans l'eau et prend une teinte opaline. Ses réactions démontrent au contraire sa nature animale : c'est une matière albuminoïde, analogue à la mucine, à laquelle Payen donne le nom de cubilose. Au moment des amours et de la construction des nids, on voit s'écouler du bec de la Salangane un liquide visqueux qui se dessèche rapidement à l'air et que l'Oiseau utilise pour la construction de son nid. Ce produit est-il sécrété parle

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jabot, comme le supposait Everard Home eu 1817, ou par les glandes salivaires qui, suivant Bernstein, sont très développées et sécrètent une grande quantité de mucus ? La dernière opinion est la plus vraisemblable : les Chinois font donc la soupe avec de la salive desséchée. La cubilose est d'ailleurs facilement assimilable : le suc gastrique a peu d'action sur elle, mais le suc pancréatique la digère activement.

Les Dkntirostres sont pour la plupart des Oiseaux chanteurs de petite taille. Le bec, de forme variable, est tantôt subulé, c'est-à-dire terminé en pointe très fine, tantôt recourbé ; la mandibule supérieure est échancrée en forme de dent à son extrémité. Les ailes, de longueur moyenne, n'ont ordinairement que 9 rémiges primaires, par suite de l'atrophie complète ou presque complète de la première. On compte toujours 12 reclrices à la queue. Ces Oiseaux sont bons voiliers : à terre, ils sautillent plutôt qu'ils ne marchent. Ils se nourrissent principalement d'Insectes; la plupart d'entre eux sont migrateurs.

Les Covvides sont de grands Passereaux à la voix criarde, au bec épais et fort, légèrement échancré, à narines entourées de longs poils. Genres principaux : Corbeau (Corvus), Pie (Pica), Casse-noix (Nucifraga), Chocard (Pyrrhocorax), Geai (Garridus), Loriot (Oriolus).

Les Paradisiers se distinguent de tous les autres Dentirostres par leurs vives couleurs et le développement considérable que prennent leurs plumes en certains points, pour constituer des huppes, des panaches, des aigrettes. Ils vivent dans les forêts de la Nouvelle-Guinée et de quelques îles voisines.

Les Stwnides sont des Oiseaux chanteurs et sociables, qui se nourrissent d'Insectes; ils sont migrateurs. Les Etourneaux (Stwnus), les Marlins (Paslor), les Pique-Bœufs (Buphaya) sont les principaux genres.

Les Laniades ou Pie-grièches (Lanius, Laniarius), les Muscicapides ou Gobe-mouches (Muscicapa, Bombycilla), les Parkles ou Mésanges {Parus, Sitta), les Hochequeues (Mutacilla), les Sylviades ou Fauvettes {Sylvia, Phyllopneusle, Troglodytes, Regulus) et les Turdides ou Grives {Cinclus, Saxicola, Turdus, Pratincola) constituent encore diverses familles appartenant à ce même groupe.

Les Conirostres sont des Oiseaux chanteurs de petite taille, au bec conique et fort, au plumage épais et souvent orné de vives couleurs le doigt externe est réuni à la base de celui du milieu. Ils vivent en société et se nourrissent de graines, de céréales et de fruits. Un grand nombre sont voyageurs. La plupart construisent leur nid avec élégance; la femelle incube seule les œufs, mais le mâle partage avec elle le soin de pourvoir à la nourriture des pelits./rincipaux genres •

798 CLASSE DliS OISEAUX.

Alouelte (Alauda), Bruant (Emberiza), Pinson (Fringilla), Moineau J (Passer), Bouvreuil (Pyirhula), Tisserand (Ploccus).

Les Rapaces sont de grands et robustes Oiseaux, caractérisés pari le développement extraordinaire des organes des sens, autant quel par la forme du bec et des pattes. Le bec est puissant et croebu. Les I pâlies se composent de 4 doigts longs et forts, dont l'externe est J tourné en arrière; ces doigts ou serves sont armés d'ongles puis-B sants et recourbés, qui permettent à l'animal de saisir sa proie. Lel tarse est ordinairement couvert de plumes. Les ailes, longues et poin-B tues, ont 10 rémiges primaires et 12 à 16 rémiges secondaires. La queueB est longue aussi et a 12 reclrices. A l'exception d'un petit nombre, les J Rapaces se nourrissent de proie vivante, et principalement de Mam- I mifères et d'Oiseaux, qu'ils maintiennent avec leurs serres et qu'ils I déchirent à l'aide de leur bec. On les divise en deux sous-ordres.

Les Nocturnes ont de gros yeux ronds, dirigés en avant et ordinai- 1 rement entourés d'un disque facial ou cercle de plumes rigides; leurs plumes sont souples et molles, ce qui rend leur vol silencieux. Ils! constituent la famille des Shigides ou Hiboux, qui comprend l'Effraye I (Strix), la Hulotte ou Chat-huant (Syrnium), le Hibou (Olus), le Due l (Bubo), la Surnie (Sur nia), l'Haifang (Nyctea).

Les Diurnes ont les yeux petits et placés sur les côtés de la tôte ;m leur bec est revêtu à sa base d'une membrane appelée cire, dans la-J quelle viennent s'ouvrir les narines. Ils comprennent plusieurs I familles.

Les Vulturidas ont la tôte et le cou décharnés, souvent ornés de ca- J roncules cutanées ; ils vivent de charognes. Genres principaux : Cou- J dor (Sarcorhamphus), Vautour (Vultur), Gypaète (Gypaëlus).

Les Aigles (Aquila), les Pygargues (llalixlus), les Balbuzards (Pan-Mf dion) forment la famille des Aquilides; les Milans (Milvus) celle des! Milvides; les Buses (Buteo) et les Bondrées (Pemis) celle des Buti'oni-M des; les Autours (Astur) et les Éperviers (Nisus) celle des AccipitridesM Les Faucons {Falco), les Busards (Circus) et le Serpentaire ou Secré -mi taire (Gypogeranus serpentarius) sont les types d'autant de familles.*] distinctes.

Les Oiseaux ne sont évidemment que des Reptiles modifiés. Lesali Halites descendent des Dinosauriens ; les Garinates ont avec ceux-cjM des relations moins certaines : ils ont peut-être le même point deJI départ que les Ptérosauriens, auxquels ils se rattachent par l'interM* médiaire des Saururornilhes (Archxoptcryx).

CLASSE DES M A M Mll'ÉllES.

La notocordc disparait de bonne heure, sauf quelques débris qui persistent au centre des disques intervertébraux de Gbro-cartilage. Le rachis est d'abord tout entier cartilagineux; les corps vertébraux sont plans ou légèrement concaves à leurs deux faces antérieure et postérieure.

Les vertèbres cervicales ou précostales sont régulièrement au nombre de 7; par exception, quelques Édentés (Cliolœpus didactylus, Bradypus trklactylus et B. infuscalus) et un Sirénien (Manatus) n'en ont que (i; Bradypus caculliger en a 8 ou 9. Elles se soudent parfois entre elles (Édentés, Cétacés, Rongeurs).

Les vertèbres dorsales et les vertèbres lombaires sont au nombre de 17 (Homo) à 29 (Hyrax) ; les Marsupiaux, les Ruminants, les Carnivores, les Rongeurs et quelques Primates en ont 20 environ. A mesure que l'organisation se perfectionne, le nombre des côtes va en diminuant. Les vertèbres lombaires et sacrées, qui portaient autrefois des côtes, ont encore des éléments costaux soudés au bord antérieur des apophyses transverses. Les vertèbres sacrées vraies, c'està-dire celles qui s'articulent avec l'os iliaque, sont au nombre de deux, comme chez les Reptiles ; elles se fusionnent entre elles et avec les 2 ou 3 premières vertèbres caudales, pour constituer le sacrum, qui porte encore des traces de sa division primitive ; chez les Marsupiaux, cette fusion n'a pas lieu ; le canal rachidien se termine à la face dorsale du sacrum. La queue est de longueur très variable ; chez les Bipèdes, elle se réduit au coccyx.

La tète s'articule avec l'atlas par deux condyles, portés par les occipitaux latéraux. Ses mouvements d'inflexion de haut en bas et de bas sn haut s'accomplissent entre le crâne et l'atlas; ses mouvements de rotation latérale s'accomplissent entre l'atlas et l'axis. On distingue très nettement le crâne et la face.

Dans les types tels que l'Homme, où le squelette cépbalique est. très condensé, le crâne ne comprend que 8 os, savoir : un occipital, deux pariétaux, deux temporaux, un sphénoïde, un ethmoïde et un frontal; le basiotique se voit seulement à litre d'anomalie, entre le basioccipiLal et le basi-sphénoïde.

L'occipital résulte delà fusion du sus-occipital, des deux occipitaux latéraux et du basi-occipital. Le basiotique est fusionné avec ce dernier et est d'autre part en rapport avec l'otique. Le basisphénoïde porte les deux alisphénoïdes ou grandes ailes du Sphénoïde; le préîphénoïde existe souvent : il porte l'orbito-sphénoïde et les petites ailes ; entre celles-ci elles grandes ailes est le trou pour le passage

du nerf optique. La base du crâne est complétée en avant par le frontal, qui résulte de la fusion tardive de deux moitiés laissant entre elles un petit espace médian, dans lequel se loge l'elhmoïde. La face supérieure de ce dernier est criblée de pertuis que traversent les file du nerf olfactif, pour se rendre dans les fosses nasales; les aulr nerfs encéphaliques sortent du crâne par divers trous creusés dan sa base.

Le squamosal s'unit au jugal ou malaire par l'apophyse zygomatiquq Autour du conduit auditif externe se forme un anneau tympaniquè, qui augmente d'épaisseur et devient un tube osseux, sauf chez les Monotrèmes et les Marsupiaux. Ces deux os se fusionnent ensuile et contribuent à former le temporal. Celui-ci se trouve complété d'autre part parl'opistlii>tique, le prootique et l'épiotique, qui se développent autour de la capsule auditive. Entre les pariétaux et les sus-occipitaux se trouve l'interpariélal, développé dansl'espace occupé chez le fœtus par la fontanelle postérieure. Entre les pariétaux et les frontaux se trouve la fontanelle antérieure. Les frontaux s'unissent eu un seul os, chez les Insectivores, les Chiroptères et les Primates; ils peuvent porter des cornes, chez les Ruminants. Ils forment la paroi supérieure de l'orbite et se creusent, à leur partie basilaire, de cavités ou sinu frontaux dans lesquelles l'airaccède par lesfosses nasales. L'ellimoïJ prend une grande part à la formation des fosses nasales et se rattach ainsi à la face : sa lame perpendiculaire ou mésetkmoîde forme 1 partie supérieure de la cloison inlernasale ; sa lame papyracée ou o planum forme la paroi interne de 1 orbite et porte intérieurement le cornets supérieur et moyen. L'unguis ou lacrymal, dontla présence es inconstante, contribue aussi à fermer l'orbite en dedans et en hau

Chez l'Homme, la face ne comprend que quatorze os, les un pairs, les autres impairs; ce sont : les unguis, les nasaux, les maxi laires supérieurs, les malaires, les cornets inférieurs, les palatins, le vomer et la mandibule ou maxillaire inférieur. Mais ce chiffr est dépassé chez les autres Mammifères. Quelques-uns (Édentés, Cétacés) ont des ptérygoïdes, qui participent a la formation de 1 voûle palatine. L'incisif ou intermaxillaire persiste dordinaire pen danl toute la vie; chez l'Homme, il se fusionne avec le maxillair supérieur, déjà pendant la vie fœtale. Ce dernier est creusé d'un très vaste cavité, le sinus maxillaire ou antre d'Higkmore, destinée alléger la tête et remplie d'air. Le vomer, formé primitivement d deux lamelles osseuses, complète la cloison inlernasale en bas et e avant. Le malaire ou jugal s'articule avec le maxillaire supérieur e avecle squamosal, sauf chez lesÉdentés. Il s'unit parfois aussi au fron lal et renne ainsi l'orbite en dehors, disposition qui s'observe che les Périssodactyles, les Kuminanls et les l'rim.tes; ch

Mammifères, l'orbite communique largement avec la fosse temporale.

La mandibule correspond au dentaire des Reptiles, les autres os de la mâchoire inférieure étant réduits à l'état de simples prolongements. Elle s'articule avec le squamosal, en sorte que son articulation n'est pas homologue à celle des Vertébrés précédents. Ses deux moitiés latérales restent le plus souvent distinctes, mais se soudent quelquefois en un seul os (Périssodactyles, Chiroptères, Primates). Elle résulte de l'ossification de la partie distale du cartilage de Meckel ; la portion proximale de ce môme cartilage forme les osselets de l'ouïe, ainsi que nous l'avons vu.

La portion inférieure des côtes est cartilagineuse. Celles-ci s'articulent avec le rachis, dans l'intervalle de deux corps vertébraux, parfois sur un seul; elles s'articulent encore avec la face inférieure de l'apophyse transverse. A leur extrémité ventrale, elles s'articulent directement avec le sternum (côtes sternales) ou bien réunissent leurs carlilages pour s'unir en commun au sternum (côtes asternales); les dernières sont courtes et sans connexion avec le sternum (côtes flottantes).

Les sternèbres restent distinctes et mobiles chez les Édenlés ; elles se fusionnent plus ou moins chez les autres Mammifères. Le manubrium ou appendice antérieur du sternum, et l'appendice xiphoïde, qui le termine en arrière, doivent leur existence à ce que les vertèbres cervicales et lombaires portaient anciennement des côtes. Le manubrium renferme encore des points d'ossification qui sont en rapport avec l'existence ancienne d'un épisternum (Albrechl) ; cette pièce s'est bien conservée chez les Monotrèmes, où elle a la forme d'un T.

Les Monotrèmes ont des coracoïdes distincts et articulés avec le sternum ; chez le reste des Mammifères, ces os s'atrophient presque complètement et ne sont plus représentés que par Yupophyse coracoïde, qui naît par un point d'ossification spécial et se fusionne avec l'omoplate. Celle-ci est large et présente à sa face externe une haute crête transversale, donnant insertion à des muscles et se terminant en bas par l'acromion. La clavicule, d'abord continue avec l'omoplate, s'en sépare par la suite ; elle s'articule alors avec l'acromion et avec le sternum. Elle est bien développée chez les animaux dont le membre antérieur accomplit des mouvements étendus et variés ; elle s'atrophie plus ou moins chez les Ongulés et les Carnivores.

Les trois os du bassin se soudent en une seule pièce, l'os iliaque. Le pubis reste parfois en dehors de la cavité cotyloïde ; les pubis et les ischions se rencontrent sur la ligne médio-ventrale (Ongulés, Insectivores, Uongeurs) ; ou bien les iscbions sont exclus de la symphyse (Carnivores, Primates et quelques Insectivores).

Blanchard. — Zool. méd. n ki

Cliez les Monotrèmes et les Marsupiaux des deux sexes, le pubis porte un os marsupial, dirigé en avant où il se perd dans la paroi de l'abdomen ; il n'est pas sans analogie avec le cartilage épipubien des Dipnoïques et des Urodèles. Le Chien présente dans la même région un faisceau ligamenteux qui lui est homologue et est en rapport avec le muscle pyramidal.

Les os du bras et de l'avant-bras, ceux de la cuisse et delà jambe sont toujours distincts, sauf le cas où les membres postérieurs s'atrophient (Cétacés). Le type fondamental actuel de la main et du pied des Mammifères est le type pentadactyle, mais il y a de sérieuses raisons d'admettre que ces animaux dérivent d'ôtres qui avaient au inoins sept rayons digitaux.

Le carpe ne diffère pas notablement de celui des Urodèles ou des Chéloniens. La rangée proximale comprend un scaphoïde (radial), un semi-lunaire (intermédiaire), un pyramidal (cubital) et souvent aussi un pisil'orme : les deux premiers se fusionnent parfois ; le dernier doit être envisagé comme la trace ultime d'un sixième doigt. Le central, distinct chez la plupart, peut se fusionner aussi avec le scaphoïde, comme c'est le cas chez l'Homme. La rangée dislale comprend cinq carpiens (Marsupiaux, Rongeurs, Hyperoodon) ou plus souvent quatre, par suite de la fusion des deux derniers en un seul, l'os crochu, qui s'articule alors avec les deux derniers métacarpiens. Chez la plupart, notamment cbez les Primates, on observe au bord radial le prxpollex ou cartilage marginal, qui est également le dernier rudiment d'un doigt disparu, dont l'existence passée est démontrée d'ailleurs par le double tendon du muscle long adducteur du pouce.

La rangée proximale du tarse comprend encore trois os : le tibial, le trigone (intermédiaire) et le calcanéum (péronier), qui restent séparés chez les Marsupiaux pentadactyles; chez les autres Mammifères, les deux premiers se fusionnent d'ordinaire pour former l'astragale. Le scaphoïde correspond au central, mais renferme en outre des éléments du prxhallux, doigt disparu, qui était situé en dedans du bord tibial. La rangée distale comprend quatre os : les trois cunéiformes (tarsiens 1,2 et 3) et lecuboïde, ce dernier s'articulaut avec les métatarsiens 4 et 5 et résultant de la coalescence des tarsiens 4 et S.

La rotule, située en avant de l'articulation du genou, est distincte du squelette : c'est un gros os sésamoïde développé dans le tendon du muscle droit antérieur de la cuisse; elle fait défaut chez certains Marsupiaux, ainsi que chez les Cétacés, les Siréniens et les Chiroptères.

La Torme des pattes varie considérablement, ainsi que le mode de progression : sur ces différences et sur celles de la dentition, repo-

sent les principaux caractères invoqués dans la classification. La plupart des Mammifères sont onguiculés, la dernière phalange de chacun de leurs doigts se terminant par une griffe qui peut, dans certains cas, se transformer en un ongle. Les Onguiculés sont plantigrades (Ours, Primates), quand ils posent sur le sol le pied tout entier, pour ne considérer que le membre postérieur; ils sont demi-plantigrades (Martre), quand ils posent sur le sol les phalanges et le métatarse, mais tiennent le tarse relevé; ils sont digitigra les (Civette, Félins, Canidés), quand ils ne posent sur le sol que les phalanges, en tenant le métatarse et le tarse relevés.

Les plus grands Mammifères terrestres sont onguligrades : ils marchent sur la pointe des phalanges unguéales. Le tarse, le métatarse et les phalanges sont verticaux et tout l'énorme poids du corps repose sur l'extrémité des doigts. L'ongle existe à la face antérieure de la dernière phalange, mais n'est que difficilement reconnaissable. Autour de cette dernière, mais surtout à la face plantaire, l'épiderme s'est considérablement épaissi et forme un sabot. On appelle Onguh's les animaux qui présentent cette particularité. Aucun d'eux n'est penladaclyle, mais leurs ancêtres l'étaient sûrement et avaient à chaque patte cinq doigts également développés, ce qui peut s'exprimer 12 3 4.5

parla formule (I). A travers les âges, le nombre des doigts

est allé en diminuant, mais leur atrophie s'est faite inégalemerlt.

Certains types n'ont perdu que le premier doigt et sont tétradacly-

lcs : tous les doigts sont égaux et appuient sur le sol (Hippopotamus),

comme l'indique la formule q'jj'^'jl'- Ou bien les deuxième et cinquième sont en voie de régression : ils sont alors plus petits et à quelque distance de terre [Sus, Cervus), ce qui s'exprime par la for- , 2.3.4.5. n,

C 2. 3. 4.5.' Dautres lÏPes sont ti'idaclyles, les trois doigts posant

à terre et étant égaux (Rhinocéros) : le premier et le cinquième doigts 2 3 4

sont atrophiés, Les Tapirs présentent une disposition toute

spéciale, qu'exprime la formule ~~. La réduction du nombre

(1) 11 nom semble utile do faire usage do formules digitales, analogues aux formules dentaires, pour exprimer la constitution de la main et du pied chez les Mammifères. Dans ces formules, le numérateur correspond à la main et le dénominateur au pied; les différents chiffres indiquent les numéros d'ordre des doigts, le premier doigt étant le plus interne. Certains doigts peuvent avo.r conservé toute leur importance fonctionnelle, alors que les autres sont en régression, comme chez e Porc : ce fait s'exprime aisément, par exemp on attribuant aux premiers dos chiffres de plus grande taille qu'aux seconds

des doigts s'accentue encore chez le Bœuf, où elle devient — ; elle

atteint son terme extrême chez le Cheval, qui a pour formule r-

L appareil hyoïdien, très diversement développé, contracte avec le temporal des connexions dont résulte l'apophyse styloïde ; les portions intermédiaires entre celle-ci et l'os hyoïde s'atrophient fréquemment ; les petites cornes de l'hyoïde sont le dernier indice du troisième arc viscéral ou premier arc branchial.

La peau a, suivant les régions, une épaisseur variable. Le pigment ne siège pas dans des chromatophores de la couche superficielle du derme, comme c'était le cas chez les Reptiles, mais consiste en granulations mélaniques ou jaunâtres accumulées dans les cellules de la couche muqueuse de Malpighi. L'absence de ces granulations constitue l'albinisme.

La couche cornée de l'épiderme est soumise à un renouvellement incessant : elle ne se détache pas tout d'une pièce ou par larges lambeaux, mais subit une usure inappréciable qui constitue la desquamation furfuracée. La couche superficielle du derme porte des papilles où se distribuent des anses capillaires et où les filets nerveux se terminent par les corpuscules de Meissner ou corpuscules du tact. La couche moyenne, formée de faisceaux conjonctifs entremêlés, renferme aussi un grand nombre de fibres élastiques et des fibres musculaires lisses ; celles-ci sont plus abondantes en certaines régions, comme le périnée et l'aréole du sein. La couche profonde est plus lâche; les cellules conjonctives s'y chargent normalement de graisse. On trouve aussi dans la profondeur de la peau les corpuscules de Pacini, terminaisons nerveuses auxquelles on ne saurait attribuer un rôle tactile, puisqu'on les retrouve en grand nombre dans le mésentère des Félins.

De l'épiderme dérivent des phanères variées : griffes, ongles, sabots, cornes, callosités, poils, soies, piquants, fanons. La présence des poils sur la peau est caractéristique des Mammifères, que de Blainville, pour celle raison, appelait Pilifères.

Le poil est dérivé de l'écaillé des Reptiles au môme litre que la plume : il est indiqué d'abord par un soulèvement du derme, mais cette phase initiale est de très courte durée. La couche de Malpighi prolifère bientôt et s'enfonce dans le derme. Le follicule pileux ainsi constitué se différencie en une couche périphérique et une couche corticale : la première devient par la suite la gaine externe de la racine du poil ; la seconde devient le poil lui-môme et se divise ultérieurement en une cuticule, une couche corticale et une couche médullaire. La base du poil s'élargit en un bulbe conique, dans le fond duquel s'engagent des capillaires.

Les poils sont cylindriques ou aplatis, lisses ou frisés. Leur couleur lient à la présence de pigment dans les cellules de la couche corticale, à l'état lisse ou rugueux de la cuticule, à la présence ou à l'absence de bulles d'air entre les cellules de la moelle. Il y a caniUe, quand les poils d'une zone plus ou moins vaste sont sans pigment, alors que la peau conserve en cette môme zone sa pigmentation normale; il y a poliose, quand cette particularité s'étend à toute la peau. Dans les contrées où la température diffère beaucoup suivant les saisons, les Mammifères revêtent en automne un pelage long et touffu, qu'une mue fait tomber au printemps; au retour de la mauvaise saison, le bulbe produit un nouveau poil.

Beaucoup de Mammifères (Marsupiaux, Hyraciens, Pinnipèdes, Carnivores, Rongeurs, Insectivores) portent sur les côtés de la lèvre supérieure de longs poils raides ou poils tactiles, que des muscles striés peuvent redresser et dont le bulbe reçoit de gros filets nerveux. Jobert a montré qu'il existe des poils semblables, mais plus petits, sur d'autres organes où ils sont généralement méconnus : sur le groin du Porc, du Tatou, de la Taupe; sur l'aile des Chauves-Souris; sur la lèvre inférieure et au-dessus des yeux de beaucoup d'animaux, notamment des Singes.

Les glandes sébacées sont presque toujours en rapport avec un poil, dans la gaine duquel elles se développent par invagination de la couche muqueuse de Malpighi. Ces glandes en grappe sécrètent le sébum, qui lubrifie les poils. Elles sont sanglées à leur face profonde par un petit faisceau de fibres musculaires lisses, qui s'insèrent d'une part sur le bulbe pileux et vont se perdre d'autre part dans les couches superficielles du derme : la contraction de ces muscles comprime la glande et peut môme soulever le poil et les parties ambiantes, d'où le phénomène de la chair de poule. Les glandes sébacées acquièrent, en certaines régions, un développement considérable : chez l'Homme, cela se remarque pour l'aisselle et pour l'aile du nez. Les glandes préputiales, qui produisent le smegma, les glandes cérumineuses, les glandes de Meibom, qui produisent la chassie, les glandes mammaires, qui produisent le lait, sont des variétés des glandes sébacées.

Les glandes sudoriparcs sont tubuleuses; elles n'ont aucune connexion avec les poils, pénètrent jusque dans les coucbes profondes du derme et s'y pelotonnent en un glomérule. Elles se bornent à séparer du sang les produits de désassimilation et sont, comme le rein, de simples organes d'excrétion.

Les mamelles sont caractéristiques des Mammifères. Elles s'obser vent dans les deux sexes, mais restent atrophiées chez le mâle Le la.t qu elles sécrètent est un liquide blanc qui lient en suspension

806 CUSSE DES MAMMIFÈRES.

des globules graisseux; il renferme un sucre particulier, la lactose, ] - une malière albuminoïde, la caséine, el des sels; il est destiné à i nourrir le jeune animal pendant un temps plus ou moins long après ] sa naissance, jusqu'à ce que les dents soient entièrement dévelop- \\ pées. Ces volumineuses glandes en grappe sont toujours situées à la l'ace inférieure du corps (t) et disposées symétriquement de chaque j côté de la ligne médiane. Leur nombre varie d'une à cinq ou six a paires cl est en rapport avec celui des petits; on en lire de bons I caractères pour la classification, ainsi que de leur situation. Les canaux excréteurs ou conduits r/alactophorcs débouchent au sommet I ou dans le fond de la tétine ou mamelon, qui surmonte chaque glande. I Les dents ne se trouvent jamais que sur les maxillaires et les in- 1 lermaxillaires; elles sont logées chacune dans un alvéole distinct. I Elles rentrent dans la catégorie des phanères et se développent aux . dépens de bourgeons épidermiques, qui sont nés des gencives et se 1 sont enfoncés dans l'épaisseur des maxillaires. Quelle que soit leur forme, on y distingue une cavité pulpaire, limitée de toute part par la dentine ou ivoire; la portion enfoncée dans l'alvéole est la racine, j recouverte d'une couche de cément; la portion libre est la couronne, : que recouvre une couche d'émail; la couronne et la racine sont séparées par le collet, compris dans l'épaisseur de la gencive.

La dentition varie considérablement; son élude est d'une haute* importance. Certains Mammifères sont monophyodontes, c'est-à-dire j'I qu'ils n'ont qu'une seule série de dents; à quelque âge qu'elles tom- 1 bent, ces dents ne sont jamais remplacées. Les autres, plus nombreux, sont diphyodontes, c'est-à-dire qu'ils ont à chaque mâchoire deux séries de germes dentaires superposés. La série marginale fait | éruption de bonne heure et n'a qu'une existence transitoire; elle tombe pendant le jeune âge et est alors remplacée par les dents de la série profonde. Celles-ci sont destinées à durer toute la vie; les premières dents sont en général remplacées par un nombre égal de dents nouvelles; il apparaît en outre, dans le fond des arcades dentaires, un certain nombre de dents qui jusqu'alors n'étaient point représentées. Les Diphyodontes ont donc une première dentition ou dentition de lait et une seconde dentition ou dentition permanente, il qui se succèdent dans le sens vertical.

Les Monophyodontes sont homodontes, leurs dents étant toutes semblables ; les Diphyontes sont hétdrodontes, leurs dents étant dissemblables. Cette règle présente pourtant quelques exceptions :

(I) A la face antérieure, chez des bipèdes tels que l'Homme ; mais les bipèdes] a valent pour ancêtres des animaux quadrupèdes. En faisant une étude coin- j p arative de» uns et des autres, il est donc logique de supposer les bipèdes»! ramenés à leur état quadrupède primitif.

Dasypus novemcindus est diphyodonte, bien qu'apparlenant à un groupe chez lequel la monophyodontie est la règle; le Rat est monophyodonte, bien qu'il appartienne à un groupe dans lequel la diphyodontie est générale.

Chez les Hélérodontes, on dislingue les dents en Ï7icisives (fig. 87ii, A, B), canines, C, frèmolaires, D, E, et molaires, F, G, H ; la dentition est H G F E D C B A

l'ig. 875. — Dents de l'Homme. — A, B, incisives; G, canine; D, E, prémolaires; F, G, H, molaires.

complète, quand ces qualre sortes de dents sont représentées à chaque mâchoire; elle est incomplète dans le cas contraire. Les Irois premières sortes de dents sont déjà développées dans la première dentition; les molaires n'apparaissent qu'avec la dentition définitive.

Pour indiquer comment est constituée la dentition d'un animal, on fait usage de formules analogues aux formules digitales dont nous avons proposé l'adoption : le numérateur correspond à la mâchoire supérieure, le dénominateur à la mâchoire inférieure; il suffit d'étudier une demi-mâchoire, l'autre moitié étant toujours symétrique ; on commence par la ligne médiane, c'est-à-dire par les incisives. Les dents de chaque sorte se trouvent indiquées par un chiffre correspondant à leur nombre. D'après ces principes, la formule dentaire

, ,,TT , . 2 i. 1 c. 2 pm. 3 m „„ ,

de 1 Homme sera la suivante :— — ■ — ' = 32 dents, ou

2 i. i c. 2 pm. 3 m

plus simplement 9 { 0' , formule qui indique tout à la fois la dentition définitive et la dentition de lait.

Ici, les deux mâchoires sont égales et les trois premières sortes de dents définitives remplacent un nombre égal de dents transitoires; mais il est loin d'en être toujours ainsi. Par exemple, la dentition de 3.1.5

lait du Morse est j-y-^-i tandis que la dentition permanente devient

, la seconde

chez le Pho1ue> Ia première dentition est,^ . 3.1.4.1

devient

Les incisives supérieures sont enfoncées dans l'os intermaxillaire : ce sont les seules dents dont la caractéristique soit certaine. Les autres sont souvent interprétées différemment par les auteurs. D'une façon générale, on appelle incisives inférieures les dents qui sont opposées aux incisives supérieures; la canine supérieure est située au bord antérieur du maxillaire supérieur; l'inférieure est celle qui, la bouche étant close, vient se placer en avant de la supérieure.

On ne peut songer à attribuer aux Mammifères une dentition primitive uniforme, dont serait dérivée la dentition si variée des formes actuelles. On doit pourtant considérer comme vraisemblable que les Ongulés avaient à l'origine 44 dents, disposées suivant la

formule,,' ' ' ; cette formule est très fréquente chez les Ongulés

tertiaires et s'est maintenue chez le Cheval.

La langue est très mobile, musculeuse et peut être projetée hors de la bouche; sa face supérieure porte diverses sortes de papilles: les papilles caliciformes, qui sont plus spécialement en rapport avec le sens du goût, sont disposées dans la profondeur de la bouche. A celle-ci sont annexées trois paires de glandes salivaires : les parotides, placées en avant de l'oreille et débouchant par le canal de Sténon, à la face interne des joues, en regard des molaires supérieures; les sousmaxillaircs, s'ouvrant au-dessous de la langue, par le canal de W/iarton; les sublinguales, situées en avant des précédentes et s'ouvrant aussi sous la langue, par les canaux de Rivinus. On distingue en outre les glandes buccales, éparses dans l'épaisseur des lèvres, des joues, de la langue : on doit leur attribuer un rôle prépondérant dans la digestion des matières amylacées.

L'œsophage se continue directement par un estomac plus ou moins vaste, conformé en cornemuse chez l'Homme, formé de plusieurs poches successives chez les Ruminants et quelques autres herbivores. L'intestin grêle a sa muqueuse hérissée de villosités et renferme un grand nombre de plaques de Peyer, constituées par l'agglomération de follicules clos. 11 se jette latéralement dans le gros intestin, avec lequel il communique par la valvule de Bauhin. Le ctecum est simple et parfois très développé; il est souvent absent.

Un cloaque existe chez l'embryon et persiste môme pendant toute la vie chez les Monotrèmes, ainsi que chez quelques Marsupiaux et Rongeurs. Chez tous les autres Mammifères, il se forme, au cours du développement embryonnaire, une cloison qui isole complètement la terminaison de l'intestin de celle des organes génito-urinaires. Ceux-ci s'ouvrent en avant de l'anus par un orifice particulier; la surface qui sépare ces deux ouvertures est le périnéç.

Le système lymphatique est bien développé, mais les cœurs lym-

phaliques font défaut. En revanche, on trouve sur le trajet des vaisseaux, notamment au niveau des articulations et vers la racine du mésentère, des ganglions lymphatiques, dans lesquels on suppose que les leucocytes prennent naissance. Le canal thoraciquc remonte le long du rachis et va déverser dans la veine sous-clavière gauche, au niveau même de son union avec la veine jugulaire, la lymphe qui revient des membres postérieurs et de l'abdomen, ainsi que de la moitié gauche du thorax, du cou, de la téte et du membre antérieur gauche. Un canal plus petit, la grande veine lymphatique, aboutit au système sanguin en un point symétrique et ramène la lymphe de tout le reste du corps.

Les hématies ont une forme spéciale, même chez les Monotrèmes et les Marsupiaux : elles ont l'aspect de petils disques excavés à leurs deux faces ; elles ne renferment point de noyau. Par exception, elle sont elliptiques, mais plates et sans noyau dans la famille des Camélidés. La dimension de ces globules est utile à connaître, en raison de l'importance que leur détermination peut présenter dans les expertises médico-légales; malheureusement, aucun caractère ne permet de distinguer les hématies de l'Homme de celles de la plupart des animaux domestiques (Chien, Bœuf, Cheval), dont la dimension est à peu près la môme. Le diamètre de l'hématie est en moyenne de 2{a,5 chez Tragulus javanicus ; de 4(x,l chez une vieille Chèvre; de chez le Mouton; de 5(x,4 chez un Chevreau de huit jours ; de 6u.,o chez le Chat; de 6^,9 chez le Lapin; de 7fx,3 chez le Chien, de 7(x,5 chez l'Homme. Chez le Lama, les dimensions sont de 8ja sur 4p.

Dans le cas à peu près constant où l'examen des globules ne permet pas d'arriver'à une détermination de l'espèce animale qui a fourni le sang en litige, on doit chercher à obtenir des cristaux d'hémoglobine, ce qui présente encore de sérieuses difficultés ; la forme de ces cristaux présente en effet de notables variations dans la série des Mammifères.

La température du corps, mesurée dans le rectum, est un peu moins élevée que chez les Oiseaux. Les chiffres extrêmes sont, d'après Gavarret, de 37°,2 C. chez le Tigre et de 40» chez la Chèvre; la température moyenne de l'Homme est de 37°,S.

Le cœur est construit sur le môme plan que celui des Oiseaux, sauf des différences secondaires; mais les gros vaisseaux de sa base n'ont point la môme origine que chez ceux-ci.

A la base de la langue se développe Yépiglotte, lame fibro-cartilagineuse qui peut basculer sous le poids des aliments et empocher ceux-ci de passer dans les voies aériennes, en venant obturer la glotte. Le larynx est pourvu de muscles bien différenciés ; il présente à sa partie antéro-infôrieure un grand cartilage thyroïde, qui a l'as! pect d'un bouclier à convexité antérieure. A la partie dorsale et sud le bord antérieur du cartilage cricoïde sont fixés les deux cartilages aryténoïdes, surmontés eux-mêmes parles petits cartilages corniculés ou de Santorini. Les cordes vocales sont tendues dans le cadre ainsi formé; elles relient le cartilage thyroïde aux cartilages aryténoïdes ;J elles manquent chez les Cétacés. Entre les deux cordes du même côté, la muqueuse laryngienne s'invagine pour former les uenfril cules de Morgagni, dont les dimensions deviennent parfois considérables.

La trachée est toujours recliligne; à sa bifurcation ne se voit rien d'analogue au syrinx des Oiseaux. Les deux bronches se distribuent uniquement dans les poumons, sans communiquer avec aucun sac aérien. Leurs ramifications sont extrêmement nombreuses, en sorle que le nombre des alvéoles et la densité de l'organe atteignent un plus haut degré que chez aucun Reptile. Les poumons sont ordinairement divisés en lobes dont le nombre varie; chez tous, à l'exception des Bipèdes, le poumon droit présente un lobe azygos, qui s'insinue entre le péricarde et le diaphragme et rend impossible, ou du moins réduit considérablement l'union de ces deux organes.

La cavité générale n'est plus simple, comme chez les Reptiles, mais est divisée en trois portions par une cloison musculaire en forme de voûte, qui sépare le thorax de l'abdomen : cette cloison ou diaphragme joue le rôle principal dans les phénomènes mécaniques de la respiration. Il limite en avant la cavité péritonéale, en arrière les deux cavités pleurales. Autour de chaque poumon s'est constitué un sac séreux ou plèvre, qui ne communique qu'exceptionnellem. ni avec son congénère (Cheval).

Les hémisphères cérébraux prennent un développement de plus en plus considérable; à mesure qu'on s'élève dans la série, ils recouvrent les autres parties de l'encéphale et présentent à leur surface des circonvolutions compliquées. Les lobes olfactifs sont toujours recouverts; le cerveau moyen est encore à nu chez les Marsupiaux, les Insectivores et les Rongeurs, mais le cervelet est complètement recouvert par le cerveau chez les Primates.

Le vestibule des fosses nasales proémine sous forme d'un nez, d'un mufle, d'un groin, d'un museau ou d'une trompe. Les paupières renferment chacune un cartilage tarse et des glandes de Meibom; la glande de Harder existe également, sauf chez les Primates.

La sclérotique est fibreuse, sauf chez les Monotrèmes, où elle est cartilagineuse. Les vaisseaux qui s'y distribuent viennent aboutir au canal de Schlemm, cercle veineux qui limite la sclérotique en avant et encadre la cornée. Celle-ci est complètement dépourvue de vaisseaux, du moins à l'âge adulte, chez l'Homme et la plupart des Mammifères; elle en possède au contraire chez le Cheval, le Chameau, certaines Antilopes [Antilope picta) et la Taupe. Le muscle ciliaire est formé de fibres lisses. Un tapis est développé au fond de l'œil chez beaucoup de Marsupiaux, de Cétacés, de Ruminants, de Carnivores, ainsi que chez le Cheval et l'Éléphant.

L'oreille interne des Monotrèmes n'est pas plus perfectionnée que celle des Sauropsidés. Celle des autres Mammifères se complique au contraire, en ce que le canal cochléaire s'enroule plus ou moins sur lui-môme pour former le limaçon; chez l'Homme, il fait trois tours. Le nerf acoustique se termine dans cet organe par un nombre très considérable de bâtonnets de Corti. La caisse du tympan renferme les quatre osselets dont nous connaissons déjà l'origine. L'oreille externp, esquissée déjà chez quelques Reptiles (Crocodiles) et Oiseaux (Hiboux), comprend le conduit auditif externe et le pavillon ou conque auditive; celui-ci est souvent mobile et de grande dimension; il s'atrophie chez les Mammifères marins.

Les reins ou métanéphros sont situés dans la partie antérieure de l'abdomen, accolés au rachis. Ils restent lobés pendant la vie entière chez les Cétacés, les Palmipèdes, etc., ou bien sont compacts comme chez l'Homme, le Bœuf, le Chien, etc. L'uretère qui s'en détache vient se jeter dans la vessie; celle-ci n'est qu'une dépendance de l'allanloïde, avec laquelle elle communique par l'intermédiaire de Youraque; elle est reliée au cloaque par le sinus uro-génital, auquel aboutissent les canaux de Miiller et de Wolff, enveloppés dans une gaine commune et formant le cordon génital. Les canaux de Mùller sont fusionnés dans leur portion terminale.

A un stade précoce, la cloison verticale qui dédouble et supprime le cloaque et interrompt toute communication entre le sinus uro-génital et l'intestin, n'est pas encore Tonnée. Le corps de WolfT existe encore et la glande génitale commence à se développer : dans l'un et l'autre sexe, elle prend naissance, en effet, au voisinage immédiat du rein, bien que, le plus souvent, elle doive accomplir une migration vers les régions postérieures de l'abdomen. A ce môme stade, les organes génitaux externes sont en voie d'évolution : ils apparaissent sur la lèvre antérieure du sinus uro-génital et consistent en une proémmcnce qui devient, suivant le sexe, lepénis ou le clitoris, et en un repli cutané qui formera le scrotum ou les grandes lèvres. Par la suite, le sinus uro-génital devient l'urèlhre, c'est-à-dire le canal

chargé de conduire au dehors l'urine accumulée dans la vessie; ses rapports sont assez différents dans les deux sexes.

Le testicule reste ordinairement dans l'abdomen, plus ou moins loin de l'endroit môme où il s'est développé. D'autres fois, il sort de l'abdomen par le canal inguinal et tombe dans le scrotum : tel est le cas pour les Équidés, les Ruminants, les Primates et beaucoup de Carnivores. Il refoule devant lui le péritoine et se trouve ainsi renfermé dans une cavité séreuse, qui se sépare ou non de la grande cavité abdominale.

Le testicule, de forme ovale, est entouré de la tunique albugirtéa enveloppe conjonctive qui rayonne à son intérieur et le subdivise ainsi en un grand nombre de lobules ; dans chacun de ceux-ci est pelotonné un tube spermalique. Tous ces tubes convergent vers le corps d'Higlrmorc, renflement de l'albuginée dans lequel ils forment le réseau de Huiler ou rete testis. De celui-ci partent finalement un certain nombre de canaux efférents, qui se jettent tous en un tube transversal ou tête de Vépididyme. A sa suite vient Vépididyme, qui se pelotonne fortement sur lui-même, présente un petit caecum, le vas aberr ans de Haller ou hydatide pédonculée, puis se continue par le canal déférant. Avant de se jeter dans le sinus uro-génital, ce canal se dilate en une vésicule séminale, dans laquelle s'accumule le sperme, au fur et à mesure qu'il est produit. Celui-ci est déversé dans le sinus par le canal éjaeulatcur, qui continue directement le canal déférent. Les voies spermatiques débouchent donc dans l'urèthre, dont l'origine, confondue avec le sinus uro-génital, est entourée d'une forte couche de muscles lisses et dont la muqueuse renferme des glandes en tube constituant la prostate.

Le rete testis, les canaux efférents du testicule et le vas aberranssonl des restes du corps de Wolff ; il en est de même pour le pàradidyme ou organe de Giraldès, qui est enfoui dans le cordon spermalique, audessus de la tôte de l'épididyme. L'épididyme, le canal déférent et le canal éjaculateur ne sont autre chose que le canal de Wolff.

Le canal de Mûller persiste chez les Marsupiaux; il s'atrophie presque en totalité chez les autres types. Son extrémité antérieure persiste et forme un petit appendice du testicule, Yhydatidc non pédiculêi ou hydatide de Morgagni. Son extrémité postérieure s'unit à sa congénère et forme ainsi Yutricide prostatique, qui s'ouvre dans le sinus uro-génital : cette petite vésicule est homologue au vagin de la femelle et mériterait, par conséquent, le nom de vagina masculina, plutôt que celui à' utérus masculinus, qu'on lui donne fréquemment.

L'organe copulateur ou pénis naît, comme nous l'avons vu, de la lèvre antérieure du cloaque ou, mieux, de l'allanloïde. Tout le long de la l'ace postérieure du pénis court un sillon ou, plus souvent, un ca-

nal qui est la continuation de l'urèthre et autour duquel se développe le corps spongieux. Cet organe, dans lequel du sang veineux peut s'accumuler au point de le rendre turgide, s'épaissit en arrière, à la racine du pénis, et forme le bulbe de l'urèthre; il se renfle aussi en avant pour former le gland, qu'abrite le prépuce. La face antéro-supérieure du pénis est occupée par deux gros organes érecliles, les corps caverneux qui naissent de l'ischion, se juxtaposent l'un à l'autre, en môme temps qu'au corps spongieux. La rigidité de la verge est encore assurée, dans bien des cas, par l'os pénien, qui se développe dans le tissu conjonctif interposé à ces trois organes érecliles, par exemple chez les Myslicètes, les Carnivores, les Rongeurs, les Chiroptères et quelques Singes.

L'ovaire a la môme origine que le testicule et, comme lui, accomplit une migration; mais il ne descend jamais plus bas que le petit bassin, où il se fixe à un repli spécial du péritoine, le ligament large. Il a la forme d'une amande et renferme dans sa zone corticale un nombre immense d'ovules, contenus chacun dans une vésicule de de Graaf. Au début, les cellules de l'épithélium germinatif s'enfoncent par séries dans le slroma conjonctif sous-jacent, puis s'isolent. Dans chacun de ces amas, une des cellules, destinée à devenir l'ovule, est bientôt reconnaissable à sa grande taille; nous avons vu déjà(tomeI, page 131, fig. 72) quelle structure elle finissait par acquérir ; sa membrane vitelline ou zona radiala est percée de fins canalicules, par lesquels s'engagent des leucocytes dont elle se nourrit. Les cellules centrales de l'amas, au sein duquel l'ovule est plongé, subissent alors une dégénérescence et laissent la place à un liquide albumineux ; les cellules périphériques persistent. Ainsi se forme Vovisac ou vésicule de de Graaf, qui se rompt au moment du rut, pourvu que l'ovule soit arrivé à maturité parfaite.

L'ovule est alors saisi par la trompe de Fallope ou oviducte, qui s'ouvre librement dans la cavité péritonéale, à proximité de l'ovaire, par un large pavillon frangé, et qui débouche dans l'utérus par son extrémité postérieure. Ce dernier organe possède une épaisse et puissante paroi musculaire lisse; il présente de grandes variations dans la série des Mammifères, mais c'est toujours à son intérieur que l'œuf fécondé se fixe et se développe, sauf chez les Monotrèmes qui, par exception, ne sont pas vivipares.

Les Rongeurs et les Chiroptères présentent deux formes utérines remarquables : chez certaines espèces, chaque oviducte porte à son extrémité postérieure un utérus qui ne contracte aucune connexion avec celui du côté opposé {utérus duplex) ; chez d'autres espèces, les deux utérus se fusionnent vers leur terminaison, mais restent séparés sur la plus grande partie de leur étendue {utérus bipartilus). Chez les

Cétacés, les Lémuriens, les Ongulés, les Carnivores, les Pinnipèdes eL les Insectivores, la fusion des deux ulérus est plus avancée, bien que ceux-ci soient encore distincts et se prolongent chacun en une sorte de corne {utérus bicornis). Enfin, la fusion est complète chez certains Chiroptères et chez les Primates (utérus simplex).

Qu'il soit simple ou double, l'utérus débouche dans le vagin, long et large canal dont la portion inférieure est souvent obturée par une sorte de diaphragme membraneux appelé hymen. En dehors de l'hymen et sur la paroi antérieure vient déboucher l'urèthre, dans une portion qui correspond, par conséquent, au sinus uro-génilal. Celuici est très court; son orifice externe ou vulve est limité par deux lèvres longitudinales; sa commissure antérieure est occupée par le clitoris; cet organe érectile est homologue aux corps caverneux de la verge ; il renferme un os chez le Phoque. La vulve de la femme est bordée de chaque côté par deux lèvres, la plus externe ou grande lèvre étant une formation particulière au genre Homo, bien qu'on en retrouve les rudiments chez certains Anthropoïdes (Orang).

Les oviductes, l'utérus et le vagin sont dus à la persistance et à la fusion partielle des canaux de Millier. Le corps de Wolff s'atrophie au contraire; le corps de Rosenmuller ou parovarium, compris dans l'épaisseur du ligament large, l'hydatide pédiculée de la trompe et le paroophore, sont ses derniers vestiges. Quant au canal de Wolff, une petite portion de son extrémité antérieure reste en connexion avec le corps de Rosenmuller; une petite portion de son extrémité postérieure forme le conduit de Gartner, qui est situé dans la paroi latérale de l'utérus et du vagin et débouche de chaque côté du méat urinaire ; toute la partie moyenne s'atrophie.

Au moment de la copulation, le sperme est éjaculé dans le fond du vagin, au contact même du col de l'utérus. Grâce à leurs mouvements propres, les spermatozoïdes montent dans cet organe, puis dans l'oviducte : c'est là qu'ils rencontrent généralement l'œuf et le fécondent.

Au point de vue du développement, les Mammifères présentent entre eux des différences considérables. Les uns sont ovipares (Ornithodelfhes) et évoluent à la façon des Sauropsidés. Les autres sont vivipares : on les divise en Monodelphes et en Didelphes, suivant que l'embryon se développe partiellement ou en totalité dans l'utérus maternel et suivant que ses enveloppes restent libres ou contractent avec l'utérus une intime adhérence, par l'intermédiaire du placenta.

ORDRE DES MONOTRKMES.

Sous-classe des Ornithodelphes.

Ces étranges animaux ne sont connus qu'en Australie, en Tasmanie et en Nouvelle-Guinée; ils sont réduits aux deux genres Ornithorhynque {Omithorynchus Blumenbach) et Échidné (Tachyglossus llliger) : le premier renferme une seule espèce, le second en a quatre.

Les os du crâne se fusionnent entre eux, comme chez les Oiseaux; la l'ace s'allonge en un bec corné, dépourvu de dents. La ceinture scapulaire rappelle celle des Sauriens; le bassin porte deux os marsupiaux ; les pattes ont cinq doigts terminés ou non par de fortes griffes fouisseuses. L'intestin et l'appareil génito-urinaire s'ouvrent dans un cloaque, comme chez les Sauropsidés. La température du corps est de 2i°,8 chez l'Ornithorhynque et de 28° chez l'Echidné.

Les mamelles sont situées sous le ventre : elles sont formées d'un certain nombre de culs-de-sac glandulaires qui seraient, suivant Haacke, des glandes sudoripares modifiées. Elles débouchent côte à côte et sont dépourvues de mamelon. Elles déversent leur lait à la surface d'un repli peu marqué de la peau (Ornilhorhynchus) ou bien dans le fond d'une poche abdominale simple et bifurquée ou double (T. hijstrix). Cette poche semble ne se former qu'au moment de l'allaitement; elle s'atropbie plus ou moins rapidement après cette période, et il est fréquent de n'en pas trouver trace chez la femelle adulte.

EverardHome, en 1801, et Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, en 1822, admettaient déjà l'oviparité des Monotrèmes; Geoffroy avait même ligure l'œuf de l'Ornilborbynque (1). L'exactitude de ce fait, depuis lors révoquée en doute par les auteurs, a été mise récemment hors de conteste par Haacke pour l'Échidné, par Caldwell pour l'Ornithorhynque. La composition de l'œuf est la môme que chez les Reptiles et les Oiseaux. L'Ornithorhynque pond vraisemblablement ses œufs à terre, dans une dépression creusée dans le sable, elles couve; l'Echidné introduit dans sa poche abdominale l'œuf qu'il vient de pondre et c'est là que se fait l'éclosion. La segmentation est méroblastique, comme chez les Sauropsidés (Caldwell). L'animal nouveau-né n'a encore atteint qu'un développement très imparfait : il n'a

(1) Annales des se. nat., XVIII, pl. III, fig. 4, 1829. Cette figure est la reproduction d'un dessin de Rob. E. Grant, d'après deux œufs do la collection Leadbeater; deux autres œufs se trouvaient au Muséum de Manchester

pas de poils, n'a pas encore les veux ouverts et a longtemps besoin des soins de la mère.

L'Ornithorhynque (0. paradoxus) habite le sud de l'Australie et la Tasmanie. Il est aquatique; son large bec lui permet de fouiller la vase; son corps est couvert d'une fourrure épaisse et souple; ses pattes courtes et fortes ont cinq doigts armés de griffes et réunis par une large membrane. 11 se creuse un terrier au bord des ruisseaux.

Le mâle se distingue aisément à ce qu'il porte à la partie externe et postérieure du tarse un ergot volumineux, dont la pointe est percée latéralement d'un orifice. Cet ergot n'est point une dépendance des os voisins et diffère, par conséquent, de celui des Gallinacés : il est en rapport avec une glande, située sous la peau et émettant un long canal excréteur; celui-ci se termine à la base de l'ergot par une ampoule, qui se continue à l'intérieur de ce dernier par un canal.

De Blainville a considéré cet appareil glandulaire comme un appareil venimeux. licite l'observation d'un individu qui, allant pour ramasser un Ornithorhynque blessé, reçut dans le bras un coup d'éperon : le membre enfla en peu de temps. « Tous les symptômes qu'offrent les personnes mordues par des Serpents venimeux se déclarèrent. Ils cédèrent cependant à l'application extérieure de l'buile et à l'usage intérieur de l'ammoniaque ; mais l'Homme éprouva longtemps une douleur aiguë, et fut plus d'un mois à recouvrer l'usage de son bras. En examinant l'éperon, on le trouva creux, et en le comprimant, on en exprima, dit-on, le venin. »

La plupart des auteurs récents sont d'accord pour admettre quer l'ergot en question n'est pas venimeux; van der Hoeven dit que sa sécrétion n'exerce aucune action sur l'Homme et Verreaux pense qu'il joue un rôle excitateur dans l'acte de la copulation. L'animal n'a d'ailleurs pas en Australie la réputation d'être dangereux et on ne connaît, cbez les Vertébrés, aucun exemple d'appareil venimeux spécial au sexe mâle.

Les Echidnés ont le bec mince et allongé, les pattes non palmées, mais munies d'ongles puissants : ils habitent les montagnes arides et sablonneuses et se creusent des terriers. Ils se nourrissent principalement de Fourmis, qu'ils capturent en projetant dans la demeure de ces Insectes leur langue vermiforme et visqueuse. Le mâle possède un ergot semblable à celui de l'Ornilhorhyiique, mais plus petit.

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