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DIAGNOSTIC DES DIFFÉRENTS DEGRÉS DE MYOPIE

Nous envisagerons d'abord la myopie à Vétat statique, c'est-àdire l'accommodation étant en repos. Quand, dans ces conditions, un myope regarde un point situé à l'infini, les rayons lumineux qui en émanent et qui traversent le cristallin vont se réunir en avant de la rétine, tandis que leurs prolongements forment sur cette membrane un cercle de diffusion; le point fixé ne peut donc être vu nettement.

Plus l'axe antéro-postérieur de l'œil sera allongé, plus la rétine sera éloignée du foyer principal, plus seront grands les cercles de diffusion, et, par suite, plus la vision sera confuse à distance.

La myopie peut donc présenter différents degrés. Si la rétine est très près du foyer principal, les rayons lumineux venant de l'infini se réuniront suivant un petit cercle de diffusion et la vision de loin sera presque distincte. Ces myopies d'un faible degré ont été longtemps méconnues, on ne considérait jadis comme myopes que les individus dont la vision nette ne s'étendait qu'à une très faible distance.

Par le fait de sa conformation spéciale l'œil myope ne peut distinguer nettement les objets situés à l'infini, mais à mesure que ceux-ci se rapprochent, les rayons lumineux qu'ils envoient, devenant de plus en plus divergents, vont se réunir de plus en plus loin en arrière du centre optique de l'œil, et il arrive un moment où ils forment foyer sur la rétine : dès lors ces objets sont vus distinctement. La distance à laquelle la vision devieu! nette indique précisément le degré de la myopie.

Supposons une myopie de 0m,50, cela veut dire qu'un tel œil ne commence à distinguer les objets que quand ils sont à la distance de 0m,50 ; or si devant cet œil on place une lentille con-

cave de 0m,50 de foyer dont la puissance réfringente

égale 2 D. (fig. 71), les rayons parallèles à l'axe qui se seraient réunis en P en avant de la rétine, étant réfractés par la lentille divergeront comme s'ils venaient de son foyer principal virtuel, c'est-à-dire de 0m,50 en avant de l'œil, et leur image se fera enP,. Avec une lentille de cette force le myope pourra donc réunir sur sa rétine les rayons venant de l'infini. Il les verra comme s'ils venaient d'une distance de 0m,50. Un simple regard jeté sur la figure 71 nous montre que réciproquement, si un verre concave Abadie. Mal. des yeux, 2° édit. n. «2

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de 0m,50 do foyer mis devant un œil lui permet de voir nettement à

l'infini, cela indique précisément que la myopie est de L

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c'est-à-dire de 2 dioptries.

Comment procède -t-on dans la pratique pour corriger la myopie et connaître son degré? On y arrive par tâtonnements, ei3 essayant successivement la série des verres concaves en commençant par les plus faibles. Le malade est placé à 5 mètres devant l'échelle deSnellen, sa vision plus ou moins confuse le rend incaJ pable d'en déchiffrer les dernières lignes. On essaye les verre* faibles de la boîte, les convexes augmentent le trouble de la vi-| sion, les concaves au contraire l'améliorent; c'est une preuve que l'œil est myope. On passe alors successivement à des verres de

plus en plus forts jusqu'à ce que l'acuité visuelle atteigne son maximum; le verre concave le plus faible qui amène ce résultat corrige complètement la myopie et indique son degré.

Le degré de myopie peut encore être déterminé approximativement en cherchant la distance du punctum remotmn. Dans ce but le myope est invité à Dxer un objet de petite dimension (par exemple les fins caractères du livre de Snellen), tenu tout d'abord assez loin et rapproché ensuite peu à peu jusqu'à ce qu'il soit vu nettement. La distance à laquelle l'objet se trouve à ce moment nous donne approximativement le degré de la myopie. Si le punctum remotum est à 0m,20, le degré de myopie est -q^q c'est-àdire de 5 D. Ce procédé exfrûmement simple peut être employé en premier lieu, il nous fournit des renseignements utiles sur la force des verres correcteurs qui doivent convenir. Si la vision ne devient nette qu'àOm,20, au lieu de commencer l'essai des verres concaves par les plus faibles, on commencera tout d'abord par le numéro 3 et 4 D. et on augmentera progressivement comme précédemment.

DE L'OEIL MYOPE. 339 La myopie peut présenter tous les degrés, depuis les plus légers, dont le sujet n'a pas même conscience, tant le trouble de la vue est insignifiant, jusqu'aux plus forts, qui exigent des verres concaves 16 D. et au-dessus et dans lesquels la longueur de l'axe antéro-postérieur dépasse 0m,033. Généralement la myopie est considérée comme faible quand elle est au-dessous de 2 U. elle est moyenne de 2 à 6 D. elle devient forte au-delà de ce chiffre.

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