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EGTROPION OU RENVERSEMENT DE LA PAUPIÈRE EN DEHORS

Deux conditions sont nécessaires ponr maintenir ce voile membraneux dans la nosition indiquée : il faut, 1" que le muscle orbiculaire conserve ses fonctions normales et 2° qu'aucun obstacle mécanique dans les tissus constituant les paupières et les organes voisins ne s'oppose à l'accomplissement de ces fonctions.

La contraction modérée des fibres musculaires d'une part, et la résistance proportionnelle de la peau et des ligaments palpébraux de l'autre s'équilibrent mutuellement, et permettent aux paupières de conserver leur position physiolo-

gique . ,

3 On comprend facilement que s'il y a prédominance ou défaut dans l'une de ces

forces, l'équilibre disparaît : la paupière perd alors la position normale qu'elle doit

occuper.

En parlant de l'enlropion, j'ai démontré que la contraction spasmodique des fibres musculaires de l'orbiculaire, produit l'inversion de la paupière en dedans, Lorsque, au contraire, ce muscle devient paralysé et qu'il cesse de fonctionner, les tissus contractiles, tels que la peau et les couebes sous-jacentes, se relâchent et entraînent les paupières en dehors, il y a alors ectropion paralytique. Une affection chronique des conjonctives, du bord libre et des voies lacrymales, peut donner lieu à un ectropion inflammatoire.

Une troisième forme d'eclropion est Vectropion mécanique occasionné par la rétraction de la peau et par des cicatrices.

A. Ectropion paralytique. — La paralysie ou l'affaiblissement de l'orbiculaire qui reçoit toute son innervation de la septième paire, entraîne le renversement de la paupière en dehors. Quelquefois cet état ne persiste qu'autant que dure la paralysie de la septième paire. Dans d'autres cas, la paralysie ne guérit qu'après une durée de plusieurs mois ou de quelques années, et il en résulte une déviation permanente de la paupière, dont une intervention chirurgicale peut seule amener la guérison. Cette difformité survient, surtout chez les vieillards débilités, dont les muscles longtemps paralysés et les tissus relâchés ne reprennent pas facilement leur élasticité primitive.

Consécutivement à ce genre d'ectropion, le globe de l'œil qui n'est plus protégé par la paupière inférieure, et qui ne peut môme s'abriter qu'avec peine sous la paupière supérieure, dont les fibres musculaires sont paralysées, s'irrite constamment; la cornée s'enflamme, s'ulcère, se vascularise et se trouble. La conjonctive est injectée et sensible à l'action de la lumière et de l'air; l'œil devient larmoyant, la peau des paupières s'excorie, et il n'y a que l'opération qui puisse prévenir ces accidents. Un cas semblable se présenta à mon observation sur un homme âgé de soixante-douze ans. La paralysie rhutnastimale de la septième paire avait duré deux ans; l'œil était gravement altéré et l'opération était le seul remède qu'il fut possible de tenter.

B. Ëcthopion inflammatoire. — Il se développe à la suite des inflammations des conjonctives et du bord libre des paupières.

La paupière inférieure est presque toujours le siège de cette altération. Sous l'influence des conjonctivites lacrymales, granuleuses, ou de bléphariles ciliaires, la conjonctive se boursoufle, s'épaissit et s'injecte ; le bord libre se gonfle, le point lacrymal n'absorbe plus les larmes, qui s'écoulent en dehors, excorient la peau des paupières, et occasionnent un ectropion. Cet état s'observe plus souvent chez

les sujets figés, chez lesquels les tissus ont perdu une grande parti,, de leur felaglf. cite. I)e la le non, à'ectropion sênile qui a été donné à tort par les auteurs a cette affection.

Quelquefois, à la suite des ophthalmies granuleuses aiguës, purulentes ou blénorrl.ag.ques, l'œdème des paupières se dissipe, sans que pour cela la tuméfaelior de la conjonct.ve ait disparu. D'après Mackenzic, cet état de conjonctive détruit le contre-pouls que produisait le gonflement extérieur, et celle membrane se trouve attirée en dehors parles contractions de l'orbiculaire.

Si on ne réduit pas cette paupière et si on ne repousse pas en dedans la conjonct.ve herniéc, on peut craindre l'étranglement de ce bourrelet; elle se gonfle et s'injecte à tel point, qu'il est souvent, au bout de quelques jours, difficile de la réduire et de la maintenir en place. Les enfants nouveau-nés atteints d'oplnlialmie purulente présentent cet état surtout lorsque après avoir cherché à ouvrir l'œil on n'a pas pris la précaution de replacer convenablement la paupière.

Les blépharites ciliaires glandulaires, en amenant le gonflement du bord libre, donnent aussi lieu h un 'écarlement en dehors du bord de la paupière.

C. EcrROPio.N cicatriciel. — Les cicatrices de la peau palpébrale ou des parties voisines, exercent une action continuelle et permanente sur ces voiles

membraneux, qui, n'ayant pas assez de force pour résistera la rétraction cicatricielle, se laissent entraîner en dehors à une distance plus ou moins grande.

Etiologic et mécanisme. — Trois différentes causes peuvent produire cette difformité : les plaies, les abcès et les ulcères. Les plaies déchirées, abandonnées à elles-mêmes, se cicatrisent souvent d'une manière si irrégulière, que tantôt une seule paupière et quelquefois toutes les deux, sont renversées d'une manière effroyable.

Celles qui succèdent aux brûlures causent des désordres bien plus graves encore : la peau, détruite sur une grande étendue, est remplacée par le tissu inodulaire, dont la rétraction très-lente entraîne le bord libre très-loin, souvent jusqu'au milieu de la joue, comme on le voit sur la figure 30.

Les abcès des paupières et de la joue et les suppurations qui ont lieu dans la cavité ou au pourtour de l'orbite peuvent occasionner, selon E. Cruveilhier (1), un ectropion. Lorsque les abcès proviennent de carie osseuse ou de périostite, ils sont suivis de cicatrices profondes, adhérentes aux os molaire, maxillaire, etc., et alors l'eclropion est très-prononcé, quoique le plus souvent partiel.

Une cause non moins fréquente de cette difformité est l'existence d'ulcères

Fig. 30. — Ectropion cicatriciel.

(1) E. Cruveilhier, De Ccciropion, thèse de concours pour l'agrégation. Paris, 1866, p 43. — Nous devons à l'obligeance de E. Cruveilhier communication de quelques-unes des figures représentant les procédés de traitement tic l'ectropion.

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