‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 112 sur 181 · PRESBYTIE DANS LES ANOMALIES DE LA RÉFRACTION · texte numérisé non relu

PRESBYTIE DANS LES ANOMALIES DE LA RÉFRACTION

L'œil hypermétrope et l'œil myope peuvent aussi devenir presbytes. Chez l'hypermétrope, la presbytie se manifeste lorsque, malgré les verres correcteurs, qui neutralisent complètement son anomalie, le punctum proximum commence à reculer et se trouve au-delà de 0m,25. II ne faut pas perdre de vue qu'avec l'âge, l'œil emmétrope a de la tendance à devenir à la fois hypermétrope et presbyte; ces deux anomalies surajoutent leurs effets pour produire un trouble considérable de la vision et réclament des verres convexes, qui corrigent à la fois l'insuffisance de la puissance dioptrique de l'œil et celle de l'accommodation.

La presbytie pourrait être confondue avec l'hypermétropie ; pour différencier ces deux états, on tiendra compte de ce fait, que dans la presbytie l'usage de faibles verres convexes rend la vision des petits objets plus nette, tandis que dans l'hypermétropie, à moins qu'elle ne soit déjà manifeste, les verres convexes viennent en aide au muscle ciliaire et soulagent les efforts de l'accommodation, mais sans augmenter pour cela l'acuité visuelle. La parésie ou paralysie de l'accommodation provoque évidemment les mêmes troubles fonctionnels que la presbytie; nous verrons plus loin quels sont les signes qui permettent de distinguer cet état pathologique du muscle ciliaire, de la presbytie résultant de la sclérose du cristallin.

Chez les myopes, la presbytie ne peut survenir que si le degré de myopie est inférieur à 4 dioptries. En effet, dès que la myopie atteint ce chiffre, il est clair que, sans le moindre effort du muscle ciliaire et quelle que soit la réduction de l'amplitude d'accommodation, la vision restera toujours distincte à la distance de 0m,25. Mais, s'il s'agit d'un degré inférieur à i dioptries, la presbytie se

CAUSES DE LA PRESBYTIE

manifeste plus tardivement, il est vrai, que chez l'emmétrope, en raison de la plus grande puissance dioptrique du myope, mais avec les mômes caractères et exigeant aussi, pour être corrigée, l'emploi de verres convexes.

Ainsi, règle générale, quand un individu ayant atteint l'âge de cinquante ans vante l'excellence de sa vue et se trouve en état de lire sans lunettes à la distance de 0m,25, on peut affirmer, à coup sûr, qu'il avait jadis un faible degré de myopie. Si on interroge ces personnes, elles se récrient et affirment avoir toujours eu une bonne vue de loin, imbues de ce préjugé, que les myopes ne peuvent distinguer qu'à une très faible distance. Mais, placées devant l'échelle de Snellen, elles sont tout étonnées de ne pouvoir déchiffrer les dernières lignes qu'avec le secours de verres concaves. 11 est facile de les convaincre ainsi et de mettre en évidence leur faible degré de myopie.

Page 1