‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 84 sur 181 · DES DIFFÉRENTS DEGRÉS D'HYPERMÉTROPIE · texte numérisé non relu

DES DIFFÉRENTS DEGRÉS D'HYPERMÉTROPIE

L'hypermétropie se présente à des degrés divers, qu'il est très important de pouvoir apprécier exactement dans la pratique. D'après ce qui précède, il est évident que pour un œil hypermétrope,la visonnetteà l'infini, sans accommodation, est impossible : l'image des objets éloignés sera toujours confuse sur la rétine, puisqu'elle y est représentée par des cercles de diffusion.

Pour obtenir la netteté delavision, il faut que l'écran soit porté en arrière, au foyer principal, ou bien que le pouvoir réfringent des milieux transparents soit augmenté. La première condition ne saurait être réalisée : la longueur de l'axe antéro-postérieur et par conséquent la position de la rétine sur cet axe restent invariables. La réfringence du système dioptrique peut, au contraire, subir des modifications importantes : ou, ce qui conduit au même résultat définitif, on peut faire que les rayons, au lieu d'arriver à l'œil, parallèles, tombent sur la cornée avec un certain degré de convergence suffisant pour que, après avoir été réfractés, ils se réunissent sur la rétine.

Plus prononcée sera l'hypermétropie, plus prononcée aussi devra être la convergence des rayons tombant sur la cornée. On peut donc considérer ce degré de convergence comme proportionnel à l'hypermétropie, et, si nous pouvons le mesurer, nous aurons une détermination du degré de l'hypermétropie.

Prenons quelques exemples. Dans la figure 69, les rayons AB, CD tombent sur la cornée avec un certain degré d'incidence, grâce auquel ils peuvent, après réfraction, se réunir sur la rétine.

310 II Y I* K II M fi T ft 0 P I fi.

Ces rayons, prolongés suivant leur direction primitive, vont couper l'axe antéro-postérieur de l'œil à 0m,50 en arrière du centre optique en P. Sauf une très légère différence, la convergence que possèdent ces rayons au moment où ils pénètrent dans I'ûbU équivaut à celle que donnerait à des rayons parallèles une lentille convergente de 0m,50 de foyer. Voilà la mensuration de l'incidence des rayons; n'est-il pas clair que c'est aussi la détermination du degré de l'hypermétropie? Si, pour faire image sur la

Fi£. 69.

rétine, les rayons doivent tomber sur la cornée ayant subi déjà la réfraction d'une lentille de 0ra,50 de foyer, c'est évidemment que le pouvoir réfringent du système dioptrique est trop faible d'une quantité représentée par le pouvoir réfringent d'une lentille de 0m,50 de foyer.

Autre exemple : des rayons convergents pénètrent dans un œil ; pour qu'ils se réunissent sur la rétine, il faut que, prolongés suivant leur direction primitive, ils aillent couper l'axe à 0-.20 en arrière du centre optique. Dans ce cas, l'hypermétropie sera compensée par une lentille convexe de 0"',20 de foyer.

Nouspossédpns donc un moyen très simple de rendre distincte la vision confuse de l'hypermétrope. Il suffi* de placer devant son œil une lentille biconvexe donnant aux rayons parallèles la convergence nécessaire pourque, après avoirsubi la réfraction des milieux transparents, ils aillent se réunir sur 1 écran rétinien Ainsi, dans le premier exemple cité, une lentille biconvexe de 0 50 de foyer, et, dans le second, une lentille du même genre d 0»,20, rempliront parfaitement les conditions indiquées

Réciproquement, l'usage des lentilles biconvexes conduit à détermination des degrés de Hypermétropie, Si un wl*Ol distinctement à l'infini avec une lentille f^d^JV de foyer, cela prouve que, pour se réunir sur la rétine, les ra>ons

DE L'OEIL HYPERMÉTROPE. 311

qui pénètrent dans cet œil doivent converger vers un point situé àOm,50 de son centre optique; cet œil est donc atteint d'une hypermétropie égale à * Q , c'est-à-dire qu'il a besoin pour voir nettement d'être muni d'une lentille convergente de 0m,50 de foyer dont la puissance réfringente - m 5q est le double d'une

dioptrie, représentée par — . Cet œil est donc atteint d'une hypermétropie égale à 2 dioptries. Voici comment on procédera dans la pratique.

Le sujet à examiner est placé à 5 mètres de l'échelle de Snellen. A cette distance, tout œil emmétrope dont l'acuité visuelle est intacte, lit distinctement les caractères de la dernière ligne. L'accommodation étant paralysée par l'atropine (1), il s'agit d'examiner le système dioptrique à Y état statique. Le sujet cherche à distinguer les caractères de l'échelle. La vision reste confuse. C'est une preuve que l'œil possède quelque anomalie de réfraction. Devant cet œil nous plaçons alors successivement la série des verres convexes en commençant par les plus faibles : par exemple, ceux de 0,75, 0,50, 0,25 dioptries, etc. A. un moment donné, la vision, qui s'est améliorée progressivement, cesse d'être confuse et le malade lit distinctement les caractères de l'échelle, comme si son œil était réellement emmétrope. Le verre qui donne ce maximum d'acuité visuelle mesure le défaut de réfraction du système dioptrique; en d'autres termes, le numéro de ce verre indique le degré de l'hypermétropie.

Pour un degré déterminé d'hypermétropie, un seul verre est capable de fournir le maximum d'amélioration de la vision. Un verre trop faible ne compense pas suffisamment le défaut de réfringence des milieux transparents : les rayons incidents se réunissent encore en arrière de la rétine et ce sont des cercles de diffusion qui se peignent sur cette membrane. Inversement, le verre est-il trop fort, les rayons pénètrent dans l'œil avec une convergence exagérée; ils se réunissent au-devant de la rétine, qui ne reçoit encore que des cercles de diffusion : l'œil se trouve dans les conditions d'un œil myope. Donc, toute lentille biconvexe qui rendra distincte la vision confuse d'un œil hypermétrope mesurera, et mesurera seule, le degré d'hypermétropie de cet œil.

. (1) Pratiquement ou n'a recours aux instillations d'atropine que lorsqu'on a besoin d'une exactitude absolument rigoureuse, ou qu'on soupçonne un fort degré d'hypermétropie latente.

3la II YI'EHMÊTHOIME.

Nous Terons remarquer que, dans l'œil emmétrope, le point le plus éloigné de la vision distincte (punclum remotum) e^t à l'infini. Chez l'hypermétrope, il se trouve en arrière de l'œil. C'est le point où les rayons doivent couper l'axe pour qu'après réfraction ils forment foyer sur la rétine. Sa distance au centre optique correspond donc à la longueur focale de la lentille capable de faire converger vers ce point les rayons parallèles à l'axe optique, lentille qui donne précisément le degré de l'hypermétropie.

Inversement, il est évident que si l'on connaît la posilion de ce punctum remotum, on connaîtra le degré de H.

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