‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 36 sur 181 · W M A LA DIKS DB LA H L'UNE · texte numérisé non relu

W M A LA DIKS DB LA H L'UNE

enfant do cinq ans el demi qui, du jour au lendemain, devint complètement aveugle. A l'ophlhalmu.sr.ope, les al tères de la papille étaient filiformes, les veines dilatées, tortueuses, engorgées par places d'une façon irrégulière ; sauf une légère suflusion qui voilait ses contours, la papille ne présentait rien d'anormal. L'enfant paraissait très affaibli, le pouls était petit el battait 100 pulsations par minute. Alfred Gr;efe supposa qu'en raison de la faiblesse des contractions cardiaques, le sang ne pouvait vaincre la pression intra-oculaire et pénétrer dans l'œil; il pratiqua une double irideclomie, el la vision se rétablit en peu de temps.

Depuis cette -époque, quelques autres cas, ayant une certaine analogie avec le précédent, furent publiés par divers ophtalmologistes et reçurent la même interprétation. Pourtant tous les cliniciens ne l'acceptèrent pas sans réserve. Ainsi de Gruife n'admet pas qu'il s'agissait d'ischémie rétinienne chez le malade d'Alfred Grœfe; il «roit plutôt à une inflammation rétro-bulbaire du nerf (névrite rétro-bulbaire). A l'appui de son opinion, il fait remarquer que, dans la véritable ischémie de la rétine, celle qu'on observe à la période asphyxique du choléra, la vision reste intacle, alors même que les artères sonl devenues filiformes; de môme les états d'anémie les plus prononcés n'agissent qu'exceptionnellement sur la réline au point d'entraver son fonctionnement.

Aujourd'hui, les recherches anatomiques de Schwalbe, les expériences de Magnus nous permettent d'affirmer que bien des troubles attribués à des ischémies de la rétine étaient dus à des épanehements de sang ou de tout autre liquide dans l'espace vaginal des nerfs optiques. La compression subie dans ce cas parle nerf explique l'abolition soudaine de ses fonctions et l'aspect filiforme que prennent les artères de la papille.

Les travaux de l'École de la Salpôtrière ont montré que chez les hystériques on rencontre, en môme temps qu'une hémi-aneslhésie plus ou moins accusée, une amblyopie du côlé correspondant. Peut-être bien des cas considérés comme des exemples d'ischémie rétinienne étaient-ils de nature hystérique. A l'avenir, toutes les fois qu'on se trouvera en présence d'une amblyopie unilatérale en apparence inexplicable, il faudra rechercher avec soin l'état de la sensibilité du même côlé et voir, si sous l'influence d'applications métalliques ou d'aimant, le phénomène du transfert ne se produit pas.

L'ischémie de la papille existe pourtant dans certaines conditions : par exemple, lorsque l'affaiblissement des contractions du cœur détermine une syncope, l'obnubilalion du champ visuel,

qui se produit au ^^^^^1 ^•uuef^ip^e de la i^ne. Par

" o"*^ U. foncée, qui permet de suivre .eurs plus nues ramifications; en même temps la stase sanguine dans

Jcln desvaisseau*'de .a papi.le qui se :Prod» t au de l'aura énilentique. Ce spasme concorderait avec celui qui, d après

de l'attaque. Les observations de Jackson ne doivent être accep ts qù'a'vec réserve, car on sait toutes les difEcuUé *=sente l'examen du fond de l'œil chez les ép.lepliques, et, d a>Ueurs r.en n'est moins démontré que le spasme des vaisseaux du cerveau au moment de l'attaque comitiale : Brown-Séquard lm-meme a aban-

donné celte théorie. cnL, -p

La maladie décrite par Maurice Raynaud sous le nom d asphyxie locale des extrémités, et qui dépend, comme on sait, d un trouble profond de l'innervation vaso-motrice s'accompagne parfois de troubles visuels; d'après Galezowski, ils seraient dus aussi à une contraction spasmodique des artères de la papille.

On a voulu expliquer encore par une contracture momentanée des vaisseaux de la papille, par une ischémie rétinienne de quelques instants, l'abolition passagère et plus ou moins complète de la vision dont se plaignent parfois certains malades. Nous croyons, quant à nous, qu'il s'agit le plus souvent, en pareil cas, de véritables attaques glaacomateuses, et que l'ischémie rétinienne est le résultat d'un excès momentané de la tension intra-oculaire et non d'une contraction propre des vaisseaux. Souvent, en effet, nous avons eu l'occasion de voir disparaître ces accidents sous 1 influence du sulfate de quinine; quand ils se renouvelaient avec une insistance et une périodicité fâcheuse, l'iridectomie devenait nécessaire et mettait lin aux récidives.

(1) Archiv fur Ophthalm., t. XII, 2° partie, p. 209.

(?) Ophthalmic Hospital Reports, t. IV, 1" fasc, p. 15.

MALADIES DE I.A HÉT1NK.

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