HYPERTROPHIE PES PAROIS DES VAISSEAUX
PÉRI-ARTÉIUTE.
Cette affection consiste en un épaississement de la membrane adventice des vaisseaux, c'est-à-dire du tissu cellulaire qui les entoure.
On sait qu'à l'état physiologique les artères présentent un double contour foncé, limitant une raie brillante placée au milieu; les veines, au contraire, ont une coloration rouge foncé uniforme. Quand les parois artérielles s'épaississent, le double contour s'accentue et forme deux lignes blanchâtres, au milieu desquelles on n'aperçoit plus qu'un petit filet rouge. A un degré plus avancé, l'artère présente l'aspect d'une traînée blanchâtre, sur laquelle on distingue à peine une mince ligne rougeàtre; il est assez difficile de savoir, par l'examen ophthalmoscopique ordinaire, si la circulation se fait encore dans le vaisseau ou s'il est complètement oblitéré.
Liebreich a indiqué un moyen de trancher la question : il a conseillé de projeter obliquement dans l'œil un faisceau lumineux
intense de façon à éclairer la portion de rétine adjacente au vaisseau. Dans ces conditions, une partie de la lumière incidente, réfléchie par le fond de l'œil, traverse le vaisseau, l'éclairé par transparence et permet de voir s'il renferme encore une certaine quantité de sang. Pour constater l'existence de la circulation dans les vaisseaux de la réline, de Graîfe conprime avec le doigt le globe oculaire, de façon à provoquer l'apparition du pouls artériel. Si, en procédant ainsi, les artères pâlissent, si on voit le sang pénétrer par saccades dans l'artère comprimée, c'est une preuve évidente qu'elle est encore perméable.
L'hypertrophie de leurs parois permet quelquefois de distinguer dans les régions équatoriales, sous forme de petites traînées blanchâtres, de fines ramifications artérielles invisibles à l'état normal. Ce signe est des plus importants ; il distingue l'hypertrophie péri-vasculaire de l'atrophie des rameaux secondaires succédant à l'oblitération des troncs principaux par une embolie de l'artère centrale delà rétine, par exemple. Dans ce dernier cas, en effet, loin de pouvoir suivre les vaisseaux plus loin qu'à l'état normal, on ne distingue plus que quelques filaments blanchâtres, qui disparaissent bientôt à une faible distance de la papille; au delà, il est impossible d'apercevoir leurs branches terminales exsangues et atrophiées.
Les causes de la péri-artérite sont très obscures. On a voulu la rattacher à la diathèse rhumatismale; mais peut-être n'y avait-il qu'une simple coïncidence dans les quelques cas rapportés à l'appui de cette opinion. Les vieillards, dont le système vasculaire tout entier présente parfois des altérations marquées, dont les artères, devenues rigides, ont subi la dégénérescence athéromateuse, y sont plus prédisposés. Presque toutes les variétés de rétmitc peuvent, du reste, quand elles deviennent chroniques, donner naissance à une inflammation des vaisseaux se terminant par la transformation fibreuse de leurs parois et leur oblitération.
ISCHÉMIE DE LA HÉTINE.
Dans le huitième volume des Archiv fur Ophthalmologie, Alired Grœfe (|) a rapporté une intéressante observation qu'il considère comme un exemple d'ischémie rétinienne. Il s'agissait d'un
(1) Archiv fur Ophthalm., t. VIII, 1" partie, p. U3.