‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 59 sur 181 · RAMOLLISSEMENT DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

RAMOLLISSEMENT DU CORPS VITRÉ

vitré se détache des membranes sous-jacentes, el l'espace perméable ainsi produit est comblé par un liquide séreux dans lequel flottent les opacités apparentes à l'ophthalmoscope ; quant au corps vitré lui-môme, il subit autour une sorte de tassement, un commencement d'organisation surtout marqué dans le voisinage de la surface décollée, et c'est à la suite de cette lésion que se produit le décollement de la rétine.

Schwalbe et Pagenstecher ont démontré que des lésions analogues se produisent quelquefois dans le segment antérieur de l'œil. Ainsi, dans la scléro-choroïdite antérieure, dans l'hydrophthalmie et les diverses affections qui intéressent la région ciliaire et aboutissent à son ectasie, il peut survenir une hypersécrétion d'un liquide séreux qui refoule le corps vitré et s'interpose entre ce milieu et la face postérieure du cristallin.

Jadis, le tremblement de l'iris était considéré comme un signe pathognomonique du ramollissementducorps vitré. Ce symptôme, qu'on observe d'ordinaire dans les luxations complètes ou incomplètes du cristallin, peut tenir uniquement à la production d'un exsudât séreux au-devant des couches antérieures de l'humeur vitrée, et il ne nous renseigne nullement sur l'état de ce milieu lui-même. On attachait aussi une grande importance à la consistance du globe oculaire, mais des recherches récentes ont démontré que dans ces cas de phthisie commençante de l'œil, dépendant d'une irido-choroïdite chronique, il y a plutôt décollement du corps vitré accompagné de décollement rétinien; quant à la trame du corps vitré, elle paraît au contraire condensée.

En somme, un seul signe clinique permettrait d'apprécier le degré de liquéfaction du corps vitré : ce serait la facilité avec laquelle les opacités renfermées dans ce milieu se déplacent pendant les mouvements de l'œil. Pour se rendre compte de la mobilité des corps flottants, il faut se mettre très près de l'ouverture pupillaire et se servir du miroir seul; le malade étant invité à regarder alternativement en haut et en bas, on aperçoit sur le fond rouge de l'œil ces petits corpuscules noirâtres se déplaçant et voltigeant avec une facilité d'autant plus grande que le milieu clans lequel ils se trouvent est plus ramolli. Si l'on veut faire un diagnostic précis, cet examen exige une grande attention, d faut en effet s'assurer, avec l'ophthalmoscope, que les opacités mobiles occupent le centre môme du globe oculaire et non pas seulement les couches profondes ou superficielles, sans cela on court le risque de se méprendre et de croire a un ramollissement

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