ECTBQPJON OU RENVERSEMENT DE I,A PAUPIÈRE EN DEHORS
syphilitiques, cancéreux ou scroftilcux. Les tumeurs de l'orbite et de l'œil peuvent aussi provoquer un ectropion.
L'état congénital de l'eclropion a été signalé par Ammon, Riberi et Seiler.
Quel est le mécanisme de l'eclropion cicatriciel ?
Nélatou qui, dans ses cliniques, a le mieux étudié celle question, s'est exprimé de la manière suivante : « Par suite de la bride cicatricielle, la couche cutanée se détache des tissus sous-jacenls de la paupière et n'y lient plus qu'au bord libre. En se rétractant de plus en plus, le tissu inodulaire attire d'abord le bord libre puis le cartilage tarse en lui faisant subir un mouvement de bascule. Pendant ce temps, les libres musculaires, en se contractant, tendent à se rapprocher les unes des autres et finissent par se réunir en un faisceau, en même temps qu'une grande partie d'enlre elles s'atrophie. »
La durée de la rétraction que subit le tissu cicatriciel n'est pas bien déterminée : selon Nélalon (l), elle est d'un an ; pour Richct, elle serait bien souvent de dixhuit mois à deux ans.
Conséqnences. — L'impossibilité où se trouve l'œil de pouvoir s'abriter est une des premières conséquences de cette altération. Mais rappelons-nous cependant que la destruction, môme complète, de ce voile ne met pas toujours l'œil à découvert.
Ainsi, Filhol cite un cas observé par Velpeau et Richet, dans lequel l'œil pouvait encore s'abriter derrière les replis muqueux que Ja contraction des fibres cxtraot'bilaires du muscle orbiculaire rapprochait jusqu'au conlact.
Lorsque la paupière inférieure seule est détruite, l'œil s'abrite quoique imparfaitement sous la paupière supérieure.
Le plus ordinairement, c'est la difformité occasionnée par l'ectropion, qui décide les malades à demander le secours de l'art.
La conjonctive, en effet, qui occupe toute la place de la paupière, est épaisse le plus souvent sèche, et d'un rouge vif, ce qui a permis à Denonvilliers de donner a cet état le nom de la cvtisation delà conjonctive. Le point lacrvmal est dévié et quelquefois même disparaît complètement ; fait que j'ai eu celte année l'occasion d'observer chez une malade de Richet, au moyen de l'injection pratiquée par le point lacrymal supérieur. Mais il y a un symptôme bien curieux à noter c'est que tres-souvent les malades ne se plaignent de larmoiement que lorsqu'ils sorlent par un grand vent ou au froid.
D'après Weber (2), à la suite d'ectropion prolongé, le sac diminue d'étendue et ses parois s amincissent et s'atrophient. Cela me paraît très-peu probable, d'autant p us que le point lacrymal supérieur ne cesse point de fonctionner, et il peut même prévenir le larmoiement. 1
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a ectropion , il varie selon le degré et la forme de la déviation
Grâce aux progrès de la chirurgie, on peut dire pourtant que, dans la grande
(1) Allée, Dhw* ofClinicnlsurgery. Philadclphia, 1859.
(2, Wcbcr, Archtv f. OpKth. von. Gikéte, Bd. VIII, Abt. 1, p. 95.
PAUPIERIiS ET SOURCILS.
majorité des cas, le pronostic est favorable. L'art chirurgical, en effet, donne le moyen de restaurer les parties détruites. Le succès que Richet, Vcrneil et Denouvilliers obtiennent tous les ans dans le traitement de ces difformités ne laisse plus, de doute sur les avantages que procure la blépharoplastie.
L'ectropion paralytique et conjonctival doive être subordonné dès le début au traitement des affections qui l'ont occasionné.
Traitcmcut. — Pour combattre l'effet désastreux d'un ectropion, il faut se • conformer aux indications particulières propres à chaque variété et au degré de • l'affection.
A. Ectropion paralytique. — Dans un ectropion paralytique, on emploiera les moyens propres à guérir la paralysie du nerf facial.
L'électricité à courants interrompus a été dans beaucoup de cas mise en usage : avec succès par Duchenne, de Boulogne (1). et l'on y aura recours toutes les fois que l'affection sera récente et que les fibres musculaires ne seront pas atrophiées. Dans une paralysie invétérée, Onymus obtient d'excellents résultats avec des courants continus.
Nélaton (2) indique l'emploi de strychine par la méthode endermique contre l'ectropion lié à une atonie du muscle orbiculaire.
Mais si l'affection est ancienne, ces moyens sont inefficaces, et il faut alors avoir recours à une opération.
Ici deux méthodes s'offrent au choix du chirurgien : 1. Tarsorrhaphie, combinée avec l'excision d'un lambeau cutané. Procédé de Die ffenbach (fig. 31). — Voici comment elle est pratiquée. On taille un lambeau cutané triangulaire abc que l'on enlève complètement. Puis on excise
le bord libre de la paupière inférieure ainsi que les bulbes des cils et une partie du tarse sur une étendue d a, égale à ba; on dissèque ensuite la peau des parties sous-jacentes sur toute cette étendue, et on fait glisser la partie « d vers la tempe jusqu'à ce que le point a arrive vers le point b. On comprend très-facilement que le triangle dénudé bca sera entièrement couvert par la partie cad de la paupière inférieure; les bords de la plaie b a seront réunis a ad par deux ou trois points de suture, ainsi que les bords b c et ça. Cette opération procurera la réduction complète de l'ectropioiv
Il va sans dirp qu'on doit préalablement mesurer la longueur de la paupière inférieure cl > comparer avec la supérieure pour savoir de combien il est nécessaire de raccourcir la paupière renversée.
Dans les cas où celle première opération ne réussit pas, je pratique la suture de
(1) Duchenne (de Boulogne), De VèlectrUatian localisée. Paris. 1861, p. 650. \
(2) Nélaton, Pathologie chirurgicale, lro édit., t. lit, p. 27.
(•) abc, tombeau de la peau enlevé ; (la, étendue du bord libre excisé.