CAUSES D'ERREURS DANS LA DÉTERMINATION DE LA MYOPIE
Dans la recherche de la myopie quelques causes d'erreurs sont à éviter. Il faut d'abord tenir compte de ce fait qu'un myope possédant une bonne accommodation voit encore aussi bien avec un verre plus fort que celui qui lui convient exactement. Ce verre trop fort, compensant au-delà l'excès de réfraction, rend, il est vrai, l'œil hypermétrope; mais il suffit d'un certain effort d'accommodation à cet œil ainsi modifié pour que sa vision redevienne nette. On aura donc toujours soin de choisir, comme donnant le degré de la myopie, le verre concave le plus faible, procurant le maximum d'acuité.
Les rayons parallèles réfractés par un verre concave paraissent provenir d'un point situé au-devant du verre et à une distance égale à sa distance focale. Ce point se trouve donc distant de l'œil d'une longueur égale à cette même distance focale, plus la distance du verre à l'œil. Ceci nous donne un moyen simple de savoir si le verre choisi est trop fort ou trop faible. L'éloigne-t-on de l'œil et la vision s'améliore-t-elle, cela prouve qu'il est trop fort. Inversement, si la vision devient plus confuse, cela indique qu'il est trop faible.
Dans certains cas les verres concaves faibles améliorent la vision sans qu'il y ait pourtant de myopie. C'est ce que nous observons par exemple chez les malades atteints d'opacités nuageuses de la cornée. Le rétrécissement de la pupille qui se produit alors pendant l'acte de l'accommodation devenue nécessaire pour compenser l'hypermétropie provoquée par l'interposition du verre concave, diminue la grandeur des cercles de diffusion et rend la vision plus nette. Pour que cette amélioration soit très sensible, l'opacité doit être placée de telle sorte qu'elle trouble surtout la vision quand la pupille est dilatée. Le verre concave diminuant indirectement l'ouverture pupillaire agit dans ce cas à la façon d'une lunette sténopéique.
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Une antre cause d'erreur sur laquelle nous aurons à revenir, c'est le spasme de l'accommodai ion, complication assez fréquente chez les myopes et qui contribue à augmenter sensiblement le degré de leur myopie. En présence d'une contracture du muscle ciliaire on instillera quelques gouttes d'atropine de façon à pars! lyser complètement l'accommodation, et les verres correcteurs qui conviendront alors seront beaucoup plus faibles que ceux qui avaient été choisis tout d'abord.
De môme, quelquefois, le degré de myopie déterminé en faisant fixera distance avec les deux yeux est un peu plus élevé qu'en excluant un œil. Cela tient à ce que certains myopes, atteints d'insuffisance musculaire des droits internes, sont obligés, pour amener les lignes visuelles à l'état de parallélisme dans la vision de loin de faire des efforts de convergence et par suite des efforts d'accommodation qui augmentent le degré de la myopie.