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DIFFÉRENCE DE RÉFRACTION DANS LES DEUX YEUX. ANISOMÉTROPIE

Les deux yeux possèdent généralement la même réfraction, et, s'ils sont atteints d'anomalies, celles-ci existent à peu près au même degré sur chacun d'eux. Cette règle, toutefois, souffre quelques exceptions.

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Tant que la différence, entre la puissance des deux yeux, est peu considérable et ne dépasse pas 0,50 ou \ dioptrie, elle ne cause aucune gène, mais il n'en est plus de même quand cette différence atteint un chiffre plus élevé.

Les combinaisons les plus diverses peuvent alors se produire : avec un œil emmétrope, l'autre est quelquefois myope ou hypermétrope, ou bien les deux yeux sont myopes ou hypermétropes, mais à des degrés divers; enfin, la myopie peut être associée à l'hypermétropie.

L'anisométropie est d'ordinaire congénitale, mais on la voit survenir aussi, tantôt à la suite d'une maladie, ulcération, ramollissement de la cornée, paralysie de l'accommodation, glaucome, etc. ; tantôt après une opération, celle de la cataracte par exemple. Quelle que soit la différence de réfraction entre les deux yeux, les deux muscles ciliaires recevant le môme influx nerveux, l'accommodation entre enjeu de part et d'autre, avec la môme énergie; il en résulte que, pour une position donnée de l'objet fixé, un seul des deux yeux reçoit sur la rétine une image nette, l'autre ne pouvant se trouver accommodé en même temps pour la môme dislance; dans ces conditions, si l'on vient à dédoubler les deux images en hauteur, au moyen d'un prisme à base inférieure, on constate, en effet, que l'une d'elles est beaucoup plus confuse que l'autre.

Règle générale, l'œil exactement accommodé pour le point fixé est celui dont l'accommodation se fait le plus aisément et exige le moins d'efforts. Ainsi, si les deux yeux sont : l'un myope, l'autre emmétrope ou hypermétrope, ce sera toujours l'œil myope qui entrera en fixation et recevra l'image la plus nette.

Du reste, en pareil cas, quand la vision binoculaire s'accomplit encore, c'est-à-dire quand les deux lignes visuelles s'entre-croisent exactement sur le centre de l'objet, l'image la moins nette ne gêne pas l'autre, et les malades ont plus d'avantages que d'inconvénients à voir avec les deux yeux qu'avec un seul.

Quand les deux yeux sont atteints d'anomalies de la réfraction à des degrés inégaux, les verres correcteurs les mieux appropriés sont ceux qui correspondent à l'œil dont le vice de réfraction est le moins accusé, et dont l'acuité visuelle est du reste presque toujours la meilleure. On donnera alors les mômes verres de chaque côté, et le malade, habitué à l'image confuse de l'œil le plus défectueux, les préférera à ceux qui neutraliseraient complètement le vice de réfraction de chaque œil.

Pourtant, il n'en est pas toujours ainsi : dans certains cas, il y

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a réellement avantage à neutraliser exactement par des verres appropriés et de force quelquefois très différente, l'anomalie aussi bien à droite qu'à gauche.

En somme, dans l'anisométropie, le choix des verres correcteurs ne peut pas être soumis à des règles précises, absolues, et l'expérience seule doit décider, dans un cas donné, s'il est plus avantageux de donner les mêmes verres ou des verres différents de chaque côlé.

(juand l'un des deux yeux, atteint d'amblyopie congénitale, parfois slrabique, possède une très mauvaise acuité, on a conseillé de lui faire faire des exercices méthodiques de lecture dix minutes ou un quart d'heure par jour isolément avec des verres convenablement choisis.

Nous devons avouer que ces exercices, préconisés pourtant par la plupart des ophthalmologistes, nous ont donné rarement des résultats en rapport avec les ennuis et la perte de temps qu'ils occasionnent.

abadie. Mal. des yeux, 2e cdit.

IMAM D I N POINT LUMINEUX DANS L'(»:iL ASTIGMATE. — SYMPTOMES ET Dl AGXOSTK. DE L'ASTIGMATISME. — CHOIX DES VEIIRES COHHECTBDR». — ASTIGMATISME IRRÉ- GULIER.

IMAGE D'UN POINT LUMINEUX DANS L'Œil, ASTIGMATE.

Chez un certain nombre d'individus, la réfraction n'est pas la même dans les divers méridiens de l'œil. Cette asymétrie existe même normalement à un faible degré, sans que la netteté de la vision en souffre d'une façon sensible, mais quand elle devient considérable, elle occasionne un préjudice notable à l'acuité visuelle, et il devient nécessaire de la corriger au moyen de verres spéciaux.

L'asymétrie des méridiens de l'œil a reçu le nom d'astigmatisme (a privatif; an'y^a, point), parce que dans cette anomalie l'image d'un point lumineux ne se peint jamais sur la rétine sous forme d'un point.

L'astigmatisme peut être régulier ou irrégulier: dans la première variété, les méridiens, présentant le maximum de différence réfringente, sont perpendiculaires l'un à l'autre, et leurs courbures respectives restent régulières, ils sont dits méridiens principaux. Cette anomalie peut être corrigée au moyen de verres cylindriques.

Dans la deuxième variété, non seulement les méridiens ont des puissances focales différentes, mais dans un même méridien les diverses parties de la courbe ont des foyers différents.

Young, qui, le premier, décrivit l'astigmatisme, avait placé son siège dans le cristallin. Atteint lui-môme de cette anomalie, il avait reconnu qu'en plongeant son œil dans un petit récipient en verre rempli d'eau, et en supprimant ainsi l'influence dioptrique de la cornée, son astigmatisme restait le même.

Mais, depuis, les recherches ophthalmométriqucs deKnapp et de Donders ont prouvé que, dans l'immense majorité des cas, l'astigmatisme est dù à une inégalité de courbure des différents méridiens de la cornée.

Généralement, le méridien vertical est celui qui a la courbure

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