‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource]Chapitre 59 sur 86 · ORDRE DUS RUMINANTS · texte numérisé non relu

ORDRE DUS RUMINANTS

abandonnent à l'ulcool 7 p. 100 d'une résine aromatique dont l'odeur rappelle celle du musc.

Les Ovidés ont les cornes annelées et comprimées; les doigts 2 et ii sont très courts; la femelle n'a que deux mamelles.

La Chèvre (Capra hircus) est domestiquée depuis longtemps. Le Bouquetin (C. ilex) habite quelques sommets des Alpes, des Pyrénées et du Caucase. Le Moullon (Ovin musimon) est de Corse et de gardaigne; l'Argali (0. argati) est de l'Asie centrale. Le Mouton (0. arics) dérive de l'une de ces deux dernières espèces; il n'est pas nécessaire d'insister sur les qualités de sa chair et de son lait.

Les Bovidds sont de grande taille : les cornes sont arrondies et incurvées en dehors, le mufle est large et nu, la femelle a quatre mamelles. Ces animaux n'ont point de représentants en Australie et dans l'Amérique du Sud.

Le Bœuf musqué (Ovibos moschalus), des régions glacées de l'Amérique du Nord, n'a pas plus de lm,20 de hauteur. Le Bison (Bison europœus), autrefois très répandu en Europe, n'existe plus actuellement que dans la forêt de Binlowicza, en Lilhuanie. L'Amérique du Nord nourrit une espèce voisine (B. americanus), qui est elle-même en voie de destruction rapide et n'existe plus déjà que dans les contrées au nord et à l'ouest du Missouri; sa viande séchée constitue le pemmican. Le Buffle (Bubalus buffîçlus) se trouve depuis les Indes jusqu'au nord de l'Afrique : il est domestiqué en Egypte et dans toute la région méridionale qui s'étend des Indes à l'Italie. L'Yak (l'œphagus grunniens) vit à l'état sauvage et à l'état domestique dans les hautes régions du Thibet.

Le Bœuf domestique [Bos taurus) dérive de B. primigenius, qui est fossile dans le diluvium, mais existait encore eu Europe dans les temps historiques et dont quelques couples vivraient encore à l'étal demi-sauvage dans le parc de Chillingham. Cet animal, dont la chair et le lait sont une si précieuse ressource pour noire alimentation, s'est différencié par la domestication en un 1res grand nombre de races. Le Gaur (B. gaurus), le Gayal (D. fronlalis) et le Zébu (B. indipus sont du Bengale et de l'Hindouslan; ce dernier animal est également très répandu en Asie et en Afrique, à l'état domestique.

11 est inutile d'insister sur le rôle important que jouent clans notre alimentation la viande et le lait des Ruminants, spécialement des Cavicornes. La viande du Bœuf nous transmet le Ténia inerme (7'ienia sagihala) et les Bacilles de la tuberculose et du charbon; ce dernier vient aussi du Mouton, le premier se trouve fréquemment dans le lait.

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Vaughan, professeur à l'Université de Michigan, a vu dans maintes circonstances le lait, la crème, le fromage et la glace à la crème causer des accidents très graves, parfois mortels. Le principe toxique contenu dans ces diverses substances a pu cire isolé et a reçu le nom de tyrotoœicon : il cristallise en aiguilles incolores; porté sur la langue en quantité infinitésimale, il cause une sensation de brûlure, une sécheresse extrême et une conslriction de la gorge, puis des nausées et de la diarrhée; il détermine les mêmes accidents chez le Chat. On ignore encore à quel Microbe est due cette ptomaïne, dont la production est parfois très rapide. L'intoxication par le lait et le fromage est très fréquente aux États-Unis, mais n'est point très rare en Europe.

Il se forme fréquemment, dans l'intestin des Ruminants et d'autres animaux, des concrétions calcaires qui atteignent parfois un volume considérable. Les Arabes, qui les ont introduites en médecine, les appelaient bezahar, c'est-à-dire contre-poison, d'uù le nom de bézoard. On comprenait encore sous ce nom les calculs biliaires, urinaires et salivaires, ainsi que les concrétions du poumon ou du corps pinéal de divers animaux. On considérait ces productions comme guérissant ou préservant dcs.enveni mations et des maladies infectieuses, telles que la peste et la variole; on en faisait des amulettes ou bien on les administrait intérieurement à la dose de 0sr,20 à Ob',80 (4 à 10 grains). Le bézoard oriental (lapis bezoardicua) était retiré de la caillette de la Chèvre sauvage (Gapra xgagrus) et de quelques Antilopes de l'Asie centrale. Le bézoard occidental, provenant du Chamois et du lîouquetin, jouissait d'une bien moindre faveur.

Les poils que les Ruminants et les Solipèdes avalent en léchant leur pelage peuvent s'accumuler dans l'estomac ou l'intestin: les contractions incessantes dont ces organes sont le siège les intriquent inlimemcnlles uns clans les autres, au point d'en former un feutrage très dense. Ainsi se forment les égagropiies, auxquels l'ancienne médecine attribuait les propriétés les plus merveilleuse?.

On DUE DES JIYRACIENS.

ORDRE DES PROBOSGIDIENS

Ces Ongulés phalangigrades sont les plus grands des anîmau terrestres : leur nez, confondu avec la lèvre supérieure, s'est allongé en une trompe qui sert tout à la Ibis à l'odorat, au tact et à la préhension. La peau est glabre, sauf à l'extrémité de la queue. Formule \ o 3 4 g

digitale : ' ~ ' , ; les pieds sont larges et aplatis; les doigts sont

soudés sur presque toute leur longueur, immobiles et terminés chacun par un petit sabot arrondi.

Les Éléphants (Elephas)\soa\. les seuls représentants actuels de cet ordre : il n'eu existe que deux espèces, l'une asiatique [E. indiens), l'autre

africaine (E. africanus). Formule dentaire: " . Les incisives

sont devenues d'énormes défenses à croissance continue et constituées par de l'ivoire. Les molaires sont formées chacune d'un grand nombre de plaques d'ivoire et d'émail alternantes; elles s'usent rapidement et se succèdent, en sorte que l'animal n'a jamais, à chaque 'demi-mâchoire, plus de deux molaires à la fois. La femelle a l'utérus bicorne et une seule paire de mamelles pectorales. Le placenta est zonaire et décidu.

ORDRE DES 11YRACIENS

Les Hyraciens ou Lamnunguia comprennent le seul genre Daman {Hyrax), représenté en Afrique et dans l'Asie orientale par plusieurs espèces, dont la taille n'est guère plus grande que celle du Lapin, et que Cuvier appelait des « Rhinocéros en miniature. » Ces animaux constituent le dernier groupe des Ongulés : leur formule digitale est

2 * 3 * t ' ^ ' ^urs doigts portent chacun un petit sabot, sauf le doigt

interne de la patte postérieure, qui porte une griffe. La tôle rappelle

celle des Rongeurs, la lèvre supérieure est fendue. Formule dentaire :

,2.0.4 3 - - - hifi : s<

. ; la première incisive supérieure est forte; la seconde, que

quelques auteurs considèrent comme une canine, se renouvelle avec la seconde dentition, mais tombe de bonne heure. Les molaires sont comme chez les Ongulés. Le placenta est zonaire et décidu.

Les Damans vivent en sociétés dans les montagnes rocailleuses; quelques-uns grimpent aux arbres. Ilyrux capensis (lig. 878), H. abcasinicus, H. syriacus, sont les espèces les plus connues ; H. niyricans Pelers est de Chinchoxo, II. Stampfli Jcutink est de Libéria.

Sur les rochers qu'habitent les Damans, on trouve Vhyval cfum, substance résinoïde d'un brun noirâtre qui est considérée généralement comme résultant de la dessiccation de malières

fécales mélangées à l'urine. Sa saveur est amère, son odeur est aromatique; on y trouve des fibres et des détritus organiques et jusqu'à 70 p. 100 de matières solubles dans l'eau, l'alcool et l'éthcr ; de ce nombre sont l'urée etles acides urique, hippurique et benzoïque. L'hyracéum était employé jadis comme astringent ; il est maintenant rayé du Codex.

On trouve dans les fissures des rochers, au Nouveau- Mexique, une matière ressemblant à l'hyracéum; Cope la croit formée par le mélange des malières fécales et de l'urine d'un Hongeur appartenant au genre Neotoma.

Fig. 87.S. — Hyrax cape nuis.

Cet ordre renferme les animaux connus sous le nom vulgaire de fauves et de botes féroces. La tôle est bien séparée du cou, l'orbite n'est pas fermée en arrière et communique largement avec la fosse temporale. La queue est plus ou moins longue; les clavicules manquent ou sont rudimentaires, le bras et la cuisse sont engagés dans la masse du corps. Los pattes sont ordinairement penladactyles, parfois létradactyles ; les doigts sont libres et onguiculés. La marche s'effectue d'après divers procédés. La première dentition est toujours de

y ^ " sauf chez les Félins où elle devient^ ) . La seconde dentition est assez variable; elle comprend toujours, à chaque demimâchoire, trois incisives etune caninelongue, coniqueetexlrêmemenl puissante. Les prémolaires sont pointues et tranchâmes, les molaires sont mousses et tuberculeuses. Entre les prémolaires et les molaires se voit la carnassière, qui atteint une grosseur considérable et dont la

couronne est ornée de 2 ou 3 tubercules. Quand les mâchoires se ferment, les carnassières glissent les unes contre les autres, celles de dessus se plaçant en dehors : elles coupent et déchirent comme les deux lames d'une paire de ciseaux. On s'accorde à considérer la carnassière supérieure comme la dernière prémolaire et l'inférieure comme la première molaire.

L'intelligence est très vive : se nourrissant presque exclusivement de proies vivantes, les Carnivores doivent déployer beaucoup de ruse et d'astuce pour s'emparer de celles-ci. De môme, les sens sont très subtils. Le museau porte des poils tactiles; l'œil possède un tapis; le pavillon de l'oreille est mobile.

Le mâle a souvent un os penien, mais n'a point de vésicules séminales. La femelle a un utérus bicorne et plusieurs paires de mamelles abdominales; elle met bas plusieurs petits. La placenta est zonaire.

Les Ursipes sont pentadaclyles et plantigrades, ce qui leur permet de se tenir deboutsurlespatles postérieures, llssontomnivores, pourla plupart sujets au sommeil hibernal et. grimpent facilement; ils sont d'une force énorme et assomment d'un coup de patte les animaux les plus robustes. Ils habitent surtout les pays froids; dans les climats tempérés ou chauds, on ne les trouve que sur de hautes montagnes. L'Uurs blanc (Ursus marilimus) etl'Ours brun (U. arclos) sont d'Europe; l'Ours jongleur (17. labiatus) est des Indes; U. ferox est américain. A celle famille appartiennent encore les Ratons (Procyon), les Coatis (Nasua) et les Kinkajous (Cercobptes).

Les Mustélides sont pentadaclyles; ils ont le plus souvent des

glandes anales, dont la sécrétion est d'une odeur désagréable. Le

Blaireau (Mêles taxïis) et le Glouton (Gulo bnrealis) sont plantigrades.

La Martre (Mustela martes), la Fouine (M. foina) et la Zibeline (M. zi-

belina) sont demi-plantigrades; elles ont les griffes rétractiles et

molaires. Le Putois (Putorius putorius), la Belette (P. vulgùris), l'Hermine (P. erminea) et le Vison (P. lutrcola) ont aussi les ongles rélrac- 3 I

tiles, mais n'ont que molaires. La Loutre (Luira oulgaris), d'Europe et d'Asie, a des mœurs aquatiques; elle a les pattes palmées et 4.1

— molaires. La Loutre marine (Enhydris marina) esldu Kamtschalka

et du nord-ouest de l'Amérique.

Les VivF.nniDKs ont cinq doigts à chaque patte, le corps allongé, les jambes courtes, le museau pointu, les ongles presque toujours rétractiles. Ils sont avides de sang et habitent principalement les pays méridionaux de l'ancien monde.

Les Civettes (Viverru) sont digitigrades ; la queue est longue et non

enroulante, les ongles sont à demi rétracliles. Formule denluire '• 3.1.4.2 ,

3717172' LaClvelte d Afrique (V. oivetta, fig. 879) alleinlla tailledu Renard ; elle se trouve dans loulc l'Afrique centrale, depuisZanzihar jus-

qu'en Guinée; on la tient en captivité en Egypte et en Abyssinie. Le Zibelh (V. zibetha), plus petit que la précédente, est des Indes. La Genclle(K. gcnella L. ; Genetta ini/;/(in';>Cuvier) se trouve dans le nord de l'Algérie et du Maroc, en Espagne et dans le sud de la France ; elle n'est

pas rare aux environs de Perpignan et de Montpellier et remonterait jusqu'en Auvergne et en Poilou.

Ces animaux présentent à la région périnéale, à peu près à égale distance de l'anus (fig.8s:0, c) et de l'orifice génital,/1, une longuefente, qui donne accès dans une poche dilatable, b, bridée en son milieu, mais présentant deux expansions latérales dont la profondeur est d'environ do millimètres. Une grosse glande en grappe, a, réniforme, mesurant 30 millimètres sur 20 et entourée d'une double tunique de muscles striés, vient se déverser par un canal unique dans le fond de celle poche latérale. La glande, de nature sébacée, sécrète une substance huileuse, d'un jaune d'or et exhalant une odeur des plus pénétrantes.

— Appareil producteur du viverréum. — a, glande h viverréum ; //, poche odorante; c, glande anale; d, son orifice; e, anus; f, vulve; g, clitoris.

Oit DU K DES CARN1V0IŒS.

Celte substance s'accumule dans la poche et s'y concrète sous l'orme d'une matière pultacée onctueuse, d'un gris sale et connue sous le nom de viverréum. L'animal s'en débarrasse en se frottant contre les buissons. On l'enlève aux Civettes domestiques en râclant de temps en temps le contenu de la poche avec une pelite cuiller.

I.e viverréum est très analogue au musc, dont il a l'odeur pénétrante ; il renferme des graisses, de l'ammoniaque, une huile volatile, une substance résineuse, du carbonate et du sulfate de potasse, du phosphate de chaux, ainsi que divers corps mal définis, solubles dans l'eau ou l'alcool; ses graisses, suivant Si hiilzenberger, seraient formées d'oléine et de margarine. Cette substance était autrefois très utilisée eu médecine, conlre l'hystérie, les coliques infantiles, etc.; elle ne sert plus guère qu'en parfumerie, bien que le Codex en fasse encore mention. 11 n'y a pas lieu de déplorer son abandon, d'autant plus que, à cause de son prix très élevé, elle était presque toujours sophistiquée.

Les Canidés sont des digitigrades à ongles non rélractiles. Formule

digitale : I*"' ^'t'5. Formule dentaire : ]?' Ils vivent en société,

ne grimpent point et atteignent leur proie à la course. Les principales espèces sont le Chien domestique (Canis familiai'is), le Loup (C. lupus), le Coyote (C. latrans), le Dingo (C. dingo), le Renard (C. vulpes), le Chacal (C. aureus), l'Isatis ou Renard bleu (C. lagopus), le Fennec (Mcgalotis cerdo). On se rappelle que le Chien est la source d'un certain nombre de parasites de l'Homme (Tœnia caniiia, Echinococcus po\ lymorphus et Ascaris mystax). On admet généralement que nos nombreuses races de Chiens dérivent des Loups et des Chacals actuels ou quaternaires; mais Boule dit que certaines d'entre elles étaient déjà en voie d'évolution, dès l'époque pliocène.

Les Hyénides sont des digitigrades à ongles non rélractiles; leurs pattes postérieures sonlplus courtes que les antérieures. Les Hyènes iHywna), d'Afrique cl d'Asie, sonl télradactyles ; le Protèle (Prolcles Lalawki), du Cap, est pentadactyle en avant.

Les Félins sont des digitigrades à ongles rélractiles ; la dernière phalange est capable de tourner de bas eu haut d'un quart de cercle, position qu'elle occupe normalement : l'ongle, tranchant et acéré, est alors protégé par une gaine cutanée; une brusque contraction musculaire permet à l'animal d'abaisser ses grilles. Formule digitale : 1.2.3.4.:-; 3 I 3.1

■■ , ., , — . Formule dentaire : „',,'.. Le genre Chat (Fclisi com-

prend le Chat domestique (F. domcstka), le Chat sauvage (F. calus), le

Lion [F. Ivo), le Tigre (P. iigris), le Puma ou Couguar (F. concolor), le Jaguar (F. onca), la Panthère ou Léopard (F. parclus), le Chat ganté (F. maniculata), le Serval (F. serval), etc. Le Cliat ganté, du nord de l'Afrique, semble ôlre la souche du Chat domestique. Le Lynx (Lynx vulgaris) est du nord de l'Europe, le Garacal (L. caracal) est de Perse.

Ce sont des Carnivores marins, au corps fusilbrme et couvert de poils, à dentition complète. Les membres sont courts, aplatis comme des rames; les doigts sont réunis par une membrane natatoire ou complètement enveloppés par la peau ; ils portent encore des ongles. La queue n'a jamais la forme d'une nageoire. Les oreilles et les narines sont recouvertes d'un clapet qui empêche la pénétration de l'eau. La lèvre supérieure porte des poils tactiles longs et raides. La dentition est très variable ; les molaires sont toutes semblables. Les clavicules font défaut. Les mamelles sont abdominale?, le placenta zonaire.

Les Pinnipèdes sont répandus dans toutes les mers, mais sont surtout abondants au voisinage des pôles. Us plongent avec facilité, mais, pour respirer, sont obligés de venir prendre l'air à la surface de la mer : ils peuvent toutefois demeurer longtemps sous l'eau, ce qui lient à ce que la capacité respiratoire de leur sang est notablement plus élevée que celle du sang des Carnivores terrestres. Ils ne se meuvent à terre qu'avec une peine extrême.

Les PuociuEsont les canines courtes et les molaires tuberculeuses : le petit nage immédiatement après sa naissance [Phoca, Leplonyx, Gystophora) ou ne va à la mer qu'au bout de 0 ou 7 semaines, pour y apprendre à nager (Olarici). Les Otaries ont un pavillon de l'oreille, les autres espèces en sont dépourvues. Les Phoques et les Otaries ont 3 1 4 1-2

pour formule dentaire ,". L'Eléphant de mer (Cystophora pro-

boscidea) est le plus grand des Pinnipèdes: il atteint, jusqu'à 8 mètres de longueur; on le trouve en Californie et aux îles Kerguelen.

Les XrichéchIdes ne comprennent que le Morse (Trichechus rosmurus), de l'Océan glacial du nord. Les canines supérieures sont d'énormes défenses qui descendent verticalement et atteignent jusqu'à

0m,6o de longueur. La première dentition a pour formule ^ [ ^ la

. 0.1.3 seconde

Tous ces animaux sont activement chassés pour leur peau, leur

ORDRE WiS UONGEUaS.

Imilo el môme pour leur ivoire; on mange aussi leur chair, bien t qu'elle soit de très médiocre qualité.

Les relations des Pinnipèdes avec les Carnivores, particulièrement avec les Ours, sont si étroites qu'on est en droit de les considérer comme des Carnivores progressivement adaptés à la vie aquatique. La présence de Pinnipèdes dans les mers Caspienne et d'Aral, donL les eaux sont salées, s'explique par une communication relativement récente de ces mers avec la Méditerranée; leur présence dans le lac Baïkal, qui est situé à une grande dislance de la mer, par 600 mètres d'altitude el dont les eauxsont douces, indique plutôt que ces animaux étaient répandus autrefois le long des fleuves.

Les Rongeurs ou Glires sont des Onguiculés plantigrades, de taille moyenne ou petite, à dentition très particulière. Chaque demi-màchoire n'a qu'une seule incisive, grosse, à croissance continue, taillée en biseau et séparée des molaires par un large diaslème; celles-ci sont en nombre variable et présentent des plis transversaux d'émail. La bouche est très étroite; la lèvre supérieure est fendue [bcc-de-lièvrt . Le régime est exclusivement végétal, sauf chez un petit nombre d'espèces. Les pattes ont ordinairement cinq doigts terminés par des griffes. Les femelles sont douées d'une fécondité extraordinaire et peuvent mettre bas de 4 à 6 fois par an ; à chaque portée, elles donnent naissance à un grand nombre de petits. Leurs mamelles sont d'ailleurs nombreuses et disposées le long du ventre et de la poitrine. Le placenta est discoïde et décidu.

Les LÉPoniDES sont caractérisés par la présence de quatre incisives

à la mâchoire supérieure : les deux incisives supplémentaires sont

plus petites que les autres et placées en arrière de celles-ci. Formule

dentaire: — -. rormule digitale : — . ... „ . Le Lièvre iLcpus h-

midus), le Lièvre variable (L. variabilis) et le Lapin (L. cuniculus) sont

les principales espèces d'Europe.

Les Suiiongulés ont la môme formule digitale que les précédents ;

les doigts se terminent par des ongles épais et larges, ressemblant à

des sabots. Formule des molaires : ^. Ces animaux sont de l'Amérique

du Sud. Principaux genres : Cochon d'Inde (Cucia), Paca {Cœlogenys . Agouti {Uasyprocta), Uydrochœrus. Le Cobaye ou Cochon d'Inde domestique (Ca. cobaya) est d'origine inconnue, mais provient sans doute aussi de la môme région.

Les Hysthicidbs ont le dos couvert de forts piquants, de même na-

lure que les poils. Le Coendou (Cercolabes), du Brésil, est grimpeur. Le Porc-Epic [Hystrvs cristatà), du nord de l'Afrique et du sud de l'Italie et de l'Espagne, est terrestre et se creuse des terriers.

Les Octodontides ou Muriformes (Orlodon, Ctcnomys, Capromys, Myqpotamus), les Lagostomides (Eriomys, Lagidium, Lagostomus) et les Dipodides (Jaculus, Dipus, Pedetes) ne comprennent que des espèces extra- européen nés.

Les Muridiîs ont le museau effilé, de grandes oreilles, la queue longue et arrondie; les clavicules sont bien développées, les pattes ont cinq doigts. Le Hamster (Cricetus frumentarius) a des abajoues et une queue courte et velue ; il habile le centre et l'est de l'Europe.

Les Rats (Mus) n'ont pas d'abajoues ; ils ont - molaires; les incisives

sont lisses à leur face antérieure; la queue est longue, annelée et ccailleuse. Ils sont omnivores.

Le Rat noir (M. ratlus), le Rat gris ou Surmulot (M. decumanus), la Souris (M. inusculus), le Mulot {M. sylvaticus) sont les principales espèces.

Le Rat noir, originaire de l'Asie Mineure, n'a été introduit en Europe qu'au moyen âge; il disparaît progressivement devant le Surmulot, qui lui fait une guerre acharnée et dont l'apparition en Europe date du milieu du siècle dernier. On se rappelle que ces animaux sont les hôtes habituels de Lamblia inteslinalis (1), de Tœnia murina (2) et qu'ils participent dans une certaine mesure à la dissémination de la trichinose. Enfui, Grassi pense qu'il s'agit de T. leplocephala Creplin, parasite habituel de ces deux mômes espèces, dans le cas observé par Parona et rapporté d'abord à T. flaoopunctala (tome I, page 173); les deux autres cas connus de T. flavopunclala se rapporteraient également à T. leplocephala.

B. Grassi, UUeriori parlicolari intorno alla Ténia nuna. Gazzetta degli ospitali, n" 78, 18SG. — ld., Corne la Ténia nana arrivi nel nostro organisme. Catania, 3 p., 1887. — Id., Die Txnia nana und ihre medicinisehe Bedeutung. Central'blatt f. Bactériologie und Parasitenkunde, I, p. 97, 1887. — Id., Besiimmung der nier von Dr E. Parona in einen hleinen MUdclren aus Varese

(I) Nous attribuons désormais ce nom au Flagellé décrit plus haut (tome I, page 8'.)) sous le nom do Megasloma intestinale : le goure Megastoma avait été proposé déjà plusieurs fois pour des animaux très divers.

(■>) B. Grassi a montré récemment que Tœnia nana (tome I, page 40.=.) n'était autre que T. murina et qu'on l'observait avec une très grande fréquence chez les cillants, en Sicile et dans diverses contrées de l'Italie, notamment dans le sud.

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