ÉTIOLOGIE DE LA MYOPIE
renfermaient exclusivement des pensionnaires, et les autres exclusivement des externes. En effet, ces derniers sont soustraits dans une certaine mesure à l'influence de l'école; ils sont d'habitude moins surchargés de travail, et se trouvent placés dans de meilleures conditions hygiéniques générales ; enfin, et surtout, ils passent chaque jour un certain nombre d'heures en plein air, et peuvent relâcher complètement leur accommodation, tandis que les pensionnaires, toujours enfermés dans des salles d'étude, ou dans des cours plus ou moins étroites, ne fixent jamais les yeux que sur des objets rapprochés, et ne peuvent, à aucun moment, détendre tout à fait leur muscle ciliaire.
L'influence fâcheuse de l'internat a, du reste, été établie directement. Dans une même école, sur 397 pensionnaires, on trouva 167 myopes, c'est-à-dire 42,1 p. 100, tandis que, sur 918 externes, on n'en trouva que 325, c'est-à-dire 35,4 p. 100.
Le docteur Erismann ne s'est pas arrêté à ces résultats généraux : divisant les sujets par classe et par âge, il a constaté que ' dans les classes inférieures, chez les enfants de six h sept ans, le nombre des hypermétropes allait jusqu'à 76 à 78 p. 100. L'hypermétropie est donc l'état normal et physiologique à cet âge ; un enfant de six à sept ans placé à 5 mètres du tableau de Snellen, et lisant couramment le numéro 20 de ce tableau, le lit encore presque toujours, malgré l'interposition de verres convexes faibles. L'emmétropie et la myopie sont, au contraire, l'exception.
Bientôt les proportions changent; quelques-uns restent hypermétropes, la plupart deviennent emmétropes, pour rester en cet état ou devenir myopes un peu plus tard. A mesure qu'on s'élève dans les classes supérieures, la myopie devient plus fréquente et atteint un plus fort degré; nous savons qu'elle est extrêmement répandue dans les écoles d'enseignement supérieur, auxquelles on ne parvient que par un travail excessif et un véritable surmenage de la vue. Giraud-Teulon cite une promotion de l'École polytechnique qui contenait 35 myopes d'un fort degré sur 100 conscrits.
Le docteur Erismann a complété ses intéressantes recherches en déterminant d'une manière systématique l'acuité visuelle chez les myopes examinés. Il l'a trouvée en moyenne plus faible que chez les hypermétropes et les emmétropes du même âge. La différence, peu appréciable dans les faibles degrés de myopie, devient frappante à mesure qu'on arrive aux degrés élevés, au-delà de 13 D. par exemple. Il en est de même des lésions du fond de
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l'œil; à partir du môme degré il y a toujours un peu d'atrophie choroïdienno de la partie externe de la papille, et ce staphylôme augmente rapidement à mesure que la myopie devient plus forte.
Les relevés antérieurs du docteur Hermann Cohn, de breslau, avaient déjà donné des résultats analogues. Toutes les écolesdans lesquelles cet auteur a fait ses recherches renfermaient des myopes ; mais, dans les écoles de village, la proportion était heaucoup moindre que dans celles des villes. Dans ces dernières, la proportion s'élevait en raison du degré d'instruction.
Ecoles primaires 0,7 myopes p. 100
Ecoles moyennes 10,3 — —
Ecoles normales 10,7 — —
Gymnases 26,2 — —
Cohn a constaté, do plus, que le degré de myopie s'élève assez régulièrement de deux en deux ans dans les diverses écoles; il a trouvé peu de myopes parmi les élèves qui n'avaient pas un demisemestre révolu de scolarité.