‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 13 sur 181 · ORIGINES ENCÉPHALIQUES DES NERFS OPTIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINES ENCÉPHALIQUES DES NERFS OPTIQUES

Fig. 13. Celte figure est empruntée à l'ouvrage do Mcyncrt (Strickcr's Handbuch, t. Il, p. 721, (ig. 2V3). Elle représente une coupe longitudinale et horizontale de la moitié gauche du cerveau du Cercocebus cinomolgns .

F, extrémité frontale; 0, région occipitale; T, corps calleux ; S, scptum ; Cfl, commissure antérieure; A, corne d'Ammon; V. corne antérieure du ventricule latéral; V;/, corne postérieure; Vin, Vm, ventricule moyeu; Cm, commissure moyenne; Ap, aqueduc.

Ll, LU, LUI, les segments du noyau lenticulaire; N«, tôle, et Ne, queue du noyau caudé.

Th, partie de la couche optique située en avant des corps gcnouillés.

Th.', couche optique, pulviuar.

tubercules quadrijumeaux; Gi, corps genouillé interne ; Gc, corps genouillé externe; P, pied du pédoncule cérébral.

Om, faisceaux médullaires qui du lobe occipital vont au pulviuar, aux lis, bras des tubercules quadrijumeaux antérieurs, aux Bi, bras des tubercules quadrijumeaux postérieurs, aux deux corps genouillés, au pied du pédoncule cérébral.

36 MALADIES DU NERF OI'TlQUE.

refour et non pas un centre. Le centre cérébral proprement dit doit être cherché sur le prolongement desflbres médullaires, dans Técorce grise des lobes occipitaux et sphénoïdatix.

D'après cet exposé anatomique, les tubercules quadrijumeaux sont le seul point où les faisceaux des nerfs optiques, après leur entre-croisement dans le cliiasma, se rapprochent de nouveau les uns des autres, vers la ligne médiane. Est-ce sur ce point que se fait l'entre-croisemcnt supplémentaire qui, d'après l'hypothèse proposée par Charcot, ramènerait les nerfs optiques à la condition des autres nerfs? C'est là une question difficile à résoudre par les seuls moyens de l'anatomie. Sans doute, il existe sur la ligne médiane, entre les tubercules quadrijumeaux, de nombreux entrecroisements de faisceaux, constatés anatomiquement; mais on ne saurait décider si ces fibres entre-croisées sont réellement en connexité avec les faisceaux des nerfs optiques non entre-croisés dans le chiasma. L'expérimentation et surtout l'anatomie pathologique auront vraisemblablement le premier pas dans la solution de la question en litige. Déjà les expériences de Flourens ont montré chez des mammifères et des oiseaux, que l'ablation des tubercules optiques a pour effet l'amblyopie ou l'amaurose croisée. Mais il s'agissait là d'animaux dont les axes oculaires sont dirigés en dehors et chez lesquels, sans doute, l'entre-croisement dans le chiasma est complet.

Chez l'homme, les lésions des tubercules quadrijumeaux ne sont pas rares, mais elles sont ordinairement bilatérales et, en conséquence, amènent la cécité bilatérale; elles ne peuvent donc rien décider. De fait, on en est encore à se demander si la lésion des tubercules quadrijumeaux antérieurs produira, à l'exemple d'une lésion de la bandelette optique, l'hémiopie latérale, ou si, au contraire, elle produira l'amblyopie croisée, commecela devrait être dans l'hypothèse de Charcot. En faveur de celle dernière opinion, on pourrait citer une observation rapportée par Bastian, dans laquelle une lésion unilatérale des tubercules quadrijumeaux antérieurs aurait produit l'amblyopie croisée.

Mais ce fait, à l'heure qu'il est, reste isolé ; il est relaté d'ailleurs avec trop peu de détails pour qu'on puisse le considérer comme décisif.

Le nerf optique, àsa sortie du crâne, traverse, à peu près d'arrière en avant, le bourrelet cellulo-graisseux sur lequel repose le globe oculaire. Dans son trajet orbitaire, long de 3 centimètres environ, du tissu adipeux le sépare des muscles et des nerfs de la région. Seuls, le ganglion ophtlialmique, les nerfs et les vaisseaux ciliaires sont appliqués contre lui.

Le tronc nerveux subit, en traversant la sclérotique, un étranglement très manifeste ; mais, aussitôt arrivé dans la cavité oculaire, ses fibres s'épanouissent dans tous les sens pour former la couche la plus interne de la rétine.

Dans tout son parcours orbitaire, il est entouré par deux gaines protectrices : l'une, externe, fibreuse, formée par un prolongement de la dure-mère, l'accompagne jusqu'au point où il pénètre dans la sclérotique et forme en s'étalant la couche la plus externe de cette membrane. La gaine interne, dérivée de la pie-mère, traverse complètement la sclérotique et accompagne les fibres nerveuses jusqu'à leur épanouissement. Sa terminaison constitue Vanneau sclérotical, visible à l'ophthalmoscope,et les tractus qu'elle fournit à ce niveau contribuent à former la lame criblée. Les deux gaines sont séparées l'une de l'autre par un espace perméable (espace lymphatique de Schwalbe) qui est fermé, en avant, du côté de l'extrémité oculaire du nerf, mais qui communique en arrière avec la cavité crânienne.

D'après Zinn,Wolfrang, Leber(l), le tronc du nerf optique, outre l'artère et la veine centrales de la rétine, reçoit dans son parcours, tant orbitaire qu'intra-crânien, des rameaux qui prennent naissance dans les vaisseaux du voisinage et se distribuent à la surface et dans l'épaisseur des deux gaines, d'où ils envoient des rarnuscules au tissu nerveux.

Le chiasma et les bandelettes optiques reçoivent, des vaisseaux de la pie- mère et du cerveau, des rameaux analogues, auxquels Galezowski a donné les noms d'artères optiques antérieure, médiane et postérieure. Dans l'orbite, les artères qui sont fournies aux gaines du nerf, décrites depuis longtemps par Hyrtl, sous le nom d'artères vaginales et interstitielles, ont été nettement séparées par

(l) Archiver Ophthalm., t. XVIII, 2° partie, p. 2."».

lui île l'artère centrale delà rétine. Ces vaisseaux forment, dans toute l'étendue de la gaine, un véritable réseau. Au niveau du trou optique, ceux qui sont d'origine orbilaire s'anastomosent avec les rameaux infra-crâniens qui viennent de la pie-mère et du cerveau.

Tant que le nerf optique n'a pas reçu l'artère centrale, sa nutrition s'opère donc uniquement au moyen de ces ramifications vasculaires; mais, dès que l'artère centrale l'a pénétré, elle lui fournit des rameaux qui s'anastomosent avec les précédents.

L'artère centrale de la réline, après s'être détacbée de l'ophthalmique, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un tronc commun avec la ciliaire postérieure externe, pénètre dans le nerf optique à une distance de 1 centimètre environ de sa terminaison.

Elle fournit des branebes non seulement à la rétine et à la papille, mais encore à l'extrémité oculaire du nerf optique. Ces branches s'unissent d'une part en arrière avec celles qui proviennent des vaisseaux orbitaires, et d'autre part elles s'anastomosent par l'intermédiaire de capillaires autour de la papille avec les artères ediaires postérieures (cercle de Halles, de Zinn). Ces dernières peuvent être considérées comme la continuation et la terminaison des artères vaginales, qui rampent ainsi à la surface du nerf optique, depuis son origine cérébralejusqu'àson extrémité intra-oculaire.

Comme on le voit, ces recherches de Leber sont en opposition avec celles de Galezqwski, qui considère les fins vaisseaux auxquels la papille doit sa coloration rosée, comme dérivant directement des vaisseaux de la pie-mère et du cerceau, et non de l'artère centrale.

La lame criblée, la portion intra-oculaire du nerf optique et une étroite zone péri-papillaire de la rétine, reçoivent leur nutrition à la fois de l'artère centrale et des artères ciliaires postérieures. 11 importe de savoir que les communications entre ces vaisseaux se font par l'intermédiaire de capillaires et non d'artérioles. Cette disposition anatomique explique bien des points restés obscurs dans l'étude clinique de l'embolie de l'artère centrale de la réline, et, en particulier, l'insuffisance de la circulation collatérale pour le rétablissement des fonctions de la rétine.

Pourtant les anastomoses entre l'artère centrale de la ré lin et les artères ciliaires postérieures bien que capillaires, n'e établissent pas moins une certaine solidarité dont il faut tenir compte, entre la circulation de la eboroïde et celle du nerf optique. Ainsi s'expliquent l'état d'bypcrémic de la papille qu'on observe parfois dans les processus congestifs de la choroïde et aussi les

SYSTÈME VASCULAIRE DU NEU E OPTIQUE. 39 altérations graves qui peuvent résulter d'une atrophie choroïdienne très étendue. D'après Leber, il n'existe pas de cercle anastomotique veineux correspondant au cercle artériel ; pourtant quelques veinules émanées de la choroïde pénètrent dans l'épaisseur du nerf. Quant au réseau de la chorio-capillaire, il s'anastomose au pourtour de l'anneau choroïdien avec les capillaires de la papille.

Les vaisseaux centraux de la rétine ne fournissent en général, aucune branche importante dans leur trajet à travers le nerf optique. Exceptionnellement pourtant, un ou deux rameaux pénètrent isolément à la surface de la choroïde, en dehors de la papille. Il est également très rare qu'une artériole d'un certain volume se détache du tronc de l'artère centrale avant sa pénétration dans le nerf optique. Quand cette branche collatérale existe, elle peut acquérir une importance réelle lorsque l'artère centrale de la réline est oblitérée par une embolie.

C'est, d'ordinaire, après avoir traversé la lame criblée que l'artère centrale se divise en plusieurs branches principales; deux d'entre elles se dirigent en haut et en dehors; deux autres, symétriquement en bas et en dehors : les premières décrivent une courbe à concavité inférieure, les secondes une courbe à concavité supérieure. C'est également au niveau du porus opticus et de la lame criblée que les veinules se réunissent pour constituer le tronc de la veine centrale; celle-ci sort du nerf optique à 3 millimètres seulement en arrière de la sclérotique, bien en avant, par conséquent, du point de pénétration de l'artère.

Les fibres du nerf optique sont réunies en faisceaux séparés les uns des autres par des cloisons de tissu fibreux émanées de la gaîne interne. Avant de s'épanouir pour former la couche la plus interne de la rétine, elles traversent la lame criblée. Celle-ci n'est autre chose qu'une membrane fibro-celluleuse, constituée par des tractus conjonctifs venant les uns de la gaîne interne du nerf optique, les autres de la membrane adventice des vaisseaux centraux de la papille; ces tractus forment un véritable réseau dont les mailles livrent passage aux faisceaux de tubes nerveux. Elle se trouve à peu près sur le môme plan que la chorio-capillaire et que l'anneau choroïdien ; ce dernier est formé par l'insertion péri-optique de la choroïde.

A leur passage à travers la lame criblée, les fibres nerveuses perdent leur myéline pour ne conserver que leur cylindre-axe et leur gaîne propre; en subissant cette transformation remarquable, elles deviennent complètement translucides. Elles s'épa-

uouissenl ensuite dans tous les sens pour former la couche la plus interne de la rétine.

Habituellement les libres nerveuses, à leur entrée dans l'œil, s'étalent aussitôt à la surface rétinienne sans former de saillie, sans constituer de papille proprement dite; quelquefois pourtant un certain nombre d'entre elles, tassées les unes contre les autres, surtout à la partie interne, forment relief en ce point.

Leur distribution à la surface de la réline n'a pas lieu d'une manière uniforme; la moitié interne de la papille en renferme un bien plus grand nombre que la moitié externe. De gros faisceaux se dirigent en haut et en bas, suivant la direction des vaisseaux rétiniens, et, décrivant aussi des courbes à concavité inférieure et supérieure, vont se répandre dans les régions équatoriales de l'œil. Vers le centre du nerf optique, au point d'émergence des vaisseaux rétiniens, il existe normalement, une excavat ion (porus options) dont la profondeur et l'étendue sont des plus variables. En profondeur, elle s'étend jusqu'à la lame criblée, dont il est possible d'apercevoir les mailles à l'ophthalmoscope; en étendue, elle comprend quelquefois une portion considérable de la papille, sans jamais atteindre pourtant l'anneau sclérotical ; de sorte qu'il existe constamment une zone circulaire de fibres nerveuses sur le même plan que la rétine. C'est là, comme nous l'avons déjà vu (1), le caractère distinctif qui empêche de confond re les excavations physiologiques avec les excavations glaucomateuses. La papille offre des dimensions variables; on peut estimer en moyenne son diamètre à lmm, 0.

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