‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 165 sur 167 · OPÉRATIONS DES CATARACTES TRAUMATIQUES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DES CATARACTES TRAUMATIQUES

Les cataractes traumatiques peuvent être de deux sortes : ou bien elles sont produites par un corps vnlnérani, contondant ou pointu, par exemple une aiguille,

/k>/» maladies du cristallin.

un canif, une plume d'acier, eic. ; ou bien elle* sont occasion nées pu un corps étranger lancé avec force, lequel, après avoir traversé la cornée, est venu se loger dans le cristallin. Dans l'un comme dans l'autre cas, l'iris peut être blessé et contracter des adhérences, soit avec la cornée, soit quelquefois avec les deux membranes à la fois, et alors le danger est beaucoup plus sérieux.

1. Cataracte traumatique sans corps étranger. — Lorsqu'elle est récente, on aura soin de tenir la pupille constamment dilatée au moyen d'instillations d'atropine, et on laissera pendant quelques jours les deux yeux fermés à l'aide d'un bandage compressif. Plus tard, l'œil sain pourra être laissé ouvert, mais l'organe blessé restera comprimé aussi longtemps que la chambre antérieure ne sera pas rétablie et que la plaie de la cornée ne sera pas cicatrisée.

Les symptômes inflammatoires disparus, on procédera à l'extraction linéaire avec ou sans excision de l'iris. Il ne faudra toutefois procéder à l'opération que trois ou quatre mois après l'accident ; autrement, on court le risque de voir survenir des inflammations consécutives de l'iris et de la choroïde, inflammations qui pourraient amener à la longue l'atrophie de l'œil. Dans les cataractes traumatiques des enfants, on ne doit pas se presser, comme dit justement Xélaton, à faire l'opération ; à cet âge, elles se résorbent très-souvent spontanément, sans qu'où ait besoin d'intervenir.

2. Cataracte traumatique avec un corps étranger. — Il n'est pas toujours facile de constater la présence d'un corps étranger dans le cristallin ; mais l'existence d'une plaie cornéenne et d'une cataracte, survenant à la suite de la projection d'un éclat de capsule, d'une paillette d'acier ou d'une explosion d'un mélange chimique quelconque, ne peuvent laisser aucun doute sur la présence du corps étranger, soit dans le cristallin, soit dans l'intérieur de l'œil.

Après avoir dilaté la pupille, on examinera soigneusement toute la surface de la lentille au moyen de l'éclairage oblique, et la plus petite tache noire ou luisante que l'on apercevra dans la substance cristallinienne devra être considérée comme l'indice d'un corps étranger.

Four opérer une cataracte de celte nature, on doit avant tout chercher à enlever le corps étranger. On pratique l'extraction linéaire ; mais, dès que la capsule est incisée, on entrera directement avec la curette dans la niasse cristallinienne et derrière le corps étranger, afin de le retirer tout d'abord. On termine ensuite l'opération en enlevant les débris des couches corticales.

Dans les cas où le corps étranger ne pourrait être aperçu, ou si l'on avait lieu de supposer qu'il a traversé le cristallin pour aller se loger dans les membranes profondes de l'œil, on devrait renoncer à toute opération et se borner au traitement antiphlogistique, pour combattre les symptômes inflammatoires. H serait aussi indispensable de surveiller l'œil sain. Les moindres indices d'une ophlhalmie sympathique exigeront l'énucléation de l'œil blessé.

ARTICLE X

Page 1