‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 115 sur 181 · IMAGE D'UN POINT LUMINEUX. DANS L'OEIL ASTIGMATE · texte numérisé non relu

IMAGE D'UN POINT LUMINEUX. DANS L'OEIL ASTIGMATE

maximum, et l'horizontal la courbure minimum, mais cette règle présente de nombreuses exceptions, il peut môme arriver que le maximum de courbure corresponde à peu près au méridien horizontal, et le minimum au vertical.

Supposons que VV et HH' soient les méridiens vertical et horizontal d'un œil astigmate, et soit 0 un point lumineux qui envoie des rayons divergents dans tous les sens. Considérons, parmi ces rayons : 1° ceux qui sont contenus dans le plan vertical OVV et qui arrivent par conséquent sur le méridien vertical de la

cornée TV; 2° ceux qui, contenus dans le plan horizontal HOH', tombent sur le méridien horizontal HH'. Ces deux méridiens ayant des courbures différentes, leurs foyers principaux se trouvent aussi en des points différents : F, pour le méridien vertical; F l7 pour l'horizontal.

Supposons que l'écran chargé de recueillir les rayons émanés de 0 et réfractés par les deux méridiens se trouve en AA', l'image du point sur cette surface aura lieu suivant deux lignes perpendiculaires de grandeur AA' projetées au-dessous de la figure suivant les deux lignes AA'. Si, entre ces deux méridiens extrêmes, il s'en trouve d'autres intermédiaires constituant une surface courbe dont la courbure se modifie insensiblement, l'image du point 0, réfracté par cette surface courbe, se peindra sur l'écran suivant le cercle projeté en A, A',. L'écran chargé de recevoir l'image du point lumineux se déplace-t-il en BB', l'image du point se trans-

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forme, elle devient une ellipse projetée en H, H',, et dont le diamètre horizontal est BB', et le diamètre vertical bb'. L'écran est-il encore reculé en CG', l'image du point n'est plus qu'une lij.-ne horizontale projetée en C, C',, au-delà en DD' l'image redevient une ellipse a diamètre vertical dd' à diamètre horizonlal DD'; en KK , l'image est de nouveau un cercle, puis sa forme se modifiant encore, elle se transforme en ellipse à grand axe vertical jusqu'à ce qu'en 1111' ce soit de nouveau une ligne verticale II , EL'.

Sturm, à qui l'on doit des études importantes sur la marche de la lumière à travers des surfaces réfringentes, telles que la précédente, désignait l'intervalle compris entre A et E, points où l'image se peint suivant un cercle, sous le nom d'espace focal: dans son esprit, tant que l'image rétinienne se faisait dans cet espace, les cercles de diffusion étaient relativement petits et l'œil était accommodé, tandis qu'au delà ou en deçà les cercles de diffusion devenaient plus considérables et la vision était nécessairement confuse. Nous savons aujourd'hui que la théorie de l'accommodation est bien différente de ce qu'il croyait.

Dans l'œil, l'écran destiné à recevoir l'image, c'est-à-dire la rétine, ne se déplace point, il est vrai; mais quand le point lumineux change de place, de telle sorte que la convergence des rayons arrivant sur la cornée augmente ou diminue, ou, ce qui revient au môme, quand l'accommodation intervient et change la puissance réfringente de l'œil, l'image du point, se modifie absolument comme si l'écran se déplaçait. Par conséquent, l'image d'un point se peint sur la rétine sous forme d'un cercle, d'une ellipse dont le grand axe varie, d'une ligne, mais jamais sous forme d'un point.

La dénomination d'astigmatisme est donc parfaitement justifiée. Nous ferons remarquer que, si au lieu d'un point le foyer lumineux était un cercle, son image sur la rétine, en se modifiant, deviendrait une ellipse dont le grand axe serait tantôt horizontal, tantôt vertical, selon la position du foyer lumineux.

Or, comme la lumière suit le même chemin en sortant de l'œil qu'en y pénétrant, il résulte de ce qui précède que chez l'astigmate l'image de la papille doit changer de forme quand elle est vue à des dislances différentes ou avec des verres donnant des grossissements variables. Cette remarque importante sera utilisée, comme nous le verrons plus tard, quand nous nous occuperons du diagnostic de l'astigmatisme au moyen de I'ophthalmoscope.

L'astigmatisme donne naissance à des troubles fonctionnels qui diffèrent de ceux qu'on observe dans la myopie et l'hypermétropie.

Dans ces deux anomalies, en effet, la vision est indistincte pour certaines distances déterminées, l'image des objets extérieurs se formant en avant ou en arrière de la rétine; mais, dès qu'on rapproche les objels dans la myopie, ou qu'on fait des efforts suffisants d'accommodation dans l'hypermétropie, la vision devient parfaitement nette. Il n'en est plus de même dans l'astigmatisme ; la netteté de la vision ne peut jamais être parfaite, et le trouble fonctionnel persiste, quelle que soit la distance à laquelle regarde le malade.

Les astigmates, dans le but d'améliorer leur vision, prennent quelquefois des attitudes particulières qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic de leur anomalie. Tantôt ils inclinent la tête, de façon à placer tel ou tel méridien de la cornée dans une position favorable; tantôt ils regardent de côté, se servant de la saillie du nez pour rétrécir l'ouverture pupillaire, et diminuer ainsi la grandeur des cercles de diffusion, ou bien ils clignent les paupières à la façon des myopes, toujours dans le même but.

Ceux qui portent des lunettes en tordent instinctivement la monture, de façon à incliner obliquement les verres, corrigeant ainsi d'eux-mêmes leur astigmatisme. Souvent ils accusent des particularités bizarres dans leur vision; quand ils examinent un dessin, certaines parties sont vues nettement, d'autres apparaissent confuses.

La diminution de l'acuité visuelle qui résulte de ce vice de réfraction a plusieurs conséquences fâcheuses. D'abord les malades sont obligés de rapprocher les objets, ce qui nécessite des efforts plus considérables d'accommodation ; de plus, leur vision restant toujours plus ou moins indistincte, ils ressentent à la longue un sentiment pénible, une fatigue particulière, analogue à celle de l'asthénopie accommodalive.

L'existence des symptômes précédents, chez un individu qui n'estni myope ni hypermétrope, doit faire songer à l'astigmatisme. On est encore en droit de soupçonner cette anomalie, lorsque, malgré l'amélioration obtenue par l'emploi des verres sphériques, l'acuité visuelle reste très mauvaise.

Voici comment on procédera pour établir le diagnostic d'une

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façon certaine. Le sujet sera placé à 5 mètres d'une figure semblable à celle représentée ci-dessous (fig. 76)* Celle-ci, comparable à celle <|iii est connue sous le nom de rose des vents, se compose d'une série de lignes passant toutes par un môme point o,et séparées les unes des autres par une dislance angulaire de l"> degrés.

Un œil normal aperçoit toutes les lignes avec la même netteté. H n'en est plus de môme si l'œil est astigmate, les lignes ne pa-

tlg. 70.

raissent plus également distinctes. Il y en a une parmi elles qui se détache bien moins nettement que les autres, qui semble plus large, dont la couleur est plus grise et dont les bords sont plus dilTus. Le méridien le plus défectueux de la cornée est précisément perpendiculaire à la direction de cette ligne-là. Cette règle fondamentale pour le diagnostic de l'astigmatisme se démontre d'une façon très simple par les figures suivantes.

Soit AOB (fig. 77) une ligne verticale placée au-devant du méridien vertical M'M. Soit R R' un plan représentant l'écran rétinien, et supposons que le méridien MM' étant hypermétrope, par exemple son foyer principal soit en o, au-delà de la rétine. Examinons comment la liçne AOB ira se peindre sur la rétine, et pour cela prenons quelques-uns de ses points, O, A, B. Tous les rayons émanés du point O, tels que OM' et OM, iront après réfraction se

réunir en o, ils rencontreront le plan rétinien suivant la droite o'o", qui sera l'image du point o. Les]rayons lumineux partis du point A, allant de même se réunir en a au-delà du plan rétinien, coupent ce dernier suivant la ligne droite a'a". Le point B se

Fig. 77.

peindra évidemment aussi sur la rétine suivant la ligne b'b". L'image rétinienne de chacun des points de la ligne verticale est donc une petite ligne verticale ; mais toutes ces lignes sont superposées et se confondent de telle sorte que finalement l'image de la

droite verticale est aussi une ligne verticale, a'b" agrandie seulement dans le sens de sa longueur, car sa dimension réelle serait ab si la rétine était placée au foyer du méridien. Il résulte île ce qui précède que les lignes verticales vues à travers un méridien vertical défectueux sont nettes; elles paraissent simplement agrandies dans le sens de leur longueur.

Examinons à présent (fig. 78) ce qui se passe pour les lignes horizontales.

37ti A S T I <i M A T l S M K.

Soit AOU une ligne horizontale. Les rayons lumineux venus du point 0 so réunissent eno au loyer principal du méridien. Ils rencontrent par conséquent la réline, qui est située en avant du foyer principal, suivant la ligne verticale o'o"; de même pour le point U, dont l'image focale est b, l'image rétinienne sera la ligne verticale b'b"; enlin les rayons émanés de A suivent la même marche et coupent la rétine suivant a'u". Ainsi de suite pour chacun des points de la ligne horizontale, dont les images sont toutes de petites lignes verticales; l'ensemhle de ces lignes verticales juxtaposées les unes près des autres forme une large ligne horizontale sur la rétine. La ligne horizontale ne sera donc pas vue nettement, elle paraîtra diffuse et élargie, puisque son image rétinienne, au lieu d'être une ligne composée d'une série de points, comme cela aurait lieu, si la réline était en o, au foyer du méridien, est composée d'une série de lignes verlicales.

On voit donc que le méridien défectueux est perpendiculaire à la ligne, qui est vue trouble.

Ceci posé, il sera facile d'arriver à la détermination de l'astigmatisme. Quel est le problème à résoudre, en effet. Il s'agit de déterminer d'abord la direction du méridien défectueux, et en second lieu de reconnaître si ce méridien est myope ou hypermétrope.

Ce qui précède rend très facile la détermination de sa direction ; car le raisonnement que nous avons suivi pour le méridien vertical s'applique évidemment, quelle que soit l'inclinaison du méridien; aussi quand un œil astigmale regarde la Qgure représentant la rose des vents, le méridien le plus défectueux étant précisément perpendiculaire à la direction de la ligne vue la plus trouble, il suffira d'ajouter 90 degrés à l'angle de direclion de cette ligne, pour avoir l'inclinaison du méridien défectueux. Si, par exemple, c'est la ligne correspondant à 30 degrés (fig. 76) qui n'est pas vue nettement, le méridien à corriger possède une inclinaison de 30+90, c'est-à-dire de 120 degrés.

Une fois la direction du méridien à corriger connue, un disque noir percé d'une fente, et monté sur un manche, sera placé devant l'œil de telle sorte que la fente du disque soit parallèle au méridien défectueux. De celle façon la réfraction à travers tous les autres méridiens se trouve supprimée, et l'œil ne voit plus qu'à travers celui qui doit être corrigé; on procédera pour déterminer la myopie ou l'hypermétropie de ce méridien, selon les règles déjà exposées, c'est-à-dire qu'on essayera la série des verres concaves ou convexes, jusqu'à ce qu'on ait obtenu le maximum d'à-

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