‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 87 sur 181 · HYI'KKMÊTItOI'IE · texte numérisé non relu

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nouvelle interruption. Lorsque le repos est prolongé, après le dimanche, par exemple, il se produit une amélioration sensible, mais elle est de courte durée, et les accidents ne tardent pas à apparaître.

Les personnes atteintes d'asthénopic veulent-elles s'obstiner à travailler, elles éprouvent bientôt une sensation de fatigue fort pénible; persistent-elles quand même, de véritables douleurs oculaires et péri-orbilaires les forcent malgré tout à suspendre leurs occupations. Souvent, à la suite de ces efforts, faits dans le but de vaincre et de surmonter la fatigue visuelle, l'œil s'injecte, devient ronge, larmoyant, sensible à la lumière, et Pophthalmoscope révèle l'existence d'une hyperémie de la papille. Chose remarquable et tout à fait caractéristique de l'aslhénopie accommodative : la fatigue, la douleur disparaissent spontanément el la vision reprend sa netteté dès que les yeux cessent de fixer des objets rapprochés.

La connaissance exacte de la structure de l'œil hypermétrope nous rend compte de la cause intime qui engendre l'aslhénopie aecommodative. Chez l'hypermétrope, l'axe anléro-poslérieur de l'œil est trop court; aussi, pour que les rayons lumineux se réunissent sur la rétine, l'effort d'accommodation doit-il être considérable; à la longue, le muscle ciliaire n'est plus en mesure de fournir la quantité de travail nécessaire pour maintenir la courbure voulue du cristallin, et c'est à ce moment que la vision devient confuse; la fatigue et les douleurs apparaissent plus tard., parce que, pour remédier à cet état, le muscle ciliaire se contracte outre mesure.

Il est clair que l'asthénopie aecommodative doit se présenter de préférence dans les forts degrés d'hypermétropie. Pourtant, les degrés les plus élevés font quelquefois exception à cette règle. Nous avons vu, en effet, qu'en pareil cas l'œil hypermétrope, ayant un certain avantage à rapprocher les objets pour les voir sous un plus grand angle, s'habitue aux cercles de diffusion et ne cherche pas à faire des efforts exagérés d'accommodation.

Du reste, l'asthénopie aecommodative dépend aussi de l'élasticité du cristallin et de la puissance du muscle ciliaire, de telle sorte qu'avec un môme degré d'hypermétropie on l'observera chez tel individu, alors qu'elle fera défaut chez tel autre. Rare chez les enfants, elle ne se manifeste guère avant dix-huit à vingt ans ; la raison est en simple : chez les enfants, le cristallin, possédant une souplesse, une élasticité parfaites, sa forme se modifie à la moindre contraction du muscle ciliaire; mais, à mesure que l'on

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avance en âge et que la sclérose envahit les fibres cristalliniennes, celles-ci perdent une partie de leur élasticité, et dès lors, toutes choses égales d'ailleurs, la contraction du muscle ciliaire doit être plus énergique pour obtenir le môme effet.

L'aslhénopie des hypermétropes pourrait ôtre confondue avec l'asthénopie musculaire, symptomatique de l'insuffisance des muscles droits internes qu'on observe parfois dans les degrés élevés de myopie. Sans vouloir insister ici sur les signes différentiels qui séparent nettement ces deux formes d'asthénopie, étude clinique qui trouvera sa place à propos des complications de la myopie, nous nous contenterons de faire observer que la simple recherche de l'état de la réfraction permettra d'éviter toute confusion, l'asthénopie accommodative appartenant exclusivement à l 'hypermétropie et l'asthénopie musculaire presque toujours à la myopie.

Le traitement de l'asthénopie accommodative découle naturellement de ce qui précède. Jadis on se sentait désarmé en présence de ces troubles singuliers de la vision d'origine énigmatique, contre lesquels on prescrivait un peu à tort et à travers, tantôt le repos absolu, tantôt des exercices répétés; les uns recommandant un traitement antiphlogistique, les autres, au contraire, un régime tonique reconstituant, etc. Aujourd'hui, il est clair qu'il suffit de déterminer le degré de l'hypermétropie et de corriger cette anomalie en se conformant aux préceptes qui seront formulés plus loin, pour que la fonction visuelle revienne à l'état normal. Quelquefois cependant, lorsque les accidents persistent déjà depuis quelque temps, les contractions trop répétées et trop prolongées du muscle ciliaire déterminent un véritable spasme, et pour que l'accommodation reprenne son jeu régulier, il est nécessaire de paralyser complètement, pendant quelques jours, ie muscle ciliaire au moyen d'instillations répétées d'une solution concentrée d'atropine, 10 centigrammes pour 10 grammes.

TROUBLES VISUELS NEIWEU\ SIMULANT L'ASTHÉNOPIE ACCOMMODATIVE.

L'importante découverte, due surtout a Donders, de la relation qui existe entre l'asthénopie accommodative et l'hypermétropie fut accueillie par tous les ophthalmologistes avec une faveur méritée. On crut dès lors connaître définitivement la cause de tous ces troubles fonctionnels bizarres, sans lésion et sans amblyopie, qu'on rencontre à chaque instant dans la pratique ophtalmologique. Aussi, dans ces derniers temps, chaque fois qu'un malade, abadie. Mal. des yeux, 2° édit. Ui y

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possédant une acuité normale, cl n'ayant aucune altération du fond de l'œil, se plaignait de troubles de la vision de près, le diagnostic d'hypermétropie, qualifiée de: latente quand elle échappait ;\ nos moyens d'investigation, était porté aussitôt et on te contentait de prescrire des verres convexes.

Depuis quelque temps déjà j'avais constaté à plusieurs reprises, et chez les femmes en particulier, des symptômes oculaires ayant quelque analogie avec ceux de l'aslhénopie accommodalive et pour lesquels les verres convexes n'avaient procuré aucun soulagement. Fœrsler, qui de son côté s'est occupé du môme sujet, a montré que parfois ces troubles visuels réflexes avaient pour point de départ une inflammation chronique de l'utérus ou de ses annexes.

Les troubles fonctionnels en question que Fœrster désigne soun le nom de kopiopie hystérique, présentent bien une certaine ressemblance avec ceux qu'on observe dans l'aslhénopie accommodative, mais il existe entre ces deux états des différences essentielles. Dans l'astbénopie des hypermétropes le trouble de la vision pendant les efforts de l'accommodation est le symptôme fondamental, qui s'exagère ou disparaît complètement selon que le malade se livre à un travail assidu ou à un repos absolu. Les douleurs oculaires n'existent également que pendant l'acte de l'accommodation longtemps soutenu. Enfin l'examen de la réfraction, fait au moyen de l'atropine, si cela est nécessaire (hypermétropie latente), révèle une structure hypermétropique de l'œil.

Dans la kopiopie hystérique, tantôt la douleur se fait sentir autour du globe dans le sillon orbito-oculaire, tantôt dans le front, le maxillaire; elle est plutôt sourde, térébrante, que vive et lancinante; d'autres fois ce sont des picotements, des brûlures, la sensation de grains de sable, de corps étrangers retenus dans le cul-de-sac conjonctival.

Ces phénomènes douloureux sont sujets à des rémissions et à des rxacerbations; ces dernières se produisent le plus souvent quand les malades s'astreignent à des travaux minutieux, ou s'exposent à une vive lumière, enfin sous l'influence de toutes les causes susceptibles de déprimer le système nerveux, fatigue corporelle, émotions pénibles, etc.

Ce caractère irrégulier, essentiellement variable, des douleurs, les distingue nettement des névralgies du trijumeau, qui sont presque toujours périodiques, et dans lesquelles on retrouve de* points douloureux à la pression au niveau de l'émergence des rameaux de la cinquième paire. Dans la kopiopie hystérique on peut appuyer impunément sur les nerfs sus et sous-orb.taire sans

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augmenter la douleur ; de plus, jamais l'on n'y observe l'hyperémie de la conjonctive, l'hypersécrétion des larmes, le gonflement des paupières, qui accompagnent presque toujours les véritables douleurs névralgiques.

Incommodées, fatiguées par cet état morbide et l'insuccès des diverses médications qu'on leur impose, ces malades sont enclins à exagérer la gravité des symptômes et l'intensité des douleurs. Celles-ci en réalité supportables ne les mettent jamais dans l'impossibilité d'aller et venir etdevaqueràleursoccupalionshabituelles.

La sensibilité exagérée à la lumière ne fait presque jamais défaut dans la kopiopie hystérique. Cette hyperesthésie rétinienne, toujours plus marquée pour la lumière artificielle que pour la lumière solaire, présente des degrés variables. Presque insignifiante dans quelque cas, elle atteint d'autres fois des proportions telles qu'elle rend insupportable la présence d'une lampe allumée, ou le séjour dans un lieu bien éclairé.

La lecture, l'écriture, les travaux d'aiguille deviennent des plus pénibles, non pas que la vision soit confuse comme dans l'hypermétropie, mais parce que des douleurs ciliaires, orbitaires, frontales, apparaissent au bout de quelques instants et obligent à suspendre tout travail.

Une des particularités les plus caractéristiques de cette affection, ce sont les changements spontanés qu'elle présente. Il y a des jours où ces malades se trouvent tout à fait bien, supportant la lumière, lisant sans fatigue, n'éprouvant aucune douleur, tandis que le lendemain, sans cause appréciable en apparence, sans qu'ils soient astreints à faire usage de leurs yeux pour la vision de près, les mômes troubles recommencent et viennent les tourmenter de nouveau.

Malgré ces douleurs fréquentes, malgré la perturbation qui se produit par moments dans la vision de près et quelquefois même dans la vision éloignée, l'examen le plus attentif ne révèle aucun changement appréciable dans les parties extérieures de l'œil.

Le professeur Freund, collègue de Fœrster, chargé du service des femmes à l'hôpital de Breslau, ayant eu l'occasion de faire quelques autopsies de malades atteintes de celte affection, a trouvé constamment le tissu cellulaire péri-utérin altéré et présentant tous les caractères de l'inflammation chronique.

Il semble donc aujourd'hui hors de doute que ces troubles visuels sont en rapport avec un état morbide de l'utérus ou de ses annexes, et cette relation est même assez étroite, pour que leur présence permette de conclure avec certitude à une affection utérine.

J-* HYPKIlMÊTItOI'IK.

D'après Freund, le début du processus morbide est marqué par L'hypertrophie du tissu cellulaire qui entoure le col de l'utérus, hypertrophie suivie bientôt de la période de rétraction. Celte rétraction se propage de proche en proche au tissu cellulaire voisin, qui remplit le ligament large ; il en résulte des déviations, des adhérences anormales entre l'utérus ec les organes adjacente) vessie, rectum, des déplacements du ligament rond, de l'ovaire et de la trompe; les vaisseaux et nerfs utérins sont tiraillés.

Les désordres qui se produisent ainsi dans les organes que renferme la cavité pelvienne se manifestent par des troubles de la menstruation; les règles sont proruses et irrégulières, il existe aussi habituellement des troubles de la miction, de la constipation. En explorant les culs-de-sac du vagin, on sent quelquefois des brides fibreuses, douloureuses au toucher; on constate des déviations ou des inflexions de l'utérus, et dans certains cas tous les signes de la mélrite chronique, ulcérations du col, catarrhe ulérin, elc.

En même temps, surviennent des phénomènes nerveux réflexes de plusieurs ordres, qui se traduisent par de l'anesthésie, de l'hyperesthésie, des troubles de la motilité, de la contracture; d'autres fois, par des phénomènes cérébraux, névralgies du trijumeau, migraines et l'ensemble des symptômes que nous avons décrits du côté de l'appareil de la vision.

Nous nous sommes étendu longuement sur la kopiopie hystérique telle qu'elle a été décrite par Fœrster. Nous ferons remarquer qu'en raison de son étiologie particulière cette forme d'asthcnopie mériterait plutôt le nom de kopiopie d'origine utérine, puisqu'elle semble toujours liée à un état palhologique de l'utérus.

Dans ces dernières années j'ai observé ces mêmes troubles fonctionnels chez des femmes qui n'avaient aucune lésion de l'appareil utéro-ovarien, dont les règles étaient parfaitement régulières, mais qui présentaient presque toujours quelques signes de la diathèse hystérique, insensibilité de l'arrière-gorge, bcmianesthésie, crises nerveuses, etc.. C'est surtout à ces cas-là que conviendrait la qualification de kopiopie hystérique. Chez des femmes qui depuis plusieurs années avaient essayé en vain les traitements les plus divers, j'ai obtenu des succès remarquables par les applications métalliques et l'électricité statique.

Les métaux qui conviennent le mieux sont généralement le cuivre, ou le zinc associé au cuivre : on dispose sur le front trois rondelles qui sont maintenues en permanence pendant la nuit au moyen d'un bandeau compressif. On pourrait essayer également

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