‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 166 sur 181 · S T II A III S. ME · texte numérisé non relu

S T II A III S. ME

du strabisme vrai en ce que, malgré la difformité apparente, la vision binoculaire s'accomplit toujours régulièrement, tandis qu'elle est constamment abolie dans les déviations véritables.

Pour reconnaître le strabisme apparent, qu'il faut respecter, sous peine do jeter la perturbation dans la vision binoculaire, du strabisme vrai, il suffira donc de s'assurer que le sujet jouit de la vision binoculaire. Pour cela, on lui fera fixer un objet placé à Ûm,30, et en cachant successivement chacun des yeux avec la main ou un verre dépoli aucun mouvement ne devra se produire. De plus, pendant la lecture un crayon interposé entre les yeux et le livre ne devra cacher aucune partie du texte. Chez le myope, l'angle a est quelquefois ouvert en dehors (négatif), et il peut en résulter un strabisme convergent apparent, qu'on distingue du strabisme vrai par les mômes procédés; c'est ce strabisme apparent qui donne au regard du myope et de l'hypermétrope quelque chose de singulier.

VISION DES STRABIQUES.

D'après ce que nous savons des conditions nécessaires à l'accomplissement de la vision binoculaire, la diplopie, sensation bien plus pénible, bien plus fatigante encore que celle de la vision confuse, devrait toujours se produire dans le strabisme. Le dédoublement des objets existe, en effet, au début chez les strabiques; mais, en général, il disparaît promptement.

Bien des hypothèses ont été mises en avant pour expliquer l'absence de ce phénomène. Nous indiquerons seulement la plus accréditée; nous voulons parler de la neutralisation de l'image rétinienne de l'œil strabique.

Lorsque notre attention est absorbée, quand nous avons ce qu'on appelle le regard vague, c'est-à-dire que l'accommodation se trouve relâchée et que nous ne fixons aucun point d'une façon précise, les objets extérieurs se peignent sur notre rétine sans éveiller de sensation bien nette, nous ne les distinguons pas; mais au moindre effort de la volonté la perception visuelle se fait. Eh bien, il se passe quelque chose d'analogue quand deux images d'un éclat inégal se peignent sur nos rétines; nous pouvons éliminer la plus faible par un acte psychique, cérébral. « Nous ne saurions mieux comparer, dit Javal, la manière dont les strabiques négligent l'image d'un de leurs yeux, qu'à ce que nous faisons lorsque nous écoutons à volonté l'une ou l'autre de deux

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