‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource]Chapitre 8 sur 86 · L. i?itesli?ialis Cobbold · texte numérisé non relu

L. i?itesli?ialis Cobbold

Pseudo-rhabdUis stei'coralis Perroucito, 1881. RhabdUis stercoràlis.

lih. intestinale.

Rhabdonema slrongyloides Leuckai t, 1883. Strongyloides intestinalis Grassi, 1883.

Rhabdilis strongyloides Grassi.

En 1876, en pratiquant, à l'hôpital Saint-Mandrier, à Toulon, l'examen microscopique des selles de soldats revenant de Cochinchine avec une dysenterie grave, le Dr Normand, mé-

ItlIAIirin.NK.MA INTESTINALE. 71

decin de première classe de la marine, découvrit un Nématode dont il confia l'étude au professeur Bavay. Celui-ci le fit connaître sous le nom A'Anguillula stercoralis. Un peu plus tard, à l'autopsie d'un homme mort de diarrhée de Cochinchine, Normand rencontra un petit Ver qu'il remit à Bavay comme différent du premier, qu'il accompagnait du reste dans l'intestin. Par la suite, Bavay retrouva ce nouveau Ver dans quatre autopsies et put s'assurer que c'était en effet une nouvelle espèce qu'il appela A. intesiinalis.

Il semblait donc acquis que, à part le Balantidiwn coli dont, nous avons déjà parlé, la diarrhée de Cochinchine était caractérisée par le parasitisme de deux Némato.des, dont les caractères nous occuperont bientôt. Cette notion régna sans conteste dans la science jusqu'en 1883, époque à laquelle Leuckart vint démontrer que les deux Vers cités plus haut n'étaient que deux formes successives d'une seule et même espèce, A. intesiinalis étant la forme parasitaire et A. stercoralis la forme libre.

L'Anguillule intestinale, ainsi que l'ont constaté Normand et Bavay, se rencontre en grande abondance dans le duodénum; elle est moins fréquente dans le jéjunum et c'est par exception qu'on la trouve dans l'iléon. Ces observateurs ne l'ont vue qu'une seule fois dans les liquides provenant de l'estomac.

Ce parasite (fig. 405) a l'aspect d'une Filaire ou d'un Strongle : il représente la forme strongyloïde de l'espèce dimorphe Rhabdonema intestinale. Il est long de 2mm,20 et large de 34 à 40 jx. Le corps, un peu effilé en avant, se termine assez subitement en arrière par une queue conique, dont la pointe s'arrondit sensiblement et même se dilate un peu à l'extrémité. La surface présente partout une stria tion transversale très fine et très régulière.

La bouche est simple et dépourvue d'armalure cornée. 1:11e donne accès dans un œsophage à peu près cvlindriqne, qui occupe environ le quart de la longueur de l'animal, et qui ne présente ni renflements m stries. A sa suite vient un intestin avec lequel on pourrait le confondre, s'il ne se produisait un brusque changement de teinte. Celuici se termine à la hase de la queue par un anus qui a l'aspect d'une fente transversale (fig. 405, 2 et .1).

La vulve s'ouvre au tiers postérieur du corps. L'utérus qui y abou-

OHDItli DES Mi MATOU US.

l'erme toujours chez l'adulle cinq à six œufs d'un jaune verdà-

Fig. 405. — Anguilulla inleslinalis, d'après Bavay. — l, femelle adulte, grossie 100 fois; 5, queue vue de profil ; 3, queue vue par la face ventrale; ■i, tronçon du corps avec des œufs; .">, œuf contenant un embryon en voie do formation ; (i, le même plus développe; 7, larve strongyloide provenant de l'Anguillule stercorale et se transformant en Anguillulo intestinale.

tre, isolés les uns des autres, ellipsoïdes, el mesurant de 50 ,i 58 <• sur 30 à 34 p (fïg. 405, 4).

RHAJ3D0NEMA INTESTINALE. "3

Jusqu'à présent, on n'a pu voir chez l'Homme un seul màlc d'An* nuillula intestinalis. Toutes les Anguillules, en nombre immense, qui peuplent l'intestifl, se présentent sous une seule et môme forme : ce sont des Vers à habitus femelle, qu'il s'agisse de femelles parlhénogenésiques, ou qu'il s'agisse de véritables hermaphrodites. Grassi et Calandruccio croient à la reproduction par parthénogenèse; mais Leuckart croit plus volontiers à l'hermaphrodisme. 11 base cette appréciation sur ce que, chez Angiosloma nigrovcnomm, l'état femelle est précédé d'un stade dans lequel les canaux génitaux produisent des spermatozoïdes.

Au moment de la ponte, le vitellus est déjà segmenté en partie : les embryons se développent rapidement (h'g. 405, '■'> et 6) et, au bout de quelques heures, on peut les voir s'agiter et se rouler en divers sens à l'intérieur de l'œuf. Ils ne tardent pas à éclore, et mesurent alors 0mm,20 à 0mm,2i de long, sur 0mm,0I2 de large. Bientôt après, ils sont expulsés avec les excréments.

Les individus dont l'intestin renferme l'Anguillule intestinale rejettent donc avec les selles des petits Vers invisibles à l'œil nu, dont le nombre est parfois si considérable que chaque gouttelette en renferme de quatre à six et qu'on peut évaluer à un million et plus leur nombre dans chaque selle.

Ces Vers sont des larves qui présentent le caractère de Rhâbditis (fig. i06, 1 et 2) et qui offrent une certaine analogie avec les larves d'Ankylostome, mais elles sont de plus grande taille que ces dernières. Elles mesurent en effet de 0mm,4o à 0mm,60 de long, sur 16 à 20 \j. de large.

Ces larves pourront se comporter de trois manières. Si on les abandonne à la température ambiante, aucune d'elles ne continuera son évolution, môme en été et sous le chaud soleil de l'Italie : elles muent alors et s'enveloppent dans leur vieux tégument comme dans un kyste, attendant des conditions favorables pour poursuivre leur évolution. Au contraire, soumet-on les matières diarrhéiques qui les contiennent à une température constante de 22 à 2o°, certaines d'entre elles continuent à se développer et on obtient ainsi des femelles et des mâles. Les chauffe-t-on dans une éluve réglée à 32 ou :io°, toutes poursuivent leur développement et arrivent à l'état sexué.

De quinze à dix-huit heures après que les larves ont été mises dans f'étuve à 32°, on voit ces animalcules effectuer une mue. A la température ordinaire de la chambre, 18", qui tombe à 0" pendant la nuit,

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