‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 12 sur 181 · ORIGINES ENCÉPHALIQUE DES NERFS OPTIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINES ENCÉPHALIQUE DES NERFS OPTIQUES

le Les unes antérieures (M, fig. U), dites racine antérieure de la couche optique, se dirigent vers les régions frontales ; 2° d autres

Fig. 14. Radiations ilo la couche optique (schéma emprunté à llugucnin). a, couche Optique;

, b, corps strié; c, voûte à trois piliers; d, tubercules quadrijumeaux ; f, corne postérieure du ventricule cérébral; g, corne d'Anuuon ; II, h, racine antérieure du thalamus; i, i, radiations latérales; k, k, radiations optiques de Gratiolct.

sont moyennes ou latérales (u, expansions latérales); 3° d'autres enfin, postérieures, découvertes par Gratiolet, ont été désignées par lui sous le nom d'expansions cérébrales des nerfs optiques (kk). Ces derniers faisceaux ne sont séparés de la cavilé de la corne

postérieure que par l'épendyme el le lapis (tapetum), expansion particulière du splenium du corps calleux.

C'est dans cette région même, mais sur un plan plus profond, que se répandent les expansions cérébrales du faisceau de fibres centripètes dont la lésion détermine Vhémianesthéiie sensitive de cause cérébrale. Cette relation de voisinage, de contiguïté entre ces faisceaux el les expansions optiques, serait bien propre à expliquer analomiquement la coexistence fréquente de l'hémianesthésie et de l'amblyopie croisée, s'il était bien établi que les faisceaux qui portent le nom d'expansions optiques sont réellement un prolongement plus ou moins direct des nerfs optiques.

Si, après avoir détaché de l'encéphale l'isthme tout entier, y laissant attenantes les couches optiques, on examine la préparation ainsi obtenue par sa face postérieure, on remarque : 1° en avant, de chaque côté les couches optiques que sépare le troisième ventricule ;2°en arrière, les tubercules quadrijumeaux tant antérieurs que postérieurs ; 3° en dehors, les bras conjonctifs antérieurs en relation par leur extrémité interne avec les tubercules quadrijumeaux antérieurs et les bras conjonctifs postérieurs en relation avec les tubercules postérieurs.

On voit encore dans la même région, lorsqu'on soulève l'extrémité postérieure des couches optiques ou pulvinar : en dedans, le corps genouillé interne, en dehors, une masse grise un peu plus volumineuse, qui est le corps genouillé externe.

En arrière et au-dessus de ces parties se voient la ganse de Reil, les processus cerebelli ad testes, les pédoncules cérébraux, les corps restiformes, les pédoncules cérébelleux moyens.

Les corps genouillés interne et externe sont les deux premiers noyaux de substance grise avec lesquels les nerfs optiques entrent en rapport par l'intermédiaire des Iractus optiques ou ba ndelettes optiques: celles-ci sont divisées en deux tractus qu'on peut considérer comme des racines dont l'une est interne et l'autre externe.

L'externe est, à la fois, la plus volumineuse et la plus importante. Elle fournit elle-même plusieurs faisceaux qui se mettent en rapport avec divers noyaux gris. On peut distinguer : 1° un faisceau qui s'arrête dans les corps genouillés externes. Ces derniers consistent en des amas assez volumineux de substance grise, renfermant des cellules ganglionnaires étoilées ou fusi- Tormes; 2° un second faisceau, situé en dedans du précédent, pénètre dans l'étage inférieur du thalamus, environ 12 millimètres en avant de l'extrémité du pulvinar un troisième faisceau qui,

ORIGINES ENCÉPHALIQUES DES NERFS OPTIQUES. 33 d'après Gratiolet, serait la plus apparente et la mieux connue des racines du nerf optique, contourne le corps genouillé externe et pénètre dans celui des tubercules quadrijumeaux antérieurs qui occupe le côté correspondant.

Il résulte de ce qui précède que la racine externe des nerfs optiques prend son origine dans trois noyaux de substance grise, à savoir : 1° la coucbe optique ; 2° le corps genouillé externe; 3° les tubercules quadrijumeaux antérieurs (nates). Ce sont là certainement les principales sources des nerfs optiques chez l'homme; ce sont vraisemblablement les seules chez un grand nombre d'animaux. C'est ce que semblent établir, tout au moins, les intéressantes expériences de Gudden, consistant dans l'extirpation des globes oculaires, pratiquée chez de très jeunes lapins. Lorsque, au bout de quelques mois, les animaux ainsi opérés sont sacrifiés, on reconnaît que l'atrophie consécutive porte, en ce qui concerne les parties centrales, sur les tubercules quadrijumeaux antérieurs, les couches optiques et enfin les corps genouillés externes; au contraire, les tubercules quadrijumeaux postérieurs et les corps genouillés internes ne prennent aucune part à l'atrophie.

Moins importante que l'externe, la racine interne des nerfs optiques ne doit pas être cependant négligée, surtout lorsqu'il s'agit de l'homme. On sait qu'elle entre manifestement en connexion avec le corps genouillé interne. Ce^dernier ne contient que des cel. Iules nerveuses rudimentaires (Henle) et ne peut être, par conséquent, considéré comme un centre au même titre que le corps genouillé externe.

Soit après avoir traversé le corps genouillé, soit par un trajet direct, les faisceaux nerveux de la racine interne vont, en définitive, aboutir aux tubercules quadrijumeaux antérieurs.

Tout récemment, Huguenin (1) a soutenu que la racine interne des nerfs optiques, chez l'homme tout au moins, est anatomiquement en rapport avec les tubercules quadrijumeaux postérieurs, soit directement, soit par l'intermédiaire du corps genouillé interne. D'après lui, les tubercules quadrijumeaux postérieurs ne seraient pas, chez l'homme, exclus de l'appareil des nerfs optiques, comme ils paraissent l'être chez les animaux. Gela n'est pas en contradiction avec ce qu'enseignent certains faits d'induration grise tabéliquedes nerfs optiques. Tout récemment encore, chez une femme ataxique du service de Charcot, aveugle depuis une quinzaine d'années, l'induration grise des nerfs optiques pouvait

(1) Archiv [tir Psychiatrie, t. V, fasc. II, p. 341

ABADIE. Mal. des ue.n.r.. 2" Aittt. n 9

être suivie an-delà du chiasma, sur les bandelettes optiques, jusqu'aux corps genouillés. Les tubercules quadrijumeaux, tant antérieurs (nales) que postérieurs (lestes), avaient à peu près conservé la coloration blanche de l'état normal, mais ils avaient subi, les uns et les autres, une réduction de volume des plus manifestes (cas de la nommée Magdaliat). D'autres observateurs ont signalé des faits semblables.

Il faut rechercher actuellement comment ces divers amas de substance grise qui viennent d'être énumérés sont mis en relation avec l'écorce grise de l'encéphale. La connexilé s'établit, par un système de fibres qui constitue la partie la plus postérieure des radiations de la couche optique (faisceaux rayonnants corlicooptiques), et qu'on désigne quelquefois sous le nom de radia dons optiques de Gratiolet. On peut suivre les détails analomiques assez complexes, relatifs à ce point, sur la Ggure suivante em pruntée au travail de Meynerl et qui concerne le singe (Cero cebus cinomolgus).

On voit sur celte planche comment des faisceaux de fibres ou radiations, partant des corps genouillés exlerues Ge , et in ternes G/, du pulvinar Th', des tubercules quadrijumeaux anté rieurs Q«, — ces derniers, par l'intermédiaire des bras conjonctifs antérieurs, Bs, — vont, après un trajet récurrent, s'associer au faisceau Om, qui n'est autre que l'ensemble des fibres centripète pédonculaires directes, qui tiennent sous leur dépendance la sensibilité commune de tout un côté opposé du corps.

A cet ensemble de faisceaux se trouvent mêlées, sans doute, des fibres provenant du tractus olfactif, par l'intermédiaire de la coin missure antérieure. Ses extrémités, comme on sait, par les descriptions de Burdach et de Gratiolet, se dirigent en arrière, dans l'épaisseur des lobes occipitaux et sphénoïdaux. Les faits cliniques conduisent à supposer qu'il s'y môle aussi des fibres nerveuse entre-croisées, en rapport avec les nerfs auditifs et gustalifs. S cette disposition, à l'heure qu'il est toute hypothétique, venait à être vérifiée anaiomiquement, on comprendrait comment l'obnoj bilation croisée de l'odorat, du goût et de l'ouïe font habituellement, au même titre que l'amblyopic, partie intégrante du syndrome hémianesthésie cérébrale.

La région de l'encéphale qui répond à la partie la plus postérieure du pied de la couronne rayonnante pourrait donc être considérée, d'après ce qui précède, comme un carrefour où, dans la profondeur de l'encéphale, se rencontrent, dans un espace trèsj circonscrit, toutes les voies sensilives et sensorielles. C'est un car-

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