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ORDRE DES RONGEURS. 8V

(Lombardei) gefundenen Tsenien (T;enia /lavopunclutal Dr E, Parona). Ibiilem, p, 257. — Iii-, Einige weitere Naçhrickten Uber die T.-enia nuna. Ibidem, II, p. 282, 1887. — Id., Enlwicklungscyclus der T ténia nana. Ibidem, p. 305. — ld., T.vnia flavopunctala Wein., leptocephala Creplin, diminuta Rud. Atti délia r. Aecad. délie se. di Toiino, XXIII, 1888.

R. Moniez, Sur le T.vnia nana, parasite de l'Homme, et sur son Cyslieerque supposé (Cysticercus lenehrionis). Comptes rendus de l'Acad. des se., CM, p. m, 1888.

Les Arvicolides ou Campagnols ont la tète large et épaisse, le museau raccourci, la queue courte et velue. Ils se creusent des terriers et sont très nuisibles à l'agriculture. Le Rat d'eau [Arvicola amphibius) et le Campagnol agreste (A. agrestis) sont les plus communs.

Le Lcmming (Myodes lemmus) vit dans les montagnes de Suède et de Norvège : à l'approche du froid, il émigré en bandes innombrables et cause de grands dégâts sur son passage. Axel Johannessen a remarqué que les épidémies de scarlatine -sont toujours en relation avec les migrations de ce Rongeur;, elles augmentent d'intensité au moment où se font ces dernières, en sorte qu'on peut se demander, par exemple, si cette recrudescence ne serait pas due à l'usage d'eaux dans lesquelles se trouvent des cadavres de Lemming.

A. Jobannessen , Skarlagens feberens epidemiske Udbrede/se i Norge. Kristiania, 1882.

Seler, Die Wanderzuge derLemmings und das Scharlachfieber. Diolog. Centralisait, IV, p. 283, Naturcri, Kristiania, VIII, 1884.

L'Ondatra ou Rat musqué (Filer zibelhicus) est de l'Amérique du Nord : il construit des cabanes dans les rivières, comme le Castor. A

Fig. 881. — Castor fiber.

ses organes génitaux sont annexées des glandes qui sécrètent une sorte de musc.

Blanchard. — Zool. uied. IL — oi

Les Castoiudes ne comprennent qu'une seule espèce, le Caslor ou Hièvre [Castor fiber, fig. 881). Ses patles postérieures palmées, sa queue

large, écailleuse et aplatie en forme de rame, en font un excellent nageur; on connaît ses mœurs remarquables et son talent de constructeur. Autrefois très répandu dans toute l'Europe et môme à Paris (1), il se rencontre encore çà et là sur les bords de l'Elbe, en Pologne, en Uussie et sur le cours inférieur du Rhône, mais il y est devenu 1res rare et ne lardera certainement pas à disparaître définitivement. 11 est encore assez abondant en Amérique, dans les grandes solitudes des Etals-Unis et du Canada.

A l'appareil génital du Castor sont annexées deux glandes, qui se trouvent dans les deux sexes, mais n'atteignent un développement imporlant que chez le mâle (fig. 882). Ces deux glandes volumineuses, a, débouchent par un court et large canal, b, dans le canal préputial en avant de la verge, c. A l'état frais, elles ont une longueur d'environ 10 centimètres et renferment une substance onctueuse, presque fluide, d'une odeur pénétrante et désagréable.

La paroi de chaque glande comprend une couche musculaire et une muqueuse très vasculaire; celleci forme de nombreux replis et renferme une grande quantité de petites glandules.

Tig. 88.'. — Appareil producteur du castorcum. — a, glauilo du castoréum ; b, son orilice daus le canal préputial; c, verge avec son prépuce ; d, ouverture du canal préputial ; e, glande anale ; /*, son orifice ; g, anus; /f, queue; i, prostate ; k, glandes de Cowper ; /, vésicule séminale ; m, canal déférent; n, testicule; o, vessie.

On enlève au mâle fraîchement tué ses deux poebes glandulaires et on les dessèche : on les trouve dans le commerce, sous le nom de

(1) La petite rivière de hièvre, qui se jette daus la Seine à Paris, tireson nom do ce qu'autrefois des colonies de Castor étaient établies dans son cour.-.

OU nu 15 DES UONUEURS.

pastoréum. Elles oui alors l'uspect de masses pyriformes, accouplées par leur petite extrémité, plus ou moins soudées, brunâtres, aplaties, ridées. On en distingue plusieurs sortes :1e castoréum d' Amérique ou du Canada, le castoréum de Sibérie et le castoréum de Russie ; ce dernier provient également de Sibérie, et non de la Hussie d'Europe. En outre de leur forme, ces sortes de castoréum sont faciles à reconnaître a leur odeur différente, les Castors du Canada se nourrissant d'ôcorces de Pins et ceux de Sibérie d'écorces de Bouleaux.

A l'intérieur des poches, le produit de sécrétion se présente sous l'aspect d'une masse résineuse, d'un brun rougeâtre, à cassure marbrée; ses teintures alcoolique et éthérée prennent une teinte brun foncé; l'eau en précipite une matière brune odorante et prend ellemême un aspect laiteux. Par l'évaporation spontanée, la solution alcoolique abandonne des cristaux d'une substance grasse particulière, la castorinc. On évapore à sec les eaux-mères de la caslorine et on reprend le résidu par l'eau, puis par l'alcool : en évaporant derechef, on obtient une substance résineuse cassante, brun foncé et brillante. Le castoréum de Russie contient, d'après Bran des, 0.33 p. 100 de castorinc el 13.85p. 100 de résine; celui du Canada renferme 2.50 p. 100 de castorine el 58.00 p. 100 de résine. Les autres substances sont constituées par 1 à 2 p. 100 d'huile essentielle, par des carbonates, des sulfates, des phosphates, par des matières albuminoi'Jes et de l'eau. Wôhlcr a pu encore, par la distillation, en extraire de l'acide pliénique, de l'acide benzoïque et de la salicine.

Le castoréum figure encore au Codex, bien qu'il soit à peu près tombé en désuétude, et à juste titre, croyons-nous. On le considère comme stimulant, antispasmodique et anlihyslérique, mais aucune observation sérieuse n'a jamais confirmé celte manière de voir.

LesMïoxiDEsont la queue touffue, la lûte petite, 7 molaires à replis

d'émail, 4 doigts à chaque patte; les antérieures ont en outre un pouce rudimentaire, orné d'un ongle plat. Ils se construisent des nids sur les arbres ou dans les fentes des murs et sonl hibernants. Le Loir {Hyoxus glis), le Muscardin (.1/. avellanarius) elle Lérot (M. nitela) sont les principaux types. Les Romains apprivoisaient et engraissaient le Loir, dont ils estimaient beaucoup la chair.

Les Sciuridés sonl les uns agiles et arboricoles comme les Ecureuils, les autres lourds el fouisseurs comme les Marmottes ; tous sont hiber-

nanls. Les molaires sont tuberculeuses, au nombre de ^; les pâlies

sont pentadaclyles, le pouce étant très réduit et parfois muni d'un ongle aplati. Principaux genres : Ecureuil (Sciurus), Polatouche (Plcromys), Spermophile (SpcrmopUilus), Marmotte [Arctomyi).

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Ces animaux sont des Onguiculés plantigrades, ordinairement pentadaclyles et d'habitudes nocturnes. La dentition est complète, mais très variable : les incisives sont très grosses, les canines petites, les molaires hérissées de tubercules coniques et pointus. Il y a jusqu'à S paires de mamelles ventrales; le placenta est discoïde. Les Insectivores des pays tempérés tombent dans le sommeil hibernal pendant la mauvaise saison, au cours de laquelle ils ne sauraient se nourrir, les Insectes ayant disparu ; ceux des pays tropicaux estivent, au contraire, pendant les fortes chaleurs.

Les Eiunacéides ont le dos et le dessus de la tôle couverts de forts piquants. Les Hérissons (Erinaceus) peuvent se rouler en boule; lès ïaurecs (Centetes), de Madagascar, en sont incapables.

Les Soricides ressemblent aux Souris et aux Ruts ; leur pelage est soyeux, leur museau allongé en trompe; ils ne sont pas hibernants. Principaux genres : Cladobates, Macroscelides, Gymnura, qui sont exotiques. Les Musaraignes (Sorcx) et les Desmans [Mijogale) ont sur les côtés du corps et à la racine de la queue des glandes odorantes, produisant une sorte de musc. La Musaraigne étrusque (S. elrusca), d'Italie et du midi delà France, est le plus petit des Mammifères : elle n'a pas plus de G centimètres de longueur, du museau à l'extrémité de la queue.

Les Desmans ont une longue trompe elles pattes palmées; ils sont aquatiques et se retirent dans des terriers creusés au bord de l'eau. Le Desman de Moscovie (Af. moschala) habite le sud-est delà Russie; sa

Fig. 883. — Queuu de Myogale moschata.

queue (fig. 883), écailleuse et aplatie transversalement, est utilisée en parfumerie. Le Desman des Pyrénées (M..pyrcnaica) a la queue cylindrique. Chez l'une et l'autre espèce, la face intérieure de la queue est occupée, surtout vers sa racine, par de grosses glandes sébacées, quij constituent l'appareil moschipare.

Les Tau ides ont le corps ramassé, presque cylindrique, sans cou

OU bit E DES CHIROPTÈRES.

distinct ; les pattes sont courtes, les postérieures minces, les antérieures très développées et disposées pour fouir le sol. Les yeux sont atrophiés, ainsi que les pavillons des oreilles. Le museau est terminé par un groin allongé, au bout duquel sont percées les narines et qui constitue tout à la fois un appareil perforant et un organe de tact très délicat. Ces animaux se creusent sous terre des galeries compliquées. Les genres Chrysochlorys, Condyluru et Scalops sont exotiques. La Taupe de nos pays (Tulpit cœoa) a les yeux recouverts par la pe.iu.

ORDRE -DES CHIROPTÈRES

Les Chiroptères ou Chauves-souris ont une dentition d'Insectivores, d'ailleurs très variable. Leur principal caractère estd'avoir deux grandes ailes, constituées par un large repli de la peau des flancs qui, laissant libres les pieds, part du tarse et s'étend le long du bras et de l avant-bras et entre les doigts ; ceux-ci ont acquis une longueur extraordinaire, à l'exception du pouce, qui seul reste libre et se réduit à un petit appendice terminé par un ongle. Un autre repli s'étend de l'épaule au carpe, en avant du membre antérieur; un autre encore s'étend entre la patte postérieure et la queue. Le pied renferme cinq doigts incurvés, aplatis latéralement et terminés chacun par un ongle crochu. Avec des membres ainsi conformés, la marche est pénible et embarrassée. A l'état de repos, l'animal se met la tête en bas ; il reste suspendu sans efforts par ses ongles recourbés; ses ailes sont repliées le long de son corps et l'entourent plus ou moins, à la façon d'un manteau. Tous les Chiroptères volent, mais lourdement.

Le corps est très velu, tandis que les ailes restent à peu près glabres. Celles-ci sont le siège d'une exquise sensibilité : Spallanzani a reconnu que les Chauves-souris qui se retirent dans de profondes cavernes, comme c'est si souvent le cas, sont guidées non par la vue, puisque l'obscurité estcomplèle, mais par la sensation que leur procure l'air qui, déplacé par le battement des ailes, va frapper contre la paroi, puis est réfléchi sur ces dernières, quand la paroi est à proximité. Le pavillon de l'oreille est toujours de grandes dimensions; un tragus de grande taille se dresse d'ordinaire en avant du conduit auditif. Le museau est lisse et effilé, comme chez les Rongeurs, ou porte des appendices foliacés, au pourtour des narines.

Le maie a la verge pendante. La femelle a deux mamelles pectorales et un utérus bicorne ou même double; l'ovaire et la corne utérine d'un même côté restent souvent rudimenlaires. L'accouplement a lieu en automne : le sperme reste dans l'utérus jusqu'au printemps, époque à laquelle l'ovule descend et est fécondé. Chaque parturilion

ne comprend pas plus de deux petits, souvent un seul, que la femelle porte suspendus à ses mamelles.

Ces animaux sont nocturnes ou crépusculaires; ceux de nos pavs! sont hibernants. Les uns sont frugivores ; les autres, plus nombreux, sont insectivores. Les grandes espèces habitent les pays chauds; elles sont chassées parles indigènes, qui s'en nourrissent. On pourrait tout aussi bien manger nos espèces indigènes qui, au début de l'hibernation, sont grasses et savoureuses.

Les Frugivores sont de grande taille, ont les oreilles et la queuecourtes ; le second doigt de la main porte une griffe, comme le pouce; le tragus est absent. Quelques-unes de ces Chauves-souris atteignent une longueur de 0m,o'J. Les Roussettes (Pteropus) sont des Indes et de Malaisie; leurs mamelles sont situées dans l'aisselle; laj queue est absente. Les genres Harpyia et Bypoderma sont voisins.

Les Insectivores ont le doigt indicateur dépourvu d'ongle, les mo-j laires tuberculeuses et pointues, les oreilles grandes, le tragus ordinairement bien développé.

Les Gymnorhiniens ont le nez lisse et sans appendices. L'Oreillard (Plecotus auritus), la Barbastelle [Synotus barbastellxis), le Muriu (Ves-\ pcrlilio murinus) et la Nodule ( Vcsperugo nocluhi) sont les principales; espèces indigènes.

Les Phyllorhinicns ont sur le nez des expansions cutanées : une crûte en fer de lance dont la base est entourée en avant par une: bande en forme de fer à cheval. Les Rhinnlophes (Rhinolophus) sont représentés eu Europe par plusieurs espèces. Le genre Megaderma est des Indes; Rhinipoma, d'Egypte ; Nycteris, de l'Afrique tropicale;

Les représentants américains de ce groupe sont de grande taille :l ce sont les Vampires, qui sucent le sang des animaux endormis et de ^ l'Homme lui-même; ils appliquent leur langue sous le rebord de l'ongle des orteils, mais les blessures qu'ils produisent sont sans gra-1 vité. Phyllosluma hâstaium est du Brésil. Les genres Macrotus et MaM crophijlla sont voisins.

Les Primates constituent l'ordre le plus élevé du Régne ani-j mal tout entier. Ils ont une dentition complète, les pouces etl les gros orteils opposables, les orbites parfaitement closes, lai verge pendante, l'utérus non bifide, une paire unique de ma-j melles pectorales, le placenta discoïde et décidu.

Il est d'usage, depuis Blumenbaclï et Olivier, de diviser cetl ordre en deux groupes, celui des Quadrumanes et celui de»

OH DRE DES PRIMATES

Bimanes, le premier comprenant les Singes, le second renfermant les diverses races humaines. Cette distinction reposait sur la faculté qu'ont les Singes de saisir les objets avec leurs pieds, grâce à l'opposabililé du gros orteil, faculté que l'on se refusait à reconnaître chez l'Homme. Une pareille division est tout à fait insoutenable : le membre postérieur des Singes se termine par un pied, tout comme celui de l'Homme, et non par une main ; les os, les muscles, les nerfs, les vaisseaux de ce pied, sont exactement les mômes que ceux du pied humain.

Tous les Primates sont donc des animaux chez lesquels la distinction anatomique entre la main et le pied est aussi nettement accusée que chez l'Homme. Mais il n'en est pas de môme au point de vue de la distinction physiologique ou fonctionnelle : les uns, en effet, conservent encore l'usage de leurs membres antérieurs pour la locomotion et sont, par conséquent, de véritables quadrupèdes; les autres, auxquels se rattache l'Homme, se sont adaptés plus ou moins complètement à l'é îat bipède, leurs membres antérieurs ayant perdu la signification d'organes locomoteurs.

Les Primates se trouvent ainsi divisés en deux sous-ordres, entre lesquels on constate d'importantes différences analomiques. Le premier comprend tous les Singes proprement dits ; le second renferme les Anthropoïdes (1) et l'Homme.

Sous-ordre des Singes.

Les caractères que nous allons énumérer sont communs aux Singes et à la plupart des Mammifères terrestres, sinon à tous : ils sont en effet une conséquence directe de l'état quadrupède.

Tous les Singes ont une queue plus ou moins longue; chez tous, la cage thoracique est plus haute que large, son diamètre slerno-vertébral étant le plus grand. La colonne vertébrale présente une seule courbure, à concavité inférieure. Le bassin est plus long que large. Les apophyses épineuses des sept ver-

. (I) Dans not.ro langago courant, les Anthropoïdes sont des Singes au même titre qu3 les Magots, les Atèlcs, otc. Il serait désirable do n'appliquer désormais le nom de Singes qu'aux Primates quadrupèdes. Les Anglais donnent ;\ pes derniers le nom de monkeys et aux Anthropoïdes celui do apes.

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lèbivs cervicales et de toutes les vertèbres dorsales portant des vraies côtes sont en rétroversion, c'est-à-dire dirigées en arrière; celles des dernières vertèbres dorsales et de toutes les vertèbres lombaires sont en antéversion. Cela tient, comme l'a prouvé Broca, au jeu alternatif des muscles qui meuvent les membres et divisent le corps en un train antérieur et un train postérieur.

Le poumon droit a toujours un lobe azygos.

Les poils du membre antérieur sont inclinés de haut en bas, de l'épaule vers la main : cette disposition, qui s'observe encore chez tous les autres quadrupèdes, est destinée à faciliter l'écoulement des eaux, quand l'animal est expose à la pluie.

Tous les Singes sont frugivores.

Les AncToprrnÈQUES sont de petits Singes de l'Amérique du Sud, à queue non prenante ; tous les .doigts portent des griffes, sauf le gros orteil, qui a un ongle et est le seul doigt opposable; le pelage est long et soyeux, des pinceaux de poils ornent les oreilles. Formule dentaire : 2 13°

, les canines sont petites, les molaires sont tuberculeuses. Lu

femelle a deux ou trois petits à chaque portée. Les caractères embryogéniques sont encore inconnus. Ce groupe ne comprend que le genre Hapale : l'Ouistiti (H. jacchus) et le Tamarin {IL rosalia) sont les principales espèces.

Les Platyriunie.ns ou Ccbicns sont encore de l'Amérique méridionale. Ils n'ont ni abajoues ni callosités fessières : tous leurs doigts sont pourvus d'ongles. Le pouce est opposable, mais à un moindre degré que le gros orteil; il est d'ailleurs souvent rudimentaire ou atrophié. Le nez est large et aplati ; les narines sont séparées l'une de l'autre par une large cloison et souvrenlsur les côtés. Formule den- 2 1 '1 3

taire : ^ ' t ' ■ j ' j • ^e placenta est formé d'un seul disque, mais le cordon ombilical est pourvu de deux artères et de deux veines.

Les Sahis ou Aneturx ont la queue pendante, poilue et non prenante. Les vertèbres dorsales sont au nombre de douze à quatorze, les lombaires de six à huit. Genres principaux : Saki {Pilhecia), Suïmiri [Chrysothrix), Sagouin (CalUlhrix) et Nyclipifhèque {NyctipUlwcus).

Les Cébides ou Sajous comprennent le seul genre Ccbus; la queue, longue et, poilue, sert comme organe de préhension : elle est rarement capable de fonctionner comme organe de suspension et de supporter le poids du corps. Le nombre des vertèbres dorsales est toujours de quatorze; celui des lombaires varie de quatre à six.

OH DR F, DES PRIMATES

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Les Gymnourcs ont la queue longue et prenante; elle est nue au dernier tiers de sa face inférieure, s'enroule fortement autour des branches et peut supporter le poids du corps. Tous ont quatorze vertèbres dorsales; les Alèlcs ou Singes-Araignées (Atcles) et les Lagotriches (Lagothrix) ont qualre lombaires; les Alouates ou Hurleurs (Mycetes) en ont cinq. Ces derniers ont l'hyoïde creusé de vastes cavités, qui jouent le rôle de résonnateurs et donnent à la voix une très grande intensité.

Les Catahuiniens ou Pilhéciens sont tous originaires de l'ancien continent. Ils ont ordinairement des abajoues, c'est-à-dire des dilatations génales dans lesquelles les aliments peuvent s'accumuler. La queue n'est jamais prenante; elle est parfois très réduite ou absente (Inuus ecaudatus). Les fesses sont dénudées et calleuses. Le pouce et le gros orteil sont opposables; le pouce peut manquer (Colobus) ; tous les doigts sont pourvus d'ongles. La cloison nasale est mince, en sorte que les deux narines sont rapprochées et regardent en bas, le nez faisant au milieu de la face une saillie appréciable, parfois môme

exagérée (Semnopithecus nasica). Formule dentaire : ~ ' ^ ' - ' .

La femelle s'accouple en toute saison ; elle a très probablement des écoulements menstruels. Lu gestation dure environ sept mois. Le placenta est formé de deux disques de taille inégale, dont un seul se rattache à l'embryon par un cordon ombilical comprenant une veine et deux artères; le Mandrill (Cynocephalus mormon) fait exception, eu ce que son placenta, formé d'un seul disque, est semblable à celui des Primates les plus élevés.

Les régions dorsale, lombaire et sacrée comprennent toujours vingt-deux vertèbres (12 + 7 + 3 ou i3-fC + 3 ou encore 13-J-7+2).

Les Cynocéphales sont de grands Singes lerricoles, presque tous africains, à mu?eau allongé comme celui d'un Chien et à membres robustes. LÏIamadryas ou Tartarin (Cynocephalus hamadryas), le Papion [0. sphinx), le Gélada (G: gelada), le Drill (C. leucophwus) et le Mandrill (V. mormon) sont les principales espèces; ces deux dernières sont souvent réunies dans un genre Mormon ou Papio.

Les Macaques sont arboricoles et ont lu museau allongé; ils sont asiatiques, à l'exception du Magot (Inuus ecaudatus), du nord de l'Afrique et de Gibraltar. Ce groupe comprend le Malbrouck ou le Macaque bonnet chinois (Macacus sinicus), le Macaque de Java (M. cynotnolgus), l'Ouanderou (AL silenus), le Buuder ou Maïmon (Rhésus ncmeslrinus).

Les Guenons (Cercopilhecus) sont africaines et arboricoles. LaGueuou verte ou Callitriche [G. sabivus), la Diane (C. Diana), le Mangàbey à collier (C. telhiops) sont de ce groupe.

Les Colobes (Culobus) sont arboricoles, africains el sans abajouesle pouce esl rudimentaire. C. guereza esl d'Abyssinie, C. polucomus de Guinée.

Les Semnopithèques(Semnop7/tecus) forment un groupe nombreux de Singes arboricoles, pourvus ou non d'abajoues, et dont l'estomac est divisé en trois poches ; ils habitent le sud de l'Asie et les îles voisines. LEnlelIe (S. en'cllus) et le Kabau ouNasique (S. nasica) appartiennent à ce groupe.

Sous-ordre des Bipèdes.

Les Primates de ce groupe n'ont ni callosités fessières ni abajoues. Le pouce et le gros orteil sont opposables et tous les doigts portent des ongles. La dentition et la forme du nez sont comme chez les Platyrhiniens.

Le diamètre transversal du thorax est plus grand que le diamètre sterno-verlébral. Les apophyses épineuses de tontes les vertèbres, y compris celles de la région lombaire, sont en rétroversion. Le bassin, destiné à soutenir le poids des viscères abdominaux dans la station verticale, est évasé et plus large que long. Le poumon droit n'a pas de lobe azygos, en sorte que le péricarde -peut se souder largement au diaphragme, dont il n'est plus séparé.

Tous ces caractères différencient nettement ces êtres de tous les autres Mammifères et sont la conséquence de leur état bipède; cet étal est du reste plus ou moins parfait.

La série des vertèbres dorsales, lombaires et sacrées comprend 21 à 23 pièces combinées de différentes façons. On admet communément que l'Homme est anoure, mais rien n'est plus inexact que cette affirmation. Le sacrum résulte de la fusion de 4 à 6 vertèbres ; à sa suite vient le coccyx, constitué par 3 ou 4 vertèbres fusionnées, rudirnentaires et réduites à leur corps. Le sacrum ne s'articule avec l'os iliaque que par ses 2 ou 3 premières vertèbres ; les autres sont en arrière de l'articulation. Ainsi que l'a justement fait remarquer Broca, ces dernières vertèbres occupent une position telle, qu'on ne saurait hésiter à les considérer comme de vraies vertèbres caudales. Il n'est donc pas exact de dire que les Bipèdes sont anoures: la queue existe bien réellement, mais se réduit a. un très petit nombre de pièces, fusionnées en deux groupes.

Iille comprend néanmoins deux sortes de vertèbres : les unes, au nombre de 2 à 4, sont fusionnées entre elles et avec les vraies vertèbres sacrées ; les autres constituent le coccyx.

Le placenta est formé d'un seul disque; le cordon renferme, comme chez les Gatarbiniens, deux artères et une veine.

Les Anthropoïdes ou Anl/ii-opomor/jhes marchent en se tenant à peu près debout: pour assurer leur équilibre, ils relèvent les bras au-dessus de la tète, en manière de balancier; ou bien leurs mains leur servent de point d'appui, mais au lieu de les poser sur le sol parla face palmaire, comme le fait un Pithôcien, par exemple, ils s'appuient uniquement sur la face dorsale-de leurs phalanges repliées dans la paume. Aussi les bras présentent-ils une longueur considérable, bien supérieure à celle des jambes.

La colonne vertébrale dorso-lombaire ne présente qu'une seule courbure, à convexité dorsale. L'os intermaxillaire ou incisif reste distinct pendant la vie tont entière.

Les poils du membre antérieur sont disposés en sens inverse sur le bras et sur l'avant-bras : les uns et les autres convergent vers le coude. Wallace a fait remarquer que cette disposition facilite l'écoulement de. la pluie, chez des animaux qui ont l'habitude de relever les bras au-dessus de leur lête, soit pour saisir les branches d'arbre, soit pour se tenir en équilibré pendant la marche.

Tous les Anthropoïdes sont frugivores; en captivité, ils s'accommodent très volontiers d'un régime Carnivore et ont un goût prononcé pour le café, le thé, les liqueurs fermentées.

Les Gibbons (llylobales) sont des Anthropoïdes nains: le Siamang {II. syndaotyhts), qui est la plus grande espèce, n'a pas plus de Im,l5. Ces animaux habitent le sud-est de l'Asie et la Malaisie; vers l'ouest, ils ne franchissent pas le Brahm ipoutre ; vers le nord, ils ne semblent pas remonter au delà du tropique du Cancer. On en connaît au moins huit espèces (H. lar, H. pileatus, H. hoolock, H. agilis, H. s;/ndactylus, 11. leuciscus, H. concolor S. Millier (nec HarlanJ et //. Mûlleri) de Bornéo. La longueur des bras est à celle des jambes comme Lin est à 100. Les vertèbres dorsales, lombaires et sacrées sont au nombre de vingt-deux ou vingt-trois (l3-f-5-t-4 ou 13 -}-5 H-o ou encore 1 4 —H r-> — {— 4-) . L'os central du carpe reste distinct et de petites callosités l'essièrcs existent chez quelques espèces.

L'Orang-Outong ou Pongo (Simiu satyws L.) habile le sud et 1 ouest de Bornéo, ainsi que l'est de Sumatra; l'Orang de Sumatra est parfois considéré comme une espèce distincte (S. Abeli ou S. bicolof). Quand il se tient deboul, ses bras pendants atteignent lus chevilles : la longueur des bras est à celle des jambes comme 113 est a 100. Son pelage est roux brun; sa taille ne dépasse pas l»,40; son corps, très gros, a une circonférence égale aux deux tiers de la hauteur; son envergure peut atteindre 2m,50.

Les verlèhres dorsales, lombaires et sacrées sont au nomhre de vingt et une ou vingt-deux (H+5-fo ou 12 + 4 + 5 ou encore 12 + 4 + 6). Le crâne est brachycépkale, c'est-à-dire que le diamètre transversal maximum est égal ou supérieur à 83,4, le diamètre anléropostérieur maximum étant égal à 100; c'est ce qu'on exprime en disant que l'indice céphalique est égal ou supérieur à 83,1. L'os central du carpe persiste.

L'Orang s'assied volontiers. A terre, il marche péniblement et en chancelant, le corps infléchi en avant; il s'appuie sur ses longs bras ; on dirait un vieillard appuyé sur des bâtons. D'une lorce extraordinaire, cet animal s'apprivoise néanmoins facilement et fait alors preuve d'une remarquable intelligence : on peut le dresser à des travaux compliqués et délicats, exigeant de l'adresse et de la présence d'esprit. Il est très sociable et témoigne une profonde reconnaissance à ceux qui s'intéressent à lui.

Le Gorille (Gorilla engena Is. Geoffroy Saint-Maire) vit isolé ou par couples dans les forêts du Gabon et du Gongo(l). Déjà connu du Carthaginois Hancion, il y a plus de deux mille ans, il n'a été retrouvé qu'en 181-7, par le missionnaire P. -S. Savage. C'est le plus puissant des Primates : deboul, il atteint et dépasse mémo une hauteur de l"i,60; ses épaules ont une largeur réellement disproportionnée. Ses vertèbres dorsales sont toujours au nombre de treize; les lombaires cL les sacrées sont au nombre de huit à dix (4+4, 4-j-H, 3-f-0 ou i — |— 6) . La longueur des bras est à celle des jambes comme 120 est à 100. Le pelage est d'un noir brunâtre. Le crâne est dolichocéphale, l'indice céphalique étant égal ou inférieur à 7o. Les arcades sourcilières sont fortes et proéminentes; le crâne présente des crèles osseuses, offrant aux muscles de larges surfaces d'insertion. L'us central du carpe se fusionne de bonne heure avec le scaphuïde.

Le Gorille est plutôt terrestre qu'arboricole: quand il attaque, il se dresse sur ses pieds et cherche à saisir son adversaire dans ses bras. Quand il est eu marche, il se courbe encore de façon à prendre un

(I) E. Allix et A. Bouvier ont décrit sous le nom de G. Mayèma un Gorille qui n'est sans doute qu'une simple variété de G. en gêna.

point d'appui sur ses mains. 11 ne grimpe aux arbres que pour chercher les fruits, dont il se nourrit exclusivement ou pour dormir.

Le Chimpanzé (Troglodytes niger) habite les forôls de Sierra Leone, de Libéria, de la côte d'Or et du Gabon; il descend jusqu'au Congo, mais ne le franchit pas. Le pelage est d'un noir uniforme. Le crâne est dolichocéphale. Les membres antérieurs ne dépassent pas les genoux, quand l'animal se lient debout; leur longueur est à colle des jambes comme 10<î,25 est à 100. La taille ne dépasse guère lm,o0. Le nombre total des vertèbres dorsales, lombaires et sacrées, varie de vingt et un à vingt-trois (13+ 3 + 5, 1 3 -f- 4-+-S, 14+3 + 6 ou encore 14+4+5). L'os central du carpe se comporte comme chez le (■orille.

Le Chimpanzé s'apprivoise avec la plus grande facilité : il est doux, obéissant et montre en toute circonstance l'intelligence la plus vive. On en a vu qui, sur les navires, apprenaient rapidement le métier de matelot et s'en acquittaient à la perfection. Duffon en a élevé un, qui marchait presque toujours debout et lui rendait les mômes services qu'un domestique.

On pourrait citer encore beaucoup d'autres exemples témoignant en faveur du haut développement intellectuel du Chimpanzé; il ne manque véritablement à cet Anthropoïde que la parole, pour ôlre presque au rang des races humaines les plus primitives; son encéphale a acquis un perfectionnement égal à celui de ces dernières et il ne s'en dislingue guère que par une légère différence de poids. On peut dire en tous cas, sans aucune exagération, qu'il y a moins de différences entre le Chimpanzé et l'Homme de la race la plus inférieure qu'entre celui-ci et l'Européen.

Les Hommes (Homo) sont des bipèdes parfaits. Ils marchent sans jamais appuyer leurs mains sur le sol ; leurs bras sont d'ailleurs trop courts et n'alleignent que le milieu de la cuisse. Chez l'Européen, la longueur du bras est à celle de la jambe à peu près comme 7G est à iOd. La région caudale ou sacro-coccygienne du rachis est conslituée comme chez les Anthropoïdes. Le nombre des verlèbres dorsales, lombaires et sacrées est normalement de 22 (12 + 5+5, rarement 13 + 4 + 5).

La colonne vertébrale présente quatre courbures en S successives : la première, àconcavité dorsale, correspond à la région cervicale ; la dernière, à concavité ventrale, correspond aux régions sacrée et coccygienne.

Le crâne est, suivant les races, bracbycéphale ou dolichocéphale ; sa capacité est notablement plus grande que chez les

Anthropoïdes, par suite d'un exhaussement de sa voûte et par suite d'un bombement considérable de l'os frontal. 11 en résulte une augmentation corrélative du volume de l'encéphale, cl notamment un développement pondéral plus considérable des portions antérieures, ce qui a pour conséquence un plus grand développement des facultés intellectuelles. Quand on étudie le crâne d'une môme race humaine à différentes époques, comme Broca l'a fait pour les Parisiens actuels et pour ceux dont les anciens cimetières lui livraient les restes, on constate que la cavité crânienne a subi un élargissement progressif, d'où il résulte évidemment que les races les plus perfectionnées n'avaient à leurs débuts qu'une capacité crânienne médiocre, se rapprochant de celle des Anthropoïdes. L'étude des races inférieures suffirait d'ailleurs à rattacher étroitement l'humanité à ces derniers.

Le gros orteil n'est plus opposable, par suite de l'adoption définitive de la station bipède, qui a eu pour conséquence une plus grande perfection des mouvements de la main. Toutefois, l'inaptitude du gros orteil à saisir les objets résulte simplement d'un manque d'éducation : chez l'embryon humain, il est plus court que les autres orteils, dont il s'écarte fortement en dedans ; dans certaines races, il a conservé un haut degré de mobilité, par exemple parce qu'il est d'usage de ramer avec le pied. On a vu maintes fois des individus nés sans bras utiliser leurs pieds comme les autres font de leurs mains, et acquérir une telle dextérité, qu'il leur était possible de peindre (Ducornet), de tirer à la carabine avec une remarquable précision, de jouer du cornet à pistons (Unlhan), etc.

L'os central du carpe se comporte comme chez le Gorille et le Chimpanzé. L'os intermaxillaire ou incisif ne manque point à l'Homme, ainsi qu'on l'a cru longtemps : Gothe a démontré sa présence chez le fœtus, et Hamy a prouvé qu'il se fusionne de très bonne heure avec le maxillaire supérieur.

Quelques races, telles que les Âïnos, sont très velues; les autres sont plutôt glabres. Les poils sont rares sur le corps et ne se développent avec abondance que sur la tête (cheveux). Au moment de la puberté, les deux sexes acquièrent des poils sous l'aisselle et au pubis. Un peu plus tard, le sexe mâle acquiert aussi des poils au visage.

Sur le membre antérieur, les poils sont rares et clairsemés; on reconnaît néanmoins qu'ils ont conservé exactement la inême disposition que chez les Anthropoïdes. En raison de l'altitude verticale parfaite que l'Homme a fini par acquérir, ils ne sont plus destinés à faciliter l'écoulement de la pluie; la persistance de celte disposition n'en est pas moins intéressante a noter, en ce qu'elle nous renseigne évidemment sur un étal ancien.

En parlant de l'Orang et du Chimpanzé, Linné déclarait ne savoir « par quelle caractéristique les Troglodytes se distinguent de l'Homme en histoire naturelle, tant sont voisins les genres humains et simiens quant à la structure ». Celte constatation, qui concluait à l'identité absolue de structure anatomique entre l'Homme et les Anthropoïdes, a été corroborée par tous les naturalistes impartiaux. Les autres, désireux d'élever une barrière infranchissable entre le Singe et l'Homme, ont cru pouvoir considérer celui-ci comme le seul être doué de raison, de moralité el de religiosité. Mais qui donc oserait soutenir encore que l'animal n'est point capable de raisonnement? qu'il n'a point une notion précise du bien et du mal, du juste et de L'injuste? Quant à la religiosité, c'est un fait bien connu, que beaucoup de races inférieures n'ont absolument aucune idée de la divinité : les Cafres, les Boschimans, les Botocudos, les Stiengs et cent autres peuplades sont dans ce cas.

Aucune des nombreuses distinctions morales qu'on s'est efforcé d'élever entre le Singe et l'Homme ne résiste davantage à la critique: la seule différence appréciable lient à ce que l'Homme est doué dulangage articulé, qui fait réellement défaut aux Anthropoïdes, bien que les diverses modulations ou intonations de leurs cris leur permettent, en somme, d'exprimer leurs sentiments. La parole n'est d'ailleurs pas autre chose qu'un perfectionnement de la faculté d'expression, commune à l'Homme et aux animaux supérieurs; il n'y a eu entre elles aucune solution de continuité.

On distingue un grand nombre de races humaines. Pour les monogénisles, qui n'admettent qu'un seul centre d'apparition de l'Homme sur la terre, toutes ces races se seraient différenciées avec le temps, aux dépens d'une souche unique constituant l'espèce Homo sapiens. Pour les polygénistes, au contraire, les différentes races humaines dérivent de plusieurs espèces primitives, tout aussi certainement que les nombreuses races de Chiens se sont formées aux dépens de plusieurs espèces initiales : la comparaison n'est nullement déplacée, car il s'agit dans l'un cl dans l'autre cas d'êtres profondément modi-

fiés par la domestication ou par la civilisation, ce qui revient exactement au môme.

Tout bien considéré, les arguments qui font pencher la balance du côté du polygénisme sont si nombreux et si importants que nous n'hésitons pas à nous rallier à cette doctrine. Les différentes races humaines diffèrent, en effet, si profondément les unes des autres par leur squelette, leur myologie, leur anatomie tout entière, ainsi que par leur développement intellectuel et social, qu'on doit forcément leur refuser une origine commune; des différences bien moins considérables sont jugées suffisantes, en zoologie, pour légitimer des distinctions spécifiques. D'ailleurs, les races humaines ne semblent pas être toutes fécondes entre elles, ou bien la fécondité est très limitée. Les métis eux-mêmes ne sont pas féconds entre eux ou bien cessent complètement de l'ôtre au bout de deux ou trois générations ; ils n'ont de descendance assurée qu'à la condition de se croiser avec l'un des deux types dont ils dérivent. Ce sont là des faits qui parlent hautement en faveur de la pluralité des espèces.

Il est néanmoins fort difficile d'avoir des renseignements précis sur les espèces primordiales, et il est à peu près certain qu'il n'en existe plus aucune à l'état de pureté. Les invasions et les migrations, qui ont tant de fois agité les peuples, ont été le point de départ de croisements sans nombre, dont chacun modifiait dans une certaine mesure les caractères des deux groupes anthropologiques mis en présence. A moins de découvertes paléontologiques exceptionnellement favorables, il ne sera donc jamais possible de déterminer le nombre des souches primitives d'où dérive l'humanité.

On a proposé diverses classifications des races humaines : les unes, renouvelées de la Bible, étaient basées simplement sur la couleur de la peau (Blumenbach), les autres sur la structure et le mode d'implantation des cheveux, d'autres sur l'indice céphalique, d'autres encore sur les similitudes ou les différences de langage, etc. Mais aucun de cessyslèmes n'est satisfaisant et ne conduit à un groupement rationnel des diverses races. L'ethnographie préhistorique, sur laquelle on fondait tant d'espérances, n'a pas donné des résultats plus certains : bien loin d'accuser des différences, elle montre au contraire que toutes les races humaines ont eu à leurs débuts des industries similaires.

Dans ces dernières années, l'anthropologie, c'est-à-dire, suivant l'expression de de Quatrefages, « l'histoire naturelle de l'Homme laite monographiquement, comme l'entendrait un zoologiste étudiant un animal », s'est élevée au rang d'une science indépendante. Ce progrès considérable, elle le doit pour la plus grande partie aux travaux! de l'école française, et spécialement à ceux de Broca et de ses élèves.!

OHDKE DES PRIMATES.

Il est impossible, dans l'état actuel de nos connaissances, d'arriver à aucune conclusion certaine quant à l'origine des Mammifères. Quelques faits positifs sont néanmoins acquis; on peut les résumer dans les propositions suivantes :

Les plus anciens Mammifères connus étaient des Marsupiaux; leur diversité amène à conclure qu'ils dérivaient de souches primitives multiples, par le phénomène bien connu de la convergence des caractères. Leur étude démontre nettement que les premiers Mammifères étaient pentadactyles et onguiculés; la réduction du nombre des doigts et la formation des sabots ne sont donc que des différencialions secondaires; il en est de môme pour l'état bipède, conséquence de l'adaptation plus spéciale de la main à la préhension des objets.

Si on admet, avec la plupart des auteurs, que les Monodelphes dérivent d'ancêtres didelphes, le problème de l'origine des Mammifères se réduit donc à rechercher d'où proviennent ces derniers. Nous avons indiqué (tome 1, pages 132 et 133) comment l'oeuf des Placentaires se rattachait à celui des Aplacenlaires et comment celui de ces derniers n'était lui-môme qu'un dérivé de l'œuf des Sauropsidés : en d'autres termes, les Mammifères vivipares ont eu des ancêtres ovipares. Ces ancêtres étaient sûrement des Reptiles, mais à cela se bornent les faits précis dont nous ayons connaissance, et il appartient à la paléontologie de nous faire connaître avec plus de certitude les formes reptiliennes dont les Mammifères sont descendus.

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