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ÉTIOLOGIE DE LA MYOPIE

réfraction n'a lieu qu'ultérieurement. Il est probable qu'au niveau du segment postérieur les enveloppes de l'œil n'ont pas leur épaisseur et leur résistance normales, et que, sous l'influence des causes occasionnelles diverses qui vont Être passées en revue, le globe oculaire se distend et l'axe antéro-postérieur s'allonge.

Quelques ophthalmologistes veulent admettre qu'en dehors même de toute prédisposition congénitale, l'acte répété de l'accommodation et delà convergence suffit à lui seul pour modifier la puissance réfringente de l'œil et l'augmenter. Mais comment expliquer, alors, que parmi un grand nombre d'individus soumis aux mêmes influences pernicieuses, c'est-à-dire à un travail exagéré, les uns deviennent myopes, tandis que les autres restent emmétropes ou même hypermétropes ?

L'observation journalière démontre d'une façon incontestable que la myopie est souvent héréditaire ; tantôt, et c'est le cas le plus fréquent, elle est transmise en ligne directe ; tantôt elle n'existe que dans les lignes collatérales; quelquefois enfin, une génération est épargnée et il faut remonter chez les grands-parents pour en retrouver des exemples.

Jseger a eu plusieurs fois l'occasion de voir, chez des nouveaunés, un staphylôme postérieur semblable à celui qui existait chez le père ou la mère.

Hasner a prétendu que la myopie épargnait quelquefois les aînés pour se transmettre plus volontiers aux enfants venus les derniers, mais cette affirmation n'a pas été confirmée par d'autres ophthalmologistes.

La myopie est donc le plus souvent un vice de réfraction d'origine congénitale; mais il n'en est pas moins vrai que le travail assidu, que la fixation constante d'objets trop rapprochés, exerce aussi une influence incontestable sur le développement de cette anomalie. Que d'individus seraient peut-être restés emmétropes, qui sont devenus myopes par suite d'une application trop continue! Ce point d'étiologie jadis hypothétique est aujourd'hui indiscutable, grâce aux laborieuses recherches entreprises récemment de divers côtés, dans cette direction.

Nous nous contenterons de rapporter ici les statistiques de F. Erismann, de Saint-Pétersbourg (1). Ce sont, croyons-nous les plus importantes qui aient été publiées sur ce sujet.

Elles portent sur le nombre considérable de 4 358 enfants, pris

(1) Recherches sur les yeux de 1358 écoliers, in Archiv fur Ophthalmologie et Annales d'oculistique, 1871.

dans sept écoles russes diverses et quatre écoles allemandes. Dans les premières, l'Age des sujets variait de dix à vingt et un ans; il était de huit à vingt ans dans les secondes. La détermination de la réfraction était faite par le procédé ordinaire, au moyen des tables de Snellen; pour chacun des enfants on notait l'âge, le nombre d'années d'étude, l'éclairage employé et le nombre total d'heures de travail.

Voici les principaux résultats obtenus :

Sur 4 358 sujets en tout, il y avait :

Myopes 1317 soit 30,2 p. 100

Emmétropes 1122 — 26 —

Hypermétropes 188'J — 43,3 —

Amblyopes 20 — 0,5 —

Sur 32GG garçons, on trouva :

Myopes 1017 soit 31.1 p. 100

Emmétropes 867 — 26,5 —

Hypermétropes 1369 — 42 —

Amblyopes 13 — 0,4 —

Sur 1092 filles :

Myopes 300 soit 27,5 p. 100

Emmétropes 265 — 24,2 —

Hypermétropes 520 — 47,7 —

Amblyopes 7 — 0,6 —

Sur 2531 élèves russes, il y avait :

Myopes 866 soit 34,2 p. 100

Emmétropes 654 — 25,8 —

Hypermétropes 1003 — 39,5 —

Amblyopes 13 — 0,5 —

Sur 1 82-1 élèves allemands, il y avait :

Myopes 451 soit 24,7 p. 100

Emmétropes 178 — 26,2 —

Hypermétropes 886 — 48,6 —

Amblyopes 9 — 0,5 —

Ainsi les garçons, généralement soumis à des travaux plus assidus et plus sérieux, donnaient une proportion de 31,1 myopes p. 100, tandis que les filles ne donnaient que 27,5 p. 100. De plus, la différence entre les écoles russes, avec 34,2 p. 100 de myopes, et les écoles allemandes, avec 24, 7 p. 100 seulement, était très marquée, ce qui doilètre attribué a ce que les premières

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