‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 10 sur 181 · DE L ACUITÉ VISUELLE · texte numérisé non relu

DE L ACUITÉ VISUELLE

Si à cette môme distance le numéro 12 est le plus petit caractère déchiffré, S = 77 = 1~- Enfin, si ce sont seulement les plus gros caractères correspon-

dant au numéro GO, V = = — •

Quelquefois l'acuité visuelle peut être supérieure à la moyenne prise pour unité, et si par exemple le numéro 4, qui doit être distingué à 4 mètres, l'était nettement à 6 mètres, l'acuité visuelle

serait V = — = — .

Au lieu d'apprécier l'acuité visuelle à l'aide de lettres de grandeur différente placées à une distance constante, on pourrait au contraire faire varier la distance en laissant constante la grandeur des caractères. Si par exemple un individu pour lire le n° 6 est obligé de se rapprocher jusqu'à 4 mètres, son acuité visuelle

V=4-=-s-- Toutefois nous ferons remarquer que si ce pro-

cédé est d'une application commode, il est moins exact que celui indiqué précédemment, parce que l'accommodation entre enjeu et vient troubler la précision de l'examen.

Nous devons dire un mot maintenant de l'influence des verres correcteurs sur l'acuité visuelle. Tout le monde a remarqué que les verres convexes grossissent, tandis que les verres concaves rapetissent. Chez les hypermétropes il semblerait donc que les verres correcteurs devraient donner des images rétiniennes plus grandes, et chez les myopes, au contraire, des images plus petites et par suite que la détermination de l'acuité visuelle ne pourrait être faite avec exactitude. Mais le calcul démontre que lorsque la lentille correctrice d'une amétropie axile se trouve au foyer antérieur de l'œil à 0m,015 en avant de la cornée là où l'on place généralement les verres de lunette, l'image rétinienne de l'œil amétrope devient égale à celle de l'emmétrope.

De nombreuses observations, relevées chez des individus dont les yeux étaient normaux, ont permis de formuler les propositions suivantes :

1° L'acuité visuelle ne se modifie pas jusqu'à vingt-sept ans environ, mais à partir de cet âge elle commence à diminuer très lentement et finit par se réduire de moitié chez les vieillards;

2° Il n'est pas rare de trouver jusqu'à quarante deux ans une acuité visuelle supérieure à l'unité adoptée par Snellen ;

3° L'acuité visuelle dépend en partie de l'éclairage; il est donc préférable, pour des examens comparatifs, de faire usage d'une source lumineuse artificielle, toujours la môme.

M EXAMEN FONCTIONNEL DE L'ŒIL

4° La diminution de l'acuité visuelle chez les personnes âgées provient à la fois du trouble des milieux réfringents et des allérations séniles de l'appareil sensoriel.

Il est important de savoir déterminer d'une façon approximative l'étendue du champ visuel ; car, dans un certain nombre de ma-

Fig. \î. Ciini|iiinclro de de Wcckcr.

ladies, comme l'hémiopie, par exemple, les modifications qu'il subit constituent l'un des principaux symptômes.

Plusieurs instiuments ont été imaginés pour Taire cette mensuration.

Le campimHre de de Wecker se compose d'un tableau noir d'un mètre carré environ, monté sur un pied très lourd, de façon à

donner de la fixité à l'appareil. Au centre du tableau, qui doit se trouver à la hauteur de l'œil du malade quand celui-ci est assis, se trouve une petite croix blanche qui sert de point de fixation. A partir de ce point central rayonnent, du centre à la périphérie, une série de tiges minces, rigides, supportant de petites boules blanches d'ivoire. Grâce à un mécanisme spécial placé derrière le tableau, ces boules peuvent être mises en mouvement et conduites du centre vers la périphérie, et réciproquement. Le sujet à examiner étant placé en face du tableau, l'œil immobile et dirigé vers le point de fixation, on fait glisser successivement le long des diverses tiges les boules blanches dont elles sont munies, et on arrête le mouvement dès qu'elles commencent à disparaître. La ligne imaginaire qui réunit l'ensemble des points ainsi obtenus marque les limites du champ visuel.

Cet appareil est suffisant, pour la pratique, mais il manque de précision quand il s'agit de faire des recherches délicates, ou de résoudre des problèmes d'optique physiologique. Il est évident, en effet, que de cette façon l'exploration des parties périphériques de la rétine a lieu à une distance beaucoup plus grande que celle des parties centrales. Si, par exemple, le malade est situé à0,m30* du campimètre, la projection de la macula, perpendiculaire au tableau, le rencontre à peu près à cette distance, tandis que les projections des parties périphériques de la rétine se faisant obliquement, le rencontrent en des points de plus en plus éloignés du centre. Il en résulte que l'exploration de la sensibilité rétinienne des régions correspondantes a lieu dans des conditions plus défectueuses que pour les parties centrales.

C'est pour remédier à cetinconvénient, qu'Aubert etFœrsteront imaginé de projeter les différents points de la surface rétinienne, non plus sur un plan, mais bien sur une surface sphérique concentrique au globe oculaire.

Le périmètre de Forster se compose d'un demi-cercle de G centimètre de largeur environ, mobile autour d'un axe horizontal. Sur ce demi-cercle se trouve placé un curseur mobile dans lequel on peut disposer des petits carrés de papier, blancs ou diversement coloré?, de façon à pouvoir explorer, si on le désire, la sensibilité aux différentes couleurs.

Le malade ayant le menton appuyé sur un support placé aut evant de l'appareil, et qu'on peut élever ou abaisser à volonté, ( ir.ge son regard vers une petite croix blanche qui occupe le centre on i aemi-cercle et qui sert de point de fixation. On fait alors glisser le curseur le long du demi-cercle gradué, et on l'arrête dès qu'il

26 EXAMEN FONCTIONNEL I>E L'OBIL

cesse d'être aperçu. Le numéro correspondant de la graduation indique l'étendue du champ visuel dans ce méridien.

Veut-on répéter la même opération dans un autre méridien, on imprime un mouvement de rotation au demi-cercle autour de son axe horizontal ; celui-ci est muni d'une aiguille qui indique, sur un disque circulaire, l'angle de rotation, et, par conséquent, la position du méridien dans lequel se fait la recherche.

Fig. 13. Schéma servant aux représentations graphiques du champ visuel.

Pour représenter le champ visuel ainsi ohlenu, on se sert de figures schématiques dont les rayons, correspondant aux didérentes positions du méridien, sont divisés eux-mêmes par une série de cercles concentriques dont chacun correspond à 5 degrés du demiccrcle.

Dans la pratique courante, on peut se dispenser de faire usage d'appareils, et se contenter du procédé suivant, qui donne une approximation suffisante :

Le malade est placé à une petite distance d'un tahleau noir hien

éclairé. L'œil à examiner (l'autre étant fermé) est dirigé vers une petite croix blanche tracée au centre du tableau. Un morceau de craie tenu à la main, ou mieux, monté sur une tige de bois, est d'abord rapproché du point de mire, puis éloigné lentement dans le sens horizontal jusqu'à ce que le malade cesse de l'apercevoir. A ce moment, on marque un trait sur le tableau. On procède de même dans le sens vertical et dans des directions intermédiaires; et, en réunissant par une ligne courbe ces différents points, on obtient une délimitation approximative du champ visuel.

L'exploration du champ visuel faite, comme nous l'avons indiqué plus haut, permet non seulement d'en déterminer les limites, mais d'en reconnaître également les lacunes (scotomes).

Il faut savoir que, normalement, il existe une lacune physiologique. Découverte par Mariotte, qui lui a donné le nom de Punctum cœcum, elle correspond à l'entrée du nerf optique dans l'œil; à cet endroit, en effet, la rétine étant traversée par les fibres nerveuses, les éléments sensitifs, cônes et bâtonnets font défaut; et par suite la sensibilité y manque complètement.

Il est aisé de découvrir ce scotome en regardant une feuille de papier blanc sur laquelle sont dessinés deux points noirs placés sur une ligne horizontale, à 8 ou 10 centimètres environ l'un de l'autre. Un des deux yeux étant fermé, le gauche par exemple, on fixe avec l'autre l'un des deux points, celui de gauche, pendant qu'on éloigne lentement le papier qui était d'abord tenu très près de l'œil; quand on arrive à la distance de 30 centimètres environ, le second point, placé latéralement, cesse d'être aperçu; il apparaît de nouveau quand on éloigne encore davantage la feuille de papier.

D'après les recherches récentes de Landolt, les limites du champ visuel de l'œil emmétrope sont les suivantes :

En haut 55°

En bas 65° j angle total verlical 120°-

Eh dehors 85° (

En dedans. ... 50» J angl° total llol'izonhU 135°.

Plusieurs causes peuvent influer sur son étendue : 1° La grandeur de la pupille; plus celle-ci est large, plus le champ de la vision est étendu;

2° La situation des parties antérieures de la réline; cette membrane s avance un peu plus en dehors qu'en dedans, d'où résulte uendue plus grande du champ visuel en dedans qu'en dehors, nez les myopes, où l'axe antéro-poslérieur est très développé,

28 EXAMEN FONCTIONNEL DE L'OEIL

les parties terminales de la rétine sont plus éloignées du plan pupillaire que chez les hypermétropes, par suite le champ visuel est moins étendu que chez ces derniers.

•i° Enfin les parties environnantes du globe oculaire, telles que les paupières, le nez, le rebord orbitaire, apportent un obstacle d'autant plus considérable à l'extension du champ de la vision que l'œil est plus profondément enfoncé dans l'orbite.

Il peut Être utile, dans certaines circonstances, de déterminer l'étendue du champ visuel pourcertaines couleurs. Cette recherche se fait de la môme façon que l'examen ordinaire, seulement on remplace le carré de papier blanc dans le périmètre de Fœrster, ou la craie, si l'on se sert d'un simple tableau, par des papiers diversement colorés. Ceux-ci sont vus avec netteté par un œil normal tant qu'ils occupent les régions avoisinantes du point de fixation, mais ils diminuent d'éclat à mesure qu'on les transporte vers la périphérie, et il arrive un moment où ils perdent leur nuance spéciale pour prendre une teinte grisâtre.

On avait jadis conclu de cette expérience que les éléments sensoriels présidant à la perception des couleurs manquaient dans la périphérie de la rétine, ou tout au moins s'y trouvaient en moins grande abondance que dans les parties centrales. Mais Landolt a montré que toutes les couleurs sont perçues distinctement, même dans les parties les plus périphériques de la rétine, à la condition qu'elles soient saturées, et qu'elles aient une intensité suffisante.

Quoi qu'il en soit, dans les conditions ordinaires, on trouve que le champ de perception pour la couleur bleue est le plus étendu, puis vient celui de la couleur rouge, et enfin celui de la couleur verte. Dans les altérations pathologiques du nerf optique, accompagnées de perversion de couleurs, c'est précisément dans ce même ordre que s'effectue le rétrécissement du champ des couleurs ; les limites de perception du vert se resserrent d'abord, puis celles du rouge, et enfin celles du bleu, etc. Ces symptômes peuvent avoir une grande valeur quand ils surviennent à une époque où le champ visuel ordinaire ne présente encore aucune altération, et ne doit se rétrécir souvent que beaucoup plus tard.

Chez les sujets où, pour une cause quelconque : trouble des milieux transparents, glaucome, altérations des membranes profondes, etc., la perception lumineuse qualitative a disparu, les procédés qui viennent d'être décrits ne sont plus applicables ; et pourtant il est encore quelquefois très utile, pour le diagnostic, d'être renseigné sur l'étendue du champ visuel. Dans ces condi-

tions, voici comment il faut procéder. Le malade étant placé dans une chambre obscure, on l'engage à placer sa main en face de l'œil qui doit être examiné et à regarder constamment dans cette direction; pendant qu'il fixe ainsi, on transporte une bougie allumée dans toute l'étendue du champ visuel. Si la flamme cesse d'être perçue dans certaines directions, cela prouve qu'il existe des lacunes, et que la rétine a perdu sa sensibilité dans la région correspondant à la direction des rayons lumineux.

MALADIES M M.lil oi'TIQl E

ORIGINES ENCÉPHALIQUES DES NEUFS OPTIQUES. — SYSTÈME VASCULAIRE DU SERF OPTIQUE. — ASPECT DU NEUF OPTIQUE NORMAL A L'OPIITALMOSCOPE. — VALEUR SÉM BIOLOGIQUE DE L'ASPECT DU FOND DE L'OEIL DANS LES AFFECTIONS CERE- BRALES ET LES MALADIES GÉNÉRALES. — llïl'ÉHÉMIE. — NEVRITE DES TUMEURS CÉRÉBRALES. — NÉVRITE DESCENDANTE. — NÉVRITE SYPHILITIQUE. — ATROPHIES DO NERF OPTIQUE. — HÉMORRIIAGIES DU NERF OPTIQUE. — TUMEURS. — ANOMALIES CONGÉNITALES.

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