‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 77 sur 181 · AMBLY0PIE8 ET AMAUROSES · texte numérisé non relu

AMBLY0PIE8 ET AMAUROSES

sans raison, par caprice, par fantaisie ; chez les écoliers, la cause est facile à trouver : il s'agit le plus souvent d'un peu de paresse et d'éviter d'aller à l'école.

Généralement, les individus qui simulent se plaignent de troubles de la vue de l'un des deux yeux seulement et n'accusent qu'une diminution plus ou moins considérable delà vision et non une cécité absolue. Si par hasard ils voulaient faire croire à une amaurose complète, il suffirait de projeter subitement sur l'œil prétendu malade un faisceau lumineux pour s'assurer de la simulation. En effet, dans le cas d'amaurose complète, l'iris ne doit pas réagir -sous l'influence de la lumière, tandis que la pupille se contracte encore quand il reste de la perception lumineuse. Il faut avoir bien soin, dans cet examen, de fermer l'œil sain et d'éviter qu'il soit impressionné par les rayons lumineux, car il y a simultanéité d'action entre les deux iris, et sans celte précaution on seraiL induit en erreur.

Il pourrait se faire que le malade, pour mieux tromper le médecin, ait instillé dans son œil quelques gouttes d'atropine, dont l'action empêcherait la contraction des libres circulaires de l'iris; mais il existe dans ce cas deux caractères qui permettront encore de découvrir la fraude. D'abord, si l'on a affaire à une mydriase provoquée par l'atropine, comme cette substance a la propriété non seulement de paralyser les fibres circulaires, mais d'exciter aussi les fibres radiées de l'iris, les dimensions de l'ouverture pupillaire seront beaucoup plus considérables que si la paralysie est sous la dépendance d'un état pathologique. En second lieu, en projetant de la lumière sur l'œil sain, la pupille du côté malade restera immobile, ce qui n'aurait pas lieu si la mydriase était la conséquence du défaut de sensibilité de la rétine.

Il est un procédé très simple qui permet de démasquer rapidement la simulation de l'amaurose monoculaire. Après avoir examiné le sujet à l'ophthalmoscope et s'être assuré que l'œil prétendu malade ne présente aucune lésion, on place devant l'œil sain un prisme de 10 degrés, dont la base est tournée en haut ou en bas. Si l'autre œil est réellement amaurotique, l'image de l'objet fixé, malgré l'interposition du prisme, est simple; mais si l'amaurose est simulée, il se produit deux images que le sujet examiné indique nettement, car il les attribue à l'action du prisme sur l'œil sain. En se servant comme objet de fixation de caractères de différents grandeurs, on arrivera aisément, si la faiblesse de la vision existe réellement, à en déterminer le degré.

Si la simulation ne porte que sur un seul œil, elle sera toujours

facilement mise en évidence au moyen des appareils suivants. Celui qui est représenté figure 45, et qui a été inventé par Fies, consiste en une boîte percée de deux trous sur l'une de ses faces

et contenant deux miroirs

inclinés de telle sorte que l'œil placé en face du trou gauche voit un objet placé à droite et réciproquement.

En haut, la boîte est fermée par un verre dépoli qui laisse pénétrer la lumière tout en empêchant de voir à l'intérieur. On place dans les angles G, G' deux objets différents quelconques et l'on fait regarder l'individu à l'intérieur de la boîte à travers les deux ouvertures pratiquées à la paroi TT".

L'image de l'objet C réfléchie sur la glace M' sera vue par l'œil gauche D; tandis que l'image de l'objet G' sera vue par l'œil droit . Or, l'individu qui simule, supposant que l'image F de l'objet G, vue à droite, doit être aperçue par l'œil droit, qu'il prétend être amaurotique, déclare ne voir que l'image G, située à sa gauche, c'est-à-dire celle qui est vue par cet œil soi-disant perdu.

Le stéréoscope peut aussi servir à dévoiler la simulation. Il a l'avantage de donner en même temps la mesure de l'acuité visuelle. On fait regarder à l'individu supposé amaurotique un carton de stéréoscope composé comme le montre la figure 46; s'il possède la vision binoculaire, il verra les deux lettres placées l'une au-dessus de l'autre comme dans la figure 47.

Si au contraire il ne voit que de l'œil gauche ou de l'œil droit, il n'apercevra que la lettre A ou la lettre B. Dans le cas même où le simulateur aurait connaissance de cette expérience, il ne pour-

Fig. 45.

HO A.MULYOPIE Kl A M AU ROSES.

rait toujours deviner quelle est la position réelle des deux lettres et donnerait infailliblement, après quelques épreuves, des réponses contradictoires.

De plus, en diminuant progressivement la grosseur des caractères inscrits sur le carton, on arrivera à mesurer l'acuité visuelle.

Pour déjouer la simulation, Snellen a proposé de se servir de tableaux semblables a ceux qui servent à déterminer l'acuité vi-

Fis. t7.

suelle, mais dont les caractères sont en couleur sur un fond noir. Imaginons par exemple un tableau dont les lettres soient rouges sur fond noir, et supposons qu'une personne prétende ne pas voir de son œil gaucbe.

On lui fait fixer le tableau, et on place devant son œil droit un verre vert .* la couleur rouge étant éteinte en traversant le verre vert, la vision des caractères n'est plus possible avec l'œil droit. Si donc le sujet examiné les distingue encore ce ne peut être qu'avec l'œil gaucbe, prétendu amaurotique ; en outre la grandeur des caractères déchiffrés permettra d'apprécier l'acuïté visuelle de cet œil.

On pourrait se servir également de caractères verts sur fond noir mais alors le verre placé devant l'œil normal devrait être rouge.

L'OEIL ENVISAGÉ COMME INSTRUMENT D'OPTIQUE. — ACCOMMODATION. — OEIL SCIIÉ MATIQUE DE LISTING, D'HELMHOLTZ. — OEIL RÉDUIT. — THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DES LENTILLES. — DES LUNETTES. — AMPLITUDE D'ACCOMMODATION.

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