‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 9 sur 181 · DE L'ACUITÉ VISUELLE · texte numérisé non relu

DE L'ACUITÉ VISUELLE

aurait fallu, pour qu'ils fussent encore perçus distinctement, que leur écartement fût aussi plus considérable et égal à A'B'. Si donc on voulait apprécier le degré de l'acuité visuelle par cet écartement minimum des deux points lumineux, il faudrait tenir compte en môme temps de leur distance à l'œil observé. Aussi, pour simplifier la question et éviter toute confusion, est-il préférable de prendre pour mesure Y angle visuel AoB, sous lequel sont vus les deux points lumineux, angle qui reste toujours le même, et qui est indépendant de leur situation par rapport au sujet en expérience. Dans l'œil normal, l'angle qui marque la limite moyenne de l'acuité visuelle est d'une minute.

Fit?. H.

Il est évident que la surface rétinienne ab, qui correspond à un angle d'une minute, doit être plus large qu'un élément rétinien, sinon les deux points lumineux, impressionnant un seul élément ou deux éléments contigus, ne provoqueraient qu'une sensation confuse. Pour que les deux perceptions soient isolées et nettes, il faut évidemment que les deux éléments sensoriels excités par les rayons lumineux soient séparés l'un de l'autre par un élément intermédiaire. Or, c'est ce qui a lieu en réalité : en calculant la grandeur de l'arc rétinien qui correspond à un angle d'une minute, on trouve 0m«n,0043, tandis que la largeur des cônes dans la région de la macula ne dépasse guère Omm j Q03.

EXAMEN FONCTIONNEL DE L'OEIL

Pour mesurer l'acuité visuelle, on a imaginé plusieurs échelles typographiques, toutes fondées sur le môme principe. La plus usitée est celle de Snellen. Voici comment elle a été construite.

Un œil possédant une acuité visuelle normale distingue nettement les lettres dont la grandeur correspond à un angle visuel de cinq minutes, lorsque les détails de configuration de ces lettres traits; jambages ayant environ le cinquième de leur dimension totale, correspondent par conséquent à un angle d'une minute.

Plusieurs séries de lettres dessinées conformément à ce principe sont disposées par rangées successives sur le tableau de Snellen. Au-dessus de chacune de ces rangées, se trouve un numéro indiquant la distance en mètres à laquelle ces lettres forment sur la rétine une image dont la grandeur est de cinq minutes.

Pour que l'œil reconnaisse la lettre, il faut qu'il en dislingue les interlignes ; ainsi pour distinguer le G de l'O, il faut que l'œil perçoive le blanc qui interrompt le cercle dans le G. Il en est de même pour les autres lettres F et P, K et R, etc. Or les interlignes correspondant au cinquième de la hauteur de la lettre toute entière, la distinction de la lettre exige donc, en effet, la perception d'une image rétinienne de 0m,00i3.

Ce tableau est placé à G mètres, distance à laquelle les rayons lumineux, émanés de l'objet fixé, peuvent être considérés comme presque parallèles, condition nécessaire pour que la vision s'effectue sans effort d'accommodation. A cette distance, les lettres du numéro 6 du tableau de Snellen formant sur la rétine une image de cinq minutes, doivent donc être perçues distinctement, et si elles le sont en réalité, le sujet possède une acuité normale. Mais supposons que celui-ci ne puisse distinguer que le numéro 12, dont les lettres, de grandeur double du numéro G, devraient être aperçues dans les conditions normales non pas à G mètres seulement, mais à 12 métrés, son acuité visuelle sera évidemment moitié moindre, c'est-à-dire = à -j.

D'une façon plus générale, l'acuité visuelle, désignée par la lettre V, sera exprimée par une fraction dont le numérateur est la distance à laquelle se trouve le sujet, et le dénominateur le nombre qui correspond à la grandeur des caractères déchiffrés. Si le numéro G est lu à G mètres, l'acuité visuelle S = -g- — *'

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