‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 57 sur 181 · OPACITÉS DU COIU'S VITRÉ · texte numérisé non relu

OPACITÉS DU COIU'S VITRÉ

des becs de gaz par un temps brumeux ; le phénomène qui modifie la teinte du fond de l'œil est du même ordre. 11 importe de savoir distinguer ce voile nuageux occasionné par de fines opacités du corps vitré, des troubles diffus localisés dans la papille ou la rétine par suite d'une infiltration pathologique de ces organes, dans la névrite, larétinite, etc. Pour établir ce diagnostic différentiel, on explorera avec soin les parties équaloriales de l'œil. S'agit-il d'une infiltration péri-papillaire, les vaisseaux rétiniens recouvreront leur netteté aux abords de la zone ciliaire ; a-t-on affaire, au contraire, à un trouble du corps vitré, les vaisseaux seront vus presque aussi confusément dans les régions périphériques qu'au voisinage de la papille.

Dans les formes graves de choroïdite, le nombre et le volume des corps flottants augmentent tellement qu'il est quelquefois impossible d'apercevoir la moindre lueur rougeâtre du fond de l'œil. Vue ài'ophthalmoscope, la pupille prend alors une couleur noire qui pourrait en imposer pour une cataracte. Mais l'examen à l'éclairage oblique lèvera aisément nos doutes ; si le cristallin est transparent, les trois images de Purkinje seront parfaitement distinctes et le trouble des milieux devra être' alors nécessairement attribué aux opacités du corps vitré. Quelquefois celles-ci, au lieu de rester floconneuses, deviennent membraneuses ; elles sont alors comparables à des toiles d'araignée, et commes elles contractent des adhérences entre elles et avec les parties voisines, elles ne se déplacent que très lentement pendant les mouvements du globe oculaire.

Des épanchements sanguins, soit spontanés, soit traumatiques, peuvent aussi déterminer l'apparition de corps flottants dans le corps vitré. Ceux-ci proviennent alors et du reliquat de l'extravasation sanguine et du trouble nutritif résultant de la dilacération des milieux de l'œil. En général les opacités de cette nature disparaissent spontanément, et dès que l'exploration des membranes profondes est redevenue possible, on aperçoit quelque part à la surface de la choroïde ou de la rétine, les lésions vasculaires qui ont donné naissance à l'hémorrhagie.

Les altérations du corps vitré dépendent, dans l'immense majorité des cas, de troubles nutritifs survenus dans letractus uvéal, qui contribuent dans une large mesure à la nutrition de ce milieu. Est-il possible qu'elles puissent se produire aussi spontanément, indépendamment de tout état morbide concomitant de la choroïde? L'observation clinique répond à cette question d'une manière affirmative. Certaines maladies de la rétine seule peuvent

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