‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 155 sur 167 · SOINS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

SOINS PRÉLIMINAIRES

Quelques précautions préliminaires seront observées chez les malades qui doivent subir l'opération de la cataracte ; elles auront pour objet de prévenir les accidents, soit pendant, soit après l'opération.

1. Purgatifs. — Dans la journée qui précède l'opération, on doit prescrire au malade un purgatif se composant de 25 à 35 grammes d'huile de ricin ou de 35 à U5 grammes de sulfate ou de citrate de magnésie. Ce purgatif aura pour but

(1) Soerino, Étude clinique sur l'évacuation répétée de l'humeur aqueuse. Turin, 186'' p. 421.

(2) Bouisson in Blancard, Quelques considérations sur la cataracte congénitale et son traitement. Thèse de Montpellier, 18G8, p. 21.

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M ALADIKS DU CRISTALLIN.

d'évacuer les intestins cl de procurer au malade la possibilité de rester au lil immobile pendant uu ou deux jours après l'opération.

"2. Infection des voies lacrymales. — Une injection d'eau liède sera faite daus les voies lacrymales au moyen de la seringue d'Anel, afin de les rendre plus perméables et de faciliter l'aspiration des larmes.

3. Instillation d'atropine. — Vers la lin du jour qui précède l'opération, on instillera une ou deux gouttes de solution d'atropine, pour préparer la dilatation de la pupille et faire évacuer une partie du sang contenu dans l'iris, ce qui prévient son inflammation.

U. Nourriture. — Le jour de l'opération, on permettra au malade de prendre un potage ou une tasse de café au lait, selon son habitude ; deux ou trois potages dans la journée seront administrés après l'opération.

5. Chloroforme. — Par suite d'une sensibilité trop grande de l'œil chez certains individus, les contractions musculaires deviennent tellement puissantes, qu'elles empêchent de pratiquer l'opération avec sécurité.

Celle difficulté se présente principalement chez les personnes nerveuses, pusillanimes, et chez les enfants. Il est alors absolument nécessaire d'avoir recours à l'anesthésie. Dans l'emploi du chloroforme, on ne doit pas se contenter d'une auesthésie incomplète, mais il faut chercher à obtenir une résolution musculaire absolue, comme de Graefe (1) l'a recommandé. Quant à l'usage général du chloroforme pour toutes les opérations, comme cela est accepté aujourd'hui à Londres et à Berlin, il ne me paraît pas indispensable. Les dangers inhérents à son application et L'état d'excitation dans lequel se trouve le malade pendant quelque temps, doivent le faire repousser, ainsi que Nélaton (2) l'a très-justement fait remarquer. Ce n'est que dans des cas particuliers qu'on y aura recours.

6 Position du malade.— Quelle que soit la méthode à laquelle on aura recours, la position horizontale doit être préférée à toutes les autres pour les opérations de cataracte. Dupuytren, Velpeau, Pope, opéraient leurs malades dans le ht, el les ophthalmogistes modernes préfèrent cette manière de procéder à la position assise. Il est vrai que l'extraction à lambeaux ou l'abaissement peuvent être pratiques ai ec facilité dans la position assise, comme le font Nélaton, Desmarres ei Gosselm; mais, quand on considère les inconvénients qui résultent de cette attitude par suite des syncopes qu'on observe quelquefois chez les personnes nerveuses et de la très-grande mobilité de la tête du malade, on n'hésite pas à préférer la posit.on

couchée à celte dernière attitude. w,unAn

7 Position du chirurgien. - L'opérateur choisit sa position selon la mémode opératoire à laquelle il a recours, et suivant l'œil, droit ou gauche, qui doit être opéré. En général, il devra se placer du côté droit par rapport au malade pou. opérer la cataracte de l'œil gauche, et par derrière pour pratiquer cette opération

"m2^°et attitude des aides. - L'opération de la cataracte peut être faite sans l'intervention d'un aide. Mais des accidents peuvent surgir pendant 1 opc.at.on,

(1) De Graefe, Archiv f. Opldhalmologic, 1865. ,,,(iy,-m<v</ de la cataracte.

(2) Nélaton, Parallèle de divers modes opératoires dans le lunlaneul Thèse de concours. Paris, 1850, p. 9.

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qui ne pourront être conjurés qu'avec le secours d'une personne familiarisée avec les manœuvres opératoires. C'est à un aide que l'on confie, soit la pince à fixer pendant l'excision de l'iris, soit l'excision de l'iris elle-même.

Lorsqu'on pratique cette opération chez les enfants ou chez les personnes nerveuses qui doivent être chloroformisées, deux aides au moins sont indispensahles.

AftTlCXJË II.

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